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Dossier

Quels sont les apports des analyses conjointes archéoentomologiques et archéobotaniques dans les contextes arctiques ?

Camille Mayeux, Claire Alix, Christophe Petit et Michelle Elliott
p. 22-30

Résumés

Dans l’Arctique américain, les recherches archéo-entomologiques et archéobotaniques sur des sites de chasseurs-collecteurs paléo- et néo-Inuit permettent d’identifier des restes de plantes et d’insectes qui apportent des informations sur certaines pratiques liées à l’hygiène, à l’alimentation et à la gestion de l’espace dans les habitats hivernaux, ainsi qu’à d’autres usages. Nous présentons dans cet article les résultats préliminaires de nos études archéo-entomologiques et archéobotaniques, conduites conjointement sur des échantillons provenant de la plateforme de couchage d’une structure hivernale néo-Inuit daté du xive s. apr. J.-C. au cap Espenberg en Alaska. Ces résultats préliminaires révèlent une signature entomologique et botanique forte des activités humaines. Alors que la couche de remplissage est marquée par des assemblages d’insectes et de végétaux caractéristiques de l’environnement local, le sol d’activité présente une forte concentration d’invertébrés spécifiques des zones riches en matières organiques associées à des espèces végétales connues par les données ethno-historiques pour avoir été consommées ou utilisées. Ces analyses dévoilent le potentiel de cette méthode dans l’étude de la gestion de l’habitat des populations semi-nomades de l’Arctique américain.

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Texte intégral

Remerciements

Nos premiers remerciements vont aux communautés Iñupiat de Shishmaref et de Deering pour leur soutien et leur participation au projet, et tout particulièrement aux familles qui ont des liens ancestraux avec le Cap Espenberg. Nous tenons à remercier Derek Sikes (Museum of the North, Université d’Alaska à Fairbanks) et Véronique Forbes (Memorial University) pour leurs conseils dans le domaine de l’entomologie et de l’archéo-entomologie dans l’Arctique et Nancy Bigelow (University of Alaska Fairbanks) pour son aide dans l’identification des macrorestes végétaux. Nous remercions également Owen K. Mason (University of Colorado Boulder), co-directeur des projets archéologiques du cap Espenberg, et tous les participants aux campagnes de terrain qui ont rendu possible cette recherche. Les données présentées dans cet article ont été analysées dans le cadre d’un Master à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (UP1PS) et d’une recherche doctorale financée par un contrat de l’UP1PS. Les recherches archéologiques au cap Espenberg ont reçu et reçoivent des financements de la National Science Foundation (OPP-0755725, PIs. J. F. Hoffecker and O. K. Mason ; OPP-1523160, PIs C. Alix, O. K. Mason), de la commission des fouilles du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (Meae) et des ressources de la Chaire Cnrs/UP1PS attribuée à Claire Alix (2009-2014).

Introduction

1L’archéoentomologie et l’archéobotanique, qui étudient respectivement les insectes et les restes végétaux issus du sédiment archéologique, émergent au xixe siècle lors des grandes découvertes des nécropoles égyptiennes (Kunth 1826 ; Hope 1836). Toutefois, ce n’est qu’à la fin des années 1960, en Europe, que ces deux disciplines prennent leur essor (Coope & Osborne 1967 ; Hastorf 1999 ; Elias 2010 ; Pearsall 2015). Rapidement, des chercheurs, tirant profit de méthodes de prélèvement et de laboratoire similaires (Kislev 1991), associent ces deux jeux de données, principalement en Europe du Nord, dans le bassin méditerranéen et dans le nord de l’Afrique. Ces régions ayant été habitées par d’anciennes sociétés agricoles, il est possible d’y étudier l’impact des insectes ravageurs sur la gestion des stocks végétaux (Burleigh & Southgate 1975 ; Buckland 1981 ; Kislev 1991 ; Henríquez et al. 2019). En outre, de la même façon que l’association des restes d’insectes et de plantes provenant de sédiments du Quaternaire sert à la reconstitution des anciens climats et environnements (Bennike & Böcher 1990 ; Bennike 1992), cette méthode est utilisée dans le cadre d’analyses paléoenvironnementales des sites archéologiques (Böcher & Fredskild 1993 ; Kislev et al. 2004 ; Ponel et al. 2014, 2018). En effet, l’étude de ces deux types de macrorestes permet d’offrir des informations complémentaires, et donc plus précises, sur les climats et paysages anciens. Enfin, l’analyse conjointe des restes entomologiques et botaniques est également une manière d’étudier les modes de vie des populations passées, en particulier les pratiques liées à l’hygiène, l’alimentation et la gestion des ressources végétales et animales (Kenward et al. 2011 ; Kenward & Campbell 2012 ; Brown et al. 2017).

2Sur les sites archéologiques de l’Arctique, le pergélisol permet une préservation exceptionnelle de la matière organique. Pourtant, les analyses archéoentomologiques et archéobotaniques dans les contextes domestiques paléo- et néo-Inuit s’y sont développées tardivement et sont très rarement associées. Dans cet article, nous présentons les résultats préliminaires d’une étude archéoentomologique et archéobotanique d’une maison néo-Inuit du nord-ouest de l’Alaska, afin de mettre en lumière les apports potentiels de cette méthode pour la compréhension de la gestion de l’habitat chez les populations semi-nomades de l’Arctique.

Recherches archéoentomologiques et archéobotaniques dans l’Arctique américain : un bref état des lieux

3Si la première étude archéo-entomologique dans l’Arctique américain a lieu dans les années 1960 au Groenland (Haarløv 1967), il faut attendre la fin des années 1980 pour que la discipline se développe (Forbes et al. 2017). À ce jour, une vingtaine de sites d’habitats hivernaux de groupes de chasseurs-collecteurs paléo- et néo-Inuit a bénéficié d’analyses archéoentomologiques, principalement dans l’Arctique oriental (Forbes et al. 2014, 2017). Ces analyses se sont surtout focalisées sur deux domaines d’étude : l’impact des sociétés semi-nomades sur leur environnement, perceptible à travers l’étude des assemblages de coléoptères trouvés dans le sédiment, et les pratiques liées à la vie domestique et l’hygiène avec notamment l’analyse des ectoparasites humains (poux et puces) et animaux (ibid.). En Alaska, seules deux recherches archéoentomologiques ont été publiées. Dans le sud-ouest de l’Alaska, sur le site précontact (xviie siècle) de Nunalleq, abandonné soudainement après l’attaque d’un groupe voisin (Ledger et al. 2018), les études ont permis d’émettre des hypothèses quant à la gestion d’une structure d’habitat de plusieurs pièces. Ces analyses suggèrent notamment que les restes de poux et autres ectoparasites humains et animaux, ainsi que les pupes de mouche, permettent d’identifier des zones d’activités dans la maison, tandis que les coléoptères, acariens et arthropodes aquatiques donnent des indications sur les ressources provenant d’environnements humides (Forbes et al. 2015, 2019). Sur le site Iñupiaq de Uivvaq dans le nord-ouest de l’Alaska, la datation radiocarbone de sclérites de coléoptères offre des dates plus récentes que la période d’occupation des couches archéologiques d’où elles étaient prélevées. Cette étude met en lumière le fait que le mouvement des insectes dans le sédiment peut être le fruit d’une intrusion postérieure aux occupations (Hoffecker et al. 2012).

4Les analyses archéobotaniques dans l’Arctique restent rares. En effet, la discipline a longtemps été considérée comme de faible utilité pour l’étude des populations dont l’économie de subsistance est principalement tournée vers la chasse et la pêche et dans laquelle les plantes jouent un rôle secondaire (Lepofsky et al. 2001). Pourtant, les quelques analyses archéobotaniques sur des sites paléo et néo-Inuit montrent bien l’importance des ressources végétales, que ce soit dans l’alimentation ou la culture matérielle (Zutter 2009, 2012 ; Guiry et al. 2010 ; Pigford & Zutter 2014). Là encore, ces études tendent à porter sur la partie orientale du Canada. En Alaska, de précédentes analyses sur trois maisons néo-Inuit datées des xive, xviie et xviiie siècles apr. J.-C. avaient montré l’importance des plantes dans la vie domestique de ces sociétés, en particulier des baies de camarine noire (Empetrum nigrum) dans l’alimentation (Crawford 2012 ; Mayeux 2021). Tout comme dans le champ de l’archéoentomologie, l’intrusion moderne de plantes dans les couches de sédiment archéologique a été prouvée sur un site paléo-Inuit de Terre-Neuve par la datation radiocarbone de graines carbonisées (Anstey et al. 2016). Les auteurs mettent en garde sur la façon de traiter les données archéobotaniques et préconisent de bien comprendre les modes d’intégration des restes végétaux dans un site archéologique avant de les interpréter.

Cas d’étude : la plateforme de la maison F-87 au Cap Espenberg, site KTZ-087

5Le cap Espenberg est une pointe sableuse située à l’extrémité nord de la péninsule de Seward (fig. 1). Il consiste en une succession de vingt-trois dunes, séparées par des zones de dépression humides, occupées au cours des quatre derniers millénaires (Mason et al. 1997). La végétation du cap Espenberg s’est développée en fonction de ce relief. Les dunes sont stabilisées par des espèces de sous-arbrisseaux, principalement de camarine noire (Empetrum nigrum) – plante dominante sur les dunes – mais également d’espèces de saules (Salix spp.), alors que le sol des dépressions est couvert de mousses, de prairies de graminoïdes ainsi que des plantes aquatiques et semi-aquatiques (fig. 2 ; Schaaf 1988).

Fig. 1. Localisation du cap Espenberg, Alaska (États-Unis).

Fig. 1. Localisation du cap Espenberg, Alaska (États-Unis).

Fig. 2. Végétation du cap Espenberg. À gauche : communauté de sous arbrisseaux (camarine noire et saules) au sommet d’une dune. À droite : graminoïdes et plantes semi-aquatiques dans une dépression humide (photographies Marine Vanlandeghem, 2017).

Fig. 2. Végétation du cap Espenberg. À gauche : communauté de sous arbrisseaux (camarine noire et saules) au sommet d’une dune. À droite : graminoïdes et plantes semi-aquatiques dans une dépression humide (photographies Marine Vanlandeghem, 2017).

6Entre 2010 et 2017, cinq habitations hivernales néo-Inuit, datées entre les xiie et xviiie siècles apr. J.-C., ont été fouillées par une équipe internationale dans le cadre de deux projets (Darwent et al. 2013 ; Norman et al. 2017 ; Alix et al. 2018). Nous analysons ici des échantillons provenant de la maison F-87 dont les datations radiocarbones indiquent une occupation entre le xiie siècle et le début du xve siècle. Cette structure semi-souterraine hivernale, à l’architecture en bois bien conservée, est dotée d’un plan classique pour la période thuléenne, avec un tunnel d’accès conduisant à une pièce principale comprenant un plancher en bois, des banquettes accolées aux murs latéraux est et ouest et une plateforme de couchage arrière surélevée (Norman et al. 2017).

Méthodologie

7Un plan d’échantillonnage des sédiments des structures archéologiques du cap Espenberg, établi dès 2009, comprenait le prélèvement d’un sac de sédiment (1 litre) par unité et niveau fouillé (cf. Crawford 2012, 2020). Nous analysons ici cinq échantillons prélevés dans cinq niveaux distincts repartis sur trois unités de fouilles, formant ce qui se rapproche le plus d’une colonne de sédiments. La fouille a mis au jour six niveaux distincts, numérotés depuis la surface, du plus moderne au plus ancien (fig. 3). Le niveau 1 correspond à la surface de sol et de végétation moderne au-dessus de la structure et il n’a pas été échantillonné. Le niveau 2 est une couche de remplissage sédimentaire qui s’est accumulée après l’abandon de l’habitat. Le niveau 3 correspond à l’activité anthropique dans la maison, divisé en quatre sous-niveaux :

  • niveau 3a : sédiments juste au-dessus des poteaux verticaux formant le mur arrière de la maison, effondrés sur la plateforme ;
  • niveau 3b : sédiments juste au-dessus des éléments de bois horizontaux formant la plateforme arrière surélevée ;
  • niveau 3c : sédiments sous la plateforme jusqu’au niveau du plancher de la pièce ;
  • niveau 3d : sédiments allant du plancher au niveau de sable stérile.

8Sur le terrain, les échantillons ont été pesés puis flottés grâce à un système de flottation manuelle (Shelton & White 2010) pour séparer la matière organique du sédiment. La fraction fine a été filtrée à travers une maille de 250 µ puis mise à sécher (Crawford 2020). En laboratoire, les échantillons ont été triés à l’aide de tamis (mailles 250 µ) et d’une loupe binoculaire (grossissement, × 6 à × 12). Les arthropodes ont été décomptés selon le nombre minimum d’individus (Nmi) et les restes végétaux, selon le nombre de restes (Nr). L’identification taxonomique des coléoptères appartenant aux familles des carabidés et des curculionidés a été effectuée au laboratoire d’entomologie de l’University of Alaska Museum of the North (Uamn) sous la supervision de Derek Sikes, conservateur de la collection entomologique. L’identification des staphylinidés s’est déroulée à l’Université Memorial à Terre-Neuve à partir de la collection entomologique de Véronique Forbes, archéoentomologue. Les macrorestes végétaux ont été identifiés à l’aide d’un herbier élaboré en 2017 (Mayeux 2018) et de la collection botanique de Nancy Bigelow, paléobotaniste à l’Alaska Quaternary Center (Aqc) de l’Université d’Alaska à Fairbanks.

Fig. 3. La maison F-87. Plan de la maison montrant les trois unités analysées et tableau récapitulatif des différents niveaux déterminés au cours de la fouille de la plateforme (d’après les données de Norman 2015).

Fig. 3. La maison F-87. Plan de la maison montrant les trois unités analysées et tableau récapitulatif des différents niveaux déterminés au cours de la fouille de la plateforme (d’après les données de Norman 2015).

Résultats

9Nous avons identifié trois ordres d’arthropodes : les coléoptères qui représentent les trois familles des carabidés, des curculionidés et des staphylinidés, les diptères qui apparaissent majoritairement sous la forme de pupes de mouche, et les acariens (tableau 1). Les carabidés comptent trois taxons identifiés : Pterostichus sp., Amara alpina et Nebria nivalis – soit un genre et deux espèces habitant dans des zones ouvertes, sableuses ou graveleuses à faible couvert végétal (Larochelle & Lariviere 2003). Deux espèces de curculionidés, des coléoptères phytophages, ont été identifiées : Lepidophorus lineaticolis et Hypera diversipunctata. Lepidophorus lineaticolis occupe les débris végétaux sur le sol des toundras sèches à humides (Bright 2008). Deux espèces de Staphylinidés ont également été identifiés : Eucnecosum sp. et Olophrum sp., des petits coléoptères qui occupent les mousses et la litière végétale des zones humides de la toundra (Arnett & Thomas 2000). Les acariens identifiés appartiennent au sous-ordre des oribatides. Connus en anglais sous le nom de « moss mites », ces acariens occupent différents types d’habitats terrestres et aquatiques mais ont pour biotope principal les sols humides sur lesquels ils se nourrissent des parties mortes de mousses, lichens et autres plantes en décomposition (Elo 2019).

Tableau 1. Résultats de l’identification archéoentomologique.

Tableau 1. Résultats de l’identification archéoentomologique.

10Les analyses archéobotaniques ont permis d’identifier quinze taxons comprenant (tableau 2) :

  • sept espèces de sous-arbrisseaux : la camarine noire (Empetrum nigrum), le saule (Salix sp.), la busserole (Arctostaphylos sp.) et la bruyère blanche de l’Arctique (Cassiope tetragona), qui poussent principalement sur les dunes, l’airelle (Vaccinium sp.), la plaquebière (Rubus chamaeormus) et le lédon des marais (Ledum palustre), qui se retrouvent majoritairement dans les dépressions ;
  • deux espèces de graminoïdes : la laîche (Carex sp.), dont les espèces poussent principalement dans les milieux humides, et la luzule (Lazula sp.) qui occupe les dunes ;
  • quatre espèces aquatiques : la comaret des marais (Comarum palustris), la passe vulgaire (Hippuris vulgaris), le trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata) et le potamot (Potamogeton sp.) ; 
  • une espèce de plantes à fleurs caractéristique des dunes (Potentilla villosa) ;
  • et de la mousse.

Tableau 2. Résultats de l’identification archéobotanique.

Tableau 2. Résultats de l’identification archéobotanique.

11La couche de pergélisol a permis une excellente préservation de ces restes dont aucun n’est carbonisé.

12Le niveau 3c, situé entre les planches de la plateforme et le plancher de la maison, se démarque des autres niveaux par sa très forte concentration de restes végétaux et un nombre supérieur d’arthropodes (fig. 4). D’un point de vue archéobotanique, le niveau 2 contient un nombre extrêmement faible de macrorestes végétaux alors que le nombre d’arthropodes est plus élevé que les niveaux 3a, 3b et 3d.

Fig. 4. Comparaison des niveaux. À gauche : nombre de restes (Nr) de macrorestes végétaux pour 1 kg de sédiment par niveau. À droite : nombre minimum d’individus (Nmi) entomologiques pour 1 kg de sédiment par niveau.

Fig. 4. Comparaison des niveaux. À gauche : nombre de restes (Nr) de macrorestes végétaux pour 1 kg de sédiment par niveau. À droite : nombre minimum d’individus (Nmi) entomologiques pour 1 kg de sédiment par niveau.

13Le niveau 2 (remplissage) se démarque des niveaux associés aux activités humaines (3) par la présence de restes d’insectes et de plantes spécifiques aux dunes, avec une forte abondance de carabidés et de curculionidés associés à des restes de camarine noire et des graines de potentille velue (fig. 5, tableaux 1 & 2). Les niveaux liés aux activités humaines (niveaux 3a à 3d) contiennent une forte majorité de pupes de mouche et, en dehors du niveau 3b qui comporte les vestiges effondrés du mur arrière, les coléoptères des dunes sont peu représentés. Les contenus botaniques des niveaux 3a à 3d se caractérisent par la forte présence, spécialement dans 3c, de restes de mousses, totalement absentes du niveau 2. De même, ces niveaux liés aux activités anthropiques contiennent des graines de plantes aquatiques et de graminoïdes, inexistantes dans le niveau de remplissage (niveau 2). La camarine noire est toujours abondante, mais nous notons que dans les niveaux 3b et 3c ce sont les feuilles plutôt que les graines qui sont majoritaires (fig. 5).

Fig. 5. Répartition des taxons entomologiques et botaniques par niveau.

Fig. 5. Répartition des taxons entomologiques et botaniques par niveau.

Interprétations

14Ces premières analyses montrent des signatures entomologiques et botaniques des sols non-anthropiques et anthropiques. En effet, le niveau de remplissage (niveau 2), c’est-à-dire la couche sédimentaire accumulée après l’abandon du site, contient principalement des taxons d’espèces dont l’habitat principal est le sol des dunes. Ainsi, les restes d’insectes et de plantes présents dans cette couche sédimentaire résultent très certainement d’une intrusion naturelle (mouvement des arthropodes, restes d’insectes et de végétaux tombés sur le sol et par la suite ensevelis), et non des actions directes associées à l’occupation de la maison. Les niveaux associés aux activités humaines (3a à 3d) se caractérisent par la forte présence de pupes de mouche et d’acariens associés à des plantes provenant des zones, totalement absentes du niveau 2. Des résultats similaires ont été observés dans les échantillons provenant de la maison F-21, une structure d’habitat établie sur une autre dune du cap Espenberg et occupée au moins en partie à la même période que la maison F-87. En effet, l’assemblage des couches de remplissage est également constitué en majorité de graines de camarine noire en faible quantité et de coléoptères des dunes, tandis que les niveaux d’activités contiennent surtout des pupes de mouche et une plus forte proportion de restes végétaux issus des environnements humides (Mayeux 2021).

15Sans datation des restes, il est difficile d’affirmer que les macrorestes sont contemporains des occupations humaines ou bien liés à des intrusions postérieures (Pelling et al. 2015). Pour les végétaux, cette difficulté est accrue lorsque les restes ne sont pas carbonisés (Miller 1989), la carbonisation étant considérée comme un phénomène issu des activités anthropiques (bien que plusieurs études aient rapporté l’intrusion postérieure à l’activité humaine de graines carbonisées, cf. Pelling et al. 2015 ; Anstey et al. 2016). La comparaison des assemblages provenant de couches non-anthropiques et anthropiques semble être ainsi une manière, dans notre cas, de discerner les assemblages associés aux activités humaines des restes introduit par des phénomènes naturels.

16Ces résultats offrent également des informations sur la gestion des espaces et des ressources au sein de l’habitat. En archéologie, les pupes de mouche sont un indicateur des conditions d’hygiène et de santé des occupants, de la présence de déchets ou de certaines ressources alimentaires, végétales ou animales dans l’habitat (Panagiotakopulu 2004). Dans la maison F-21, une très forte concentration de pupes de mouche a été retrouvée à la jointure entre le tunnel et le plancher de la pièce (Mayeux 2021), un lieu décrit dans les récits ethnographiques comme une zone de stockage des denrées et de rejet (Reinhardt & Lee 2003). Nous pouvons donc imaginer que l’accumulation de déchets a permis à ces diptères de se développer sur la plateforme de la structure F-87. Toutefois, sans une identification plus spécifique des pupes de mouche, il est difficile d’interpréter davantage leur distribution. Néanmoins, nous pouvons affirmer que ces restes sont clairement associés aux activités des occupants de la maison. Chaque espèce de diptères ayant besoin de conditions restreintes et spécifiques pour la ponte et le développement des stades larvaires (Panagiotakopulu 2004), en poussant la spéciation grâce à une collection de référence adéquate, ces restes pourront fournir des indications détaillées sur les conditions écologiques et le genre de ressources présentes sur la plateforme. Les acariens présents dans notre corpus semblent quant à eux refléter la présence de mousse. En effet, ces oribatides ont été retrouvés dans les niveaux qui contiennent le plus grand nombre de restes de mousse et ils confirment donc l’existence de ressources provenant des milieux humides.

17Les niveaux 3a à 3d sont tous marqués par la présence de mousses, d’herbes et de branchages. D’après les données ethnographiques sur les Iñupiat du nord-ouest de l’Alaska, ces trois éléments étaient utilisés pour l’isolation des maisons et la literie des plateformes (Burch 2006). En effet, les Iñupiat recouvraient les parois de leurs maisons semi-souterraines de blocs de tourbes pour les isoler du froid, ce qui peut expliquer la concentration de restes de mousses dans les niveaux correspondant à l’effondrement du mur. En outre, la mousse devait également servir d’isolant et de literie pour la plateforme. De fait, on en retrouve en très forte quantité dans le niveau compris entre celle-ci et le sol. Ces restes sont associées à une abondance de feuilles de camarine noire, ce qui suggère des branchages servant de literie et d’isolant. Dans ces niveaux, on retrouve également une plus forte proportion de graines de baies que dans le niveau de remplissage. Les baies de camarine noire sont les mieux représentées, ce qui n’est pas étonnant, étant donné la surreprésentation de la plante dans la région et le fait qu’elles soient particulièrement appréciées par les Iñupiat (Jones 2010). Il y a également quelques occurrences de graines de plaquebière (Rubus chamaeromus) et de busserole (Arctostaphylos sp.) indiquant leur consommation à l’intérieur de la maison. Dans la maison F-21, les restes de camarine noire dominent également le corpus des baies dans l’ensemble de l’habitat, avec une forte concentration dans la cuisine, ce qui semble confirmer leur importance dans l’alimentation des habitants du cap Espenberg (Mayeux 2021). En outre, toujours dans la cuisine de la maison F-21, les mêmes espèces de plantes aquatiques que dans la maison F-87 ont été identifiées dans de très fortes quantités, ce qui suggère qu’elles pourraient également être liées à la nourriture.

Conclusion

18Les analyses préliminaires combinant archéoentomologie et archéobotanique offrent de premiers résultats qui témoignent du potentiel de cette méthode. Les assemblages entomologiques et botaniques procurent deux jeux de données différents qui se complètent et élargissent le champ des interprétations. Les assemblages d’insectes et de restes végétaux des niveaux d’occupations se distinguent de celui de la couche de remplissage sédimentaire. Sachant que des études ont mis en lumière le problème des intrusions modernes entomologiques et botaniques (Hoffecker et al. 2012 ; Anstey et al. 2016), ce résultat est particulièrement important pour reconnaître les restes résultants d’activités anthropiques ou de processus postérieurs à l’occupation. En outre, les analyses nous donnent de premières indications sur les techniques d’isolation et les modes de literie dans la maison, l’alimentation ou les conditions d’hygiène.

19Pour aller plus loin dans nos interprétations, nous prévoyons de comparer nos premiers résultats avec ceux de colonnes issus des autres zones de la maison et des autres maisons fouillées au cap Espenberg (Mayeux 2021). Cependant, ces premiers résultats sont prometteurs et indiquent que l’association des données archéoentomologiques et archéobotaniques apporte des informations inédites essentielles à la compréhension des maisons semi-enterrés de l’Arctique américain.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Localisation du cap Espenberg, Alaska (États-Unis).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/13719/img-1.jpg
Fichier image/png, 697k
Titre Fig. 2. Végétation du cap Espenberg. À gauche : communauté de sous arbrisseaux (camarine noire et saules) au sommet d’une dune. À droite : graminoïdes et plantes semi-aquatiques dans une dépression humide (photographies Marine Vanlandeghem, 2017).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/13719/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,5M
Titre Fig. 3. La maison F-87. Plan de la maison montrant les trois unités analysées et tableau récapitulatif des différents niveaux déterminés au cours de la fouille de la plateforme (d’après les données de Norman 2015).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/13719/img-3.jpg
Fichier image/png, 263k
Titre Tableau 1. Résultats de l’identification archéoentomologique.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/13719/img-4.jpg
Fichier image/png, 85k
Titre Tableau 2. Résultats de l’identification archéobotanique.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/13719/img-5.jpg
Fichier image/png, 130k
Titre Fig. 4. Comparaison des niveaux. À gauche : nombre de restes (Nr) de macrorestes végétaux pour 1 kg de sédiment par niveau. À droite : nombre minimum d’individus (Nmi) entomologiques pour 1 kg de sédiment par niveau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/13719/img-6.jpg
Fichier image/png, 60k
Titre Fig. 5. Répartition des taxons entomologiques et botaniques par niveau.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/13719/img-7.jpg
Fichier image/png, 279k
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Pour citer cet article

Référence papier

Camille Mayeux, Claire Alix, Christophe Petit et Michelle Elliott, « Quels sont les apports des analyses conjointes archéoentomologiques et archéobotaniques dans les contextes arctiques ? »Les nouvelles de l'archéologie, 167 | 2022, 22-30.

Référence électronique

Camille Mayeux, Claire Alix, Christophe Petit et Michelle Elliott, « Quels sont les apports des analyses conjointes archéoentomologiques et archéobotaniques dans les contextes arctiques ? »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 167 | 2022, mis en ligne le , consulté le 18 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/13719 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.13719

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Auteurs

Camille Mayeux

Doctorante en archéologie, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,

Umr 7041 ArScAn « Archéologie et sciences de l’Antiquité »,
équipe Archéologies environnementales

Claire Alix

Maître de conférences, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,

Umr 8096 « Archéologie des Amériques »

Articles du même auteur

Christophe Petit

Professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,

Umr 7041 ArScAn « Archéologie et sciences de l’Antiquité »,
équipe Archéologies environnementales

Articles du même auteur

Michelle Elliott

Maître de conférences, université Paris, Panthéon-Sorbonne

Umr 7041 ArScAn « Archéologie et sciences de l’Antiquité »,
équipe Archéologies environnementales

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