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Des pieds-bots dans la vallée des Merveilles (Alpes-Maritimes) ?

Jules Masson Mourey
p. 68-71

Résumés

Les hautes vallées de la région du mont Bego, dans les Alpes méridionales, abritent un très important corpus d’images rupestres de la Préhistoire récente (IVe-IIe millénaire avant J.-C.). Parmi ces milliers de gravures, quatre anthropomorphes au moins, attribués au Néolithique final, partagent une singularité : leurs pieds sont tournés vers l’intérieur. L’anomalie anatomique n’est pas sans rappeler la pathologie du pied bot varus équin bilatéral. Si l’hypothèse d’identification est exacte, et sachant le contexte qui accompagne ces représentations – à savoir l’accomplissement de la métallurgie du cuivre dans le nord de l’Italie et le sud de l’arc alpin –, il faudrait peut-être distinguer là les plus anciennes occurrences des affections orthopédiques dont souffrent, par nature, les forgerons mythologiques.

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Index de mots-clés :

gravures, métallurgie, pied bot

Index géographique :

Alpes-Maritimes

Index chronologique :

Néolithique
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Texte intégral

« Les divinités marquées d’une invalidité étaient mises en rapport avec les “étrangers”, les “hommes des montagnes”, les “nains souterrains”, c’est-à-dire avec des populations montagnardes et excentriques, entourées de mystère, généralement de redoutables métallurgistes. »
Mircea Eliade, Forgerons et alchimistes, Flammarion, 1977 : 89.

1Les hautes vallées alpines de la région du mont Bego (communes de Tende, La Brigue, Belvédère et Fontan en France, Entracque en Italie), étagées entre 2 000 et 2 800 mètres d’altitude dans le Parc national du Mercantour et le Parco naturale delle Alpi Marittime, sont connues pour abriter l’un des plus riches corpus d’images rupestres en Europe et en Méditerranée de l’Ouest, daté de la fin du Néolithique moyen, du Néolithique final et de l’âge du Bronze ancien (3800-1600 avant J.-C.) (Lumley et al. 1995 ; Lumley, Échassoux et al. 2011 ; Bianchi 2013 ; Huet 2017). Dispersés sur 1 400 hectares, quelques 4 200 blocs, dalles et parois de schiste ou de grès supportent environ 36 000 gravures piquetées. Respectivement au sud-ouest et au nord-est du mont Bego (2 872 m), se déploient les deux secteurs archéologiques majeurs : la vallée des Merveilles (zones 0 à XII) et le val de Fontanalba (zones XV à XIX).

2En dehors des motifs non figuratifs (du moins, à nos yeux profanes), les gravures préhistoriques peuvent être réparties en quatre grandes catégories : les corniformes (des bovinés schématiques) isolés ou attelés, les armes à lame en silex, en cuivre ou en bronze (des poignards surtout, mais aussi des hallebardes et des haches), les formes géométriques (notamment réticulées) et les anthropomorphes. Ces derniers, quoique peu nombreux – 333 au dernier comptage, soit moins de 1 % de l’inventaire total (Masson Mourey 2019 : 64) –, constituent la clé de voûte des principales propositions d’interprétation (Masson Mourey & Bianchi 2020 : 45).

  • 1 Dans dix autres cas, soit la gravure est trop mal conservée, soit la documentation disponible (phot (...)

3Parmi eux, quatre au moins1, tous localisés dans la vallée des Merveilles, se singularisent par des pieds tournés l’un vers l’autre. Selon les appellations populaires et le système de numérotation couramment employé (numéros de zone, de groupe, de roche et de gravure), il s’agit du « Chef de tribu » (ZVII.GI.R8-1), de la « Danseuse » (ZIX.GII.R4-15), de l’« Orante acéphale corniforme » (ZIV.GIII.R16D-20) et d’un petit personnage répondant au code seul – beaucoup moins romantique – de ZX.GII.R18C-78.

  • 2 Quelques exemples ponctuels ont été recensés çà et là, en Italie, en Norvège, en Suède ou en Tchétc (...)

4Une telle caractéristique podale est suffisamment rare sur le site et dans l’iconographie humaine en général, partout et à toutes les époques2, pour justifier que l’on s’y penche. Que figure-t-elle et quelle sémantique recouvre-t-elle ? Ce texte est une version révisée d’une hypothèse déjà émise il y a quelques années (Masson Mourey 2017).

Quatre anthropomorphes pour une posture commune : descriptions et attribution chronologique

5Le « Chef de tribu » (fig. 1-1) se dresse au fond du torrent des Merveilles, sur la partie droite d’une dalle aménagée et relevée (Lumley et al. 1990 : 13). Sa tête « en chapeau de gendarme » – que transperce un poignard à lame triangulaire étroite et allongée – surmonte un cou épais. Les yeux ainsi que le nez sont représentés par un petit corniforme. Ses bras coudés et étendus à l’horizontale se terminent par des mains aux doigts individualisés. Au-dessous, sur le torse, un plastron rectangulaire affiche un deuxième corniforme dont l’évasement des cornes dégage une zone réservée évoquant un pectoral « en croissant ». Un pénis apparaît, tandis que les jambes courtes aux genoux marqués se terminent donc par des pieds en rotation interne.

Fig. 1. Quatre gravures anthropomorphes de la vallée des Merveilles avec les pieds tournés vers l’intérieur : 1. Le « Chef de tribu » (ZVII.GI.R8-1) ; 2. La « Danseuse » (ZIX.GII.R4-15) ; 3. L’« Orante acéphale corniforme » (ZIV.GIII.R16D-20) ; 4. ZX.GII.R18C-78.

Fig. 1. Quatre gravures anthropomorphes de la vallée des Merveilles avec les pieds tournés vers l’intérieur : 1. Le « Chef de tribu » (ZVII.GI.R8-1) ; 2. La « Danseuse » (ZIX.GII.R4-15) ; 3. L’« Orante acéphale corniforme » (ZIV.GIII.R16D-20) ; 4. ZX.GII.R18C-78.

© Relevés Laboratoire de Préhistoire de Nice-Côte d’Azur.

6Les roches de la région du mont Bego sont de véritables palimpsestes sur lesquels différentes phases iconographiques se succèdent à travers le temps long. Pour établir l’attribution chronologique d’une gravure, il est de fait périlleux de recourir à celles qui l’environnent sur le même support, sauf si les unes et les autres sont strictement superposées ou associées, auquel cas une chronologie relative ou une datation indirecte peuvent être envisagées. La tâche s’avère particulièrement ardue lorsqu’un motif a subi des ajouts ou des transformations après la réalisation initiale ; toutes ses composantes ne sont pas synchrones et il est presque impossible de mesurer les intervalles de temps qui les séparent. Ici, je me fonde sur le postulat selon lequel chaque anthropomorphe et ses attributs sont d’une unique main ou, en tout cas, obéissent à la règle de « l’unité de temps » du théâtre classique.

7Ainsi, le poignard fiché dans la tête du « Chef de tribu » renvoie aux armes à lame en cuivre du Néolithique final II, entre 2900 et 2500 avant J.-C. (Bianchi 2013 : 192), ce que conforte l’analogie entre la tête ovalaire, les épaules carrées de l’anthropomorphe et les stèles liguro-toscanes de la Lunigiana, type Filetto-Malgrate/groupe B (Louis & Isetti 1964 : 50 ; Huet 2017 : 156), rapportées à un intervalle couvrant le dernier tiers du ivmillénaire et la première moitié du iiie millénaire avant J.-C. (Ambrosi 1972 ; De Marinis 1995).

8La roche de la « Danseuse » se trouve quant à elle à l’entrée de la vallée des Merveilles, surplombant un à-pic de six mètres. La dénomination de cet anthropomorphe (fig. 1-2) est abusive puisque l’on a de toute évidence affaire à un personnage de sexe masculin ; ithyphallique, peut-être, ou doté d’un étui pénien. Le scrotum se distingue nettement. Assez tôt, la ressemblance de la « Danseuse » et du « Chef de tribu » a été remarquée (Isetti 1959 : 115). Nonobstant le cercle de cupules disjointes qui passe par le haut du crâne, les mains et le milieu du corps, tous deux partagent en effet un certain nombre de points communs : une tête « en chapeau de gendarme », un visage schématique – dont les éléments seraient là aussi un corniforme grossier (Lumley et al. 2007 : 767) –, un cou large, des bras étendus en croix et cassés au niveau des coudes, une importante plage non gravée sur le tronc et, bien sûr, des pieds tournés vers l’intérieur. Ipso facto, leur similitude stylistique plaide en faveur d’une attribution chronologique peu ou prou identique.

9L’« Orante acéphale corniforme » (fig. 1-3), pour sa part, est localisée au pied du pic des Merveilles. Acéphale donc, mais pourvu d’une paire de cornes verticales émanant directement du haut du tronc, l’anthropomorphe étend les bras à l’horizontale, les avant-bras relevés, comme le « Chef de tribu » et la « Danseuse ». Au bout des membres supérieurs, deux petites boursouflures indiquent les mains. De nouveau, il y a sur la poitrine une sorte de chasuble présentant un fort décolleté, à moins qu’il s’agisse d’un élément de parure « en demi-lune » ? Des membres inférieurs filiformes et rectilignes s’échappent de hanches séparées du reste du corps par une rupture du piquetage : une ceinture ? Dans la zone de l’entrejambe, un ovale entourant une plage réservée rappelle une vulve. Les pieds, dirigés l’un vers l’autre, se rejoignent et se confondent. Les éléments graphiques partagés (la position des bras, le plastron ou la chasuble rectangulaire, le possible bijou curviligne, l’emploi de zones non gravées, sans parler de l’orientation des pieds) ainsi que les dimensions bien supérieures à la hauteur habituelle des anthropomorphes du site (9 cm en moyenne) permettent, comme pour la « Danseuse », d’étendre (prudemment) à l’« Orante acéphale corniforme » l’attribution chronologique du « Chef de tribu ».

10Enfin, le petit personnage (fig. 1-4) apparaît plus fruste, beaucoup moins spectaculaire que ses trois homologues ; sa tête est pointue, ses bras longs, coudés et levés. Il n’empêche, les jambes écartées aboutissent, là encore, à des pieds tournés en dedans. L’extrémité inférieure du corniforme très élancé qui le surmonte est reliée au membre supérieur gauche par une petite barre subhorizontale ; l’ensemble évoque un attelage simple tirant un araire. En Europe continentale et dans les Alpes, l’introduction de la traction animale intervient au cours du dernier tiers du ive millénaire avant J.-C., en témoignent le joug d’Arbon-Bleiche 3 (Suisse) et le travois de Chalain (Jura), respectivement datés de 3384-3370 et 3040 avant J.-C., tandis que les sillons fossilisés de Saint-Martin-de-Corléans (Italie) appartiennent vraisemblablement au premier quart du iiie millénaire avant J.-C. (Pétrequin et al. 2006 : 16).

11Ainsi, les quatre anthropomorphes peuvent être rattachés au Néolithique final I et/ou II, entre 3300 et 2500 avant J.-C. En Italie septentrionale et dans les Alpes du Sud, la première métallurgie est alors florissante (De Marinis & Brillante 1998 ; De Marinis 2013 ; Merk et al. 2013). Le phénomène s’imprime partout sur les roches du mont Bego – je parlais plus haut de représentations de poignards (dont celle du « Chef de tribu »), de hallebardes et de haches à lame en cuivre – et il ne serait d’ailleurs pas étonnant que les gisements de minerais bordant le site aient très vite attiré l’attention (Mohen & Éluère 1991).

Du signifiant au référent : une nouvelle hypothèse

12Souvent, il a été avancé que les pieds tournés vers l’intérieur, à la vallée des Merveilles, servaient à indiquer l’appartenance des personnages représentés « au monde de l’au-delà » (Lumley et al. 1990 : 48 ; 1995 : 354 ; Lumley, Échassoux et al. 2011 : 302-305). Une telle assertion ne repose néanmoins sur aucun argument tangible ; à ma connaissance, l’endorotation podale n’est employée nulle part comme emblème de mort. Sous le prisme de l’éthologie, il faudrait plutôt voir cette position comme « l’expression d’une précarité » (Peeters 2006 : 543). Quoique diamétralement opposée à la précédente (rien de moins « labile » que la mort, sans doute), la proposition n’est guère plus convaincante.

13La rotation interne des pieds constitue avant tout une anomalie anatomique. C’est à partir de ce constat simple que j’ai jugé pertinent d’interroger les sciences médicales. Rapidement, la pathologie du pied-bot varus équin (PBVE) a éveillé mon intérêt. Cette déformation congénitale (fig. 2a), aujourd’hui la plus courante en France (1 à 2 PBVE pour 1000 naissances), est bilatérale dans 50 % des cas (Fassier 2015). Irréductible à la naissance, elle nécessite une correction plâtrée progressive, accompagnée de gestes chirurgicaux ciblés, ainsi que l’utilisation prolongée d’une attelle de dérotation. En l’absence de soins adaptés – certainement inconnus à la Préhistoire, inaccessibles aujourd’hui dans les pays sous-médicalisés (fig. 2b) – le patient risque de se déplacer en boitant tout au long de sa vie, en utilisant les bords externes de ses pieds, orientés vers l’intérieur (Seringe & Wicart 2007).

Fig. 2. Nouveau-né français (a) et femme adulte du Bangladesh (b) atteints de pied-bot varus équin.

Fig. 2. Nouveau-né français (a) et femme adulte du Bangladesh (b) atteints de pied-bot varus équin.

© Roger Parot et Franck Chotel.

14La ressemblance avec les anthropomorphes de la vallée des Merveilles n’est-elle pas frappante ? Aussi, je crois qu’il a pu exister dans certaines communautés dont étaient issus les graveurs – tandis que s’épanouissait en leur sein la métallurgie du cuivre – des individus atteints de pieds-bots varus équins bilatéraux, et il semble que cette originalité physique a suffisamment interpellé pour intégrer l’univers symbolique et faire l’objet de représentations rupestres exceptionnelles.

Discussion : quel signifié ?

15Dans de nombreuses sociétés anciennes et subactuelles, l’être difforme possède un statut ambigu mais il n’est pas nécessairement rejeté par le groupe. Au contraire, son apparence curieuse apparaît parfois comme le signe d’une intervention divine (Aufrère 1999 : 16). Il est même connu que « […] les mythes confèrent souvent aux infirmes et aux malades une signification positive […] » (Lévi-Strauss 1964 : 61). On parle alors d’infirmités « qualifiantes » (Le Quellec & Sergent 2017 : 650-651).

16Ainsi, les anthropomorphes aux pieds tournés vers l’intérieur de la vallée des Merveilles pourraient correspondre à la valorisation iconographique d’un handicap orthopédique. À l’avenir, l’hypothèse sera peut-être étayée par de nouvelles données paléopathologiques issues de contextes funéraires.

17Il est troublant de constater que, dans les mythologies d’Europe occidentale (mais également de l’autre côté de la Méditerranée), les maîtres cosmiques du feu, de la forge et des métaux (et donc de l’orage et de la foudre ?) sont boiteux, cette infirmité étant le prix de leur pouvoir redouté et occulte. Héphaïstos/Vulcain dans la tradition gréco-romaine et Völund dans la théogonie scandinave, pour les principaux, se voient affaiblis par une claudication (Delcourt 1957 ; Leroy 1982 ; Yche-Fontanel 2001 ; Lajoye 2006). Tout pusillanime que l’on soit, l’analogie avec les anthropomorphes pieds-bots du mont Bego semble prometteuse…

18Une seconde observation – d’un tout autre registre – s’impose. Après l’âge du Bronze et pendant de très longs siècles, la pratique de gravure se réduit considérablement dans la région. Il faut attendre l’époque contemporaine pour que les bergers réinvestissent explicitement, à la lame du couteau, les roches colorées de la vallée des Merveilles et du val de Fontanalba (Magnardi & Breteau 2005). Parmi ce corpus de graffitis, sept personnages au moins ont à nouveau les pieds tournés vers l’intérieur (Lumley et al. 1995 : 371, 383, 389, 395). Et que dire de cette poire à poudre sculptée du xixe siècle, exposée dans une vitrine du musée des Merveilles à Tende (n° d’inventaire : 007.1.178), affichant un personnage nu aux pieds en rotation interne (Giusto-Magnardi 1996 : 537-538) ? Des millénaires après leur réalisation, le « Chef de tribu », la « Danseuse », l’« Orante acéphale corniforme » et ZX.GII.R18C-78 (d’autres encore, probablement) ont dû impressionner les pâtres en estive. Supposant qu’il s’agissait de divinités immémoriales, désireux de perpétuer une tradition jugée ancestrale et procédant par mimétisme, ceux-ci auraient affublé quelques-uns de leurs personnages – et notamment Jésus-Christ (ZIV.GII.R9A), ce qui n’est pas anodin – de pieds identiquement tournés vers l’intérieur. Ces graffitis seraient ainsi l’expression d’une réappropriation « dénaturée », par des populations alpines récentes, d’un thème iconographique préhistorique local. Les images ne sont-elles pas « comme des vases que les générations se passent pour les remplir de liquides différents » (Hourticq 1927 : 77) ?

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Bibliographie

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Notes

1 Dans dix autres cas, soit la gravure est trop mal conservée, soit la documentation disponible (photographies, relevés et descriptions) n’est pas assez explicite pour s’assurer que les pieds convergent bel et bien vers l’intérieur : ZII.GI.R11B-5, ZIII.GI.R8α-1, ZIV.GII.R11A-8, ZIV.GIII.R17D-17, ZX.GII.R4B-9 et ZX.GIII.R4-98 dans la vallée des Merveilles ; ZXVII.GII.R13α-3, ZXVII.GIII.R1α-93, ZXVIII.GIII.R38α-107 et ZXIX.GIV.R18α-39 dans le val de Fontanalba.

2 Quelques exemples ponctuels ont été recensés çà et là, en Italie, en Norvège, en Suède ou en Tchétchénie (Peeters 2006 : 535-542), auxquels j’ajouterai volontiers une poignée d’autres, dans le Midi (Martel 1994 : 88 ; Dubal & Joly 1997 : fig. 6 ; Hameau 2012 : 252) et jusqu’au Mexique (colonne-statue maya exposée au musée du Quai Branly – Jacques Chirac à Paris, n° d’inventaire : 71.1967.37.1).

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Quatre gravures anthropomorphes de la vallée des Merveilles avec les pieds tournés vers l’intérieur : 1. Le « Chef de tribu » (ZVII.GI.R8-1) ; 2. La « Danseuse » (ZIX.GII.R4-15) ; 3. L’« Orante acéphale corniforme » (ZIV.GIII.R16D-20) ; 4. ZX.GII.R18C-78.
Crédits © Relevés Laboratoire de Préhistoire de Nice-Côte d’Azur.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/13118/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 378k
Titre Fig. 2. Nouveau-né français (a) et femme adulte du Bangladesh (b) atteints de pied-bot varus équin.
Crédits © Roger Parot et Franck Chotel.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/13118/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 708k
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Pour citer cet article

Référence papier

Jules Masson Mourey, « Des pieds-bots dans la vallée des Merveilles (Alpes-Maritimes) ? »Les nouvelles de l'archéologie, 165 | 2021, 68-71.

Référence électronique

Jules Masson Mourey, « Des pieds-bots dans la vallée des Merveilles (Alpes-Maritimes) ? »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 165 | 2021, mis en ligne le , consulté le 15 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/13118 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.13118

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Auteur

Jules Masson Mourey

Docteur associé, Aix Marseille Université, UMR 7269 Lampea « Laboratoire Méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique ». julesmassonmourey@yahoo.fr

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