Navigation – Plan du site

AccueilNuméros165Un handicap institutionnalisé : l...

Un handicap institutionnalisé : la lèpre au Moyen Âge

Exemples archéologiques normands, tourangeaux et perspectives d’analyse
Valentin Miclon, Samuel Bédécarrats, Leïa Mion, Julia Pacory, Cécile Chapelain de Seréville-Niel, Damien Jeanne, Grégory Schütz, Philippe Blanchard, Jérôme Livet, Hélène Coqueugniot, Estelle Herrscher et Mark Guillon
p. 30-37

Résumés

Dans le champ de l’archéologie du handicap, le lépreux de la période médiévale fait presque figure d’archétype. Physiquement affecté par la maladie, le lépreux occupe une position ambiguë oscillant entre soins au cœur d’institutions spécialisées et rejet. Puisque la lèpre est identifiable par des lésions squelettiques caractéristiques, l’archéologie est en mesure de documenter finement les répercussions biologiques et sociales de cette maladie. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les investigations d’ampleur d’institutions dédiées au soin des lépreux du Moyen Âge demeurent rares en France. Cet article, en s’appuyant sur les exemples de léproseries étudiées en Normandie (région concentrant la plupart des études archéologiques de ces institutions en France) et de l’étude menée sur la population de la léproserie Saint-Lazare de Tours, révèle le formidable potentiel que constituent ces sites pour apporter de nouvelles données nécessaires à la caractérisation des handicaps associés à la lèpre au Moyen Âge.

Haut de page

Entrées d’index

Index de mots-clés :

lèpre, isotopes

Index géographique :

Normandie (région), Tours

Index chronologique :

Moyen Âge
Haut de page

Texte intégral

1Évoquer les léproseries et la lèpre aujourd’hui relève d’une certaine gageure, tant les stéréotypes du lépreux réprouvé et mis à l’écart pèsent depuis le xixe siècle. Si les répercussions des différentes formes de handicap sur la vie peuvent être observées pour la période contemporaine, il est beaucoup plus difficile de les évaluer pour le Moyen Âge.

2Le lépreux de la période médiévale occupe une position particulière dans le champ de l’archéologie du handicap. Mutilé par cette maladie, le ladre est bien souvent éloigné de la société et reçu dans des établissements d’accueil spécialisés, les léproseries. Les institutions médiévales d’accueil des lépreux, à vocation charitable, leur organisation et leurs modalités d’accueil des malades ont été au cœur de nombreux travaux d’historiens et d’archéologues (Brenner & Touati 2021).

3Paradoxalement, peu de léproseries ont fait l’objet en France d’investigations archéo-anthropologiques, pourtant fondamentales pour mieux comprendre cette pathologie et ses répercussions biologiques et sociales. Cet article, après une brève présentation de la maladie et de la place du lépreux dans la société médiévale, dresse un état des lieux des investigations archéo-anthropologiques menées au sein de léproseries normandes, région française la mieux documentée sur ce point. Enfin, il met en évidence, au travers des analyses récentes sur la population de la chapelle Saint-Lazare de Tours, le potentiel qu’offrent les riches collections issues de fouilles relativement anciennes pour discuter notamment des modalités d’accueil des malades et de leur rapport au reste de la société médiévale.

La lèpre

4La lèpre est une maladie infectieuse, contagieuse et chronique, causée par Mycobacterium leprae (Hansen 1874) et/ou par Mycobacterium lepromatosis (Han et al. 2008). Ces germes affectent naturellement les humains et certains animaux tels que d’autres primates ou les écureuils roux (Avanzi et al. 2016 ; Honap et al. 2018).

5Bien que mal comprise, sa transmission s’opérerait par le biais d’aérosols infectieux, créés par la toux et les éternuements, mais peut-être aussi par contact direct. Toutefois, la transmission interhumaine n’est pas son seul mode d’acquisition (Ploemacher et al. 2020). La lèpre est peu pathogène et, dans la grande majorité des cas, le système immunitaire y répond efficacement. La période entre l’infection initiale et l’apparition des premiers signes cliniques est généralement comprise entre deux et dix ans. M. leprae a un tropisme particulier pour les zones cutanées froides, que sont la face et les extrémités des membres. De plus, des pertes sensorielles et motrices prédisposent le malade aux infections secondaires, découlant de traumas et d’ulcérations, et à des contractures articulaires (Bobin 2008).

6La lèpre et les infections secondaires qui lui sont associées peuvent provoquer, au niveau du visage et/ou des extrémités des membres, de sévères dégradations osseuses caractéristiques, identifiables lors d’études archéo-anthropologiques (Roffey & Tucker 2012 ; fig. 1). Ainsi, cette pathologie et ses répercussions peuvent être explorées tant par les archéologues que par les historiens.

Fig. 1. Exemples d’atteintes ostéologiques caractéristiques de la lèpre issus des sites de Saint-Thomas d’Aizier, Putot-en-Bessin et Saint-Lazare de Tours.

Fig. 1. Exemples d’atteintes ostéologiques caractéristiques de la lèpre issus des sites de Saint-Thomas d’Aizier, Putot-en-Bessin et Saint-Lazare de Tours.

© Valentin Miclon, Samuel Bédécarrats (Umr 7324 Citeres) ; Cécile Chapelain de Seréville-Niel (Umr 6273 Craham) et Mark Guillon (Inrap, Umr 5199 Pacea).

Ce que dit l’histoire de la place sociale du lépreux au Moyen Âge

7Être atteint de la lèpre risque de faire perdre la face au sens propre comme au sens figuré. Or, l’honneur n’existe que dans le regard des autres. L’apparence du visage fonde les relations sociales au Moyen Âge (Jeanne 2012 et 2021). Il faut donc éviter que la foule, comme l’ont dénoncée au ive siècle nombre de Pères grecs de l’Église, ne s’en prenne aux lépreux ou ne les traite avec mépris et indifférence (Nazianze 2011 : 142-144). Le Moyen Âge chrétien instaure la pratique du soin collectif dans l’idée d’un gouvernement des hommes par la pastorale charitable. Si la lèpre produit une dégradation irrémédiable de l’état physique, elle est perçue parfois par les gens du Moyen Âge comme une correction divine consécutive à la transgression d’une règle religieuse (Jeanne 2018 : 129-137). Abaissement providentiel quelquefois souhaité, la lèpre invite alors à l’élévation par une conversion rédemptrice. Dans cette logique, les communautés lépreuses forment des groupes pénitentiels de taille très variable où la réception du malade se déroule à la manière d’un rite de profession monastique (Touati 1998 : 405-428). Ce rituel d’éloignement est davantage perçu comme une intégration au sein d’une nouvelle identité plutôt que comme une exclusion sociale (Jeanne 2020). Trop ritualisée pour faire du lépreux une authentique victime émissaire, la séparation s’organise selon un rite d’expulsion qui porte la marque sacrificielle du Christ livré, assassiné (Jeanne 2020). Aussi, l’empreinte du monachisme (le moine est aussi un être séparé) caractérise la vie des lépreux comme à Saint-Nicolas de Bayeux (Calvados). Vers 1170, les malades se nomment « confrères lépreux vivant sous règle religieuse au monastère Saint-Nicolas » (Delisle & Berger 1920 : 313). La topographie des léproseries obéit à cette logique du refus du sacrifice autour d’une unité collective de séparation et de recomposition (Girard 2006 : 460). Les « maisons des lépreux » (domus leprosorum) s’installent toujours sur des seuils, au carrefour de plusieurs paroisses, le long des voies fréquentées, sur le modèle de la parole du Christ : « Je suis la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir » (Jean 10 :9).

8La situation du lépreux médiéval apparaît donc ambiguë. Les léproseries n’ayant pas toutes les mêmes modalités d’organisation et de fonctionnement, il est fondamental d’étudier les vestiges archéologiques de ces établissements et tout particulièrement les restes humains. En Angleterre, des investigations d’ampleur ont été menées sur plusieurs léproseries (Magilton et al. 2008). En France, la Normandie concentre la majorité des sites ayant livré des restes osseux et reflète, assez fidèlement, l’état des connaissances archéologiques de ces institutions à l’échelle de l’Hexagone.

État des lieux des investigations archéoanthropologiques des léproseries normandes

La léproserie Saint-Nicolas-de-la-Chesnaie à Bayeux (Calvados)

9La léproserie Saint-Nicolas-de-la-Chesnaie est située à la périphérie est de Bayeux, à 1,3 km du centre de la cité médiévale. À la suite d’une étude documentaire menée par D. Jeanne, son cimetière a fait l’objet de sondages archéologiques en 1992 (Jeanne 1997). Un projet d’extension du cimetière municipal voisin a permis, en septembre 2019, de le sonder de nouveau (fig. 2).

Fig. 2. Plan des vestiges archéologiques de la léproserie Saint-Nicolas-de-la-Chesnaie (Bayeux, Calvados).

Fig. 2. Plan des vestiges archéologiques de la léproserie Saint-Nicolas-de-la-Chesnaie (Bayeux, Calvados).

© Service archéologie – Conseil départemental du Calvados.

10Mentionné pour la première fois vers 1169-1170, l’établissement prend place au niveau d’un accès principal à la ville, le long d’une route très fréquentée et à proximité de l’église Saint-Exupère. La dernière phase d’occupation de son espace funéraire semble remonter à 1683 (Jeanne 1993 ; Schütz 2019).

11D’après les études documentaires et archéologiques, la léproserie est constituée d’une église et de plusieurs bâtiments qui se développent le long du côté nord de la route de Caen. Son cimetière se situe à l’écart, au sud de cette route qui en constitue la limite septentrionale.

12Quatre sépultures ont été fouillées en 2019 dans le cadre d’un diagnostic. Celles-ci correspondent à un enfant de 4 ans +/- 12 mois, une jeune femme de 18-19 ans, un homme dont l’âge est estimé entre 25 et 49 ans et un adulte de sexe indéterminé dont l’âge au décès est supérieur à 40 ans. Aucun traitement ou organisation funéraire spécifique n’ont été mis en lumière. De même, aucun signe ostéologique de la lèpre, d’un handicap ou de trace d’intervention médicale ou chirurgicale n’ont été observés sur les ossements.

13Si le projet d’aménagement initial venait à se confirmer, le site pourrait faire l’objet d’une fouille préventive.

La chapelle Saint-Thomas d’Aizier (Eure)

  • 1 Cette fouille a été conduite par Marie-Cécile Truc (Inrap-Craham) puis Cécile Niel (Craham), en col (...)

14La léproserie Saint-Thomas est située en pleine forêt de Brotonne, à un kilomètre de l’actuel village d’Aizier. Seule la chapelle romane, dédiée à Thomas Becket (vers 1118-1120 – 1170), subsiste à l’état de ruines. Le site a été fouillé de 1998 à 2010 dans le cadre d’opérations programmées (Chapelain de Seréville-Niel et al. 2012)1. Rare cas de léproserie médiévale à avoir bénéficié, en France, d’une approche globale et pluridisciplinaire associant archéologues, historiens, anthropologues, paléopathologistes et de nombreux autres spécialistes, l’histoire de ce site permet d’aborder la vie et la mort au sein d’un établissement hospitalier en Normandie ainsi que son évolution entre la fin du xie et le xviiie siècle (Blondiaux et al. 2020 ; Jeanne et al. 2021).

15Les investigations archéologiques et historiques ont permis d’attribuer aux abords sud et est de la chapelle des fonctions domestiques et utilitaires alors que les structures à l’ouest paraissent vouées à l’habitat (fig. 3). Celles-ci dessinent d’abord la forme d’un grand bâtiment vraisemblablement à étage qui a dû faire office de lieu de vie collectif (xiiie-xve siècles), puis il est remplacé, au xve siècle, par deux petites maisons à pans de bois abandonnées au xvisiècle, date de désaffection du site d’après les sources écrites. Progressivement gagné par la forêt, le site est fossilisé mais aussi sauvegardé.

Fig. 3. Plan du site de la léproserie Saint-Thomas d’Aizier.

Fig. 3. Plan du site de la léproserie Saint-Thomas d’Aizier.

© Thomas Guérin, Guillaume Marie-Cécile Truc (Inrap, Umr 6273 Craham), Cécile Chapelain de Seréville-Niel (Umr 6273 Craham).

16Trois aires funéraires ont été reconnues avec 196 sépultures mises au jour pour 266 individus identifiés. L’une, au sud, avec une quinzaine de tombes réparties sur un même niveau d’inhumation, a rapidement été abandonnée. Une autre, bien plus densément occupée, avec des fosses bien alignées et de fréquents recoupements, se situe au nord de la chapelle. Dans ces deux secteurs, les inhumations apparaissent dès la fin du xie siècle, le cimetière nord étant utilisé jusqu’au xvie siècle. Le dernier secteur sépulcral, la nef de la chapelle (une trentaine de tombes) correspond à une occupation plus tardive (xve-xviie siècles).

17La mortalité de la population inhumée ne correspond pas à une mortalité naturelle. L’effectif compte peu d’individus âgés et le nombre d’immatures est largement en deçà des valeurs attendues par les modèles théoriques. Leur présence invalide l’idée que seuls des malades ont été enterrés au sein de la léproserie et appuierait plutôt l’idée d’un rapprochement volontaire près du sanctuaire ou, vu leur jeune âge, de leur appartenance à une cellule familiale. Certains d’entre eux sont reconnus lépreux et témoignent d’un recrutement social plus complexe que celui attendu, leur contamination pouvant être consécutive à leur accueil dans la léproserie. Aucune sélection liée au sexe n’est perceptible dans la population d’Aizier. Si les hommes sont légèrement plus nombreux (82 pour 55 femmes), le nombre d’individus de sexe indéterminé incite à la prudence (88 adultes et 26 sujets de sexe et d’âge indéterminés). Seul le secteur de la chapelle montre une nette prédominance masculine, cas courant pour des inhumations localisées dans un édifice religieux et déjà observé sur divers sites contemporains (Chapelain de Seréville-Niel 2019).

18Parmi les 234 individus ayant bénéficié d’une étude paléopathologique complète, 40 femmes, 55 hommes et 21 adultes de sexe indéterminé sont des sujets lépromateux. Parmi les 31 sujets immatures ayant bénéficié d’une étude paléopathologique, 9 présentent des atteintes osseuses importantes, compatibles avec la lèpre, ayant probablement engendré des séquelles conséquentes dans la vie courante des malades. Le lent développement de la maladie a nécessité des soins continus et une prise en charge suffisamment longue pour que les altérations osseuses se soient développées jusqu’au stade ultime de la maladie. D’autres pathologies invalidantes sont aussi observées : traumatismes divers (plus de 20 cas, dont 6 perimortem et 13 « guéris »), tuberculose (18 cas), amputations (6 cas), dysplasies ou luxations congénitales de la hanche (12 cas). L’aire funéraire correspond donc bien à la vocation hospitalière de l’établissement.

19La richesse des informations obtenues à l’issue des premiers travaux spécialisés menés sur la population d’Aizier et les larges perspectives ouvertes par les approches archéométriques des restes humains, tant pour l’identification des pathologies anciennes, de leur taux de prévalence ou de leur développement que pour l’histoire des malades et de leur environnement social et économique, confirment le potentiel exceptionnel de ce site comparé aux rares cimetières de léproseries récemment fouillés et la nécessité de compléter les analyses déjà réalisées et de les comparer à des sites du même type.

La léproserie de Putot-en-Bessin (Calvados)

20La léproserie et son cimetière, situés aux environs de Caen, ont fait l’objet d’une fouille préventive en février 1996. L’occupation médiévale correspond à une maladrerie de taille modeste comprenant un bâtiment rectangulaire et un cimetière (Guillon et al. 2004 ; fig. 4).

Fig. 4. Plan de répartition des structures et des tombes de la léproserie de Putot-en-Bessin.

Fig. 4. Plan de répartition des structures et des tombes de la léproserie de Putot-en-Bessin.

© Mark Guillon (Inrap, Umr 5199 Pacea).

21Le mobilier archéologique atteste d’une occupation du site entre les xiiie et xve siècles, en accord avec les sources textuelles qui mentionnent la maladrerie pour la première fois en 1344 et placent sa destruction en 1614. Quarante-quatre sépultures y ont été mises au jour (Guillon et al. 2004). Hormis un grand adolescent et trois sujets de moins de 20 ans, tous les individus sont adultes. Le manque d’enfants dans l’aire funéraire fouillée ne prouve pas leur absence dans l’institution, mais les léproseries sont plutôt des établissements particuliers à population adulte dominante (Jeanne et al. 2021 : 90). Ce manque d’enfants souligne le caractère spécialisé de ce cimetière (Guillon 2019 et 2021).

22Parmi les 25 sujets dont le sexe a pu être déterminé, 15 sont des femmes et 10 sont des hommes. Au sein de l’échantillon exhumé, 7 sujets présentent des stigmates osseux caractéristiques de la lèpre et 9 autres des signes évocateurs. Par ailleurs, 32 adultes de tous âges portent des lésions associées à des maladies dégénératives (arthrose, arthrite, problèmes dentaires…) et 2 ont une fracture réduite, dont l’une concerne un fémur. Il n’a pas été mis en évidence de relation entre la maladie, le sexe des sujets et les pratiques funéraires, peut-être en raison de l’effectif limité des lépreux identifiés avec certitude.

La léproserie Saint-Lazare de Tours (Indre-et-Loire)

Présentation du site

23La léproserie, datant du xiie siècle, est implantée à l’écart de la ville, à un kilomètre environ du centre historique. Vraisemblablement réservée aux Tourangeaux de naissance, d’après les sources textuelles, elle semble marquer la volonté d’éloigner les malades de leurs proches (Rodier et al. 2007).

24Au Moyen Âge, ce secteur est très probablement un pôle d’accueil et de santé dévolu aux malades lors d’épidémies (Livet et al. à paraître). En effet, deux textes de la fin du xve siècle évoquent la présence, non loin de Saint-Lazare, d’un hôpital et de son cimetière, réservés aux malades de la grande vérole (syphilis). La découverte, à 250 m au nord de la chapelle, de 34 individus très probablement inhumés à l’occasion d’épidémies de peste aux xive et xve siècles s’accorde avec cette hypothèse.

25La chapelle de la léproserie Saint-Lazare de Tours a fait l’objet d’une fouille préventive en 1993, sous la direction de Xavier Rodier (Umr 7324 Citeres). L’intervention n’a porté que sur l’intérieur de l’édifice (fig. 5), livrant les restes de 57 sujets (Theureau 1994). La population comprend 2 périnatals, 8 sujets immatures et 47 adultes et grands adolescents dont au moins 20 de sexe masculin et 12 de sexe féminin (Bédécarrats 2020 ; Miclon 2020).

Fig. 5. Plan du site de la chapelle Saint-Lazare de Tours.

Fig. 5. Plan du site de la chapelle Saint-Lazare de Tours.

© Umr 7324 Citeres.

26Trente individus présentent des atteintes caractéristiques de la lèpre contre 6 qui ne portent pas de signe de la maladie. Pour les autres, le diagnostic ne peut raisonnablement être mené en raison de la fragmentation osseuse ou de leur jeune âge.

27Neuf sujets, dont 7 lépreux, présentent des manifestations rachidiennes de tuberculose. Cette contamination conjointe témoigne tout autant d’une forme de promiscuité que d’un état immunitaire défaillant au sein de la population.

Les analyses isotopiques : un exemple de l’apport des « archéo-sciences » à l’étude des léproseries et des lépreux

28L’analyse des rapports isotopiques du carbone et de l’azote dosés sur les restes osseux renseigne sur l’alimentation. En effet, ces éléments sont intégrés tout au long de la vie dans le squelette (Herrscher & Goude 2015). Une telle approche menée sur des sujets inhumés dans la chapelle de la léproserie Saint-Lazare montre, pour la majorité d’entre eux, des valeurs isotopiques proches de celles des populations les plus privilégiées de la ville de Tours et de ses environs (fig. 6). Ce résultat reflète une consommation de ressources aquatiques d’eau douce, identifiées par les sources archéozoologiques et historiques locales comme réservées à une certaine élite. Une telle alimentation révèlerait le statut particulier des sujets retrouvés dans cet espace d’inhumation privilégié : la chapelle de la léproserie Saint-Lazare. De fait, l’alimentation décrite n’est peut-être pas représentative de celle de tous les individus accueillis dans cette institution mais elle permet de nuancer une partie de l’historiographie présentant les lépreux sous un angle misérabiliste.

Fig. 6. Valeurs de δ13C et δ15N des individus de la chapelle de la léproserie Saint-Lazare de Tours comparées à celles des populations locales (cliché : amputation du membre inférieur droit d’un individu extrême).

Fig. 6. Valeurs de δ13C et δ15N des individus de la chapelle de la léproserie Saint-Lazare de Tours comparées à celles des populations locales (cliché : amputation du membre inférieur droit d’un individu extrême).

© Valentin Miclon et Samuel Bédécarrats (Umr 7324 Citeres).

29L’approche isotopique a également permis d’identifier deux individus aux valeurs isotopiques extrêmes pour la région (fig. 6). L’un est aussi le seul à présenter une amputation cicatrisée, et donc réalisée plusieurs années avant sa mort. Les barbiers tourangeaux ayant interdiction d’opérer les lépreux depuis au moins 1408, l’hypothèse la plus parcimonieuse est qu’il a passé sa vie dans une autre région et subi une intervention chirurgicale avant son arrivée à Tours. Un tel résultat permet d’avancer l’idée d’une institution qui ne serait pas réservée uniquement aux Tourangeaux (Miclon 2020).

Conclusion

30En France, peu d’investigations archéologiques d’ampleur concernent les léproseries médiévales. À l’image des sites de Bayeux, Putot-en-Bessin et Tours, la plupart des interventions n’ont porté que sur une emprise limitée de ces institutions. La léproserie d’Aizier fait figure d’exception, puisqu’elle est aujourd’hui la seule à avoir fait l’objet d’une fouille extensive et d’une étude post-fouille, toujours en cours, qui s’appuie largement sur les « archéo-sciences ». Le recours à une grande variété d’études (isotopiques, moléculaires, parasitologiques, d’imagerie médicale) semble pourtant indispensable pour mieux documenter la maladie, les soins qui lui sont associés, la prise en charge des malades et les modalités d’organisation de ces établissements, considérés, à tort, comme déjà bien décrits.

31L’unique exemple d’étude isotopique des individus de la léproserie Saint-Lazare de Tours montre tout l’intérêt qu’il y aurait à mener de telles analyses à partir des riches collections ostéologiques recueillies en France au cours des cinquante dernières années, en les confrontant à d’autres réalisées sur des populations locales et contemporaines. Ainsi, par la poursuite indispensable des travaux de terrain et le recours à un large panel d’investigations de laboratoire, l’archéologie peut apporter de nouveaux résultats nécessaires à la caractérisation des handicaps associés à la lèpre au Moyen Âge.

Haut de page

Bibliographie

Avanzi, C., Del Pozo, J., Benjak, A., Stevenson, K., Simpson, V. R., Busso, P., McLuckie, J., Loiseau, C., Lawton, C., Schoening, J., Shaw, D. J., Piton, J., Vera-Cabrera, L., Velarde-Felix, J. S., Mc Dermott, F., Gordon, S. V., Cole, S. T. & Meredith, A. L. 2016« Red squirrels in the British Isles are infected with leprosy bacilli », Science, 354, 6313 : 744-747. DOI : 10.1126/science.aah3783.

Bédécarrats, S. 2020. Prise en charge des malades et pratiques chirurgicales médiévales dans le centre de la France – approche historique et paléopathologique. Tours, Université de Tours (Thèse de doctorat).

Blondiaux, J., Chapelain de Seréville-Niel, C., Lefebvre, R. & Truc, M.-C. 2020. « À Saint Thomas d’Aizier (Eure) : la vie et la mort dans une léproserie médiévale normande ». In : C. Chapelain de Seréville-Niel, C. Delaplace, D. Jeanne & P. Sineux (éd.). Purifier, soigner ou guérir ? Maladies et lieux religieux de la Méditerranée antique à la Normandie médiévale. Rennes, France, Presses universitaires de Rennes : 133-151.

Bobin, P. 2008« Lèpre ». In : D. Bessis (éd.), Manifestations dermatologiques des maladies infectieuses, métaboliques et toxiques : dermatologie et médecine, vol. 2. Paris, Springer Paris : 57-71.

Brenner, E. & Touati, F.-O. 2021. Leprosy and identity in the Middle Ages: from England to the Mediterranean. Manchester, Manchester University Press.

Chapelain de Seréville-Niel, C., Truc, M.-C., Cardon, T., Guérin, T., Le Roux, F.
et al. 2012. « La chapelle Saint-Thomas d’Aizier (Eure) : bilan de douze années de fouille programmée ». In : M.-C. Lequoy (éd.). Journées archéologiques de Haute-Normandie : Évreux, 6-8 mai 2011. Rouen, Publications des universités de Rouen et du Havre : 241-260.

Chapelain de Seréville-Niel, C. 2019. « Étude anthropologique des sépultures de l’église (2000-2018) ». In : P. Bouet (éd.). L’église Saint-Pierre de Thaon, Bayeux, OREP éditions : 193-217.

Delisle, L. & Berger, É. (éd. ). 1920. Recueil des actes d’Henri II, roi d’Angleterre et duc de Normandie : concernant les provinces françaises et les affaires de France. Paris, Imprimerie nationale.

Girard, R. 1998La Violence et le Sacré. Paris, Hachette Littérature.

Guillon, M. 2019« Palethnologie de la lèpre, des grandes cités du IIIe millénaire BC à nos jours : une véritable question de santé publique ». In : A. Froment & H. Guy (éd.). Archéologie de la santé, anthropologie du soin. Paris, La Découverte : 134-144.

−. 2021« Accueil et mort des lépreux. Ostracisme et intégration de l’Antiquité à nos jours ». In : S. Kacki, H. Réveillas & C. J. Knüsel. (éd.). Rencontre autour du corps malade. Prise en charge et traitement funéraire des individus souffrants à travers les siècles. Actes de la 10e Rencontre du Gaaf, 23-25 mai 2018. Reugny, Groupe d’anthropologie et d’archéologie funéraire : 99‑106.

Guillon, M., Grégoire, V. & Jeanne, D. 2004. « La léproserie de la Corneille à Putot-en-Bessin (Calvados) : résultats d’une collaboration entre archéologue, historien et anthropologue ». In : F.-O. Touati (éd.), Archéologie et architecture hospitalières de l’Antiquité tardive à l’aube des Temps modernes. Paris, Boutique de L’histoire :
45-101.

Han, X. Y., Seo, Y.-H., Sizer, K. C., Schoberle, T., May, G. S., Spencer, J. S., Li, W. & Nair, R. G. 2008« A New Mycobacterium Species Causing Diffuse Lepromatous Leprosy », American Journal of Clinical Pathology, 130, 6 : 856-864. DOI : 10.1309/AJCPP72FJZZRRVMM.

Hansen, G. A. 1874. « Undersøgelser Angående Spedalskhedens Årsager », Norsk Magazin for Laegervidenskaben : 1-88.

Herrscher, E. & Goude, G. 2015. « Biogéochimie isotopique et anthropologie biologique : reconstitution des modes de vie du passé ». In : M. Balasse, J.-P. Brugal, Y. Dauphin, E.-M. Geigl, C. Oberlin & I. Reiche. (éd.). Messages d’os. Archéométrie du squelette animal et humain. Paris, Éditions des archives contemporaines : 259-275.

Honap, T. P., Pfister, L.-A., Housman, G., Mills, S., Tarara, R. P., Suzuki, K., Cuozzo, F. P., Sauther, M. L., Rosenberg, M. S. & Stone, A. C. 2018« Mycobacterium leprae genomes from naturally infected nonhuman primates », PLOS Neglected Tropical Diseases, 12, 1 : e0006190. DOI : 10.1371/journal.pntd.0006190.

Jeanne, D. 1993. Lépreux et léproseries à Bayeux du Moyen Âge à l’Époque moderne, l’exemple d’une fondation ducale : Saint-Nicolas de la Chesnaie, vers 1050-1792, étude historique et archéologique. Diplôme d’études approfondies, Université Paris X-Nanterre.

−. 1997. « Quelles problématiques pour la mort du lépreux ? Sondages archéologiques du cimetière de Saint-Nicolas de la Chesnaie à Bayeux », Annales de Normandie, n° 1 : 69-90.

−. 2012« ”Condempné et déclaré estre ladre” : Simon Lecourt, un ”riche marchant tanneur” qui perd la face : essai d’anthropologie historique sur le bouc émissaire ». In : M. Hamon & A. Rovère (éd.). Être reconnu en son temps : personnalités et notables aux Temps modernes, actes du 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques « Célèbres ou obscurs : hommes et femmes dans leurs territoires et leur histoire », Bordeaux, 2009. Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques : 189-202.

−. 2018. « Bénédiction ou malédiction ? Maladies et malades sous le regard des bénédictins (xiexiie siècle) ». In : P. Bauduin, G. Combalbert, A. Dubois, B. Garnier &
C. Maneuvrier (éd.). Sur les pas de Lanfranc, du Bec à Caen : recueil d’études en hommage à Véronique Gazeau, Caen, Les Annales de Normandie (coll. « Cahier des Annales de Normandie » ; 37) : 129-137.

−. 2020« La double chair du lépreux : une accusée piteuse et une humiliée glorieuse ». In : C. Chapelain de Seréville-Niel, C. Delaplace, D. Jeanne & P. Sineux (éd.). Purifier, soigner ou guérir ? Maladies et lieux religieux de la Méditerranée antique à la Normandie médiévale. Rennes, Presses universitaires de Rennes : 17-32.

−. 2021« The Disease and the Sacred: the Leper as a Scapegoat in England and Normandy (eleventh – twelfth centuries) ». In : E. Brenner & F.-O. Touati (éd.). Leprosy and identity in the Middle Ages : from England to the Mediterranean. Manchester, Manchester University Press : 67-92.

Jeanne, D., Chapelain de Seréville-Niel, C., Blondiaux, J., Truc, M.-C., Donoghue, H., Spigelman, M., Lefebvre, R. & Yvernaut, F. 2021« Les soins des lépreux au Moyen Âge : approche transdisciplinaire de la fouille à l’histoire du site de Saint-Thomas d’Aizier (xiie-xvie siècles). In : S. Kacki, H. Réveillas & C.-J. Knüsel (éd.). Rencontre autour du corps malade. Prise en charge et traitement funéraire des individus souffrants à travers les siècles. Actes de la 10e Rencontre du Gaaf, 23-25 mai 2018. Reugny, Groupe d’anthropologie et d’archéologie funéraire : 85-95.

Livet, J., Blanchard, P., Miclon, V., Bédécarrats, S. & Rodier, X. À paraître. « Un secteur hospitalier à l’extérieur de la ville de Tours au Moyen Âge : l’apport de l’archéologie et de la paléopathologie ». In : La santé en région Centre au Moyen Âge et à la Renaissance, actes du colloque de Tours, 21-23 septembre 2016. Tours.

Magilton, J. R., Lee, F. & Boylston, A.(éd.). 2008. "Lepers outside the gate": excavations at the cemetery of the Hospital of St. James and St. Mary Magdalene, Chichester, 1986-87 and 1993. York, Council for British Archaeology.

Miclon, V. 2020Alimentation, état sanitaire et statut social des populations médiévales dans le centre de la France : approche archéoanthropologique et paléobiochimique. Tours, Université de Tours (Thèse de doctorat).

Nazianze, G. de. 2011« De l’amour des pauvres : discours 14 ». In : G. Bady (éd.), Riches et pauvres dans l’Église ancienne. Paris, Jean-Paul Migne : 135-163.

Ploemacher, T., Faber, W. R., Menke, H., Rutten, V. & Pieters, T. 2020. « Reservoirs and transmission routes of leprosy ; A systematic review », PLOS Neglected Tropical Diseases, 14, 4. DOI : 10.1371/journal.pntd.0008276.

Rodier, X., Blanchard, P. & Theureau, C. 2007. « La fouille de la chapelle Saint-Lazare ». In : H. Alinié (éd.), Tours antique et médiéval : lieux de vie, temps de la ville : 40 ans d’archéologie urbaine. Tours, Feracf (Fédération pour l’édition de la Revue archéologique du Centre de la France (coll. « Recherches sur Tours », n° special) : 137-142.

Roffey, S. & Tucker, K. 2012« A contextual study of the medieval hospital and cemetery of St Mary Magdalen, Winchester, England », International Journal of Paleopathology, 2, 4 : 170-180. DOI : 10.1016/j.ijpp.2012.09.018.

Schütz, G. 2019Bayeux, route de Caen (extension du cimetière Saint-Exupère dit de l’Est) : rapport de diagnostic archéologique. Caen, Service départemental d’archéologie du Calvados.

Theureau, C. 1994Fouille de sauvetage de la chapelle Saint-Lazare (Tours, Indre-et-Loire) : étude anthropologique, ossements humains et lèpre. Tours, Mediarch.

Touati, F.-O. 1998. Maladie et société au Moyen Âge : la lèpre, les lépreux et les léproseries dans la province ecclésiastique de Sens jusqu’au milieu du xive siècle. Paris, Bruxelles, De Boeck université.

Haut de page

Notes

1 Cette fouille a été conduite par Marie-Cécile Truc (Inrap-Craham) puis Cécile Niel (Craham), en collaboration avec le Craham, l’Inrap, le Groupe archéologique du Val de Seine (Gavs) et le Parc naturel régional des boucles de la Seine normande.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Fig. 1. Exemples d’atteintes ostéologiques caractéristiques de la lèpre issus des sites de Saint-Thomas d’Aizier, Putot-en-Bessin et Saint-Lazare de Tours.
Crédits © Valentin Miclon, Samuel Bédécarrats (Umr 7324 Citeres) ; Cécile Chapelain de Seréville-Niel (Umr 6273 Craham) et Mark Guillon (Inrap, Umr 5199 Pacea).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/12778/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 6,1M
Titre Fig. 2. Plan des vestiges archéologiques de la léproserie Saint-Nicolas-de-la-Chesnaie (Bayeux, Calvados).
Crédits © Service archéologie – Conseil départemental du Calvados.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/12778/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Fig. 3. Plan du site de la léproserie Saint-Thomas d’Aizier.
Crédits © Thomas Guérin, Guillaume Marie-Cécile Truc (Inrap, Umr 6273 Craham), Cécile Chapelain de Seréville-Niel (Umr 6273 Craham).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/12778/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 4. Plan de répartition des structures et des tombes de la léproserie de Putot-en-Bessin.
Crédits © Mark Guillon (Inrap, Umr 5199 Pacea).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/12778/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 732k
Titre Fig. 5. Plan du site de la chapelle Saint-Lazare de Tours.
Crédits © Umr 7324 Citeres.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/12778/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 555k
Titre Fig. 6. Valeurs de δ13C et δ15N des individus de la chapelle de la léproserie Saint-Lazare de Tours comparées à celles des populations locales (cliché : amputation du membre inférieur droit d’un individu extrême).
Crédits © Valentin Miclon et Samuel Bédécarrats (Umr 7324 Citeres).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/12778/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 898k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Valentin Miclon, Samuel Bédécarrats, Leïa Mion, Julia Pacory, Cécile Chapelain de Seréville-Niel, Damien Jeanne, Grégory Schütz, Philippe Blanchard, Jérôme Livet, Hélène Coqueugniot, Estelle Herrscher et Mark Guillon, « Un handicap institutionnalisé : la lèpre au Moyen Âge »Les nouvelles de l'archéologie, 165 | 2021, 30-37.

Référence électronique

Valentin Miclon, Samuel Bédécarrats, Leïa Mion, Julia Pacory, Cécile Chapelain de Seréville-Niel, Damien Jeanne, Grégory Schütz, Philippe Blanchard, Jérôme Livet, Hélène Coqueugniot, Estelle Herrscher et Mark Guillon, « Un handicap institutionnalisé : la lèpre au Moyen Âge »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 165 | 2021, mis en ligne le , consulté le 19 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/12778 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.12778

Haut de page

Auteurs

Valentin Miclon

UMR 7324 CITERES « Cités, TERritoires, Environnement et Sociétés », CNRS, université de Tours. valentin.miclon@gmail.com

Samuel Bédécarrats

UMR 7324 CITERES « Cités, TERritoires, Environnement et Sociétés », CNRS, université de Tours. bedecarrats.samuel@gmail.com

Leïa Mion

UMR 7269 LAMPEA « Laboratoire Méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique », Aix Marseille Université, CNRS, ministère de la Culture. mion.leia@gmail.com

Julia Pacory

UMR 6273 CRAHAM « Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales », CNRS, université de Caen Normandie. julia.pacory@unicaen.fr

Cécile Chapelain de Seréville-Niel

UMR 6273 CRAHAM « Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales », CNRS, université de Caen Normandie. cecile.niel@unicaen.fr

Damien Jeanne

UMR 6273 CRAHAM « Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales », CNRS, université de Caen Normandie. damien.jeanne@unicaen.fr

Grégory Schütz

Service archéologie du Conseil départemental du Calvados, UMR 6273 CRAHAM « Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales », CNRS, université de Caen Normandie. gregory.schutz@calvados.fr

Philippe Blanchard

Inrap, UMR 5199 pacea « De la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie », CNRS, université de Bordeaux. philippe.blanchard@inrap.fr

Articles du même auteur

Jérôme Livet

Inrap, UMR 5199 pacea « De la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie », CNRS, université de Bordeaux. jerome.livet@inrap.fr

Hélène Coqueugniot

UMR 5199 CNRS pacea « De la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie », CNRS, université de Bordeaux, École Pratique des Hautes Études – Université Paris sciences et lettres (PSL). helene.coqueugniot@u-bordeaux.fr

Articles du même auteur

Estelle Herrscher

UMR 7269 LAMPEA « Laboratoire Méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique », Aix Marseille Université, CNRS, ministère de la Culture. estelle.herrscher@univ-amu.fr

Mark Guillon

Inrap, UMR 5199 pacea « De la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement et Anthropologie », CNRS, université de Bordeaux. mark.guillon@inrap.fr

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search