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Survol d’un demi-siècle d’archéologie urbaine à Reims

Agnès Balmelle, Robert Neiss, Stéphane Sindonino, Patrick Huard et Yoann Rabasté
p. 46-54

Résumé

Après de premières recherches remontant au xixe s., l’archéologie urbaine a vraiment pris forme à Reims dans les années 1960 et elle a pu s’y enraciner grâce à la pérennité d’une équipe regroupant des bénévoles avec des archéologues du ministère de la culture, de l’Association pour les fouilles archéologiques nationales (Afan) puis de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), active des années 1970 jusqu’au début du xxie s. Les nouvelles lois sur l’archéologie ont grandement facilité la progression des interventions.
En une cinquantaine d’années, les surfaces ouvertes à l’étude archéologique ont régulièrement augmenté pour atteindre, à ce jour, une surface de plus de 21 hectares représentant environ 3,5 % de la surface de la ville antique. Malgré la relative modestie de ces surfaces reconnues, les fouilles préventives ont permis un renouvellement remarquable des connaissances.
Ces progrès sont en grande partie dus à l’augmentation régulière des moyens financiers et humains consacrés à la recherche. L’adaptation des méthodes d’intervention sur le terrain aux conditions spécifiques de la recherche en milieu urbain et une meilleure maitrise de l’enregistrement des données, grâce à l’outil informatique très tôt mis à contribution, ont permis des progrès significatifs dans la maitrise des problématiques thématiques.
Malheureusement, l’introduction de la concurrence et la multiplication des opérateurs a largement hypothéqué ces progrès. La dispersion des informations et la disparité des compétences et des méthodologies mises en œuvre ont freiné d’autant le maintien d’une approche cohérente à l’échelle du site urbain.
Malgré cela, et bien que les problématiques de recherche soient en grande partie tributaires des zones touchées par les aménagements à partir des années 1970, les vertus du travail en équipe ont permis de maintenir jusqu’à récemment un traitement thématique des données issues des chantiers et d’aboutir à des publications reflétant cet esprit de recherche dans une collection réunissant douze livraisons à ce jour. Le recours systématique aux spécialistes de différentes disciplines a contribué à l’élaboration de synthèses très abouties sur bon nombre de sujets.

In Reims, after the first studies carried out during the 19th century, urban archaeology really took shape in the 1960s. Its assets lie in the permanent team of archaeologists from the Ministry of Culture, Afan and then Inrap, and the committed contribution of volunteers from the 1970s to the beginning of the 21st century. The new laws on archaeology have greatly facilitated a progression in archaeological intervention.
Over the past fifty years, the surface area available for archaeological study has steadily increased to reach, to date, a surface area of more than 21 hectares, representing about 3.5% of the old city centre. Despite the relatively small excavations, this approach has greatly contributed to increasing our knowledge of the area.
This progress is largely due to the regular increase in financial and human resources that has been devoted to research. Adapting methods in the field and putting computer assisted data recording into practice at an early stage have enabled significant progress in research in this particular environment.
However, competition from multiple professional archaeology services has largely undermined this progress through the dispersal of information and experience, the disparity in skills and implemented methodologies, and made it difficult to maintain the coherent study of sites that have seen multiple interventions in this urban context.
Despite these issues and that fact that current research focusses on areas affected by development from the 1970s onwards, the solid teamwork has made it possible to maintain a theme based approach when conducting excavations and to publish the results of this research in a collection that has so far included 12 issues. The systematic use of specialists from different disciplines has contributed to accomplishing syntheses on a good number of subjects.

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Texte intégral

1On pourrait faire remonter la naissance de l’archéologie rémoise au xviie siècle et à la publication par Nicolas Bergier, en 1635, du Dessin de l’histoire de Reims avec diverses curieuses remarques touchant l’établissement des peuples et la fondation des villes. Toutefois, l’appréhension du fait urbain antique n’a pris réellement corps qu’entre 1830 et 1860, lorsque l’industrialisation et l’extension du périmètre urbanisé ont suscité de nombreux chantiers de construction et autant de découvertes archéologiques. Dans la deuxième moitié du xixe siècle et au début du xxe siècle, de nombreux érudits ont exploré le sous-sol rémois, publié une partie de leurs découvertes et fondé, en 1907, la Société archéologique champenoise. Deux architectes, Narcisse Brunette (1808-1895) puis Ernest Kalas (1861-1928), se sont attachés à reconstituer le plan de la ville antique et son évolution du ier au ive siècle. N. Brunette, précurseur en termes de carte archéologique, présentait son document comme devant « servir aux explorations archéologiques du sol de la ville gallo-romaine ».

2Après les destructions considérables causées par la Grande Guerre (7 000 maisons, soit la moitié de celle répertoriées à Reims, furent complètement détruites et, en 1918, il n’en restait que 60 habitables), l’énorme chantier de la reconstruction, conduit de 1918 à 1930, n’a apporté que de rares données nouvelles. Seules les fouilles menées sous la cathédrale par Henri Deneux (1874-1969), architecte en chef de Monuments historiques chargé de la restauration du monument détruit par l’incendie de 1914, sont bien connues pour avoir révélé des vestiges des premières cathédrales et des thermes antiques. Paul Léon (1874-1962), directeur des Beaux-Arts au ministère de l’Instruction publique, avait pourtant mis en place, à Reims, un service archéologique de sauvetage de tous les vestiges, confié à Ernest Kalas (1861-1928) et supervisé par Henri Deneux. Mais la collecte de nombreux objets par ce service et l’accumulation d’une foule de notes n’ont guère été exploitées depuis. Il faut dire que la réalisation du projet d’un grand musée archéologique de la ville, entrepris à la veille de la première guerre mondiale, fut totalement ruinée par la destruction des collections et des locaux dédiés à cette entreprise.

3À partir de 1960, après une longue interruption, les amateurs du Groupe d’études archéologiques de Champagne-Ardenne (Geaca) revinrent dans le jeu, quelque temps avant que le ministère de la Culture ne réorganise les circonscriptions des Antiquités et la direction régionale de Champagne-Ardenne, présente sur le terrain à partir de 1967. Cette époque fut celle des premiers grands chantiers d’aménagement urbain qui renouvelèrent les connaissances archéologiques sur la ville.

4Les années 1967 à 1977 correspondent à la fin progressive de l’archéologie traditionnelle et à la naissance d’une véritable archéologie urbaine, malgré l’indigence des moyens consentis face à l’ampleur des aménagements.

5La décennie suivante fut ponctuée par la loi de 1980 pénalisant les atteintes au patrimoine et ouvrant la voie au dialogue avec les aménageurs. L’État officialisa la place spécifique de l’archéologie urbaine dans les programmes de recherche après l’organisation du colloque qui lui fut dédié à Tours, en 1980, à l’initiative de Roger Delarozière (1919-2012), qui venait d’être nommé à la tête de la nouvelle sous-direction de l’Archéologie, créée en 1979. La mise en place de l’Afan permit de recruter les vacataires nécessaires à l’exécution des fouilles de sauvetage.

6À l’instar d’autres villes, la conduite des opérations de sauvetage dynamisa la recherche dans l’esprit des conclusions du colloque de Tours. Reims, toutefois, se distinguait par une approche patrimoniale historiquement bien plus modeste qu’à Lyon, où une vieille tradition s’était attachée à la mise en valeur des grands monuments antiques. Quant aux acteurs de la recherche, ils se réduisaient à l’équipe en cours de constitution qui menait le processus archéologique, depuis le terrain jusqu’à la rédaction des conclusions, dans le but d’aboutir à la publication.

7Dans cette dynamique, des projets de carte archéologique furent lancés avec le soutien de la Direction générale de la recherche scientifique et technique du ministère de la Culture. La mise en chantier d’un document d’évaluation du patrimoine archéologique urbain avait pour objet d’évaluer le potentiel du sous-sol de la ville en prévision des interventions de terrain à venir.

8En 1982, dans le sillage du colloque de Tours et avec le soutien actif de R. Delarozière, un colloque interrégional et une exposition sur le thème de l’archéologie urbaine et de la prise en considération des vestiges archéologiques dans l’aménagement urbain furent organisés à Reims. Dans la lancée, la ville de Reims et l’État avaient projeté la création d’un atelier d’archéologie urbaine, spécialisé dans la discipline, mais l’hostilité passive du nouveau sous-directeur de l’archéologie fit échouer ce projet, qui visait à coordonner l’urbanisme et les recherches archéologiques en affectant à celles-ci des moyens conséquents. Dans l’immédiat, son corollaire fut que l’archéologie en resta à la pratique du sauvetage soumis à la pression de l’urgence, à l’absence de programmation, à la faiblesse des moyens d’intervention et à la réduction des études post-fouilles à la portion congrue.

9L’absence de formation à l’université, dans ce domaine spécifique de l’archéologie, handicapait également l’exploitation des données accumulées.

10Ce n’est qu’à partir de 1986 que le nouveau code de l’urbanisme, prévoyant l’intervention des services de l’État dans le processus d’octroi des permis de construire, a ouvert la voie à la gestion prévisionnelle des chantiers, sortant ainsi progressivement de l’archéologie du sauvetage aléatoire pour lui permettre de programmer des objectifs à l’échelle du territoire urbain. Le site de Reims a pu de ce fait être traité d’une manière raisonnée que l’on peut qualifier « d’archéologie urbaine » au sens plein du terme, grâce à l’augmentation significative des moyens d’intervention. Depuis lors, toute évaluation et toute problématique de recherche ont été orientées suivant la vision d’ensemble du site et selon l’état des connaissances au moment de la mise en œuvre du chantier.

11Restait encore à développer une politique de formation professionnelle spécifique à l’archéologie urbaine, afin d’assurer la qualité des recherches menées et de mieux diffuser leurs résultats, tant à la communauté scientifique qu’en direction des Rémois, premiers destinataires de ces recherches.

12Le nombre d’opérations archéologiques augmentait de manière constante, en phase avec l’envolée des opérations d’aménagement et de construction et grâce à l’augmentation progressive des équipes d’intervention, encore sous un statut précaire et souvent sans formation particulière : vacations de 120 heures distribuées avec parcimonie par le ministère de la Culture, vacations Afan et contrats aidés de divers types – des Tuc (travaux d’utilité collective), conçus en 1979 par le Premier ministre Raymond Barre (1924-2007), aux Ces (contrats emploi solidarité), imaginés en 1990 par le Premier ministre Michel Rocard (1930-2016).

13Dans les années 1990, la multiplication des chantiers d’aménagement favorisa l’embauche de contractuels à durée déterminée (Cdd) de l’Afan qui passaient de l’un à l’autre. Dans ces conditions, une véritable équipe familiarisée avec le contexte archéologique rémois et de plus en plus rompue aux techniques très spécifiques de fouille et d’enregistrement des données en milieu urbain put se constituer. D’abord accueillie de manière informelle au musée Saint-Remi, elle s’installa en 1994 dans une petite maison bourgeoise du centre-ville louée par l’Afan avant que, en 2006, l’Inrap ne déménage dans un local plus approprié à l’ampleur de son activité.

14Il faut souligner la particularité de cette équipe pionnière qui, jusqu’en 2006 et malgré l’exiguïté des espaces, a réuni dans les mêmes locaux des contractuels de l’Afan puis de l’Inrap et des fonctionnaires de l’État. Aussi, le partage des informations était-il total entre les archéologues rémois, sans distinction de statut, depuis la conception de la prescription de fouille à la publication. Cette dynamique a permis de lancer, à partir de 1991, la collection « Archéologie urbaine à Reims », afin de publier les résultats des recherches sous forme de livraisons thématiques (douze à ce jour) destinées à mettre en cohérence les données recueillies sur le site urbain, considéré comme un ensemble indissociable. Cette collection, d’abord dirigée par des membres du Sra, l’est aujourd’hui par une archéologue de l’Inrap.

15Pendant plus de 35 ans, agents de l’État, personnel de l’Afan puis de l’Inrap, bénévoles et quelques universitaires ont pu vivre une aventure cohérente autour de la recherche archéologique.

16Après le vote de la loi de 2003, qui a introduit la concurrence dans la conduite des fouilles préventives, de nouveaux acteurs sont apparus dans le paysage rémois. En 2008, Reims Métropole – l’actuelle communauté urbaine du Grand Reims – a créé son propre service archéologique et, la même année, les premiers archéologues travaillant pour des sociétés privées sont intervenus sur le territoire champenois. Cette multiplicité d’intervenants a eu pour conséquence la dispersion des données archéologiques, au sens intellectuel, et leur dissémination physique entre plusieurs services d’archives et de collections. La bonne volonté des uns et des autres est dorénavant mise à rude épreuve pour trouver les meilleures pistes de collaboration et partager leurs connaissances et leur méthodologie d’intervention. Il serait souhaitable que l’État dépasse son rôle de prescripteur et de gardien du patrimoine en impulsant une dynamique de recherche cohérente et harmonieuse.

Évolution et localisation des surfaces

17À Reims, le champ archéologique potentiel couvre une surface d’environ 600 ha, correspondant approximativement à l’extension de la ville antique (fig. 1). Il est en mesure d’alimenter un nombre soutenu et régulier d’opérations préventives dont la cadence n’a cessé de doubler à chaque décennie. Malgré les surfaces importantes déjà étudiées, le potentiel à explorer reste incommensurable.

Fig. 1. Plan de l’ensemble des opérations de fouille dans la ville antique de Reims depuis 1970.

Fig. 1. Plan de l’ensemble des opérations de fouille dans la ville antique de Reims depuis 1970.

© Inrap.

18Ainsi, et depuis une vingtaine d’années, une dizaine de diagnostics sont conduits chaque année sur le territoire de la ville actuelle : entre 2001 et 2020, le Sra en a prescrit environ 180. À ce jour, la surface fouillée représente environ 21 ha, soit environ 3,5 % de celle occupée à l’époque gallo-romaine.

19Les premiers sauvetages se sont déroulés à la fin des années 1960 et dans les années 1970 dans le quartier Saint-Remi, lors de la construction de bâtiments publics et d’immeubles résidentiels. Ces chantiers ont donné lieu à une surveillance des terrassements et à des fouilles ponctuelles menées par des bénévoles sur quelque 8 300 mètres carrés. Il s’agit souvent de grands chantiers qui passent moins inaperçus que les petites parcelles échappant à l’attention des bénévoles et des premiers agents permanents du ministère de la Culture.

20Entre 1980 et 1989, grâce à la nouvelle réglementation, de moins en moins de chantiers ont manqué d’un suivi archéologique. En plus d’opérations importantes qui se poursuivaient, les fouilles dans le centre-ville se sont multipliées. Elles étaient certes moins étendues (MT83, JAD80, LIB84, fig. 1) mais elles offraient un potentiel archéologique plus large, compte tenu de l’importante épaisseur stratigraphique.

21Dans les années 2000, enfin, de grands travaux publics comme la construction du tramway ou l’aménagement du parvis de la cathédrale ont touché à leur tour le centre historique de Reims. À partir de 2010, la relance économique postérieure à la crise immobilière de 2008 et l’effet TGV ont engendré un regain d’aménagement et les surfaces fouillées ont augmenté de manière exponentielle, notamment en périphérie du centre (Zac Sernam-Boulingrin, Rue des Capucins/rue des Moulins, rue Marie-Clémence-Fouriaux, rue du Mont-d’Arène, etc.).

Évolution des pratiques

Les moyens financiers et humains

22La première contribution d’un maître d’ouvrage, datée de 1987, concerne le site du parc des Capucins (PC87, fig. 1). La fouille a été facturée 663 526 francs hors terrassement (172 000 € en monnaie constante). Elle a duré trois mois et porté sur une surface de 3 000 m². L’année suivante, la fouille de 3 500 m² boulevard Joffre (JO88, fig. 1 et fig. 2), a duré deux mois et coûté 364 000 francs (92 000 € en monnaie constante). En 1989, l’aménageur de la résidence Capucins Hincmar Clovis (CHC89, fig. 1) prit en charge la totalité du coût de l’opération conduite sur une surface de 7 000 m2, pour un montant de 1,2 million de francs (293 000 € en monnaie constante). En 1990, la fouille de 1 500 m² préalable à la construction du conservatoire de la rue Gambetta (GA90) coûta 1 599 000 francs (405 000 € en monnaie constante, archives Afan/Inrap).

Fig. 2. Boulevard Joffre, 1988 (JO88). Exemple d’un chantier décapé avec une équipe et des moyens réduits.

Fig. 2. Boulevard Joffre, 1988 (JO88). Exemple d’un chantier décapé avec une équipe et des moyens réduits.

© Afan.

23Aujourd’hui, les coûts d’une fouille urbaine varient de 200 € le m² dans la ville antique peu stratifiée à 800 € le m² dans le centre ancien, où l’épaisseur des strates dépasse souvent 5 m.

24On constate une évolution du coût de l’archéologie, entre 100 et 220 francs (25 à 50 €) du m² en 1987-1989, à 1 000 francs (240 €) du m² en 1991, soit un doublement en 4 ans. Actuellement, la moyenne se situe autour de 500 € du m² en fonction de l’opérateur (archives internes Inrap).

25Cette inflation est liée à l’évolution de la méthodologie mais surtout à l’augmentation progressive des moyens qui a déterminé globalement trois paliers :

  • avant 1987, les fouilles étaient financées par des subventions du ministère de la Culture et bénéficiaient encore du bénévolat ;
  • au cours de la décennie suivante, des financements croisés État/aménageur ont permis la mobilisation de moyens nouveaux ;
  • à compter de la loi de 2003, les conditions de réalisation de la fouille et des études ont été fondamentalement modifiées. Le recours à des contrats de longue durée et à des spécialistes adaptés aux besoins du chantier ont considérablement enrichi la qualité de la recherche et de ses résultats.

26Pour ce qui est des moyens humains déployés sur les opérations, une constante se dégage, quelles que soient les avancées technologiques, les moyens mécaniques utilisés et le niveau de formation des archéologues. Pour mener à bien un chantier archéologique à Reims, le ratio par archéologue et par jour se situe entre 3 et 4 m3 de dépôt archéologique à fouiller. Ce ratio est un plancher en-deçà duquel il ne devient plus possible de prendre le temps de la réflexion, de l’enregistrement et de la compréhension du site. La phase de terrain est donc fondamentale, alors que le nombre de jours passés n’a sensiblement pas évolué depuis le début des années 1990. Pourtant, si la phase d’acquisition des données n’est pas menée de manière satisfaisante, les moyens déployés pour les études ne compenseront jamais le déficit d’observations sur le terrain.

27En revanche, ces derniers ont connu une nette progression au cours des trois dernières décennies. Dans les années 1990, peu de temps était dédié aux études post-fouille, qui se concentraient sur la description des structures et l’étude sommaire du mobilier. Actuellement, les exigences et la diversité des études spécialisées multiplient les sources d’enregistrement et engendrent un cumul de données exponentielles.

28Ainsi sommes-nous passés d’un traitement dans lequel le post-fouille équivalait à moins de la moitié des moyens consacrés au terrain à un réajustement : aujourd’hui, les moyens affectés aux études post-fouilles équivalent ou excèdent (de 100 à 120 %) ceux affectés au terrain (source : projets de fouilles Inrap et arrêtés de prescription du Sra).

L’enregistrement des données

29Les méthodes d’enregistrement ont plus ou moins naturellement suivi l’évolution numérique qui a poussé à l’abandon du traditionnel carnet de fouille, à partir de 1985, avec données descriptives, croquis cotés, mise en Us (unité stratigraphique) et construction de diagrammes stratigraphiques, à l’exemple des méthodes d’enregistrement appliquées sur le chantier de la cour Napoléon du Louvre. Les relevés étaient encore réalisés à l’alidade et au décamètre ou, au mieux, au théodolite (fig. 3).

Fig. 3 (en haut à gauche). Exemple de relevé sur le chantier de la rue Buirette en 1990 (BUI03).

Fig. 3 (en haut à gauche). Exemple de relevé sur le chantier de la rue Buirette en 1990 (BUI03).

© Afan.

30Les photographies zénithales, obtenues par cerf-volant dans les années 1990, sont désormais réalisées par la photogrammétrie. Celle-ci a permis, depuis les années 2000, de préciser la localisation des vestiges en géo-référençant les structures. D’autres outils d’enregistrement informatique ont été élaborés, tant pour les besoins du terrain que pour la gestion cartographique à l’échelle de la ville.

31En 1986, l’équipe rémoise a créé une base de données interrelationnelle avec le logiciel de 4D Julie®. Cette base, simple d’utilisation mais complète, permettait l’enregistrement de toutes les données minimales communes, descriptives et interprétatives du terrain (Us, relevés, prélèvements, photographies, mobilier), aidait à réaliser le diagramme et à pointer les possibles incohérences stratigraphiques. Elle n’avait pas comme finalité d’éditer les inventaires à annexer aux rapports même si, bien évidemment, elle le facilitait. Utilisée jusqu’en 2006-2008, les premières expérimentations en Sig (système d’information géographique), nécessitèrent le passage à des bases de métadonnées, d’abord sous Oracle® puis sous Access® à partir de 2013.

32Élaborée en collaboration avec le Groupe d’étude sur les géomatériaux et environnements naturels, anthropiques et archéologiques de l’université de Reims, la base de données ArchéoRem avait pour objectif de récolter l’ensemble des données patrimoniales urbaines, de valoriser le patrimoine et de seconder les services de l’État dans leurs prescriptions en apportant une vision prospective. L’association des informations issues du terrain avec les données planimétriques (plans des fouilles, relevés, cartes de l’Institut géographique national, etc.) s’est révélée très rapidement indispensable, contraignant les intervenants du projet à produire un outil cartographique de gestion patrimoniale et opérationnelle. De là est né SigRem (système d’information géographique de la cité des Rèmes), projet porté par trois institutions (université, Drac et Inrap) et une instance locale, le Centre interinstitutionnel de recherches archéologiques de Reims (Cirar). L’outil a vite été exporté hors du cadre rémois pour s’étendre au territoire champenois et s’est ouvert à une nouvelle application dénommée Geographic Information System for Spatial Analysis in Archeology (Gissar).

33En 2015, les archéologues de l’Inrap ont créé une base d’enregistrement des données archéologiques (Bda) sous le logiciel Microsoft®. Au-delà de son interopérabilité avec les logiciels de publication assistée par ordinateur (Pao) et de Sig, l’innovation consiste en la datation chronologique par période, siècle ou datation absolue de structures, compatible avec celles déjà existantes grâce à la création d’un code commun. Plusieurs champs d’application sont ainsi proposés, comme l’interrogation commune avec visualisation spatialisée de données chronologiquement disparates, ou encore la création automatisée de cartes diachroniques à l’échelle d’une opération. L’accumulation des données issues des récentes interventions réalisées à Reims et la réappropriation progressive des anciennes opérations permettent à la cité rémoise de bénéficier d’une nouvelle cartographie diachronique qui prend forme peu à peu dans Giscar (Geographic Information System of Champagne Ardenne), depuis les occupations de la fin de la période laténienne jusqu’au début du Moyen Âge.

Le gros œuvre

34Pendant plus d’un demi-siècle, les pratiques de fouille se sont adaptées à des travaux de gros œuvre. Les aménageurs mettaient à la disposition des archéologues des moyens techniques de terrassement sans aucun financement à la clef et les fouilles se déroulaient lorsque les ouvriers n’étaient plus sur le terrain, le soir et le week-end. Depuis, les décapages ont gagné en technicité et les archéologues ont acquis la maîtrise de la fouille mécanisée.

35La pérennité de l’équipe rémoise a permis de nouer de bonnes relations avec les architectes, les promoteurs et les constructeurs, qui ont souvent adapté leurs techniques de terrassement aux objectifs archéologiques.

36Vu la profondeur des niveaux archéologiques, stratifiés sur plus de 5 m d’épaisseur, le traitement de la périphérie des zones de fouille soulève toujours d’importantes difficultés, surtout lorsque l’emprise du chantier est réduite (fig. 4). Le maintien de larges bermes sécurisant les constructions voisines a notamment pour effet de réduire considérablement la surface de fouille, notamment celle des niveaux les plus profonds. Bien des vestiges échappaient ainsi à l’étude. Dans certains cas, on a pu fouiller ces bermes en fin de chantier ; dans d’autres, la pratique des passes alternées a amélioré l’approche mais les observations restaient morcelées et parfois difficiles à relier au contexte. Grâce à la concertation avec les maîtres d’œuvre, l’implémentation des parois moulées a permis, quelquefois, de doubler les volumes fouillés (parking souterrain de la place d’Erlon en 1992 ; Rollet 1994).

Fig. 4. Exemple de la complexité de la gestion des bermes en 1977. Chantier de la Chambre de commerce et d’industrie (Cci), rue des Marmouzets.

Fig. 4. Exemple de la complexité de la gestion des bermes en 1977. Chantier de la Chambre de commerce et d’industrie (Cci), rue des Marmouzets.

© Sra.

37La fouille a pu aussi être facilitée par l’installation de puits blindés. Par exemple en 1998, rue Belin, deux puits antiques cuvelés avec des blocs de remploi provenant d’un temple et d’une nécropole ont pu être explorés sur une profondeur dépassant 20 mètres grâce à des crédits spéciaux de la Sda et, surtout, à l’intervention de puisatiers professionnels qui ont remonté les 250 blocs (Rollet 2006). En 2000, sur le chantier de la médiathèque des puits blindés ont permis de fouiller les fossés tardo-antique et médiéval situés au droit des façades conservées (Balmelle & Sindonino 2004). De la même manière, lors des travaux du tramway, une surface de 200 m² a été fouillée dans un seul puits blindé jusqu’à 6 mètres de profondeur (fig. 5).

Fig.  5. Puits blindé de la sous-station du tramway cour Langlet en 2007.

Fig.  5. Puits blindé de la sous-station du tramway cour Langlet en 2007.

© Inrap.

38Sur le chantier de la cathédrale, des travaux de soutènement en sous-sol ont également été nécessaires pour accéder aux couches antiques en place.

39À partir des années 2000, la technique de parois préfabriquées glissées dans des coulisses a été utilisée sur des chantiers de surface réduite nécessitant une fouille profonde, comme ceux de la rue Eugène-Desteuque et de la rue Saint-Symphorien (Sindonino 2005 et 2016). Ce procédé permet la fouille exhaustive de tout le dépôt archéologique en toute sécurité, en fouillant déjà les parties périphériques avant la partie centrale.

Organisation et recherche, du partage à la dispersion des résultats

40Alors que pendant plusieurs décennies, les informations archéologiques, centralisées et partagées entre l’opérateur historique et le Sra, permettaient aux chercheurs d’avoir une vision d’ensemble à l’échelle du site urbain, il est aujourd’hui plus compliqué de maintenir cette cohérence. Il faut à présent attendre la communication des études et des rapports des différents intervenants pour pouvoir engager une réflexion synthétique sur le fait urbain rémois.

41En raison de la multiplicité des opérateurs et de la grande quantité des données générées, le partage rapide de ces dernières est presque impossible, d’autant plus que les temps d’étude et de restitution sont de plus en plus longs. Il en résulte que les dernières données ne sont pas toujours prises en compte, ni au stade de la prescription, ni au stade de l’opération, ni même à celui de l’analyse.

L’archéologie préventive et l’évolution des problématiques

42Depuis ses origines, l’archéologie urbaine rémoise a dû adapter ses problématiques à des phénomènes qui lui sont extérieurs : en effet, en fonction des surfaces, des quartiers, des acteurs, la compréhension du fait urbain se nourrit, se complète ou se complexifie.

43La configuration de la ville actuelle, héritée des occupations protohistorique, antique, médiévale et industrielle, a orienté les problématiques de recherche en fonction des zones touchées par les aménagements à partir des années 1970.

44Dans un premier temps, le centre de la ville, amplement reconstruit après la Première Guerre mondiale, n’a pas beaucoup intéressé les promoteurs immobiliers. Ce sont surtout les quartiers extérieurs à l’enceinte du xive siècle qui ont été touchés par les constructions d’immeubles locatifs à l’emplacement des friches industrielles, là où les grandes filatures s’étaient développées au xixe siècle, à la périphérie de l’agglomération alors en grande partie contenue dans le tracé du rempart médiéval. Le seul quartier qui fait exception est celui qui, autour de la basilique Saint-Remi au sud, gardait encore un bâti ancien ayant échappé aux bombardements. Ces constructions, considérées comme insalubres et occupées par une classe sociale modeste, ont été sacrifiées car elles n’avaient aucune valeur patrimoniale aux yeux des aménageurs de l’époque des Trente Glorieuses. L’ensemble de ces zones, extérieures au centre de la cité médiévale, correspond à la périphérie de l’oppidum gaulois du ier siècle av. J.-C. et aux espaces peu stratifiés des trois premiers siècles de notre ère.

45Le carroyage des rues antiques, tracées à partir de l’époque augustéenne, a mis en évidence l’immensité de la surface urbanisée : l’occupation des deux premiers siècles s’étendait sur près de 600 ha à la périphérie du noyau urbain proprement dit. Ont aussi été révélés au sud, à l’écart du centre, les ateliers de potiers du quartier Saint-Remi.

46Les vestiges du rempart de l’oppidum gaulois ont également été touchés par nombre d’opérations. En 1978, les découvertes dans l’îlot Jadart ont relancé la question du tracé et de la datation de cette enceinte, alors très mal connue. Par la suite, des observations répétées ont permis de restituer son tracé de manière quasi complète (GA91, PER92, MOI98, fig. 1) et de le dater de la première moitié du ier siècle av. J.-C., avant la Conquête. Depuis lors, les chercheurs s’attachent à caractériser les modes d’occupation de cette agglomération protohistorique et à en préciser la chronologie (Neiss & Rollet 2008).

47Au fil des opérations qui ont mis au jour des rues, des îlots et des résidences précocement romanisées (enduits peints, céramiques…), la problématique s’est affinée en réalisant une première typologie des maisons de l’élite (Balmelle & Neiss 2003). Deux états de carroyage, précoce et augustéen, sont alors apparus, ainsi que des données sur la constitution du parcellaire originel, alimentant la réflexion sur l’organisation des insulae, dont certaines étaient apparemment vouées à la résidence des catégories supérieures quand d’autres concentraient les activités artisanales – le front de rue étant dévolu à l’habitation et au commerce, la cour abritant ateliers et dépôts. Ces questions relatives à l’urbanisme ont alimenté la réflexion pendant une bonne dizaine d’années (Balmelle et al. 1990 ; Berthelot et al. 1993 ; Berthelot & Poirier 2010 ; Rollet et al. 2011).

48Par la suite, les opérations immobilières se sont progressivement rapprochées du centre-ville, où les dépôts archéologiques, notablement plus épais, peuvent atteindre jusqu’à 7 m, notamment autour de la cathédrale. Cette stratigraphie a permis d’ouvrir largement l’éventail chronologique, puisqu’elle rend compte de toutes les phases de l’évolution de l’agglomération, depuis les premières occupations protohistoriques du centre, en passant par les niveaux de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, jusqu’à l’époque moderne.

49Cette forte épaisseur du dépôt nécessite une grande maîtrise de la fouille de stratigraphies complexes comme de l’enregistrement de faits et d’unités stratigraphiques extrêmement nombreux.

50Dans ces secteurs, l’état de conservation des structures antiques est souvent bien meilleur que dans les quartiers périphériques, où la mise en culture et la récupération des matériaux ont souvent fortement érodé les vestiges. Les murs peuvent y dépasser un mètre cinquante d’élévation, en particulier à l’arrière du rempart du ivsiècle où la levée de terre les a fossilisé. Leur étude s’avère riche d’informations sur l’architecture du Haut-Empire. L’évolution du bâti entre le Moyen Âge et la période moderne peut également être saisie à certaines occasions.

51Pour l’Antiquité tardive, deux opérations décisives ont permis d’interpréter toutes les informations disparates, apportées tant par les observations anciennes que par les sources écrites, et de proposer une restitution presque complète du tracé, de l’architecture et de la datation de cet ouvrage considérable (Neiss et al. 2004). Ces mêmes opérations ont fourni une riche matière ouvrant sur une reconstitution partielle du paysage architectural de la ville antique (Brunet-Gaston 2008).

52Pour le Moyen Âge, de nombreux cimetières ainsi que des édifices religieux ont fait l’objet d’études approfondies, ouvrant de nouvelles perspectives de recherche pour ces périodes encore majoritairement renseignées par les sources historiques.

53Depuis 2010, on a vu se déployer des surfaces de chantier plus vastes, pouvant atteindre un hectare et touchant essentiellement le nord du territoire urbain (fig. 1).

54C’est au cours de cette période que la grande enceinte a été reconnue à plusieurs reprises, ainsi qu’un certain nombre de nécropoles qui, pour la plupart, étaient connues par des fouilles de la fin du xixsiècle et du début du xxe siècle. Dans les deux cas, des données chronologiques relativement précises remettent en cause la chronologie de la grande enceinte jusque-là admise ainsi que l’évolution des espaces funéraires qui, au fil de siècles, ont empiété sur l’espace habité.

55Ces données inédites ouvrent le champ à des études renouvelées sur l’origine protohistorique de l’agglomération, probablement plus ancienne qu’on ne pouvait le penser. Quant aux quartiers périphériques, leur vocation artisanale se précise également avec la découverte de secteurs dédiés à la poterie, la verrerie et la tabletterie. Enfin, après la découverte du grand sanctuaire de la rue Belin, une nouvelle aire cultuelle a été mise au jour, toujours dans cette partie septentrionale de la ville.

56L’extension et la diversité des espaces étudiés ont multiplié les thèmes de recherche. On peut évoquer des amorces relativement récentes d’ordre méthodologique qui dans l’Université, où est né le concept de la chorématique, ont alimenté des travaux universitaires sur l’analyse spatio-temporelle des tracés et la modélisation chrono-chorématique (De Runtz 2008 ; Pichard 2013).

57Mais, depuis 1990, une approche pragmatique des réalités de terrain cherchait à maîtriser l’afflux des données inédites. Aussi, pour éviter que le renouvellement permanent des « preuves », ne repousse dans un avenir incertain toute conclusion (Galinié 2000 : 12-13), l’exploitation thématique des données de fouille est apparue comme un outil indispensable à la maîtrise élémentaire d’une matière scientifique si abondante et à l’alimentation du processus de recherche en perpétuelle remise en question. Il s’agissait également de forger un outil d’évaluation raisonné du potentiel archéologique de la ville bien plus efficace que les redoutables diagnostics sous la forme de tranchées labourant les dépôts stratifiés. Ainsi, une série de publications visait à proposer un état des lieux sur divers sujets suffisamment pourvus en données pour offrir une synthèse, certes provisoire, mais indispensable à la formulation des stratégies de recherche
à venir.

58L’urbanisme et l’architecture, principaux outils d’appréhension du rapport entre la société urbaine et son espace, ont été traités sous différents aspects dans plusieurs volumes : l’évolution des carroyages des rues ainsi que du parcellaire (Berthelot et al. 1993 ; Rollet et al. 2001 ; Rollet et al. 2011), l’architecture des domus privées et de quelques édifices publics (Balmelle & Neiss 2003 ; Brunet-Gaston 2008). Deux équipements urbains de premier ordre disposent désormais d’une étude complète : l’aqueduc (Rabasté & Ardhuin 2010) et l’enceinte du ive siècle (Neiss & Sindonino 2004). La collaboration de chercheurs spécialistes des domaines étudiés a été systématiquement sollicitée pour mettre en forme des travaux de synthèses. Cela a débuté par les recherches sur la paléo-parasitologie en collaboration avec l’université de Reims. La céramologie, appréhendée à l’échelle de la ville, a permis la constitution d’un corpus de référence pour les horizons chronologiques rémois (Deru 2014). L’étude exhaustive des monnaies de fouille a fourni les bases d’une synthèse de numismatique anthropologique inédite à l’échelle d’une ville antique (Doyen 2007). Enfin, la découverte de nombreuses inscriptions funéraires et honorifiques sur deux chantiers importants (Belin, porte Bazée) a entraîné la publication d’un inventaire complet du fonds épigraphique rémois (Moine & Morin 2016). La pérennisation de cette collection vise à concrétiser la démarche scientifique mise en pratique à Reims.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Plan de l’ensemble des opérations de fouille dans la ville antique de Reims depuis 1970.
Crédits © Inrap.
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Fichier image/jpeg, 5,6M
Titre Fig. 2. Boulevard Joffre, 1988 (JO88). Exemple d’un chantier décapé avec une équipe et des moyens réduits.
Crédits © Afan.
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Fichier image/jpeg, 942k
Titre Fig. 3 (en haut à gauche). Exemple de relevé sur le chantier de la rue Buirette en 1990 (BUI03).
Crédits © Afan.
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Fichier image/jpeg, 1,0M
Titre Fig. 4. Exemple de la complexité de la gestion des bermes en 1977. Chantier de la Chambre de commerce et d’industrie (Cci), rue des Marmouzets.
Crédits © Sra.
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Fichier image/jpeg, 3,8M
Titre Fig.  5. Puits blindé de la sous-station du tramway cour Langlet en 2007.
Crédits © Inrap.
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Pour citer cet article

Référence papier

Agnès Balmelle, Robert Neiss, Stéphane Sindonino, Patrick Huard et Yoann Rabasté, « Survol d’un demi-siècle d’archéologie urbaine à Reims »Les nouvelles de l'archéologie, 164 | 2021, 46-54.

Référence électronique

Agnès Balmelle, Robert Neiss, Stéphane Sindonino, Patrick Huard et Yoann Rabasté, « Survol d’un demi-siècle d’archéologie urbaine à Reims »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 164 | 2021, mis en ligne le , consulté le 18 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/12319 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.12319

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Auteurs

Agnès Balmelle

Ingénieure Inrap, Directrice adjointe scientifique et technique (Dast) Champagne-Ardenne. Centre de recherches archéologiques, Reims. agnes.balmelle@inrap.fr

Robert Neiss

Conservateur en chef du patrimoine. robert.neiss@wanadoo.fr

Stéphane Sindonino

Ingénieur Inrap, Dast Champagne-Ardenne. Centre de recherches archéologiques, Saint-Martin-sur-le-Pré. stephane.sindonino@inrap.fr

Patrick Huard

Topographe Inrap GE. Centre de recherches archéologiques, Reims. patrick.huard@inrap.fr

Yoann Rabasté

Responsable de recherche en archéologie Inrap GE. Centre de recherches archéologiques, Reims. yoann.rabaste@inrap.fr

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