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Archéologie urbaine, une aventure septentrionale dans le sillage des Trente Glorieuses : l’exemple de l’ancienne région Nord – Pas-de-Calais

Yves Roumegoux
p. 8-14

Résumés

L’Europe du Nord-Ouest est un des principaux foyers de la culture urbaine qui accueille les grands ports de la mer du Nord, commerçant avec la mer Baltique et la Méditerranée. Les destructions urbaines consécutives aux conflits du xxe siècle, puis aux restructurations de l’après-guerre, provoquent une réelle prise de conscience patrimoniale au cours des années 1970. Dans le Nord de la France, on constate une éclosion significative de postes d’archéologues municipaux comme à Douai, Arras ou Lille. Progressivement, les décideurs accompagnent les grands projets d’aménagements de mesures de prise en compte de l’archéologie qui permettent, autant que faire se peut, de conserver la mémoire des lieux. La pratique de l’archéologie urbaine dans la région n’est cependant pas l’apanage des seuls archéologues municipaux. Plusieurs formules ont pu être expérimentées selon les contextes locaux, combinant agents du service régional de l’archéologie, personnels de l’Afan et associations locales. Les lois de 2001 et 2003 auront une incidence sur l’archéologie urbaine telle qu’elle se pratiquait. Certains services municipaux transposent leur activité au niveau d’une communauté d’agglomération. D’autres structures, faute de pouvoir répondre aux critères de l’agrément, vont se consacrer à d’autres activités comme la valorisation patrimoniale ou l’étude des collections. Enfin, certains archéologues, une fois les grands aménagements achevés, se consacrent à des tâches de gestion muséale. De ce fait, l’Inrap est amené à davantage s’investir dans la prise en compte de l’archéologie urbaine, puis, à partir de 2003, certaines fouilles urbaines sont réalisées par des opérateurs privés.

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Texte intégral

1Au cours des dernières décennies du xxe siècle, la région Nord – Pas-de-Calais a joué un rôle particulier dans le développement de l’archéologie urbaine en raison de la création de services archéologiques dans la plupart de ses grandes villes. Cette particularité tient à la richesse de leur patrimoine urbain, au vif intérêt qu’il suscitait dans l’opinion publique et à sa prise en compte par les élus locaux dans le cadre de leurs politiques d’aménagement.

Le réseau de villes des Pays-Bas, une exception européenne

2Le bassin culturel du nord-ouest européen auquel appartient l’ancienne région Nord – Pas-de-Calais, qui a fusionné en 2016 avec la Picardie dans la nouvelle région des Hauts-de-France, possède une histoire et un patrimoine très riches, en particulier pour les périodes médiévale et moderne. C’est en effet un des principaux foyers de la culture urbaine européenne. À partir du xie siècle, l’essor économique a favorisé la mise en place d’un réseau dense de villes, situé à l’interface des bassins fluviaux du Rhin, de la Meuse et de l’Escaut et des grands ports de la mer du Nord qui commerçaient avec la Baltique et la Méditerranée (Pirenne 1971). Il convient, bien entendu, de prendre en compte à leur juste mesure les facteurs politiques et religieux dans le processus de structuration de ce phénomène urbain régional (Rouche 1993). La contrepartie d’une telle réussite et d’une telle richesse fut la convoitise suscitée chez les puissances européennes qui se disputèrent au cours des siècles la maîtrise de ces villes et de ces territoires. Incessants au Moyen Âge et à l’époque moderne, ces conflits ont atteint leur paroxysme pendant les deux guerres mondiales. Celles-ci provoquèrent des destructions sans précédent du patrimoine urbain et, dans une certaine mesure, un effacement important de la mémoire urbaine après 1945, accentué encore par les reconstructions et les restructurations des centres villes entreprises au cours des décennies 1950-1970.

3Ces destructions totalement assumées n’ont rien à envier au principe de tabula rasa des bombardements alliés de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi à Lille, près de 20 ha du quartier Saint-Sauveur, siège d’une des plus anciennes paroisses de la ville établie dès le xiiie siècle, furent « rénovés » à partir de 1959 en « exploitant les destructions de guerre » et en leur appliquant des principes hygiénistes (Bruyelle 1967). La brutalité des opérations menées à bien pendant les Trente Glorieuses provoqua une prise de conscience patrimoniale. Un poste d’archéologue fut ainsi ouvert à Lille, à la suite d’une campagne de presse après plusieurs destructions retentissantes. À Arras, l’annonce d’un grand projet de parking sur la Grand-Place suscita un mouvement d’opinion à l’origine de la création d’un poste équivalent. Il semble qu’à Douai, où un archéologue municipal fut recruté dès 1970, les élus aient plus vite pris conscience de la nécessité d’accompagner les projets d’aménagement et d’urbanisme par des mesures compensatoires en matière d’archéologie. Cela tient aussi à l’attachement particulier de la population du nord de la France à ses racines et à son patrimoine, gravement endommagé par les guerres du xxe siècle.

L’apparition des premiers services archéologiques municipaux

4L’importance et l’ancienneté du phénomène urbain dans le nord de la France expliquent que cette région ait été un territoire propice à la création de nombreux postes d’archéologues municipaux. Dans le courant des années 1970, 1980 et 1990, de grands projets d’aménagement ont été initiés dans la plupart des villes et, progressivement, les décideurs ont pris en compte les contextes archéologiques pour conserver au mieux la mémoire des lieux. Il s’agissait alors d’apporter une réponse à un problème immédiat : la politique archéologique au niveau national étant encore balbutiante et l’Afan n’étant pas à même de répondre aux besoins qui se faisaient sentir, il fallait trouver des solutions adaptées aux contextes locaux.

5Dans le nord de la France, on constate donc une éclosion tout à fait significative de postes d’archéologues « municipaux », comme on commençait à les appeler, créés à la faveur de projets d’aménagements spécifiques puis s’inscrivant dans la durée dans le paysage socio-culturel local par le biais d’actions de valorisation ou de conseil en matière de patrimoine. Ces créations, probablement induites initialement par des considérations économiques liées aux aménagements urbains, relevaient aussi, vraisemblablement, d’un engagement volontaire de municipalités désireuses de promouvoir le patrimoine local.

6La création par Pierre Demolon, en 1970, du service archéologique municipal de Douai est liée à la reconstruction du musée archéologique détruit, en 1944, et à la réalisation d’une vaste fouille au lieudit La Fonderie, à l’emplacement de la motte castrale de la ville (fig. 1). Première de cette envergure dans la région, la fouille de La Fonderie, commencée en 1976, a notamment permis de mettre au jour les premiers établissements mérovingiens de la ville. Elle entraîna, dès 1977, l’ouverture d’un second poste d’archéologue et le recrutement de José Barbieux, remplacé par Étienne Louis quand il partit pour Tourcoing en 1982. Les interventions du service archéologique municipal de Douai ont rapidement dépassé le périmètre administratif de la ville pour s’étendre à tout l’Ostrevant, territoire historique du Douaisis. Pour assurer la réalisation des opérations et gérer les fonds provenant des aménageurs publics ou privés, il s’est appuyé sur la Société archéologique de Douai, association relais créée en 1978 et rebaptisée par la suite Arkéos.

Fig. 1. Au centre, Pierre Demolon, archéologue municipal de Douai, anime une visite de chantier lors d’une journée portes ouvertes au public douaisien.

Fig. 1. Au centre, Pierre Demolon, archéologue municipal de Douai, anime une visite de chantier lors d’une journée portes ouvertes au public douaisien.

© Photothèque du Sra des Hauts-de-France.

7La réussite du service archéologique de Douai a suscité une évidente émulation avec les autres villes de la région. À Arras, après les fouilles de sauvetage effectuées en 1976 à l’emplacement du centre administratif et en prévision de la réalisation d’un parking souterrain sous la Grand-Place, la ville a décidé en 1977 de rattacher un poste d’archéologue au musée et a recruté Alain Jacques (fig. 2). En 2001, l’intégration du personnel de l’association Arras-Archéologie, qui œuvrait à ses côtés, a permis de constituer un véritable service comprenant alors six personnes. Le service archéologique municipal d’Arras, qui a fouillé environ 15 % du territoire municipal, a renouvelé en profondeur notre perception de la ville antique et médiévale. Parmi les chantiers notables, on retiendra la rénovation des places du centre et de l’hôtel de Ville, la fouille et la préservation du site antique de Nemetacum (rue Baudimont), ainsi que l’aménagement des souterrains de la carrière Wellington où se réfugièrent des soldats du Commonwealth durant la Première Guerre mondiale.

Fig. 2. Alain Jacques, archéologue municipal d’Arras, nettoie la statue du dieu Fro, découverte lors des fouilles menées sur le site de la rue Baudimont.

Fig. 2. Alain Jacques, archéologue municipal d’Arras, nettoie la statue du dieu Fro, découverte lors des fouilles menées sur le site de la rue Baudimont.

© Photothèque du Sra des Hauts-de-France.

8En 1977, la nouvelle municipalité de Tourcoing, désireuse de développer la sphère culturelle, décida de pourvoir à nouveau le poste d’archiviste et de recruter un chargé de mission « Écomusée/Archéologie ». Cinq ans plus tard, José Barbieux quittait Douai pour devenir archéologue municipal à Tourcoing (fig. 3). Le réaménagement de la Grand-Place motiva la fouille de la Halle échevinale du xvie siècle, menée de 1982 à 1985. Puis la mission proprement archéologique s’orienta vers la gestion du Centre d’histoire locale dont José Barbieux est le conservateur, poursuivant ses recherches sur l’artisanat textile, la draperie et le peignage de la laine, ainsi que diverses industries présentes dans la ville aux périodes médiévale et moderne.

Fig. 3. À gauche, José Barbieux, archéologue municipal de Tourcoing, présente au cinéaste Georges Zelski les objets trouvés lors de la fouille de la Grand-Place.

Fig. 3. À gauche, José Barbieux, archéologue municipal de Tourcoing, présente au cinéaste Georges Zelski les objets trouvés lors de la fouille de la Grand-Place.

© Photothèque du Sra des Hauts-de-France.

9Entre 1984 et 1991, le poste d’archéologue créé par la municipalité de Lille fut pourvu par Gilles Blieck (1984-1991), un ancien de l’équipe du service de Douai devenu par la suite conservateur des monuments historiques (fig. 4). Les destructions du patrimoine du quartier Saint-Sauveur ou de l’îlot du Nouveau Monde avaient fait scandale grâce à une campagne lancée par deux journalistes de La Voix du Nord et efficacement relayée par le milieu associatif, en particulier l’association Renaissance du Lille Ancien, que les autorités municipales ne pouvaient pas ignorer. Jacquie Buffin, adjointe à la Culture, sut convaincre Pierre Mauroy (1928-2013), maire de Lille, de créer un poste d’archéologue et de l’affecter à l’Urbanisme pour accompagner les futurs chantiers d’aménagement urbain. En 1983-1984, la fouille de la parcelle sur laquelle avait été édifié le cinéma Le Ritz en 1954 a permis de retrouver les vestiges de l’église Saint-Etienne et d’en préciser l’histoire, du premier édifice roman à l’édifice baroque détruit en 1792 (Rousseaux 1985). En 1988, et pour la première fois à Lille, huit archéologues professionnels engagés pour six mois par l’aménageur de la Grand-Place de Lille purent mettre en évidence, sous la direction de Gilles Blieck, les traces des marchés qui s’y tenaient au Moyen Âge. À travers une série de fouilles près de la place Rihour, Gilles Blieck retrouva les vestiges du rempart médiéval et du château de Courtrai, édifié en 1298 par le roi de France Philippe le Bel (1268-1314) et démantelé à la fin du xvisiècle par le roi Philippe II d’Espagne (1527-1598). Puis, à l’occasion de l’aménagement du nouveau quartier d’affaires Euralille, il put d’observer les fortifications urbaines de la période moderne.

Fig. 4. À droite, Gilles Blieck, archéologue municipal de Lille, présente au maire Pierre Mauroy certains objets trouvés lors des fouilles réalisées dans la ville.

Fig. 4. À droite, Gilles Blieck, archéologue municipal de Lille, présente au maire Pierre Mauroy certains objets trouvés lors des fouilles réalisées dans la ville.

© Photothèque du Sra des Hauts-de-France.

10Gilles Blieck réalisa ses premiers chantiers avec des bénévoles avant de travailler avec des contractuels Afan sur la Grand-Place (1988) ou le chantier Euralille (1990-1991). Catherine Monnet, qui l’a remplacé en 1991, s’est appuyée sur l’association Archéopole pour rémunérer du personnel. Elle a pris la direction du musée de l’Hospice Comtesse au tournant des années 2000 et Nicolas Dessaux lui a succédé.

11C’est à la suite de la fouille d’un important gisement du Paléolithique moyen trouvé avant la construction de l’usine Mayolande (Tuffreau et al. 1994) que fut créé, en 1986, le Centre archéologique de Seclin, confié à Stéphane Révillion. Du fait des dimensions modestes de la ville, c’est surtout à la faveur de grands aménagements en milieu rural que son activité s’est déployée (Rocade, Zac Hauts-de-Clauwiers), constituant ainsi plutôt un service archéologique municipal à la campagne.

12Quant à celui de Valenciennes, il a vu le jour en 1989 pour accompagner les projets d’aménagement de la ville. Philippe Beaussart, enseignant détaché de l’éducation nationale, fut rejoint dès 1991 par Vincent Maliet, engagé spécifiquement en tant qu’archéologue. L’activité du service s’appuie sur l’association Hainaut Archéologie pour recruter des contractuels.

13Véronique Deloffre, issue de l’équipe archéologique du Grand Louvre, a été engagée par la ville de Béthune en 1991 (fig. 5). Les principaux objectifs de sa mission de deux ans étaient, d’une part, d’élaborer le dossier archéologique de la zone de protection du patrimoine architectural et urbain (Zppau) et, d’autre part, d’effectuer des fouilles préalables aux aménagements urbains. La première, menée place Clemenceau sur les vestiges des fortifications et de la porte d’Arras, fut assurée par quatre archéologues de l’Association pour la promotion de l’archéologie régionale (Apar), association relais régionale portée par la Drac, avec le renfort d’une dizaine de contractuels « emploi-solidarité » et de cinq membres de l’association La cordée, organisme d’action sociale. La diversité de cette équipe, que l’on retrouve ailleurs, comme à Douai, met en relief le rôle intégrateur que jouait alors l’archéologie territoriale au niveau local. Au terme des travaux d’aménagement, la mission du service archéologique évolua vers d’autres projets, notamment l’animation d’un Musée d’ethnologie régionale, comme à Tourcoing avec le Centre d’histoire Locale.

Fig. 5. Véronique Deloffre, archéologue de Béthune, et Yves Roumegoux, ingénieur d’études au Sra Nord – Pas-de-Calais, originaires de l’équipe archéologique du Grand Louvre, à Paris.

Fig. 5. Véronique Deloffre, archéologue de Béthune, et Yves Roumegoux, ingénieur d’études au Sra Nord – Pas-de-Calais, originaires de l’équipe archéologique du Grand Louvre, à Paris.

© Photothèque du Sra des Hauts-de-France.

14En 1991 également, la ville de Boulogne ouvrit un service archéologique municipal avec Éric Belot (fig. 6) et Véronique Canut, chargés de suivre les opérations archéologiques en ville, tant préventives (terrain Landrot) que programmées.

Fig. 6. Éric Belot, archéologue municipal de Boulogne-sur-Mer, en 1993.

Fig. 6. Éric Belot, archéologue municipal de Boulogne-sur-Mer, en 1993.

© Service archéologie de Boulogne-sur-Mer.

15Contrairement aux autres postes mis en place dans des villes au patrimoine urbain ancien, c’est l’aménagement de la ville nouvelle qui motiva l’embauche d’un archéologue municipal, Robert Laude, à Villeneuve-d’Ascq. Pour le maire Gérard Caudron, la ville nouvelle devait être une « Ville Culture » et il était important de mieux connaître l’histoire du territoire où elle s’était implantée. Les chantiers urbains donnèrent lieu à plusieurs fouilles d’envergure, comme à la Zac des Près, où furent mis au jour des vestiges de la période laténienne (fig. 7). Robert Laude s’est tourné depuis vers des missions de valorisation du patrimoine et il a contribué à la création du parc archéologique Asnapio, créé sous la houlette de Gérard Caudron en 1988 sur l’ancienne commune d’Annappes.

Fig. 7. Pierre Leman, directeur des antiquités du Nord-Pas-de-Calais entre 1974 et 1991, en compagnie de Gérard Caudron, maire de Villeneuve d’Ascq (au centre), et de son premier adjoint, Jean-Michel Stievenard, sur le chantier des Prés (Villeneuve d’Ascq). Pierre Leman a été l’instigateur de la création de plusieurs postes d’archéologue par les collectivités territoriales.

Fig. 7. Pierre Leman, directeur des antiquités du Nord-Pas-de-Calais entre 1974 et 1991, en compagnie de Gérard Caudron, maire de Villeneuve d’Ascq (au centre), et de son premier adjoint, Jean-Michel Stievenard, sur le chantier des Prés (Villeneuve d’Ascq). Pierre Leman a été l’instigateur de la création de plusieurs postes d’archéologue par les collectivités territoriales.

© Photothèque du Sra des Hauts-de-France.

16Il convient enfin d’évoquer la création en Picardie, à présent intégrée à la région Hauts-de-France, de services municipaux à Beauvais, Château-Thierry, Noyon et, en 2011, du service archéologique de la communauté d’agglomération Amiens Métropole.

L’archéologie urbaine, domaine des archéologues municipaux, mais pas que…

17La pratique de l’archéologie urbaine dans le nord de la France n’est cependant pas l’apanage des seuls archéologues municipaux. Plusieurs formules ont pu être expérimentées selon les contextes et les opportunités locales, comme en témoigne le rapide panorama suivant.

18À Dunkerque, elle s’est développée à partir des années 1990 à l’initiative du service régional de l’archéologie, relayé localement par le Groupe archéologie et archives du littoral (Graal). Cette association locale animée par un enseignant, Yves Beauchampa, a réalisé plusieurs diagnostics et fouilles à Dunkerque et dans les villes voisines de Gravelines, Bergues ou Hondschoote, le titulaire de l’autorisation pouvant appartenir au Sra.

19La ville de Saint-Omer, qui possède un riche patrimoine urbain mais n’a pas d’archéologue municipal, a recours à des formules mixtes de même nature. Hervé Barbé, ingénieur au Sra, a beaucoup contribué au développement de l’archéologie dans la cité audomaroise au début des années 1990 (fig. 8), secondé par des équipes issues de l’Afan, qui commençait à monter en puissance dans les contextes urbains jusqu’alors plutôt considérés comme l’apanage des archéologues de collectivités. Au cours de cette décennie, les équipes de l’Afan furent nombreuses à intervenir dans les centres urbains anciens comme à Lille, Dunkerque, Avesnes, Boulogne ou Cambrai. Cette dernière avait connu de manière fugitive un archéologue municipal (Bernard Florin). Après son départ, l’intervention sur le chantier de l’église Saint-Martin a été assurée par une autre équipe mixte, constituée d’archéologues de l’Afan, d’étudiants stagiaires de l’université de Lille III et de bénévoles, sous la direction d’un conservateur du Sra (moi-même en l’occurrence), titulaire de l’autorisation de fouille.

Fig. 8. Hervé Barbé, ingénieur d’études au Sra Nord-Pas-de-Calais, (troisième à partir de la gauche) anime une visite de chantier à Saint-Omer. Gérard Fosse (à droite, en gabardine grise) a été conservateur régional de l’archéologie du Nord – Pas-de-Calais de 1992 à 2010.

Fig. 8. Hervé Barbé, ingénieur d’études au Sra Nord-Pas-de-Calais, (troisième à partir de la gauche) anime une visite de chantier à Saint-Omer. Gérard Fosse (à droite, en gabardine grise) a été conservateur régional de l’archéologie du Nord – Pas-de-Calais de 1992 à 2010.

© Photothèque du Sra des Hauts-de-France.

20À Bavay, les fouilles du forum antique furent d’abord entreprises sous la houlette d’Arthur Müller, professeur d’archéologie grecque, et Roger Hanoune, maître de conférences en archéologie romaine, avant que le service archéologique départemental du Nord ne prenne la relève, sous la direction de Frédéric Loridant puis, après sa disparition en 2012, celle de son successeur Patrice Herbin.

21Enfin, la direction de l’archéologie du Pas-de-Calais, agréée depuis 2007 pour les diagnostics et les fouilles, intervient par ailleurs régulièrement sur des centres anciens comme Ardres, Arras, Guînes, Saint-Omer ou Thérouanne.

Les lois de 2001 et 2003 relatives à l’archéologie préventive et leurs effets sur l’archéologie urbaine

22L’application des lois de 2001 et 2003 relatives à l’archéologie préventive a eu une incidence certaine sur les services municipaux et l’archéologie urbaine telle qu’elle se pratiquait, la demande d’agrément devant satisfaire à des critères précis. Si quelques services ont profité de l’occasion pour élargir leurs activités à l’échelle d’une communauté d’agglomération, comme à Douai, d’autres services municipaux comme ceux d’Arras ou de Valenciennes sont restés centrés sur la ville et ils ont intégré le personnel des associations supports pour obtenir l’agrément. Faute de pouvoir répondre aux critères d’éligibilité, ceux de Lille ou de Boulogne ont évolué vers la valorisation patrimoniale ou l’étude des collections. Enfin, certains archéologues, une fois les grands aménagements structurants achevés comme à Tourcoing ou Béthune, se sont tournés vers la gestion d’une institution muséale.

23Ces retraits de la sphère opérationnelle ont amené l’Inrap à s’investir de plus en plus dans l’archéologie urbaine des grands centres anciens. C’est le cas notamment à Lille où, depuis une vingtaine d’années, des responsables d’opérations tels Ludovic Debs ou Christine Cercy interviennent régulièrement sur les grands chantiers. Par ailleurs, depuis 2003, des opérateurs privés comme Archéopôle, issu du service municipal de Lille, ou bien Eveha, réalisent des fouilles urbaines dans la région.

Douaisis

24La création de la Communauté d’agglomération du Douaisis (Cad) a profondément modifié l’approche de l’archéologie dans le territoire. La Cad a, en 2002, choisi de prendre la compétence de l’archéologie préventive et intégré à la fois le service archéologique municipal de Douai et l’association Arkéos, leurs personnels et leurs biens, ne laissant à l’association que le volet insertion. La nouvelle direction de l’archéologie préventive a obtenu en 2003 l’agrément pour la réalisation des diagnostics sur tout le territoire de l’agglomération et l’agrément pour les fouilles, du néolithique à la période contemporaine. Elle intervient fréquemment à l’extérieur du territoire de la Cad, dans des secteurs limitrophes, comme le sud de la région lilloise (Orchies, Templeuve) et le Cambrésis dans le département du Nord ou les régions de Lens (Hénin-Beaumont) et d’Arras (Brébières, Vitry-en-Artois) dans celui du Pas-de-Calais. Cependant, elle s’attache à maintenir une « archéologie de proximité » dans le territoire bien maîtrisé du Douaisis historique et de l’Ostrevant. Du fait de ce traitement archéologique privilégié, l’histoire du Douaisis a atteint un niveau inégalé dans la région. Cet exemple a eu un effet incitatif et les services archéologiques du Douaisis ont été sollicités à plusieurs reprises comme consultants dans ce domaine au niveau communautaire. Depuis 2007, la direction de l’archéologie préventive dépend du pôle Aménagement des territoires et services aux habitants. En 2008, elle comptait 84 postes.

25Pierre Demolon, directeur du service archéologique de Douai puis du Douaisis durant près d’un demi-siècle, s’est particulièrement investi pour la défense des archéologues des collectivités territoriales. Il a notamment été associé au travail d’élaboration des lois relatives à l’archéologie préventive en tant que président de l’Association nationale des archéologues de collectivités territoriales (Anact).

Arras

26Ce service archéologique de premier plan dans les années 1980-1990 est resté municipal après 2001 et n’a pas été positionné à l’échelle de la communauté d’agglomération arrageoise, son territoire historique d’intervention. Alors que, jusqu’à cette date, il effectuait de fréquentes opérations archéologiques dans les communes voisines, il n’intervient plus aujourd’hui en dehors des frontières communales. Bien qu’il ait alors été rattaché à la direction générale des services techniques, division urbanisme, foncier, patrimoine, et non à la direction de la culture comme le musée, il s’est orienté vers la médiation. La création, en 2018, d’une direction du patrimoine et de l’archéologie intégrée au sein du département Attractivité du territoire signe la volonté de la ville d’Arras de développer une politique culturelle distincte de celle de la communauté urbaine, à qui revient la définition d’une politique du patrimoine bâti : le 20 juin 2019, l’aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (Avap) mise en place dans la commune d’Arras a été approuvée en tant que « site patrimonial remarquable ».

27Le service archéologique comprend sept permanents, Alain Jacques étant secondé par Mathieu Beghin pour l’activité opérationnelle de terrain. Il a été habilité en 2017 pour réaliser des diagnostics qu’il pratique habituellement de manière si poussée que nous les appelons amicalement des « diagouilles ». En 2020, il a retrouvé une habilitation pour la réalisation des fouilles et a demandé l’extension de ses compétences de l’Antiquité à la période contemporaine.

Lille

28Lors de la transition cruciale de 2003, faute d’avoir pu se faire embaucher par la la ville de Lille ou Lille Métropole Communauté urbaine (Lmcu), cinq archéologues d’Archéopole ont emprunté une voie originale en se constituant en société coopérative ouvrière de production (Scop). Celle-ci a continué à travailler avec Nicolas Dessaux sur le chantier de l’abbaye de Marquette, dans la proche banlieue de Lille (Dessaux 2009). Cette abbaye suburbaine abritait le tombeau de la comtesse de Flandre, Jeanne de Constantinople (décédée en 1244), dont des éléments ont été retrouvés au cours de la fouille (Chauvin & Delepierre 2006). En 2004, La Scop Archéopole employait, outre les cinq associés, soixante équivalents temps plein et elle était devenue le principal opérateur privé au nord de Paris.

29L’association Archéopole, dont elle est issue, avait été créée en 1999 pour être le « bras opérationnel » du service archéologique de Lille, limité à un conservateur du patrimoine. Elle est d’abord intervenue régulièrement dans le ressort territorial de la communauté urbaine (Hospices Comtesse et Gantois à Lille, abbaye cistercienne du Repos de Notre-Dame à Marquette-lez-Lille) avant d’élargir son rayon d’action par exemple jusqu’à Gravelines (site de l’Arsenal).

Valenciennes

30Depuis 2015, le service est rattaché au musée des Beaux-Arts, dont il constitue la branche « archéologie », et dépend de la direction générale déléguée à la proximité et à la ville dynamique, avec l’éducation et le sport. Dirigé par un attaché principal, Arnaud Tixador, il dispose à présent de quatre archéologues permanents, épaulés selon les besoins par des techniciens de fouille contractuels (fig. 9).

Fig. 9. Arnaud Tixador, archéologue municipal de Valenciennes, procède à la fouille d’un ensemble de pièces de cuirasses du xviie siècle trouvées lors de la fouille de la rue d’En-Bas-l’Eau.

Fig. 9. Arnaud Tixador, archéologue municipal de Valenciennes, procède à la fouille d’un ensemble de pièces de cuirasses du xviie siècle trouvées lors de la fouille de la rue d’En-Bas-l’Eau.

© Yves Roumegoux, Sra des Hauts-de-France.

31Le service archéologique municipal n’est pas passé à la communauté d’agglomération Valenciennes Métropole, même s’il lui est arrivé d’intervenir sur son territoire élargi. Le maire de Valenciennes, bien qu’exerçant des responsabilités au sein de la communauté, préfère le garder dans sa « caisse à outils » pour faire avancer ses propres projets urbains, comme nous l’a confié Arnaud Tixador. La mairie veille à conserver un service archéologique proportionné au volume d’aménagements en cours et en projet. Cependant, le service répond occasionnellement à des opérations à l’extérieur de la commune en groupement avec l’Inrap, comme pour le chantier de Famars Technopôle.

32Le service municipal de Valenciennes a défini des objectifs scientifiques résolument affirmés autour de l’archéologie urbaine en développant plusieurs problématiques liées aux origines de la ville et à la mise en évidence de l’occupation mérovingienne du site, du Portus et du Castrum, à l’évolution de l’habitat privé et à l’extension de la ville entre le xe et le xvie siècles. Des réponses devraient être apportées au cours des cinq prochaines années à la faveur de divers projets d’urbanisme.

Béthunois

33Après le départ de Véronique Deloffre, en 2000, pour le musée-site du forum de Bavay, c’est en 2007 seulement que la nouvelle communauté d’agglomération de l’Artois (Béthune-Bruay) a décidé de recréer un service archéologique communautaire. Il a obtenu l’agrément en 2010 et repris les problématiques des chantiers d’archéologie préventive, en particulier sur Béthune. Ce service, dirigé par Christopher Manceau, dépend de la direction générale adjointe chargée de l’aménagement du territoire et de l’habitat.

Boulogne

34Le service n’a pas fait de demande d’agrément pour l’archéologie préventive. Il conduit des opérations programmées sur l’enceinte antique et médiévale de la ville haute, la plupart des opérations préventives étant menées par l’Inrap. Le service municipal, rattaché au pôle d’action municipal Animation et vie culturelle, le service archéologique se consacre maintenant à des actions de valorisation du patrimoine archéologique et à un travail d’étude et de recollement des collections d’archéologie régionale du musée. Angélique Demon a codirigé avec Olivier Blamangin (Inrap) un projet collectif de recherche visant à réaliser un atlas topographique de la ville antique de Boulogne-sur-Mer, ancienne Gesoriacum ou Bononia, une des plus importantes du nord de la Gaule.

Calaisis

35Dernier en date, le service Archéologie de la communauté d’agglomération Grand Calais Terres & Mers a été créé en 2009 et agréé en 2010 pour réaliser des diagnostics et des fouilles sur son territoire. Placé sous la responsabilité de Karl Bouche, ancien archéologue de Seclin, il dépend de la direction générale adjointe des Moyens opérationnels et compte six agents. Dans le contexte concurrentiel des années 2010, et en raison de la montée en puissance des autres services de collectivités et des opérateurs privés, il peine à trouver et à stabiliser ses personnels et l’on constate un turn-over important au sein de l’équipe. Pour le renfort opérationnel, il recrute des contractuels à durée déterminée.

Quelles perspectives pour l’archéologie urbaine dans le nord de la France ?

36Comme on a pu le constater, les lois de 2001 et 2003 définissant les modalités d’organisation de la recherche archéologique préventive ont induit un profond changement dans l’organisation de l’archéologie territoriale. Si, en ce qui concerne l’archéologie rurale, héritière des pratiques de gestion issues de la prise en compte des grands travaux d’aménagement, ces mutations n’ont bien souvent fait qu’entériner un état de fait, elles se sont probablement fait sentir de manière plus sensible dans la pratique de l’archéologie urbaine.

37Celle-ci, soumise fréquemment aux contraintes induites par la densité du parcellaire ainsi qu’à des calendriers de réalisation de projets difficiles à anticiper, se satisfait sans doute mieux de solutions opérationnelles plus souples et « sur mesure », auxquelles on a pu recourir durant les années 1980 et 1990 en associant acteurs locaux et régionaux. L’expérience prouve que les lois de 2001 et 2003, mieux dimensionnées pour des opérations de grande ampleur et sans doute conçues en fonction d’elles, s’avèrent à l’usage inadaptées aux réalités subtiles de la gestion patrimoniale en milieu urbain.

38Dans la mesure où il faut désormais prendre en compte l’aspect économique de l’acte archéologique, les opérations en marge de cette activité proprement dite, comme les surveillances de travaux de voirie ou de pose de réseau, qui n’entrent que de manière infime dans le bilan d’activité d’un service, sont délaissés au profit de chantiers plus représentatifs. C’est une réalité que l’on peut aisément constater dans les services municipaux qui ont évolué vers des communautés d’agglomérations, par exemple Douaisis-Agglo. Mécaniquement, la part du rural tend à l’emporter sur celle de l’urbain, fonds de commerce traditionnel du service municipal. Bien évidemment, la chose est encore plus évidente pour un service départemental qui sélectionne les diagnostics qu’il réalise au cas par cas. Les opérations en milieu urbain sont difficiles, onéreuses et peu rentables en retour de subventions, car le taux de complexité qui leur est affecté ne suffit pas à combler la différence de coût. Il faut que la collectivité manifeste un réel engagement et qu’elle y trouve, dans une moindre mesure, un retour sur investissement.

39On constate cependant que certains services se sont maintenus dans le strict champ municipal, par exemple à Arras et à Valenciennes. Dans cette dernière ville, un tel choix relève d’une volonté clairement affichée du maire, désireux de conserver la capacité opérationnelle du service archéologique pour répondre avec rapidité aux projets urbains spécifiques mis en œuvre dans sa commune.

40Dans les autres cas d’espèce, les prescriptions de diagnostics en milieu urbain émises par les Sra seront notifiées à l’Inrap. On constate cependant que le poids des prescriptions penche nettement en faveur des opérations en milieu rural. Le renouvellement des responsables d’opérations compétents pour mener des diagnostics en milieu urbain se fait difficilement, ce qui présentera une difficulté réelle à très court terme. Pour la réalisation des fouilles, les opérateurs privés d’archéologie sont assez présents et compétents en matière d’archéologie urbaine.

41Au terme de ce panorama d’un demi-siècle consacré à l’archéologie urbaine dans le nord de la France, on a pu constater qu’après les grandes destructions des Trente Glorieuses et la prise de conscience patrimoniale des années 1980, qui a vu fleurir des services archéologiques dans nombre de villes du Nord, la conjoncture particulière issue des lois de 2001 et 2003 relatives à l’archéologie préventive et de la montée en puissance des structures intercommunales et départementales a induit une certaine désaffection des opérations archéologiques en milieu urbain pendant les vingt dernières années. Même si d’importantes fouilles urbaines ont lieu chaque année, le maillage de proximité, qui était le fait des services archéologiques municipaux et enrichissait au quotidien les données patrimoniales urbaines, semble bien menacé par les récentes mutations de la discipline.

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Bibliographie

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Dessaux, N. (éd.). 2009. Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut, Somogy Éditions d’art.

Pirenne, H. 1971. Les villes au Moyen Âge, Paris, 1971 (1re éd. 1939).

Rouche, M. 1993. « Les villes au Moyen Âge » in : J. Barbieux (dir.). Archéologie urbaine dans le Nord – Pas-de-Calais du haut Moyen Âge à la Révolution. Douai, Association des archéologues de collectivités du Nord – Pas-de-Calais.

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Trenard, L. 1988. « Du Lille ancien au Lille renaissant », Revue du Nord, 277 : 399-424.

Tuffreau, A., Révillion, S., Sommé, J. & Vijet-Lanoë, B. van. 1994. « Le gisement paléolithique moyen de Seclin (Nord) », Bulletin de la société préhistorique française, 91-1 : 23-46.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Au centre, Pierre Demolon, archéologue municipal de Douai, anime une visite de chantier lors d’une journée portes ouvertes au public douaisien.
Crédits © Photothèque du Sra des Hauts-de-France.
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Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 2. Alain Jacques, archéologue municipal d’Arras, nettoie la statue du dieu Fro, découverte lors des fouilles menées sur le site de la rue Baudimont.
Crédits © Photothèque du Sra des Hauts-de-France.
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Fichier image/jpeg, 2,4M
Titre Fig. 3. À gauche, José Barbieux, archéologue municipal de Tourcoing, présente au cinéaste Georges Zelski les objets trouvés lors de la fouille de la Grand-Place.
Crédits © Photothèque du Sra des Hauts-de-France.
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Fichier image/jpeg, 1,7M
Titre Fig. 4. À droite, Gilles Blieck, archéologue municipal de Lille, présente au maire Pierre Mauroy certains objets trouvés lors des fouilles réalisées dans la ville.
Crédits © Photothèque du Sra des Hauts-de-France.
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Titre Fig. 5. Véronique Deloffre, archéologue de Béthune, et Yves Roumegoux, ingénieur d’études au Sra Nord – Pas-de-Calais, originaires de l’équipe archéologique du Grand Louvre, à Paris.
Crédits © Photothèque du Sra des Hauts-de-France.
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Titre Fig. 6. Éric Belot, archéologue municipal de Boulogne-sur-Mer, en 1993.
Crédits © Service archéologie de Boulogne-sur-Mer.
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Titre Fig. 7. Pierre Leman, directeur des antiquités du Nord-Pas-de-Calais entre 1974 et 1991, en compagnie de Gérard Caudron, maire de Villeneuve d’Ascq (au centre), et de son premier adjoint, Jean-Michel Stievenard, sur le chantier des Prés (Villeneuve d’Ascq). Pierre Leman a été l’instigateur de la création de plusieurs postes d’archéologue par les collectivités territoriales.
Crédits © Photothèque du Sra des Hauts-de-France.
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Titre Fig. 8. Hervé Barbé, ingénieur d’études au Sra Nord-Pas-de-Calais, (troisième à partir de la gauche) anime une visite de chantier à Saint-Omer. Gérard Fosse (à droite, en gabardine grise) a été conservateur régional de l’archéologie du Nord – Pas-de-Calais de 1992 à 2010.
Crédits © Photothèque du Sra des Hauts-de-France.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/12079/img-8.jpg
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Titre Fig. 9. Arnaud Tixador, archéologue municipal de Valenciennes, procède à la fouille d’un ensemble de pièces de cuirasses du xviie siècle trouvées lors de la fouille de la rue d’En-Bas-l’Eau.
Crédits © Yves Roumegoux, Sra des Hauts-de-France.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/docannexe/image/12079/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 2,6M
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Pour citer cet article

Référence papier

Yves Roumegoux, « Archéologie urbaine, une aventure septentrionale dans le sillage des Trente Glorieuses : l’exemple de l’ancienne région Nord – Pas-de-Calais »Les nouvelles de l'archéologie, 164 | 2021, 8-14.

Référence électronique

Yves Roumegoux, « Archéologie urbaine, une aventure septentrionale dans le sillage des Trente Glorieuses : l’exemple de l’ancienne région Nord – Pas-de-Calais »Les nouvelles de l'archéologie [En ligne], 164 | 2021, mis en ligne le , consulté le 18 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/nda/12079 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/nda.12079

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Auteur

Yves Roumegoux

Direction régionale des affaires culturelles des Hauts-de-France, service régional de l’archéologie. yves.roumegoux@culture.gouv.fr

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