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Jalons de l’histoire et enjeux de l’inventaire photographique des vitraux en Belgique

Isabelle Lecocq et Emma Anquinet
p. 56-79

Résumés

L’inventaire photographique des vitraux s’est développé dès le début du xxe siècle, en suivant le cours de l’histoire et en reflétant les préoccupations et le développement de la réflexion en matière de patrimoine, d’inventaire et d’histoire de l’art. Les deux guerres mondiales ont été décisives pour la documentation photographique des vitraux anciens. Bon nombre d’entre eux ont été photographiés in situ par les Allemands durant la Grande Guerre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les vitraux anciens déposés ont été photographiés panneau par panneau. Cette tâche délicate et complexe a été réalisée en grande partie par le Service de la Documentation belge des Musées royaux d’Art et d’Histoire, sous la direction de Paul Coremans. La documentation photographique des vitraux anciens est un outil précieux pour suivre l’évolution de l’état de conservation de ceux-ci. Les vitraux des périodes plus récentes n’ont pas bénéficié de la même attention. Lors de la réalisation du Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique, ils ont certes été pris en compte, mais pas systématiquement et la sélection de ceux qui ont été photographiés relevait souvent de l’appréciation du prospecteur, sans programme préétabli. Dans la mesure du possible, l’IRPA complète la documentation photographique existante.

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Dédicace

L’idée de la présente contribution a vu le jour lors de l’actualisation de la documentation photographique de la collection de vitraux des Musées royaux d’Art et d’Histoire, dans le cadre du projet Fenestra de la politique scientifique fédérale belge. Elle s’appuie sur l’expérience de vingt années au sein du département Documentation – Recherche en histoire de l’art de l’IRPA. Les textes ont été rédigés par Isabelle Lecocq sur la base d’échanges avec Emma Anquinet, engagée dans le cadre du projet Fenestra d’octobre 2017 à octobre 2019. Les deux auteurs remercient leurs collègues à l’IRPA qui les ont conseillées et guidées dans la recherche d’informations, principalement Marie-Christine Claes et Erik Buelinckx.

Texte intégral

  • 1 Pour les questions techniques et de vocabulaire, voir Blondel 1993.
  • 2 Les risques de dégâts auxquels les vitraux sont couramment exposés sont expliqués et illustrés dans (...)
  • 3 Voir de Schrijver, Vanden Bemden et Bral 1991.

1L’art du vitrail occupe une place essentielle dans le patrimoine artistique belge. Toutes époques confondues, maints vitraux sont conservés dans des églises, des chapelles, des édifices publics, des musées, et parfois chez des particuliers. Les œuvres les plus familières sont les vitraux monumentaux, composés d’un ensemble de panneaux de verres peints avec des peintures vitrifiables et mis en plomb, maintenus dans la baie par une structure en pierre et en fer. Rarement conservés in situ, les verres de petites dimensions et sans plombs, également peints avec des peintures vitrifiables et du jaune d’argent, souffrent d’une relative méconnaissance1. Ces verres sont le plus souvent de forme circulaire, ce qui leur a valu l’appellation bien suggestive de « rondels », mais ils peuvent parfois être de forme ovale ou rectangulaire. Plus que toute autre production artistique, les vitraux sont fragiles et peu d’entre eux ont résisté à l’usure du temps, aux destructions occasionnées par les éléments ou par l’homme2. Dès lors, on comprend pourquoi les vitraux les plus anciens sont souvent conservés à l’état de fragments, remisés dans des réserves ou exposés dans des musées, comme les vestiges exhumés lors des fouilles de l’abbaye de Stavelot ou ceux qui ont été découverts lors de travaux d’aménagements dans les combles du couvent des dominicains de Gand3.

  • 4 Pour approfondir l’historiographie du vitrail en Belgique, et particulièrement en Flandre, voir Man (...)
  • 5 de Reiffenberg 1832.
  • 6 Ibidem, p. 17-26.
  • 7 Ibidem, p. 27.
  • 8 Lévy 1860.

2Dans la documentation du patrimoine, un intérêt pour les vitraux s’est développé tardivement. Les premières démarches pour offrir un panorama de l’art du vitrail à l’échelle de la Belgique remontent au xixe siècle4. Dans son mémoire De la peinture sur verre aux Pays-Bas, publié à Bruxelles en 18325, le baron Frédéric de Reiffenberg s’attache surtout à la recherche de l’identité de maîtres oubliés et d’ensembles disparus, tout en donnant une description sommaire mais complète des vitraux de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule (alors collégiale), avec le relevé systématique des inscriptions6. Son ouvrage appelle le renouveau de l’art du vitrail, que le xixe siècle connaîtra effectivement, mais il le considère alors comme improbable : « Les vitraux ne répondent plus, quoiqu’on en dise, à nos besoins ni à nos goûts anti-poétiques. Il en est des peintres sur verre comme des architectes improprement appelés gothiques : ils appartiennent à un autre siècle que le nôtre »7. En 1860, l’architecte et professeur d’archéologie Edmond Lévy publie une analyse descriptive des vitraux de Belgique8. Dans l’introduction, il précise que son but est de « faire comprendre à nos lecteurs cette importance de la peinture sur verre, au triple point de vues de la Religion, des Arts et de l’Histoire ».

[Fig. 1]

[Fig. 1]

Fragment inédit provenant du cabinet de G. Hagemans (Liège), dessiné par lui-même. Lévy 1860, vol. 2, pl. 2.

3Son analyse descriptive est précédée de l’essai d’une histoire continue du développement de cet art depuis l’Antiquité jusqu’au milieu du xixe siècle, à travers divers pays d’Europe. Des gravures colorées, généralement d’après des dessins du Bruxellois Jean-Baptiste Capronnier, l’un des peintres-verriers les plus renommés de son temps, illustrent l’ouvrage. La deuxième planche de l’ouvrage [fig. 1] est une lithographie d’après un dessin du collectionneur liégeois Gustave Hagemans ; le vitrail correspondant [fig. 2], alors propriété de celui-ci, fait maintenant partie des collections de vitraux des Musées royaux d’Art et d’Histoire (MRAH, aujourd’hui Musée Art et Histoire, inv. I.A.974).

[Fig. 2]

[Fig. 2]

Ange tenant une banderole, vers 1230-125 (Bruxelles, Musées royaux d’Art et d’Histoire, inv. I.A. 9740).

© Bruxelles, IRPA, X079031.

  • 9 Sur l’histoire du Corpus Vitrearum Belgique, voir les publications les plus récentes qui incluent u (...)

4Durant la première moitié du xxe siècle, les photographies de vitraux progressent avec l’inventaire de ceux-ci. Des jalons décisifs peuvent être identifiés ; ils apportent un éclairage inédit sur ce patrimoine, à une époque cruciale de son histoire, avant le déploiement progressif de son étude systématique, durant la seconde moitié du xxe siècle, dans le cadre bien connu du projet international du Corpus Vitrearum9.

Le choc de la Première Guerre mondiale et les premiers clichés

  • 10 Kott et Claes 2018.
  • 11 Clemen 1923.
  • 12 L’histoire des clichés allemands, leur contexte de production et de réception ont été finement anal (...)

5Durant la Première Guerre mondiale, alors que la Belgique est placée sous l’autorité allemande, les Allemands entreprennent de photographier le patrimoine et l’art des pays occupés sur le front occidental. Ils réalisent plus de 10 000 clichés, dus pour la plupart à Richard Hamann (1879-1961), professeur d’histoire à Marburg et fondateur des archives photographiques de cette ville10 (Bildarchiv Foto Marburg). De nombreux clichés réalisés alors illustreront l’étude sur l’art belge11, en deux volumes, de Paul Clemen (1866-1947), professeur d’histoire de l’art à l’université de Bonn et inspecteur des monuments de la Rhénanie. Ces initiatives sont sous-tendues par des mobiles complexes dont l’objectivation reste délicate12. Clemen expliqua que la démarche avait naturellement été encouragée par la présence d’historiens de l’art allemands en Belgique occupée. Toujours est-il que les réactions en Belgique seront vives et les instances officielles, accusées de négligence, invitées à prendre des mesures. Cette situation a certainement joué en faveur du développement du service d’inventaire aux Musées royaux d’Art et d’Histoire durant l’entre-deux-guerres.

  • 13 Kott et Claes 2018, p. 178-180.
  • 14 Ressource en ligne de l’IRPA. Dans les inventaires du Répertoire photographique du mobilier des san (...)
  • 15 Voir Claes 2018.
  • 16 Voir Vanden Bemden 2000, p. 89-148 (répertoires nos 1, 2, 4).
  • 17 Voir Helbig et Vanden Bemden 1974, p. 67-76.

6Les négatifs allemands ont été rachetés par les Musées royaux d’Art et d’Histoire. Un accord est conclu le 18 mai 1926 : 10 011 clichés sont remis aux MRAH contre la somme de 140 000 marks13. Enregistrés à partir de 1928, les clichés sont actuellement conservés dans les collections photographiques de l’IRPA et accessibles en ligne14. Certaines provinces sont particulièrement représentées : Anvers, le Brabant, le Hainaut et la Flandre-Orientale. Les clichés allemands se distinguent par leurs qualités esthétiques exceptionnelles15, le soin des cadrages, la qualité de la lumière et la définition dans le détail qui permet pour ainsi dire d’entrer dans l’image. Une série de photographies est dédiée aux vitraux. Ces documents restent d’une qualité inégalée et des sources de premier intérêt pour témoigner de l’état de conservation des vitraux avant la fin de la Première Guerre mondiale. Les prises de vues ont souvent été réalisées avec des chambres techniques qui permettent d’éviter les déformations dues à la perspective. Les Allemands n’ont pas dû être insensibles à l’héritage habsbourgeois (et donc germanique puisque tous les empereurs du Saint-Empire romain germanique sont issus de la maison des Habsbourg), particulièrement présent dans les vitraux anciens belges. Les plus remarquables d’entre eux ont ainsi été capturés par l’objectif photographique allemand. Citons par exemple : trois vitraux du chœur de la collégiale Sainte-Waudru à Mons16 [fig. 4], avec les portraits de Marie de Bourgogne et Marguerite d’Autriche associés à la Fuite en Égypte, ceux de Maximilien d’Autriche, Philippe le Beau et François devant la scène du Christ au temple retrouvé par ses parents et, enfin, Maximilien et Philippe le Beau représentés au-dessus de la scène de la Crucifixion, dans le vitrail de la baie axiale de l’abside, situé à l’extrême droite. Évoquons également l’Adoration des Hosties miraculeuses par Charles Quint et Isabelle de Portugal dans le bras nord du transept de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule17 [fig. 3].

[Fig. 3]

[Fig. 3]

Vitrail de Charles Quint et Isabelle de Portugal en prière devant des hosties miraculeuses, 1537 (Bruxelles, cathédrale Saints-Michel-et-Gudule).

© Bruxelles, IRPA, F000246.

[Fig. 4]

[Fig. 4]

Trois vitraux de l’abside du chœur de la collégiale Sainte-Waudru à Mons, vers 1511.

© Bruxelles, IRPA, B015237.

Les prises de vues du Service de la documentation belge

  • 18 Les Musées royaux d’Art et d’Histoire ont été créés en 1835 sous le nom de « Musée d’Armes ancienne (...)
  • 19 Coremans 1945, p. 1.

7Un atelier photographique est créé aux Musées royaux d’Art et d’Histoire en 190018, à un moment clé de leur histoire. Dès son accession au poste de conservateur en chef, en 1898, Eugène Van Overloop (1847-1926) déploie toute son énergie pour faire des Musées un établissement de recherche scientifique. À cette fin, il confie les différentes sections des Musées à des spécialistes jeunes et brillants, dont Jean Capart (1877-1947), qui prendra sa succession en 1925. Il développe également différents services et outils pour documenter et encadrer l’étude des collections, dont une bibliothèque et un bulletin. L’atelier photographique sera épaulé à partir de 1920 par le Service de la Documentation belge dans lequel il sera incorporé en 194319. La création d’un tel service rencontrait la demande pressante de prise en charge de manière systématique et structurée de l’inventaire photographique du patrimoine belge, dont l’actualité avait montré la nécessité. Les Musées sont les bénéficiaires naturels du nouveau service. La collection de vitraux est photographiée systématiquement pour la première fois en 1924. Des montages de prises de vues réalisés à cette occasion [fig. 5] permettent de reconstituer des dispositifs de présentation des rondels, rectangles et ovales, qui représentent une partie essentielle de la collection alors visible dans les salles.

[Fig. 5]

[Fig. 5]

Onze médaillons et petites peintures sur verre des MRAH (xvie et xviie siècles), de bas en haut et de gauche à droite : Marie-Madeleine (inv. I.A. 44), Annonciation (I.A. 40), sainte Barbe (inv. I.A. 412), Charlemagne (inv. I.A. 37), saint Jean-Baptiste (inv. 2240), l’Offrande de Joachim repoussée (inv. I.A. 2246D), les fils de Jacob remettent à celui-ci la tunique ensanglantée de Joseph (inv. I.A. 414), la Nativité (inv. I.A. 691), la Justice (inv. I.A. 568), la Charité (inv. I.A. 411), une scène de l’histoire de Grisélidis (inv. I.A. 36).

Photomontage B005463, B005464, B005466 et B005469.

  • 20 Bruxelles, IRPA, Archives, dossier IRPA 2L123 (Brux. MRAH. M.J. Helbig. Vitraux Anderlecht).
  • 21 Voir Helbig 1941. À noter que Jean Helbig publie régulièrement sur les vitraux de la collection et (...)

8En 1934, un laboratoire de recherches physico-chimiques est fondé par Jean Capart et associé aux services photographiques, avec une direction unique. Jean Capart place à la tête de ce laboratoire un jeune docteur de l’ULB qui vient d’obtenir sa thèse en chimie, Paul Coremans (1908-1965). Le conservateur de la collection de vitraux, l’attaché Jean Helbig (1895-1984), se tourne naturellement vers ce laboratoire dans son effort de mieux comprendre le processus de corrosion de vitraux anciens20, dont les mécanismes demeuraient alors encore nébuleux. Ce phénomène est observé par Jean Helbig sur les vitraux de la collégiale des Saints-Pierre-et-Guidon d’Anderlecht et sur des vitraux monumentaux de la collection des Musées : l’ange à la banderole [fig. 2], le plus ancien panneau de vitrail monumental conservé et exposé en Belgique, et deux panneaux représentant Guillaume II comte de Namur et son épouse Jeanne de Harcourt (inv. I.A. 976A et B). Dans sa phase avancée, le phénomène de corrosion se manifeste par des cratères et des plages de verre dévitrifiées et partiellement opacifiées par des produits de corrosion qui prennent la forme d’une poudre blanchâtre. C’est sur la nature de cette poudre blanchâtre que Jean Helbig questionne Paul Coremans. Les services photographiques des Musées prennent des vues de détail du revers du panneau [fig. 6] ; celles-ci illustrent une contribution de Helbig dans le bulletin des Musées, avec un titre bien suggestif, L’Envers de vieux vitraux21.

[Fig. 6]

[Fig. 6]

Panneau de vitrail représentant Guillaume II comte de Namur, vers 1350 (Bruxelles, MRAH, inv. I.A. 976 A). a) Vue d’ensemble du panneau. b) Détail du revers avec verres corrodés.

© Bruxelles, IRPA, B005543 et B021854.

Deux fabuleuses opportunités dans l’urgence : la documentation photographique des œuvres d’art et la dépose des vitraux anciens durant la Seconde Guerre mondiale

  • 22 Voir Carton de Wiart et al. 1939.
  • 23 Voir Coremans 1945, p. 1-2 et Demeter 2004, p. 164-165. Stéphane Demeter remarque que les efforts c (...)
  • 24 Coremans 1945, p. 1. Ce témoignage est également repris dans la publication La Belgique sous les bo (...)

9Face à la perspective d’une deuxième guerre qui se profile comme inévitable, des mesures d’urgence sont prises pour l’inventaire et la conservation du patrimoine, avec l’appui notamment de la Commission royale des Monuments et des Sites22. Stan Leurs, professeur à l’université de Gand, et Joseph Muls, directeur général des Beaux-Arts, confient aux musées le soin de réaliser un inventaire photographique du patrimoine culturel belge23. Paul Coremans commente24 : « […] en 1940, la Belgique, si riche cependant en trésors d’art, n’en possédait aucune documentation photographique et iconographique réellement appréciable […]. Si ces trésors étaient détruits ou en partie abîmés par suite de faits de guerre, leur reconstitution et leur étude deviendraient pratiquement impossibles. C’est la raison essentielle pour laquelle le Professeur J. Capart, alors conservateur en chef de nos musées, me demanda, dès mon retour de l’armée, en juin 1940, de sacrifier mes recherches physiques et chimiques, pour me consacrer essentiellement à l’établissement de la documentation photographique de nos œuvres d’art, à l’instar de l’initiative prise dans d’autres pays, comme la Grande-Bretagne, la France, la Hollande, l’Espagne et l’Allemagne. »

10Des clichés témoignent de l’ingéniosité développée pour photographier les œuvres d’art in situ, dans l’église Saint-Jacques d’Anvers en 1942 [fig. 7], comme cette image pittoresque de la tour d’échafaudage transportée sur une charrette [fig. 8].

[Fig. 7]

[Fig. 7]

Mission photographique à l’église Saint-Jacques d’Anvers (juin 1942), transport de la tour d’échafaudage sur une charrette.

© Bruxelles, IRPA, B032194.

[Fig. 8]

[Fig. 8]

Mission photographique à l’église Saint-Jacques d’Anvers (juin 1942), tour d’échafaudage et appareil photographique.

© Bruxelles, IRPA, B031139.

  • 25 Coremans 1946.

11Des mesures pour protéger les œuvres d’art des bombardements sont prises dès l’été 1940 par le Service de la Protection des monuments historiques (SMH) en collaboration avec le Commissariat général à la Protection aérienne passive (CGPAP)25. Le Service de la Protection des monuments historiques était dirigé par le professeur Leurs, assisté pour l’occasion par l’architecte Max Winders. Jusqu’à son transfert en février 1944 à la Commission consultative pour la protection des monuments et des œuvres d’art, il dépendait du Commissariat général à la Restauration du Pays (CGRP).

  • 26 Winders 1943. Je remercie Marie-Christine Claes qui m’a fait connaître ce témoignage de Max Winders

12Pour éviter des catastrophes comme la destruction des vitraux de la cathédrale de Reims qui avait marqué les esprits dans le monde entier, les vitraux anciens des églises belges sont déposés. Complexe, l’entreprise ne s’improvise pas ; elle est précédée par le repérage des œuvres. Des cahiers des charges précis ont été établis pour sélectionner les ateliers compétents pour réaliser les tâches dans les délais impartis. Le Service de la Documentation belge a suivi les opérations. Ce service, alors dirigé par Paul Coremans, a organisé des prises de vues des vitraux ; l’architecte Max Winders en livre un témoignage unique et d’une rare concision26 :

« Nous pouvons noter avec satisfaction qu’en Belgique, nonobstant l’absence de matériel spécial pour nos travaux de dépose, encore en cours actuellement, aucun accident ni dégradation ne furent enregistrés. Le mérite en revient à ces artisans modestes qui, au cours des hivers très rigoureux de 1940-41-42 et dans des circonstances atmosphériques parfois très pénibles, travaillèrent sans répit, au haut de leurs échafaudages extérieurs, à soustraire une partie importante de notre patrimoine artistique à d’éventuelles futures destructions. Les vitraux enlevés, descendus panneau par panneau et placés dans l’atelier aménagé à cet effet dans une des dépendances de l’église, y sont vérifiés, les plombs et leur soudure réparés et ensuite placés verticalement, par série de huit vitraux, dans des caisses en bois, façonnées à dimensions appropriées. Les panneaux sont séparés entre eux par des feuilles de carton ondulé. Chaque caisse est ensuite marquée de deux chiffres se rapportant aux vitraux contenus dans la caisse et à la verrière dont ils proviennent. Ces indications sont reportées sur un dessin et sur des photographies de chaque vitrail, de façon à éviter ultérieurement toute erreur dans le repérage, lors de la remise en place. Ces documents, établis en triple expédition, reposent en des mains différentes : au Commissariat Général, à l’église intéressée et chez le dirigeant du travail. Par mesure complémentaire de précaution, inspirée par certaines destructions partielles de vitraux, notamment à Saint-Léonard, chaque vitrail est photographié en noir et en couleurs, d’abord sur place avant son enlèvement, ensuite par partie, chaque panneau étant photographié isolément au moment de sa vérification et de sa restauration à l’atelier d’emballage. Ces documents, d’une valeur documentaire incontestable, précieuse pour le cas de destruction partielle, iront enrichir nos archives et les éléments d’études de notre Musée du Cinquantenaire, de nos Instituts iconographiques, de nos Universités et Académies. Il m’est agréable et m’en fais ici un devoir, de rendre hommage au dévouement et à la compétence de M. Coremans, l’érudit directeur des Laboratoires des Musées royaux qui, en dehors de la documentation que j’établis personnellement, assume le soin de la reproduction de nos vitraux d’art. L’expérience de la guerre mondiale et celle de la guerre actuelle montrent, que sauf le cas où les fronts parviennent à se stabiliser et où les terrains d’opérations se trouvent pilonnés par d’incessants et puissants bombardements, entraînant parfois une destruction complète contre laquelle une protection n’est pratiquement réalisable, les incendies provoquèrent plus de dégâts et de pertes irréparables que les effets de l’explosion d’obus brisants isolés de petits calibres. »

  • 27 Coremans 1945, p. 5.

13Les panneaux sont photographiés un à un à partir de novembre 1940 sur des clichés 13 × 18 cm. 6095 négatifs ordinaires et 300 photographies couleur sont enregistrés pour l’ensemble des lieux27 :

  • « 1940-41 : la cathédrale et Saint-Jacques d’Anvers, la collégiale de Bruxelles, Saint-Pierre d’Anderlecht et Sainte-Catherine d’Hoogstraeten (seulement 152 panneaux), soit au total 2925 négatifs ;

  • 1942 : la collégiale de Mons, Saint-Jacques, Saint-Martin, Saint-Antoine, Saint-Servais et la chapelle de l’hôpital de Bavière à Liège ; Saint-Eustache de Sichem, la chapelle du château de la Folie d’Écaussinnes et Sainte-Catherine d’Hoogstraten (115 autres panneaux), au total de 2413 négatifs.

  • 1943 : la cathédrale de Liège et Sainte-Catherine d’Hoogstraeten (encore 163 panneaux), au total 757 négatifs. »

  • 28 Trois panneaux avec des fragments d’une Vierge à l’Enfant, une inscription et des armoiries (voir L (...)
  • 29 Vitrail avec le Christ, un donateur et saint Hubert, donné par Hubert de Corswarem, 1550 (voir Leco (...)
  • 30 Voir Helbig 1961, p. 191-197.
  • 31 Vitrail aux armes des familles Favilhon et Pailhe, vers 1630-1650 (voir Lecocq 2011, p. 467-473).
  • 32 Panneaux de vitrail avec la Crucifixion, don de Lambert Bocquiatz et Jehenne Noizet, 1562 (voir Lec (...)
  • 33 Liste établie par la Commission royale des Monuments et des Sites, en collaboration avec Jean Helbi (...)

14La dépose des vitraux anciens a été presque complète. Tous les panneaux d’une série de vitraux anciens ont été déposés, à quelques exceptions près : des fragments dans l’église de Foy Notre-Dame28, un vitrail dans l’église Saint-Martin de Landelies29, un vitrail monumental conservé dans la chapelle d’une habitation privée, des fragments dans la chapelle de Bourgogne à Anvers30, un vitrail dans l’église Saint-Mort de Huy31 et des panneaux de vitraux anciens de l’église de Bouvignes32. Cela tenait sans doute à la méconnaissance de certains de ces vitraux, dont la datation n’était pas toujours clairement établie et qui n’étaient pas repris dans la liste des « principaux vitraux » (1939) publiée par la Commission des Monuments et des Sites33. À moins qu’ils n’aient pas été jugés suffisamment importants. La dépose des vitraux anciens était déjà assez difficile à mettre en œuvre et a parfois été réalisée in extremis.

  • 34 Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102, Liège, enlèvement des v (...)

15La dépose et les prises de vues doivent être soigneusement coordonnées. Les services de Coremans se manifestent auprès des administrations et des ateliers chargés de la dépose des vitraux en les informant de leur tâche de « contrôle photographique des vitraux anciens »34 [fig. 9] par des prises de vues, panneau par panneau, des vitraux déposés ou dont la dépose est imminente.

[Fig. 9]

[Fig. 9]

Lettre adressée par Paul Coremans aux ateliers Osterrath en date du 12 août 1941, au sujet de l’enlèvement des vitraux anciens (Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102).

  • 35 Ibidem.
  • 36 Des dossiers d’archives des photographes conservés à l’IRPA témoignent parfois des détails pratique (...)
  • 37 Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102, Liège, enlèvement des v (...)

16En guise de remerciement, Coremans s’engage à remettre des épreuves des verrières reconstituées photographiquement ou des vues isolées de certains panneaux. Préalablement aux prises de vues, il s’assure des modalités d’entreposage dans chaque atelier afin de vérifier la possibilité de la tâche. Cette précaution n’est pas inutile : des opérations techniques peuvent compromettre la prise de vues, comme à Liège, où le maître verrier Osterrath « par mesure spéciale de protection, colle du papier sur tous les panneaux avant de les enlever afin d’empêcher absolument tous les fragments de verre de se détacher et de tomber »35. Cette mesure qui empêche la photographie des panneaux après leur dépose est finalement abandonnée. L’atelier Osterrath s’est sans doute limité à coller des papiers aux endroits où cela était nécessaire, afin d’éviter la perte de fragments. Maintes photos témoignent de cette pratique [fig. 10]. Avant que des photographes ne soient envoyés dans les provinces, sous la supervision de Coremans et de ses collaborateurs, divers points doivent être réglés, comme la confection de tables lumineuses et les modalités d’exécution du travail36. En juillet 1942, pour s’entendre avec les ateliers Osterrath, Coremans envoie à Liège Janssens de Varebeke « qui a effectué le clichage des vitraux de Bruxelles »37.

[Fig. 10]

[Fig. 10]

Panneau déposé et dont les pièces et fragments sont maintenus avec de l’adhésif, vitrail de Charles Quint et Isabelle de Portugal de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule.

© Bruxelles, IRPA, A020007.

  • 38 Ibidem.
  • 39 Ibidem.

17L’atelier Osterrath met à la disposition de l’opérateur un ouvrier qui a notamment assuré la manipulation des panneaux et leur placement sur châssis lumineux. Le remboursement de ces frais, soit la somme de 2760 francs pour 303 heures de prestation, est demandé aux Musées royaux d’Art et d’Histoire38 – remboursement qui a posé quelques difficultés et a amené l’atelier à justifier le tarif horaire demandé, estimé trop onéreux39 :

« Nous n’avons pas dans nos ateliers de manœuvre et si nous en avions eu, nous n’aurions pas voulu lui confier la manipulation extrêmement délicate des panneaux anciens. Nous avons donc confié le travail a un jeune ouvrier dont le travail constitue pour nous un rapport. Il ne nous semble donc pas équitable de ne compter que le salaire payé sans aucune prise de bénéfice et sans compter des multiples tâches que représentent pour nous l’assurance ouvrière, les allocations familiales, les caisses de pension et de congé payé ainsi que l’avance du paiement des salaires. En outre nous n’avons pas tenu compte du temps que la photographie a fait perdre aux autres ouvriers occupés à l’entreprise d’enlèvement des vitraux tant pour l’emballage souvent retardé et la fermeture des caisses que pour les recherches à faire quand il fallait recommencer la photo manquée ou insuffisante d’un panneau. »

18Finalement, Osterrath obtient gain de cause auprès de la Défense aérienne passive qui lui demande de porter ces frais au décompte final réglant la liquidation des travaux.

  • 40 Bruxelles, IRPA, Dossiers d’archives des photographes, dossier 495 (Prosper Loosen, 1938-1948).
  • 41 Voir Helbig 1961, p. 61-71.

19Les prises de vues retardent la fermeture des caisses et prolongent le délai d’exécution de la mission. Par ailleurs, des prises de vues en couleur sont réalisées pour une sélection de panneaux, par un autre photographe semble-t-il. L’identité des acteurs de ces campagnes photographiques est parfois révélée par des archives40 : le photographe Prosper Loosen photographie en 1942 le vitrail du Christ en croix entre la sainte Vierge et saint Jean de l’église Saint-Eustache de Zichem41 [fig. 11]. Ce Calvaire est alors déposé et une vue d’ensemble ne peut être réalisée qu’en 1959 [fig. 12].

[Fig. 11 a et b]

[Fig. 11 a et b]

Détails de la Vierge (a) et de saint Jean (b) du Calvaire de l’église Saint-Eustache de Zichem, 1387-1398.

© Bruxelles, IRPA, A034623 et A034625.

[Fig. 12]

[Fig. 12]

Vue d’ensemble du Calvaire de l’église Saint-Eustache de Zichem, 1387-1398.

© Bruxelles, IRPA, B180257.

  • 42 Coremans 1945, p. 2. Voir également Piron 2013.

20Une fois les photos prises, la tâche n’est pas encore terminée. Les clichés doivent être numérotés, assemblés et indexés, comme le relève Max Winders (cf. supra). Sur une photo prise aux MRAH [fig. 13], l’on observe l’équipe de Paul Coremans en train de constituer des plans d’assemblage pour les photos des différents panneaux de vitraux de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. On est frappé par la jeunesse de l’équipe que Paul Coremans commentait de la sorte42 :

« Plus de 70 % de tous nos agents sont âgés de moins de trente ans, ce qui peut paraître exceptionnel, voir[e] excessif, d’autant que nous avons favorisé tout spécialement l’entrée de “jeunes”. Que l’on se souvienne cependant qu’un manque d’expérience pratique – je pense ici surtout aux collaborateurs scientifiques – peut être compensé par un plus grand enthousiasme et une plus grande application. Que l’on songe aussi que leur incorporation chez nous les mettait à l’abri du travail obligatoire en Allemagne. Ce fut là certainement pour Mr. H. Lavachery, Conservateur en chef de nos Musées depuis fin 1942, et pour moi-même, la base de nos soucis et de nos ennuis journaliers. »

[Fig. 13]

[Fig. 13]

Réalisation par le Service de Documentation photographique des MRAH des montages photographiques des vitraux de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule (1941).

  • 43 Voir Carton de Wiart et al. 1939, p. 209-224.
  • 44 Helbig 1943 et 1951.
  • 45 Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102, Liège, enlèvement des v (...)
  • 46 Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102, Liège, enlèvement des v (...)

21Le conservateur de la collection de vitraux des MRAH, Jean Helbig, ne semble pas avoir été impliqué directement dans l’organisation des missions photographiques de vitraux. Il a pourtant collaboré avec la Commission royale des Monuments et des Sites à l’établissement d’une liste « des principaux vitraux » existant dans chaque province et adressée aux gouverneurs provinciaux en octobre 193943. En 1943, quatorze ans après son entrée aux MRAH en tant que membre du personnel administratif (1929), huit ans après avoir présenté sa thèse de doctorat à l’université de Liège et avoir été nommé « attaché », il publie le premier volume de son monumental inventaire des vitraux anciens, De Glasschilderkunst in België, Repertorium en Documenten44. L’ouvrage est illustré de plus de 262 planches dont 210 composées de clichés des Services photographiques des Musées. C’est en tant que « délégué par le Commissariat Général à la Restauration du Pays pour l’étude archéologique des vitraux » que Jean Helbig se rend à plusieurs reprises chez Osterrath pour examiner des panneaux anciens45. Il s’intéresse particulièrement aux vitraux de la basilique Saint-Martin de Liège [fig. 14]. Un point d’iconographie l’intéresse : la confirmation éventuelle de l’emploi « d’un verre coloré ou couche de grisaille plus épaisse » pour représenter le roi mage noir Balthazar46.


  • 47 Voir Lecocq 2016, p. 35-47.
  • 48 Bruxelles, IRPA, Archives, dossier IRPA 2L123 (Brux. MRAH. M.J. Helbig).

22Après la Libération, d’octobre 1944 à fin mars 1945, les bombes volantes causent encore maints dégâts, surtout dans les régions d’Anvers et de Liège et l’on déplore encore des pertes, comme les vitraux des xixe et xxe siècles de la cathédrale Saint-Paul à Liège, qui n’avaient pas été déposés47. Les seuls témoins de l’existence de ces vitraux sont des clichés allemands de 1917-1918 [fig. 15] et des documents préparatoires à leur exécution conservés dans les archives Osterrath déposées au Grand Curtius à Liège et Capronnier à Louvain, au KADOC. Après la fin des hostilités et après restauration, les vitraux anciens déposés ont été progressivement replacés jusque vers1947-1948. Un problème critique d’effacement de grisaille sur certains verres des vitraux du chœur de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule est résolu grâce à un complément de dessin peint sur des verres de doublage d’après des photos dont le tirage dans des conditions particulières a permis de retrouver le tracé du dessin disparu [fig. 16]. Les clichés ont été fournis en février 1947 par Paul Coremans à Jean Helbig qui le remercie pour « l’exécution de ces documents, fort utiles aux restaurateurs des verrières »48.

[fig. 15]

[fig. 15]

Vue du chœur et de la face orientale du transept de la cathédrale Saint-Paul de Liège.

© Bruxelles, IRPA, B019124.

[Fig. 16]

[Fig. 16]

Tête de sainte Marguerite du vitrail d’un prince et d’une princesse du chœur de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. a) État en 1941. b) État en 2000. c) Photographies spécialement tirées pour mettre en évidence le dessin effacé.

© Bruxelles, IRPA, A020555 et KM010670 et Photomontage L1827-31B.

  • 49 Coremans 1945, p. 4.
  • 50 IRPA, Dossier des photographes, dossier 434 (photographe Arnou, 1938-1948).

23Entre 1940 et 1944, ce sont au total 110 828 prises de vues effectuées par les photographes des Musées et 47 640 clichés achetés qui ont enrichi les archives photographiques. Outre les vitraux et les cloches, des monuments anciens et des objets d’art en général ont été photographiés, à commencer par les œuvres d’art mises en sécurité au château de Lavaux-Sainte-Anne. Tous domaines confondus, l’intérêt s’est porté sur les œuvres d’art antérieures à 1840, avec des exceptions majeures, comme le Palais de Justice49. Outre les édifices publics civils et religieux, les châteaux et demeures privés ont été pris en compte, comme le domaine d’Enghien dont la chapelle conserve également des vitraux anciens, photographiés par un dénommé Arnou50. L’attention a également été portée sur divers musées du pays, dont plusieurs ont également des vitraux, comme les musées communaux de Huy et de Verviers [fig. 17].

[Fig. 17]

[Fig. 17]

Fragment de vitrail avec inscription et millésime 1720, Verviers, Musée communal).

© Bruxelles, IRPA, B096429.

  • 51 Voir Coremans 1964.

24Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle opportunité se présente, nourrie par une autre urgence, cette fois interne et liée à la dynamique de l’évolution de la société et de la religion. Cette tâche est portée par un nouvel établissement fédéral, l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA), officiellement fondé par arrêté royal le 17 août 1957, sur la solide assise du Service photographique et des Laboratoires d’études physico-chimiques, déjà détachés des Musées en 1948 pour former une nouvelle institution scientifique les Archives centrales iconographiques d’Art national (ACL)51.

L’IRPA et le répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique (depuis 1967)

  • 52 Gouders 1999.

25Une dizaine d’années après sa création, le jeune institut est investi d’une mission essentielle. En 1967, le ministre de la Justice et des Cultes lui confie la tâche d’établir un répertoire photographique du mobilier des églises et des chapelles de la Belgique. Comme l’a bien cerné et exprimé une des protagonistes de l’aventure52, le contexte de cette entreprise était vague et l’objectif difficile à circonscrire, puisque le travail concernait aussi bien des objets que des meubles, dont certains étaient immeubles par destination. Par ailleurs, les limites et les objectifs des campagnes photographiques ont le plus souvent été définis au cas par cas, en prenant en compte les situations particulières des lieux et les attentes des gestionnaires et des administrations locales. Loin d’avoir créé une disparité, ces modalités d’exécution assurent une variété et un équilibre dans les informations récoltées sur le terrain.

  • 53 Expérience personnellement vécue en 2006 pour la photographie après restauration en 2004-2006 des v (...)

26Le vitrail ancien avait déjà été couvert systématiquement, avec quelques exceptions. Ce sont maintenant les vitraux des xixe et xxe siècles qui entrent dans la photothèque, mais avec des lacunes certaines : ce patrimoine commence alors seulement à susciter l’intérêt et ce sont encore et toujours les compositions historicistes qui retiennent l’attention. Les techniques plus modernes du vitrail, comme les « dalles de verre » sont à peine représentées. Une étape décisive sera franchie avec l’introduction des clichés en couleur et, ensuite, l’apparition du format numérique qui d’abord concurrence l’argentique avant de le supplanter. L’évolution n’est pas aisée à suivre et les premières missions photographiques réalisées sur support numérique ne sont pas sans déboires53.

L’ordinaire des missions photographiques

  • 54 Van de Walle 1970, p. 110.

27Au fil de missions diverses, l’inventaire photographique croît régulièrement, tous types de patrimoines confondus. Mais les moyens financiers et humains sont limités et les priorités dépendent des circonstances. Dans la mesure du possible, en fonction des informations qui leur sont accessibles et de la disponibilité des photographes et des agents chargés de la logistique, les historiens de l’art s’efforcent de saisir les opportunités ou de réagir aux urgences. La situation était bien exposée par Raphaël Vande Walle et son constat est toujours d’actualité54 :

  • 55 L’IRPA n’a pas d’atelier « vitrail », mais il a parfois été amené à collaborer ou consulté pour cer (...)

28« Les moyens manquent cependant pour que cette fonction essentielle (dresser l’inventaire photographique du patrimoine artistique national et cela aussi bien suivant un programme d’urgence que d’une manière systématique) soit correctement remplie. Il y a d’abord une absence totale d’information directe entre les services responsables du patrimoine culturel ; il s’ensuit qu’en cas d’urgence les Archives photographiques ne peuvent intervenir que tardivement ou même pas du tout. En ce qui concerne les moyens d’exécution pratiques, il y a surtout un manque de techniciens-photographes dans le cadre de l’Institut […]. En outre, l’inventaire est de plus en plus freiné par les exigences de l’exploitation des documents, tandis que le fond des négatifs demande une attention accrue afin de prévenir sa dégradation. » Depuis leur repose après la Seconde Guerre mondiale, des vitraux anciens ont à nouveau été déposés, en totalité ou partiellement, notamment les ensembles majeurs de la basilique Saint-Martin à Liège, de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, de l’église Sainte-Catherine de Hoogstraten, de l’église Saint-Étienne de Steenhuffel, et tout dernièrement le grand vitrail de la Conversion de saint Paul, du Couronnement de la Vierge et du prévôt Léon d’Oultres de la cathédrale Saint-Paul à Liège. Malheureusement, tous les vitraux dernièrement déposés n’ont pas pu bénéficier d’une nouvelle couverture photographique numérique complète en couleur. Les interventions sur ces vitraux se sont inscrites dans un calendrier extrêmement contraignant et aucun cahier des charges n’a prévu de dispositions pour la photographie des panneaux par l’IRPA avant repose, même quand l’Institut était consulté pour des questions de conservation-restauration55. Des photographies ont certes été prises par les conservateurs chargés des interventions, mais elles ne répondent pas aux standards de qualité requis par l’IRPA et leur archivage ne leur garantit pas une conservation sur le long terme et surtout une consultation et un partage aisés comme l’offre actuellement l’interface BALaT de l’IRPA. Néanmoins, quelques vitraux ont pu être photographiés par l’IRPA ou, quand la qualité, les circonstances et les modalités de prises de vues le permettaient, des clichés ont intégré le fonds photographique de l’IRPA. C’est ainsi que la documentation a pu être actualisée entre autres pour des vitraux de Steenhuffel, de Hoogstraten, de l’église Saint-Jacques à Anvers, de la collégiale Saints-Pierre-et-Guidon d’Anderlecht et de la cathédrale Saint-Paul à Liège. Pour le grand vitrail du bras méridional du transept de celle-ci [fig. 18], les prises de vues ont pu être effectuées panneau par panneau [fig. 19], dans l’atelier des restaurateurs, ou à la cathédrale, avant que les panneaux ne soient remontés.

[Fig. 18]

[Fig. 18]

Vitrail de la Conversion de saint Paul, du Couronnement de la Vierge et de la présentation du prévôt Léon d’Oultres par saint Lambert, 1530 (Liège, cathédrale Saint-Paul).

© Bruxelles, IRPA, X087899.

[Fig. 19]

[Fig. 19]

Le prévôt Léon d’Oultres, détail du vitrail de la Conversion de saint Paul, du Couronnement de la Vierge et de la présentation du prévôt Léon d’Oultres par saint Lambert, 1530 (Liège, cathédrale Saint-Paul).

Photomontage X087771, X087772, X087773 et X087774.

  • 56 Voir Martens et Lecocq 2020 et un article à paraître en 2022 dans la Revue belge d’Archéologie et d (...)
  • 57 Un volume du Corpus Vitrearum est en cours de finalisation (I. Lecocq and Y. Vanden Bemden, with K. (...)

29Outre les missions photographiques portant sur la totalité d’un édifice et de son mobilier et où les vitraux sont de facto inclus, des prises de vues de vitraux en particulier sont effectuées dans certaines circonstances, notamment des opportunités d’accessibilité, des projets de recherche, des publications ou des commandes externes. Des aménagements à l’hôtel communal de Schaerbeek ont ainsi été l’occasion d’en photographier systématiquement les vitraux, grâce à l’appui de l’architecte responsable du suivi du chantier. Une couverture photographique d’ensembles du patrimoine artistique d’Anderlecht, à la demande du service communal de la culture, a mené durant l’été 2019 à la photographie des fenêtres de l’Académie des Beaux-Arts d’Anderlecht garnies de rondels, ovales, rectangles et panneaux de vitraux recomposés à partir d’éléments disparates anciens et modernes [fig. 20]. Un de ces rondels représente saint Donatien et la Vierge à proximité de l’ancienne cathédrale Saint-Donatien de Bruges ; il complète de manière inattendue l’iconographie de cette cathédrale, détruite dès la fin du xviiie siècle56. L’aménagement du site de l’ancienne abbaye de Herkenrode détruite à la fin de l’Ancien Régime a mené in fine à la photographie des vitraux provenant de l’église de l’abbaye et replacés au tout début du xixe siècle dans la cathédrale de Lichfield, dans le nord de l’Angleterre. Cette campagne photographique a précédé la restauration des vitraux et heureusement coïncidé avec la reprise de leur étude en vue de leur publication dans la série du Corpus Vitrearum57.

[Fig. 20]

[Fig. 20]

Vierge à l’Enfant avec saint Donatien, vers 1520-1530 (Anderlecht, Academie voor Beeldende Kunsten Anderlecht, Maison flamande).

© Bruxelles, IRPA, X132682.

  • 58 Ce recueil a été présenté en vente publique par Arenberg Auction en décembre 2019 (vente des 13 et (...)

30À l’occasion d’un projet de la politique scientifique fédérale belge (le projet « Fenestra », 2017-2021), la collection de vitraux des MRAH est reconditionnée, examinée, photographiée à nouveau et étudiée selon différentes perspectives. Le bénéfice de cette approche systématique est appréciable. L’iconographie des vitraux est précisée, des attributions sont proposées et des pièces en apparence insignifiantes mais néanmoins photographiées se révèlent être de rares témoins produits dans des circonstances bien déterminées : une croix en vitrerie [fig. 21] vient ainsi d’être mise en rapport avec ce qui est manifestement son modèle [fig. 22], extrait d’un recueil ayant très probablement appartenu à une famille de verriers du Limbourg et actifs aux xviie et/ou xviiie siècles58.

[Fig. 21]

[Fig. 21]

Vitrerie cruciforme (Bruxelles, MRAH, inv. SN 2014.11, numéro d’inventaire temporaire).

© Bruxelles, IRPA, X079004.

[Fig. 22]

[Fig. 22]

Extrait d’un carnet de modèle de vitreries, ayant peut-être appartenu à un verrier du Limbourg (xviie-xviiie siècles).

Photo Arenberg Auction.

31Les urgences restent un absolu et l’IRPA s’efforce d’y faire face ; elles concernent l’ensemble du patrimoine et des biens culturels. Les principales menaces qui pèsent sur les vitraux sont les destructions et les déplacements. Des œuvres de l’artiste brugeois Jan Huet ont pu être photographiées in extremis avant leur déplacement de l’abbaye Sint-Andries à Zevenbergen à la basilique de Koekelberg [fig. 23]. Des ensembles de vitraux des xixe et xxe siècles l’ont été avant la destruction de l’édifice dans lequel ils étaient placés : l’église Saint-Lambert de Jamagne et l’église Saint-Hubert de Verviers [fig. 24]. Malheureusement, quand une mission a été réalisée pour photographier l’église Saint-Médard d’Anderlues, l’état des vitraux ne le permettait déjà plus et les prises de vues ont été limitées à l’édifice.

[Fig. 23]

[Fig. 23]

Vitraux de Jean Huet illustrant les histoires de Samuel et d’Isaac (Loppem, abbaye Sint-Andries, Zevenkerken, chapelle de l’école, réaménagée en musée et salles de cours).

© Bruxelles, IRPA, X019662.

[Fig. 24]

[Fig. 24]

Vitrail de saint Georges dédié à la mémoire de l’abbé Mahaux, 1932 (Jamagne, église Saint-Martin).

© Bruxelles, IRPA, X008529.

32Les prises de vues ainsi accumulées dans les archives photographiques de l’IRPA sur plus d’un siècle sont un trésor d’une valeur inestimable. Elles ont déjà été d’un grand secours, par exemple pour documenter des œuvres détruites (comme les vitraux du xvie siècle de l’église Saint-Servais à Liège, pulvérisés lors d’un incendie en 1981) ou pour identifier des œuvres volées. Elles enregistrent aussi l’évolution de l’état de conservation des œuvres au fil du temps. Elles constituent surtout la mémoire d’un patrimoine précieux mais éminemment fragile.

Challenges et enjeux futurs

33La photographie systématique du patrimoine, impossible à organiser actuellement pour des raisons financières et structurelles, redeviendra tôt ou tard une nécessité. Il faudrait la prévoir, tant qu’il en est encore temps. Pour le domaine du vitrail, des outils existent : outre la base de l’inventaire du mobilier des sanctuaires de Belgique, des inventaires, notamment celui du maître verrier Ivo Bakelants. Il serait souhaitable de coordonner les différentes initiatives existantes ou en cours.

34Un autre enjeu est celui de la numérisation de la documentation ancienne et de la mise en réseau des banques de données d’images existant dans différents pays, afin d’organiser une action cohérente pour donner une visibilité à un héritage commun. Le Corpus Vitrearum international a réalisé l’urgence de la tâche, encourage la réflexion sur la question et est sur le point d’instaurer en son sein un groupe de travail ou une commission qui serait chargée de ces questions.

35Aujourd’hui comme hier, la documentation du patrimoine et du vitrail a été fonction des urgences de l’actualité, de besoins spécifiques et des orientations de la recherche. Plus d’un siècle de documentation est accessible et a montré sa pertinence. C’est un effort collectif qui doit être poursuivi en concertation avec les différentes instances, tant sur le plan national qu’au niveau international. Les inventaires n’ont hélas plus la cote, la démarche n’est pas suffisamment valorisée et ne reçoit pas l’attention et les moyens qu’elle mérite. Pourtant, une réflexion et des actions concertées et coordonnées, beaucoup plus faciles à mettre en œuvre aujourd’hui avec les divers moyens techniques disponibles dont les prises de vues numériques, permettraient de conserver au moins la trace visuelle de ce que le temps a bien voulu nous conserver. C’est l’évidence même, mais elle doit être répétée : c’est là une étape élémentaire pour poser les bases d’une réflexion et d’actions futures pertinentes.

Cette contribution a bénéficié de la relecture de deux lecteurs anonymes lors du processus de peer review et d’Élisabeth Van Eyck. Qu’ils soient chaleureusement remerciés pour leurs précieux commentaires et suggestions.

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Sources non publiées

Bruxelles, IRPA, Archives, dossiers des photographes.

Bruxelles, IRPA, Archives, dossier IRPA 2L123 (Brux MRAH. M.J. Helbig).

Bruxelles, IRPA, Archives, dossier IRPA 2L123 (Brux. MRAH. M.J. Helbig. Vitraux Anderlecht).

Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102, Liège, enlèvement des vitraux anciens.

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Notes

1 Pour les questions techniques et de vocabulaire, voir Blondel 1993.

2 Les risques de dégâts auxquels les vitraux sont couramment exposés sont expliqués et illustrés dans Lecocq et Vanden Bemden 2010, p. 17-42.

3 Voir de Schrijver, Vanden Bemden et Bral 1991.

4 Pour approfondir l’historiographie du vitrail en Belgique, et particulièrement en Flandre, voir Manderyck 2005.

5 de Reiffenberg 1832.

6 Ibidem, p. 17-26.

7 Ibidem, p. 27.

8 Lévy 1860.

9 Sur l’histoire du Corpus Vitrearum Belgique, voir les publications les plus récentes qui incluent une bibliographie des travaux antérieurs : Vanden Bemden 2003 et Vanden Bemden 2017.

10 Kott et Claes 2018.

11 Clemen 1923.

12 L’histoire des clichés allemands, leur contexte de production et de réception ont été finement analysés par Kott 2006. Voir également Kott et Claes 2018, p. 40-45 ; Kott 2019.

13 Kott et Claes 2018, p. 178-180.

14 Ressource en ligne de l’IRPA. Dans les inventaires du Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique, ces clichés IRPA sont repérables grâce aux dates qui suivent le numéro des négatifs, par exemple « A9930, 1914-1918 » pour le vitrail de la Crucifixion de l’empereur Maximilien Ier et Philippe le Beau du chœur de la collégiale Sainte-Waudru à Mons.

15 Voir Claes 2018.

16 Voir Vanden Bemden 2000, p. 89-148 (répertoires nos 1, 2, 4).

17 Voir Helbig et Vanden Bemden 1974, p. 67-76.

18 Les Musées royaux d’Art et d’Histoire ont été créés en 1835 sous le nom de « Musée d’Armes anciennes, d’Armures, d’Objets d’art et de Numismatique » ; en 1847, ils deviennent le « Musée royal d’Armures, d’Antiquités et d’Ethnologie », renommés successivement « Musées royaux des Arts décoratifs et industriels » en 1889, « Musées royaux du Cinquantenaire » en 1912, et finalement « Musées royaux d’Art et d’Histoire » en 1929 (voir Deltour-Levie et al. 1985). Pour éviter toute confusion, l’institution est désignée sous son nom actuel dans le présent article.

19 Coremans 1945, p. 1.

20 Bruxelles, IRPA, Archives, dossier IRPA 2L123 (Brux. MRAH. M.J. Helbig. Vitraux Anderlecht).

21 Voir Helbig 1941. À noter que Jean Helbig publie régulièrement sur les vitraux de la collection et toutes ses contributions sont illustrées de photographies des Services photographiques des Musées.

22 Voir Carton de Wiart et al. 1939.

23 Voir Coremans 1945, p. 1-2 et Demeter 2004, p. 164-165. Stéphane Demeter remarque que les efforts conjoints de Leurs et de Coremans pour organiser et mettre en œuvre une mission officielle d’inventaire peuvent « être classés dans la catégorie des actes de résistance à l’occupation ».

24 Coremans 1945, p. 1. Ce témoignage est également repris dans la publication La Belgique sous les bombes 1940-1945, Commissariat général à la protection aérienne passive, Bruxelles, s.d., p. 80.

25 Coremans 1946.

26 Winders 1943. Je remercie Marie-Christine Claes qui m’a fait connaître ce témoignage de Max Winders.

27 Coremans 1945, p. 5.

28 Trois panneaux avec des fragments d’une Vierge à l’Enfant, une inscription et des armoiries (voir Lecocq 2011, p. 705-711).

29 Vitrail avec le Christ, un donateur et saint Hubert, donné par Hubert de Corswarem, 1550 (voir Lecocq 2011, p. 201-210).

30 Voir Helbig 1961, p. 191-197.

31 Vitrail aux armes des familles Favilhon et Pailhe, vers 1630-1650 (voir Lecocq 2011, p. 467-473).

32 Panneaux de vitrail avec la Crucifixion, don de Lambert Bocquiatz et Jehenne Noizet, 1562 (voir Lecocq 2011, p. 691-700).

33 Liste établie par la Commission royale des Monuments et des Sites, en collaboration avec Jean Helbig. Voir Carton de Wiart et al. 1939, p. 209-224.

34 Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102, Liège, enlèvement des vitraux anciens, lettre adressée par Paul Coremans aux ateliers Osterrath, le 12 août 1941.

35 Ibidem.

36 Des dossiers d’archives des photographes conservés à l’IRPA témoignent parfois des détails pratiques, comme celui du photographe François Delpire (dossier 451, 19381948) qui adresse à Coremans le 19 avril 1941 le devis pour la confection d’une caisse lumineuse pour photographier des vitraux.

37 Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102, Liège, enlèvement des vitraux anciens, lettre adressée par Paul Coremans aux ateliers Osterrath, le 14 juillet 1942.

38 Ibidem.

39 Ibidem.

40 Bruxelles, IRPA, Dossiers d’archives des photographes, dossier 495 (Prosper Loosen, 1938-1948).

41 Voir Helbig 1961, p. 61-71.

42 Coremans 1945, p. 2. Voir également Piron 2013.

43 Voir Carton de Wiart et al. 1939, p. 209-224.

44 Helbig 1943 et 1951.

45 Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102, Liège, enlèvement des vitraux anciens, lettre du 21 juillet 1942 adressée par Jean Helbig à Joseph Osterrath.

46 Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102, Liège, enlèvement des vitraux anciens, lettre du 7 octobre 1942 adressée par Jean Helbig à André Biolley.

47 Voir Lecocq 2016, p. 35-47.

48 Bruxelles, IRPA, Archives, dossier IRPA 2L123 (Brux. MRAH. M.J. Helbig).

49 Coremans 1945, p. 4.

50 IRPA, Dossier des photographes, dossier 434 (photographe Arnou, 1938-1948).

51 Voir Coremans 1964.

52 Gouders 1999.

53 Expérience personnellement vécue en 2006 pour la photographie après restauration en 2004-2006 des vitraux de la chapelle du château la Follie à Écaussinnes : aucune des prises de vues réalisées lors de la mission n’a pu intégrer la documentation et la mission photographique reste à faire.

54 Van de Walle 1970, p. 110.

55 L’IRPA n’a pas d’atelier « vitrail », mais il a parfois été amené à collaborer ou consulté pour certaines interventions. Voir notamment Vanden Bemden, Fontaine-Hodiamont et Maes 1992.

56 Voir Martens et Lecocq 2020 et un article à paraître en 2022 dans la Revue belge d’Archéologie et d’Histoire de l’Art : D. Martens et I. Lecocq, Un témoignage inédit sur la cathédrale disparue de Bruges et son portail gothique à statues-colonnes.

57 Un volume du Corpus Vitrearum est en cours de finalisation (I. Lecocq and Y. Vanden Bemden, with K. Barley, A. Gilchrist, M. Groll, P. Hebgin-Barnes, J. McNeill and J. Spooner, The Stained Glass of Herkenrode Abbey in England (= Corpus Vitrearum. Great Britain, VII), London, British Academy, forthcoming. Voir également Vanden Bemden 2008. Les photos in situ après restauration ont été faites par les Monuments historiques.

58 Ce recueil a été présenté en vente publique par Arenberg Auction en décembre 2019 (vente des 13 et 14 décembre 2019, lot 473, sous le titre « Ulrix family – Pattern book for white stained-glass windows », avec le descriptif suivant : « Unique and very interesting volume containing 79 designs for decorative stained-glass windows with original, recurring geometric patterns, for the making of the so-called “vitrerie blanche” […]. This pattern book could have been used by a skilled (itinerant?) craftsman, a stained-glass artist from the Belgian region of South Limbourg. The origin of the book or the name of the artist is not certain, but most probably the family Ulrix of Tongeren, master stained-glass artists. There are double ms. entries by Severinus Ulrix (1633-1680) and Arnoldus Ulrix (Tongeren 1660-1730), a.o. “Desen patroon boeck heeft getrocken Severinus Ulrix” […]. Very interesting volume definitely wanting further research. »

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Table des illustrations

Titre [Fig. 1]
Légende Fragment inédit provenant du cabinet de G. Hagemans (Liège), dessiné par lui-même. Lévy 1860, vol. 2, pl. 2.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 508k
Titre [Fig. 2]
Légende Ange tenant une banderole, vers 1230-125 (Bruxelles, Musées royaux d’Art et d’Histoire, inv. I.A. 9740).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X079031.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 653k
Titre [Fig. 3]
Légende Vitrail de Charles Quint et Isabelle de Portugal en prière devant des hosties miraculeuses, 1537 (Bruxelles, cathédrale Saints-Michel-et-Gudule).
Crédits © Bruxelles, IRPA, F000246.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 386k
Titre [Fig. 4]
Légende Trois vitraux de l’abside du chœur de la collégiale Sainte-Waudru à Mons, vers 1511.
Crédits © Bruxelles, IRPA, B015237.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 349k
Titre [Fig. 5]
Légende Onze médaillons et petites peintures sur verre des MRAH (xvie et xviie siècles), de bas en haut et de gauche à droite : Marie-Madeleine (inv. I.A. 44), Annonciation (I.A. 40), sainte Barbe (inv. I.A. 412), Charlemagne (inv. I.A. 37), saint Jean-Baptiste (inv. 2240), l’Offrande de Joachim repoussée (inv. I.A. 2246D), les fils de Jacob remettent à celui-ci la tunique ensanglantée de Joseph (inv. I.A. 414), la Nativité (inv. I.A. 691), la Justice (inv. I.A. 568), la Charité (inv. I.A. 411), une scène de l’histoire de Grisélidis (inv. I.A. 36).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 706k
Titre [Fig. 6]
Légende Panneau de vitrail représentant Guillaume II comte de Namur, vers 1350 (Bruxelles, MRAH, inv. I.A. 976 A). a) Vue d’ensemble du panneau. b) Détail du revers avec verres corrodés.
Crédits © Bruxelles, IRPA, B005543 et B021854.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 861k
Titre [Fig. 7]
Légende Mission photographique à l’église Saint-Jacques d’Anvers (juin 1942), transport de la tour d’échafaudage sur une charrette.
Crédits © Bruxelles, IRPA, B032194.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 251k
Titre [Fig. 8]
Légende Mission photographique à l’église Saint-Jacques d’Anvers (juin 1942), tour d’échafaudage et appareil photographique.
Crédits © Bruxelles, IRPA, B031139.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 385k
Titre [Fig. 9]
Légende Lettre adressée par Paul Coremans aux ateliers Osterrath en date du 12 août 1941, au sujet de l’enlèvement des vitraux anciens (Liège, Grand Curtius, Fonds d’archives de l’atelier Osterrath, dossier 102).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 363k
Titre [Fig. 10]
Légende Panneau déposé et dont les pièces et fragments sont maintenus avec de l’adhésif, vitrail de Charles Quint et Isabelle de Portugal de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule.
Crédits © Bruxelles, IRPA, A020007.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 247k
Titre [Fig. 11 a et b]
Légende Détails de la Vierge (a) et de saint Jean (b) du Calvaire de l’église Saint-Eustache de Zichem, 1387-1398.
Crédits © Bruxelles, IRPA, A034623 et A034625.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 683k
Titre [Fig. 12]
Légende Vue d’ensemble du Calvaire de l’église Saint-Eustache de Zichem, 1387-1398.
Crédits © Bruxelles, IRPA, B180257.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 451k
Titre [Fig. 13]
Légende Réalisation par le Service de Documentation photographique des MRAH des montages photographiques des vitraux de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule (1941).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 273k
Titre [Fig. 14]
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 452k
Titre [fig. 15]
Légende Vue du chœur et de la face orientale du transept de la cathédrale Saint-Paul de Liège.
Crédits © Bruxelles, IRPA, B019124.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 241k
Titre [Fig. 16]
Légende Tête de sainte Marguerite du vitrail d’un prince et d’une princesse du chœur de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. a) État en 1941. b) État en 2000. c) Photographies spécialement tirées pour mettre en évidence le dessin effacé.
Crédits © Bruxelles, IRPA, A020555 et KM010670 et Photomontage L1827-31B.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 457k
Titre [Fig. 17]
Légende Fragment de vitrail avec inscription et millésime 1720, Verviers, Musée communal).
Crédits © Bruxelles, IRPA, B096429.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 246k
Titre [Fig. 18]
Légende Vitrail de la Conversion de saint Paul, du Couronnement de la Vierge et de la présentation du prévôt Léon d’Oultres par saint Lambert, 1530 (Liège, cathédrale Saint-Paul).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X087899.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 761k
Titre [Fig. 19]
Légende Le prévôt Léon d’Oultres, détail du vitrail de la Conversion de saint Paul, du Couronnement de la Vierge et de la présentation du prévôt Léon d’Oultres par saint Lambert, 1530 (Liège, cathédrale Saint-Paul).
Crédits Photomontage X087771, X087772, X087773 et X087774.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 780k
Titre [Fig. 20]
Légende Vierge à l’Enfant avec saint Donatien, vers 1520-1530 (Anderlecht, Academie voor Beeldende Kunsten Anderlecht, Maison flamande).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X132682.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 453k
Titre [Fig. 21]
Légende Vitrerie cruciforme (Bruxelles, MRAH, inv. SN 2014.11, numéro d’inventaire temporaire).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X079004.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 183k
Titre [Fig. 22]
Légende Extrait d’un carnet de modèle de vitreries, ayant peut-être appartenu à un verrier du Limbourg (xviie-xviiie siècles).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 231k
Titre [Fig. 23]
Légende Vitraux de Jean Huet illustrant les histoires de Samuel et d’Isaac (Loppem, abbaye Sint-Andries, Zevenkerken, chapelle de l’école, réaménagée en musée et salles de cours).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X019662.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-23.jpg
Fichier image/jpeg, 203k
Titre [Fig. 24]
Légende Vitrail de saint Georges dédié à la mémoire de l’abbé Mahaux, 1932 (Jamagne, église Saint-Martin).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X008529.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/622/img-24.jpg
Fichier image/jpeg, 780k
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Pour citer cet article

Référence papier

Isabelle Lecocq et Emma Anquinet, « Jalons de l’histoire et enjeux de l’inventaire photographique des vitraux en Belgique »Bulletin de l’Institut royal du Patrimoine artistique / Bulletin Van Het Koninklijk Instituut Voor Het Kunstpatrimonium, 36 | 2021, 56-79.

Référence électronique

Isabelle Lecocq et Emma Anquinet, « Jalons de l’histoire et enjeux de l’inventaire photographique des vitraux en Belgique »Bulletin de l’Institut royal du Patrimoine artistique / Bulletin Van Het Koninklijk Instituut Voor Het Kunstpatrimonium [En ligne], 36 | 2021, mis en ligne le 01 avril 2021, consulté le 27 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/622 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/kikirpa.622

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Auteurs

Isabelle Lecocq

Isabelle Lecocq est docteur en Philosophie et Lettres de l’Université de Namur. Depuis 1997, elle travaille à l’IRPA où elle a charge, au sein du département Documentation, d’études et de recherches se rapportant au patrimoine monumental belge, principalement le domaine du vitrail. Ses projets de recherches concernent principalement l’étude des vitraux anciens et modernes dans leur contexte artistique et patrimonial ; elle est aussi impliquée dans de nombreux suivis de chantiers, expertises et études scientifiques mettant en jeu des vitraux. Par ailleurs, Isabelle Lecocq est spécialisée dans diverses matières se rapportant à l’art du siècle dans les anciens Pays-Bas et la Principauté de Liège.

Articles du même auteur

Emma Anquinet

Historienne de l’art, Emma Anquinet est spécialisée dans les arts visuels modernes et contemporains. Elle a travaillé à l’IRPA de 2013 à 2019. Elle poursuit actuellement ses recherches sur l’œuvre des artistes modernes et contemporains (comme Suzanne Duchamp) en collaboration avec la Francis M. Naumann Fine Art Gallery (New York) et l’Association Duchamp-Villon-Crotti (Paris).

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Droits d’auteur

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