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Le retable des Féries de la collégiale Sainte-Waudru. Critique d’authenticité d’une œuvre monumentale de l’atelier des Borman

Charlotte Roland
p. 198-211

Résumés

Le retable des Féries, daté du xvie siècle, a fait l’objet d’études menées par quelques spécialistes ces cinquante dernières années, sans pour autant fournir suffisamment d’informations quant à l’authenticité de cette œuvre partiellement restaurée entre 1897 et 1905-1906. À travers cet article, nous souhaitons mettre au service des chercheurs nos résultats issus d’une longue étude in situ, réalisée dans le cadre de notre mémoire de master en histoire de l’art. Ces recherches nous permettent aujourd’hui de différencier les parties et les matériaux d’origine de ceux des xixe et xxe siècles, de distinguer précisément la contribution des deux restaurateurs et de déceler quelques traces de polychromie. Nos constatations ont notamment été l’occasion d’émettre des hypothèses sur leur méthodologie de travail et de questionner leur tendance interventionniste, influencée par une recherche d’idéalisation de l’art gothique caractéristique de leur époque.

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Texte intégral

1Le retable des Féries de la collégiale Sainte-Waudru [fig. 1] fait partie des rares retables médiévaux en pierre encore conservés aujourd’hui sur le territoire des anciens Pays-Bas méridionaux. Alors que plusieurs de ces ouvrages ont été largement étudiés, le peu d’articles consacrés à celui de la collégiale de Mons reflètent le manque d’intérêt qu’il a suscité.

[Fig. 1]

[Fig. 1]

Retable des Féries à la collégiale Sainte-Waudru de Mons, état actuel.

© Bruxelles, IRPA, X122251

  • 1 Mambour-Deboulle 1965, p. 2830-2833.
  • 2 De Borchgrave d’Altena et Mambour 1968, p. 29-30.
  • 3 Tondreau 1970, p. 91-95.
  • 4 Petit 2018.
  • 5 Roland 2019.

2En 1965, Josée Mambour-Deboulle est la première autrice à s’être intéressée au retable des Féries1. Nous lui devons les premiers rapprochements stylistiques avec les retables d’Estinnes-au-Mont, d’Horrues et de Brou. En 1968, avec le comte Joseph de Borchgrave d’Altena, elle suggère un rapprochement stylistique avec l’œuvre de Pasquier Borman et les statues d’apôtres de la collégiale de Nivelles. En outre, elle rédige une brève chronologie du retable au xixe siècle et avance que Rooms en est le seul restaurateur2. Pour étudier le retable de Mons, ces deux auteurs se sont basés sur des inventaires et des travaux des xixe et xxe siècles. En 1970, Lucy Tondreau, alors conservatrice de la collégiale Sainte-Waudru, consulte les archives relatives au retable et y consacre un court article3 dans lequel elle en établit une chronologie détaillée, en se concentrant uniquement sur la seconde campagne de restauration menée par Remi Rooms. Elle y propose également des pistes d’attribution à un centre de production montois ou brabançon, et réitère les rapprochements stylistiques déjà établis en 1968. Très récemment, en 2018, le mémoire de master en histoire de l’art rédigé par Noémie Petit4, portant sur les retables néogothiques de la collégiale de Mons, a provoqué un regain d’intérêt pour le retable des Féries. Elle en dresse l’histoire matérielle et a mis en évidence les deux campagnes de restauration des xixe et xxe siècles par deux artistes différents. Toutefois, son étude matérielle détaille seulement les restaurations dues à Rooms, le second restaurateur. Dans notre mémoire de master5, rédigé sous la direction des professeurs Ralph Dekoninck et Michel Lefftz, nous avons tenté d’approfondir les connaissances sur le retable des Féries en élargissant l’étude selon une approche croisée : historique, matérielle, stylistique et iconographique.

3La critique d’authenticité du retable des Féries est le résultat du croisement des données disponibles dans les archives et dans l’iconographie (photographies) avec nos observations réalisées in situ à l’œil nu directement sur le retable. Ces observations ont été rendues possibles grâce à l’installation d’échafaudages et à la collaboration de spécialistes. L’étape essentielle de la critique d’authenticité devait effectivement nous permettre de distinguer, in primis, les parties originales de celles restaurées, dont celles créées de toutes pièces par les deux restaurateurs aux xixe et xxe siècles. Dans un deuxième temps, elle était indispensable pour comprendre la méthodologie des intervenants, les motivations justifiant ou non leurs choix, ainsi que le rôle clé joué par la Commission royale des Monuments (CRM) dans l’orchestration de ces campagnes de restauration. Enfin, la critique d’authenticité était fondamentale pour procéder à l’analyse stylistique sur des bases solides en nous concentrant uniquement sur les parties originales. En effet, notre mémoire avait notamment pour objectif de situer le retable dans son contexte de production. Nos conclusions feront bientôt l’objet d’une prochaine publication dans les Annales du Cercle archéologique de Mons et s’inscriront dans le sillage de cet article.

Description

  • 6 Devillers 1899, p. 521.

4Situé dans la chapelle des Féries-Notre-Dame, la première chapelle à droite dans le déambulatoire de la collégiale Sainte-Waudru, dénommée au xixe siècle « chapelle de Saint-Joseph »6, le retable s’élève sur une hauteur de 6,50 mètres et s’étend sur 3 mètres en largeur. Réalisé en pierre blanche (calcaire d’Avesnes- le-Sec), il présentait autrefois une polychromie dont n’ont été conservées que d’infimes traces.

5Il se compose d’une prédelle et de deux registres distincts, ces derniers étant divisés en trois hautes travées, les centrales étant plus larges et plus hautes que les latérales. Chaque compartiment est paré d’une arcade ornée de motifs végétaux et floraux et d’un fond pourvu d’un réseau de remplage. Au registre inférieur, le programme recouvrant l’ensemble des scènes présente l’Annonciation et la Visitation encadrant l’Assomption.

6Dans un sous-registre, au-dessus des scènes de l’Annonciation et de la Visitation, figurent les sculptures des quatre Évangélistes. L’iconographie présentée au registre supérieur met en scène sainte Anne trinitaire et saint Jean-Baptiste encadrant le Couronnement de la Vierge par la Sainte Trinité.

Sources historiques et iconographiques

  • 7 Premier président du Cercle archéologique de Mons et archiviste aux Archives de l’État à Mons.
  • 8 Rousseau 1891, p. 109.
  • 9 Rousseau 1896, p. 107.
  • 10 Ibidem.

7Grâce au travail de dépouillement des chartes relatives au chapitre de Sainte-Waudru par Léopold Devillers7, nous savons que la réédification de l’église, du chœur et de ses dépendances touche à sa fin en l’an 1502. La chapelle des Féries n’est achevée qu’en 15038, année où les chanoinesses proposent de la consacrer à la Conception de la Vierge9. Henry Rousseau relate comme telle cette information en 189610, probablement connue grâce aux archives antérieures au xixe siècle conservées à l’ancien dépôt de l’État à Mons jusqu’au terrible incendie du 14 mai 1940.

  • 11 Bergen 2006, p. 349 et Devillers 1857, p. 28.
  • 12 Tondreau 1970, p. 91.
  • 13 Commission royale des monuments, 1896, p. 143.

8Avant l’intervention des restaurateurs sur le retable des Féries, celui-ci se trouvait manifestement très détérioré puisque son registre inférieur avait été presque entièrement dépouillé de ses groupes sculptés, à l’exception des anges dans la niche centrale. On peut supposer que ces dommages étaient probablement dus aux pillages durant la Révolution brabançonne11. Le retable était alors décrit comme étant recouvert d’un « affreux barbouillage », fruit probablement des divers surpeints recouvrant l’œuvre12. En 1896, la CRM rapporte que le retable doit être restauré « après en avoir enlevé la couleur à l’huile » et ajoute que « cette belle production a été gravement mutilée, surtout à sa base »13. Une photographie du retable [fig. 2], prise avant les premières interventions, atteste effectivement de son état de dégradation avancé, en particulier de la prédelle.

[Fig. 2]

[Fig. 2]

Retable des Féries à la collégiale Sainte-Waudru de Mons, avant 1897.

© Archives de l’État à Mons

  • 14 Séraphin de Maertelaere (ou Serafien de Martelaere) est né en 1855 à Wetteren. Membre de la Gilde d (...)
  • 15 Mons, AEM, Paroisse Mons. Sainte-Waudru, 230, fol. 51r et 53r.
  • 16 Ibidem, fol. 61v.
  • 17 Ibidem, fol. 45r.

9La première campagne de restauration débute en 1897, lorsque Séraphin De Maertelaere14 dépose son projet pour remplacer les groupes sculptés du registre inférieur15. Son croquis, représentant uniquement le registre inférieur [fig. 3], présente les scènes du mariage de saint Joseph et de Jésus dans le Temple encadrant le Calvaire. Au-dessus de ces scènes, l’artiste souhaite représenter sainte Élisabeth, sainte Anne, saint Joachim et saint Jean-Baptiste. Cependant, suite à l’avis émis par la CRM, De Maertelaere remplace les scènes latérales par le Portement de Croix et la Descente de Croix. Une première évaluation sur le chantier de restauration rapporte que les membres du collège de la CRM ont examiné les travaux du restaurateur en avril 1897 et les ont jugés négativement car peu harmonieux avec les parties préexistantes16. En outre, les archives le mentionnent aussi comme étant à l’origine de la restauration des ornements, des moulures et du décapage du retable des Féries17.

[Fig. 3]

[Fig. 3]

Séraphin De Maertelaere, Retable des Féries de la collégiale Sainte-Waudru à Mons, à partir de 1897, croquis préparatoire pour la restauration.

© Archives de l’État à Mons

  • 18 Ibid., fol. 29r.

10Après un litige avec la Fabrique d’église de Sainte-Waudru en 1898, De Maertelaere poursuit les restaurations jusqu’en 190118. Aucune information n’a été découverte sur la période entre 1901 et 1904, mais une photographie du retable datée du 16 novembre 1903 montre la reconstitution de la prédelle, les nouvelles pierres servant de base pour les futurs groupes sculptés au registre inférieur et la reconstitution de l’avant-bras de saint Jean-Baptiste au registre supérieur. En la comparant avec la photographie des Archives de l’État à Mons (AEM) [fig. 4], nous pouvons donc mettre en évidence l’importante contribution de Maertelaere au niveau de la structure du retable, des ornements de l’arcature du registre inférieur et de l’anatomie des groupes du xvie siècle.

[Fig. 4]

[Fig. 4]

Comparaison de clichés photographiques du retable, état avant 1897 (a) et le 16 novembre 1903 (b).

© Anonyme, collection privée de Benoît Van Caenegem

  • 19 Tondreau 1970, p. 92.
  • 20 Remi Rooms (1861-1934) est un sculpteur gantois qui a suivi sa formation à l’école Saint-Luc de Gan (...)
  • 21 Petit 2018, p. 63. Stéphane Mortier était un architecte gantois en charge du programme de restaurat (...)
  • 22 Il s’agit du retable de Saluces, œuvre de Jan III Borman, aujourd’hui conservé au Musée de la Ville (...)
  • 23 Mons, AEM, Paroisse Mons. Sainte-Waudru, 230, fol. 58v.
  • 24 Commissions royales d’art et d’archéologie (Bruxelles) 1905, p. 96.

11À partir de juillet 1904 et jusqu’en 190519, Remi Rooms20 entreprend la sculpture des groupes actuellement visibles au registre inférieur, en suivant l’iconographie des scènes proposée par Stephan Mortier en 190121. Suivant les recommandations de la CRM, Rooms s’est inspiré de fragments d’origine et en a réalisé des moulages. Pour le groupement des scènes, il s’est également basé sur le retable de la Salle maximilienne de l’hôtel de ville de Bruxelles22, ce dernier présentant les mêmes scènes23. Après une deuxième évaluation en 1905, les travaux se sont terminés durant la seconde moitié de l’année, voire au début de 190624.

Étude matérielle

12L’étude matérielle réalisée in situ a été essentielle pour différencier les éléments d’origine de ceux qui ont été restaurés ou créés de toutes pièces. Afin de mettre en exergue ces différents éléments, nous avons procédé à la réalisation de schémas légendés et colorés du retable sur base de clichés photographiques pris au préalable. Toutes les parties du retable ont pu être observées de près, à l’exception des dais et des pinacles du registre supérieur, situés trop en hauteur pour pouvoir y accéder avec l’échafaudage installé pour l’étude. Ils ont néanmoins pu être analysés de loin et ont été comparés avec la photographie du retable antérieure aux restaurations de 1897 [fig. 2]. Étant donné la qualité moindre de ce cliché, il est probable que certaines parties restaurées des dais et des flèches n’aient pas pu être identifiées. Il nous faudra donc rester prudent dans les interprétations qui concerneront ces parties.

  • 25 La pierre d’Avesnes-le-Sec, plus couramment appelée « pierre d’Avesnes », se caractérise par un asp (...)
  • 26 Commissions royales d’art et d’archéologie (Bruxelles) 1910, p. 376.

13La majorité des parties du xvie siècle conservées se situent principalement au registre supérieur [fig. 5]. La pierre d’origine est une pierre blanche du Cambrésis, provenant de la commune d’Avesnes-le-Sec25. Ce matériau s’avère parfaitement adéquat pour la réalisation du retable, comme il le fut pour un grand nombre d’éléments sculptés du gothique flamboyant dans les anciens Pays-Bas, entre autres à l’hôtel de ville de Louvain26.

14Comme les sources historiques et iconographiques nous l’ont confirmé, nous devons à De Maertelaere toutes les restaurations du retable (éléments d’architecture, ornements et figures), hormis les groupes sculptés du registre inférieur qui sont la création de Rooms [fig. 5]. Ces deux restaurateurs se sont distingués par leurs tendances d’intervention et par l’emploi de matériaux divers.

[Fig. 5]

[Fig. 5]

Schéma des éléments du xvie siècle et des deux campagnes de restauration.

© Bruxelles, IRPA, B015279 et Charlotte Roland

  • 27 La pétrographie de ce calcaire oolithique et coquillier se caractérise par un aspect vacuolaire. La (...)
  • 28 Informations rapportées par Francis Tourneur, docteur en géologie et secrétaire général de l’ASBL P (...)
  • 29 Peut-être du mortier de ciment.

15La prédelle était la partie la plus endommagée, elle a donc subi de nombreuses restaurations [fig. 6]. Pour sa reconstitution, Séraphin de Maertelaere a notamment employé de la pierre de Savonnières, provenant de la commune de Savonnières-en-Perthois27. Dans le cas présent, celle-ci se différencie de la pierre d’Avesnes par sa tonalité gris foncé. Cette pierre se caractérise par sa facilité de taille, ce qui en fait un matériau de choix pour les restaurations ornementales. Elle fut d’ailleurs très souvent employée à la fin du xixe siècle par les architectes de l’Art nouveau, tel Victor Horta28. De Maertelaere a recouru à d’autres matériaux, comme deux types de mortier, dont un pour le ragréage. Un autre mortier29, utilisé pour la nouvelle corniche de la prédelle, se différencie du mortier de ragréage par sa plus haute teneur en sable argileux, ce qui le rend plus gras et plus robuste. Le restaurateur s’est aussi servi de plâtre, lequel est reconnaissable par son aspect irrégulier et sa résonance creuse.

[Fig. 6]

[Fig. 6]

Schémas des restaurations de la prédelle, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.

© Bruxelles, IRPA, B015279 et Charlotte Roland

  • 30 Pour les entrelacs végétaux de la corniche, des arcades et des redents.
  • 31 Pour les rampants végétaux, les redents et les fleurons courbés des remplages sous la grande arcatu (...)

16Dans son modus operandi, De Maertelaere s’est soit basé sur des ornements du xvie siècle conservés pour reconstituer ceux qui avaient disparu, soit en a créé de toutes pièces, dans une recherche d’harmonie ornementale. La première tendance est surtout visible au registre supérieur [fig. 7], et la deuxième sur la prédelle30 [fig. 6] et au registre inférieur31 [fig. 8 et 9]. Nous avons également pu mettre en évidence des remaniements de la syntaxe et de la forme d’éléments pourtant en bon état de conservation, notamment au niveau des supports des Évangélistes [fig. 10] et de la grande arcature du registre inférieur [fig. 11].

[Fig. 7]

[Fig. 7]

Schémas des restaurations au registre supérieur, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.

© Charlotte Roland

[Fig. 8]

[Fig. 8]

Schémas des restaurations sur les compartiments au registre inférieur, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.

© Charlotte Roland

[Fig. 9]

[Fig. 9]

Schéma des restaurations sur l’arcature au registre inférieur, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.

© Bruxelles, IRPA, X122251 et Charlotte Roland

[Fig. 10]

[Fig. 10]

Comparaisons de la syntaxe des petits dais au registre inférieur, avant 1897 et en 2020.

© Archives de l’État à Mons et Bruxelles, IRPA, X122252

[Fig. 11]

[Fig. 11]

Comparaisons de la syntaxe et des formes de l’arcature au registre inférieur, avant 1897 et en 2020.

© Archives de l’État à Mons et Bruxelles, IRPA, X122252

17Avant le début des restaurations, seuls les personnages du registre supérieur [fig. 7], ainsi que six anges au registre inférieur, avaient été conservés. Légèrement endommagés, ils avaient cependant dû être restaurés par De Maertelaere [fig. 12], car certaines parties plus fragiles, comme les têtes, les ailes et les bras manquaient. Quant à Remi Rooms, il avait été chargé de sculpter les nouveaux groupes du registre inférieur, c’est-à-dire l’Annonciation, l’Assomption, la Visitation, ainsi que les quatre Évangélistes [fig. 13]. Au registre supérieur, seule sainte Anne trinitaire a été entièrement préservée. De Maertelaere a remplacé l’avant-bras manquant du Christ, le sceptre de Dieu le Père, l’avantbras droit de saint Jean-Baptiste ainsi que les orteils de ce dernier [fig. 14].

[Fig. 12]

[Fig. 12]

Schéma des restaurations des angelots de l’Assomption au registre inférieur, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.

© Charlotte Roland

[Fig. 13]

[Fig. 13]

Scènes de l’Annonciation (a), la Visitation (b), l’Assomption (c) et les quatre Évangélistes (d), par Rooms, entre 1904 et 1905-1906.

© Bruxelles, IRPA, X122252 et Charlotte Roland

[Fig. 14]

[Fig. 14]

Détail de l’avant-bras droit du Christ couronnant la Vierge (a), du sceptre de Dieu le Père (b), de l’avant-bras droit de saint Jean-Baptiste (c) et de ses orteils (d), par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.

© Charlotte Roland.

  • 32 Notamment au niveau de l’arcade de la niche centrale au registre inférieur, ainsi que sur les perso (...)

18Notre étude in situ nous a révélé de rares traces de polychromie à trois endroits du retable : au niveau des plis au revers de la tunique de saint Jean-Baptiste (polychromie bleu clair), dans l’espace vide au-dessus de la Vierge en Assomption du registre inférieur (polychromie bleu clair du même type que la première) et à l’extérieur des montants latéraux du retable, surtout au niveau du registre inférieur (traces de polychromie noire) [fig. 15]. En outre, le décapage de la polychromique a laissé des traces de ripe, reconnaissables par les sillons parallèles dus à l’extrémité dentée32.

19Bien que Remi Rooms ait pris soin d’utiliser uniquement de la pierre d’Avesnes-le-Sec, conformément à l’usage en cours au xvie siècle en rendant ainsi à l’ensemble une harmonie matérielle dans la texture et la couleur, De Maertelaere ne semble pas avoir suivi de logique particulière dans l’emploi des pierres d’Avesnes et de Savonnières. L’analyse des parties reconstituées met en évidence qu’il a agi différemment pour l’usage des mortiers et du plâtre. Le mortier de ragréage a servi à des restaurations plus délicates et minimes, tandis que le second mortier, plus gras, a servi pour la corniche de la prédelle afin de supporter efficacement le poids de la structure sus-jacente. Quant au plâtre, celui-ci a été employé pour combler des pertes de matière lors de la taille des restaurateurs.

[Fig. 15]

[Fig. 15]

Traces de polychromie bleu clair au revers de la tunique de saint Jean-Baptiste (a) et au-dessus de la Vierge en Assomption (b), et de polychromie noire à l’extérieur des montants latéraux au registre inférieur (c).

© Charlotte Roland.

20L’analyse comparée des deux restaurations a également permis de démontrer leurs différences d’approche méthodologique. Le modus operandi de Maertelaere a mis exergue sa dépendance vis-à-vis du courant néogothique, dans sa manière d’atténuer les formes débridées qui caractérisent la sculpture du gothique flamboyant, puisqu’il n’hésita pas à créer de nouveaux éléments en tempérant la dynamique des éléments originaux du retable. Cette tendance à « gothiciser » davantage un ensemble médiéval qui ne correspondrait pas suffisamment au gothique primaire s’inscrit dans une mouvance interventionniste qui a connu son heure de gloire dans nos régions vers la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle. Elle est le fruit des campagnes de restaurations menées en France à la même époque et de l’influence des travaux de Violletle-Duc qui se propagea jusqu’en Belgique, notamment à travers des personnalités telles que celle de JeanBaptiste de Béthune ou de Jules Helbig. Contrairement à De Maertelaere, la méthodologie de Rooms s’inscrit dans une recherche harmonieuse des proportions en réalisant des moulages des parties originales et en s’inspirant du retable de Saluces appartenant au même milieu de production que celui de Mons.

  • 33 Comme cela a été le cas pour plusieurs sculptures et fragments provenant de l’ancien jubé de Jacque (...)

21Après avoir situé les interventions des restaurateurs dans le retable, nous nous sommes posé la question du réemploi des matériaux d’origine lors des différentes campagnes. Il est possible que certains éléments en pierre d’Avesnes, détachés de l’ensemble lors des attaques dévastatrices perpétrées par les révolutionnaires dans la collégiale à la fin du xviiie siècle, aient été sauvegardés par la Fabrique d’église33. Les restaurateurs auraient-ils pu en disposer et les auraient-ils replacés à leur emplacement d’origine ? Malheureusement, les archives de la Fabrique ne fournissent pas d’indices qui permettraient de valider cette hypothèse.

Conclusion

  • 34 La thèse de doctorat de Delphine Steyaert, intitulée La Sculpture néogothique vue par la Gilde de S (...)

22Au terme de nos recherches, l’étude matérielle in situ, associée aux informations issues des documents d’archives et à l’analyse de clichés photographiques pris avant et après les restaurations, a permis de préciser l’étendue du travail effectué par De Maertelaere. En effet, bien que ce dernier ne soit pas l’auteur des groupes du registre inférieur, ses restaurations se sont particulièrement étendues à la structure, aux ornements et aux personnages sculptés. En étudiant sa méthodologie de restauration, caractéristique de l’époque néogothique, nous pensons que ce type d’intervention mériterait à l’avenir d’être davantage étudié par les chercheurs, surtout lorsqu’il est question d’ensembles ayant fait l’objet de campagnes de restauration aussi importantes34.

23Le décapage de la polychromie du retable des Féries souligne un autre aspect important du travail des restaurateurs de cette époque. Il semble qu’il existe, en effet, une tendance à enlever systématiquement toute polychromie ancienne afin de, soit en appliquer une nouvelle se rapprochant le plus possible du style originel de l’œuvre, soit de revenir au matériau brut apparent. Dans notre cas, les restaurateurs ont opté pour la seconde option, en nous laissant quelques maigres vestiges de polychromie sauvées du décapage car situées à des endroits difficiles d’accès. L’exemple du retable des Féries n’est malheureusement qu’un cas parmi des centaines d’autres de ce type. Les techniques de laboratoire actuelles permettraient aux restaurateurs d’analyser les divers pigments utilisés par les ateliers du passé, et une étude en ce sens constituerait un grand apport pour la discipline, mais elle s’avère très difficile à réaliser, non par manque de moyens mais bien de matière.

  • 35 Ce futur article se voudra différent des études menées par Ethan Matt Kavaler sur la microarchit (...)

24Cette étude a naturellement aussi permis de rappeler l’importance d’établir une critique d’authenticité préalablement à toute étude stylistique et ce, particulièrement pour les productions sculptées de ce type. Alors que le début de l’année 2020 a été couronné par le succès de l’exposition Borman et fils, notre travail ouvre la voie vers de nouvelles perspectives. En effet, une prochaine étude, que nous tâchons actuellement de mener, portera sur la typologie de la microarchitecture du mobilier religieux produit par l’atelier des Borman35. Nous savons que les œuvres réalisées par cet atelier ont aussi, en grande partie, été sujettes à des campagnes de restauration dans cet esprit néogothique. En établissant au préalable une critique d’authenticité de ces divers ensembles, nous pourrons ainsi mener une analyse comparative pertinente de la microarchitecture et de l’ornementation qui, nous l’espérons, aboutira à des résultats probants nous permettant d’approfondir nos connaissances sur ce grand atelier de sculpteurs brabançons.

Au terme de ce travail, je souhaite remercier les personnes qui ont contribué aux résultats de mon étude. Merci à MM. Pierre Dufour et Benoît Van Caenegem, ainsi qu’aux membres du personnel de la collégiale, pour avoir mis à ma disposition l’échafaudage de la collégiale. Mes remerciements vont aussi à MM. Francis Tourneur, Frans Doperé et Alexandre Callet qui se sont aimablement déplacés jusqu’à Mons et sans qui je n’aurais pas pu aboutir à des résultats précis et pertinents. Je remercie également le Pr Ralph Dekoninck pour son suivi et ses recommandations durant la rédaction de mon mémoire. Ma reconnaissance s’adresse aussi au Pr Michel Lefftz pour son soutien, ses précieux conseils et ses relectures attentives du mémoire et de cet article.

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Bibliographie

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Sources non publiées

Mons, AEM, Paroisse Mons. Sainte-Waudru, 230 Mons, Archives de l’État à Mons (AEM), Paroisse Mons. Sainte-Waudru, 230 :

fol. 29r : lettre de Séraphin de Maertelaere à A. Le Tellier le 4 juin 1901 (1901). - fol. 45r : Séraphin de Maertelaere, lettre à A. Le Tellier le 2 août 1898 (1898).

fol. 51r et fol. 53r : Séraphin de Maertelaere, lettre à A. Le Tellier [avec croquis] le 26 janvier 1897 (1897).

fol. 58v : Commission royale des Monuments, Rapport transmis au gouverneur de la province de Hainaut le 21 janvier 1905 (1905).

fol. 61v : Ministre de l’Agriculture, lettre à la Fabrique d’église de Sainte-Waudru le 29 mai 1899 (1899).

Petit 2018 N. Petit, La Présence néogothique dans la collégiale Sainte-Waudru de Mons. Étude approfondie de dix retables, mémoire de master en histoire de l’art et archéologie, Université libre de Bruxelles, 2018.

Roland 2019 C. Roland, Le Retable des Féries Notre-Dame de la collégiale Sainte-Waudru à Mons. Étude historique, matérielle, stylistique et iconographique, mémoire de master en histoire de l’art et archéologie, Université catholique de Louvain, 2019.

Rousseau 1891 H. Rousseau, Notes pour servir à l’histoire de la sculpture en Belgique. Les retables (suite) (1), dans Bulletin des Commissions royales d’Art et d’Archéologie, Bruxelles, 1891, p. 79-115.

Rousseau 1896 H. Rousseau, Notes pour servir à l’histoire de la sculpture en Belgique : les retables, Bruxelles, 1896.

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Notes

1 Mambour-Deboulle 1965, p. 2830-2833.

2 De Borchgrave d’Altena et Mambour 1968, p. 29-30.

3 Tondreau 1970, p. 91-95.

4 Petit 2018.

5 Roland 2019.

6 Devillers 1899, p. 521.

7 Premier président du Cercle archéologique de Mons et archiviste aux Archives de l’État à Mons.

8 Rousseau 1891, p. 109.

9 Rousseau 1896, p. 107.

10 Ibidem.

11 Bergen 2006, p. 349 et Devillers 1857, p. 28.

12 Tondreau 1970, p. 91.

13 Commission royale des monuments, 1896, p. 143.

14 Séraphin de Maertelaere (ou Serafien de Martelaere) est né en 1855 à Wetteren. Membre de la Gilde de Saint-Luc et Saint-Joseph de Gand à partir de 1892, il a notamment œuvré pour des églises, telles

que l’église Notre-Dame de Schaerbeek ou encore la cathédrale de Bruxelles pour laquelle il a réalisé une statue de l’archange saint Michel (de Maeyer 1988, p. 364).

15 Mons, AEM, Paroisse Mons. Sainte-Waudru, 230, fol. 51r et 53r.

16 Ibidem, fol. 61v.

17 Ibidem, fol. 45r.

18 Ibid., fol. 29r.

19 Tondreau 1970, p. 92.

20 Remi Rooms (1861-1934) est un sculpteur gantois qui a suivi sa formation à l’école Saint-Luc de Gand. Sa grande carrière lui a permis d’œuvrer pour les églises en créant et restaurant du mobilier religieux, en suivant les principes de la sculpture médiévale (de Maeyer 1988, p. 370).

21 Petit 2018, p. 63. Stéphane Mortier était un architecte gantois en charge du programme de restauration de la collégiale Sainte-Waudru de Mons.

22 Il s’agit du retable de Saluces, œuvre de Jan III Borman, aujourd’hui conservé au Musée de la Ville de Bruxelles. Debaene et Lefftz 2019, p. 274.

23 Mons, AEM, Paroisse Mons. Sainte-Waudru, 230, fol. 58v.

24 Commissions royales d’art et d’archéologie (Bruxelles) 1905, p. 96.

25 La pierre d’Avesnes-le-Sec, plus couramment appelée « pierre d’Avesnes », se caractérise par un aspect très crayeux et de couleur grisâtre et se compose de glauconite, identifiable par la présence de petits points noirs à la surface, ainsi que par des veines de couleur rouille dues à la présence de fer (informations rapportées par Francis Tourneur, docteur en géologie et secrétaire général de l’ASBL Pierres et Marbres de Wallonie, à la collégiale Sainte-Waudru à Mons, le 05/02/2019).

26 Commissions royales d’art et d’archéologie (Bruxelles) 1910, p. 376.

27 La pétrographie de ce calcaire oolithique et coquillier se caractérise par un aspect vacuolaire. La pierre de Savonnières présente également des tonalités allant du beige au gris (informations rapportées par Francis Tourneur, docteur en géologie et secrétaire général de l’ASBL Pierres et Marbres de Wallonie, à la collégiale SainteWaudru à Mons, le 05/02/2019 ; Le Mausolée 1976, p. 75).

28 Informations rapportées par Francis Tourneur, docteur en géologie et secrétaire général de l’ASBL Pierres et Marbres de Wallonie, à la collégiale Sainte-Waudru à Mons, le 05/02/2020.

29 Peut-être du mortier de ciment.

30 Pour les entrelacs végétaux de la corniche, des arcades et des redents.

31 Pour les rampants végétaux, les redents et les fleurons courbés des remplages sous la grande arcature.

32 Notamment au niveau de l’arcade de la niche centrale au registre inférieur, ainsi que sur les personnages sculptés du registre supérieur. Ces abrasions de la surface ont modifié l’épiderme de la pierre originale et donc son rendu formel.

33 Comme cela a été le cas pour plusieurs sculptures et fragments provenant de l’ancien jubé de Jacques Du Breucq.

34 La thèse de doctorat de Delphine Steyaert, intitulée La Sculpture néogothique vue par la Gilde de Saint-Thomas et de Saint-Luc (1863-1913), a récemment permis, pour la première fois, une compréhension des tendances selon lesquelles les œuvres sculptées de la période gothique ont été restaurées entre 1863 et 1913 (https:// journalbelgianhistory.be/fr/system/files/edition_data/articlepdf/Doctorat_Steyaert_ Bleu_2015_2_3.pdf).

35 Ce futur article se voudra différent des études menées par Ethan Matt Kavaler sur la microarchitecture. Nos recherches s’articuleront autour d’une étude typologique comparative du retable des Féries avec d’autres retables, niches, tabernacles en pierre issus de l’atelier Borman en étudiant leur microarchitecture dans l’objectif de créer des groupes régionaux.

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Table des illustrations

Titre [Fig. 1]
Légende Retable des Féries à la collégiale Sainte-Waudru de Mons, état actuel.
Crédits © Bruxelles, IRPA, X122251
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 429k
Titre [Fig. 2]
Légende Retable des Féries à la collégiale Sainte-Waudru de Mons, avant 1897.
Crédits © Archives de l’État à Mons
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 319k
Titre [Fig. 3]
Légende Séraphin De Maertelaere, Retable des Féries de la collégiale Sainte-Waudru à Mons, à partir de 1897, croquis préparatoire pour la restauration.
Crédits © Archives de l’État à Mons
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 198k
Titre [Fig. 4]
Légende Comparaison de clichés photographiques du retable, état avant 1897 (a) et le 16 novembre 1903 (b).
Crédits © Anonyme, collection privée de Benoît Van Caenegem
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 257k
Titre [Fig. 5]
Légende Schéma des éléments du xvie siècle et des deux campagnes de restauration.
Crédits © Bruxelles, IRPA, B015279 et Charlotte Roland
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 355k
Titre [Fig. 6]
Légende Schémas des restaurations de la prédelle, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.
Crédits © Bruxelles, IRPA, B015279 et Charlotte Roland
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 227k
Titre [Fig. 7]
Légende Schémas des restaurations au registre supérieur, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.
Crédits © Charlotte Roland
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 264k
Titre [Fig. 8]
Légende Schémas des restaurations sur les compartiments au registre inférieur, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.
Crédits © Charlotte Roland
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 263k
Titre [Fig. 9]
Légende Schéma des restaurations sur l’arcature au registre inférieur, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.
Crédits © Bruxelles, IRPA, X122251 et Charlotte Roland
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 272k
Titre [Fig. 10]
Légende Comparaisons de la syntaxe des petits dais au registre inférieur, avant 1897 et en 2020.
Crédits © Archives de l’État à Mons et Bruxelles, IRPA, X122252
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 376k
Titre [Fig. 11]
Légende Comparaisons de la syntaxe et des formes de l’arcature au registre inférieur, avant 1897 et en 2020.
Crédits © Archives de l’État à Mons et Bruxelles, IRPA, X122252
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 447k
Titre [Fig. 12]
Légende Schéma des restaurations des angelots de l’Assomption au registre inférieur, par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.
Crédits © Charlotte Roland
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 186k
Titre [Fig. 13]
Légende Scènes de l’Annonciation (a), la Visitation (b), l’Assomption (c) et les quatre Évangélistes (d), par Rooms, entre 1904 et 1905-1906.
Crédits © Bruxelles, IRPA, X122252 et Charlotte Roland
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 337k
Titre [Fig. 14]
Légende Détail de l’avant-bras droit du Christ couronnant la Vierge (a), du sceptre de Dieu le Père (b), de l’avant-bras droit de saint Jean-Baptiste (c) et de ses orteils (d), par De Maertelaere, entre 1897 et 1901.
Crédits © Charlotte Roland.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 315k
Titre [Fig. 15]
Légende Traces de polychromie bleu clair au revers de la tunique de saint Jean-Baptiste (a) et au-dessus de la Vierge en Assomption (b), et de polychromie noire à l’extérieur des montants latéraux au registre inférieur (c).
Crédits © Charlotte Roland.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/590/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 156k
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Pour citer cet article

Référence papier

Charlotte Roland, « Le retable des Féries de la collégiale Sainte-Waudru. Critique d’authenticité d’une œuvre monumentale de l’atelier des Borman »Bulletin de l’Institut royal du Patrimoine artistique / Bulletin Van Het Koninklijk Instituut Voor Het Kunstpatrimonium, 36 | 2021, 198-211.

Référence électronique

Charlotte Roland, « Le retable des Féries de la collégiale Sainte-Waudru. Critique d’authenticité d’une œuvre monumentale de l’atelier des Borman »Bulletin de l’Institut royal du Patrimoine artistique / Bulletin Van Het Koninklijk Instituut Voor Het Kunstpatrimonium [En ligne], 36 | 2021, mis en ligne le 01 avril 2021, consulté le 28 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/590 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/kikirpa.590

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Auteur

Charlotte Roland

Après un parcours universitaire à Namur, Florence et Louvain-la-Neuve, Charlotte Roland est historienne de l’art et agrégée depuis 2019 (UCLouvain). Elle a présenté un mémoire dédié au retable des Féries de la collégiale Sainte-Waudru de Mons. Elle y développe une étude historique, matérielle, stylistique et iconographique de ce retable. Actuellement, elle poursuit des recherches sur la typologie micro-architecturale dans l’art sculpté des Borman en comparaison avec le retable des Féries.

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Droits d’auteur

CC-BY-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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