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Les livres de prières de Jacob Ruebens. Un cas singulier de « manuscrits-frères » à Bruges vers 1550

Dominique Vanwijnsberghe
p. 114-137

Résumés

On conserve deux livres de prières réalisés pour le Brugeois Jacob Ruebens. Leur extraordinaire similitude pourrait les faire passer pour des exemples aboutis de production commerciale. Or, un remarquable colophon ajouté au plus ancien, conservé à Bruxelles (KBR, ms. IV 167), nous apprend qu’il s’agit, contre toute attente, d’un texte hautement individualisé, copié par un chartreux à l’adresse d’un ami laïc. Le destinataire ne se contente pas de ce texte dépouillé. Il en confie la décoration et l’illustration à un enlumineur de métier. Le résultat semble lui plaire car, quelques années plus tard, il passe commande d’un duplicata (collection privée). Cet exemple rare de « livres-frères » offre un terrain d’observation privilégié sur deux modes de production qui cohabitent à Bruges au XVIe siècle : celui du monde monastique, sobre, économe, peu regardant quant à la parure extérieure de l’objet ; à l’opposé, celui des métiers du livre, inscrits dans une tradition d’efficacité et de rendement, sensibles à l’apparence d’un produit fini qui, bien plus à leurs yeux qu’un simple support à la prière, était aussi un symbole de prestige appelé à rejaillir sur l’aura sociale de leur clientèle.

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Texte intégral

  • 1 Sur ce concept très discuté, voir Martens 2011.
  • 2 Sur cette vision, voir Smeyers 1998, p. 195-196. Le libraire joue un rôle central dans la productio (...)
  • 3 Smeyers et Vertongen 1993.
  • 4 Kren 2005. Notons que, pour Joris C. Heyder, l’usage de modèles par de grands artistes, tel Simon B (...)

1Les livres de dévotion produits à Bruges à la fin du Moyen Âge sont généralement associés à l’idée de « production en série »1. Il est vrai que des techniques permettant de rationaliser leur fabrication sont mises au point dès la fin du XIVe siècle, alors qu’explose la demande de livres d’heures. Dans la vision traditionnelle, largement reçue, la production des manuscrits enluminés est coordonnée par des libraires2. Ils sous-traitent l’écriture des différents offices et oraisons, des textes parfois produits à l’avance et agencés en fonction des souhaits de la clientèle. Parallèlement, ces véritables entrepreneurs constituent des stocks d’images, des miniatures peintes à pleine page sur des folios séparés, prêtes à être insérées au début des principales sections du manuscrit. Dissocier textes et images permet aux différents intervenants d’avancer à leur rythme, sans gêner la progression du travail de leurs collègues. Et pour parer à la demande, les enlumineurs recyclent à l’envi des compositions qui se transmettent d’une génération à l’autre, des peintres dits « pré-eyckiens » des années 14003 aux miniaturistes « ganto-brugeois » actifs jusque dans la seconde moitié du XVIe siècle4.

  • 5 As-Vijvers 2013, p. 352-362.
  • 6 Une opinion partagée par S. McKendrick. Voir Kren et McKendrick 2003-2004, p. 63.

2Anne Margreet As-Vijvers a récemment apporté d’importantes nuances à ce modèle explicatif par trop mécanique5. Partant du constat que, dans les doubles pages enluminées ouvrant les sections principales du texte, les bordures des miniatures encartées sont généralement identiques à celles de la page de texte qui leur fait face, elle suppose que, sauf exceptions, tous les travaux d’enluminure – scènes historiées, marges et initiales décorées – étaient assurés par la même cellule de production. Au sein de celle-ci, les miniatures les plus importantes pouvaient être confiées à l’enlumineur principal, les autres à des associés. Chacun prenait en charge la peinture des bordures et de la décoration secondaire sur les bifolios qui lui étaient impartis. Un artisan expérimenté, sans doute le chef d’atelier, assurait la finition du manuscrit. Il exerçait ainsi de facto la fonction de libraire6. Les différents intervenants travaillaient en coopérative, au sein d’un même atelier ou avec l’aide d’un atelier voisin, avec lequel ils entretenaient des liens professionnels étroits.

  • 7 La notion de « modèle mental » a été bien étudiée par Delarue 2018.

3La mécanique a beau être bien huilée, elle ne génère jamais, à ma connaissance, deux livres qui se ressemblent au point de pouvoir être confondus. Car l’organisation de la production, telle qu’elle s’observe à Bruges, a une autre qualité : son infinie souplesse. Elle permet de moduler le résultat final en fonction des desiderata de la clientèle et du budget qu’elle est prête à investir. À cela s’ajoute, chez l’enlumineur, une forte réticence à produire des copies exactes. S’il suit de près un modèle, le peintre cherchera toujours à varier la pose, le décor ou les couleurs. Les compositions les plus courantes semblent d’ailleurs réalisées « de tête », selon un modèle mental intériorisé par la reproduction toujours recommencée de motifs dictés par le contenu, répétitif lui aussi, des livres d’heures7. Cette production est donc marquée par une grande diversité dans l’unité : au-delà d’un indéniable air de famille, chaque manuscrit possède sa propre individualité.

[Fig. 1]

[Fig. 1]

Colophon du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 20 juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 56v°).

© Bruxelles, IRPA, Y003088.

4J’aimerais présenter ici un cas particulier, qui invite à nuancer davantage encore ces schémas explicatifs et illustre le grand nombre de cas de figures rencontrés dans la production brugeoise. Il s’agit de deux livres de prières se ressemblant à première vue comme deux gouttes d’eau et qui pourraient dès lors passer pour des exemples aboutis de production commerciale. Or, un remarquable colophon ajouté au plus ancien précise les circonstances de sa réalisation. Il nous apprend qu’il s’agit, contrairement à toute attente, d’un texte hautement individualisé, copié non par un scribe opérant dans le circuit professionnel, mais par un religieux, à l’adresse d’un ami laïc. L’heureux destinataire ne se contente pas de ce simple texte. Il en confie la décoration et l’illustration à un enlumineur de métier. Le résultat semble lui plaire car, quelques années plus tard, il passe commande d’un duplicata. Deux livres donc, très semblables, offrant un terrain d’observation privilégié sur deux modes de production qui cohabitent à Bruges au XVIe siècle : celui du monde monastique, sobre, peu regardant quant à la parure extérieure de l’objet ; à l’opposé, celui des métiers du livre, inscrits dans une tradition d’efficacité et de rendement, sensibles à l’apparence d’un produit fini qui, bien plus à leurs yeux qu’un simple support à la prière, était aussi un symbole de prestige appelé à rejaillir sur l’aura sociale de leur clientèle.

En gage d’amitié

  • 8 Bruxelles, KBR, ms. IV 167. Sur ce livre, voir principalement Wittek 1991, n° 843, p. 18, pl. 1260- (...)
  • 9 Sur la chartreuse de Genadedal, voir Scholtens 1947 ; Vandemeulebroucke 1965 ; De Grauwe 1978a (ave (...)
  • 10 De Grauwe 1976, p. 149 ; De Grauwe 1978a, p. 1213, n. 10 ; Esther, De Grauwe et Desmet 1980, p. 62  (...)
  • 11 Un Jacob Reubens est signalé en 1580 dans les registres des « Zestendeelen » (cadastre de la ville) (...)

5L’une des caractéristiques passionnantes du plus ancien de ces manuscrits, le Livre de prières de Jacob Ruebens conservé à Bruxelles8, est son colophon [fig. 1]. Il livre des informations essentielles sur la genèse du livre, précisant qu’il a été « ghescreeven ende vulhent bijder handt van broeder Iheronijmus vander Straete ende dat voor zijn ghoet vriendt Jacop Ruebens » [écrit et achevé de la main de frère Hieronymus vander Straete pour son bon ami Jacob Ruebens], le 20 juillet 1547, deux jours avant la Sainte-Marie-Madeleine. On possède peu d’informations sur les deux hommes mentionnés dans cette courte formule. Le copiste, Hieronymus Vander Straete, alias de Platea, est un chartreux brugeois de Genadedal9 qui prononça ses vœux avant 1532, fut sacristain de la fin de 1539 au 30 novembre 1541 et décéda le 15 novembre 155410. Quant à Jacob Ruebens, sa biographie reste à établir. Il ne semble pas avoir laissé de trace dans les sources brugeoises éditées11. Représenté mains jointes en prière aux pieds de son saint patron [fig. 2], il est vêtu d’un riche manteau noir doublé de fourrure, signe d’aisance qui le place dans les rangs de la bourgeoisie fortunée. La dame agenouillée devant sainte Anne, la Vierge et l’Enfant [fig. 4] est probablement son épouse. Elle porte elle aussi de luxueux atours.

[Fig. 2]

[Fig. 2]

Maître de Jacob Ruebens, Saint Jacques le Majeur. Dans la marge : Jacob Ruebens en prière, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 46v°-47).

© Bruxelles, IRPA, Y003078.

[Fig. 3]

[Fig. 3]

Maître de Jacob Ruebens, Saint Jacques le Majeur. Dans la marge : Jacob Ruebens en prière, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 52v°-53).

© Bruxelles, IRPA, X124854.

[Fig. 4]

[Fig. 4]

Maître de Jacob Ruebens, Sainte Anne trinitaire. Dans la marge : l’épouse ( ?) de Jacob Ruebens en prière, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 50v°-51).

© Bruxelles, IRPA, Y003081.

  • 12 Stoelen 1947, p. 205, 207 ; Guigues Ier 1984, chap. 29-31, p. 227-233.
  • 13 Guigues Ier 1984, chap. 80, p. 287-295 et passim.
  • 14 Molvarec 2013.
  • 15 Molvarec 2013, p. 44-49.
  • 16 Scholtens 1947, p. 139-140.
  • 17 Baelde 1984. Les Consuetudines de Guigues Ier (1128) prévoient des dispositions pour les convers fu (...)

6Qu’un chartreux ait entretenu des relations d’amitié avec un bourgeois pourrait a priori paraître étonnant quand on sait la séclusion à laquelle s’engageaient les membres de l’ordre de saint Bruno. Leur semaine se passait en grande partie dans le silence et la solitude de leur cellule, un « désert » qui n’était interrompu que par quelques rares moments de vie communautaire12. Entre norme et réalité, l’écart peut bien entendu être important. Et si les statuts de l’ordre stipulent une application rigoureuse de l’idéal de solitude13, dans les faits, les chartreux s’engagent très tôt dans le monde. Plusieurs prieurs deviennent évêques ; certains remplissent même des missions diplomatiques pour des souverains14. Cette ouverture au monde s’intensifie lors de l’installation de chartreuses en milieu urbain, dès le milieu du xiiie siècle. Fondées avec l’aide financière de donateurs laïcs, ces institutions nouvelles dépendent désormais de l’extérieur pour leur subsistance. Les bienfaiteurs monnaient leur soutien en exigeant des contreparties : pratique en leur nom de la prière d’intercession, célébration de messes commémoratives, voire inhumation intra-muros15. Par la force des choses, des couvents tels que celui de Bruges, fondé en 1318, sont intégrés dans le maillage de la vie urbaine, entraînant une certaine porosité de la clôture. À cela s’ajoute que les règles en vigueur pour les moines étaient probablement appliquées avec moins de rigueur pour les frères convers, qui servaient d’interface avec le monde extérieur. Hieronymus Vander Straete était-il l’un d’entre eux ? En tant que sacristain, il devait veiller à l’entretien de l’église, des autels, de la sacristie et de la bibliothèque, une charge peu compatible avec les travaux manuels confiés aux convers, qui étaient d’ailleurs souvent illettrés16. En tout cas, le frère Hieronymus supporte mal le désert de Genadedal. Il fuit son couvent peu de temps après avoir terminé la copie du manuscrit de Jacob Ruebens, obligeant son prieur, Pieter Rughe van Hoorn, à introduire une requête auprès du Conseil privé siégeant à Bruxelles17. Il s’agit de réintégrer le fuyard, qui avait probablement trouvé refuge chez les franciscains de Bruges. L’autorisation est accordée par un arrêt d’octobre 1548. Et si l’on ignore les raisons exactes qui poussèrent Vander Straete à déserter, sa décision montre en tout cas que la clôture n’était plus pour lui absolument étanche.

[Fig. 5]

[Fig. 5]

Maître de Jacob Ruebens, Sainte Anne trinitaire. Dans la marge : l’épouse ( ?) de Jacob Ruebens en prière, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 56v°-57).

© Bruxelles, IRPA, X124855.

L’ABC du chrétien

  • 18 Très typiques sont, par exemple, les prothèses de « h » (hu/u, huut/uut, huwe/uwe) ou la palatalisa (...)
  • 19 Sur le calendrier cartusien, voir Grotefend 1891-1898 ; Leroquais 1934, p. CII-CIV ; du Moustier et (...)
  • 20 C’est le cas de 29 des 67 fêtes rubriquées. Je ne connais pas d’autre exemple de ce système de grad (...)
  • 21 À signaler aussi, la mention à trois reprises et en noir d’une abstinentia, la veille de la Saint-B (...)
  • 22 Des reliques de saint Boniface étaient conservées à l’église Notre-Dame. Elles furent transférées e (...)
  • 23 Sur le calendrier brugeois, voir Plummer 1988, p. 153-156. À prendre cum grano salis, puisqu’un des (...)
  • 24 Le calendrier est amputé de trente-six fêtes cartusiennes, parmi lesquelles Polycarpe (26/1) ou la (...)

7Un autre intérêt du Livre de prières de Jacob Ruebens réside dans son texte, une sélection d’oraisons adaptée à la personnalité du destinataire. À l’exception du calendrier, toutes les prières sont rédigées en néerlandais, dans une scripta flamande18 qui devait être familière tant à Vander Straete qu’à Ruebens. Le calendrier en latin trahit l’intervention du religieux. Il s’agit d’une version allégée du formulaire en vigueur chez les chartreux19, augmentée de saints célébrés à Bruges et dans le diocèse de Tournai. Pour se limiter aux fêtes solennelles, rubriquées en rouge (ou à moitié en rouge20), notons, pour les chartreux, Bruno (6 octobre) et Hugues (17 novembre)21 ; parmi les autres fêtes, Amand (6 février), Boniface (5 juin)22, Éloi (25 juin et 1er décembre), Benoît (21 mars et 11 juillet), Gilles (1er septembre), Nicaise (14 décembre) et les fêtes de titulaires d’églises brugeoises : Basile (14 juin), Bavon (1er octobre) et Donatien (14 octobre)23. Un tel ensemble devait permettre à Jacob Ruebens de vivre l’année liturgique au rythme des chartreux24, sans lui faire oublier les fêtes principales célébrées dans son biotope urbain.

  • 25 Genadedal possédait des ouvrages en moyen néerlandais, le Spiegel historiael de Jacob van Maerlant, (...)
  • 26 Bloomfield 1955 ; Duffy 1992, p. 215 ; Skemer 2006, p. 67, 153, 216 ; Delumeau et Cottret 2010, p. (...)
  • 27 Axters 1956, p. 390-391 ; Brayer et Bouly de Lesdain 1969, p. 71 et passim ; Schmitt, p. 346 ; Oost (...)
  • 28 Wieck 2002 ; Rudy 2006 ; Van Orden 2006.
  • 29 Toussaert 1963, p. 347. Sur le rosaire, une dévotion que les chartreux rhénans contribuèrent à élab (...)
  • 30 Cabrol 1910, p. 485.

8Les textes en néerlandais qui suivent le calendrier ont été triés sur le volet25. Ils sont peu nombreux mais constituent ce qu’on pourrait appeler le « couteau suisse » du chrétien engagé dans la vie active, des textes utiles en de nombreuses circonstances de son quotidien. Le premier d’entre eux – le début de l’évangile de Jean (fol. 15-16v°) [fig. 6] – figure également en tête de nombreux livres d’heures. Et pour cause : l’In principio erat verbum (In tbeghin was het woort) est bien connu pour sa fonction apotropaïque26. Pendant les Rogations, dans les rites d’exorcisme et de baptême, il était lu pour repousser les forces du mal, très actives aussi au chevet des mourants. Ce texte est suivi du Pater, de l’Ave et du Credo, trois prières fondamentales, celles que les laïcs étaient tenus de connaître, signalées à ce titre dans des abrégés tels que Die tafel des kersteliken levens imprimée en 1478 par Gerard Leeu à Gouda ou dans l’ABC des simples gens du théologien Jean Gerson27. Apprises par les enfants dès leur plus jeune âge, elles sont utilisées pour sanctifier la journée, du lever au coucher, et servent également à l’apprentissage de la lecture28. La pratique du rosaire, très répandue à partir du xve siècle, les adjoint29. Elles sont suivies ici de deux cantiques, très populaires eux aussi, le Magnificat et le Nunc dimittis, associés quant à eux à l’office du soir30.

[Fig. 6]

[Fig. 6]

Maître de Jacob Ruebens, Saint Jean l’Évangéliste à Patmos, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 14v°-15).

© Bruxelles, IRPA, Y003079.

[Fig. 7]

[Fig. 7]

Maître de Jacob Ruebens, Saint Jean l’Évangéliste à Patmos, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 15v°-16).

© Bruxelles, IRPA, X124846.

Un florilège cartusien et brugeois

  • 31 Leroquais 1927, p. XIV-XXIII.
  • 32 L’autre thème fréquemment utilisé dans les anciens Pays-Bas méridionaux est le Jugement dernier. Vo (...)
  • 33 Deschamps et Mulder 1999, p. 35.
  • 34 Il s’agit des psaumes 6, 31, 37, 50, 101, 129 et 142.
  • 35 Leroquais 1927, p. XXI.
  • 36 Stoelen 1947, p. 193, 194.
  • 37 Duffy 1992, p. 369, 372. Chez les chartreux, voir Guigues Ier 1984, chap. 14, § 3-4, p. 189.
  • 38 Cabrol 1910, p. 358, 394, 551.
  • 39 Sur l’origine de la litanie, voir Cabrol 1910, p. 70-72.
  • 40 Gailliard 1854, 2, p. 145 ; Carton 1859, p. 174 ; Van Speybrouck 1890, p. 9-11 ; van Outryve d’Ydew (...)
  • 41 Elles sont elles aussi absentes du calendrier.
  • 42 La base de données Beyond Use (http://www6.sewanee.edu/beyonduse/ (consultée le 31 décembre 2021) n (...)
  • 43 Une sainte Digne apparaît à plusieurs reprises sous cette forme dans les calendriers en moyen néerl (...)

9Les psaumes de la pénitence et la litanie – deuxième section du recueil – sont, avec le calendrier, deux textes qui ne peuvent manquer aux livres d’heures31. Conformément à la tradition, ils sont introduits par un David pénitent32 [fig. 8]. La traduction néerlandaise n’est pas celle, très courante, du getijdenboek de Geert Grote33. Parmi les chants attribués au roi David, les sept psaumes de pénitence34 sont ceux qui traduisent au mieux le regret du pécheur, son désir d’expiation et de pardon. Très tôt, ils sont associés aux rites funéraires et récités à l’enterrement des moines35. Chez les chartreux, on les lit après prime36. La pratique se répand ensuite chez les laïcs. Intégrés dans l’exercice quotidien de la prière, les sept psaumes deviennent l’une des principales prières d’intercession pour les morts37. Mais on les récite aussi en d’autres occasions rythmant la vie quotidienne du fidèle : bénédiction de cloches, réconciliation le Jeudi ou le Vendredi saint, ou en guise de prière après la confession38. Ils sont lus d’une traite avec la litanie, autre prière antique qui invoque une longue liste de saints, pour leur adresser ensuite des « pétitions » ou requêtes39. Cette énumération est précieuse, car elle offre bien souvent des indices de localisation qui peuvent ou non recouper ceux fournis par le calendrier. Dans le cas présent, les saints chartreux Hugues et Bruno figurent parmi les confesseurs, qui comptent aussi dans leurs rangs deux saints absents du calendrier : Willibrord d’Utrecht et Eeuhout (Ewoud), probablement saint Thibaut (Theobaldus), à qui deux chapelles étaient consacrées dans la banlieue ouest de Bruges, dans les paroisses de Sint-Andries et de Saint-Baafs40. Chez les vierges, on notera la présence de sainte Godelieve de Gistel et de sainte Walburge (Houberghe), toutes deux vénérées à Bruges41. Elles figurent en fin de liste, avec deux autres saintes dont je ne connais pas d’autre occurrence dans des litanies flamandes ou chartreuses : sainte Balbine42 et sainte Digne43.

[Fig. 8]

[Fig. 8]

Maître de Jacob Ruebens, David pénitent, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 20v°-21).

© Bruxelles, IRPA, Y003080.

[Fig. 9]

[Fig. 9]

Maître de Jacob Ruebens, David pénitent, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 22v°-23).

© Bruxelles, IRPA, X124848.

  • 44 Deschamps (†) et Mulder 2008, n° G13, p. 78-79.
  • 45 Deschamps (†) et Mulder 2008, n° G17, p. 80.
  • 46 Jos Bernaer suggère un lien éventuel avec la famille Haghebaert, attestée à Bruges au xvie siècle ( (...)

10Le dernier tiers du livre comporte neuf prières. Quatre d’entre elles accompagnent le fidèle qui reçoit les sacrements de l’eucharistie et de la pénitence : prières au Christ pour se préparer à la communion (fol. 43-44v° : O minnenlixste heere Iesu Christe)44 et après l’avoir reçue (fol. 44v°-47 : O heere Iesu Christe lof zij der grooter ontspreeckelijcker, minnelijcker ghoedertierenheyt)45 ; prières de réconciliation (fol. 48-51 : Ic arme zondich mensche), dont l’une composée par un certain « broeder Egghebaerts », peut-être un chartreux46 (fol. 53v°-56 : Ic aerme snoode mensche).

  • 47 Il s’agit de la traduction de la prière bien connue O lux et decus Hispaniae, qui figure déjà dans (...)
  • 48 Notons que sainte Anne apparaît en noir dans le calendrier à la date traditionnelle du 49 août. En (...)
  • 49 Pieter Dorlant est l’auteur de deux vitae de sainte Anne, l’une composée en latin, l’autre en néerl (...)
  • 50 Un livre de prières conservé à Utrecht (Museum Catharijneconvent, StCC h4, Gand ou Anvers, vers 150 (...)
  • 51 Brandenbarg 1992, p. 30-33. Sur la popularité de sainte Anne en Flandre : Toussaert 1963, p. 288-28 (...)
  • 52 English 1985b, p. 76-77.
  • 53 Sur ce couvent, voir van Outryve d’Ydewalle [1945] ; De Grauwe 1978b (avec bibliographie jusqu’en 1 (...)
  • 54 D’après Van Speybrouck, la gilde Sint Ewoud des sceppers (tailleurs) eut, à partir de 1533, son siè (...)
  • 55 Poznań, Muzeum Narodowe, inv. 211. Voir Martens 1998b. Un exemple un peu plus tardif est le triptyq (...)

11Trois prières sont adressées à des saints. Jacques le Majeur [fig. 2] occupe une place d’honneur en tant que patron de Jacob Ruebens (fol. 47-48 : O licht ande heere van Spaengien)47. En revanche, le choix d’une oraison à sainte Anne [fig. 4] (fol. 51-52v° : Dat rijcke der hemelen) ne s’explique pas avec autant d’évidence. Comme nous ne connaissons pas l’identité exacte ni le prénom de la dame figurée en prière dans la marge, il n’est pas certain qu’Anne soit sa patronne48. Sa présence pourrait fort bien témoigner de la popularité croissante que connaît la dévotion à la grand-mère du Christ dans les dernières années du xve et au xvie siècle, propagée, entre autres, par le chartreux Pieter Dorlant († 1508), moine de Zelem, près de Diest49. Modèle de vertu et de chasteté, sainte Anne était invoquée par celles qui cherchaient un mari ou désiraient un enfant50. Elle les accompagnait dans toutes les étapes de leur vie d’épouse et les réconfortait dans les épreuves de la grossesse, de l’accouchement et du veuvage51. En contexte brugeois, sa présence pourrait être liée à la fondation de la paroisse SainteAnne en 149652 ou à la chartreuse qui lui était dédiée, Sint-Anna-ter-Woestijne, un couvent de femmes fondé en 1350 à Sint-Andries53 dans le quartier où était également vénéré saint Ewoud, et qui pourrait être lié à la personne de Jacob Ruebens54. Notons en outre qu’Anne semble avoir occupé une place non négligeable dans la piété cartusienne. En témoigne un tableau flamand de la fin du xve siècle conservé à Poznań. Il montre, présenté par Jacques le Majeur, un moine de saint Bruno vénérant une sainte Anne trinitaire55.

  • 56 New York, Frick Collection, inv. 54.1.161. Voir Scholtens 1938. Plus récemment : Capron 2018.
  • 57 Berlin, Gemäldegalerie, inv. 523B. Sur ce tableau, voir Falque 2015. L’auteur (p. 223224) signale u (...)
  • 58 Scholtens 1938, p. 50-53.
  • 59 Hypothèse encore relayée par M. Ainsworth en 2004 et, tout récemment, par E. Capron. Voir Evans 200 (...)
  • 60 Borowski et Gerrard 2017, p. 1056-1100 (en particulier, p. 1060, 1062, 1068, 1075) ; Starnawska 201 (...)
  • 61 Mâle 1931, p. 185-187 ; Timmers 1974, n° 673, p. 238. Pour la Flandre française, voir van Gennep 19 (...)

12Tout aussi populaire chez les chartreux, sainte Barbe fait l’objet d’une troisième prière (fol. 52v°-53v° : O helighe maeghet Barbara) [fig. 10]. Le couvent de Cologne lui était dédié et c’est elle qui introduit le prieur de Genadedal, Jan Vos († 1462), à la Vierge à l’Enfant, tant dans le tableau eyckien de la Frick Collection de New York56 que dans celui de Berlin attribué à Petrus Christus57. En septembre 1443, Martin de Blija, évêque de Mayo et suffragant d’Utrecht, de passage à la chartreuse de Bruges, bénit solennellement trois tabulae, dont la principale a été identifiée avec le panneau de New York. Le prélat accorde une indulgence de quarante jours à tous ceux qui réciteraient devant le tableau un Pater et un Ave adressés à la Vierge ou à l’une des deux saintes représentées58. Quand Vos quitte Bruges pour devenir le prieur de la chartreuse de Nieuwlicht près d’Utrecht, il emporte les deux panneaux. Le plus grand est placé sur l’autel Sainte-Barbe de l’église conventuelle, consacré peu de temps auparavant, en octobre 1446. Cinq ans plus tard, à la demande du nouveau prieur, le chapitre général autorise Nieuwlicht à fêter chaque année solennellement la Sainte-Barbe. On impute souvent cette dévotion particulière de Jan Vos au fait qu’il avait commencé sa carrière ecclésiastique dans l’ordre des chevaliers teutoniques, voué à celle qui était la patronne des artilleurs59. Le chef de sainte Barbe conservé à Starogród (Pologne), dans l’État teutonique, était par ailleurs un haut-lieu de pèlerinage60. D’autres circonstances peuvent toutefois expliquer cette prédilection. Ainsi Scholtens insiste-t-il sur une attribution plus universelle de Barbe, invoquée dans toute la chrétienté contre la peste. Or la mort noire rôdait à Utrecht en 1450, lorsque Vos accéda au priorat. En outre, si l’on prend en compte le type de manuscrit dans lequel figure la prière, il est frappant de constater que Barbe est rarement absente des suffrages (prières aux saints) présents dans la plupart des livres de dévotion privée, en particulier dans les livres d’heures. Ce succès, elle le doit sans nul doute au fait qu’elle était invoquée contre la principale hantise du croyant médiéval : la « male mort », la mort subite, survenue sans qu’aient pu être administrés les derniers sacrements61.

[Fig. 10]

[Fig. 10]

Maître de Jacob Ruebens, Sainte Barbe, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 52v°).

© Bruxelles, IRPA, Y003087.

[Fig. 11]

[Fig. 11]

Maître de Jacob Ruebens, Sainte Barbe, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 58v°).

© Bruxelles, IRPA, X124856.

  • 62 Sur le rôle de l’imitation du Christ et de la méditation sur la Passion chez les chartreux, voir Na (...)
  • 63 Prière éditée par Leroquais 1927, 2, n° 36, p. 345 et Wilmart 1944, p. 264-269. Dans sa seconde par (...)
  • 64 La prière de Jésus 1963.
  • 65 McAodha 1969.
  • 66 Le passage supposé de Bernardin de Sienne et de Jean de Capistran à Bruges pourrait avoir stimulé c (...)
  • 67 Sur les liens étroits entre la devotio moderna et les chartreux, voir Lourdaux 1963 ; Gründler 1984 (...)
  • 68 Kruitwagen 1914, p. 336, 338.
  • 69 Voir l’exemple de Soignies : Desmette 2002.
  • 70 Pour ne citer que quelques exemples brugeois : Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. NAL 321 (...)
  • 71 Duffy 1992, p. 291. On notera en outre que la dévotion au nom de Jésus est associée à des pratiques (...)
  • 72 Kruitwagen 1914, p. 343.
  • 73 Mâle 1935, p. 325-332 ; Hausherr 1970, col. 402. Cette iconographie est adoptée par nombre de « pou (...)

13Les deux dernières prières du recueil s’adressent au Christ. L’une porte sur sa Passion (fol. 56-56vo : O heere Jesu Christe duer hu helich lijden), un thème de dévotion central chez les chartreux, où l’imitatio Christi est de mise62. L’autre est la traduction néerlandaise d’une prière latine au Saint Nom de Jésus, très courante, le O bone Jesu, o dulcissime Jesu63 (fol. 40vo-43 : O ghoeden Iesu, o alder ghoedertierenste Iesu) [fig. 12]. Très vivante dans le monde orthodoxe et la spiritualité hésychaste64, stimulée dans l’Église romaine par les franciscains, en particulier par des personnalités telles que Bernardin de Sienne († 1444)65 et Jean de Capistran († 1456), la dévotion au Saint Nom connaît un grand succès à la fin du xve et durant tout le xvie siècle. Elle gagne les anciens Pays-Bas66, occupant un rôle central dans les cercles de la devotio moderna, largement inspirés par la spiritualité cartusienne67. Son essor se traduit, dans la liturgie, par la création de messes et d’offices68 et, dans la vie associative, par la fondation de confréries69. Elle trouve aussi un écho dans les livres d’heures où la prière O bone Jesu devient assez courante dès le dernier quart du xve siècle70. Son ton sentimental est bien en accord avec le tournant affectif pris par la dévotion à l’extrême fin du Moyen Âge. L’oraison était en outre assortie de généreuses indulgences, ce qui contribua sans doute à son succès71. Elle fut traduite dans plusieurs langues vernaculaires, notamment en néerlandais72. Dans les livres d’heures, le O bone Jesu est souvent associé à la représentation de l’Enfant Jésus en Salvator mundi, bénissant d’une main, un globe crucifère dans l’autre, assis sur un coussin ou debout, une iconographie très populaire à la fin du xve siècle73.

[Fig. 12]

[Fig. 12]

Maître de Jacob Ruebens, Enfant Jésus en Salvator mundi, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 40v°).

© Bruxelles, IRPA, Y003084.

[Fig. 13]

[Fig. 13]

Maître de Jacob Ruebens, Enfant Jésus en Salvator mundi, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 46).

© Bruxelles, IRPA, X124853.

  • 74 Chiffoleau 1980.
  • 75 Sur la dévotion mariale chez les chartreux, voir Naber et Grossel 2009. Sur l’importance de son rôl (...)
  • 76 Bindel 2009.
  • 77 Comme me le suggère à juste titre Jos Bernaer.

14Le Livre de prières de Jacob Ruebens comporte donc une sélection de textes qui pouvaient accompagner son possesseur tant dans l’exercice quotidien de la prière, que lorsqu’il était invité à participer à des cérémonies sacramentelles : baptêmes, eucharisties, réconciliations ou onctions des malades. Certaines oraisons étaient gratifiées d’indulgences, ce qui en renforçait l’attrait auprès de croyants soucieux de leur salut, qui tenaient à jour une véritable « comptabilité de l’au-delà »74. D’autres ont pu être utilisées dans le cadre de pratiques superstitieuses. On notera en outre, hormis l’Ave Maria, l’absence remarquée de prières mariales, qui constituaient pourtant le cœur des livres d’heures. Ce choix semble difficilement imputable au copiste, quand on sait la place centrale qu’occupait la dévotion à Marie chez les chartreux75 et le fait que la plupart de leurs maisons étaient dédiées à la Mère de Dieu76. À moins que le recueil n’ait été précisément conçu comme une sorte de complément à un livre d’heures qu’aurait déjà possédé Jacob Ruebens77.

Le Maître de Jacob Ruebens

  • 78 En règle générale, les chartreux se limitaient aux travaux d’écriture et de reliure. Pour la décora (...)

15Quelques mots maintenant sur l’écriture, la décoration et l’illustration du Livre de prières de Jacob Ruebens. À l’évidence, le frère Hieronymus travaillait sobrement. De son écriture cursive, compacte mais emportée, il transcrit son texte en continu, sans se soucier de sauter une page quand il parvient à la fin d’une unité de texte. On l’observe très bien dans le calendrier, où les différents mois sont transcrits les uns à la suite des autres. La fin de décembre « mord » sur le début de la péricope de saint Jean [fig. 6] ; au fol. 47, la prière à saint Jacques ne commence pas en haut de la page [fig. 2], pas plus d’ailleurs que celle de sainte Anne, au fol. 51 [fig. 4]. Ces détails montrent bien que Vander Straten n’avait pas prévu l’insertion de miniatures dans le texte offert à son ami. Tout au plus avait-il réservé de larges bordures blanches et des espaces vides là où devait être peinte la décoration secondaire. C’est vraisemblablement Ruebens lui-même qui prit l’initiative de s’adresser à un professionnel pour compléter le livre78, peint dans le style illusionniste « ganto-brugeois » qui fut à la mode jusque dans la seconde moitié du xvie siècle. L’enlumineur ajouta quatre miniatures à pleine page réalisées sur des folios encartés tant bien que mal entre les pages de texte, ce qui devait accentuer encore le hiatus causé par la transcription en continu : en plusieurs endroits, la fin d’une prière, séparée par une illustration, se trouve orpheline, décalée de deux pages.

  • 79 Aux fol. 36 et 37, par exemple, où, à la place du O de « O alle helighe » a été peint un A, ou au f (...)

16Pour lier le texte et les images rapportées, l’enlumineur a peint des marges qui créent une unité visuelle au sein des doubles pages. Il a également ajouté des initiales et des bouts de ligne décorés, non sans commettre une erreur à l’occasion79.

  • 80 Comme l’a observé Alain Arnould (Arnould et Massing 1993, n° 31, p. 94).
  • 81 Il copie librement, en l’inversant, une composition que l’on trouve dans les Heures Da Costa (New Y (...)
  • 82 La Haye, Museum Meermanno, Ms. 10 E 4, fol. 95 (Gand (ou Anvers ?), vers 15101520). Sur ce manuscri (...)
  • 83 Un cadrage serré du buste de David et de la partie haute de sa harpe s’observe dans un livre d’heur (...)
  • 84 Voir, par exemple, les saintes Catherine, Barbe et Apollonie des Heures de Rouen (Bibliothèque muni (...)
  • 85 Voir, par exemple : Londres, British Library, Add. MS 18852, fol. 323 (Heures de Jeanne de Castille (...)

17Ce « Maître de Jacob Ruebens », comme je propose de l’appeler, puise, pour ses compositions, dans un répertoire traditionnel, en vigueur à Bruges dans l’entourage de Simon Bening († 1561). Tandis que la Sainte Anne trinitaire [fig. 4] est fondée sur un modèle partagé avec le maître et fidèlement copié80 [fig. 14], les liens sont plus lâches pour le Saint Jean à Patmos81 [fig. 6]. Le modèle du Saint Jacques [fig. 2] circulait lui aussi dans l’entourage de Bening. On en trouve un avatar très exact dans le Saint Roch d’un livre de prière conservé à La Haye, attribué à son entourage82 [fig. 15]. La figure monumentale du pèlerin, solidement campée sur son bourdon, panetière en bandoulière, un livre à la main, porte d’épaisses bottes fourrées et une cape rouge qui flotte au vent en dessinant d’élégantes arabesques. Dans le manuscrit de La Haye, le survêtement est en partie caché par l’ange qui a pris Roch sous son aile. Aux pieds du saint figure le chien nourricier, une miche de pain dans la gueule. L’autre actualisation du modèle – le Saint Jacques de Bruxelles [fig. 2] – occupe à lui seul toute la surface de la pleine page. Pour bien marquer son identité, les insignes du jacquet ont été peints sur le bord de son chapeau : deux bourdons croisés en sautoir, flanqués de coquilles. Je n’ai pu repérer chez Bening un David en prière pleinement comparable à celui du manuscrit de Bruxelles83 [fig. 8], mais le paysage à l’arrière de la miniature, avec l’imposant bâtiment sommé d’une tour qui se détache sur une ligne de frondaisons, Yahvé émergeant d’une trouée orangeâtre dans les nuées, l’arbre à tige grêle, à la couronne haute et clairsemée et aux branches pleureuses du premier plan, tous ces éléments appartiennent au répertoire formel du maître. Quant à Barbe [fig. 10], elle peut être comparée à d’innombrables saintes flamandes représentées debout, un livre à la main84. L’Enfant Jésus [fig. 12], enfin, fait lui aussi partie d’un type bien attesté dans la production enluminée brugeoise de la première moitié du xvie siècle85.

[Fig. 14]

[Fig. 14]

Simon Bening, Sainte Anne trinitaire. Dans la marge : Nativité de la Vierge, folio provenant des Heures d’Albert de Brandenbourg, Bruges, 1522-1523 (Cambridge, Fitwilliam Museum, MS 294c). D’après Morgan et Panayotova 2009, p. 237.

[Fig. 15]

[Fig. 15]

Entourage de Simon Bening, Saint Roch, Gand (ou Anvers ?), vers 1510-1520 (La Haye, Museum Meermanno, Ms. 10 E 4, f. 95 (détail)).

© La Haye, KB.

Un cas étrange de dédoublement

  • 86 Lieu de conservation inconnu. Je remercie Marc Van de Wiele de m’avoir permis de le consulter et de (...)
  • 87 Bruxelles, KBR, ms. IV 167 : ca 111 × 78 mm ; collection particulière : ca 100 × 75/73 mm. La réglu (...)

18Une découverte fortuite a fait progresser tout récemment la connaissance du Livre de prières de Jacob Ruebens. Il s’agit d’un manuscrit conservé en collection particulière, qui lui ressemble à s’y méprendre86. Un examen rapide montre que les deux livres, d’à peu près la même taille87, partagent le même texte et la même séquence d’images, et qu’en outre, des sosies des donateurs sont figurés dans la marge des mêmes pages, l’homme aux côtés de saint Jacques [fig. 2 et 3], la dame face à sainte Anne [fig. 4 et 5]. À mieux y regarder toutefois, des différences sensibles apparaissent assez vite entre les deux manuscrits. Elles montrent que le second recueil n’a pas été réalisé selon les mêmes techniques de production que son pendant bruxellois.

  • 88 Ce type de table apparaît dans nombre de livres d’heures imprimés. Il comporte l’année, la date de (...)
  • 89 En se faisant l’avocat du diable, on pourrait imaginer que Ruebens ait prêté son manuscrit à un tie (...)

19Ce double comporte une table de comput courant des années 1553 à 156888 (fol. 1). En outre, après une prière ajoutée, à réciter au moment d’aller dormir (Ik legge mijn hooft op tkusse) et le mot eynde (fol. 65vo), le livre se termine sur la date de 1553, vraisemblablement celle de la transcription, achevée six ans après le premier recueil. Les portraits des commanditaires – très vraisemblablement Jacob Ruebens [fig. 3] et son épouse89 [fig. 5] – les montrent en effet un peu plus âgés que dans le volume bruxellois [fig. 2 et 4], qui a très probablement servi de modèle.

  • 90 Bruxelles, KBR, ms. IV 167 : I8 (fol. 1-8), II8+1 (fol. 9-17), III8+1 (fol. 18-26), IV-V8 (fol. 27- (...)

20Les différences les plus sensibles entre les deux manuscrits se marquent dans l’écriture et la mise en page. Le travail est confié à un scribe dont la cursive est beaucoup plus régulière et posée que celle de Vander Straete. Loin de compacter ses lignes, il les aère en ménageant un certain espace entre les lettres et les mots. Il « décompresse » en quelque sorte l’écriture serrée de son modèle. Il respecte aussi scrupuleusement le découpage en unités textuelles et veille à commencer chaque prière importante au début d’une nouvelle page. Finies les lignes orphelines séparées du corps de leur texte par une miniature à pleine page. Si la mise en page est désormais conforme aux canons de la profession, elle exige aussi plus de place : au final, la copie occupe soixante-trois feuillets, soit sept de plus que l’original. Elle ne suit donc pas la répartition des cahiers du recueil de Bruxelles, comme le montre la collation bien distincte des deux livres90.

  • 91 Voir supra, n. 21.
  • 92 La Saint-Nicaise (14/12) a purement et simplement disparu.
  • 93 Grégoire (12/3), Ambroise (4/4), Augustin (28/8), Jérôme (30/9).
  • 94 Antoine (17/1), Benoît de Nursie (11/7), Bernard de Clairvaux (20/8).
  • 95 Amand (6/2), Éloi (25/6 et 1/12), Gilles (1/9).
  • 96 Voir English 1985a, p. 177.
  • 97 English 1951 ; English 1985b, p. 186-187. Sur le coffre à reliques de sainte Godelieve et la dévoti (...)

21Les prières ne sont pas non plus copiées à la lettre. Il ne faut pas procéder à un examen philologique approfondi pour s’en rendre compte. La comparaison de quelques lignes, prises au hasard, suffit à s’en persuader. Je m’attarderai ici aux deux textes importants pour la localisation du livre, ceux où se remarquent aussi les différences les plus flagrantes : le calendrier et la litanie. Dans le premier, il est frappant de constater que toutes les références explicites au monde chartreux ont été gommées : les fêtes de saint Bruno (6 octobre) et de saint Hugues (1er avril et 17 novembre), ainsi que les abstinentiae et la mention d’une festum candelarum91, ont disparu. On constate aussi un allégement dans le degré de solennité de dix-sept fêtes : originellement rubriquées à moitié en rouge, elles apparaissent ici en noir92. C’est le cas entre autres des quatre pères de l’Église d’Occident93, de figures marquantes du monachisme94, ainsi que de saints vénérés solennellement dans le diocèse de Tournai95. Même une importante fête mariale est dégradée, la Présentation de la Vierge au temple (21 novembre). Notons à cet égard que si Bavon de Gand (1er octobre) perd son rang, Donatien de Bruges (14 octobre) conserve le sien et saint Basile, patron de l’église qui recueillit la relique du Saint Sang96, est même promu, du mi-rouge au rouge. Les ajouts sont peu nombreux : Adrien de Grammont 4 mars), Thomas (3 juillet) et, surtout, le Jour des morts (2 novembre), étrangement oublié dans le manuscrit de Bruxelles. Plus significative est la substitution de l’octave de la Saints-Pierre-et-Paul par la fête de Godelieve de Gistel (6 juillet), célébrée à Bruges97. On observe donc un remodelage subtil du calendrier. Il se marque avant tout par la disparition des fêtes trop ouvertement cartusiennes, ce qui semble exclure l’idée que Hieronymus Vander Straete ait pu être le scribe du second recueil. À cela s’ajoute un dégraissage du rang de nombreuses solennités. En revanche, le caractère brugeois du calendrier est renforcé par l’ajout de Godelieve et la mention en rouge de Donatien et de Basile.

22Dans la litanie en néerlandais, le remaniement n’est pas aussi drastique. Quatre saints seulement ont disparu : les chartreux Bruno et Hugues, ce qui confirme le souci d’éradiquer toute référence cartusienne ; sainte Geneviève et surtout Balbine, dont nous avons signalé la rareté. En revanche, Eeuhoudt et Digne, tout aussi inhabituels, n’ont pas été passés au bleu, sans doute parce qu’ils devaient avoir une signification particulière pour le destinataire du livre.

  • 98 Ap. 12. D’autres épisodes de l’Apocalypse figurent à cet endroit chez Bening : dans le folio de Bro (...)
  • 99 Cambridge, Fitzwilliam Museum, MS 294c. Illustration dans Morgan et Panayotova 2009, n° 245, p. 237 (...)

23La décoration et l’enluminure du manuscrit sont confiées au même peintre que le recueil bruxellois. Il reste fidèle à l’original. Les compositions, sans être tout à fait identiques, sont très proches et l’on pourrait jouer au jeu des sept différences avec, par exemple, le David pénitent [fig. 9]. Dans le Saint Jacques [fig. 3] n’apparaissent que quelques variations de couleurs. Les insignes jacquaires figurant dans le bas de la page de texte ont disparu. Le Saint Jean [fig. 7] porte désormais un manteau rose. Derrière lui, sur le rocher situé à mi-plan, un arbre à double tronc s’est volatilisé. Toutefois, fidèle à son modèle, l’enlumineur répète un détail presque imperceptible, tracé de quelques coups de pinceau : dans le ciel, jaillis d’une nuée, saint Michel et un ange combattent des dragons98. Pour ce qui est de Sainte Anne [fig. 5], le triangle abritant sa structure trinitaire est copié verbatim. L’enlumineur a en revanche modifié sensiblement l’arrière-plan : la banquette herbeuse clôturée d’une claie garnie de rosiers cède la place à un paysage, où s’aperçoit l’enceinte de briques d’un domaine boisé entourant une imposante demeure. Ce décor est directement inspiré d’un modèle mis en œuvre par Simon Bening dans une page des Heures d’Albert de Brandenbourg99. Tout se passe donc comme si l’enlumineur était revenu à la source de son inspiration, en copiant directement le modèle de Bening plutôt que la composition modifiée du manuscrit de Bruxelles.

  • 100 Sur le problème de la distinction des mains, voir la notice très éclairante de T. Kren, M.W. Ainswo (...)

24Ces liens étroits avec le milieu beningien, l’intervention de l’enlumineur dans un livre de prières réalisé selon les normes de l’artisanat du livre brugeois, l’adaptation même du texte du calendrier afin d’en ôter la couleur cartusienne et le rendre plus conforme au formulaire local, tout ceci conforte l’idée que le Maître de Jacob Ruebens était un enlumineur laïc opérant à Bruges, sans attache privilégiée avec les chartreux. Malheureusement la grande uniformité du milieu « ganto-brugeois », son utilisation systématique de modèles, le caractère stéréotypé de sa production commerciale, l’abondance même de celle-ci, le manque de sources qui permettraient d’épingler des œuvres documentées, ne facilitent pas la distinction de personnalités artistiques dans l’entourage des grands maîtres100. Je tiens toutefois à mettre en évidence le peintre travaillant pour Jacob Ruebens, en espérant que d’autres œuvres pourront lui être attribuées.

Deux manuscrits frères

  • 101 Rien n’indique que Jacob Ruebens se rendit à Compostelle. Il n’apparaît pas, en tout cas, dans les (...)

25On pourrait spéculer longtemps sur les raisons qui poussèrent Jacob Ruebens à faire réaliser un duplicata de son livre de prières, six ans après avoir reçu le cadeau de son ami Hieronymus Vander Straete. La singularité du calendrier ne permet pas d’expliquer à elle seule cette décision, car le formulaire cartusien allégé n’empêchait pas Jacob de vivre au quotidien le déroulement de l’année liturgique brugeoise. Les changements opérés dans le double sont d’ailleurs assez minimes. Peut-être la dame représentée dans la marge de la Sainte Anne trinitaire – sans doute l’épouse de Ruebens – a-telle souhaité disposer de son propre exemplaire ? La disparition des insignes de pèlerin sous la prière adressée à saint Jacques pourrait être l’indice minime d’un changement de destinataire101.

  • 102 Muratova 1990.
  • 103 Sur le rôle de la transcription de textes dans l’apostolat silencieux mené par les chartreux, voir (...)
  • 104 On notera toutefois que le recueil s’achève sur une vingtaine de folios blancs, ce qui ne laisse pa (...)

26Quoi qu’il en soit, ces « manuscrits frères »102, que distinguent de légères variantes, nous confrontent à deux mondes et à deux modes de production diamétralement opposés. D’un côté un texte à vocation pastorale103, réalisé sans but lucratif par un contemplatif, dans le silence de son désert, avec le souci de rentabiliser au mieux l’espace offert par le coûteux support de parchemin104. Le frère Hieronymus fait don de son texte, encore à l’état brut, laissant à Jacob Ruebens le soin de le faire orner à sa guise. Dans l’esprit du religieux, cette décoration sera sobre, aussi ne prévoit-il pas la possibilité d’ajouter des scènes historiées. Face à cela, un destinataire plongé dans la vie active, pour qui le livre est autant un support de dévotion qu’un signe de prestige. Il décide donc de parer d’une riche décoration le texte dépouillé qu’il a reçu et le fait illustrer par un professionnel. Comme la mise en page ne s’y prête pas, l’enlumineur insère vaille que vaille des miniatures à pleine page face au début des quatre textes principaux. Il profite en deux endroits de larges espaces réservés à des initiales pour les munir de scènes historiées et parachève la décoration secondaire. Le résultat est un produit hybride, assez peu satisfaisant sur le plan visuel. Six ans plus tard, Ruebens confie la réalisation d’un double à des artisans laïcs. En bons professionnels, ils veillent à équilibrer texte et images pour produire un livre cette fois conforme aux normes de la librairie brugeoise. Mais ce faisant, ils aplanissent aussi toutes les aspérités qui faisaient le charme du livre de Hieronymus Vander Straete : la couleur cartusienne du calendrier et de la litanie, l’écriture singulière d’un copiste amateur, la mise en page bien intentionnée mais peu fonctionnelle du texte. Bref, le cadeau touchant, personnalisé, parfois maladroit mais réalisé avec cœur… d’un ami à un ami.

Il est agréable d’exprimer toute ma reconnaissance aux collègues qui ont bien voulu répondre à mes questions, en particulier, à Jos Bernaer, véritable puits de science en matière de spiritualité cartusienne, qui a également relu et commenté une première version de ce texte. Jean Luc Meulemeester, Rony Van Belle, Ludo Vandamme m’ont aiguillé très utilement dans la forêt dense de l’érudition brugeoise et les conseils de Roger Wieck m’ont, comme toujours, été particulièrement précieux. Merci aussi aux deux « pairs examinateurs » anonymes dont les remarques ont contribué à améliorer de façon significative le contenu de cette étude. Une version courte est parue en néerlandais : Vanwijnsberghe 2021.

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Notes

1 Sur ce concept très discuté, voir Martens 2011.

2 Sur cette vision, voir Smeyers 1998, p. 195-196. Le libraire joue un rôle central dans la production de manuscrits à Paris. Voir Rouse et Rouse 2000, 1, p. 14 et passim.

3 Smeyers et Vertongen 1993.

4 Kren 2005. Notons que, pour Joris C. Heyder, l’usage de modèles par de grands artistes, tel Simon Bening, s’expliquerait par une stratégie consciemment mise en œuvre, non pas pour gagner du temps, mais pour créer des produits de luxe parfaitement identifiables, bien distincts de la production d’ateliers rivaux, des « marques » de haut de gamme en quelque sorte, recherchées par une clientèle en quête des symboles de prestige. Cette hypothèse ne s’applique bien entendu pas au « tout-venant », à la production commerciale. Voir Heyder 2014.

5 As-Vijvers 2013, p. 352-362.

6 Une opinion partagée par S. McKendrick. Voir Kren et McKendrick 2003-2004, p. 63.

7 La notion de « modèle mental » a été bien étudiée par Delarue 2018.

8 Bruxelles, KBR, ms. IV 167. Sur ce livre, voir principalement Wittek 1991, n° 843, p. 18, pl. 1260-1261 ; Glorieux-De Gand 1991, n° 43, p. 142-143 ; notice de K. Smeyers, dans Smeyers et Van der Stock 1997, n° 41, p. 298-299 ; Deschamps et Mulder 1999, p. 35-36. Les pages enluminées peuvent être visionnées en ligne sur le site BALaT de l’IRPA : http://balat.kikirpa.be/object/20049708 (consulté le 31 décembre 2021).

9 Sur la chartreuse de Genadedal, voir Scholtens 1947 ; Vandemeulebroucke 1965 ; De Grauwe 1978a (avec bibliographie jusqu’en 1978) ; Roose 1996, passim ; Declercq 2018, p. 193 ; Vandamme 2019.

10 De Grauwe 1976, p. 149 ; De Grauwe 1978a, p. 1213, n. 10 ; Esther, De Grauwe et Desmet 1980, p. 62 ; De Grauwe et Timmermans 1999, p. 142.

11 Un Jacob Reubens est signalé en 1580 dans les registres des « Zestendeelen » (cadastre de la ville) comme habitant la Cortevulderstrate (Korte Vulderstraat, entre le Zand et l’église Saint-Sauveur). Il est toutefois peu probable qu’il s’agisse du Jacob Ruebens mentionné trente ans plus tôt dans le colophon du manuscrit bruxellois. Voir Gilliodts van Severen 1893, p. 150. Notons que le patronyme Reubens apparaît plus tôt à Bruges. Ainsi une dame de la famille patricienne Metteneye, Louise, fille de Denis (1443), épouse-t-elle en troisièmes noces un certain Winoc Reubens, dont l’origine brugeoise n’est, il est vrai, pas assurée (Gailliard 1860, p. 173). – Jos Bernaer me signale que la famille brugeoise Ruebs (également orthographiée Ru(e)ps) était proche des milieux cartusiens. Son représentant le plus notable, Jacobus Ruebs († 1460) fut prieur des chartreuses de Gosnay et de Gand ; plusieurs moniales de Sint-Anna-ter-Woestijne à Bruges portent ce nom, parmi lesquelles Maria, attestée en 1554 (van Outryve d’Ydewalle [1945], p. 147-148, n. 1).

12 Stoelen 1947, p. 205, 207 ; Guigues Ier 1984, chap. 29-31, p. 227-233.

13 Guigues Ier 1984, chap. 80, p. 287-295 et passim.

14 Molvarec 2013.

15 Molvarec 2013, p. 44-49.

16 Scholtens 1947, p. 139-140.

17 Baelde 1984. Les Consuetudines de Guigues Ier (1128) prévoient des dispositions pour les convers fuyards : Guigues Ier 1984, chap. 74, § 1, 77, p. 281, 283-284.

18 Très typiques sont, par exemple, les prothèses de « h » (hu/u, huut/uut, huwe/uwe) ou la palatalisation de certaines voyelles (vul/vol, upghevoet/opghevoet, ghesturt/ghestort). Voir van Loey 1976, § 113, 121, 122. Une analyse plus fine, qui dépasse mes compétences, pourrait montrer si le texte présente les caractéristiques du west-flamand parlé à Bruges.

19 Sur le calendrier cartusien, voir Grotefend 1891-1898 ; Leroquais 1934, p. CII-CIV ; du Moustier et Hourlier 1957, p. 151-161. L’étude du calendrier du manuscrit de Bruxelles et de son double a été grandement facilitée par un fichier Excel que Jos Bernaer a eu la gentillesse de mettre au point.

20 C’est le cas de 29 des 67 fêtes rubriquées. Je ne connais pas d’autre exemple de ce système de gradation, qui pourrait correspondre à un degré intermédiaire de solennité. Avec mes remerciements à Roger Wieck pour ses remarques sur cette singularité.

21 À signaler aussi, la mention à trois reprises et en noir d’une abstinentia, la veille de la Saint-Bruno (5 octobre), de la Conceptio Mariae (7 décembre) et de la Noël (24 décembre). La première est ordonnée par une décision du chapitre général de 1515. Voir Lefebvre 1883, document 20, p. 511. Notons encore la mention rubriquée d’une [festum] candelarum, fête solennelle à l’occasion de laquelle des cierges étaient allumés, ici le 1er novembre (Toussaint). Ces indications ont probablement été oubliées par le scribe qui copiait, en le simplifiant, un calendrier liturgique.

22 Des reliques de saint Boniface étaient conservées à l’église Notre-Dame. Elles furent transférées en grande pompe dans une nouvelle châsse en 1471. Voir AASS Junii 1695, p. 495-496.

23 Sur le calendrier brugeois, voir Plummer 1988, p. 153-156. À prendre cum grano salis, puisqu’un des livres d’heures du corpus (New York, Morgan Library and Museum, MS M 285), est un manuscrit hainuyer. Voir aussi la table des fêtes régionales publiée dans Clark 2000, p. 289-330.

24 Le calendrier est amputé de trente-six fêtes cartusiennes, parmi lesquelles Polycarpe (26/1) ou la Fête des reliques (8/11).

25 Genadedal possédait des ouvrages en moyen néerlandais, le Spiegel historiael de Jacob van Maerlant, par exemple. Voir Hendrickx 1973, p. 249-255. La chartreuse d’Hérinnes (Herne), près d’Enghien, était par ailleurs un important centre de copie de textes en langue vulgaire, également à destination de commanditaires laïcs. Voir Kwakkel 2002. Genadedal a pu suivre l’exemple d’Hérinnes : Desplenter 2015, p. 115 (je remercie Ludo Vandamme de m’avoir fait connaître cette référence).

26 Bloomfield 1955 ; Duffy 1992, p. 215 ; Skemer 2006, p. 67, 153, 216 ; Delumeau et Cottret 2010, p. 342.

27 Axters 1956, p. 390-391 ; Brayer et Bouly de Lesdain 1969, p. 71 et passim ; Schmitt, p. 346 ; Oosterman 1995, 1, p. 94. Les trois prières apparaissent aussi dans le Doctrinal aux simples gens ou Doctrinal de Sapience, un manuel de pastorale largement répandu. Voir Hasenohr 1992, p. 387-388.

28 Wieck 2002 ; Rudy 2006 ; Van Orden 2006.

29 Toussaert 1963, p. 347. Sur le rosaire, une dévotion que les chartreux rhénans contribuèrent à élaborer et à diffuser, avec des figures importantes telles Henri Egher de Kalkar († 1408) et Dominique de Prusse († 1460), voir Smeyers 1994 ; As-Vijvers 2007 (avec bibliographie). Le rosaire associe généralement des séries d’Ave entrecoupées de Pater, en nombre variable. Le Credo est également récité dans certaines variantes, tel le rosaire des brigittines. Voir Van den Oudendijk Pieterse 1939, p. 170 (cité dans As-Vijvers 2007, p. 50, n. 20). Cette prière n’est définitivement intégrée au rosaire qu’au xvie siècle. Voir Winston-Allen 1997, p. 2-3 (cité dans As-Vijvers 2007, p. 50, n. 22).

30 Cabrol 1910, p. 485.

31 Leroquais 1927, p. XIV-XXIII.

32 L’autre thème fréquemment utilisé dans les anciens Pays-Bas méridionaux est le Jugement dernier. Voir Wieck 1988, p. 97-98.

33 Deschamps et Mulder 1999, p. 35.

34 Il s’agit des psaumes 6, 31, 37, 50, 101, 129 et 142.

35 Leroquais 1927, p. XXI.

36 Stoelen 1947, p. 193, 194.

37 Duffy 1992, p. 369, 372. Chez les chartreux, voir Guigues Ier 1984, chap. 14, § 3-4, p. 189.

38 Cabrol 1910, p. 358, 394, 551.

39 Sur l’origine de la litanie, voir Cabrol 1910, p. 70-72.

40 Gailliard 1854, 2, p. 145 ; Carton 1859, p. 174 ; Van Speybrouck 1890, p. 9-11 ; van Outryve d’Ydewalle 1930, p. 94-96 ; Van Coppenolle 1935, p. 23-25 ; van Outryve d’Ydewalle 1951, p. 205-213 ; English 1985a, p. 139-141 (avec mes remerciements à Jean Luc Meulemeester, qui m’a aidé à traquer Ewoud à Bruges). Le fait qu’Eeuhout soit repris dans la liste des confesseurs plaide en faveur de l’hypothèse d’English, qui rejette une identification avec les deux Ewald, prêtres et martyrs fêtés le 3 octobre. On notera en outre que les rares Ewald signalés à cette date dans les calendriers en moyen néerlandais le sont sous la forme : « twee Ewouden ». Dans un cas, la fête est orthographiée « sint Tewoude » (Gailliard et de Vreese 1913, p. 62). L’adjonction du « t » offre, en l’occurrence, une indication précieuse de la confusion qui pouvait exister entre Ewaldus et Theobaldus.

41 Elles sont elles aussi absentes du calendrier.

42 La base de données Beyond Use (http://www6.sewanee.edu/beyonduse/ (consultée le 31 décembre 2021) ne mentionne qu’une seule autre occurrence de Balbine, martyre romaine, dans la litanie d’un livre d’heures à l’usage de Sarum (Salisbury) et de Rome conservé à New York (Morgan Library and Museum, MS M 105, Rouen, vers 1420-1425). Balbine apparaît en revanche assez régulièrement, à la date du 31 mars, dans des calendriers en néerlandais (Gailliard et de Vreese 1913, p. 55 ; Gailliard et de Vreese 1914, p. 14, 79). Elle est mentionnée dans le nécrologe de la chartreuse de Nieuwlicht près d’Utrecht (Van Hasselt 1886, p. 253). Les relations entre Genadedal et Nieuwlicht étaient étroites (voir infra).

43 Une sainte Digne apparaît à plusieurs reprises sous cette forme dans les calendriers en moyen néerlandais à la date du 15 mai, fête de sainte Dymphne de Geel (Gailliard et de Vreese 1907, p. 22 ; Gailliard et de Vreese 1911, p. 33 ; Gailliard et de Vreese 1919-1920, p. 31 ; sous la forme Dymne, Gailliard et de Vreese 1913, p. 72). Dymphne figure à la date du 30 mai dans le nécrologe de Nieuwlicht (Van Hasselt 1886, p. 273). On notera en outre que le prénom Digne n’était pas inconnu à Utrecht. C’est celui de Digna Sas, tante de trois chartreux de Nieuwlicht, qui est représentée avec ses neveux sur un Triptyque de la Dernière Cène, peint par un anonyme utrechtois vers 1520 (Utrecht, Centraal Museum, inv. 31 199). Voir Scholtens 1952, p. 157-166. Sur la confusion entre Digne et Dymphne, voir le Nederlandse Voornamenbank du Meertens Instituut : https://www.meertens.knaw.nl/nvb/verklaring/naam/Digna (consulté le 31 mars 2022). – Il faudrait expliquer aussi la présence d’Élisée parmi les patriarches et prophètes, et celle d’Albert chez les confesseurs, des saints qui suggèrent un lien avec l’ordre des carmes. La base de données Beyond Use (supra, n. 42) ne recense aucun exemple d’Élisée et un seul d’Albert, dans les fameuses Très-Riches Heures du duc de Berry (Chantilly, Bibliothèque du château, ms. 65, fol. 73).

44 Deschamps (†) et Mulder 2008, n° G13, p. 78-79.

45 Deschamps (†) et Mulder 2008, n° G17, p. 80.

46 Jos Bernaer suggère un lien éventuel avec la famille Haghebaert, attestée à Bruges au xvie siècle (courriel du 11 mai 2021).

47 Il s’agit de la traduction de la prière bien connue O lux et decus Hispaniae, qui figure déjà dans le premier livre du Codex Calixtinus (chapitre 23). Sur la prière en moyen néerlandais : van Herwaarden 1997, 1, p. 237, n. 98.

48 Notons que sainte Anne apparaît en noir dans le calendrier à la date traditionnelle du 49 août. En revanche, elle figure en tête des vierges dans les litanies, avant Marie Madeleine, comme c’est le cas dans près d’un cinquième des livres d’heures. Voir les statistiques d’Erik Drigsdahl : http://manuscripts.org.uk/chd.dk/tutor/lithiera.html (consulté le 31 décembre 2021).

49 Pieter Dorlant est l’auteur de deux vitae de sainte Anne, l’une composée en latin, l’autre en néerlandais à l’usage de religieuses cloîtrées. Voir Hendrickx 1984, p. 114, 233-237 ; Brandenbarg 1992, p. 25-26.

50 Un livre de prières conservé à Utrecht (Museum Catharijneconvent, StCC h4, Gand ou Anvers, vers 1500) comporte la représentation d’un couple en prière devant la Vierge à l’Enfant (f. 20v°). Ce manuscrit possédait également une Sainte Anne à pleine page, aujourd’hui disparue. La sainte apparaissant en rouge dans le calendrier, on a suggéré qu’il aurait pu s’agir d’un cadeau de mariage, puisque Anne était la patronne des familles (voir la notice A.M. As-Vijvers dans As-Vijvers et Korteweg 2018, n° 79, p. 292-293). Un manuscrit étonnamment similaire à celui d’Utrecht, sans toutefois être son parfait jumeau, a été décrit en 1991 dans un catalogue de l’antiquariat Tenschert (König 1991, n° 26, p. 444-455). Avec mes remerciements à l’un des pairs examinateurs pour avoir attiré mon attention sur ces deux livres de prières.

51 Brandenbarg 1992, p. 30-33. Sur la popularité de sainte Anne en Flandre : Toussaert 1963, p. 288-289. Voir aussi les nombreuses chansons populaires (Sinte-Annaliedjes) encore entonnées dans les Flandres au XIXe siècle : de Coussemaker 1930, p. 317-330.

52 English 1985b, p. 76-77.

53 Sur ce couvent, voir van Outryve d’Ydewalle [1945] ; De Grauwe 1978b (avec bibliographie jusqu’en 1978) ; Roose 1996, passim. Ajoutons que la paroisse Sint-Andries est traversée par l’artère qui relie Bruges à Gistel, lieu de l’important pèlerinage à sainte Godelieve, elle aussi mentionnée dans les litanies.

54 D’après Van Speybrouck, la gilde Sint Ewoud des sceppers (tailleurs) eut, à partir de 1533, son siège à la chapelle Sainte-Anne de l’église Notre-Dame (Van Speybrouck 1890, p. 11).

55 Poznań, Muzeum Narodowe, inv. 211. Voir Martens 1998b. Un exemple un peu plus tardif est le triptyque attribué à Pieter I Claeissens conservé à Bergen op Zoom (Markiezenhof), qui associe, autour d’un Christ de pitié, la Sainte Anne trinitaire et un chartreux présenté par saint Corneille. Voir Martens 1998a, n° 120, p. 150. Jos Bernaer me signale un autre exemple, hollandais celui-là : Aix-la-Chapelle, Suermondt Ludwig-Museum, inv. GK 1526 (Maître de Francfort, Delft, vers 1509-1520).

56 New York, Frick Collection, inv. 54.1.161. Voir Scholtens 1938. Plus récemment : Capron 2018.

57 Berlin, Gemäldegalerie, inv. 523B. Sur ce tableau, voir Falque 2015. L’auteur (p. 223224) signale un autre tableau, un diptyque représentant un chartreux en prière patronné lui aussi par sainte Barbe et vénérant une sainte Anne trinitaire, inv. GG 13 (Maître du Diptyque de Braunschweig, Haarlem, fin du XVe siècle).

58 Scholtens 1938, p. 50-53.

59 Hypothèse encore relayée par M. Ainsworth en 2004 et, tout récemment, par E. Capron. Voir Evans 2004, p. 575 ; Capron 2018, p. 40-44. L’auteur souligne en outre la résonance qu’a pu avoir l’épisode du confinement de Barbe dans sa tour avec la vie recluse des chartreux.

60 Borowski et Gerrard 2017, p. 1056-1100 (en particulier, p. 1060, 1062, 1068, 1075) ; Starnawska 2017, p. 203-212. Les chevaliers teutoniques célébraient la Sainte-Barbe avec la plus grande solennité, le 4 décembre. Voir leur calendrier, dans Grotefend 1891-1898. Notons que, lors de son voyage de Prusse, l’homme de cour et ambassadeur bourguignon Guillebert de Lannoy passe par à Starogród (Althausen) en 1414 et atteste de la vitalité du pèlerinage à sainte Barbe (Potvin 1878, p. 46).

61 Mâle 1931, p. 185-187 ; Timmers 1974, n° 673, p. 238. Pour la Flandre française, voir van Gennep 1935, p. 404-406.

62 Sur le rôle de l’imitation du Christ et de la méditation sur la Passion chez les chartreux, voir Nabert 2010, p. 259-371. Concernant leur impact sur des œuvres d’art commandées ou reçues par les chartreux : Hedeman 1995. Notons que l’Imitation du Christ de l’augustin Thomas a Kempis († 1471), véritable « best-seller » de la littérature spirituelle, fut largement propagée par les chartreux. Voir Gourdel 1953, col. 754.

63 Prière éditée par Leroquais 1927, 2, n° 36, p. 345 et Wilmart 1944, p. 264-269. Dans sa seconde partie, elle paraphrase un passage de la seconde Méditations de saint Anselme de Cantorbéry (Migne 1984, col. 724C-725B). Voir aussi Duffy 1992, p. 236 ; Carsley 1992, p. 168. L’attribution de l’O bone Jesu à saint Bernardin de Sienne, mentionnée dans de nombreux livres de dévotion, n’est pas établie. Voir Pacetti 1945, p. 63-64.

64 La prière de Jésus 1963.

65 McAodha 1969.

66 Le passage supposé de Bernardin de Sienne et de Jean de Capistran à Bruges pourrait avoir stimulé cette dévotion au niveau local. Voir Dirks 1885, p. XVII-XVIII ; Rouyer 1897, p. 198-200 ; Kruitwagen 1914, p. 331-332.

67 Sur les liens étroits entre la devotio moderna et les chartreux, voir Lourdaux 1963 ; Gründler 1984, p. 27-45. – Concernant l’influence des chartreux sur Geert Grote, lors de son séjour à la chartreuse de Monnikhuizen près d’Arnhem, voir Épiney-Burgard 1970, p. 51-57. – Sur l’importance de la dévotion au Saint Nom chez les chartreux, voir Brantley 2007, p. 178-195. Notons que le O bone Jesu est parfois attribué à un chartreux de Sheen, le mystique Richard Rolle († 1349), auteur de l’Oleum effusum, un texte qui contribua au succès de la dévotion au Saint Nom (Wilmart 1944, p. 264, 272-280).

68 Kruitwagen 1914, p. 336, 338.

69 Voir l’exemple de Soignies : Desmette 2002.

70 Pour ne citer que quelques exemples brugeois : Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. NAL 3217, fol. 225v°-228 (Bruges, vers 1480) ; Londres, British Library, Add. MS. 18852, fol. 323 (Bruges, vers 1500) ; Baltimore, Walters Art Museum, MS W 434, fol. 13 (Bruges ?, vers 1500) ; New York, Morgan Library and Museum, MS M 390, fol. 189v° (Bruges, début du XVIe siècle) et MS M 1175, fol. 205v° (Bruges, vers 1525-1530). On en retrouve une version néerlandaise dès les années 1480 (New York, Morgan Library and Museum, MS 1178, fol. 9). Autres exemples, également dans des incunables, dans Kruitwagen 1914, p. 343, n. 2.

71 Duffy 1992, p. 291. On notera en outre que la dévotion au nom de Jésus est associée à des pratiques superstitieuses, qui lui prêtent un pouvoir de protection contre le mal et les dangers de toutes sortes. Voir The Devotion to the Holy Name 1948 ; McAodha 1969, p. 40. Pour saint Bernardin lui-même, le Saint Nom offrait une protection contre les démons, la peste et autres revers de fortune. Voir Skemer 2006, p. 115. Même si la récitation du O bone Jesu n’est pas attestée dans ce contexte, elle a sans doute pu être utilisée pour conjurer les forces du mal.

72 Kruitwagen 1914, p. 343.

73 Mâle 1935, p. 325-332 ; Hausherr 1970, col. 402. Cette iconographie est adoptée par nombre de « poupées malinoises », ces statuettes produites en masse au début du XVIe siècle et généralement liées aux pratiques dévotionnelles des religieuses. Voir, à ce sujet : Wentzel 1954 ; Cayron et Steyaert 2019, p. 48-49.

74 Chiffoleau 1980.

75 Sur la dévotion mariale chez les chartreux, voir Naber et Grossel 2009. Sur l’importance de son rôle en tant que Salvatrix mundi, par la compassion qu’elle montre lors de la Passion du Christ, un thème de dévotion central dans la spiritualité cartusienne, voir von Simson 1953, p. 14-15.

76 Bindel 2009.

77 Comme me le suggère à juste titre Jos Bernaer.

78 En règle générale, les chartreux se limitaient aux travaux d’écriture et de reliure. Pour la décoration de leurs propres livres, ils s’adressaient à des ateliers laïcs. Voir Scholtens 1949, p. 375-376.

79 Aux fol. 36 et 37, par exemple, où, à la place du O de « O alle helighe » a été peint un A, ou au fol. 36v°, où le O est couvert par le grand S de « Sinte Dijonijs » peint sur deux lignes. Le A du fol. 38 (Alle helighe) est correct quant à lui.

80 Comme l’a observé Alain Arnould (Arnould et Massing 1993, n° 31, p. 94).

81 Il copie librement, en l’inversant, une composition que l’on trouve dans les Heures Da Costa (New York, Morgan Library and Museum, MS M 399, fol. 111v° et dans un folio conservé à Brooklyn (Brooklyn Museum, inv. 11.505). Comme l’a montré James Marrow, celle-ci dérive d’un modèle attesté à Gand dès les années 1480 dans les Heures berlinoises de Marie de Bourgogne (Berlin, Staatliche Museen, Kupferstichkabinett, ms. 78 B 12, fol. 74) et vers 1490-1495 dans les Heures de Louis Quarré (Oxford, Bodleian Library, MS Douce 311, fol. 55v°). Voir Marrow 1984, p. 543-546. Pour une autre interprétation de ce thème : Bruxelles, KBR, ms. 8840, fol. 21.

82 La Haye, Museum Meermanno, Ms. 10 E 4, fol. 95 (Gand (ou Anvers ?), vers 15101520). Sur ce manuscrit, voir la notice d’A.M. As-Vijvers, dans As-Vijvers et Korteweg 2018, n° 80, p. 294-295.

83 Un cadrage serré du buste de David et de la partie haute de sa harpe s’observe dans un livre d’heures conservé à Bruxelles (KBR, ms. 8840, fol. 59). Illustration dans Testa 1996, p. 7, fig. 16.

84 Voir, par exemple, les saintes Catherine, Barbe et Apollonie des Heures de Rouen (Bibliothèque municipale, ms. 3028 (Leber 142), fol. 242, 243 et 245). Dans le Livre de prières de Jacob Ruebens, Barbe, libérée de son attribut, la tour représentée à l’arrière-plan, tient son livre à deux mains.

85 Voir, par exemple : Londres, British Library, Add. MS 18852, fol. 323 (Heures de Jeanne de Castille, Bruges ou Gand, entre 1496 et 1506) ; New York, Morgan Library and Museum, MS M 1175, fol. 205v° (Bruges, vers 1525-1530) et MS M 1178, fol. 9 (Heures Warburg, Anvers, vers 1480-1490) ; Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana, ms. Vat. lat. 3769, fol. 140 (Heures de Jean de Pallandt, Gand, vers 1500).

86 Lieu de conservation inconnu. Je remercie Marc Van de Wiele de m’avoir permis de le consulter et de le faire photographier en mai 2018. Les pages enluminées peuvent être visionnées en ligne sur le site BALaT de l’IRPA : http://balat.kikirpa.be/object/11059078 (consulté le 31 décembre 2021).

87 Bruxelles, KBR, ms. IV 167 : ca 111 × 78 mm ; collection particulière : ca 100 × 75/73 mm. La réglure est pratiquement identique : 15 lignes réglées sur respectivement ca 77 et 75 mm × 50 mm.

88 Ce type de table apparaît dans nombre de livres d’heures imprimés. Il comporte l’année, la date de Pâques, le nombre d’or et la lettre dominicale, également pour les années bissextiles. Voir Wieck 2018, p. 12-13. Le manuscrit de Bruxelles possède également une telle table, courant des années 1544 et 1559 (fol. 1).

89 En se faisant l’avocat du diable, on pourrait imaginer que Ruebens ait prêté son manuscrit à un tiers qui en aurait fait réaliser une copie, ou que le texte était plus généralement disponible à Bruges. Mais il faudrait alors admettre qu’il ne s’adressait qu’à un segment réduit de la population, à savoir : des couples dont le mari portait le prénom de Jacob, ce qui semble assez peu probable.

90 Bruxelles, KBR, ms. IV 167 : I8 (fol. 1-8), II8+1 (fol. 9-17), III8+1 (fol. 18-26), IV-V8 (fol. 27-42), VI8+2 (fol. 43-52), VII-IX8 (fol. 53-76) ; collection particulière : I-II (fol. 1-15 – structure incertaine), III8+1 (fol. 16-24), IV-VI8 (fol. 25-48), VII8+1 (fol. 4957), VIII8 (fol. 58-65). On notera que, dans le second recueil, la Sainte Anne (fol. 56v°) n’est pas peinte sur un folio séparé, mais sur un bifolio de texte (fol. 50-56), ce qui suppose une coordination rigoureuse des travaux d’écriture et d’enluminure.

91 Voir supra, n. 21.

92 La Saint-Nicaise (14/12) a purement et simplement disparu.

93 Grégoire (12/3), Ambroise (4/4), Augustin (28/8), Jérôme (30/9).

94 Antoine (17/1), Benoît de Nursie (11/7), Bernard de Clairvaux (20/8).

95 Amand (6/2), Éloi (25/6 et 1/12), Gilles (1/9).

96 Voir English 1985a, p. 177.

97 English 1951 ; English 1985b, p. 186-187. Sur le coffre à reliques de sainte Godelieve et la dévotion dont elle faisait l’objet à l’abbaye Sint-Anna-ter-Woestijne, voir De Puydt 2021, p. 43-53. Je remercie Jean Luc Meulemeester d’avoir attiré mon attention sur cette référence.

98 Ap. 12. D’autres épisodes de l’Apocalypse figurent à cet endroit chez Bening : dans le folio de Brooklyn (voir supra, n. 81), la Femme de l’Apocalypse, debout sur un croissant de lune (Ap. 12), apparaît dans une nuée, tandis que les chevaliers de l’Apocalypse (Ap. 6) traversent l’arrière-plan au galop ; les Heures da Costa (supra, n. 81) présentent le combat de la Femme et du dragon à sept têtes, qui, en conformité avec le texte biblique, est peint en rouge dans les Heures Hennessy (Bruxelles, KBR, ms. II 158, fol. 14v°) et dans les Heures de Stockholm-Kassel (Stockholm, Kungliga Biblioteket, MS A 227, fol. 59. Illustration dans Wolf 1981, fig. 32), tandis qu’il apparaît en ton sur ton au fol. 59 des Heures de Rouen (supra, n. 84).

99 Cambridge, Fitzwilliam Museum, MS 294c. Illustration dans Morgan et Panayotova 2009, n° 245, p. 237. D’autres variantes avec un paysage de ville s’observent au fol. 241 des Heures de Rouen (supra, n. 84) et dans un folio présenté par l’Antiquariat Jörn Günther à la TEFAF en 2019 (provenant d’une collection particulière suisse).

100 Sur le problème de la distinction des mains, voir la notice très éclairante de T. Kren, M.W. Ainsworth et E. Morrison consacrée au Bréviaire Grimani (Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, ms. lat. I, 99 (2138), dans Kren et McKendrick 2003-2004, n° 126, p. 420-424.

101 Rien n’indique que Jacob Ruebens se rendit à Compostelle. Il n’apparaît pas, en tout cas, dans les nombreux documents relatifs aux pèlerins brugeois dépouillés par Antoon Viaene (Viaene 1982). Et si c’était le cas malgré tout, la disparition des insignes dans le second recueil pourrait indiquer que son/sa destinataire n’avait pas de lien direct avec le pèlerinage.

102 Muratova 1990.

103 Sur le rôle de la transcription de textes dans l’apostolat silencieux mené par les chartreux, voir Guigues Ier 1984, chap. 28, § 3-4, p. 225 ; De Meyer et De Smet 1951, p. 54-56.

104 On notera toutefois que le recueil s’achève sur une vingtaine de folios blancs, ce qui ne laisse pas, à juste titre, d’étonner K. Smeyers (Smeyers et Van der Stock 1997, p. 209).

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Table des illustrations

Titre [Fig. 1]
Légende Colophon du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 20 juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 56v°).
Crédits © Bruxelles, IRPA, Y003088.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 395k
Titre [Fig. 2]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Saint Jacques le Majeur. Dans la marge : Jacob Ruebens en prière, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 46v°-47).
Crédits © Bruxelles, IRPA, Y003078.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 443k
Titre [Fig. 3]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Saint Jacques le Majeur. Dans la marge : Jacob Ruebens en prière, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 52v°-53).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X124854.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 449k
Titre [Fig. 4]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Sainte Anne trinitaire. Dans la marge : l’épouse ( ?) de Jacob Ruebens en prière, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 50v°-51).
Crédits © Bruxelles, IRPA, Y003081.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 415k
Titre [Fig. 5]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Sainte Anne trinitaire. Dans la marge : l’épouse ( ?) de Jacob Ruebens en prière, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 56v°-57).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X124855.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 452k
Titre [Fig. 6]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Saint Jean l’Évangéliste à Patmos, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 14v°-15).
Crédits © Bruxelles, IRPA, Y003079.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 408k
Titre [Fig. 7]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Saint Jean l’Évangéliste à Patmos, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 15v°-16).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X124846.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 433k
Titre [Fig. 8]
Légende Maître de Jacob Ruebens, David pénitent, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 20v°-21).
Crédits © Bruxelles, IRPA, Y003080.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 435k
Titre [Fig. 9]
Légende Maître de Jacob Ruebens, David pénitent, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 22v°-23).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X124848.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 470k
Titre [Fig. 10]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Sainte Barbe, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 52v°).
Crédits © Bruxelles, IRPA, Y003087.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 461k
Titre [Fig. 11]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Sainte Barbe, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 58v°).
Crédits © Bruxelles, IRPA, X124856.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 597k
Titre [Fig. 12]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Enfant Jésus en Salvator mundi, miniature du Livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, après juillet 1547 (Bruxelles, KBR, ms. IV 167, f. 40v°).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 497k
Titre [Fig. 13]
Légende Maître de Jacob Ruebens, Enfant Jésus en Salvator mundi, miniature du Second livre de prières de Jacob Ruebens, Bruges, 1553 (Collection particulière, f. 46).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 607k
Titre [Fig. 14]
Légende Simon Bening, Sainte Anne trinitaire. Dans la marge : Nativité de la Vierge, folio provenant des Heures d’Albert de Brandenbourg, Bruges, 1522-1523 (Cambridge, Fitwilliam Museum, MS 294c). D’après Morgan et Panayotova 2009, p. 237.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre [Fig. 15]
Légende Entourage de Simon Bening, Saint Roch, Gand (ou Anvers ?), vers 1510-1520 (La Haye, Museum Meermanno, Ms. 10 E 4, f. 95 (détail)).
Crédits © La Haye, KB.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/352/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 574k
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Pour citer cet article

Référence papier

Dominique Vanwijnsberghe, « Les livres de prières de Jacob Ruebens. Un cas singulier de « manuscrits-frères » à Bruges vers 1550 »Bulletin de l’Institut royal du Patrimoine artistique / Bulletin Van Het Koninklijk Instituut Voor Het Kunstpatrimonium, 37 | 2022, 114-137.

Référence électronique

Dominique Vanwijnsberghe, « Les livres de prières de Jacob Ruebens. Un cas singulier de « manuscrits-frères » à Bruges vers 1550 »Bulletin de l’Institut royal du Patrimoine artistique / Bulletin Van Het Koninklijk Instituut Voor Het Kunstpatrimonium [En ligne], 37 | 2022, mis en ligne le 01 octobre 2022, consulté le 29 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/352 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/kikirpa.352

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Auteur

Dominique Vanwijnsberghe

Dominique Vanwijnsberghe est docteur en histoire de l’art (KU Leuven) et chef de travaux à l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA), où il dirige la cellule Recherches en Histoire de l’Art et Inventaire au sein du département Documentation. Il a obtenu une habilitation à diriger des recherches de l’Université de Lille-III en 2011. Ses domaines de spécialisation sont la peinture et l’enluminure de la fin du Moyen Âge dans les Pays-Bas méridionaux, ainsi que la réception de l’art médiéval à l’époque moderne.

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