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Le vitrail des pairs de France du xive siècle provenant de l’église Saint-Sauveur à Bruges

Ronald Van Belle
p. 24-53

Résumés

Jusqu’au XVIIIe siècle, l’église Saint-Sauveur à Bruges abrita un vitrail du XIVe siècle représentant les douze pairs de France. Un armorial de la bibliothèque municipale de Valenciennes contient deux dessins en couleurs du vitrail, réalisés avant 1731. Les six pairs ecclésiastiques, les six pairs laïcs, des saints et les évangélistes y sont figurés. Parmi les six pairs laïcs se trouvent Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et Louis de Male, comte de Flandre. Divers éléments suggèrent que Philippe le Hardi, époux de Marguerite de Male, serait le commanditaire du vitrail et qu’il aurait été réalisé vers 1369-1384. Le duc utilisait les services des peintres-verriers locaux pour ses diverses résidences. À Bruges et dans les environs, il eut à plusieurs reprises recours aux services de Christiaen van de Voorde. Ce peintre-verrier de renom réalisa entre autres des vitraux pour l’hôtel de ville de Bruges.

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Texte intégral

Le vitrail de l’église Saint-Sauveur de Bruges d’après les sources

  • 1 Duclos 1910, p. 393 ; Helbig 1943, p. 79, n° 293 ; Devliegher 1979, p. 214.

1L’église Saint-Sauveur conserva jusqu’au xviiie siècle un vitrail du xive siècle représentant les douze pairs de France1.

Les mentions dans les ouvrages anciens

  • 2 De Montfaucon 1731, vol. 3, p. 75.
  • 3 Éberlé 1915, s.p..
  • 4 La Franche-Comté était unie aux Pays-Bas bourguignons, avant de l’être aux Pays-Bas des Habsbourg, (...)

2En 1731, Dom Bernard de Montfaucon (1655-1741), bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, décrit, dans son ouvrage Les monuments de la monarchie françoise, ces fenêtres comme suit2 : « Les douze Pairs de France se trouvent fort singulierement representez dans les vitres de S. Sauveur de Bruges. D. Ambroise d’Audeux de Besançon, Bénédictin de la Congrégation de S. Vannes, me les a envoiez peints d’après l’original, et m’a fourni d’autres pièces considérables pour cet ouvrage. Dans la copie qu’il m’a envoiée sur les Pairs Ecclésiastiques on lit ces mots : La partie dextre de la Verrerie ancienne de S. Sauveur à Bruges ; et sur les Pairs Séculiers : La partie sénestre de la Verrerie ancienne de S. Sauveur à Bruges. Ces peintures sur vitre sont d’un goût fort grossier, auquel je n’ai pas permis qu’on ait rien changé… ». L’expéditeur des dessins est sans aucun doute Dom Ambroise Mareschal d’Audeux, bénédictin de la Congrégation de Saint-Vanne depuis 1741 coadjuteur de Dom Jérôme Coquelin, abbé de l’abbaye Notre-Dame de Faverney en Bourgogne-Franche-Comté. Dom Ambroise succéda à Dom Jérôme comme abbé à la mort de celui-ci en 1771. Dom Ambroise Marescal d’Audeux décéda le 19 octobre 17833. On ne sait pas comment il obtint ces dessins. Ceux-ci ont pu être réalisés à l’occasion d’un voyage au cours duquel des monuments étaient systématiquement relevés pour les besoins de la congrégation4. Néanmoins, on ne sait rien d’un éventuel voyage de Dom Ambroise Mareschal d’Audeux.

  • 5 Lévy et Capronnier 1860, p. 145 ; Verschelde 1863, p. 111-113.
  • 6 Lévy et Capronnier 1860, p. 145.

3En 1863, Karel Verschelde, qui évoque quant à lui vingt-quatre pairs (sic), situe la fenêtre dans le chœur de l’église, une information qu’il aurait probablement puisée dans l’ouvrage d’Edmond Lévy et de Jean-Baptiste Capronnier de 18605. Le vitrail avec les pairs de France fut déposé en 1739 et changé par du verre blanc, lorsque la voûte en bois du chœur fut remplacée par une voûte en pierre6. La date de 1739 placée au sommet de la fenêtre, ainsi qu’un globe de couleur azur surmonté d’une croix de feu, était un triste rappel de ce vandalisme. Il semble étrange que les collections d’épitaphes, qui par ailleurs évoquent régulièrement les vitraux des grandes familles, ne mentionnent nulle part le vitrail des pairs de France qui se distinguait par une iconographie exceptionnelle.

Le manuscrit de Valenciennes

  • 7 Valenciennes, Bibliothèque municipale, ms. 1025. Lièvre et Molinier 1894, p. 528. Le manuscrit semb (...)

4Le manuscrit 1025, conservé à Valenciennes7, contient deux dessins en couleurs du vitrail des pairs (f. 68v° et f. 69) [fig. 1 et 2]. Il s’agit probablement des dessins originaux que Dom Ambroise Mareschal d’Audeux a envoyé à Montfaucon. Dom Bernard de Montfaucon prétend que « ces peintures sur vitre sont d’un goût fort grossier » et qu’il les reproduit en gravure telles qu’elles apparaissent sur les dessins qui lui ont été transmis [fig. 3 et 4]. En réalité, Montfaucon a résumé la composition aux douze pairs et toutes les autres figures telles que les évangélistes et les saints, ainsi que le cadre architectural, ont disparu. Si les gravures de Montfaucon sont similaires aux dessins du manuscrit, elles n’en sont absolument pas la copie conforme.

[Fig. 1]

[Fig. 1]

Dessin du vitrail des pairs de France, autrefois à l’église Saint-Sauveur à Bruges, entre 1369-1384. Valenciennes, Bibliothèque municipale, ms. 1025, Armorial, f. 68v°.

© Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.

[Fig. 2]

[Fig. 2]

Dessin du vitrail des pairs de France, autrefois à l’église Saint-Sauveur à Bruges, entre 1369-1384. Valenciennes, Bibliothèque municipale, ms. 1025, Armorial, f. 69.

© Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.

[Fig. 3]

[Fig. 3]

Gravure du vitrail des pairs de France, dans De Montfaucon 1731, p. 75.

[Fig. 4]

[Fig. 4]

Gravure du vitrail des pairs de France, dans De Montfaucon 1731, p. 75.

  • 8 Célèbre héraldiste, généalogiste et historien de Valenciennes, héraut d’armes de Charles Quint et d (...)

5Le manuscrit 1025 est attribué à Jacques Le Boucq (1528/1533-1573)8 et s’intitule Provincial armorial contenant les armoiries de la plus part des royaumes et estats chrestiens compilé soubz nos quatre derniers ducs de Bourgogne. L’armorial date probablement du milieu du xvie siècle. Les dessins du vitrail du xviiie siècle ont été réalisés à l’encre et à l’aquarelle sur papier et collés sur deux folios du manuscrit héraldique, disposés en vis-à-vis (f. 68v° et f. 69). Au-dessus des dessins, on lit :

« Ces deux faces suyvantes representent une verriere qui est en leglise de St Sauveur à Bruges en Flandre, faicte du temps du comte Louijs de Male, et le Roy de France ne sy voit, parce quil recognoissoit lantipape Clément VII ».

  • 9 Le manuscrit contient encore un autre dessin de vitrail qui est attribué à Bernard van Orley, voir (...)

6Aucune autre référence aux dessins ne se trouve dans le manuscrit, ayant manifestement été insérés ultérieurement car ils reproduisent les écus armoriés des Pairs de France9.

Le vitrail brugeois des pairs de France d’après le manuscrit de Valenciennes

L’office des pairs de France10

  • 10 Courcelles 1822 ; Lot 1894 ; Favier 1993 ; Jordan 2002.
  • 11 Van Den Auweele 2002, p. 24-25.

7Les pairs de France, représentés sur le vitrail disparu, étaient les grands féodaux, vassaux directs du roi de France. Étymologiquement, le nom signifie « les égaux ». La relation de dépendance entre le roi et ses vassaux directs était telle que le roi était considéré comme primus inter pares ou premier parmi ses pairs. Créée au xiie siècle pour distinguer la haute de la basse aristocratie, la pairie était un office de la couronne et non un titre de noblesse. La qualité de pair du royaume donnait certains privilèges (comme celui de n’être jugeable que par les autres pairs) et certaines contraintes (en particulier, celle de prêter au roi l’hommage lige, c’est-à-dire l’hommage féodal le plus prioritaire). La Cour des pairs rendait le verdict final lors d’actes de trahison, d’inconduites ou de litiges entre pairs, ou autres, et pouvait en quelque sorte contrer l’autorité ou l’arbitraire royal11. Lors du couronnement du roi de France, les douze pairs avaient des fonctions différentes et portaient des attributs particuliers selon leur position dans la hiérarchie, mais cela ne se reflète toutefois pas dans le dessin du vitrail. Ces fonctions et attributs sont pour les pairs ecclésiastiques et laïcs les suivants : l’archevêque de Reims, duc et pair, oint et couronne le roi ; l’évêque de Noyon, comte et pair, porte la ceinture ; l’évêque de Beauvais, comte et pair, porte la cape ; l’évêque de Laon, duc et pair, porte la sainte ampoule ; l’évêque de Langres, duc et pair, porte le sceptre et l’évêque de Châlons, pair, porte l’anneau du roi. Le duc de Bourgogne, premier pair, porte lors du sacre la couronne royale et boucle la ceinture du roi ; le duc d’Aquitaine porte la seconde bannière carrée du roi ; le duc de Normandie porte la première bannière carrée du roi ; le comte de Flandre porte l’épée royale dite « Joyeuze » ; le comte de Champagne porte l’étendard de guerre du roi et le comte de Toulouse porte les éperons du roi. Les pairs de France formaient également un réseau autour de la personne du roi, grâce à des affinités fortes et un code de l’honneur courtois d’essence féodale. L’idéal des chevaliers de la table ronde y était d’ailleurs très vivace, avec des références explicites au roi Arthur. L’institution des pairs, ayant beaucoup évolué avec le temps, disparut avec la monarchie française pendant la Révolution.

La composition originale du vitrail

  • 12 À titre d’exemple, le vitrail de Jugement dernier de la cathédrale de Bruxelles de 1528 mesure 13,3 (...)

8Le vitrail était composé de deux registres de deux séries de six personnages, séparées sans doute par le meneau central. Vingt-quatre personnages au total étaient donc présentés debout sur des socles, sous des dais élaborés. Les dessins étaient à l’origine plus grands et ont été adaptés aux dimensions des feuilles du manuscrit lors de leur collage au xviie siècle. Les deux tiers des dais des registres supérieurs ont dès lors été découpés. Il est probable que le vitrail ait été pourvu d’un tympan, mais rien ne permet de l’affirmer. La superficie du vitrail était importante, si l’on en juge le nombre de panneaux par lancette : deux fois six panneaux et un panneau trilobé. La hauteur moyenne d’un panneau pouvant être estimée à 60 cm environ, les lancettes du vitrail devaient mesurer 8,40 m environ12.

L’iconographie du vitrail

Le registre inférieur gauche : les pairs ecclésiastiques de France13 [fig. 5]

[Fig. 5]

[Fig. 5]

Vitrail des pairs de France, registre inférieur gauche : les pairs ecclésiastiques de France.

© Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.

  • 14 Suivant de Montfaucon, « Il est bien vrai que les Evêques en ces tems-là alloient à la guerre, y co (...)

9Les pairs ecclésiastiques portent tous l’armure et une côte d’arme, leur épée nue reposant sur l’épaule14. Ils sont mitrés et un large manteau tombe de leurs épaules. Les armoiries de leurs côtes d’arme, identiques à celles qu’ils surmontent, assurent leur identification. La série est ouverte par l’archevêque de Reims, duc et pair, il porte les armes « d’azur semé de fleurs de lys d’or, à la croix de gueules, brochant sur le tout ». Il est suivi successivement de l’évêque de Noyon, comte et pair, aux armes « d’azur, semé de fleurs de lys d’or, à deux crosses d’argent, adossées, brochantes sur le tout » ; vient ensuite l’évêque de Beauvais, comte et pair, aux armes « d’or, à la croix de gueules, cantonnées de quatre clés du même, adossées deux à deux » ; suit l’évêque de Laon, duc et pair, aux armes « d’azur, semé de fleurs de lys d’or, à la croix d’argent, chargée d’une crosse de gueules » ; suit l’évêque de Langres, duc et pair, aux armes « d’azur, semé de lys d’or, au sautoir de gueules brochant sur le tout », mais sur le vitrail le sautoir n’est pas coloré, et enfin l’évêque de Châlons, pair aux armes « d’azur, à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs lys d’or », sur le dessin les lys des cantons supérieurs sont d’argent, ce qui est manifestement une erreur.

Le registre inférieur droit : les pairs laïcs de France15 [fig. 6]

  • 15 Réaume 1863, p. 366.

[Fig. 6]

[Fig. 6]

Vitrail des pairs de France, registre inférieur droit : les pairs laïcs de France.

© Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.

10Les pairs laïcs sont également revêtus d’armures et de surcots armoriés et leur épée nue est appuyée sur l’épaule. Ils portent tous le chaperon, modelé en bourrelet. Les armoiries sur leurs surcots et les écus sous leurs pieds permettent de les identifier. La série débute avec le duc de Bourgogne, premier pair, aux armes de « Bourgogne moderne » (1363-1384), écartelé, 1 et 4 pour « France » « d’azur à trois fleurs-de-lys d’or, à la bordure componée d’argent et de gueules » ; 2 et 3, pour « Bourgogne ancien », « bandé d’or et d’azur, à la bordure de gueule », suit le duc d’Aquitaine aux armes « de gueules, au léopard d’or (armés et lampassés d’azur) » ; son surcot n’aurait dû présenter qu’un seul léopard. À ses côtés se tient le duc de Normandie, pair, aux armes « de gueules, à deux léopards d’or (armés et lampassés d’azur) ». Ensuite, suit le comte de Flandre, pair, aux armes « d’or, au lion de sable, armé et lampassé de gueules » (les ongles et la langue ne sont pas colorés sur le dessin). Suit le comte de Champagne, pair aux armes « d’azur à la bande d’argent côtoyée de deux doubles cotices potencées et contre-potencées d’or ». La série se termine avec le comte de Toulouse, pair aux armes « de gueules à la croix cléchée vidée et pommetée de douze pièces d’or », les pièces d’or ne sont toutefois pas clairement représentées sur le dessin.

Le registre supérieur gauche : les saints et les quatre évangélistes [fig. 7]

[Fig. 7]

[Fig. 7]

Vitrail des pairs de France, registre supérieur gauche : les saints et les quatre évangélistes.

© Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.

  • 16 C’est à l’initiative de l’empereur Frédéric Barberousse que Charlemagne fut canonisé le 29 décembre (...)
  • 17 Réau 1958, t. 3, vol. 2, p. 593 ; Kirschbaum 1968-1976, vol. 5, col. 51-54. Les pèlerinages de Sain (...)

11À l’extrême gauche, Charlemagne est reconnaissable aux armes du surcot qu’il porte au-dessus de son armure : parti, au 1, « un champ d’or à l’aigle bicéphale de sable », au 2, « un champ d’azur parsemé de lys ». Il est coiffé de la couronne impériale, enveloppé d’une cape violette et brandissant l’épée. Sa tête se détache sur un nimbe : dès le Moyen Âge, il fut vénéré comme un saint16. À ses côtés, saint Gilles, vêtu d’un manteau gris, peut être identifié par la biche bondissante qui a cherché refuge auprès de lui17. Suivent ensuite les quatre évangélistes, qui portent tous un phylactère associé aux symboles qui les distinguent : un lion s’empare du phylactère de l’apôtre Marc, un ange est agenouillé aux pieds de l’évangéliste Matthieu, un bœuf repose auprès de l’évangéliste Luc et, enfin, un aigle – très endommagé et à peine lisible – est associé à l’évangéliste Jean. Contrairement aux autres évangélistes, représentés barbus et âgés, ce dernier a les traits d’un jeune homme.

Le registre supérieur droit : les Pères de l’Église et les saints [fig. 8]

[Fig. 8]

[Fig. 8]

Vitrail des pairs de France, registre supérieur droit : les Pères de l’Église et les saints.

© Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.

  • 18 Réau 1958, t. 3, vol. 2, p. 101-114 ; Kirschbaum 1968-1976, vol. 5, col. 205-217.

12La série débute avec saint Grégoire (le Grand), portant les habits pontificaux et la tiare papale. Il tient la crosse papale et un livre. Suivent saint Jérôme, représenté en cardinal, coiffé du galero et tenant les Saintes écritures à la main, tandis qu’un lion se dresse contre sa jambe ; saint Ambroise, en habits d’évêque et mitré, sa crosse surmontée d’une croix et un livre dans les mains ; saint Augustin, représenté en tant qu’évêque, la crosse dans la main droite et un cœur dans l’autre. Saint Antoine se distingue par sa calvitie prononcée et le cochon à ses pieds ; il est vêtu d’une bure grise, tient un livre dans une main et un chapelet de l’autre18. Enfin, saint Louis tenant le sceptre royal est vêtu d’un manteau « d’azur parsemé de fleurs de lys d’or » ; il n’est pas couronné mais est coiffé d’un turban, couvre-chef à la mode à la fin du xive siècle et pendant le premier tiers du xve siècle.

Les caractéristiques stylistiques

13Sur le plan stylistique, les figures du vitrail se distinguent par une élégance et un raffinement, typiques du style international. Les pères de l’église, les saints et les autres figures sont représentés de manière particulièrement dynamique, dans des poses variées. Les quatre évangélistes se caractérisent par la nervosité du drapé de leurs vêtements partiellement repris sous les bras, leurs poses élégantes et leurs gestes gracieux. Ils sont animés par des mouvements divers, parfois tournés l’un vers l’autre, une jambe en avant, l’autre pliée vers l’arrière. Ils lisent ou semblent s’adresser au spectateur. Les gestes des mains révèlent des discussions animées. La profondeur et la perspective sont suggérées dans le traitement des socles saillants et des niches dont on aperçoit les voûtes d’arrêtes et les clefs dont celles-ci sont ornées. Ces caractéristiques se retrouvent sur les lames funéraires en cuivre gravées, comme celle de Gillis van Namain (ca 1370), à Bruges. Les évangélistes du vitrail sont particulièrement proches des représentations des prophètes et des évangélistes de ladite lame de Gillis de Namain [fig. 9].

[Fig. 9]

[Fig. 9]

Prophètes et évangélistes sous baldaquin, lame de Gillis de Namain, ca 1370-1380, Bruges, Église Saint-Jacques.

© Ronald Van Belle.

Le commanditaire et la datation du vitrail des pairs

Le commanditaire

  • 19 Les fleurs de lys font référence à sa lignée royale.
  • 20 Au cours de cette bataille en 1356, âgé de 14 ans, il se tenait aux côtés de son père, le roi de Fr (...)
  • 21 Vaughan 2002, p. 41-58 ; Dijon 2004, p. 42.
  • 22 Vaughan 2002, p. xix ; Dijon 2004, p. 29. Il récoltait d’importants revenus de Flandre et du trésor (...)

14Le pair représenté en tant que duc de Bourgogne est Philippe le Hardi (1342-1404), comme en témoignent ses armoiries « Bourgogne moderne »19 (1363-1384) [fig. 10], adoptées quand il reçut le duché en 1363, par donation de son père le roi Jean II de France. Philippe le Hardi était le fils cadet de Jean le Bon (1319-1364) et de Bonne de Luxembourg (1315-1349). Selon les chroniqueurs, il doit son surnom en raison de son comportement courageux lors de la bataille de Poitiers20. Prince de sang royal, Philippe le Hardi est nommé dans les documents – non sans fierté – « Philippe, filz de Roy de France ». Il devint prince régnant de la Flandre, de l’Artois et de Franche-Comté, par son mariage en 1369 avec Marguerite de Male (1350-1405), après la mort de son beau-père Louis de Male (1384). Il ne perdit nullement son statut de membre de la famille royale française, bien au contraire, et il devint même l’un des principaux acteurs de la vie politique du royaume de France21. Pendant la minorité de Charles VII (1382-1388) et ses attaques de folie à partir de 1392, il joua même un rôle majeur dans la direction du royaume. En tant que premier pair de France, le prince ambitieux réussit à étendre son territoire et à augmenter ses revenus, aux dépens du trésor français22.

[Fig. 10]

[Fig. 10]

Le pair Philippe le Hardi, duc de Bourgogne avec armoiries « Bourgogne moderne » (1363-1384).

© Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.

  • 23 David 1937 ; De Winter 1976 ; Vaughan 2002, p. xxiii et 188-207.

15Il fut sans aucun doute le mécène le plus important de son temps23. Il promut les arts, entre autres la miniature, la peinture, la sculpture, la tapisserie, le vitrail et la musique. Il fut le premier à s’entourer des artistes les plus prometteurs tels que les Frères de Limbourg, Jean Malouel (Jan Malwael), Melchior Broederlam, Jean de Beaumetz et Jacques de Baerze. Sa commande la plus prestigieuse dans le domaine religieux fut bien sûr l’église des Chartreux de Champmol, avec le célèbre Puits de Moïse, pour lequel il attira les plus grands artistes de son temps, parmi lesquels les sculpteurs Claus Sluter, Jean de Marville et Claus de Werve. Bien conscient que l’art était un puissant levier du pouvoir, il y recourut pour promouvoir son image.

  • 24 Vaughan 2002, p. 17
  • 25 Petit 1888, p. 115.
  • 26 Ibidem, p. 115.
  • 27 Ibidem, p. 116-117.
  • 28 Vaughan 2002, p. 19. Il aimait le tir à l’arbalète et participa à des compétitions. Il disposait d’ (...)
  • 29 Ibidem, p. 118.
  • 30 Petit 1888, p. 123.

16Philippe le Hardi était un prince itinérant qui voyageait dans ses territoires, d’une résidence à l’autre, en ne demeurant souvent que quelques jours dans le même lieu, exception faite de Paris et de ses environs où il séjournait plus longuement pour gérer les affaires de France. Son premier voyage en Flandre eut lieu lors de son mariage le 19 juin 1369 à Gand24. Il se rendit ensuite le 25 juin à Bruges où il ne demeura que deux jours et d’où il poursuivit son tour de Flandre, afin de rencontrer l’élite des cités flamandes et de se faire connaître auprès de ses futurs sujets25. La décennie suivante, lors de son voyage annuel, il résida plusieurs fois de suite à Bruges, d’où il rayonnait vers d’autres villes flamandes. Il y eut une exception notoire pendant l’année 1375. Après avoir quitté Paris le 4 mars, il rendit visite au roi de France à Saint-Denis d’où, en plusieurs étapes, il rejoignit Gand le 18 mars pour des entretiens avec Louis de Male26. Il arriva à Bruges le 23 mars et y résida jusqu’au 16 avril ce qui était anormalement long par rapport à son agenda de voyage habituel27. Ce long séjour résultait des négociations qu’il y mena, au nom de son frère le roi Charles V, avec les Anglais. Pendant ce séjour, il organisa entre autres des banquets en l’honneur de l’archevêque de Ravenne, l’évêque de Carpentras, celui d’Amiens, le comte de Sallebrucke, divers nobles locaux et de la cour de France, les maires, les officiers, le doyen des arbalétriers28 et même des bourgeois de Bruges. Il se rendit le 17 avril 1375 à Gand afin de faire rapport à Louis de Male. Le mercredi 2 mai, il était déjà de retour à Bruges, d’où il prit le temps de visiter différentes villes telles que Damme, l’Ecluse, Male, Gistel, Ypres, etc. Pendant ce long séjour, il assista à la procession du Saint-Sang et à plusieurs tournois. Le 1er juillet, il reçut le duc de Lancaster et le comte de Salisbury, les légats papaux et divers nobles29. Il quitta finalement Bruges le 2 juillet pour rejoindre le roi de France à Vincennes. Du 29 décembre 1375 au 21 janvier 1376, il séjourna à nouveau à Bruges30. Dès 1379, il voyagea dans les villes flamandes à la rencontre de ses futurs sujets et prit connaissance de leurs aspirations politiques. Pour leur plaire, il organisa des festivités et des tournois entre autres à Gand et à Bruges.

17En 1382, Louis de Male fut confronté à une rébellion gantoise ; l’armée comtale et les milices brugeoises furent défaites le 3 mai lors de la bataille de Beverhoutsveld. Philippe fit alors appel à l’armée française composée de chevaliers dirigée par le roi Charles VI. Le 27 novembre eut lieu la bataille près de Westrozebeke ; les milices des villes flamandes rebelles dirigées par Philippe d’Artevelde furent battues. Philippe sauva ainsi Louis de Male et sécurisa le comté qui lui revint à la mort de son beau-père. Louis de Male mourrut le 30 janvier 1384 à Saint-Omer. Philippe profita des funérailles du comte à Lille pour en imposer, faire de la propagande pour sa personne et faire étalage de sa richesse. Il fut désormais comte de Flandre, qui cessa d’être une « pairie ».

18Philippe et son épouse Marguerite de Male firent, le 26 avril 1384, leur entrée solennelle à Bruges en tant que comte et comtesse de Flandre. Après le serment d’allégeance, ils accordèrent à la ville les anciens privilèges que Louis de Male avait retirés et jurèrent de respecter les libertés et coutumes de la ville. Ils ne restèrent que quelques jours à Bruges et s’y rendirent par la suite que très rarement. Le 7 avril 1394, Philippe y mena des discussions avec les représentants de la loi, ce fut probablement sa dernière visite à Bruges. Il mourut le dimanche 17 avril 1404 à Halle.

  • 31 Email de Marc Ryckaert du 20 mars 2020. Il renseigne à cet effet une carte de 1786 reproduisant la (...)

19Le grand vitrail des pairs de France représentait un investissement financier important qui n’a pu être pris en charge que par la ville de Bruges ou Philippe le Hardi. Aucune mention n’a été trouvée dans les comptes de la ville de Bruges, ni dans les comtes ducaux. Il est tentant d’imaginer que le projet de réalisation du vitrail des pairs de France germa pendant un des longs séjours à Bruges. Le vitrail brugeois fut probablement réalisé entre 1369 et 1384 mais une réalisation ultérieure à 1384 ne peut être formellement exclue. Quant au choix de l’église Saint-Sauveur plutôt que celle de Saint-Donat résulte probablement du fait que le Prinsenhof faisait autrefois partie de la paroisse Saint-Sauveur31.

Les arguments en faveur d’une donation de Philippe le Hardi

L’iconographie des pairs

  • 32 Joubert 1990, p. 602 ; Rey 2004, p. 123.
  • 33 Rey 2004, p. 124 et 125 avec une liste des tapisseries.
  • 34 Rey 2004, p. 123.
  • 35 Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, B 1500, f. 137. Nous remercions le professeur F. J (...)
  • 36 Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, B 1517, f. 196 et 196v° ; Dehaisnes 1886, vol. 2, (...)
  • 37 Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, B 1517, f. 196v° ; Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 779  (...)

20L’accession en 1384 de Philippe le Hardi comme comte de Flandre entraîna une demande accrue de tapisseries, dont il fut le principal promoteur3232. L’inventaire de Philippe contenait à sa mort plus de deux cents tapisseries, dont aucune n’a malheureusement été conservée33. Elles étaient inspirées des principaux thèmes littéraires de la fin du xive siècle et de la littérature médiévale tardive, démontrant ainsi l´érudition du duc34. La collection comprenait des tapisseries d’inspiration religieuse et la représentation de personnages historiques, tels que Charlemagne, « les dix preux et neuf preuses », Godefroy de Bouillon, Jason (« comment il conquit la douce toison »), etc. En 1393, Philippe le Hardi acheta à Jean Cosset, une tapisserie avec le roi et les pairs de France, réalisée avec du fil d’or de Chypre35. En 1399 suit un nouvel achat du duc Philippe à Jean Ransart, citoyen de Lille, d’un « drap de haulte liche fait aux ymaiges du Roy et XII pers de France », en fil d’or, d’une superficie de 109,23 m2, au coût de 600 écus d’or36. En 1399, Philippe fit effectuer un paiement à Colart d’Auxi, pour une adaptation d’un tapis aux pairs. La figure du comte de Flandre ne lui plaisait pas, elle devait être exécutée plus richement pour « y mectre en lieu d’icellui un autre semblable plus richement ouvré, tout pour façon comme pour or… »37. Les deux tapisseries aux pairs de France ont donc été commandées en 1394 et 1399, c’est-à-dire après la réalisation supposée du vitrail des pairs de Bruges.

Le choix des saints

  • 38 Schnerb 2004, p. 72.
  • 39 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 844, « Item, deux autres tapis de la Vie Saint Anthoine, ouvrez a or ».
  • 40 Schnerb 2004, p. 72.
  • 41 Cassagnes-Brouquet 2004a, p. 284 ; Cassagnes-Brouquet 2004b, p. 89.

21La cour de Bourgogne entretenait une dévotion pour un certain nombre de saints associés à la famille royale38. Outre un culte marial très suivi, Philippe le Hardi prêtait une attention particuliere à saint Antoine, car il était né le 17 janvier, jour de la fête du saint, justifiant ainsi sa présence dans le vitrail. Il possédait également deux tapisseries tissées de fil d’or retraçant la vie de ce saint39. Les fêtes de Charlemagne, saint Louis, saint Denis, saint Michel et saint Georges furent célébrées avec faste et splendeur40. Les Capétiens associait, par des liens matrimoniaux, Charlemagne à leur dynastie et les rois de France se considéraient comme leur héritier41. L’épée « Joyeuze » du roi de France et ses éperons avaient, suivant la tradition, appartenu à Charlemagne et le sceptre royal était couronné de l’effigie de celui-ci. Saint Louis, figure emblématique des rois de France, était quant à lui considéré comme une légende de son vivant. Le choix de Philippe le Hardi pour les effigies de saint Antoine, Charlemagne et saint Louis sur le vitrail était donc délibéré.

Philippe le Hardi, promoteur de l’art du vitrail

  • 42 Réau 1958, t. 3, vol. 1, p. 293-297.
  • 43 Cassagnes-Brouquet 2004a, p. 283-284. Il est question de peintres-verriers du Brabant et de Cambrai (...)
  • 44 De Laborde 1849, vol. 1, p. 179 ; Lévy et Capronnier 1860, p. 179.
  • 45 Il est déjà mentionné en 1384 pour la fourniture de deux vitraux pour la chapelle Notre-Dame fondée (...)
  • 46 Cassagnes-Brouquet 2004a, p. 283-284 ; Debouige 2004, p. 155 ; Cassagnes-Brouquet 2004b, p. 91.
  • 47 Cassagnes-Brouquet 2004b p. 91 et 93, n° 14, comptes du chantier de la chartreuse de Champmol, B 11 (...)

22Philippe le Hardi montrait un vif intérêt pour les vitraux. Grâce à son patronage, les peintres et peintres-verriers s’installèrent en grand nombre en Bourgogne, attirés par les chantiers religieux et civils42. Les grands peintres-verriers ducaux étaient originaires du Nord et étaient actifs sur le chantier du monastère des Chartreux à Champmol, à la restauration des vitraux du palais ducal de Dijon, ainsi que dans les châteaux disséminés sur le territoire du duché43. Le duc Philippe fit ainsi venir en 1394, le peintre-verrier « Hendrik de Glasemacker » de Malines à Dijon44. Ce dernier travailla jusqu’en 1398 aux vitraux de son palais en ville et à ceux de l’église des chartreux de Champmol. Jean de Thiois45, peut-être originaire de la région de Maastricht (mentionné en 1386), et Robert de Cambrai (en 1389), étaient deux peintres-verriers entrés au service ducal et basés en Bourgogne46. Ils jouissaient tous les deux du statut privilégié de « valet de chambre ». Ce statut se manifestait également par l’octroi par Philippe le Hardi de primes en plus du salaire annuel47.

  • 48 Vanden Bemden 2001, p. 26-27.

23Philippe le Hardi installa non seulement des vitraux dans ses résidences françaises, mais aussi dans ses palais urbains et châteaux en région flamande, à Bruges (1394-1395) et à Ypres, au Zaelhof (1395), et dans son château de Ninove (1397)48. Pour ces travaux, il fit toujours appel à des peintres-verriers locaux.

  • 49 Dehaisnes 1886, vol. 2, 1374-1401, p. 652 : « A Christian De le Voorde pour refaire les verrieres d (...)
  • 50 Helbig 1943, p. 36. Après la victoire des milices gantoises en 1382 sur le champ de bataille de Bev (...)
  • 51 « A Chretien de le Vorde pour les parties qui sensuent c’est a savoir, pour iiiic xliii pie et demy (...)

24Les comptes ducaux de 1387-1388 attestent que le brugeois Christiaen van de Voorde reçut en 1387 un paiement pour la réalisation de nouveaux vitraux du château comtal de Male, aux environs de Bruges (Male-lez-Bruges) ; les anciens ayant été détruits par le vent49. En 1396, le duc Philippe fit effectuer d’importants travaux de restauration dans ce même château où naquit son épouse Marguerite et qui lui tenait fort à cœur50. Les nouveaux vitraux étaient ici aussi l’œuvre de Christiaen van de Voorde. Ils étaient composés de « double vitrage », sans doute de verres doublés, mesuraient 443,5 pieds et comportaient « plusieures ymagenes » et les armoiries ducales51.

  • 52 « Item, a Jehan de Bouvekerke pour faire en la chapelle VIJ verrieres de XVIJ pies chascune et J ro (...)
  • 53 Melchior Broederlam était depuis avril 1381 le peintre de la cour comtale de Louis de Male. Après l (...)
  • 54 Van Elslande 1993, n° 3, p. 207-214.
  • 55 « A maistre Johan de Eychuise, voirrier, demourant à Gand, pour faire la fenestre ou ceur de la cha (...)
  • 56 Van Elslande 1996. Bruxelles, Archives générales du Royaume, chambre des comptes, cg 7478, comptes (...)

25En ce qui concerne Ypres, Philippe le Hardi confia en 1397 à Jan van Bovenkerke la réalisation de sept vitraux de 17 pieds chacun et d’un médaillon de trois pieds pour la chapelle de la résidence ducale Zaelhof52. Jan van Bovenkerke reçut toutefois instruction de tenir compte de l’avis de Melchior Broederlam lors de la mise en œuvre. Ce peintre d’Ypres, que l’on appelait dans un acte de 1383 « paintre de monseigneur » et son « varlet de chambre », semble donc en avoir dessiné le projet53. Jan van Bovenkerke reçut 100 livres et 13 deniers pour son travail. Les vitraux figuraient saint Antoine, la Vierge, une Crucifixion, saint Jean, sainte Marguerite, saint Jean-Baptiste, ainsi que les armoiries des donateurs Philippe et Marguerite. Le médaillon présentait les armes de Flandre. En 1397, Philippe fit appel au maître Jan van Heethuyse, aussi appelé Johan de Eychuise, pour les vitraux du chœur de la chapelle du château ducal de Ninove54. Ces vitraux représentaient un calvaire et d’autres personnages, ainsi que les armoiries du duc Philippe, de Marguerite et de leur fils Jean de Nevers, appelé Jean sans Peur par la suite55. Jan van Heethuyse fut chargé en 1415-1416 de remplacer et/ou de réparer les vitraux de la résidence ducale de Gand, le Hof ten Walle (ou Prinsenhof)56.

Le concepteur et le réalisateur du vitrail des pairs

Le concepteur

26La conception du vitrail des pairs était sans aucun doute l’œuvre d’un artiste renommé. Un projet aussi prestigieux devait avoir été composé par un peintre avec l’aide d’un homme d’église et d’un héraut d’armes.

  • 57 Louis de Male sera finalement inhumé dans la collégiale Saint-Pierre, voir Vande Putte 1875, p. 167 (...)
  • 58 Rousseau 1926. Camille Tulpinck (1861-1946) releva le dessin de ces peintures murales fort endommag (...)
  • 59 Son nom est orthographié comme Jan van Hasselt, Jehan del Asselt, Jehan de Lasselt,, etc. Esther 19 (...)
  • 60 Dehaisnes 1886, vol. 1, p. 480-481 ; De Winter 1976, p. 237. Ceci infirme l’affirmation de J.P. Est (...)
  • 61 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 458, « … pour nous ouvrer de son mestier de pointure en nostre capelle a (...)

27Nous avons avancé un nombre d’arguments désignant Philippe le Hardi comme le commanditaire probable du vitrail des pairs. Philippe en aurait certainement informé son beau-père Louis de Male et, de même, celui-ci aurait discuté avec son gendre du projet de sa chapelle funéraire (dédiée à sainte Catherine), jouxtant l’église Notre-Dame de Courtrai et où il souhaitait reposer57. Louis de Male avait chargé son peintre Jan van der Asselt, de représenter les anciens comtes de Flandre dans les niches aveugles de la chapelle [fig. 11]. Un paiement du trésor de Bourgogne à Dijon à Jan van de Asselt démontre que le peintre n’était pas étranger à Philippe et qu’il a peut-être dessiné le modèle du vitrail de Bruges, comme le suggèrent des éléments stylistiques. Des relevés d´après dessins des portraits des comtes de Flandre de la chapelle de Courtrai sont conservés58. Très abîmés, ces portraits étaient en partie effacés, mais leur comparaison avec ceux des pairs de France du vitrail est fort instructive [fig. 11 et 12]. Cette comparaison révèle d’étonnantes similitudes. Les comtes de Flandre sont représentés dans des poses identiques, de façon alternée, avec une parfaite correspondance dans le jeu de jambes, l’épée dressée et ramenée contre le corps. Ces similitudes sont telles que nous proposons de reconnaître Jan van der Asselt comme l’auteur des modèles du vitrail brugeois. Mais que sait-on de ce Jan van der Asselt ? Né vers 1332, il était probablement originaire de Gand, où il résida et décèda avant 139859. Il entra officiellement au service de Louis de Male le 9 septembre 1365, après avoir effectué une mission pour le comte l’année précédente. En tant que peintre officiel à la cour comtale, il n’était pas autorisé à accepter des commandes d’autres intéressés sans l’autorisation préalable de Louis de Male60. Jan van der Asselt travailla en 1365 au Prinsenhof de Gand ; cette ville était alors la résidence préférée du comte. Dans la chapelle de la résidence du comte, le Hof ten Walle, Jan van der Asselt peignit une série de portraits des comtes et des comtesses de Flandre. On suppose qu’il était actif à Courtrai vers 1372-1373, où il y exécuta aussi les portraits des comtes de Flandre. Philippe le Hardi a dû se rendre sur place pour apprécier les travaux en cours et rencontrer à cette occasion Jan van der Asselt. Celui-ci reçut d’ailleurs une gratification de quatre livres tournois61, enregistrée dans les comptes du Trésor de Bourgogne « à Dijon » ( !), pour la période du 1er avril 1372 au 20 juillet 1373 :

  • 62 Dehaisnes 1886, vol. 2, 1374-1401, p. 479.

« A Jehan de Lasselt (sic), qui poignoit la chapelle de monseigneur de Flandres a Courtray, pour don par mandement de mondit seigneur donné VII d’avril CCCLXXII, IIII l. s. »62.

  • 63 1374 « Item a maistre Jehan dasselt en venant de Courtray a gand ou il fu mandes », Comptes d’Henry (...)

28Ceci peut s’interpréter comme témoignage d’estime. On peut déduire d’une mention de 1374 que Jan van der Asselt était alors à Courtrai63.

[Fig. 11]

[Fig. 11]

Choix de portraits des anciens comtes de Flandre peints par Jan van der Asselt dans la chapelle Sainte-Catherine de Louis de Male à Courtrai. (a) Ferrand du Portugal (b) Philippe d´Alsace (c) Guido de Dampierre (d) Robert de Béthune (e) Louis de Nevers (f) Louis de Male.

© Relevés Camille Tulpinck, MRAH.

[Fig. 12]

[Fig. 12]

Confrontation des pairs laïcs de France avec les portraits des anciens comtes de Flandre.

© Médiathèque Simone Veil de Valenciennes et © MRAH.

  • 64 Dehaisnes 1886, vol. 2, 1374-1401, p. 508 et 523-524 ; Van Elslande 1987, p. 424 et n° 20, Compte d (...)
  • 65 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 639-640 « A Jehan De Hasselt, pointre, pour lettres de monseigneur donné (...)
  • 66 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 670. « A maistre Jehan De Hasselt, pointre, pour pluseurs estoffes qu’il (...)
  • 67 Van Elslande 1987, p. 421 et 428 ; Borchert 2007, p. 27.

29Après le décès de Louis de Male en 1384, Philippe le Hardi reprit à son service les artistes de son beau-père, y compris Jan van der Asselt, qui obtint plusieurs commandes64. Le 25 août 1386, Jan van der Asselt reçut un paiement de 84 livres pour un tableau destiné à l’autel de l’église des Franciscains à Gand65. En mars 1389 et le 22 mai 1390, il réapparut en tant que peintre du duc, avec une rente de 20 livres gros soit 300 livres, et il obtint en outre 104 livres 3 escalins pour les dépenses effectuées pour une des peintures de Notre-Dame dans l’hôtel Ten Walle où le duc résidait quand il était à Gand66. Les dernières informations documentaires le concernant datent de 1396, probablement l’année de sa mort67.

  • 68 Genard 1888, vol. 2, p. 569 ; Helbig 1943, p. 62.
  • 69 Helbig 1943, p. 165.
  • 70 « Item pour le verriere le conte de Flandre, au suer dessusdit, s’en paia lidis contes x escus, rem (...)

30Le paiement par le Trésor de Bourgogne à Dijon, sur ordre de Philippe le Hardi, et les commandes par la suite prouvent que Jan van der Asselt était apprécié par le duc. En tant que peintre à la cour de Louis de Male, Jan van der Asselt était bien placé pour dessiner les modèles pour le vitrail de l’église Saint-Sauveur à Bruges. Philippe le Hardi entretenait des relations cordiales avec Louis de Male et ce dernier aurait sans aucun doute considéré comme un grand honneur d’y être représenté comme pair avec son gendre. Louis de Male avait déjà par le passé témoigné d’un certain intérêt pour l’art du vitrail. Il s’était fait représenter sur un vitrail dans le chœur de la cathédrale d’Anvers6868 et en 1356 ( ?), dans un vitrail du transept de l’église Saint-Rombaut à Malines6969. Enfin, selon le décompte des réparations effectuées dans le choeur de l’église de l’abbaye Saint-Jean de Valenciennes, il était également portraituré sur un vitrail70.

Le réalisateur

  • 71 Van De Velde 1925.
  • 72 Voir par exemple, Cambrai, 1368-1369 et 1371-1372 « magistro Petro de Gosnay, vitreario de ecclesie (...)
  • 73 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G1/7, rekeningen van de kerkfabriek, 1365.
  • 74 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G1/7, rekeningen van de kerkfabriek, 1365.
  • 75 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek, 1375, f. 7, « I (...)
  • 76 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek, 1377, f. 27, «  (...)
  • 77 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek, 1376, f. 16v° j (...)
  • 78 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1382, f. 21, « Doe ghedaen werken bi Janne van der Scelle in (...)
  • 79 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1383, f. 41, « Item van iiij verrieren up scepenen camere te (...)

31Le duc Philippe utilisait les services des peintres-verriers locaux pour ses résidences. À Bruges et dans ses environs, nous l’avons vu, il eut recours à deux reprises aux services de Christiaen van de Voorde. Les verriers brugeois étaient regroupés dans la guilde des beelden-makers (« ymagiers » ou « faiseurs d’ymaghes »), c’est-à-dire la guilde des peintres et dont faisaient aussi partie les peintres sur toile, les peintres de bâtiments, les selliers, les sculpteurs d’arçons, les bourreliers et les fabricants de miroirs71. Plusieurs verriers étaient actifs à Bruges au cours du xive siècle et les églises importantes disposaient d’un verrier attitré72. Ainsi, il est fait mention de cinq verriers ayant travaillé entre 1365 et 1408 pour l’église Saint-Donat : Arn Puud (1365)73, Johannes Lancmantel (1366)74, Bernardus van de Voorde (137575 et 137776) et Christiaan van de Voorde (1376-1408)77. En 1382, un Janne (Jean) van der Scelle réalisa des vitraux pour la chapelle du comte Louis de Male au Prinsenhof à Bruges78. De même, en 1383, Willem Bertelotte fut chargé de réparer quatre verrières de la chambre échevinale, probablement des fenêtres en verre blanc79.

  • 80 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek, 1376, f. 16v° « (...)
  • 81 « Ghegheven Xpiane van de Voorde van eene veinstere ghemaect voren scepen huus daer S. Jan in staet (...)
  • 82 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 652, « A Christian De le Voorde pour refaire les verrieres du chasteau q (...)
  • 83 Helbig 1943, p. 36 ; Cafmeyer 1940-1946.
  • 84 « A Chretien de le Vorde pour les parties qui sensuent c’est a savoir, pour iiiic xliii pie et demy (...)
  • 85 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen, 2 septembre 1388-1389, f. 74v, « Doe ghegheven Xpistiaen van (...)

32Christiaen van de Voorde nous intéresse particulièrement, car il domina pendant tout un temps la scène des vitraux à Bruges : entre 1376 et 1408, c’est lui qui remporta les commandes les plus prestigieuses, dont deux émanant du duc, comme nous l’avons déjà signalé. La plus ancienne mention le concernant remonte à 1376. Cette année-là, il est signalé comme vitriario ou verrier de l’église Saint-Donat80. Il devait déjà jouir d’une certaine renommée. En 1386, le conseil municipal lui confia la réalisation un vitrail pour la grande salle de réunion de l’hôtel de ville avec une représentation de saint Jean ; il fut payé trois livres de gros pour ce travail81. Comme nous l’avons déjà vu, Christiaen van de Voorde fut rémunéré en 1387 par la cour ducale de Dijon pour la réalisation de nouveaux vitraux pour le château de Male-lez-Bruges82. En 1396, le duc Philippe fit effectuer d’importants aménagements audit château83, dont huit fenêtres à ogives ornées de nouveaux vitraux qui sont l’œuvre de Christiaen van de Voorde et qui sont composés de 443,5 pieds de « double voirre pour verrieres ouvré de plusieures ymagenes »84. Selon les comptes de la ville de Bruges de 1388-1389, « Xpistiaen van de Voorde, de glasemakere » (le verrier) fut payé 18 livres gros pour la confection de fenêtres en verre pour une maison de la ville mise à la disposition de Jan Gheerbout85.

  • 86 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1389-1390, f. 75v°, « Doe ghegheven Christiaen van de Voorde (...)
  • 87 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen, 1397-1398, f. 52, n° 9, « Gegheven Xpiane van den Voorde van (...)
  • 88 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1400, f. 54, n° 2, « Gegheven Xpiane van den Voorde van tween (...)
  • 89 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1403-1404, f. 66v, n° 1, « Doe gegheven Xpiane van den Voorde (...)
  • 90 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1403-1404, f. 66v, « Item den zelve ghegheven van tiene veins (...)
  • 91 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1404, f. 74, n° 1, « Doe ghegheven Xpiane van de Voorde van z (...)
  • 92 Bruges, Bisschoppelijk archief, Rekeningen van Sint-Donaaskerk 1404, f. 7, « Item p(ro) fenestris v (...)
  • 93 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek,1408, f. 8v°.

33De même en 1389-1390, Christiaen fut payé 10 livres pour la réalisation d’un vitrail pour la salle des échevins86. En 1397-1398, la ville de Bruges le rémunéra pour l’exécution de seize panneaux de vitraux de 116 pieds, destinés à l’église Saint-Basile et à la salle des échevins (la présente salle gothique), et encore pour 35 pieds de ghevaerwet glas c’est-à-dire de verre peint (ou coloré)87. Et 1400, il travailla à nouveau pour la ville ; il fournit des grillages en fil de cuivre pour les deux grandes fenêtres de la salle du trésor dans le beffroi de Bruges88. Ensuite, selon les comptes de la ville de 1403, une commande fut passée pour deux vitraux pour la salle échevinale, représentant l’un des miracles de Notre-Dame et l’autre « l’Histoire de David »89. Il fut payé 6 livres 10 escalins gros pour ce travail. Il fut également chargé de réaliser dix nouvelles fenêtres pour la nouvelle salle des échevins, ainsi que de réparer, de repourvoir de plomb et de boucher les trous d’une fenêtre en verre blanc de l’ancienne salle échevinale9090. Il bénéficia en 1404, d’une commande additionnelle pour la rénovation de six verrières dans une chambre haute de la maison échevinale, où le ghescot urbain, c’est-à-dire la petite artillerie de la ville fut conservée. Il s’agit de wit vranxsch glas, c’est-à-dire du verre blanc français, donc non peint91. Il fut mentionné en 1404 dans les comptes de l’église Saint-Donat, concernant la réparation d’un vitrail dans la chapelle Saint-Machute92, la dernière mention date de 1408 et concerne également une réparation de vitraux de cette église93. Tous les vitraux mentionnés ont disparu.

  • 94 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen, 1409-1410, f. 74, voir ci-après.

34Le vitrail des pairs de France fut sans aucun doute réalisé à Bruges et on serait tenté d’attribuer sa réalisation à Christiaen van de Voorde, actif de 1376 à 1408 à Bruges, où il engrangea de prestigieuses commandes tant pour le duc Philippe le Hardi (1387 et 1396) que pour la ville et l’église Saint-Donat. Il devait être l’artisan le plus qualifié pour l’exécution du vitrail des pairs de France, mais il n’en n’existe toutefois aucune preuve formelle et l’attribution du vitrail à Christiaen van de Voorde est donc envisagée à titre d’hypothèse. Au cours de la période considérée, d’autres verriers sont bien évoqués, mais sommairement, à quelques exceptions près. Ainsi, les comptes de la ville de 1409-1410, mentionnent également la fourniture de vitraux à l’hôtel de ville par un dénommé Berthelmeeus van Rynghele94.

35Comme nous allons l’établir, les plus anciens panneaux de vitraux conservés à Bruges (Musée Gruuthuse, inv. XXII.O.0082 à XXII.O.0086), qui représentent des anges, peuvent également être attribués à Christiaen van de Voorde et non à un dénommé Jean van Rynghele, comme avancé dans de récentes publications.

  • 95 Duclos 1910, p. 393.
  • 96 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 150, Dehaisnes écrit en 1886, soit trois ans avant le début des travaux (...)
  • 97 Devliegher 1954, p. 197, n. 1, ca 1400 ; Bruges 1960, p. 181-182 ; Detroit 1960, p. 349-351, n° 165 (...)

36L’intervention d’un verrier nommé Van Rynghele à l’hôtel de ville a été à l’origine d’un malentendu majeur autour d’un « Jan van Ringhele ». Dans son ouvrage Bruges Histoire et souvenirs, publié en 1910, Adolphe Duclos mentionne « Jean de Rynghel fit des verrières ornées pour l’Hôtel de Ville »95. Il y fait référence aux comptes de la ville de 1409-1410, f. 74v°. En consultant ledit compte, nous avons pourtant constaté qu’il n’y est pas fait mention de Jan Rynghel mais de « Berthelmeeus Rynghel den glasewerkere ». Il est interpellant de constater qu’au fil des années, de 1910 à aujourd’hui, le nom « Jan Rynghel » a été copié et recopié par tous les auteurs traitant des vitraux de Bruges, et non des moindres, comme Helbig, Reisinger, Vermeersch, et encore plus récemment par Koldeweij, dans le catalogue de l’exposition Liefde en devotie, het Gruuthusehandschrift : kunst en cultuur omstreeks 1400 (2013)96. Depuis Duclos, personne ne s’est donc donné la peine de consulter le relevé original des comptes ou au moins sa publication par Gilliodts-Van Severen, en 18719797. Les mentions de « Jan Rynghel » doivent donc être interprétées comme « Berthelmeeus Rynghel » (ou encore van Ringhele, van de Rynghele, etc.).

  • 98 Koldeweij, Mermersdorf et Huvenne 1997, p. 35 et 41-42 ; Koldeweij, Tahon et Geysen 2013, p. 251.
  • 99 Reisinger 1985.
  • 100 En résumant certaines nuances se perdent, mais les hypothèses initiales deviennent par la suite des (...)
  • 101 Koldeweij, Tahon et Geysen 2013, p. 251. Il traite ausi de Jan de Rynghele et attribue erronément l (...)

37Les vitraux anciens auxquels nous avons fait référence ont disparu, à l’exception des cinq petits vitraux conservés au Musée Gruuthuse à Bruges. Selon Chrétien Dehaisnes, ces vitraux en forme de « soufflet », représentant des anges planant, étaient insérés dans les tympans des fenêtres gothiques de la salle des échevins de l’hôtel de ville de Bruges98 [fig. 13-17]. Ces panneaux étaient généralement considérés comme une production de la fin du xive siècle99. Mais récemment, certains historiens ont cru bon de les « rajeunir » et de les dater de ca 1410, afin de pouvoir les attribuer à Jan Rynghel (lire Berthelmeeus Rynghel)100, à la suite de Claus Reisinger, auteur en 1985 d’un ouvrage au titre percutant, Flandern in Ulm. Glasmalerei und Buchmalerei - Die Verglasung der Bessererkapelle am Ulmer Münster (La Flandre à Ulm. Vitraux et enluminures – Les vitraux de la chapelle Besserer à la cathédrale de Ulm)101.

[Fig. 13-17]

[Fig. 13-17]

Christiaen van de Voorde, Anges (à phylactère pour certains), vitrail provenant d’un entrelacs des fenêtres gothiques de la salle des échevins de l’hôtel de ville de Bruges, ca 1385-1386 (Bruges, Musée Gruuthuse, inv. XXII.O.0082-XXII.O.0086). Musea Brugge.

© Lukasweb.be – Art in Flanders.

  • 102 Gilliodts-Van Severen 1876, p. 328-329.
  • 103 Reisinger 1985, p. 178.
  • 104 Ibidem, p. 209-210.
  • 105 Ibidem.
  • 106 Ibidem, p. 178.
  • 107 Ibidem, p. 209.

38La thèse de Reisinger part du constat de différences prononcées entre les vitraux de la chapelle de Heinrich Besserer (†1414) [fig. 18] et les autres vitraux de la cathédrale de Ulm102. Sur la base d’une parenté stylistique des premiers avec des miniatures de manuscrits franco-flamands [fig. 19], il envisage leur réalisation par un atelier de vitriers à Bruges. Il va jusqu’à discerner un lien étroit qui unirait les vitraux de la chapelle Besserer à l’œuvre d’un miniaturiste flamand, le Maître du Hannibal de Harvard. Il en veut pour preuve des similitudes dans le traitement des visages, de l’architecture, de l’aménagement spatial des figures et de la décoration. Il émet alors l’hypothèse que Jan van Rynghele n’est autre que le Maître du Hannibal de Harvard et, dans la foulée, le réalisateur des vitraux Besserer103. Selon cet auteur, Jan van Rynghele, alias le miniaturiste Maître du Hannibal de Harvard, aurait fait son apprentissage auprès du maître de Boucicaut qu’il identifie comme le miniaturiste brugeois Jean Coene. Les anges planants de l’hôtel de ville de Bruges, seuls vestiges de la production de vitraux à Bruges de la fin du xive siècle et du début du xve siècle, jouent alors un rôle décisif dans son argumentation. Sur la base de comparaisons stylistiques, ils assurent l’origine brugeoise des vitraux Besserer de Ulm. Afin de mieux intégrer les vitraux de Bruges dans son histoire, Reisinger rajeunit ceux-ci afin de pouvoir les identifier aux vitraux réalisés vers 1410 pour l’hôtel de ville de Bruges, par Jan (Berthelmeeus) van Rynghele104. Il propose cette nouvelle datation105, sans apporter d’éléments valables, là où auparavant ils étaient datés, d’après les historiens, de ca 1385-1386 jusqu’au début des années 1400. Les cinq anges brugeois sont donc l’élément clé de l’hypothèse formulée par Reisinger qui, au fur et à mesure de la progression du propos, se mue en certitude, à savoir l’origine flamande des vitraux Besserer en raison de leur ressemblance avec les miniatures de manuscrits flamands et les anges brugeois. Selon Reisinger, les vitraux Besserer à Ulm ont donc été réalisés vers 1410-1415106 [fig. 18 et 20], à Bruges, au moment où Jan van Rynghele était actif. À noter que Reisinger situe également les vitraux de Bourges dans le sillage brugeois107.

[Fig. 18]

[Fig. 18]

Saint Georges et le dragon, vitrail, suivant Reisinger réalisé ca 1410-1415 par Jan van Ringhele (Münster d’Ulm)

© Creative common Joachim Kohler.

[Fig. 19]

[Fig. 19]

Heures du maréchal de Boucicaut, Saint Georges et le dragon, ca 1405-1430, Paris, Musée Jacquemart-André, inv. MJAP-Ms 1311. D’après Châtelet 2000, p. 250.

  • 108 Becksmann 1995 et autres études sur les vitraux dans les Länder de l’Allemagne.
  • 109 Becksmann 1988, p. 319.
  • 110 Ibidem, p. 315.
  • 111 Ibidem, p. 318.
  • 112 Becksmann 1988, p. 318 et fig. 7 a et b, un codex de 1406 de Bohème, conservé à Stuttgart, reprodui (...)
  • 113 Le Maître (du maréchal) de Boucicaut est un enlumineur flamand actif dans le premier quart du xve s (...)
  • 114 Jacques Coene était un peintre, enlumineur et architecte flamand. Il était actif à la fin des année (...)
  • 115 Le Maître du Hannibal de Harvard est un enlumineur anonyme actif à Paris entre 1415 et 1440. Il doi (...)
  • 116 Becksmann 1988, p. 317.

39Rüdiger Becksmann, une autorité dans le domaine du vitrail allemand108, a déconstruit les hypothèses de Reisinger109, mais sa réfutation est méconnue car elle n’est jamais citée dans les contributions traitant des vitraux brugeois. La chapelle Besserer est un mémorial de Heinrich Besserer décédé en 1414 et elle a probablement été achevée vers 1420 et pourvue alors de vitraux représentant des scènes variées, commençant par la Création et se terminant par la Mort de la Vierge110. Il semble qu’on puisse distinguer quatre mains différentes dans l’exécution de ceux-ci111. Contrairement à Reisinger, Becksmann estime qu’il existe peu de similitudes entre les vitraux brugeois et ceux de la chapelle Besserer. Par exemple, les anges de Bruges et de la chapelle Besserer, les Anges visitant Abraham, ne sont pas particulièrement proches [fig. 20]. Nous partageons entièrement l’avis de Becksmann, il y a un monde de différence non seulement de style mais aussi de qualité entre les vitraux Besserer et les anges de Bruges. La soi-disant ressemblance prononcée par Reisinger entre les vitraux Besserer et l’enluminure franco-flamande est suivant le spécialiste du vitrail allemand, l’expression du style international, alors largement en vogue. Becksmann envisage par contre l’influence de miniaturistes de Bohême et il en donne un exemple convaincant112. L’hypothèse de Reisinger qui identifie l’enlumineur, le maître de Boucicaut113, avec Jan Coene114 et qui propose un écolage comme miniaturiste de Jan (Berthelmeeus) van Ringhele dans l’atelier de ce maître est considérée par Becksmann comme peu crédible. De même, la proposition de Reisinger d’identifier Jan (Berthelmeeus) van Ringhele avec l’enlumineur, le Maître du Hannibal de Harvard115 ne trouve pas grâce à ses yeux116.

[Fig. 20]

[Fig. 20]

Anges visitant Abraham, vitrail, suivant Reisinger réalisé ca 1410-1415 par Jan van Ringhele (Münster d’Ulm, chapelle Besserer).

© Wikimedia Commons UliE1350.

[Fig. 21a-d]

[Fig. 21a-d]

Têtes d’anges (détail), vitraux de l’hôtel de ville de Bruges. Musea Brugge.

© Lukasweb.be – Art in Flanders.

  • 117 Ibidem, p. 320-321.
  • 118 D’ailleurs, le tailleur de pierre Pieter Vecken reçut déjà le 20 août 1379 un montant de 240 livres (...)
  • 119 Gilliodts-Van Severen 1875, p. 489.

40Il est clair que différentes sources sont à l’origine des vitraux Besserer et que ceux-ci ont été fabriqués dans un atelier à Ulm117. Hélas, de nombreuses inconnues subsistent encore sur ces ateliers et les vitriers qui y ont travaillés, ainsi que sur les influences des anciens Pays-Bas sur ceux-ci. La logique suggère plutôt que les panneaux figurant des anges planant du Musée Gruuthuse ont été réalisés au même moment et faisaient partie de la même commande que les parties principales (disparues) des vitraux réalisés pour la salle gothique de l’hôtel de ville, pour lesquels Christiaen van de Voorde fut payé en 1386118. Un accord fut ensuite conclu avec Jean van Valenciennes pour la sculpture des voûtes suspendues en bois119. Les anges de Bruges correspondent stylistiquement bien à une production du dernier quart du xive siècle. Ils présentent d’ailleurs des similitudes prononcées avec les anges planants de la lame funéraire gravée de Wouter Copman (†1387) [fig. 22], où ceux-ci portent également des phylactères. Il est manifeste que ce sont les mêmes peintres qui ont dessiné les modèles des lames funéraires et des vitraux. Christiaen van de Voorde est dès lors l’artiste le mieux placé pour la réalisation des anges de Bruges.

[Fig. 22a-b]

[Fig. 22a-b]

Anges à phylactère, détails de la lame funéraire gravée de Wouter Copman (†1387) (Bruges, église Saint-Sauveur).

Frottis Ronald Van Belle. © Bruxelles, IRPA, Y008106.

  • 120 Gilliodts-Van Severen 1876, p. 330 avec reférence. Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen, 1409-1410 (...)
  • 121 Comptes de la ville d’Oudenburg, 22 février 1418-5 février 1419 (n.s), « Item betaelt Berthelmeeus (...)
  • 122 « Geleynkin Ringhele », voir Feys et Van De Casteele 1873, p. 557; Hulin 1914-1920. Il était vinder (...)

41Enfin, il faut avouer que nous savons peu de choses à propos de Berthelmeeus Ringhel, hormis la commande de 1409-1410 : il fut payé pour cinq vitraux pour la salle des échevins de l’hôtel de ville et pour des réparations aux fenêtres de la maison échevinale dont le verre était tombé120. Nous avons cependant repéré pour l’année 1418, une autre commande, cette fois pour un vitrail représentant saint Christophe, destiné à la salle des échevins d’Oudenburg121. La famille Ringhel/ Ringhele était sans aucun doute une importante famille de verriers. En 1427, il est question de Geleynkin Ringhel et en 1438 d’Antheunis ; ce vitrier a réalisé une belle carrière dans l’administration de la guilde des peintres de Bruges122.

  • 123 Weale 1872-1873, p. 48. Bruges, Stadsarchief, comptes du Franc de Bruges, 4 juin 1417-2 juin 1418, (...)
  • 124 « Ghegheven Janne Lormier, den glasewerker, van eenen grooten glazen rondeele te maken in eene vens (...)

42Pendant la période du 4 juin 1417 au 2 juin 1418, les comptes de la ville de Bruges mentionnent également le verrier Jean Lormier, payé pour le placement de vitraux dans la maison du Franc de Bruges, située à la place du bourg de Bruges ; il s’agissait de vitraux ornés des blasons du Franc avec des anges comme tenants123. Lormier placa également un médaillon dans une fenêtre, qui représente deux anges et deux écus aux armes de la ville de Bruges, ainsi que quatre « arkettes » (panneaux sous un arc) de verre avec quatre anges portants des blasons, et quatre panneaux du meilleur verre de France (sans doute incolore, donc en verre blanc) dans la maison du maître éclusier, propriété de la ville de Bruges à Damme124.

  • 125 Heers 1963, p. 173. Damen 2005, p. 152. Il est fait mention de 45 représentations de Philippe le Bo (...)
  • 126 Damen 2005, p. 141-200.

43Ce vitrail prestigieux était un moyen de choix pour le prince d’éblouir et de gagner la faveur de ses futurs sujets. Par la suite, les ducs de Bourgogne continueront à privilégier l’art du vitrail pour légitimer leur pouvoir et illustrer le prestige et la puissance de leur famille125. Mais ces vitraux, sur lesquels ils étaient représentés, étaient aussi conçus comme mémoriaux afin d’inviter le visiteur à prier pour le salut de l’âme de leur prince, monarque décédé126.

Conclusion

44La présente contribution a montré comment un simple relevé de vitrail peut, contre toute attente, mener à reconsidérer de manière fondamentale l’état de la question sur un pan de la production artistique d’une ville, à une période donnée. Le relevé du manuscrit 1025 de la bibliothèque de Valenciennes complète notre connaissance du mécénat du premier duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, pour l’art du vitrail. Le duc s’est fait portraiturer en tant que pair de France dans une ambitieuse composition qui rendait hommage à son beau-père Louis de Male tout en exprimant l’autorité et le prestige du fils cadet du roi de France et futur comte de Flandre.

45Le thème des pairs de France développé dans le vitrail de Bruges, les saints représentés, l’intérêt de Philippe le Hardi pour le vitrail et les liens qui l’unissait à Bruges sont des arguments en faveur d’une donation de Philippe le Hardi. La représentation de celui-ci comme premier pair de France dans un édifice religieux le valorisait et légitimait son pouvoir. Le vitrail de Philippe le Hardi a sans aucun doute été réalisé à Bruges, probablement entre 1369 et 1384, par le verrier le plus réputé de la ville, Christiaen van de Voorde, auquel nous proposons également d’attribuer les anges du Musée Gruuthuse.

Je souhaite exprimer toute ma gratitude pour les conseils et le travail exceptionnel de rédaction réalisé par Isabelle Lecocq. Son aide a été fort précieuse. Ma gratitude va aussi à Ludovic Nys, Jacques Paviot, Dominique Vanwijnsberghe et Toon Demeester pour les informations et conseils et pour l’amitié qu’ils m’ont témoignés toutes ces années. Je remercie également Noël Geirnaert, Marc Ryckaert, Alexandra De Poorter pour leur aide et Yvette Vanden Bemden et Elisabeth Van Eyck pour la lecture de mon étude et pour leurs conseils. Mes remerciements vont également à Cécile Gérard et Emmanuelle Féderbe de la Médiathèque Simone Veil de Valenciennes - Pôle patrimoine pour l’accueil et l´attention réservée à mes demandes ainsi qu´à Philippe Masingarbe, Président du Comité flamand de France.

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Bibliographie

Sources non publiées

Belgique

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Notes

1 Duclos 1910, p. 393 ; Helbig 1943, p. 79, n° 293 ; Devliegher 1979, p. 214.

2 De Montfaucon 1731, vol. 3, p. 75.

3 Éberlé 1915, s.p..

4 La Franche-Comté était unie aux Pays-Bas bourguignons, avant de l’être aux Pays-Bas des Habsbourg, également à la suite des dévolutions successorales.

5 Lévy et Capronnier 1860, p. 145 ; Verschelde 1863, p. 111-113.

6 Lévy et Capronnier 1860, p. 145.

7 Valenciennes, Bibliothèque municipale, ms. 1025. Lièvre et Molinier 1894, p. 528. Le manuscrit semble avoir appartenu à Monsieur Arthur Dikcaux et fut acquis par la bibliothèque en 1869 lors de la vente A.C. Houbigant.

8 Célèbre héraldiste, généalogiste et historien de Valenciennes, héraut d’armes de Charles Quint et désigné en 1559 comme Roi d’armes de l’Ordre de la Toison d’Or. Il est probablement l’auteur du Recueil d’Arras, un album à dessins au crayon avec les visages de souverains et de chevaliers de la Toison d’Or et de leurs épouses, voir Châtelet et Paviot 2007.

9 Le manuscrit contient encore un autre dessin de vitrail qui est attribué à Bernard van Orley, voir Lecocq et Petev 2014.

10 Courcelles 1822 ; Lot 1894 ; Favier 1993 ; Jordan 2002.

11 Van Den Auweele 2002, p. 24-25.

12 À titre d’exemple, le vitrail de Jugement dernier de la cathédrale de Bruxelles de 1528 mesure 13,30 x 5,90 m (avec tympan) et celui du Couronnement de la Vierge de la cathédrale Saint-Paul de Liège (1530), 17,50 x 6,60 m (avec tympan).

13 « Les Anciennes Pairies de France » sur www.heraldique-europeenne.org

14 Suivant de Montfaucon, « Il est bien vrai que les Evêques en ces tems-là alloient à la guerre, y conduisoient des troupes & se battoient comme les autres Seigneurs & Barons. Mais je ne sai s’il se trouvoient jamais dans l’assemblée des Pairs, l’épée à la main & la mitre en tête …Ce pourroit bien être ici un pur caprice du Peintre », De Montfaucon 1731, vol. 3, p. 75.

15 Réaume 1863, p. 366.

16 C’est à l’initiative de l’empereur Frédéric Barberousse que Charlemagne fut canonisé le 29 décembre 1165 par Reinald von Dassel, archevêque de Cologne, à la suite de l’approbation de l’antipape Pascal III. Cette canonisation ne fut pas reconnue par le pape Alexandre III ; dès lors, le jour de fête de Charlemagne (28 janvier) n’a pas été reconnu officiellement. Cependant, la Curie n’a ensuite jamais fait opposition à cette canonisation et depuis 1176, l’église catholique a toléré le culte de Charlemagne comme bienheureux. Réau 1958, t. 3, vol. 2, p. 293-295 ; Kirschbaum 1968-1976, vol. 7, col. 276-282.

17 Réau 1958, t. 3, vol. 2, p. 593 ; Kirschbaum 1968-1976, vol. 5, col. 51-54. Les pèlerinages de Saint-Gilles d’Arles et de Nîmes connurent un grand succès.

18 Réau 1958, t. 3, vol. 2, p. 101-114 ; Kirschbaum 1968-1976, vol. 5, col. 205-217.

19 Les fleurs de lys font référence à sa lignée royale.

20 Au cours de cette bataille en 1356, âgé de 14 ans, il se tenait aux côtés de son père, le roi de France et l’aurait aidé au péril de sa vie. L’armée française fut vaincue et Philippe fait prisonnier avec son père par les Anglais. Ils furent libérés à la paix de Brétigny. Lorsque le duché de Bourgogne échut au roi de France, faute d’héritier mâle, son père le roi Jean le Bon le lui accorda en 1363, en remerciement de son soutien à ladite bataille de Poitiers.

21 Vaughan 2002, p. 41-58 ; Dijon 2004, p. 42.

22 Vaughan 2002, p. xix ; Dijon 2004, p. 29. Il récoltait d’importants revenus de Flandre et du trésor royal français ; ses revenus sont estimés à près de 500.000 livres par an, un montant colossal pour l’époque.

23 David 1937 ; De Winter 1976 ; Vaughan 2002, p. xxiii et 188-207.

24 Vaughan 2002, p. 17

25 Petit 1888, p. 115.

26 Ibidem, p. 115.

27 Ibidem, p. 116-117.

28 Vaughan 2002, p. 19. Il aimait le tir à l’arbalète et participa à des compétitions. Il disposait d’ailleurs à Bruges d’une armoire particulière contenant « les arbalestres de monseigneur ».

29 Ibidem, p. 118.

30 Petit 1888, p. 123.

31 Email de Marc Ryckaert du 20 mars 2020. Il renseigne à cet effet une carte de 1786 reproduisant la répartition paroissiale et publiée dans Vermeersch 2002, p. 120.

32 Joubert 1990, p. 602 ; Rey 2004, p. 123.

33 Rey 2004, p. 124 et 125 avec une liste des tapisseries.

34 Rey 2004, p. 123.

35 Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, B 1500, f. 137. Nous remercions le professeur F. Joubert pour cette transcription et d’autres de dépenses dans la comptabilité ducale concernant certaines tapisseries (voir aussi Pinchart 1878, p. 9, n. 3 ; Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 709 ; Lestocquoy 1978, p. 45). En 1394, il est fait part de frais pour le transport par Jaquet Dourdin, d’Arras à Dijon, de diverses tapisseries dont « le tapiz des douze pers de France », Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, B 1501, f. 74v°. Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 719-720 ; Wilson 2011, p. 27.

36 Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, B 1517, f. 196 et 196v° ; Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 779 et 844 ; De Winter 1976, p. 154 ; Dijon 2004, p. 125 ; Rey 2004, p. 125. À titre de comparaison, l’artiste Jean de Marville recevait 8 gros par jour pour ses deux valets et lui. Vaughan 2002, p. 191.

37 Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, B 1517, f. 196v° ; Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 779 ; Pinchart 1878, p. 13, n. 2 ; Joubert 1990, p. 603.

38 Schnerb 2004, p. 72.

39 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 844, « Item, deux autres tapis de la Vie Saint Anthoine, ouvrez a or ».

40 Schnerb 2004, p. 72.

41 Cassagnes-Brouquet 2004a, p. 284 ; Cassagnes-Brouquet 2004b, p. 89.

42 Réau 1958, t. 3, vol. 1, p. 293-297.

43 Cassagnes-Brouquet 2004a, p. 283-284. Il est question de peintres-verriers du Brabant et de Cambrai. Les importants verriers ducaux étaient originaires du Nord et monopolisaient les travaux à Champmol et des palais ducaux.

44 De Laborde 1849, vol. 1, p. 179 ; Lévy et Capronnier 1860, p. 179.

45 Il est déjà mentionné en 1384 pour la fourniture de deux vitraux pour la chapelle Notre-Dame fondée par la duchesse à Dijon. Il en est gratifié d’un don de 100 francs en tant que : « ouvrier de voierie de monseigneur de Bourgogne en son chastel d’Argilley et aultre part », voir Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 497 ; Cassagnes-Brouquet 1996, p. 384-387.

46 Cassagnes-Brouquet 2004a, p. 283-284 ; Debouige 2004, p. 155 ; Cassagnes-Brouquet 2004b, p. 91.

47 Cassagnes-Brouquet 2004b p. 91 et 93, n° 14, comptes du chantier de la chartreuse de Champmol, B 116722, f. 27 : « A Robert de Cambray voirrier pour don a luy fait par Mons pour une foi de grace especial pour bons et agréables services quil a fais de son mestier de voirrerie es diz ouvraiges des Chartreus paie a luy […] par mandement du XIIe jour de fevrier MCCCXC, XX francs ».

48 Vanden Bemden 2001, p. 26-27.

49 Dehaisnes 1886, vol. 2, 1374-1401, p. 652 : « A Christian De le Voorde pour refaire les verrieres du chasteau qui estoient rompues par le vent vii £. iij s. p. », Comptes de Jehan Du Bois, châtelain de Mâle de la Saint-Jean 1387 à la Saint-Jean 1388, Bruxelles, Archives générales du Royaume, comptes en rouleaux, IV, II.

50 Helbig 1943, p. 36. Après la victoire des milices gantoises en 1382 sur le champ de bataille de Beverhoutsveld le château tomba entre les mains de ceux-ci. Le château fut pillé et on y bouta le feu, voir Cafmeyer 1940-1946.

51 « A Chretien de le Vorde pour les parties qui sensuent c’est a savoir, pour iiiic xliii pie et demy de voirre de lui achetté double voirre pour verrieres ouvré de plusieures ymagenes des armes de mon tres redoubté seigneur et Dame de Bourgogne et de leurs pays, et d’autres ouvrages iic lxvi £ ii s. », voir Vande Putte 1845, p. 136.

52 « Item, a Jehan de Bouvekerke pour faire en la chapelle VIJ verrieres de XVIJ pies chascune et J rondel de trois pies au debout, lesquelx sont peint par l’avis des signeurs et de Melchior le peintre de monseigneur, en l’une Saint Anthoine avec les armes de mon seigneur, en l’autre Nostre Dame, et la tierche le crucifix et les armes de mon seigneur, en la quarte saint Jehan, en la quinte Sainte Margriete avec les armes de mon seigneur et de madame ; en la vje Saint Jean Baptiste avec les armes de madame d’Ostrevant et de son mari ; et au rondel les armes de Flandre. Payé de ce a lui par l’ordonnance de maistre Jehan de Meles, Piere Heyns et du bailli d’Ypre. C liv. XIIJ den. », Vande Putte 1862; Vandenpeereboom 1870, p. 119 ; Dehaisnes 1886, vol. 1, p. 163.

53 Melchior Broederlam était depuis avril 1381 le peintre de la cour comtale de Louis de Male. Après le décès du comte Louis, il réalisa d’importantes œuvres pour le duc Philippe dont les volets du retable de la Crucifixion de Jaques de Baerze à Dijon.

54 Van Elslande 1993, n° 3, p. 207-214.

55 « A maistre Johan de Eychuise, voirrier, demourant à Gand, pour faire la fenestre ou ceur de la chapelle de Monseigneur le duc de Bourgogne en sa bourch et chastel de Nieneve, doublé de voir d’un Crucifix, de pilausiers aultres ymages, des armes de Monseigneur et de Madame, de Monseigneur de Nevers et d’autres ouvrages tout autour, laquelle contient xxxij piez à x solz le piet, qui monte : xviij livres x solz. Item, donné encourtoisie au varlet dudit voirrier qui apporta lespièces de ladicte verrière de Gand jusques à Nieneve : vj solz », Van Elslande 1993, p. 207.

56 Van Elslande 1996. Bruxelles, Archives générales du Royaume, chambre des comptes, cg 7478, comptes 24 juin 1397-24 juin 1398.

57 Louis de Male sera finalement inhumé dans la collégiale Saint-Pierre, voir Vande Putte 1875, p. 167-176 ; De Cuyper 1962 ; Van Dorpe 1963-1964, p. 281-298 ; Van Belle et Nachtergaele 2016, p. 5-320 et 359-360.

58 Rousseau 1926. Camille Tulpinck (1861-1946) releva le dessin de ces peintures murales fort endommagées après leur disparition totale sur la base des dessins de Busscher, Bergmans 1998, p. 82-88. Ces relevés sont conservés à la bibliothèque des Musées royaux d’Art et d’Histoire à Bruxelles.

59 Son nom est orthographié comme Jan van Hasselt, Jehan del Asselt, Jehan de Lasselt,, etc. Esther 1970 ; Van Der Haeghen 1908, vol. 2, p. 197-198 ; Van Elslande 1987.

60 Dehaisnes 1886, vol. 1, p. 480-481 ; De Winter 1976, p. 237. Ceci infirme l’affirmation de J.P. Esther qui prétend que Philippe le Hardi ne l’aurait pas pris à son service après la mort de Louis de Male, Esther 1970, vol. 4, col. 23-24.

61 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 458, « … pour nous ouvrer de son mestier de pointure en nostre capelle a Gand et ailleurs la ouil nous plaira sans entendre a nul autre ouvrage fors au nostre ». Van Elslande 1987, p. 422-423, n. 15 ; Nys 2004, p. 53 ; Borchert 2007, p. 26.

62 Dehaisnes 1886, vol. 2, 1374-1401, p. 479.

63 1374 « Item a maistre Jehan dasselt en venant de Courtray a gand ou il fu mandes », Comptes d’Henry Lippin, Bruxelles, Archives de l’État, Chambre des comptes 2702, f. 17r°.

64 Dehaisnes 1886, vol. 2, 1374-1401, p. 508 et 523-524 ; Van Elslande 1987, p. 424 et n° 20, Compte de Robert d’Amance, trésorier, de 1er avril 1372 au 20 juillet 1373 ; Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, B 1435, f. 104.

65 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 639-640 « A Jehan De Hasselt, pointre, pour lettres de monseigneur données le XXV d’aout IIIIxx et VI pour I tavelier d’autel qu’il avoit fait au command monseigneur, en l’eglise des cordeliers à Gand IIIIxx IIII £ », Lille, Archives départementales du Nord, Fonds de la Chambre des comptes de Lille, registres relatifs à la Flandre, n° 236.

66 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 670. « A maistre Jehan De Hasselt, pointre, pour pluseurs estoffes qu’il avoit mis hors, du command monseigneur pour faire une image de Nostre Dame a la maison monseigneur a le Walle LIII £. XII s. », Archives départementales du Nord, Fonds de la Chambre des comptes de Lille, Registres relatifs à la Flandre, n° 238 bis. Dehaisnes 1886, vol. 2, 1374-1401, p. 480-481 ; De Winter 1976, p. 238.

67 Van Elslande 1987, p. 421 et 428 ; Borchert 2007, p. 27.

68 Genard 1888, vol. 2, p. 569 ; Helbig 1943, p. 62.

69 Helbig 1943, p. 165.

70 « Item pour le verriere le conte de Flandre, au suer dessusdit, s’en paia lidis contes x escus, remaint que j’en paiai xxxv escus, qui valent xxxiii £. v s. », voir Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 374.

71 Van De Velde 1925.

72 Voir par exemple, Cambrai, 1368-1369 et 1371-1372 « magistro Petro de Gosnay, vitreario de ecclesie » et « magistro Johanni de Attrebato vitreario ecclesie »; Lille, 1373-1374, collégiale Saint-Pierre, « magistro Petro, vitreario », etc. voir Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 476, 517 et 595 ; Ibidem, p. 517.

73 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G1/7, rekeningen van de kerkfabriek, 1365.

74 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G1/7, rekeningen van de kerkfabriek, 1365.

75 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek, 1375, f. 7, « Item Bernardo de Voorde vitriario p(ro) op(er)e suo ut p(atet) xxxvj s(chel.) ».

76 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek, 1377, f. 27, « Item Bernardo de Voorde vitriario p(ro) op(er)e suo ut patet p(er) p(ertine) t xj lb iiij s(chel.) ».

77 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek, 1376, f. 16v° jusque G2, 1408 f. 8v°.

78 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1382, f. 21, « Doe ghedaen werken bi Janne van der Scelle in myns heeren capelle van Vlaendren staende binnen zijne gherberghe in Brughe van c. xlvi voeten witen glas wercx van den voete .v j. l. ».

79 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1383, f. 41, « Item van iiij verrieren up scepenen camere te vermaekene bi Willem Bertelotte xvi sch. gro. ».

80 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek, 1376, f. 16v° « Item Xpristiano de Voorde vitrario p(ro) op(er)e p(e)r ip(sum) f(act)o p(ro) p(er) p(ate)t vj lb. xij s. v d. ».

81 « Ghegheven Xpiane van de Voorde van eene veinstere ghemaect voren scepen huus daer S. Jan in staet, ende hadder of bi vortworden iij lb. grote, daer of dat betaelde meester Ghosin den Coudruddere van eere amende xxx s. gro. », voir Gilliodts-Van Severen 1875, p. 488, n° 4, Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1385-1386, f. 60, n° 8.

82 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 652, « A Christian De le Voorde pour refaire les verrieres du chasteau qui estoient rompues par le vent VII £. IIII s. p. », Comptes de Jehan Du Bois, châtelain de Mâle de la Saint-Jean 1387 à la Saint-Jean 1388, Bruxelles, Archives générales du Royaume, comptes en rouleaux, IV, II.

83 Helbig 1943, p. 36 ; Cafmeyer 1940-1946.

84 « A Chretien de le Vorde pour les parties qui sensuent c’est a savoir, pour iiiic xliii pie et demy de voirre de lui achetté double voirre pour verrieres ouvré de plusieures ymagenes des armes de mon tres redoubté seigneur et Dame de Bourgogne et de leurs pays, et d’autres ouvrages iic lxvi £ ii s. », Vande Putte 1845, p. 136. Helbig 1961, p. 98. Pour la mention « de double voirre » pour un vitrail commandé en 1404-1405 pour l’église d’Ath, voir p. 96. Helbig 1943, p. 22 ; Lévy et Capronnier 1860, p. 95-96. Dans ce sens, il s’agit de ce que l’on appelle un verre « plaqué », permettant de graver des motifs dans une des couches de verre afin de faire apparaître l’autre, d’une autre teinte (par exemple, le plus couramment, rouge ou autre couleur sur verre incolore).

85 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen, 2 septembre 1388-1389, f. 74v, « Doe ghegheven Xpistiaen van de Voorde den glasemakere van glasveinstren ghemaect an der stede huse daer Jan Gheerbout woende ende daer Jan Ghanoots woende xviii sch. Groten ».

86 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1389-1390, f. 75v°, « Doe ghegheven Christiaen van de Voorde den glasewerkere van een glasveinstre hem ghedaen make bi borghmeesters in scepenen huus daen of dat en hadde bi vorwoorde X. £. Grote ».

87 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen, 1397-1398, f. 52, n° 9, « Gegheven Xpiane van den Voorde van xvj pande niewe glas ghemaect an de glasveinstren tSinte Baselis ende in scepenen camere houdende cxvj voete, coste de voet viij grote. Item van xxxv voeten ghevaerwet glas, coste de voet v grote ».

88 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1400, f. 54, n° 2, « Gegheven Xpiane van den Voorde van tween trailgen met coperdraden ghemaect voor twee grote veinstren in de tresorie van der stede vp doude halle houdende ijc ende tachentich voeten, coste de voet iij grote ».

89 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1403-1404, f. 66v, n° 1, « Doe gegheven Xpiane van den Voorde van tween glasveinstren te makene van nieux boven vp scepenen huus, deene van der mirakele van Onser zoeter Vrauwen ende dandere van der ystorie van den coninc Davyd, daen of dat hi hadde bi vorworden al vp sinen cost sonder van ysere van elker veinstre vj lb. x s. grote ».

90 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1403-1404, f. 66v, « Item den zelve ghegheven van tiene veinstren van nieux te makene boven in de niewe scepenen camere de welke houden zesse ende tneghentich voeten, van elken voete v grote. Item, de zelven van eere witter veinstre te vermakene te verlodene ende gate te stoppene in de oude scepenen camere, daen of dat hi hadde xij s. grote ». « Itm den zelven ghegheven van der lanterne te Goenevoorde (= ‘commissariat de police’ sur le marché, près des halles) te vermakene ende daghelyx te stoppene dit jaer lanc gheduerende .viij s groten daer comt vp xvj £ groten ».

91 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen 1404, f. 74, n° 1, « Doe ghegheven Xpiane van de Voorde van zesse glasinne veinstren van nieux te malkene boven up scepenen huus in de camere daer de stede ghescot leicht houdende acht ende dertich ende eenhalf voeten wit vranxsch glas, coste de voet v grote ».

92 Bruges, Bisschoppelijk archief, Rekeningen van Sint-Donaaskerk 1404, f. 7, « Item p(ro) fenestris vitreis rep(ar)andis et foranib(us) capella S. Machuti et retro chorum ut p(atet) cedulam Xpristiani de Voorde 17£ . iiij s(chel.) ».

93 Bruges, Bisschoppelijk archief, Sint-Donaaskerk, G2, rekeningen van de kerkfabriek,1408, f. 8v°.

94 Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen, 1409-1410, f. 74, voir ci-après.

95 Duclos 1910, p. 393.

96 Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 150, Dehaisnes écrit en 1886, soit trois ans avant le début des travaux de réfection de la « salle gotique », que « deux des fenêtres de la première salle de l’hôtel de ville ont conservé dans leur partie supérieure de beaux fragments de ces vitraux de la fin du quatorzième siècle ».

97 Devliegher 1954, p. 197, n. 1, ca 1400 ; Bruges 1960, p. 181-182 ; Detroit 1960, p. 349-351, n° 165-168, œuvre de Christiaen van de Voorde de 1385-1404 ; Vermeersch 1969, p. 110-113, ca 1400 ; Helbig 1961, p. 73-78, début xve siècle, ca 1408, en raison de la similitude avec un vitrail de ca 1408 de la basilique Saint-Martin à Halle.

98 Koldeweij, Mermersdorf et Huvenne 1997, p. 35 et 41-42 ; Koldeweij, Tahon et Geysen 2013, p. 251.

99 Reisinger 1985.

100 En résumant certaines nuances se perdent, mais les hypothèses initiales deviennent par la suite des certitudes pour l’auteur.

101 Koldeweij, Tahon et Geysen 2013, p. 251. Il traite ausi de Jan de Rynghele et attribue erronément les anges de Bruges à ce dernier dans Koldeweij, Mermersdorf et Huvenne 1997, p. 35 et 41-42.

102 Gilliodts-Van Severen 1876, p. 328-329.

103 Reisinger 1985, p. 178.

104 Ibidem, p. 209-210.

105 Ibidem.

106 Ibidem, p. 178.

107 Ibidem, p. 209.

108 Becksmann 1995 et autres études sur les vitraux dans les Länder de l’Allemagne.

109 Becksmann 1988, p. 319.

110 Ibidem, p. 315.

111 Ibidem, p. 318.

112 Becksmann 1988, p. 318 et fig. 7 a et b, un codex de 1406 de Bohème, conservé à Stuttgart, reproduisant la Genèse, est plus proche de la Genèse de Besserer que de celle des Frères du Limbourg.

113 Le Maître (du maréchal) de Boucicaut est un enlumineur flamand actif dans le premier quart du xve siècle, en particulier entre 1408 et 1420. Il doit son nom aux Heures du maréchal de Boucicaut, livre d’heures commandité par le dit maréchal et réalisé entre 1410 et 1415. Il est parfois identifié à Jacques Coene, originaire de Bruges actif à Paris puis à Milan. Cette thèse est à présent rejetée sur la base historique. Châtelet 1993.

114 Jacques Coene était un peintre, enlumineur et architecte flamand. Il était actif à la fin des années 1380-1411, à Bruges, à Paris (1388-1404) et en Italie, où en 1399, il œuvra à la construction de la cathédrale de Milan. Il bénéficia apparemment des commandes de Jean, duc de Berry et de Philippe le Hardi. Son identification avec le Maître du maréchal de Boucicaut n’est à présent plus retenue.

115 Le Maître du Hannibal de Harvard est un enlumineur anonyme actif à Paris entre 1415 et 1440. Il doit son nom à une miniature du sacre d’Hannibal Barca, un manuscrit de la bibliothèque Houghton de l’université de Harvard.

116 Becksmann 1988, p. 317.

117 Ibidem, p. 320-321.

118 D’ailleurs, le tailleur de pierre Pieter Vecken reçut déjà le 20 août 1379 un montant de 240 livres pour la taille de meneaux pour cinq grandes fenêtres, Dehaisnes 1886, vol. 2, p. 149.

119 Gilliodts-Van Severen 1875, p. 489.

120 Gilliodts-Van Severen 1876, p. 330 avec reférence. Bruges, Stadsarchief, stadsrekeningen, 1409-1410, f. 74, n° 2, « Berthelmeeus Rynghel den glasewerkere van vijf nieuwe glasveinsteren bi hem ghemaect in scepenen camere, houdende lxx voeten ghewrocht wercx ende cxl voeten wit wercx, coste de voed van der gewrochten werken vj gr. ende den voed van de witte wercke V gr. Item van V scilden van wapenen van Bourgoegne in voorseiden glasveinstren ghemaect coste tstic twe s. gr. » mais après le contrôle des comptes de la ville de Bruges de 1409-1410, f. 74, n° 2, ceux-ci mentionnent un texte partiellement divergeant mais qui a trait à la même commande (Gilliodts a peut-être fait usage d’une copie de comptes de la ville, dont l’existence est avérée): « Doe ghegheven Berthelmeeus Ringhel den glasewerkere vanden vijf glasveinster ghemaect in scepenen camere te maken open te doene in . x. yserin cassine coste tstic xvj groten. Item den zelven ghegheven van diversen losanghen te stellene in eenighe glasveinstren van scepenen huus daer zij ute ghevallen waren xviii. groten daer comd up xiiij schellingen x. den. groten’ Somme viij £. xviij 18 sch. (parisis) ».

121 Comptes de la ville d’Oudenburg, 22 février 1418-5 février 1419 (n.s), « Item betaelt Berthelmeeus Rynghele den glazenmakere van .j. beelde van S. Christofels te makene in deene van den glasveinsters up scepenen camere, xxiiij. S. », voir Feys et Van De Casteele 1873, vol. 1, p. 289. Le vitrail fut renouvelé en 1459 par un vitrail pourvu à nouveau d’une représentation de saint Christophe (Ibidem, p. 434).

122 « Geleynkin Ringhele », voir Feys et Van De Casteele 1873, p. 557; Hulin 1914-1920. Il était vinder (récoltant les assisses et imposant des amendes) en 1441, un des six gouverneurs en 1540, 1459, 1461, 1462 et doyen en 1463. Il réalise en 1438 les verrières du vierschaar (cour de justice) de la ville d’Oudenburg, « Item betaeld Anthonis Ringhele den glasewerkere vanden glase veinstren dienende in de vierschare, vander ronder .O. boven der dure zo men ghaet ter aleye vander stede, vander ronder .O. int vleeschuus ende vanden .ij. veinstren naesten husekin van onser Vrauwe an die halle int torkin vander stede te verloodene, te verglasene ende te verschoonene, over al xxiij. £ . iiij. s.p. », Feys et Van De Casteele 1873, vol. 1, p. 389. Que ses affaires prospérèrent est prouvé par sa fondation de 40 prébendes en faveur des pauvres de la paroisse de Saint-Sauveur.

123 Weale 1872-1873, p. 48. Bruges, Stadsarchief, comptes du Franc de Bruges, 4 juin 1417-2 juin 1418, f. 94v°. « Betaelt Ian Lormiere van den schilden van der wapene van den Vrijen staende in de veinstre van der camere van den Vrijen xii s. p. »

124 « Ghegheven Janne Lormier, den glasewerker, van eenen grooten glazen rondeele te maken in eene venstere in der stede huus ten Damme, tvoorscreven rondeel bewrocht met tween inghelen ende ii scilden van der wapene van Brugghe. Item van vier glazene arketten met vier inghelen de welke houden vier scilden van der voorschrevene wapens. Item van vier witte panden houdende xxii voeten van der besten vranxschen glaze », De Laborde 1851, vol. 2, p. 44 ; Gilliodts-Van Severen 1876, p. 312.

125 Heers 1963, p. 173. Damen 2005, p. 152. Il est fait mention de 45 représentations de Philippe le Bon sur verrière.

126 Damen 2005, p. 141-200.

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Table des illustrations

Titre [Fig. 1]
Légende Dessin du vitrail des pairs de France, autrefois à l’église Saint-Sauveur à Bruges, entre 1369-1384. Valenciennes, Bibliothèque municipale, ms. 1025, Armorial, f. 68v°.
Crédits © Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.
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Titre [Fig. 2]
Légende Dessin du vitrail des pairs de France, autrefois à l’église Saint-Sauveur à Bruges, entre 1369-1384. Valenciennes, Bibliothèque municipale, ms. 1025, Armorial, f. 69.
Crédits © Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.
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Fichier image/jpeg, 788k
Titre [Fig. 3]
Légende Gravure du vitrail des pairs de France, dans De Montfaucon 1731, p. 75.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/303/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 334k
Titre [Fig. 4]
Légende Gravure du vitrail des pairs de France, dans De Montfaucon 1731, p. 75.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/303/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 376k
Titre [Fig. 5]
Légende Vitrail des pairs de France, registre inférieur gauche : les pairs ecclésiastiques de France.
Crédits © Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.
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Titre [Fig. 6]
Légende Vitrail des pairs de France, registre inférieur droit : les pairs laïcs de France.
Crédits © Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.
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Titre [Fig. 7]
Légende Vitrail des pairs de France, registre supérieur gauche : les saints et les quatre évangélistes.
Crédits © Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.
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Titre [Fig. 8]
Légende Vitrail des pairs de France, registre supérieur droit : les Pères de l’Église et les saints.
Crédits © Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.
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Fichier image/jpeg, 445k
Titre [Fig. 9]
Légende Prophètes et évangélistes sous baldaquin, lame de Gillis de Namain, ca 1370-1380, Bruges, Église Saint-Jacques.
Crédits © Ronald Van Belle.
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Fichier image/jpeg, 784k
Titre [Fig. 10]
Légende Le pair Philippe le Hardi, duc de Bourgogne avec armoiries « Bourgogne moderne » (1363-1384).
Crédits © Médiathèque Simone Veil de Valenciennes.
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Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre [Fig. 11]
Légende Choix de portraits des anciens comtes de Flandre peints par Jan van der Asselt dans la chapelle Sainte-Catherine de Louis de Male à Courtrai. (a) Ferrand du Portugal (b) Philippe d´Alsace (c) Guido de Dampierre (d) Robert de Béthune (e) Louis de Nevers (f) Louis de Male.
Crédits © Relevés Camille Tulpinck, MRAH.
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Fichier image/jpeg, 168k
Titre [Fig. 12]
Légende Confrontation des pairs laïcs de France avec les portraits des anciens comtes de Flandre.
Crédits © Médiathèque Simone Veil de Valenciennes et © MRAH.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/303/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 325k
Titre [Fig. 13-17]
Légende Christiaen van de Voorde, Anges (à phylactère pour certains), vitrail provenant d’un entrelacs des fenêtres gothiques de la salle des échevins de l’hôtel de ville de Bruges, ca 1385-1386 (Bruges, Musée Gruuthuse, inv. XXII.O.0082-XXII.O.0086). Musea Brugge.
Crédits © Lukasweb.be – Art in Flanders.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/303/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 231k
Titre [Fig. 18]
Légende Saint Georges et le dragon, vitrail, suivant Reisinger réalisé ca 1410-1415 par Jan van Ringhele (Münster d’Ulm)
Crédits © Creative common Joachim Kohler.
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Fichier image/jpeg, 750k
Titre [Fig. 19]
Légende Heures du maréchal de Boucicaut, Saint Georges et le dragon, ca 1405-1430, Paris, Musée Jacquemart-André, inv. MJAP-Ms 1311. D’après Châtelet 2000, p. 250.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/303/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 1,0M
Titre [Fig. 20]
Légende Anges visitant Abraham, vitrail, suivant Reisinger réalisé ca 1410-1415 par Jan van Ringhele (Münster d’Ulm, chapelle Besserer).
Crédits © Wikimedia Commons UliE1350.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/303/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 484k
Titre [Fig. 21a-d]
Légende Têtes d’anges (détail), vitraux de l’hôtel de ville de Bruges. Musea Brugge.
Crédits © Lukasweb.be – Art in Flanders.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/303/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 656k
Titre [Fig. 22a-b]
Légende Anges à phylactère, détails de la lame funéraire gravée de Wouter Copman (†1387) (Bruges, église Saint-Sauveur).
Crédits Frottis Ronald Van Belle. © Bruxelles, IRPA, Y008106.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/docannexe/image/303/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 267k
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Pour citer cet article

Référence papier

Ronald Van Belle, « Le vitrail des pairs de France du xive siècle provenant de l’église Saint-Sauveur à Bruges »Bulletin de l’Institut royal du Patrimoine artistique / Bulletin Van Het Koninklijk Instituut Voor Het Kunstpatrimonium, 37 | 2022, 24-53.

Référence électronique

Ronald Van Belle, « Le vitrail des pairs de France du xive siècle provenant de l’église Saint-Sauveur à Bruges »Bulletin de l’Institut royal du Patrimoine artistique / Bulletin Van Het Koninklijk Instituut Voor Het Kunstpatrimonium [En ligne], 37 | 2022, mis en ligne le 01 octobre 2022, consulté le 28 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/kikirpa/303 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/kikirpa.303

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Auteur

Ronald Van Belle

Ronald Van Belle est docteur en histoire de l’art et d’archéologie de la Rijksuniversiteit Gent (RUG). Sa thèse portait sur la production tournaisienne de dalles gravées du xiie au xvie siècle et il est spécialisé dans l´art funéraire, l’histoire du costume et les arts appliqués. Il a publié un corpus sur les lames gravées et les plaques commémoratives en laiton de Belgique : Corpus Laminae. Belgische koperen grafen gedenkplaten 1143-1925, Bruges, 2017. Il est également membre de l´Académie royale d´Archéologie de Belgique.

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Droits d’auteur

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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