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Claudien : Un ‘épyllion’ de la victoire et un panégyrique ‘miroir du prince’

La Guerre des Gètes et le Panégyrique pour le sixième consulat d’Honorius
Jean‑Louis Charlet

Résumés

On compare les deux derniers poèmes politiques de Claudien (la Guerre des Gètes, épopée en miniature, et le Panégyrique pour le sixième consulat d’Honorius, panégyrique miroir du prince) pour démontrer qu’au début de l’année 404 Claudien a cru pouvoir ou devoir exprimer clairement son paganisme culturel, lié à son grand amour pour Roma aeterna, qui n’apparaissait qu’en filigrane dans ses poèmes politiques antérieurs.

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Texte intégral

  • 1 Claudien, éd. Charlet 1991, p. xiv‑xv et n. 25. Le résumé de la carrière de Claudien s’inspire des (...)
  • 2 La contestation de cette date par Hall 1988 n’est pas fondée, voir Claudien, éd. Charlet 2017, p. x (...)

1Au plus tard à l’automne 394, un jeune poète, qui s’était déjà fait connaître par de petits poèmes et, probablement, par le premier chant d’une épopée mythologique qu’il avait entreprise sur Le Rapt de Proserpine, arrive à Rome et se voit confier par une grande famille romaine, celle des Anicii, la tâche aussi honorable que redoutable de chanter dans un panégyrique en hexamètres le consulat de deux de ses jeunes représentants, Olybrius et Probinus. Claudien, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’acquitte si honorablement de cette mission qu’on le retrouve quelques mois plus tard à la Cour impériale de Milan comme chantre de la politique que mène, au nom de l’empereur Honorius, l’homme fort de la partie occidentale de l’Empire romain, Stilicon, semi‑vandale allié par son mariage à la famille impériale de Théodose dont il avait été l’un des généraux. De janvier 396 jusqu’au printemps 400, la production poétique de Claudien suit l’actualité politique et militaire de l’Empire, qu’il s’agisse d’attaquer les ministres de la partie orientale de l’Empire, sous la responsabilité d’Arcadius, frère aîné d’Honorius, Rufin et Eutrope qui s’opposent à la politique voulue par Stilicon, ou un gouverneur d’Afrique révolté contre Rome (Gildon), de chanter le mariage politique, voulu par Stilicon, d’Honorius avec Marie, fille dudit Stilicon, ou de faire le panégyrique des consuls nommés par la partie occidentale de l’Empire : l’empereur lui‑même, Honorius, pour ses troisième et quatrième consulats, ou le philosophe néo‑platonicien chrétien Manlius Theodorus, et surtout, sous une forme particulière, de Stilicon lui‑même, au début de l’année 400, qui a droit à un traitement de faveur : une Louange (Laus) en trois livres, alors que les panégyriques précédents, même pour l’empereur Honorius, se limitaient à un seul livre. Cette attention particulière valut à Claudien une récompense exceptionnelle : le sénat de Rome lui fit ériger au Forum de Trajan une statue de bronze dont nous avons conservé l’inscription bilingue, particulièrement élogieuse pour le poète, qu’elle présente comme unissant « l’esprit de Virgile et la Muse d’Homère »1. Peut‑être aussi une autre récompense, plus personnelle et plus tangible : un mariage avantageux, grâce à l’épouse de Stilicon Sérène, nièce et fille adoptive de Théodose. Ce mariage interrompit momentanément la carrière poétique de Claudien qui, apparemment, profita de sa lune miel pour aller visiter les riches domaines libyens que lui apportait son épouse : il n’est pas en Italie au début de l’année 402 pour célébrer le cinquième consulat d’Honorius. Mais il y revient certainement au printemps pour emboucher à nouveau la trompette épique à l’occasion de ce qu’il présente comme une grande victoire d’Honorius et Stilicon sur le barbare (Goth) Alaric, son ancien collègue comme général de Théodose, à Pollentia, le jour de Pâques (6 avril 402)2 : c’est le De bello Getico, qui sera suivi un an et demi après par un dernier grand poème politique, cette fois, un panégyrique pour le sixième consulat de l’empereur. S’agit‑il pour Claudien de chanter de la même façon, en dépit de différences liées au genre poétique choisi, la politique et les exploits accomplis par Stilicon au nom d’Honorius ou peut‑on mettre en évidence, en dépit de continuités indéniables, une inflexion significative, sinon de la pensée politique de Claudien en filigrane de celle de Stilicon, du moins dans la manière de l’exprimer publiquement ? Et cette évolution ne pourrait‑elle pas rendre compte du silence définitif de la Muse politique de Claudien après cet ultime panégyrique ?

  • 3 Claudien, éd. Charlet 2017, p. xxii‑xxiii.

2Comme l’indique la préface du De bello Getico, Claudien se trouve à nouveau, en mai ou juin 402, dans le temple d’Apollon Palatin pour chanter la défaite des Goths (Clavd., carm 26 [Get.], 6), le mérite de la guerre ou l’amour qu’on porte à Stilicon (Clavd., carm 26 [Get.], 18), sa gloire (Clavd., carm 26 [Get.], 4). Peu importe que, dans les faits, Pollentia ne soit au mieux qu’une demi‑victoire3, la trompette épique va magnifier l’événement. En effet, le De bello Getico se veut épopée en miniature, ce que certains modernes appelleraient un “épyllion”. Claudien mobilise tout l’appareil épique :

  • Il convoque les destins et les dieux, moteurs des événements rapportés (Clavd., carm 26 [Get.], 171‑173 ; 197 ; 232 ; 540‑557) et la Renommée qui les colporte jusqu’à Thulé (Clavd., carm 26 [Get.], 201‑204).
  • La loupe du récit soumet les événements à un effet de grossissement épique : l’invasion des barbares bouscule tous les obstacles, même naturels (Clavd., carm 26 [Get.], 175‑193).
  • Les comparaisons établissent la supériorité des faits rapportés non seulement par rapport à l’épopée historique de Rome (pour les Romains, l’histoire de Rome est une épopée) : on pense à la longue comparaison entre Stilicon et les héros de l’histoire romaine (Clavd., carm 26 [Get.], 104‑165 + 211 ; parallèle avec Camille, Clavd., carm 26 [Get.], 430‑437), avec Tiphys et le mythe épique des Argonautes (Clavd., carm 26 [Get.], 1‑35), avec le demi‑dieu Hercule (Clavd., carm 26 [Get.], 438‑449). L’action guerrière est comparée avec un autre mythe épique obsessionnel chez Claudien, celui des Géants (la révolte des Géants contre les dieux d’en‑haut, Clavd., carm 26 [Get.], 61‑76).
  • On compte au moins trois comparaisons « homériques » : avec le lion (Clavd., carm 26 [Get.], 323‑329), les esclaves qui croient leur maître mort (Clavd., carm 26 [Get.], 366‑373) ou les bœufs dispersés (Clavd., carm 26 [Get.], 408‑413).
  • On pourrait ajouter tout l’appareil épique des prodiges (Clavd., carm 26 [Get.], 62 ; 227‑266 ; 450‑453 et surtout la voix oraculaire des Clavd., carm 26 [Get.], 545‑547).
  • et aussi les stylèmes qui relancent la narration après un discours (Clavd., carm 26 [Get.], 314 His dictis ; Clavd., carm 26 [Get.], 549 Sic ait) ou certains mots composés de saveur épique ou semi‑épique comme cornipes (Clavd., carm 26 [Get.], 217), crinigeri (Clavd., carm 26 [Get.], 481) ou grandaeuum (Clavd., carm 26 [Get.], 518).
  • 4 Sur les héros dans la poésie de Claudien, voir en dernier lieu Meunier 2019, p. 415‑445 (p. 423‑426 (...)

3Le De bello Getico est donc sans conteste un poème épique. Mais, qui dit épopée dit héros : l’épopée chante les exploits merveilleux d’un héros. Au premier abord, il n’y a pas discussion, le héros est Stilicon, l’homme fort de la partie occidentale de l’Empire4. Son nom apparaît une fois dans la préface (Clavd., carm 26 [Get.], 18) et non moins de 16 fois dans le poème lui‑même, où il est placé, comme nous l’avons vu, au‑dessus des héros historiques et mythologiques. Il est apostrophé aux vers Clavd., carm 26 [Get.], 36‑51 et magnifié comme le sauveur de l’Empire (Clavd., carm 26 [Get.], 51), car il ne se contente pas de paroles, mais les fait suivre d’actes déterminants (Clavd., carm 26 [Get.], 266‑313 : lui seul est stable dans la tempête et fait face aux prodiges ; Clavd., carm 26 [Get.], 314‑429). Rien de surprenant à cela : Claudien a déjà chanté Stilicon dans ses précédents poèmes politiques, et en particulier dans le tout dernier, les trois chants de la Laus Stilichonis. Mais il faut noter que le nom d’Honorius n’apparaît pas dans ce poème ; il y est désigné trois fois par princeps (Clavd., carm 26 [Get.], 374, 454 et 561) ou Augustus (Clavd., carm 26 [Get.], 259, 318 et 524), soit un total de références assez faible, d’autant plus qu’aux vers Clavd., carm 26 [Get.], 374‑375, c’est Stilicon qui incarne le Prince, le Latium et Rome !

4Toutefois, en filigrane, on voit se profiler un autre héros, ou plutôt une héroïne, Rome elle‑même, apparemment un peu moins nommée que Stilicon, douze fois, comme le nombre des vautours fatidiques (simple coïncidence ?) : nous aurons à y revenir à propos du Panégyrique pour le sixième consulat, d’autant qu’ici, aux Clavd., carm 26 [Get.], 263‑266, Claudien se réfère précisément à ces vautours fatidiques. Mais il faut y ajouter les cinq emplois d’Vrbs pour désigner la ville par excellence, Rome, avec le jeu de mots sur le nom d’une rivière et l’anagramme de l’oracle (Clavd., carm 26 [Get.], 546‑547), avec non moins de dix emplois de l’adjectif, parfois substantivé, Romanus. Il est, bien sûr, normal, de chanter Rome quand on veut célébrer l’Empire romain. Mais ici la situation géopolitique est particulière.

  • 5 Voir Claudien, éd. Charlet 2017, p. 355, n. 100, qui renvoie à Charlet 1994, p. 115‑116.

5Si l’on s’en tient aux faits historiques, c’est l’Italie du nord qu’Alaric envahit en 401 ; c’est la capitale impériale d’alors, Milan, qu’il assiège et, quand Stilicon vient la débloquer, Alaric se dirige à l’ouest, vers les Alpes, pour être provisoirement “vaincu” à 45 kilomètres de Turin. Or, dans le récit de Claudien, la proie visée par les Goths est le Latium et Rome (Clavd., carm 26 [Get.], 30, 82‑86 [ce sont les femmes romaines, cf. Clavd., carm 26 [Get.], 628, et les richesses de Rome qui sont convoitées] ; 197 ; 217 ; au Clavd., carm 26 [Get.], 264, c’est Rome qui est menacée ; Clavd., carm 26 [Get.], 477‑478 Alaric espère s’emparer de Rome ; Clavd., carm 26 [Get.], 504‑505, le vieux Goth présente Alaric comme obsédé par Rome et son fleuve le Tibre ; Clavd., carm 26 [Get.], 533). Grâce à l’intervention de Stilicon, c’est Rome qui retrouve la sécurité (Clavd., carm 26 [Get.], 51), c’est elle qui voit son ennemi la tête haute et qui est libérée (Clavd., carm 26 [Get.], 77‑89) et c’est la ville de Rome qui est l’objet de la politique impériale : paradoxalement, si l’on en croit Claudien, c’est pour protéger la ville de Rome qu’Alaric aurait été ménagé après sa “défaite” à Pollentia (Clavd., carm 26 [Get.], 96‑100 ; même justification apportée en Clavd., carm 28 [6 Honor.], 300‑308) ; c’est pour épargner à cette ville d’être souillée par le regard des barbares (Clavd., carm 26 [Get.], 101‑103) et l’Empire ne saurait s’établir ailleurs qu’à Rome, qui en est la tête (Clavd., carm 26 [Get.], 296‑301). C’est à Rome que Stilicon apporte le salut (Clavd., carm 26 [Get.], 362‑363). Quand Stilicon arrive devant Milan, comme Claudien vient d’évoquer Rome et n’a pas précisé que l’action a changé de lieu, il se produit un télescopage qui pourrait faire croire qu’on est à Rome (Clavd., carm 26 [Get.], 450‑468)5. À Pollentia, les Romains défendent… le Tibre (Clavd., carm 26 [Get.], 578 : pour Claudien, Rome est partout dans son empire) ! Le chef Alain au service des Romains meurt pour le Latium (Clavd., carm 26 [Get.], 583). Mars‑Gradivus combat pour la Ville (Vrbi, Clavd., carm 26 [Get.], 600) et, dans l’inscription finale, c’est Rome que les barbares ne doivent pas mépriser (Clavd., carm 26 [Get.], 647). Au total, le De bello Getico est donc un “épyllion” qui chante la prétendue victoire de Stilicon sur les Gètes (Goths), mais en magnifiant en filigrane Rome et son Empire pérenne (Roma aeterna).

  • 6 Claudien, éd. Charlet 2017, p. xxiii‑xxvi.
  • 7 Sur le lien entre épique et épidictique, voir Zarini 2012.

6Quant au Panégyrique pour le sixième consulat d’Honorius récité, lui aussi, à Rome un an et demi plus tard, c’est bien sûr, comme l’indique le titre qui lui a été donné, un poème épidictique, mais, vu les circonstances, d’un genre particulier. Ce poème se place en effet après un nouvel épisode militaire à Vérone, que Claudien présente à nouveau (sans le décrire précisément : silence peut‑être significatif !) comme une éclatante victoire et qui doit se placer à l’été 4036 : le poète peut donc, même dans le cadre rhétorique d’un panégyrique, emboucher la trompette épique pour chanter un triomphe après une “grande” victoire militaire7. Mais c’est aussi la première fois que l’empereur Honorius vient à Rome pour célébrer sa prise de consulat : ce panégyrique singulier célèbre donc aussi un aduentus triomphal après une victoire militaire.

  • 8 Fargues 1933, p. 214.
  • 9 Struthers 1919, p. 49‑87.
  • 10 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 225‑227.
  • 11 Dewar 1996, p. xxvi‑xxviii.

7Dans un tableau qui regroupe les panégyriques de Claudien, Fargues a proposé pour celui du sixième consulat une structure rhétorique traditionnelle8 : prooemium, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 1‑25 ; genos, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 25‑64 ; anatrophe, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 65‑100 ; praxeis, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 101‑648 (selon les vertus, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 101‑330 ; selon la Fortune, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 331‑648, incluant son physique, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 560‑566) ; epilogos, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 649‑660. Dans l’exemplaire personnel qu’il a richement annoté et corrigé, Fargues, à côté d’un parallèle avec l’analyse rhétorique proposée par Struthers9 (1919) et de corrections apportées à son analyse de la Laus Stilichonis, a noté significativement « Préciser le plan de VI Cons. », ce qui montre qu’il était un peu gêné pour faire entrer ce poème dans le canevas rhétorique traditionnel. L’analyse et le plan que je propose dans mon édition10 montrent le caractère forcé du schéma proposé par Fargues, que récuse à juste titre M. Dewar11, même si l’on distingue très clairement le prooemium et l’epilogos, si le récit épique de la “victoire” de Vérone (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 101‑330) peut entrer dans les praxeis de l’empereur et si certaines synkriseis entrent dans la topique épidictique (par exemple Clavd., carm 28 [6 Honor.], 471‑479 puis 483‑490). Quant à la prise de consulat (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 640‑648), elle s’intègre ici dans l’adventus.

  • 12 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 367‑368, n. 23.
  • 13 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 365, n. 5.

8Mais la préface du poème lie étroitement l’épidictique à l’épique : Claudien rêve qu’il chante devant Jupiter l’épopée du triomphe des dieux sur les Géants, thème qui lui est particulièrement cher, nous venons de le dire, y compris en grec (ici, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 45 et 185)12, et, en fait, quand il passe du rêve à la réalité, il se trouve devant l’empereur pour chanter le panégyrique de son sixième consulat. La partie du poème qui chante la “victoire” de Vérone adopte un ton épique, avec un long épisode merveilleux qui présente l’intervention des fleuves de Ligurie et de la Vénétie (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 146‑200), le cortège des allégories qui accompagnent Alaric dans sa fuite (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 321‑323), des comparaisons homériques (longue comparaison avec un pirate, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 132‑143 ; et, avec une valeur conclusive, celle de la purification à valeur d’exorcisme, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 324‑330) et les stylèmes épiques pour clore les discours (Dixerat, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 159 ; Sic fatus, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 193). Mais l’appareil et la stylistique épiques ne se limitent pas à cet épisode guerrier : dès le début du poème, une place particulière est réservée aux augures liés au destin (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 11‑25), avec une allusion aux douze vautours observés par Romulus13, la pluie de feu merveilleuse qui secourut Marc‑Aurèle dans sa campagne contre les Quades et les Marcomans (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 339‑350), l’évocation du prodige des eaux du Clitumne (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 506‑514) et l’intervention de la déesse Victoire qui se déploie à la fin du poème (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 597‑602). Contribuent aussi à donner au poème une tonalité épique l’ekphrasis militaire des Clavd., carm 28 [6 Honor.], 374‑383, ainsi que le recours au vocabulaire (notamment les mots composés : aequaeuus, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 547 ; armipotens, v. 655 ; belligeros, v. 621 ; bellipotens, v. 335, emprunté à Ennius ; cornipedes, v. 570) et aux stylèmes épiques (Dixit, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 494).

  • 14 Charlet 2013 A et B ; Krollpfeifer 2015 ; Kelly 2016 ; Wheeler 2016.

9Globalement, l’épisode de Vérone occupe 230 vers, mais la part réservée à l’aduentus d’Honorius à Rome est beaucoup plus grande, non moins de 318 vers (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 331‑648), auxquels on pourrait rajouter l’annonce de cet aduentus (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 25‑38 et 125‑126) et le rappel de celui de Théodose avec Honorius alors tout jeune (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 53‑76). Cet aduentus offre à Claudien l’occasion de rappeler la place unique que la ville de Rome, pourtant délaissée depuis longtemps par les empereurs, occupe dans l’Empire et le lien indissoluble qui lie, ou qui devrait lier, l’empereur à la Ville éternelle14. Dès le début du panégyrique, les vers 25 à 100 (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 25‑100) cherchent à persuader l’auditeur ou le lecteur qu’il existe un lien affectif étroit et privilégié entre Honorius et Rome, ce qui, de prime abord, ne saute pas aux yeux quand on considère la biographie du jeune Honorius (comparer Clavd., carm 8 [4 Honor.], 128‑131, différent mais non contradictoire avec notre passage) ! Dans le discours de Claudien, la sacralisation du Palatin, seul lieu de pouvoir digne de l’Empire (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 35‑41), et de Rome, protégée par les dieux (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 42‑44), relie religieusement (si l’on me permet cette figure étymologique) Honorius à Rome et l’Empire ne saurait s’exiler loin de la Ville (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 407‑425)… et pourtant les Romains avaient vu Constantinople, Trèves, Milan et tout récemment Ravenne devenir capitales.

  • 15 Noter à côté huit emplois, substantivés ou non, de Romanus et neuf emplois d’Vrbs par antonomase, p (...)

10Le nom Roma est cité… 12 fois ici aussi15, avec la même référence augurale… Ce ne peut être une coïncidence. C’est donc bien du destin de Rome qu’il est ici question. Or c’est Rome qui a voulu l’aduentus triomphal que chante Claudien, en contraste avec celui de Constance II narré par Ammien Marcellin (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 356‑425, avec un discours sur lequel nous aurons à revenir), et la dernière mention de son nom, au v. 602, à la fin de l’évocation de la déesse Victoire est significative : les Clavd., carm 28 [6 Honor.], 595‑602, auxquels font écho les Clavd., carm 28 [6 Honor.], 650‑653, lient indissolublement Rome, Honorius et la Victoire ; c’est l’union des trois qui, dans l’esprit de Claudien, peut assurer la pérennité de l’Empire. Mais il s’agit pour lui d’une Rome et d’un empereur particuliers, ou, plus exactement, traditionnels, déjà liés à Clavd., carm 28 [6 Honor.], 17.

  • 16 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 365‑366, n. 8. Sur le caractère païen de cet aduentus, voir aussi Bu (...)
  • 17 Charlet 2003, 2009, 2013 A et B, 2015, 2016 ; Zarini 2015. Plus spécifiquement, sur le paganisme de (...)
  • 18 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 383, n. 102.

11Cette Rome, placée au zénith de l’univers (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 18‑25)16, apparaît comme culturellement païenne : le centre de son pouvoir, dans la conception de Claudien que nous allons bientôt préciser, est la Curie considérée comme le temple de la déesse Victoire et elle est protégée par les temples des dieux païens (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 43‑44). Le poète avait déjà glissé, mais timidement, quelques touches discrètes de paganisme dans plusieurs de ses poèmes précédents17 : le Panégyrique pour le troisième consulat, le Contre Rufin, le Panégyrique pour le quatrième consulat, la Louange de Stilicon et la Guerre contre les Gètes. Ici, un certain paganisme culturel s’affirme clairement : l’allusion à la prise d’auspices, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 11‑12 ; la description d’un rite païen aux Clavd., carm 28 [6 Honor.], 324‑330 ; la version païenne, alors que circulait à l’époque une interprétation chrétienne, de la victoire de Marc‑Aurèle sur les Quades et les Marcomans en 172‑173 (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 339‑350) ; l’évocation‑suggestion des jeux séculaires (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 388‑391)18 ; la référence au Génie de l’Empire (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 611‑612).

12Quant à l’empereur, alors que le nom de Stilicon apparaît seulement huit fois dans notre panégyrique (deux fois moins que dans l’épyllion précédent, même si ce nom obsède Alaric : Clavd., carm 28 [6 Honor.], 301, 318, 320), s’il est nommé une seule fois par son nom Honorius à la fin du poème (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 648), quand, consul pour la sixième fois, il marque son triomphe par un geste de calcatio, il disparaît en quelque sorte derrière sa fonction. Il est désigné quatre fois par le terme d’Augustus (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 17, 362, 617 et 658) et non moins de neuf fois par celui de princeps, ce qui est habituel chez Claudien, mais qui s’explique par la conception citoyenne du Prince : princeps senatus, primus inter pares, que développe ici Claudien. Stilicon passe bien au second plan, ce qui est normal dans un panégyrique dont l’empereur fait l’objet, mais c’est moins la personne d’Honorius qui est mise en avant que celle du Prince, du Prince citoyen ; et jamais, avant cet ultime poème politique, Claudien n’avait exprimé ce message aussi clairement.

  • 19 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 364‑365, n. 3
  • 20 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 385‑386, n. 6 ; Charlet 2003 et 2009.
  • 21 Zarini 2007, p. 48‑52 ; Charlet 2012 ; Bureau 2018.

13Dès le début du poème (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 5 à 10), Claudien souligne le respect des usages (morem, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 6), de la légalité républicaine liée aux auspices païens dans le vote qui a conféré à Honorius le consulat19. Rapidement (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 53‑64), c’est le père d’Honorius, Théodose qui apparaît comme modèle d’empereur citoyen, lui qui ciuem gereret terrore remoto (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 59 « il écartait toute terreur et agissait en citoyen »), qui se comporte en toute simplicité, sans morgue (deposito fastu, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 62), avec la plèbe comme avec les patriciens, qui forment le populus Romanus. Par son indulgence, Honorius l’emporte sur Auguste (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 116‑121). Dans le respect de la tradition (priscum morem, les mœurs d’autrefois, Clavd., carm 28 [6 Honor.], 403), il ne triomphe, lui, que des hostes, des ennemis extérieurs au peuple romain, dans la lignée des bons empereurs (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 403‑423)20, en citoyen (ciuis, v. 422). D’un abord facile, il vient à la rencontre des Romains, toujours en citoyen, alors que ses devanciers venaient en maîtres (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 547‑559 : hunc ciuem, dominos uenisse priores, « il vient en citoyen alors que ses devanciers venaient en maîtres »). Il convoque les Quirites et rend compte loyalement de ses actes au Sénat (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 587‑596), ce qui lui vaut l’appui de la déesse Victoire, gardienne du Sénat (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 597‑602). Cette manière d’exercer le pouvoir exclut la vénalité et la brigue (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 604‑610) et un tel empereur est en communion de majesté avec son peuple (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 612‑617), chacun reconnaissant la majesté de l’autre. Claudien n’a pas oublié qu’originellement c’est en se conférant la puissance tribunitienne que l’empereur (Auguste le premier) s’est attribué la « majesté du peuple romain ». Et notons pour finir qu’en Clavd., carm 28 [6 Honor.], 642‑643 Claudien réunit en la personne impériale d’Honorius le fondateur de la République romaine et du consulat, Brutus, et la figure divinisée du monarque fondateur de Rome, Quirinus‑Romulus (iam Thybris in uno / et Bruti cernit trabeas et sceptra Quirini : « déjà Thybris sur la même personne / voit réunis la trabée de Brutus et le sceptre de Quirinus »). Splendide évocation d’un empereur citoyen ! Mais l’historien moderne ne peut que constater le décalage entre les faits et cette imagerie idéale et la façon où, dans la réalité, le pouvoir a été exercé, ou non exercé (!), par Honorius. Claudien ne pouvait être aveugle au point de croire à la réalité de ce qu’il écrit (il n’est pas nécessaire d’argumenter sur ce point). Mais, ce qu’il présente à l’empereur et aux Romains, c’est l’image de ce que, d’après lui et un certain nombre de Romains traditionalistes, l’empereur devrait être. Notre panégyrique est donc en définitive un miroir qui veut renvoyer au prince l’image qu’il devrait donner à son peuple de citoyens21.

  • 22 Paschoud 1967, p. 133‑155 ; Zarini 1999 ; Müller 2011, p. 351‑389 ; Meunier 2019, p. 426‑435.
  • 23 Le rôle fondamental du Sénat dans la politique romaine lors de la déclaration de guerre à Gildon (G (...)
  • 24 Sur ce point, voir ma réponse à une question d'H. G. Nesselrath lors des Entretiens de la Fondation (...)

14Alors que le De bello Getico se présentait comme une épopée en miniature chantant une prétendue victoire de Rome sur l’envahisseur barbare, Claudien, dans le Panégyrique pour le sixième consulat d’Honorius, expose, pour la première fois sans retenue, son idéal d'une Roma aeterna22, c'est‑à‑dire traditionnelle et donc au moins culturellement païenne (après tout, christianisme et paganisme avaient cohabité dans l’Empire jusqu’à Gratien et Théodose), et d'un empereur‑citoyen qui, de Rome, ou plus précisément du Palatin capitale de l’Empire désignée par le destin, en romain traditionnel parmi les citoyens romains (ses concitoyens), gouvernerait l'Empire comme on le disait de Nerva et Trajan, en restaurant des rites traditionnels comme les jeux séculaires ou en considérant la Curie comme le temple de la déesse Victoire. L'analyse de l'ensemble des poèmes politiques de Claudien ne révèle aucune contradiction majeure avec cet idéal. Au contraire, avec la volonté constante de focaliser l'attention du lecteur‑auditeur sur Rome, même dans des circonstances où l'on s'attendait à voir Milan au premier plan, Claudien a glissé çà et là quelques discrètes allusions, quelques pierres d'attente qui annoncent la déclaration ouverte de 40423. Autrement dit, pour moi, Claudien chante le point de vue de Stilicon en se contentant de quelques discrètes inflexions personnelles tant que la politique du “régent” lui paraît conforme à l'idée qu'il se fait de Rome et de son destin. Mais, en janvier 404, et c’est là la différence majeure avec les poèmes politiques précédents, y compris le De bello Getico, le poète venu d’Alexandrie passe de la suggestion à l’affirmation explicite : il pense pouvoir ou devoir dire clairement à l’empereur (plutôt qu’à Stilicon) ce qu'il pense de la conduite de l'Empire, qui ne correspond exactement ni avec la politique religieuse (à ses yeux insuffisamment ouverte aux traditions païennes) ni avec la manière de gouverner de Stilicon au nom de l'empereur24. Mais, dans les faits, Honorius ne rétablira pas les jeux séculaires : la fin du panégyrique montre qu’il se contentera de donner des spectacles sans connotation païenne. Il ne restera pas à Rome pour gouverner en empereur‑citoyen depuis le Palatin, mais il retournera à Ravenne (la capitale de la peur) dès la fin de l’année 404 et Stilicon, au moins pour quelques années, continuera à gouverner à sa guise la partie occidentale de l’Empire. Et, pour ce qui est de Claudien lui‑même, force est de constater qu'après janvier 404, il ne prendra plus la parole pour chanter Rome et son Empire : il ne le voudra ou il ne le pourra plus.

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Bibliographie

Textes anciens

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Notes

1 Claudien, éd. Charlet 1991, p. xiv‑xv et n. 25. Le résumé de la carrière de Claudien s’inspire des p. ix‑xvi de cette introduction.

2 La contestation de cette date par Hall 1988 n’est pas fondée, voir Claudien, éd. Charlet 2017, p. xxiii et n. 29 (et aussi Cesa‑ Sivan 1990).

3 Claudien, éd. Charlet 2017, p. xxii‑xxiii.

4 Sur les héros dans la poésie de Claudien, voir en dernier lieu Meunier 2019, p. 415‑445 (p. 423‑426 pour Stilicon ; 426‑435 pour Roma aeterna).

5 Voir Claudien, éd. Charlet 2017, p. 355, n. 100, qui renvoie à Charlet 1994, p. 115‑116.

6 Claudien, éd. Charlet 2017, p. xxiii‑xxvi.

7 Sur le lien entre épique et épidictique, voir Zarini 2012.

8 Fargues 1933, p. 214.

9 Struthers 1919, p. 49‑87.

10 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 225‑227.

11 Dewar 1996, p. xxvi‑xxviii.

12 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 367‑368, n. 23.

13 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 365, n. 5.

14 Charlet 2013 A et B ; Krollpfeifer 2015 ; Kelly 2016 ; Wheeler 2016.

15 Noter à côté huit emplois, substantivés ou non, de Romanus et neuf emplois d’Vrbs par antonomase, pour désigner la Ville et 7 emplois, substantivés ou non de Latium / ‑ius. Quatre interpellations Roma dans le discours que lui adresse Honorius (Clavd., carm 28 [6 Honor.], 432, 438, 451 et 492).

16 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 365‑366, n. 8. Sur le caractère païen de cet aduentus, voir aussi Bureau 2014 et Gualandri 2016.

17 Charlet 2003, 2009, 2013 A et B, 2015, 2016 ; Zarini 2015. Plus spécifiquement, sur le paganisme de Claudien dans son dernier panégyrique, Castello 1979, p. 153‑196, Bureau 2014 et Gualandri 2016.

18 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 383, n. 102.

19 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 364‑365, n. 3

20 Claudien, éd. Charlet 2017, p. 385‑386, n. 6 ; Charlet 2003 et 2009.

21 Zarini 2007, p. 48‑52 ; Charlet 2012 ; Bureau 2018.

22 Paschoud 1967, p. 133‑155 ; Zarini 1999 ; Müller 2011, p. 351‑389 ; Meunier 2019, p. 426‑435.

23 Le rôle fondamental du Sénat dans la politique romaine lors de la déclaration de guerre à Gildon (Gild.); le comportement citoyen que doivent adopter les dirigeants (Stil. 2,168), un empire “républicain” (Stil. 3,99‑129), gouverné depuis le Palatin. Mais aussi quelques allusions à saveur païenne, au moins culturellement, et une emphase sur la Victoire et son temple (Clavd., carm 24 [Stil. 3], 202‑213 : Claudien, éd. Charlet 2017, p. 331‑332 n. 36, contra Müller 2011, p. 342‑344).

24 Sur ce point, voir ma réponse à une question d'H. G. Nesselrath lors des Entretiens de la Fondation Hardt 2012 (Charlet 2013, p. 355).

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Pour citer cet article

Référence électronique

Jean‑Louis Charlet, « Claudien : Un ‘épyllion’ de la victoire et un panégyrique ‘miroir du prince’ »Interférences [En ligne], 14 | 2023, document 1, mis en ligne le 07 mai 2024, consulté le 20 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/interferences/10673 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/11niv

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Auteur

Jean‑Louis Charlet

Université d’Aix‑Marseille, TDMAM ‑ UMR 7297

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