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Varia

Pierre vive et clapas mort

Quand un tas de cailloux devient Patrimoine mondial
Living stones and dead clapas. When a pile of stones becomes UNESCO world heritage
Indio Vignes, Céline Tastet et Richard Dumez

Résumés

L’inscription en 2011 sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco du site « Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen » a mis en lumière les clapas, résultat de l’épierrement passé des champs et des pâturages. Mais ne sont-ils que de simples monticules de matières inertes ponctuant les causses ? Les clapas, ni vraiment construits ni tout à fait naturels, s’extraient du seul fait agropastoral pour être les traces rémanentes d’un paysage palimpseste, et les traces vivantes d’un agro-pastoralisme en évolution. Épierrer, c’est tirer à la main la pierre d’une parcelle labourée ou pâturée pour l’entasser en lisière de celle-ci. Aujourd’hui, la main est remplacée par la machine pour broyer la pierre, pour dérocher. Pour les Caussenards, les clapas sont maintenant des éléments d’un paysage immuable, marqueurs spatiaux et temporels du territoire, gênants pour un agropastoralisme moderne, au mieux source de matériaux. Mais ils ont d’autres facettes : ils dissimulent des structures anciennes attisant la curiosité des archéologues ; ils offrent un habitat à des espèces protégées centres d’intérêt des gestionnaires d’espaces naturels ; ils se font marques d’un paysage agropastoral bimillénaire valorisé par l’Unesco. Pris entre destruction et protection, les clapas, trace devenue marque au sens patrimonial, se retrouvent dès lors au cœur de conflits d’usages et de représentations à la croisée de différents enjeux patrimoniaux (paysager, archéologique et naturel), économiques et agropastoraux.

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Texte intégral

  • 1 Les Causses et les Cévennes. Paysage culturel de l’agropastoralisme méditerranéen. Candidature à l (...)
  • 2 Jasse : bergerie isolée ; lavogne : mare aménagée pour créer un point d’eau permanent pour les tro (...)

1En 2011, l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco du site « Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l’agropastoralisme méditerranéen » a mis en lumière un « attribut » au statut ambigu : les clapas. Décrits comme le produit de l’épierrement des champs et des pâturages, les clapas constituent un élément essentiel du paysage des Causses1. Sont « attributs » tous les éléments, matériels et immatériels, porteurs de la « valeur universelle exceptionnelle » (VUE) qui fonde la reconnaissance et l’inscription de tout site Unesco, et ils se doivent d’être inventoriés, conservés, gérés et valorisés par les gestionnaires du site. Tous les attributs sont répartis dans de grandes catégories symbolisant l’agropastoralisme : les paysages ouverts, les éléments structurants de ces espaces, les pratiques agricoles comme la transhumance. La pierre est omniprésente parmi les éléments à valeur patrimoniale d’un paysage dont les caractéristiques géologiques ont fortement influencé l’installation humaine, des pratiques et des savoirs spécifiques se développant pour vivre avec une forte amplitude thermique et pour pallier le faible boisement des causses et surtout le manque d’eau qui ne reste pas en surface car absorbée par le système karstique. L’adaptation humaine est ainsi un véritable défi sur ces terres et passe par une construction architecturale singulière (jasse en voûte, toit-citerne, lavogne, cazelle2, etc.), des pratiques agricoles singulières (culture en dolines, parcellaire délimité par des murets, épierrement, etc.) et une maîtrise des pierres (taillées ou utilisées sous forme brute dans une architecture dite de pierre sèche), autant d’éléments désignés comme attributs du « bien Unesco ». Et c’est ainsi qu’un tas de cailloux devient Patrimoine mondial. Mais les clapas, innombrables au-delà du périmètre Unesco, sur l’ensemble des causses du sud de la France (du Quercy à la Provence), ne sont-ils que de simples monticules de matières inertes ponctuant ces plateaux calcaires ?

  • 3 Cette recherche a bénéficié de l’appui de l’Entente interdépartementale des Causses & Cévennes, st (...)
  • 4 VIGNES Indio, Quand un tas de cailloux devient patrimoine. Enjeux de gestion autour des Clapas, at (...)

2Notre recherche anthropologique3 s’appuie sur un corpus de données issu de 25 entretiens semi-directifs (agriculteurs et acteurs du monde agricole, gestionnaires d’aires protégées, archéologue, architecte, artisan de la pierre sèche) et d’observations réalisés en 20194. Compte tenu du fait que les causses couvrent la moitié des 3 023 km² du bien Unesco qui s’étend au sud du Massif central (entre Aveyron, Gard, Hérault et Lozère), entretiens et observations ont été déployés sur deux sites choisis suivant trois critères :

– physique : présence des clapas sur le territoire en interaction avec l’activité agropastorale ;

– humain : présence d’une diversité d’agriculteurs (notamment l’âge) ;

– historique : existence de sources historiques, littéraires ou scientifiques en lien avec les clapas.

  • 5 MARRES Paul, Les Grands Causses. Étude de géographie physique et humaine, t. I, Le Milieu physique(...)

3Les deux sites sont la partie de la commune de Gorges du Tarn Causses s’étendant sur le causse de Sauveterre (Lozère) [fig. 1] évoquée dans l’ouvrage de référence de Paul Marres, Les Grands Causses : Études de géographie physique et humaine (1935) et deux communes (Saint-Maurice-Navacelles et Saint-Michel) de la partie méridionale du causse du Larzac (Hérault) [fig. 2] au cœur du livre de Georgette Milhau, Féerie d’une terre pauvre. Évocation du Larzac méridional (1969)5.

Figure 1

Figure 1

Causse de Sauveterre, 2019. Au premier plan, un pâturage ponctué de clapas, d’affleurements rocheux et d’arbustes. À l’arrière-plan, des cultures (vert clair), des plantations de pins (vert foncé) et d’autres pâturages (dont certains en cours d’embroussaillement, notamment par des pins, des buis et des genévriers).

© Indio Vignes.

Figure 2

Figure 2

Causse du Larzac, 2019. Au premier plan, un espace localement dénommé la Clapassère sur lequel affleurent de nombreuses « pierres plates », amassées en clapas, de manière plus ou moins construite. Au second plan, l’herbe des pâturages pousse entre les buis et les genévriers envahissants, les murets et les clapas. Au fond, le village de Saint-Michel.

© Indio Vignes.

4Cette recherche nous a permis de dessiner une complexité qui voit les clapas, ni vraiment construits, ni tout à fait naturels, s’extraire du seul fait agropastoral pour être tout à la fois les traces rémanentes d’un paysage palimpseste et vivantes d’un agropastoralisme en évolution. Elle révèle aussi les tensions à propos de la gestion d’un objet à la croisée de différents enjeux patrimoniaux – archéologique, naturel et paysager – et économiques agricoles.

« Faire de pierre pain. C’est là où gît la peine. »

  • 6 MARRES Paul, Les Grands Causses. Étude de géographie physique et humaine, t. I, Le Milieu physique(...)

5Sur les Causses, la pierre a participé et participe de la vie des agriculteurs-éleveurs. Le minéral est omniprésent. Paul Marres fait en 1935 des descriptions particulièrement évocatrices des Causses méridionaux : « Leurs paysages arides et sévères donnent souvent l’impression d’un désert de pierres. […] L’anémie démographique extrême, qu’aggrave l’hémorragie d’une émigration irrésistible, rend plus sensible encore l’impression de désert qu’inspire la vision de ces solitudes calcaires6. »

  • 7 MARRES Paul, op. cit., p. 9.

6Et sans évoquer les clapas, ces propos soulignent combien ce minéral affleure : « Toute la partie orientale du causse Méjean, […], est certainement la zone qui caractérise le mieux le paysage caussenard. […] Rien ne passe en désolation des solitudes pétrées : pas un arbre, pas un arbrisseau. […] On trébuche, on fait sonner sous les pas les plaquettes calcaires anguleuses qui ensevelissent la roche en place sous un épais éboulis7. »

7Plus proche de nous, un de nos interlocuteurs exprime cette même omniprésence de la pierre : « On marche sur les clapas. Dans la nature, ici, sur le Larzac méridional, il est recouvert de clapas. […] Et dès que vous regardez la nature, vous voyez des clapas ».

  • 8 MILHAU Georgette, Féerie d’une terre pauvre. Évocation du Larzac méridional [1969], op. cit., p. 4 (...)

8La pierre entravant la culture de la terre ou la pousse de l’herbe dans les pâturages, épierrer a constitué et constitue un acte d’aménagement dans lequel celle-ci est tirée de la parcelle et, tel un déchet, entassée en lisière des champs ou dans les pâturages. Ainsi se forment les clapas. L’adage rapporté par Georgette Millau8, « Faire de pierre pain. C’est là où gît la peine », prend ici tout son sens et évoque la force et l’énergie que doit déployer l’homme pour relever le défi d’une « terre pauvre ». Il s’agit de transformer la terre où domine la pierre, porteuse de peine et de souffrance, en champ pour produire de quoi faire le pain qui nourrit les Caussenards. Ces derniers sont dans une posture de conquête face aux pierres, ce qui participe de la construction des limites entre d’un côté l’homme et l’espace exploité – cultivé et pâturé – et de l’autre l’environnement naturel. Manier les pierres sur les champs et sur les pâturages représente un travail lourd, pénible et continu. C’est une des activités quotidiennes des agriculteurs caussenards pour rendre la terre plus productive.

« Récolter » les pierres

  • 9 DURAND-TULLOU Adrienne, Un milieu de civilisation traditionnelle : le causse de Blandas, [thèse, M (...)
  • 10 Le banastou est un panier porté par une personne et utilisé pour ramasser des pierres ou du raisin (...)
  • 11 DURAND-TULLOU Adrienne, Un milieu de civilisation traditionnelle, op. cit., p. 54.

9L’acte d’épierrer est effectué depuis des siècles, renouvelé en moyenne tous les trois ou quatre ans, « temps que met la pierre pour repousser selon l’expression caussenarde9 ». Les agriculteurs font aussi des tas de pierres à la limite de la parcelle ou dans des parties du champ, sacrifiées à cet effet car les moins fertiles ou bien où sont identifiés des affleurements rocheux. L’historienne et ethnologue Adrienne Durand-Tullou donne à voir dans son travail sur le causse du Blandas une pratique saisonnière et genrée : « L’épierrement a lieu ordinairement en mars. Chaque ferme a une équipe de femmes qui, munies d’un banastou10, ramassent les pierres assez volumineuses et vont les déposer sur le clapas déjà existants. Le travail commence vers 7 heures et s’achève vers 17 ou 18 heures. Au début du xxsiècle, une femme reçoit, suivant son habileté, de 0,75 fr. à 1 fr. et elle est nourrie11. »

10Pendant le labour avec les bœufs et les chevaux, des blocs plus volumineux étaient extraits du sol et comme l’explique un agriculteur de 92 ans lors de l’un des entretiens réalisés en 2019 : « quand on trouvait des pierres qui étaient un peu plus volumineuses, on les regroupait, on les transportait, s’il y avait une bête avec une charrue, on les mettait dans les charrues, on allait les vider et on faisait un clapas ».

11Les pierres, aussi appelées « clap » ou « roc » quand elles se trouvent dans les champs, prennent une réalité d’envahisseurs ; elles sont mobiles, presque vivantes. Pour reprendre les propos recueillis auprès d’un agriculteur : « Au moment de labour, […] on sort des cailloux, sort des cailloux, des cailloux et des cailloux ».

12D’autres interlocuteurs parlent même de « récolter » les « rocs », voire de « première récolte », soulignant combien l’épierrement était la première des tâches ingrates à remplir pour rendre la terre véritablement productive. Les agriculteurs disent même que les pierres « poussent », du fait qu’elles émergent perpétuellement du sol labouré.

  • 12 MILHAU Georgette, Féerie d’une terre pauvre, op. cit.
  • 13 DUMEZ Richard, Le Feu, savoirs et pratiques en Cévennes, Versailles, Quæ, coll. « Indisciplines », (...)

13Mais l’épierrement n’était pas l’apanage des cultivateurs, il était aussi le fait des bergers. Certains agriculteurs attribuent d’ailleurs l’existence de clapas plus ou moins construits (avec un côté agencé en un muret ou en un abri précaire) à ces mêmes bergers [fig. 3]. « Quand elles [les brebis] marchent comme ça, elles arrivent à faire sortir des pierres, donc les bergers, parce que c’étaient surtout les bergers à l’époque, ils ramassaient des pierres en gardant et ils mettaient un tas de pierres pour que les landes soient propres et pour que pousse un peu plus d’herbe » (Un agriculteur du causse de Sauveterre). « Propres », le mot n’est pas anodin. Ici, la technique de l’épierrement rejoint celle de l’écobuage : toutes deux relèvent à la fois des mêmes « formes archaïques de préparation de la terre [qui] furent en vigueur ici durant de longs siècles12 ». L’épierrement des bergers fait également écho au feu pastoral en ce que l’un et l’autre poursuivent le même objectif de favoriser la ressource herbagère, aux dépens des pierres pour l’un et des arbustes et des herbes sèches pour l’autre, et l’accès du bétail à celle-ci. Épierrer autant que brûler marque aussi une appropriation de l’espace, « un espace propre est un espace travaillé, exploité13 ».

Figure 3

Figure 3

Exemple de clapas bâti, causse de Sauveterre, 2019.

© Indio Vignes.

  • 14 Ibid.

14La profusion de clapas sur les Causses tient-elle donc autant au travail des bergers que des cultivateurs ? Ce serait là une lecture du paysage à l’aune des pratiques agricoles contemporaines. Au début du xixe siècle, période de pic démographique sur les Causses, ce qui comptait, c’était la quantité de terres cultivables ; la richesse ne se mesurait d’ailleurs pas seulement en arpents, mais aussi à l’aune du nombre de paires de bœufs nécessaire au travail des champs, les troupeaux jouant surtout un rôle très important pour amender les terres14. Comme le narre un agriculteur, évoquant un passé indéterminé :

Ils cultivaient tout. Il n’y avait pas de parcours à l’époque, tout était cultivé, et cultivé avec une pioche ou si jamais, et quand ils enlevaient une pierre ils faisaient un tas de pierres, et ce clapas était tout le temps positionné sur une roche qui affleure, pour ne pas perdre du terrain. […] comme ça ils ne perdaient pas de l’herbe. […]. Mais ces pierres, ils ne les charriaient pas loin, c’est-à-dire ils n’avaient pas des outils à l’époque pour charrier des pierres, c’est-à-dire, les pierres étaient mises sur place. Là où vous voyez un clapas quoi que ça soit, c’est la main de l’homme qui l’a cultivé, les clapas ne sont pas tombés du ciel, c’est que le terrain a été cultivé. 

Une diversité de pierres

15Pour les Caussenards, il n’y a pas une pierre, mais des pierres. Toutes ne sont pas présentes partout, mais leur localisation est toujours bien identifiée, de même que leurs caractéristiques morpho-physiques sur lesquelles les agriculteurs s’appuient pour déployer des pratiques adaptées. Et malgré les impacts de la mécanisation et du changement technologique, les pierres restent des marqueurs pour ces pratiques. Se dessine ainsi une véritable culture de la pierre.

16Il est ainsi question de deux pierres peu présentes et d’une dominante : la « pierre à feu » (qui contient des silex) associée à des terrains productifs pour l’agriculture, relativement à la pauvreté de la plupart des terres caussenardes, mais qui doivent être amendés avec de la chaux pour corriger leur acidité, et malgré l’usure du matériel liée à la présence des silex ; la « pierre ronde » ou « pierre trouée » ou « roquette », trois dénominations pour qualifier la dolomie, indicatrice de champs au sol plus propice à la culture du seigle et de pâturages moins appréciés par les brebis ; et la « pierre vive », présente sur tous les Causses et de manière dominante, qui est la pierre au cœur de la majorité des discours. Également nommée « pierre franche », « pierre plate » ou encore « tewlisse », pour reprendre la dénomination et l’orthographe proposée par un de nos interlocuteurs, c’est une pierre bien connue des agriculteurs caussenards et son érosion est décrite avec précision : « […] la pierre vive qui fait de minuscules, de petites couches et là la pluie arrive à passer entre les couches et après le gel elle éclate. » (Agriculteur, 45 ans.)

17L’érosion, causée par l’eau et le gel, fragmente la pierre en des éléments plus petits, toujours plats. Les champs de « pierres plates » sont qualifiés de « grabas » et sont jugés les plus propices à la culture du blé. Les parcours composés de ces pierres sont préférés par les brebis : « Les brebis préfèrent l’herbe, quand elles mangent sur les parcours, elles préfèrent l’herbe de […] la pierre plate. » (Un agriculteur.)

18Les Caussenards perçoivent ces « pierres plates », capables de « pousser » dans les champs et de se « multiplier » avec l’érosion, comme quasi vivantes.

De la « pierre vive » mise en tas à la pierre broyée

19Aujourd’hui, les « pierres vives » émergeant des champs ne sont plus traitées de la même manière. Elles ne sont plus extraites manuellement et entassées à l’orée du champ, mais broyées par les agriculteurs, la mécanisation de l’agriculture permettant d’équiper les tracteurs de broyeurs qui pulvérisent la pierre en un grabas plus fin. L’arrivée du broyeur, dans les années 1980, est considérée comme une révolution technologique sur les causses, rendant la vie agricole moins dure et diminuant la peine là où il n’est plus question de produire des céréales pour le pain, mais pour l’alimentation du troupeau de brebis. Broyer est considéré comme une technique plus efficace pour gérer un champ que l’ancienne pratique d’épierrement et répond à la nécessité actuelle des agriculteurs d’augmenter les surfaces agricoles et d’en accroître la productivité pour trouver un équilibre économique. Un corollaire au broyage des pierres est le dérochement : pour franchir les limites des anciens champs, souvent encaissés et circonscrits aux dolines [fig. 4], les agriculteurs défoncent le sol à l’aide d’engins mécaniques pour relier ces dolines entre elles ou pour les agrandir et ainsi disposer de surfaces agricoles plus vastes et plus aisément mécanisables. Quant aux clapas préexistants qui empêcheraient cette extension, ils sont repoussés plus loin ou tout simplement broyés [fig. 5]. En bordure de ces nouveaux champs apparaissent des amas de blocs massifs de pierre fruits de ce dérochement, amas qualifiés de « tas de pierres » [fig. 6] et non de clapas. Broyage et dérochement accentuent un phénomène déjà observé par Paul Marres qui notait en 1935 que les « murgers », reprenant un terme rencontré en Bourgogne pour désigner les amas de matériau fruit de l’épierrement des vignes, et les « terrasses » s’effondrent par le manque de main-d’œuvre. Pour reprendre le constat d’un agriculteur du causse de Sauveterre : « Un clapas c’est quelque chose d’ancien », qui appartient à un passé agricole révolu. La « pierre vive » est devenue maîtrisable dès lors qu’elle est broyée ; on ne crée plus de clapas, pas plus qu’on ne recharge ceux existants qui deviennent des amas inertes, morts. « Ça c’est fini. De faire des clapas, […] on ne fait plus. » (Agriculteur élu local, 45 ans.)

Figure 4

Figure 4

Paysage agropastoral caussenard, 2019. Le vert vif de la culture d’une petite doline tranche avec le vert-de-gris des pâturages où les brebis broutent entre les clapas et les arbustes.

© Indio Vignes.

Figure 5

Figure 5

Champ après le passage d’un broyeur avant ensemencement, 2019. Les « pierres vives » une fois broyées deviennent un grabas plus fin. Au second plan, en bordure du champ, d’anciens clapas ont été repoussés sur les pâturages plutôt que d’être broyés pour ne pas ajouter de matière minérale supplémentaire dans le champ.

© Indio Vignes.

Figure 6

Figure 6

Tas de pierres résultant d’un dérochement, 2019. Les engins contemporains permettent d’extraire des blocs de roche d’un volume important sans commune mesure avec les pierres accumulées sur les clapas.

© Indio Vignes.

Les clapas pour les agriculteurs aujourd’hui

20Les Caussenards se servent des clapas depuis toujours comme ressource en pierres pour bâtir des murets ou, aujourd’hui, comme source de matériau (terrassement et aplanissement d’un terrain avant d’installer un nouveau bâtiment agricole, comblement de trous dans les chemins). Les clapas sont aussi exploités pour des aménagements routiers. Ainsi, un agriculteur de 92 ans relate leur emploi à grande échelle pour le chantier de la route nationale (aujourd’hui D 986) entre 1934 et 1935 : « […] alors il y avait des entrepreneurs, avec des gros chevaux et du matériel spécifique pour transporter les pierres, qui allaient récupérer les clapas et les apportaient sur les routes. […] ils en ont détruit des tas, énormément […] ». Son épouse évoque une certaine gêne à avoir vu disparaître ces clapas « parce qu’on avait l’habitude de voir la nature et on voyait des tas de pierres », mais souligne l’intérêt que cela a représenté alors de disposer d’un espace avec moins de pierres pour les agriculteurs.

  • 15 BATICLE Christophe, « Relire le conflit environnemental à travers une grille de lecture spatiale. (...)

21Les clapas sont également associés à la chasse au petit gibier, même si dorénavant la chasse au sanglier domine. Un agriculteur sur le Sauveterre explique comment ses ancêtres « aménageaient des petites placettes pour le lièvre » au bord des clapas, utilisant le comportement naturel de l’animal qui se réfugie près de ces derniers pour se protéger du vent du Midi qui apporte la pluie. Les grandes pierres plates étaient également associées à une autre technique de chasse aujourd’hui interdite, la chasse à la tendelle, piège dans lequel la pierre sert à assommer les grives et les merles15.

Qu’ils soient faits de pierres en vrac ou qu’ils soient partiellement bâtis, les clapas sont des marqueurs du territoire et du temps. « C’est ce que mon mari me disait, tu vas là, tu prends à droite après les buis, après à gauche tu verras des clapas […]. Tu reprends à droite depuis le buis, après les clapas. » Ils s’inscrivent dans le territoire à travers des toponymes désignant des parcelles ou une zone sur un causse – très clapios, clapassère, claparède. Ils renvoient également certains interlocuteurs à leur enfance, l’un racontant que lorsqu’il avait 7 ou 8 ans, dehors, « tu a[vai]s des cailloux et du bois, c’est tout… On faisait des cabanes et des cailloux ». Les clapas, grâce à leur abondance, font aussi partie de scénarii d’exploration et de découverte quasi archéologiques pour les enfants caussenards, dans le cadre de l’école ou familial : « Ma tante […] et mon grand-père nous emmenaient à fouiller au-dessous des tas de pierres. »

22Apparaît ici une diversité derrière le terme « clapas ». Il n’est pas seulement question du fruit de l’épierrement, mais également de monticules résultant de l’effondrement d’anciennes constructions abandonnées et effondrées ou d’anciens murets ou cazelles délaissés, tous devenus dépotoir où l’on jette ce qui gêne, y compris des pierres tirées des champs ou des pâturages, ou encore de monticules recelant de véritables restes archéologiques d’un passé encore plus ancien (dolmen, tumulus) nourrissant l’imaginaire caussenard sur l’antiquité des clapas autant que l’incapacité à véritablement inscrire ces monticules dans une chronologie historique.

23Les clapas sont ainsi pour les Caussenards des objets venus d’ancêtres d’un temps lointain indéfini et liés à des pratiques révolues, des reliques héritées – plus trace historique que patrimoine – signe d’une période de souffrance et de pauvreté. Ils sont également perçus comme quelque chose qui ne bouge pas, qui n’évolue pas, qui est présent partout en abondance et depuis toujours, renvoyant à la permanence d’un paysage immuable. La question de leur préservation ne se pose pas : « Parce qu[e les agriculteurs] en prennent, ils en prennent très peu […] C’est comme je vous dis, si vraiment il y avait de la valeur [économique] il n’y en aurait plus depuis longtemps » (jeune agriculteur).

Les clapas à la croisée de plusieurs processus de patrimonialisation

24L’inscription en 2011 du site « Les Causses et les Cévennes », en faisant d’un objet, certes très présent dans le paysage mais marginalisé par le monde agropastoral, un attribut d’un agropastoralisme bimillénaire et toujours vivant a rendu plus aigu un conflit déjà latent entre agriculture contemporaine, archéologie et gestion de la biodiversité, y adjoignant un nouvel enjeu de gestion et de conservation d’un patrimoine paysager.

Archéologie d’un paysage palimpseste

  • 16 CROSNIER Capucine, SCHWALLER Martine & BREICHNER Hélène (dir.), Atlas archéologique du Parc nation (...)

25L’histoire anthropique des Causses s’écrit depuis le néolithique. Chaque époque a laissé des traces sur les causses faites de pierres calcaires. Si certains amas sont bien le fruit d’un épierrement agropastoral lié à l’organisation agricole portée par les Templiers ou à l’extension des terres cultivées dès le xviie siècle et jusqu’au milieu du xixe siècle, ils peuvent aussi receler tout autre chose : tumulus du néolithique, dolmens de l’âge du Fer ou encore établissements ruraux du haut Moyen Âge16. Pour les acteurs du patrimoine archéologique (DRAC), conserver les clapas, c’est garder des « réserves » archéologiques – pour reprendre les mots d’une archéologue lors d’un entretien – à investiguer ultérieurement avec des techniques plus avancées, pour pouvoir avoir plus de données et conserver les marques historiques de l’anthropisation des Causses.

26Le conflit entre la préservation des sites archéologiques potentiels et la pratique agricole est depuis longtemps une réalité pour les archéologues. S’ils essaient de maintenir des relations directes très localisées et ponctuelles avec les agriculteurs, ce conflit reste, selon cette même archéologue, pris dans des logiques économiques, ici agricoles, qui priment sur les enjeux patrimoniaux archéologiques, et de citer le Code du patrimoine qui marque cette prévalence : « parce qu’on a besoin des agricultures, on a besoin de produire, on ne peut pas freiner […]. Dans le règlement, le premier article, c’est : “le patrimoine archéologique doit être conservé dans la mesure, avec un bon équilibre sur l’activité économique”. » La situation est d’autant plus complexe qu’un clapas « n’est pas comme un monument historique », rendant la nécessité de sa conservation plus difficile à argumenter auprès des institutions liées au ministère de la Culture. L’inscription récente du site « Les Causses et les Cévennes » sur la Liste du patrimoine mondial est cependant considérée comme un atout par les archéologues pour faire face à ces contraintes de protection du patrimoine, en particulier dans les espaces qui jusque-là ne bénéficiaient pas d’une protection au titre de l’environnement ou du bâti vernaculaire.

Une histoire de chouette et de clapas

  • 17 PARC NATIONAL DES CÉVENNES, La Chevêche d’Athéna (ou chouette chevêche), plaquette informative, Fl (...)

27En 1970, la création du parc national des Cévennes a consacré la richesse floristique, faunistique et paysagère d’un territoire, richesse aujourd’hui qualifiée de biodiversité. Pour les gestionnaires du parc, les clapas autant que les affleurements rocheux, les champs et les prairies de fauche sont des habitats naturels pour des espèces végétales et animales, dont certaines bénéficient de protections, ce qui nécessite de préserver également ces habitats. L’une de ces espèces est particulièrement illustrative des tensions autour de la gestion de la biodiversité : la chevêche d’Athéna (Athene noctua Scopoli, 1769). Petite chouette en voie de disparition en Europe, elle habite de manière extraordinaire les Causses, malgré l’altitude, et ce grâce à l’anthropisation17. En effet, elle niche dans les anfractuosités des clapas. L’abandon des pratiques agricoles associées à ces derniers a dès lors un impact direct sur l’oiseau. Le délaissement des clapas existants conduit à leur affaissement progressif, obstruant les espaces pour nicher, et leur non-renouvellement (lié au développement du broyage) entraîne mécaniquement la raréfaction de la chevêche d’Athéna.

28Se dessine ici un formidable paradoxe inhérent à de nombreux espaces en France – protéger une biodiversité inféodée à des pratiques anthropiques reléguées dans le passé par les réalités du monde agricole actuel –, et avec lui, une tension similaire à celle évoquée précédemment pour le patrimoine archéologique, entre développement économique basé sur une agriculture mécanisée et protection du patrimoine, ici naturel. Comme le rapporte une technicienne de la chambre d’agriculture, un agriculteur dont l’exploitation se trouve en zone cœur du parc national des Cévennes (i.e. le périmètre de protection maximale) a obligation « de demander une autorisation pour faire quelque chose sur son exploitation, mais c’est vrai pour le clapas, […], c’est vrai pour faire un chemin, c’est vrai pour tout, en fait ». Cela crée un rapport de dépendance pas toujours bien vécu ni compris des agriculteurs vis-à-vis des décisions des gestionnaires du parc.

Un tas de cailloux sur la Liste du patrimoine mondial

29Le site « Les Causses et les Cévennes » a été reconnu en tant que paysage vivant et évolutif. La VUE du Bien repose sur le fait que le site est considéré comme un exemple d’un mode d’établissement humain sur un territoire en interaction avec son environnement (critère V) et une tradition culturelle d’une civilisation vivante (critère III). Elle souligne que l’homme a pu s’adapter aux contraintes de son territoire et à une écologie très variée, évoquant l’illusion d’une certaine harmonie entre les hommes et la nature.

  • 18 Les Causses et les Cévennes, op. cit.
  • 19 Les Causses et les Cévennes, op. cit., p. 95 et sq.

30Le dossier Unesco18 contient, dans ses critères, une contradiction entre la protection du passé et le caractère évolutif du paysage reconnu lors de l’inscription. Ainsi, d’un côté, le critère III valorise le passé façonné par la main des hommes « qui ont eu un rôle essentiel dans l’histoire et témoignent d’une culture singulière, à la fois religieuse, savante et populaire » et qui ont laissé des traces paysagères et, d’un autre côté, le critère V décrit le territoire comme un « paysage culturel évolutif vivant » dont le dynamisme permet l’« adaptation à son environnement naturel, politique, économique et social19 ». En liant toutes les pratiques passées et contemporaines, tout au long du dossier, le discours porté sur l’agropastoralisme n’évite pas une contradiction qui devient paradoxe dès qu’il s’agit de penser la gestion du Bien : comment faire avec les pratiques d’une agriculture contemporaine prise dans des contraintes économiques nationales et internationales et qui, bien que porteuses du caractère vivant du paysage culturel, vont à l’encontre de la conservation d’un grand nombre d’attributs de ce même paysage, et notamment des clapas ? L’agropastoralisme est tout à la fois la solution – par une perpétuation d’une activité anthropique sur le territoire – et une menace en raison de certaines évolutions de ses pratiques.

31Si la mise en patrimoine du site des Causses et des Cévennes porte la nécessité d’inventorier et de protéger les clapas, elle met les gestionnaires au défi de préserver un patrimoine vivant et mouvant car toujours approprié et vécu par les Caussenards, et les amène à s’interroger sur les limites acceptables au changement. Naît ainsi une tension entre valeur patrimoniale du paysage, projetée par les gestionnaires du Bien Unesco, et valeur d’usage, portée par des acteurs différents, en particulier les agriculteurs.

Conclusion

32L’exploration des pratiques et représentations liées aux clapas ouvre la voie d’un univers minéral plus complexe dans lequel cet élément érigé en patrimoine apparaît en réalité comme un maillon d’une chaîne d’actions et de pratiques « aménagistes » et d’une maîtrise fine du monde minéral. Pour comprendre les clapas, il faut comprendre toutes ces relations à la pierre.

33Les clapas sont un des éléments qui composent le paysage palimpseste des Causses et ils sont reconnus pour leur densité dans le paysage et leurs interrelations avec les autres éléments du système patrimonial, et non en tant qu’objet singulier en soi. Leur présence perdure et donne à voir le temps, la profondeur historique du paysage, même si la pratique conduisant à leur élaboration est révolue et que les agriculteurs réécrivent sans cesse le territoire, en effaçant en partie les traces anciennes. En effet, les tendances agricoles actuelles peuvent accélérer les changements et interrogent la continuité des caractères identitaires des paysages des Causses. Si les clapas sont porteurs de mémoire pour les Caussenards, ils ne sont pas forcément un patrimoine. Pour ces derniers, l’évolution du territoire passe par un choix naturel de ce qui est important pour leurs activités contemporaines agricoles et pour ce qui rend le travail plus simple et moins pénible, plus productif et économiquement viable, si ce n’est rentable. Enlever « quelques » tas de pierres ne pose pas de problème, d’autant plus que ces clapas sont devenus gênants et inutiles (sauf pour fournir des matériaux).

  • 20 VESCHAMBRE Vincent, Traces et mémoires urbaines. Enjeux sociaux de la patrimonialisation et de la d (...)

34Les tensions autour de la démolition des clapas par les pratiques agricoles contemporaines soulignent les différentes visions de cet élément, mais aussi, plus généralement, de l’espace agricole devenu patrimoine mondial : le clapas, simple trace d’un passé agricole révolu aux yeux des agriculteurs, est devenu, en étant sélectionné en tant qu’objet patrimonial, une marque aux yeux des gestionnaires, c’est-à-dire une trace réinvestie par un groupe social (ici une élite politique et scientifique actrice ? du processus de patrimonialisation) comme porteuse d’une mémoire et d’une identité territoriale20. La revendication sur sa gestion, de droit à la démolition ou au contraire à la conservation apparaît comme un enjeu d’appropriation de l’espace entre profession agricole et gestionnaire d’espace naturel et vient en écho à la faible ou non-association des habitants aux politiques patrimoniales de conservation de la nature. Cette tension autour de la gestion des clapas exprime un rapport de pouvoir entre groupes sociaux autour de l’usage du paysage et du territoire.

35Sur les Causses, les pierres et les clapas sont omniprésents pour les agriculteurs, mais si les premières continuent de « pousser » dans les champs et restent « vives », les seconds sont morts. Leur patrimonialisation par l’Unesco les a cependant revivifiés aux yeux d’autres acteurs, en tant que patrimoine paysager, et a offert un nouvel outil de mise en protection indirecte de patrimoines archéologique et naturel. Les enjeux autour des clapas conduisent à s’interroger sur le sens à donner au caractère vivant et évolutif du paysage culturel « les Causses et les Cévennes », et en conséquence à la gestion à mettre en place. Le choix n’est pas si simple et il renvoie à une complexité de gestion qui passe par savoir quels biens garder, pour quoi et pour qui les garder.

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Notes

1 Les Causses et les Cévennes. Paysage culturel de l’agropastoralisme méditerranéen. Candidature à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco, Mémoire en réponse aux observations du Comité du Patrimoine mondial (janvier 2011), [Paris], Région Languedoc-Roussillon – Région Midi-Pyrénées (France), 2011.

2 Jasse : bergerie isolée ; lavogne : mare aménagée pour créer un point d’eau permanent pour les troupeaux ; cazelle (ou chazelle, capitelle) : petites constructions en pierre sèche souvent circulaires, édifiées par les bergers pour se protéger du soleil et de la pluie (ibid.).

3 Cette recherche a bénéficié de l’appui de l’Entente interdépartementale des Causses & Cévennes, structure gestionnaire du bien UNESCO. Que soit ici remercié Morgane Coste-Marres, alors directrice de l’Entente, voir : https://www.causses-et-cevennes.fr/qui-sommes-nous/gouvernance/entente-interdepartementale-causses-cevennes/ [lien valide en mars 2024].

4 VIGNES Indio, Quand un tas de cailloux devient patrimoine. Enjeux de gestion autour des Clapas, attribut du Bien Unesco Les Causses et les Cévennes, mémoire de recherche, master 2, Erasmus Mundus DYCLAM, université Jean-Monnet Saint-Étienne, Muséum national d’histoire naturelle, 2019.

5 MARRES Paul, Les Grands Causses. Étude de géographie physique et humaine, t. I, Le Milieu physique, t. II, Le Labeur humain, Tours, Arrault et Cie, 1935-1936, et MILHAU Georgette, Féerie d’une terre pauvre. Évocation du Larzac méridional [1969], préfacé par P. Marres, Lodève, Charte Lodévois-Larzac, coll. « Les Cahiers du Lodévois-Larzac », 2008.

6 MARRES Paul, Les Grands Causses. Étude de géographie physique et humaine, t. I, Le Milieu physique, Tours, Arrault et Cie, 1935, p. 6.

7 MARRES Paul, op. cit., p. 9.

8 MILHAU Georgette, Féerie d’une terre pauvre. Évocation du Larzac méridional [1969], op. cit., p. 47.

9 DURAND-TULLOU Adrienne, Un milieu de civilisation traditionnelle : le causse de Blandas, [thèse, Montpellier, 1959], Millau, Éditions du Beffroi, 2003, p. 54.

10 Le banastou est un panier porté par une personne et utilisé pour ramasser des pierres ou du raisin, entre autres.

11 DURAND-TULLOU Adrienne, Un milieu de civilisation traditionnelle, op. cit., p. 54.

12 MILHAU Georgette, Féerie d’une terre pauvre, op. cit.

13 DUMEZ Richard, Le Feu, savoirs et pratiques en Cévennes, Versailles, Quæ, coll. « Indisciplines », 2010, p. 101-102.

14 Ibid.

15 BATICLE Christophe, « Relire le conflit environnemental à travers une grille de lecture spatiale. Le cas de la capture des turdidés, par le moyen des tendelles, sur les Grands Causses de Lozère et d’Aveyron », Socio-logos, no 12, 2017, [en ligne], https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/socio-logos/3124 [lien valide en mars 2024].

16 CROSNIER Capucine, SCHWALLER Martine & BREICHNER Hélène (dir.), Atlas archéologique du Parc national des Cévennes, Florac, PNC, 2007 ; LALLEMAND Véronique & BREICHNER Hélène, « L’archéologie en milieu montagnard en Languedoc-Roussillon : études de cas en Cerdagne (Pyrénées-Orientales) et sur les causses lozériens (Lozère) », in TZORTZIS Stéfan, DELESTRE Xavier & GRECK Jennifer (dir.), Archéologie de la montagne européenne, Aix-en-Provence, Centre Camille-Jullian, Errance, coll. « Bibliothèque d’archéologie méditerranéenne et africaine », 2010, p. 109-116 ; BREICHNER Hélène, « Un établissement rural du haut Moyen Âge : les Aouzérals », Archéologie du Midi médiéval, no 27, 2009, p. 255-267, disponible en ligne, https://www.persee.fr/doc/amime_0758-7708_2009_num_27_1_1906 [lien valide en mars 2024].

17 PARC NATIONAL DES CÉVENNES, La Chevêche d’Athéna (ou chouette chevêche), plaquette informative, Florac, PNC, 2016.

18 Les Causses et les Cévennes, op. cit.

19 Les Causses et les Cévennes, op. cit., p. 95 et sq.

20 VESCHAMBRE Vincent, Traces et mémoires urbaines. Enjeux sociaux de la patrimonialisation et de la démolition, Rennes, PUR, coll. « Géographie sociale », 2008.

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Table des illustrations

Titre Figure 1
Légende Causse de Sauveterre, 2019. Au premier plan, un pâturage ponctué de clapas, d’affleurements rocheux et d’arbustes. À l’arrière-plan, des cultures (vert clair), des plantations de pins (vert foncé) et d’autres pâturages (dont certains en cours d’embroussaillement, notamment par des pins, des buis et des genévriers).
Crédits © Indio Vignes.
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Fichier image/jpeg, 489k
Titre Figure 2
Légende Causse du Larzac, 2019. Au premier plan, un espace localement dénommé la Clapassère sur lequel affleurent de nombreuses « pierres plates », amassées en clapas, de manière plus ou moins construite. Au second plan, l’herbe des pâturages pousse entre les buis et les genévriers envahissants, les murets et les clapas. Au fond, le village de Saint-Michel.
Crédits © Indio Vignes.
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Titre Figure 3
Légende Exemple de clapas bâti, causse de Sauveterre, 2019.
Crédits © Indio Vignes.
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Titre Figure 4
Légende Paysage agropastoral caussenard, 2019. Le vert vif de la culture d’une petite doline tranche avec le vert-de-gris des pâturages où les brebis broutent entre les clapas et les arbustes.
Crédits © Indio Vignes.
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Titre Figure 5
Légende Champ après le passage d’un broyeur avant ensemencement, 2019. Les « pierres vives » une fois broyées deviennent un grabas plus fin. Au second plan, en bordure du champ, d’anciens clapas ont été repoussés sur les pâturages plutôt que d’être broyés pour ne pas ajouter de matière minérale supplémentaire dans le champ.
Crédits © Indio Vignes.
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Titre Figure 6
Légende Tas de pierres résultant d’un dérochement, 2019. Les engins contemporains permettent d’extraire des blocs de roche d’un volume important sans commune mesure avec les pierres accumulées sur les clapas.
Crédits © Indio Vignes.
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Pour citer cet article

Référence électronique

Indio Vignes, Céline Tastet et Richard Dumez, « Pierre vive et clapas mort »In Situ [En ligne], 52 | 2024, mis en ligne le 19 avril 2024, consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/41123 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/insitu.41123

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Auteurs

Indio Vignes

Ancien étudiant de master 2 DYCLAM 2017-2019 (Dynamics of Culturel Landscapes and Heritage Management). Double rattachement pour le stage : UMR 7206 Éco-anthropologie (MNHN-CNRS-Université Paris Cité) et Entente interdépartementale des Causses et des Cévennes
indiovignes@gmail.com

Céline Tastet

Doctorante, triple rattachement : EA EIREST EA 7337 Université Paris 1 – UMR 7206 Éco-anthropologie (MNHN-CNRS-Université Paris Cité) – Entente interdépartementale des Causses et des Cévennes (organisme d’accueil CIFRE)
celine.tastet@fulbrightmail.org

 

Richard Dumez

Maître de conférences du Muséum national d’histoire naturelle, UMR 7206 Éco-anthropologie (MNHN-CNRS-Université Paris Cité)
richard.dumez@mnhn.fr

 

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Droits d’auteur

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