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Le patrimoine en scène

Les médias audiovisuels, l’autre vitrine de la création et des créateurs de mode

Un parcours dans les collections de l’INA
Audiovisual media, the other showcase for fashion creation and creators. An itinerary through the collections of the INA
Tiziana de Santis et Géraldine Poels

Résumés

L’histoire et l’économie de la mode sont si liées à celles des médias qu’il est difficile de ne pas prendre en compte ces derniers dans l’inventaire de son patrimoine. Les collections de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), en particulier, constituent une ressource originale et sous-estimée – même si de grandes maisons les mobilisent, désormais, pour ancrer leur communication dans leur histoire. En effet, si la mode est d’abord, dans les années 1950, identifiée comme un sujet de prédilection pour des « magazines féminins » ancrés dans l’assignation des femmes au foyer et aux tâches ménagères, des productrices audacieuses défendent bientôt l’idée qu’elle se prête au contraire à l’inventivité formelle et au recours à un ton décalé – donnant notamment naissance à la célèbre émission Dim Dam Dom (1965-1971), de Daisy de Galard. Les années 1990 représentent un second moment de rencontre entre la mode et le petit écran, moins marqué par la recherche d’expérimentations formelles dans la réalisation, mais qui voit naître, avec la diversification des chaînes, une floraison d’émissions consacrées au sujet, ainsi que les figures de chroniqueuses et d’émissions contribuant à construire l’identité des nouvelles chaînes privées, comme Mademoiselle Agnès ou Daphné Bürki sur Canal +, ou Paris Modes sur Paris Première. Cette contribution se propose de mettre en évidence ce que les archives audiovisuelles apportent à l’histoire de la mode, tout en soulignant les interactions entre la création textile et la création télévisuelle.

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Texte intégral

  • 1 L’INA conserve et valorise les archives de la radio et de la télévision françaises depuis leur cré (...)

1L’histoire et l’économie de la mode sont si liées à celles des médias qu’il est difficile de ne pas prendre en compte ces derniers dans l’inventaire de son patrimoine. Les collections de l’Institut national de l’audiovisuel (INA)1, en particulier, représentent une ressource originale et sous-estimée – même si de grandes maisons de couture les mobilisent, désormais, pour valoriser leur histoire. En effet, les archives de l’Institut national de l’audiovisuel conservent des images qui remontent à 1940 (pour Les Actualités françaises, diffusées dans les cinémas) et 1949, pour la télévision – ainsi que des reportages radiodiffusés depuis 1946. Ces médias audiovisuels adaptent des formats élaborés par la presse écrite. Si la mode est d’abord, dans les années 1940 et 1950, un sujet de prédilection pour les « magazines féminins », de facture très classique, des productrices audacieuses défendent bientôt l’idée qu’elle se prête au contraire à l’inventivité formelle et au recours à un ton décalé – donnant notamment naissance à la célèbre émission Dim Dam Dom, de Daisy de Galard (1965-1971). Les années 1990 représentent un second moment de rencontre entre la mode et le petit écran, avec l’apparition de chroniqueuses et d’émissions phares sur les nouvelles chaînes du paysage audiovisuel français (PAF), comme Mademoiselle Agnès ou Daphné Bürki sur Canal +, ou Paris Modes sur Paris Première.

  • 2 « La mode dans les collections de l’INA », publié le 16/08/2019 sur https://inatheque.hypotheses.o (...)
  • 3 Les projets de recherche, qu’ils soient universitaires, professionnels ou personnels, peuvent être (...)

2Cette contribution, qui s’appuie sur le travail d’inventaire réalisé à l’occasion de la rédaction d’un « guide des sources » consacré à la mode et disponible en ligne2, se propose de mettre en évidence ce que les archives audiovisuelles apportent à l’histoire de la mode, tout en soulignant les interactions entre création vestimentaire et création télévisuelle. Toutes les émissions évoquées sont accessibles dans leur intégralité dans les centres de consultation de l’INA. Cet article, sans prétention à l’exhaustivité, a vocation à susciter l’intérêt pour ces sources qui viendront, nous l’espérons, nourrir de nouvelles recherches, sensibles à la dimension audiovisuelle et émotionnelle de ces témoignages du passé3.

L’après-guerre : entre défilés et cours de coupe, des représentations traditionnelles de la mode

  • 4 Il ne s’agit pas à proprement parler des « défilés » officiels, c’est-à-dire la première présentat (...)
  • 5 Voir les reportages Présentation de mode en avion (1949), Mode d’été Carven et course de lévriers (...)

3La mode est présente dans les émissions de la radio puis de la télévision françaises dès leurs débuts, et les premières archives conservées sur ce sujet remontent aux années 1940. Elles témoignent ainsi du renouvellement de l’activité des maisons de couture parisiennes dans l’après-guerre, qui s’adaptent à une demande et à un contexte économique nouveaux. Dans la presse filmée – Les Actualités françaises, diffusées jusqu’en 1969 dans les cinémas – et dans les émissions radiophoniques, la mode est montrée sous l’angle classique du défilé et à travers le regard de couturiers, présentés par le commentaire comme des prescripteurs de tendances (dans des reportages comme Ce qu’ils décrètent : la mode d’automne, 1950, Dior a décidé, 1953). Grâce aux images en mouvement, la presse filmée, toutefois, constitue un média de choix pour donner à voir l’inventivité des scénographies de ces présentations de mode4, organisées dans les lieux les plus divers (la carlingue d’un avion, un zoo, des musées et des salles de spectacle5…).

  • 6 GONEL Virginie, Le Magazine féminin (1946-1970) de Maïté Célérier de Sannois : première émission t (...)

4En parallèle de la création de nouveaux titres de presse après-guerre (Marie-France, Elle…), radio et télévision font une place à des rubriques dédiées à la mode. Des rédactrices de mode circulent d’un média à l’autre et sont à l’origine de représentations communes et transmédiatiques, bien qu’adaptées à chaque support. Ainsi, Maïté Célérier de Sannois, journaliste à Marie-Claire, est-elle à l’origine de la première émission télévisuelle dédiée aux femmes, La Femme chez elle6, dès 1946, puis de l’émission hebdomadaire Le Magazine féminin (1952-1970) [fig. 1 et 2].

Figure 1

Figure 1

Tournage de l’émission télévisée La Femme chez elle avec la présentatrice Maïté Célérier de Sannois, 9 mars 1951.

© Charles Prost / INA.

Figure 2

Figure 2

Tournage, à la maison de couture Pierre Cardin à Paris, de la rubrique « Mode » pour l’émission télévisée Magazine féminin, 15 août 1962.

© Daniel Fallot / INA.

  • 7 Sur l’éducation des jeunes filles, voir ROGERS Rebecca & THÉBAUD Françoise, La Fabrique des filles (...)
  • 8 Le parallèle avec la presse féminine est évident (voir GEERS Alexie, « Une gestion professionnelle (...)

5Tout comme La Femme et le foyer, magazine radiophonique quotidien, ces émissions s’adressent aux ménagères, et rappellent que la confection des vêtements est alors pour elles un souci quotidien. Aussi des conseils et de véritables cours de coupe et de couture y sont-ils prodigués, la télévision entendant ici, comme dans bien d’autres domaines, parachever l’éducation donnée à l’école7 : on y apprend par exemple comment réaliser soi-même une jupe, ou comment habiller ses enfants « avec du bon sens8 ».

6À partir de 1970, le magazine quotidien Aujourd’hui Madame, présenté par Alain Jérôme et Évelyne Pagès sur la 2e chaîne de l’ORTF (devenue Antenne 2 en 1975), reproduit ce principe : il propose chaque jour un à deux reportages sur des sujets censés intéresser les femmes, dont la mode. Ils alternent avec les interviews d’invités et de téléspectatrices qui les commentent et apportent leur témoignage. Les angles sont classiques : présentation bisannuelle des collections (ainsi, en février 1972, on entend Hubert de Givenchy, Jean Patou, Nino Cerruti, Emmanuel Ungaro ou encore Madame Grès commenter les leurs), rétrospectives sur l’histoire du costume, de la mode masculine ou des accessoires, mais aussi présentation des habitudes des téléspectatrices en matière d’habillement, y compris pour leurs enfants et leurs maris…

  • 9 Abréviation de « seconde main », désignant un des postes de début de carrière pour les couturières (...)
  • 10 Pour un exemple plus récent de mise en lumière de ces métiers, souvent féminins, voir aussi Les Lu (...)

7Dans ces émissions, le traitement de la mode s’inscrit donc plutôt dans une continuité historique qui assigne les femmes au foyer et dans une répartition genrée des rôles, en vertu de laquelle la gestion du trousseau de toute la famille leur incombe. Toutefois, il faut souligner que, dès les années 1950, de nombreux reportages télévisés (et radiodiffusés) ont été consacrés aux métiers des coulisses de la mode, et notamment aux artisans et aux fournisseurs qui œuvrent dans l’ombre des grandes maisons de couture : plumassiers, bottiers, chapeliers, brodeuses [fig. 3, 4 et 5]… À titre d’exemple, on peut citer ici Archives de la chaussure à Florence un reportage de la presse filmée de 1952 sur le bottier italien Salvatore Ferragamo ; La Naissance d’un chapeau chez la modiste Claude Saint-Cyr, un document de 1954 ; Publication interdite, un magazine de 37 minutes diffusé en 1957 sur la 1re chaîne dans la série En direct de, qui se présente comme une enquête exclusive dans une grande maison de couture parisienne, la maison Lanvin, à quelques jours du lancement d’une collection, et met en lumière les différentes étapes de fabrication d’un vêtement à travers les interviews de coupeurs, « secondes9 », brodeuses, repasseuses et autres « dispatcheuses10 » (qui, après une vente, adressent aux différents secteurs de la maison les commandes en vue de la préparation d’une tenue aux mesures de la cliente).

Figure 3

Figure 3

Confection d’une collection de mode dans les ateliers de la maison de couture Christian Dior, atelier Christian Dior, 10 juillet 1974. Photographie prise à l’occasion du tournage d’un sujet diffusé au journal télévisé de 20 heures de la 2e chaîne, le 21 juillet 1974.

© Roger Picard / INA.

Figure 4

Figure 4

Les petites mains dans l’atelier du couturier Paco Rabanne, 17 janvier 1968. Photographie réalisée lors d’un reportage intitulé « Le métallo de la mode : Paco Rabanne » pour l’émission Panorama diffusée sur la 1re chaîne le 26 janvier 1968.

© Aimé Dartus / INA.

Figure 5

Figure 5

Le couturier Paco Rabanne exécutant un croquis lors d’un reportage pour l’émission Panorama, 17 janvier 1968.

© Aimé Dartus / INA.

Le moment Dim Dam Dom et le renouvellement des imaginaires de la mode

8En rupture avec ces magazines de facture très conventionnelle naît, en 1965, le magazine télévisé devenu culte Dim Dam Dom, qui imprime un ton novateur et avant-gardiste : la mode y est appréhendée selon de nouveaux points de vue qui rompent avec les séquences habituelles, comme celle du défilé ou de la présentation de mode organisée par les maisons. Ainsi, la thématique y est abordée à partir des tenues portées dans la rue, comme dans Paris en pantalon (1968), ou au travers de fictions. Diffusé mensuellement sur la toute jeune 2e chaîne, jusqu’en mars 1971, ce magazine se caractérise par son habillage ludique. Des séquences présentées par des speakerines occasionnelles (des chanteuses ou des actrices en vogue de l’époque) alternent avec d’autres, courtes et rythmées, lors desquelles des mannequins dansent, habillés par Courrèges ou Saint Laurent [fig. 6]. Rédactrice en chef adjointe à Elle, sa productrice Daisy de Galard considère la mode comme un élément tout aussi important qu’un autre pour rendre compte de la société de son époque. Elle s’entoure de collaborateurs venus de différents horizons (journalisme, photographie et arts visuels, cinéma, création musicale…) : Michel Polac, Marc Gilbert, Jean-Pierre Bastid ou encore Michel Colombier, arrangeur des grandes vedettes de la chanson de l’époque et compositeur du célèbre indicatif de lancement de l’émission11. Peter Knapp, notamment, après avoir étudié les arts appliqués et révolutionné le traitement visuel de la mode dans le magazine Elle, dont il est le directeur artistique, apporte sa patte à l’émission en tant que réalisateur. De nombreux reportages font le lien entre les différents arts et univers créatifs, comme dans La Mode est à l’op art12, véritable film expérimental réalisé par Pierre Koralnik dans lequel les effets visuels, les bruitages et la musique se conjuguent à une chorégraphie interprétée par les mannequins.

Figure 6

Figure 6

Un mannequin défile sur le plateau de l’émission Dim Dam Dom dans une robe signée Gérard Pipart pour Nina Ricci, 24 février 1969.

© James Claude / INA.

  • 13 Notamment dans le service de la Recherche de Pierre Schaeffer (voir DENIS Sébastien (dir.), Des mo (...)

9Dim Dam Dom est resté dans les mémoires comme l’exemple le plus célèbre et abouti de ce traitement de la mode comme incarnation de la culture pop et branchée. Mais cette expérience a aussi influencé par la suite d’autres programmes. De nombreux reportages ont été consacrés aux liens entre mode et musique. En effet, d’une part, les styles musicaux ont fait naître des tendances vestimentaires – comme les vestes cintrées des jeunes mods britanniques, les jeans pattes d’eph’ des années « Flower Power » ou les pantalons troués de la période punk –, et d’autre part, des couturiers ont habillé de nombreuses rockstars (par exemple agnès b., associée pour la télévision française à David Bowie, Hedi Slimane et le groupe Daft Punk ou encore Jean-Charles de Castelbajac et le groupe Nouvelle Vague). C’est un angle que l’on retrouve par exemple dans le reportage Rivalités entre Mods et Rockers diffusé sur la 1re chaîne en 1964, dans le Portrait robot du hippie (Dim Dam Dom, 1967), mais aussi dans Le Look anglais sur TF1 en 1984 ou encore La Mode techno aux Halles sur la Cinquième en 1997. En revanche, il n’est pas certain que l’audace dont ont souvent fait preuve les réalisateurs de l’émission ait trouvé beaucoup d’héritiers. Dim Dam Dom a en effet bénéficié d’un contexte propice à l’expérimentation formelle, celui de l’ORTF, qui autorisait les prises de risques, voire les fantaisies et même les bizarreries, de nombreux réalisateurs et artistes13.

Les médias au service de la politique culturelle

10Dans les années 1970, le prêt-à-porter poursuit sa démocratisation : une nouvelle génération, celle des « créateurs de mode » – nouveau terme ayant succédé aux « stylistes » des années 1960 –, refuse le conformisme de la haute couture et bouleverse la mode en la rendant plus largement accessible. La télévision accompagne cette industrialisation : grâce à son audience bien plus large que la clientèle des boutiques – dans les années 1970, la grande majorité des foyers français est désormais équipée d’un téléviseur – Sonia Rykiel, Jean Paul Gaultier, Kenzo Takada, agnès b. ou encore Claude Montana deviennent des personnalités connues du grand public.

11Sur le petit écran, ces créateurs qui ont fait de leur nom une marque n’apparaissent pas seulement pour donner à voir leurs collections : ils se racontent, contribuant à ce que l’on appellerait aujourd’hui le storytelling de leurs maisons. Dans une interview télévisée en 1976 pour Phrases clés, sur la 2e chaîne, Sonia Rykiel parle de sa profession et partage sa vision de la mode, résumée, comme le veut le format de l’émission, en une phrase clé : « Je provoque et je veux ». En 1987, Thierry Mugler se prête au jeu du Divan d’Henry Chapier sur France 3 et raconte comment il est arrivé à la couture grâce à son envie d’une mise en scène du quotidien. Plus tard, en 1993, dans l’émission Le Cercle de minuit, sur France 2, Jean Paul Gaultier revient sur ses origines modestes, et sur l’inspiration qu’il a trouvée dans les cultures populaires et métissées.

  • 14 En 1981, l’UFAC (Union française des arts du costume) s’est associée avec l’UCAD (Union centrale d (...)

12Dans les années 1980, sous l’influence de Jack Lang, l’image de la couture et du prêt-à-porter se transforme. Le ministre de la Culture accorde une légitimité à des champs artistiques considérés auparavant comme mineurs : la chanson, les musiques populaires, le design, mais aussi la mode, qui bénéficie à partir de 1991 d’allocations de recherche attribuées par l’Association nationale pour le développement des arts de la mode (ANDAM). Fleuron du savoir-faire – et du soft power – national, cette préoccupation autrefois féminine est désormais traitée comme un sujet pouvant intéresser tous les Français. La mode est donc dès lors présentée comme une information sérieuse et passe en tant que telle au journal télévisé. Témoin de cette transition, un reportage diffusé au 20 heures d’Antenne 2 le 27 mars 1982 donne la parole au ministre. S’il est interrogé à l’occasion de l’inauguration de la Semaine du prêt-à-porter au palais du Louvre, il en profite pour faire passer un message plus politique : « La mode n’est pas un parent pauvre de la création artistique. Elle est au contraire un art à part entière, qui comme tel doit être pleinement reconnu et qui, […] dans nos institutions, doit avoir plein droit de cité » Il faut probablement y voir une allusion à la préparation de l’ouverture du musée des Arts de la mode14.

13La télévision des années 1980 participe activement à la patrimonialisation de la mode et à sa promotion au rang de fleuron culturel national. En septembre 1983, dans un reportage du 20 heures de TF1 consacré à la Foire internationale d’art contemporain qui se tient au Grand Palais, le journaliste souligne l’importance d’une collaboration entre peintres et stylistes. En octobre 1984, à l’occasion de la réception donnée par le président de la République François Mitterrand dans les salons de l’Élysée afin d’accueillir des créateurs de mode, le journal de 8 heures de France Inter diffuse un reportage dans lequel le chef de l’État s’adresse ainsi aux stylistes : « En créant la mode, vous créez les formes de vie, le plaisir d’être […]. Vous inspirez les foules […]. Les pays sans mode et sans créateur de mode sont plutôt gris15. » En janvier 1986, l’Institut français de la mode est inauguré par la ministre du Commerce extérieur Édith Cresson, interviewée dans Soir 3. En 1988, la Fête de l’Humanité à La Courneuve propose un défilé des modèles du couturier Yves Saint Laurent. À cette occasion, Roland Leroy, directeur du quotidien communiste L’Humanité, déclare au micro d’Antenne 2 lors du Journal de 13 heures du 10 septembre : « Il n’y avait aucune raison de priver le public populaire de la possibilité d’accéder à la vision d’un des morceaux de la grande culture française16. »

Nouvelles chaînes, nouveaux regards

14À partir des années 1990, avec la multiplication des chaînes, la télévision propose une diversification des angles et des contenus. Les émissions consacrées à la mode sur les écrans de télévision ou à la radio illustrent ce sujet différemment selon la ligne éditoriale de la chaîne de diffusion. L’innovation caractérisant cette nouvelle période réside moins, peut-être, dans la recherche visuelle que dans la multiplication des formats, des angles, des tons adoptés – plus ou moins irrévérencieux. Le traitement de la mode se décline finalement dans tous les genres télévisuels, de la chronique au documentaire en passant par la télé-réalité.

15La mode s’invite d’abord sur les grilles de programmes des nouvelles chaînes privées apparues dans la seconde moitié des années 1980, surtout sur les chaînes qui se veulent branchées, en phase avec les cultures actuelles, dites « urbaines ». En 1991, l’équipe mode de M6 (Pascal Mourier, Catherine Pouligny, Marion Lacombe et Isabelle Rabineau) réalise pour la chaîne le magazine Mode 6, un format court de six minutes diffusé avant le JT de 20 heures et exclusivement pendant les périodes de présentation des collections de haute couture. Le ton des courts reportages, chacun étant consacré à la collection d’un couturier, est volontiers léger. Parallèlement, la chaîne Canal + propose des rubriques mode, décalées et scénographiées à la fois, au sein d’émissions cultes, comme Nulle part ailleurs, présentées par la « miss météo » Mademoiselle Agnès qui assure le commentaire des défilés de mode bisannuels. À partir de 2004, dans le magazine de société quotidien Nous ne sommes pas des anges, présenté par Maïtena Biraben et dont le ton se veut pratique, pertinent et impertinent, la rubrique mode est assurée par la jeune styliste Daphné Bürki et le mannequin William Carnimolla. C’est encore à Mademoiselle Agnès, devenue entre-temps productrice spécialisée dans les reportages sur la mode, que l’on doit la série de magazines et documentaires Habillées pour l’été, Habillées pour l’hiver, dans laquelle elle revient sur les défilés et les présentations des nouvelles collections à Paris et dans les grandes capitales mondiales de la mode.

16Sur les chaînes thématiques, la mode est à la fois légère et glamour. Elle fait néanmoins l’objet d’émissions documentaires qui rendent compte de toutes les facettes de la création et constituent aujourd’hui une source de référence pour l’histoire de cette époque. La chaîne Paris Première, notamment, diffuse toutes les semaines, à partir de 1993, le magazine « fleuve » de 52 minutes Paris Modes de Marie-Christiane Marek qui consacre chaque émission à un créateur de mode ou à une maison de couture. Par le biais de reportages et d’entretiens, pour la première fois en direct des coulisses des défilés, elle dresse leurs portraits et retrace leurs carrières. Les couturiers font confiance à cette ancienne rédactrice en chef du magazine Dépêche Mode et ils lui ouvrent les portes de leurs ateliers et de leurs demeures. En 2004, l’émission est déprogrammée et laisse place, deux ans plus tard, au magazine La mode, la mode, la mode présenté par Alexandra Golovanoff, qui, le dimanche matin, avec beaucoup d’humour, propose, au travers de reportages, une exploration des tendances en matière de mode, un décryptage des défilés et un tour des lieux branchés de Paris.

17En 2010, voit le jour la chaîne Stylia consacrée à l’art de vivre, au luxe et aux nouvelles tendances. Deux émissions de mode y sont diffusées : d’abord, de 2010 à 2012, dans le magazine bimensuel Prêt-à-porter tout de suite, Élisabeth Bost entraîne les téléspectateurs dans les coulisses des défilés, et à la découverte des créateurs de demain. Puis, à partir de 2013, le magazine devient hebdomadaire sous le nom de À la vie, à la mode. Élisabeth Bost, entourée cette fois de chroniqueurs, décrypte avec humour l’actualité de la mode en la mettant à la portée de tous. Au menu : portraits de créateurs, conseils beauté à reproduire chez soi et un focus sur les événements mode de la semaine.

  • 17 QUEMENER Nelly, « “Ma chérie, il faut révéler ta féminité !”. Rhétorique du choix et de l’émancipa (...)

18Entre-temps, M6 renouvelle l’approche du vêtement et commence à programmer des émissions dites de « télécoaching », qui entendent apprendre aux candidats et aux spectateurs comment séduire, s’habiller, décorer sa maison ou cuisiner. La technique utilisée est celle de l’avant/après et le « relooking » devient un élément central de ce type d’émissions. En 2004, la chaîne diffuse l’émission Nouveau look pour une nouvelle vie présentée par Véronique Mounier (et ensuite par Cristina Córdula et Émilie Albertini). Elle reçoit des femmes et des hommes qui, ayant décidé de changer de look, doivent affronter les impressions d’inconnus et celles de leurs proches avant et après leur relooking, confié à des professionnels. Depuis 2013, Cristina Córdula anime avec succès Les Reines du shopping, à la fois jeu et émission de télécoaching, lors de laquelle il est demandé à cinq femmes de se relooker sur un thème imposé (fête d’anniversaire, premier rendez-vous amoureux, femme fatale…), dans des magasins choisis par l’émission, avec un budget contraint et en un temps limité. Si le format est bien adapté à l’air du temps, des esprits critiques n’ont pas manqué de souligner le caractère conservateur d’une émission où sont valorisées des normes de genre très figées17, et où sont mises en avant des qualités – maîtrise du budget et codes du « bon goût » au service d’une séduction convenable – que n’aurait pas reniées le Magazine féminin des années 1950.

  • 18 Voir Fast Fashion, les dessous de la mode à bas prix, d’Édouard Perrin, diffusé en 2021.

19Sur la chaîne franco-allemande ARTE, à l’inverse, la mode est loin d’être frivole et devient objet de réflexion dans de nombreux documentaires qu’elle diffuse. L’approche est à la fois historique et sociologique, relevée d’une pointe d’humour et de sarcasme. En 2005, le documentariste Loïc Prigent, en tandem avec Mademoiselle Agnès, devenue entre-temps productrice à succès, réalise Signé Chanel, une série documentaire en cinq épisodes sur la conception d’une collection de haute couture dans la maison Chanel, rue Cambon, à Paris. Cinq ans après, dans la série Le jour d’avant, le même réalisateur, qui s’est spécialisé dans ce domaine, filme les derniers préparatifs des maisons de couture les plus célèbres (Fendi, Versace, Jean Paul Gaultier, Sonia Rykiel) avant la présentation de leur nouvelle collection. Grâce à l’usage de la caméra à l’épaule, le téléspectateur est témoin des dernières heures d’agitation et de stress avant le défilé et il peut appréhender le travail des différents participants à l’élaboration de la collection : outre les « stylistes » ou « couturiers », les reportages lui présentent des créateurs d’accessoires, des mannequins, des attachés de presse, des stagiaires… Dans Scandales de la mode, en 2016, Loïc Prigent commente, en voix off et sur un ton moqueur, les règlements de comptes (parfois sanglants) entre puissants du secteur, ou bien les caprices délirants des divas de la fashion, en dévoilant les excès, le cynisme et la folle inventivité du microcosme de la mode. La chaîne franco-allemande s’illustre en particulier par l’analyse qu’elle propose des enjeux économiques et sociétaux, de la montée des débats sur la représentation du corps féminin ou de l’impact environnemental de cette industrie. Elle a ainsi largement contribué à alerter l’opinion sur les méfaits de la fast fashion18.

20Finalement, la mode a également conquis Internet et ses plateformes sociales : ces outils, essentiels pour la promouvoir auprès du grand public, ont pénétré les coulisses des défilés. Les réseaux sociaux sont devenus ainsi de véritables bureaux de style. L’influence et l’audience de Youtubeurs et blogueurs dépassent parfois celles de médias plus anciens. L’INA permet, grâce au dépôt légal du web, d’explorer cette manière nouvelle d’aborder la mode. La spécificité de ces collections web est en effet de garder la trace de séquences vidéo diffusées sur des plateformes comme Dailymotion ou YouTube par des blogueurs comme Garance Doré ou des chaînes comme Fashion TV – mais aussi la série d’émissions sur la « pop culture » Gymnastique, qui consacre de nombreux reportages à la mode, diffusée sur arte.tv.

21Bien sûr, la télévision n’a pas le monopole des imaginaires visuels et médiatiques de la mode : si nous avons déjà évoqué la presse, il faut mentionner les liens avec le cinéma – qui propose des portraits de créateurs et leur fournit une vitrine prestigieuse où exposer leurs créations. Plus récemment, des maisons de couture ont fait appel à des grands cinéastes pour réaliser les spots de leurs campagnes publicitaires. Il est du reste possible de visionner à l’INAthèque tous les longs-métrages diffusés à la télévision, tels que Falbalas (1944) de Jacques Becker, Qui êtes-vous Polly Maggoo ? (1966) de William Klein, Prêt-à-porter (1994) de Robert Altman ou encore Saint Laurent (2014) de Bertrand Bonello mais aussi, grâce à la base Pub TV, des spots publicitaires (diffusés depuis 1968) tels que « Fahrenheit 2004 » et « Opium » réalisés par le cinéaste David Lynch respectivement pour les maisons Dior et Yves Saint Laurent. Les archives de la télévision ont toutefois ceci de particulier qu’elles permettent de travailler sur toutes les dimensions – sociales, culturelles, économiques et historiques – de la mode et de ses représentations. On peut d’ailleurs considérer que leurs ressources sont encore insuffisamment exploitées : nous espérons notamment que des travaux en histoire culturelle, études visuelles ou en design puissent prochainement approfondir la question de la mise en images de la création et vérifier l’hypothèse, trop rapidement esquissée ici, d’une « parenthèse » refermée dans les années 1970 après la rencontre, dans Dim Dam Dom, de la mode et du petit écran sous le signe de l’expérimentation.

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Notes

1 L’INA conserve et valorise les archives de la radio et de la télévision françaises depuis leur création. Au titre du dépôt légal, l’INA collecte aujourd’hui les programmes de 180 chaînes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ainsi qu’une sélection de contenus web liés à l’audiovisuel. L’intégralité de ces collections est accessible à l’INAthèque, à Paris, et dans cinquante lieux de consultation en France, dont la liste est disponible ici : http://www.inatheque.fr/consultation.html [lien valide en mars 2024].

2 « La mode dans les collections de l’INA », publié le 16/08/2019 sur https://inatheque.hypotheses.org/12766 [lien valide en mars 2024].

3 Les projets de recherche, qu’ils soient universitaires, professionnels ou personnels, peuvent être accompagnés par les documentalistes de l’INA. L’Institut s’attache également à faire connaître et à partager ces analyses sous des formats originaux : voir par exemple la série Passé de mode d’Yvane Jacob (responsable de collections, diplômée de l’Institut français de la mode – IFM), disponible sur madelen (https://madelen.ina.fr [lien valide en mars 2024]), ou la conférence des Lundis de l’INA, « Haute couture et mass culture », organisée le 15 décembre 2016 à l’IFM, animée par Sophie Kurkdjian et Maude Bass-Krueger, responsables du séminaire « Histoire de la mode » (https://histoiredemode.hypotheses.org/ [lien valide en mars 2024]).

4 Il ne s’agit pas à proprement parler des « défilés » officiels, c’est-à-dire la première présentation au public, à chaque saison, des nouvelles collections. En effet, ils se déroulent alors exclusivement dans le cadre des maisons de couture et, au moins dans les années 1950, n’étaient pas filmés, notamment pour protéger les créations et éviter la copie. Les scènes filmées relèvent plutôt de présentations promotionnelles d’une sélection de modèles faites ensuite au cours de la saison. Les autrices remercient Alexandra Bosc pour ces éléments d’analyse.

5 Voir les reportages Présentation de mode en avion (1949), Mode d’été Carven et course de lévriers au château d’Anet (1947), Présentation de mode féminine dans un zoo (1952), La Saison de Paris : haute couture parisienne et Ballets des Champs-Élysées (1948), Au Louvre, quand Dior rencontre Praxitèle (document en couleurs de 1961). Ces titres sont ceux que les documentalistes des Actualités françaises ont donnés, à l’époque, à ces reportages.

6 GONEL Virginie, Le Magazine féminin (1946-1970) de Maïté Célérier de Sannois : première émission télévisuelle pour les femmes dans une période d’évolutions, mémoire de maîtrise dirigé par Myriam Tsikounas, Paris, Université Paris-1, 2012, 128 p.

7 Sur l’éducation des jeunes filles, voir ROGERS Rebecca & THÉBAUD Françoise, La Fabrique des filles. L’éducation des filles de Jules Ferry à la pilule, Paris, Textuel, 2010. Les historiens ont mis en avant les ambitions pédagogiques de la télévision des années 1950 et 1960, souvent désignée comme « télévision des instituteurs » (voir par exemple PIERRE Sylvie, Jean d’Arcy, penseur et stratège de la télévision française, Bry-sur-Marne, INA, coll. « Médias histoire », 2012).

8 Le parallèle avec la presse féminine est évident (voir GEERS Alexie, « Une gestion professionnelle du foyer : un récit de genre pour les lectrices de Marie-Claire (1954-1955) », Images du travail, travail des images, nos 6-7, « Femmes au travail, quelles archives visuelles ? », 2018, [en ligne], http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/itti/711 [lien valide en janvier 2024]), mais ces archives, par leur nature audiovisuelle, invitent également à établir une généalogie des « tutos » qui fleurissent actuellement sur les plateformes de vidéos en ligne, étudiés notamment par Béatrice Guillier (voir https://boudoir.hypotheses.org/ [lien valide en mars 2024]).

9 Abréviation de « seconde main », désignant un des postes de début de carrière pour les couturières : les plus douées deviendront « premières » (« premières d’atelier »), avec pour mission d’interpréter les croquis du couturier et d’organiser la fabrication des modèles.

10 Pour un exemple plus récent de mise en lumière de ces métiers, souvent féminins, voir aussi Les Lunévilleuses : du rêve entre les mains diffusé sur France 3 en 1992 et consacré aux brodeuses de perles et paillettes de Lunéville, en Lorraine, auxquelles de grands couturiers font appel.

11 Voir en ligne : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04289416/generique-de-dim-dam-dom [lien valide en mars 2024].

12 Voir en ligne : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cpf07004001/la-mode-est-a-l-op-art [lien valide en mars 2024].

13 Notamment dans le service de la Recherche de Pierre Schaeffer (voir DENIS Sébastien (dir.), Des mondes possibles. Le Service de la Recherche de la télévision française et le cinéma d’animation, Bry-sur-Marne, INA, coll. « Médias et humanités », 2022), ou des émissions de Jean-Christophe Averty (voir PIERRE Sylvie, Jean-Christophe Averty, une biographie, Bry-sur-Marne, INA, coll. « Médias et humanités », 2017).

14 En 1981, l’UFAC (Union française des arts du costume) s’est associée avec l’UCAD (Union centrale des arts décoratifs) pour créer le musée des Arts de la mode, qui ouvrira ses portes cinq ans plus tard, en 1986, dans le pavillon de Marsan du palais du Louvre. L’extrait est accessible en ligne sur https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab8200395801/mode-et-culture [lien valide en mars 2024].

15 Voir le discours complet en ligne : https://www.elysee.fr/francois-mitterrand/1984/10/17/declaration-de-m-francois-mitterrand-president-de-la-republique-a-loccasion-de-la-reception-offerte-en-lhonneur-des-createurs-de-mode-paris-palais-de-lelysee-mercredi-17-octobre-1984 [lien valide en mars 2024].

16 Voir en ligne : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab88035928/fete-de-l-humanite-defile-yves-saint-laurent [lien valide en mars 2024].

17 QUEMENER Nelly, « “Ma chérie, il faut révéler ta féminité !”. Rhétorique du choix et de l’émancipation dans les émissions de relooking en France », Raisons politiques, no 62, vol. 2, 2016, p. 35-49, disponible en ligne, https://0-www-cairn-info.catalogue.libraries.london.ac.uk/revue-raisons-politiques-2016-2-page-35.htm [lien valide en mars 2024].

18 Voir Fast Fashion, les dessous de la mode à bas prix, d’Édouard Perrin, diffusé en 2021.

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Table des illustrations

Titre Figure 1
Légende Tournage de l’émission télévisée La Femme chez elle avec la présentatrice Maïté Célérier de Sannois, 9 mars 1951.
Crédits © Charles Prost / INA.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40923/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 194k
Titre Figure 2
Légende Tournage, à la maison de couture Pierre Cardin à Paris, de la rubrique « Mode » pour l’émission télévisée Magazine féminin, 15 août 1962.
Crédits © Daniel Fallot / INA.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40923/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 152k
Titre Figure 3
Légende Confection d’une collection de mode dans les ateliers de la maison de couture Christian Dior, atelier Christian Dior, 10 juillet 1974. Photographie prise à l’occasion du tournage d’un sujet diffusé au journal télévisé de 20 heures de la 2e chaîne, le 21 juillet 1974.
Crédits © Roger Picard / INA.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40923/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 234k
Titre Figure 4
Légende Les petites mains dans l’atelier du couturier Paco Rabanne, 17 janvier 1968. Photographie réalisée lors d’un reportage intitulé « Le métallo de la mode : Paco Rabanne » pour l’émission Panorama diffusée sur la 1re chaîne le 26 janvier 1968.
Crédits © Aimé Dartus / INA.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40923/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 240k
Titre Figure 5
Légende Le couturier Paco Rabanne exécutant un croquis lors d’un reportage pour l’émission Panorama, 17 janvier 1968.
Crédits © Aimé Dartus / INA.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40923/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 248k
Titre Figure 6
Légende Un mannequin défile sur le plateau de l’émission Dim Dam Dom dans une robe signée Gérard Pipart pour Nina Ricci, 24 février 1969.
Crédits © James Claude / INA.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40923/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 175k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Tiziana de Santis et Géraldine Poels, « Les médias audiovisuels, l’autre vitrine de la création et des créateurs de mode »In Situ [En ligne], 52 | 2024, mis en ligne le 22 avril 2024, consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/40923 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/insitu.40923

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Auteurs

Tiziana de Santis

Documentaliste multimédia à l’Institut national de l’audiovisuel (INA)
tdesantis@ina.fr
 

Géraldine Poels

Responsable de la valorisation scientifique des collections de l’Institut national de l’audiovisuel (INA)
gpoels@ina.fr


 

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Droits d’auteur

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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