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Histoire(s) de collections…

Les collections de vêtements d’enfant, problèmes et perspectives

Une étude de cas de musées français et britanniques
Children’s clothing collections, problems and perspectives. A case study of French and British Museums
Aude Le Guennec et Clare Rose
Traduction de Catherine Gros
Cet article est une traduction de :
Children’s clothing collections, problems and perspectives [en]

Résumés

La mode enfantine reste un sujet muséologique marginal dans le paysage muséographique contemporain et principalement dans les institutions qui devaient en avoir la charge : les musées de mode et musées de société. Reflétant l’intérêt tardif pour l’histoire de l’enfance, la mode enfantine a rarement fait l’objet d’une collecte patrimoniale et d’une documentation cohérente dans ces institutions. Par ailleurs, reposant généralement sur des dons familiaux aléatoires, les collections ne montrent pas la réalité et les usages des vêtements du quotidien dans toutes les couches de la société. Du fait de la disparition de cette mémoire matérielle enfantine, les musées négligent les pratiques vestimentaires des enfants et les excluent des processus de patrimonialisation de leur culture quand bien même ceci est l’un de leurs droits fondamentaux (Convention relative aux droits de l’enfant, 1989). À travers trois études de cas de musées français et britanniques particulièrement associés à la conservation et à la valorisation de l’histoire de la mode enfantine, cet article analyse l’état actuel du patrimoine vestimentaire enfantin et son effet sur notre compréhension des mécanismes de socialisation des enfants. Il explore les avantages d’une approche patrimoniale cohérente pour préserver la mémoire de la mode enfantine, comprendre les interactions des enfants avec leur propre culture, et envisager les perspectives que cette approche pourrait apporter aux jeunes en termes d’éducation et de citoyenneté.

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Texte intégral

  • 1  Museums Association Conference, 3-5 novembre 2022, Édimbourg, [en ligne], https://www.museumsassoc (...)
  • 2 SINGLY François de, « L’enfant n’est pas qu’un enfant… », Les Grands Dossiers des Sciences humaine (...)
  • 3 EINARSDOTTIR Johanna, « Children’s perspectives on play », in BROOKER Liz, MINDY Blaise & EDWARDS (...)
  • 4 Par le mot « patrimonialisation », nous nous référons à la fabrication du patrimoine en tant que p (...)

1En novembre 2022, l’Association des musées britanniques (Museums Association), le réseau le plus développé et le plus influent de professionnels des musées en Grande-Bretagne, a choisi pour thème de son congrès annuel1 les actions décisives des musées en faveur de la diversité et de l’inclusion, suscitant des débats sur la manière de rendre les collections plus accessibles à diverses franges de la population : minorités ethniques et religieuses, personnes porteuses de handicap et personnes LGBT+. Lors de ce congrès ont été échangées des perspectives d’avenir sur le patrimoine culturel et l’identité. Les grands absents de ces débats ont été les enfants : plus de trente ans après que les Nations unies ont démontré l’importance d’inclure les enfants dans notre société et ont invité leurs membres à le reconnaître en adoptant la Convention relative aux droits de l’enfant (1989), la culture matérielle des enfants et leur participation sociale sont négligées par les musées qui, cependant, revendiquent l’inclusivité. Cela contraste avec les recherches actuelles sur l’enfance qui mettent en avant le rôle des enfants en tant que citoyens2 ; et s’oppose également aux principes d’éducation des enfants qui, dans les pays du Nord, se fondent sur une approche de l’apprentissage centrée sur l’enfant. Malgré l’importance accordée à la voix des enfants dans les débats actuels sur les défis sociétaux et environnementaux3, leur capacité à agir dans la conception et la patrimonialisation 4 de leur culture matérielle semble ignorée par le secteur des musées. Alors que ce contexte pourrait influencer une approche plus systématique des musées en matière de collecte et d’interprétation du patrimoine de l’enfance, le vêtement d’enfant et la mode enfantine continuent d’être marginalisés dans ce domaine de recherche.

  • 5 ROSE Clare, Children’s Clothes Since 1750, Londres, BT Batsford, 1989 ; Ead., Making, Selling and (...)
  • 6 En France, le palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris possède une collection impor (...)

2Dans l’histoire du vêtement d’enfant en Europe, quelques rares mais très éclairantes publications, dues essentiellement à des conservateurs de musée et des historiens du vêtement, français et britanniques, jouent un rôle particulier dans le dévoilement de ce sujet marginal dans les études sur la mode. Nous traiterons donc ici particulièrement de l’histoire des collections de mode enfantine de part et d’autre de la Manche. Nous nous appuierons sur nos expériences professionnelles dans des musées de mode en France et en Grande-Bretagne, et sur notre expertise approfondie de collecte et d’étude des vêtements pour enfants5. En faisant appel à des études de cas des collections de vêtements d’enfant les plus importantes (bien que limitées) de ces deux pays, nous interrogerons le manque d’intérêt pour l’histoire du vêtement d’enfant et ses conséquences sur la compréhension des mécanismes sociaux sous-jacents dans l’éducation et la socialisation des jeunes. En analysant la politique actuelle des musées et du patrimoine en matière de collecte de vêtements d’enfant et en mesurant les changements potentiels dans l’étude de ce sujet dans les musées, nous envisagerons les avantages d’une approche plus inclusive et participative de la culture des enfants. Pour évaluer la portée de ces réflexions, nous avons étudié les politiques de collecte de vêtements d’enfant du Victoria & Albert Museum (Londres), du National Trust (Angleterre) et du musée de la Mode et du Textile de Cholet (Maine-et-Loire, France). Le choix de ces musées s’est fait à partir de leur rôle pionnier, de leurs collections spécialisées dans les vêtements d’enfant et dans la mise en lumière des cultures matérielles des enfants, contrastant avec les musées de mode où les vêtements d’enfant ne font pas nécessairement l’objet d’une stratégie de collecte6. Cette enquête a été réalisée à travers des entretiens écrits et oraux avec des conservateurs et, le cas échéant, par l’examen des pratiques institutionnelles de collecte. Les résultats de ce travail de terrain ont apporté des éclairages sur la contribution du patrimoine vestimentaire aux débats sur la place et le rôle des enfants dans la société.

Historiographie du patrimoine des vêtements d’enfant en France et en Grande-Bretagne : un savoir limité et un intérêt marginal

Les collections de vêtements d’enfant dans les musées des Grande-Bretagne : la délimitation pionnière d’un sujet de recherche

  • 7 MOORE Doris Langley, The Child in Fashion, Londres, BT Batsford, 1953.
  • 8 CUNNINGTON Phillis & BUCK Anne, Children’s Costume in England 1300-1900, Londres, A & C Black, 196 (...)
  • 9 BURNETT John Harrison (dir.), Destiny Obscure: Autobiographies of Childhood, Education and Family (...)
  • 10 CUNNINGHAM Hugh, The Children of the Poor: Representations of Childhood since the Seventeenth Cent (...)
  • 11 National Trust, « The Children’s Country House at Sudbury », [en ligne], https://www.nationaltrust (...)

3Les études des vêtements d’enfant en Grande-Bretagne sont nées de l’analyse de collections de vêtements qui avaient été conservées ; la première publication sur l’histoire de la mode enfantine, en 1953, est l’œuvre d’une collectionneuse privée qui organisait des « défilés de mode » avec des habits anciens d’adultes et d’enfants7. Les études suivantes, des années 1960 au début des années 2000, sont dues à des conservateurs de musée, anciens ou actuels, et s’appuient sur des recherches dans les collections de musées8. Cette attention minutieuse à une recherche fondée sur les objets a conduit à se concentrer sur les propriétés haptiques des vêtements d’enfant, et à s’intéresser aux récits personnels de ceux qui les portaient. Cette approche personnaliste a été renforcée par le développement, à partir des années 1980, d’un intérêt populaire pour l’histoire de la famille et l’histoire « des gens ». La priorité a ensuite été donnée à la transmission orale et aux initiatives autobiographiques ainsi qu’à un meilleur accès du public à des ressources telles que celles du recensement national, des programmes télévisés et des magazines9. Un indicateur du niveau d’intérêt pour l’histoire de l’enfance a été l’adaptation des travaux universitaires de Hugh Cunningham (1991) en une série d’émissions pour la radio nationale, assortie d’un livre (2006)10. La culture matérielle de l’enfance s’est également révélée un puissant facteur d’attraction pour les visiteurs, avec des musées de spécialité gérés par le Victoria & Albert Museum (Londres) ou le National Trust (Sudbury Hall, Derbyshire) ainsi que le musée de l’Enfance d’Édimbourg et le musée de l’Enfance des Highlands à Strathpeffer (Écosse)11. Le problème sous-jacent à cette curiosité, saine en apparence, est l’écart de niveau social entre les deux courants : l’attrait pour les histoires de famille repose sur le fait qu’elles déclarent faire connaître l’expérience d’une majorité pauvre alors que la plupart des collections de musées sont dominées par les somptueuses possessions d’une élite fortunée. Cette approche laisse également de côté des questions cruciales de définition : non seulement la définition de l’enfance comme état mais aussi la manière dont l’enfance est construite socialement.

  • 12 LE GUENNEC Aude, « Du musée à la thèse… », art. cit.

4Clare Rose a réalisé en 1987 et 1988 un inventaire sommaire de quelques-unes des principales collections de vêtements d’enfant de musées dans toute la Grande-Bretagne, et elle a fait une étude plus spécialisée sur le vêtement pour garçon entre 1840 et 1900 dans le cadre de sa thèse de doctorat, en 1999-200012. Ces études ont révélé des lacunes saisissantes dans les collections britanniques : non seulement la plupart des objets venaient de familles de l’élite sociale mais c’étaient aussi des objets portés lors de grandes occasions telles que des mariages. Les vêtements portés par la majorité de la population dans sa vie de tous les jours n’étaient pas représentés.

Les collections de vêtements pour enfants dans les musées de la mode en France : à la suite des pionniers britanniques

  • 13 Ibid.
  • 14 Ibid.
  • 15 ARIÈS Philippe, L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, Paris, Plon, coll. « Civilisati (...)

5On pourrait décrire une situation similaire à propos du développement des collections de vêtements d’enfant en France – étudiées par Aude Le Guennec dans sa thèse de doctorat sur le rôle du vêtement dans l’éducation et la socialisation des enfants depuis le xixsiècle (2016)13 – en y ajoutant que l’intérêt du monde des musées pour ce sujet a été inspiré et façonné par la recherche pionnière sur l’histoire de la mode enfantine en Grande-Bretagne14. Il a aussi été influencé par le rôle qu’a joué l’historien Philippe Ariès qui a posé les bases de l’histoire de l’enfance en France et s’est efforcé d’y associer des historiens de la société britanniques à la fin des années 1960. En effet, en 1969, il fut invité par le Cambridge Group for the History of Population and Social Culture à présenter son analyse de l’émergence du concept d’enfance à partir de l’étude du vêtement d’enfant et de sa représentation dans la sculpture, la peinture et les arts funéraires. Les recherches d’Ariès, fondées essentiellement sur de rares exemples d’habits d’enfants royaux, ont démontré le rôle des codes vestimentaires dans la reconnaissance du statut de l’enfant dans le contexte des classes supérieures de la société européenne du xviiisiècle15. Cette première tentative d’inclure le vêtement comme source pour comprendre l’enfance du temps passé était donc limitée par les contraintes de la représentation de l’enfant dans un groupe social bien défini. D’où l’idée que l’enfance ne pouvait être reconnue socialement que lorsque les enfants étaient représentés dans les arts, et leur identification renforcée grâce à l’attribution d’un code vestimentaire spécifique. Comme celui-ci n’apparut que vers le milieu du xviiie siècle, il marque une reconnaissance tardive des jeunes comme partie intégrante de la société. Cette conclusion a toutefois passé sous silence de subtiles distinctions dans l’habillement des enfants et celui des adultes qui ont existé au fil du temps, même si elles n’ont pas toujours été apparentes dans les codes vestimentaires décrits par des images ou des textes.

  • 16 Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris.
  • 17 DELPIERRE Madeleine (dir.), Modes enfantines, 1750-1950, cat. exp., Paris, Palais Galliera – musée (...)
  • 18 Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris ; musée de la Mode et du Textile (Union fr (...)
  • 19 Voir ci-dessus note 6.
  • 20 JOIN-DIÉTERLE Catherine & TÉTART-VITTU Françoise (dir.), La Mode et l’enfant, 1780-2000, cat. exp. (...)

6Dix ans plus tard, en 1979, Madeleine Delpierre, conservatrice du prestigieux musée de la Mode et du Costume de la Ville de Paris16, organisa une exposition sur l’histoire des modes enfantines dans la haute société qui tenta, après un autre événement plus modeste, en 1958, de démontrer l’importance des collections de vêtements pour enfants dans l’histoire de la mode17. La mode enfantine resta cependant un sujet plutôt marginal dans les musées de mode de l’époque. Le manque d’intérêt se reflétait dans la structure organisationnelle des plus importants musées de mode parisiens18, avec l’absence de conservateurs spécialisés dans le vêtement d’enfant19. Cet état de fait a perduré jusqu’à nos jours ainsi que le manque d’une politique de collecte stratégique et systématique pour les vêtements d’enfant. Ce n’est qu’en 2001 qu’une nouvelle exposition, cette fois-ci accompagnée d’une publication reflétant les points forts et les lacunes des collections, fut organisée au musée Galliera par Catherine Join‑Diéterle et Françoise Tétart-Vittu20. Là encore, ces expositions et les publications inhérentes étaient fortement influencées à la fois par l’approche britannique novatrice sur le vêtement d’enfant et par la définition de l’enfance et la caractérisation d’un code vestimentaire pour les enfants apportées par le travail fondateur d’Ariès. Perpétuant des idées reçues sur le rôle du vêtement dans l’enfance en France, cette recherche a occulté le fait que les codes vestimentaires sont révélateurs de différences sociales et établissent le rang des enfants dans la société ainsi que les particularités dans l’usage et la conception des vêtements d’enfant. De plus, les lacunes dans les collections réunies à partir de dons de familles de la bourgeoisie, faits et documentés par des adultes, ont entraîné une connaissance partielle d’un sujet considéré comme anecdotique dans l’histoire de la mode.

Les vêtements d’enfant dans les musées de mode : études de cas

  • 21 JANT A. Erin, HADEN Catherine A., UTTAL David H. & BABCOCK Elizabeth, « Conversation and Object Ma (...)

7Les collections et présentations de vêtements d’enfant dans les musées obéissent aux mêmes contraintes pratiques que les autres catégories vestimentaires. L’une d’entre elles est le coût de la réalisation sur mesure de mannequins d’exposition, modelés selon les silhouettes des générations passées. L’absence de recherches sur la morphologie des enfants à travers les âges aboutit parfois à des présentations et interprétations inexactes des objets. On doit aussi compter avec l’interdiction d’interagir physiquement avec les pièces anciennes (à moins que des reproductions en aient été faites), ce qui peut limiter la capacité des visiteurs en général et des plus jeunes en particulier à apprendre par une expérience sensorielle. Pour tous les visiteurs, mais surtout pour les enfants, l’absence de manipulation physique, mode d’apprentissage préféré des enfants21, crée un obstacle à la compréhension d’objets utilisés autrefois. Des institutions ont proposé divers moyens pour pallier ces limitations.

Études de cas britanniques : le Victoria and Albert Museum et le National Trust

  • 22 VICTORIA AND ALBERT MUSEUM, Bethnal Green Museum of Childhood, Londres, Trustees of the Victoria a (...)
  • 23 MARSHALL Noreen, Dictionary of Children’s Clothes, op. cit.; V&A, « From the Collections », [en li (...)

8Le Victoria & Albert Museum (V&A) – financé directement par le gouvernement britannique depuis 1852 – conserve la collection nationale d’arts décoratifs de la fin de l’Empire romain à nos jours. Son site principal, à South Kensington, Londres, était organisé en galeries et structuré sous la forme de départements de conservation organisés à la fois par matériaux (Mobilier, Céramique, Textiles, etc.) et par cultures (Monde islamique, Japon, Sous-continent indien). Le V&A a ouvert une antenne à Bethnal Green, un quartier ouvrier de Londres, en 1868 : en 1974, cet établissement a été transformé en musée de spécialité, le Museum of Childhood (V&A MoC), avec des conservateurs et une équipe spécialisés, ainsi que des réserves22. Ce musée a connu un grand succès auprès du public, que ce soient des visiteurs individuels ou des groupes d’écoliers pour lesquels il existe un système de réservation dédié. En 2020, le MoC a fermé pour d’importants travaux sur le bâtiment et les salles : sa réouverture a eu lieu en 2023, sous le nom de « Young V&A » (YV&A). Pendant cette période de fermeture, les collections sur l’enfance n’étaient pas visibles, à l’exception d’un ou deux objets inclus dans les présentations thématiques sur le site principal du V&A. Les collections de vêtements du Museum of Childhood ont été sommairement présentées dans un guide du visiteur illustré de 1987. Une sélection d’objets a été étudiée de façon plus approfondie, étude publiée par le conservateur, et une grande partie de la collection est incluse dans la base de données en ligne publique du V&A23.

Le National Trust

9Le National Trust, fondé en 1896, est une organisation financée par ses membres et par le gouvernement britannique, à la fois directement (pour l’entretien des monuments et sites historiques) et indirectement (sous forme de déductions fiscales sur les legs). En 2021-2022, il comptait 5,7 millions de membres et a reçu 20 millions de visites payantes. Il comprend plus de 200 demeures qui sont présentées non comme des musées mais des intérieurs restitués ou reconstitués, souvent à l’aide de mobilier ou de vêtements en relation avec les propriétaires d’origine24. À la suite de son rapport controversé sur les liens entre le colonialisme et les propriétés dont il a la charge (2020)25, le National Trust a lancé des initiatives pour encourager la visite de membres de minorités ethniques, ainsi que d’enfants et de jeunes.

  • 26 Courriel de Shelley Tobin, National Trust Curator of Costume, aux auteures, 4 juillet 2022.
  • 27  « Celebrate the escapades and challenges of childhood across the centuries », voir en ligne : http (...)
  • 28  Voir en ligne « Mr Straw’s House » : https://www.nationaltrust.org.uk/mr-straws-house [lien valide (...)
  • 29 ASHELFORD Jane, The Art of Dress: Clothes and Society 1500-1914, Londres, The National Trust, 1996 (...)

10Une propriété du National Trust, Killerton House, près d’Exeter (Devon), est utilisée depuis la fin des années 1970 pour exposer une collection particulière de vêtements d’enfant anciens, auxquels s’ajoutent d’autres vêtements provenant de dons26. Depuis 1974, il y a aussi un musée de l’Enfance dans une autre propriété du National Trust, Sudbury Hall, Norfolk (Derbyshire), créé à l’origine en partenariat avec les autorités du comté. Il a récemment été repensé pour « célébrer les frasques et les défis de l’enfance à travers les siècles » au moyen de vêtements, de jouets et autres objets de la culture matérielle provenant des collections du National Trust27. La maison de Mr Straw (Worksop, Nottinghamshire) a été acquise en 1990 avec toutes ses archives et vêtements (y compris des vêtements d’enfants) utilisés par une famille de commerçants d’une petite ville28. La responsabilité des vêtements d’enfant est partagée entre les conservateurs des différents sites (en particulier Sudbury Hall et Mr Straw’s House) et le conservateur des collections de costumes pour l’ensemble du National Trust, ce qui rend difficile le maintien d’une politique de collecte cohérente. Une sélection de vêtements d’enfant des collections du National Trust a fait l’objet d’une publication, et on peut en voir davantage dans sa base de données en ligne29.

11Nous avons mené des entretiens avec des conservateurs du National Trust par courrier électronique. Les personnes consultées sont le conservateur responsable des Costumes (vêtements) pour tout le National Trust et le conservateur chargé du site de Sudbury Hall.

  • 30 « “Best” and party dresses, fancy dress, page-boy, bridesmaid and confirmation dress. It’s mainly (...)

12En réponse à une série de questions sur la constitution des collections de vêtements d’enfant, le National Trust nous a confirmé que la principale collection d’habits était celle de Killerton House, dans le Devon : elle provient de deux collectionneurs à la fin des années 1970, début des années 1980, et n’a pas de lien avec la maison. Les collections ont été formées en fonction de l’intérêt esthétique des objets, et ont été décrites par le conservateur comme « plus belles robes et robes de fête, tenues chic, tenues de garçon et demoiselle d’honneur et de confirmation. Ce sont surtout des vêtements de la petite bourgeoisie et de la haute société, mais nous avons aussi une tenue de Quaker et des vêtements d’enfants d’ouvriers30 ».

13On peut voir une démarche bien différente dans une autre propriété du National Trust, Mr Straw’s House, une modeste villa de banlieue de Worksop, dans le Nottinghamshire. Les archives de la famille Straw comprennent un certain nombre de vêtements du début du xxsiècle qui ne sont ordinairement pas conservés dans un musée, comme des sous-vêtements de garçon confectionnés industriellement et des pulls en laine tricotés à la machine montrant des signes d’usure et de ravaudage [fig. 1].

Figure 1

Figure 1

Pull de garçon tricoté à la machine, Grande-Bretagne, vers 1910, probablement porté par William Straw (né en 1898) ou Walter Straw (né en 1899) et conservé à la Mr Straw’s House, Worksop, Nottinghamshire, Angleterre (inv. 748608).

© John William Brown / National Trust.

14Ces vêtements historiques quotidiens et usagés sont maintenant plus rares, et plus importants pour les chercheurs, que les « robes de fête » qui remplissent les réserves des musées. Il y a aussi de nombreux journaux, photographies et autres documents, permettant d’étudier comment et où la famille Straw achetait ces vêtements, ainsi que comment et quand ils étaient portés31. À Sudbury Hall, les vêtements d’enfant anciens sont conservés comme une collection fermée, sans nouvelle acquisition, mais ont servi de modèles dans la salle interactive « Une maison de campagne pour les enfants » où les visiteurs peuvent essayer des reproductions de vêtements32.

  • 33 « in sympathy with the spirit of place of a property », NATIONAL TRUST, National Collections Devel (...)

15Le document actuel sur la politique de collecte du National Trust définit quatre critères d’acquisition, les trois premiers étant que les objets soient en relation avec, ou illustrent, un site précis du National Trust ou ses résidents ; à défaut, qu’ils soient « en accord avec l’esprit du lieu33 ». Cela explique la divergence d’approche entre Killerton et la maison de Mr Straw, tout en suggérant également que toute acquisition future se fera selon des critères locaux plutôt que nationaux.

Le Victoria and Albert Museum

  • 34 CANALES Katy, productrice d’expositions en ligne, Young V&A, entretien avec les auteures, 15 octob (...)
  • 35 « The museum’s role in the field of childhood, although now established both historically and by r (...)
  • 36 V&A MUSEUM, Contemporary Collecting – the Now Collection (Draft Policy), 2002.

16Notre entretien avec Katy Canales, conservatrice du Victoria and Albert Museum chargée des vêtements d’enfant, s’est déroulé en visioconférence en septembre 2022, et ses réponses ont été enregistrées par souci d’exactitude34. Il s’est accompagné d’un échange de documents qui expliquent les changements de politiques de collecte du V&A, et leur application au V&A MoC, entre 2001 et 2019. Un document de 2001 expose clairement les tensions entre le musée et son institution-mère : « Le rôle du musée dans le domaine de l’enfance, bien qu’aujourd’hui établi historiquement et par sa réputation, peut résulter en une maladroite, quoique possible, “adéquation” avec les critères de collecte du V&A qui sont d’ordres esthétique, technique, historique et documentaire35 ». Ce document identifie également l’un des attraits des collections sur l’enfance dans la représentation du quotidien plutôt que de l’exceptionnel, et leur étroite connexion avec les histoires d’individus. Cela reflète l’origine de ces collections, des dons offerts par des particuliers qui ont conservé des objets qu’ils considèrent comme importants (comme c’est la norme dans la plupart des musées de Grande-Bretagne). Le plan de collecte de 2002 constitue un pas de côté par rapport à la politique précédente, où les dons de particuliers étaient acceptés, pour se concentrer sur l’acquisition délibérée d’exemples novateurs de création contemporaine pour enfants36 [fig. 2].

Figure 2

Figure 2

Robe de fillette et foulard assorti jetables, crées par Diane Meyersohn à partir de drap de cellulose non tissée et non lavable avec motif sérigraphié, marque « Dispo Kid » (Meyersohn & Silverstein Ltd), Londres, 1967. Quelques enseignes de mode grand marché refusèrent de stocker ces vêtements, car ils étaient dangereusement inflammables. Conservés au Young V&A Museum, Londres (inv. MISC.23&A-1988).

© Photographe inconnu / Victoria & Albert Museum.

  • 37 « Collecting priorities will be focused on social history, visual arts », V&A MUSEUM, V&A Collecti (...)

17La politique de collecte de 2010 a cependant réaffirmé que « les priorités de collecte seront axées sur l’histoire sociale et les arts visuels à côté de la collecte d’objets contemporains37 ». En 2019, le V&A MoC préparait un redéploiement majeur et une nouvelle dénomination, « YV&A », ce que reflète une politique de collecte revue, avec un changement distinct :

  • 38 « We will continue to collect in certain of our traditional areas, prioritising 20th and 21st cent (...)

Nous continuerons à collecter dans certains de nos domaines, en donnant la priorité au design centré sur l’humain des xxe et xxie siècles qui est pertinent localement et mondialement… La collection de vêtements d’enfant continuera à être développée, mais la priorité sera d’améliorer la qualité des exemples de la fin du xxe et du début du xxisiècle qui prendront fortement en compte l’enfant utilisateur, et/ou l’utilisation innovante de matériaux38.

18L’objectif déclaré est également de collecter du matériel qui mette en valeur les pratiques des stylistes pour enfants.

19L’entretien avec le conservateur du YV&A a confirmé que l’accent est maintenant mis sur l’implication des enfants dans les pratiques de conception plutôt que dans la collecte des objets destinés aux enfants, et que tout objet collecté doit refléter cette orientation. Des vêtements anciens sont considérés comme une source d’inspiration pour la création plus que pour leur intérêt intrinsèque.

Le musée de la Mode et du Textile, Cholet (Maine-et-Loire, France) : une tentative unique de création d’une collection de vêtements d’enfant dans les musées français

20L’entretien que nous avons conduit en septembre 2022 auprès de Dominique Zarini, chargée d’études des collections au musée de la Mode et du Textile à Cholet depuis 2010, nous a apporté un éclairage complémentaire sur la constitution et le développement d’une collection relativement récente de vêtements d’enfant datant du début du xixe siècle à nos jours. Ouvert en 1995, ce musée municipal était à l’origine destiné à collecter le passé de cette région d’industrie textile au xixsiècle. Après la crise de l’industrie des années 1980, la région de Cholet s’est spécialisée dans le prêt-à-porter pour enfants et est devenue le berceau de marques internationales. Pour illustrer cette évolution, se rapprocher de l’industrie et de la formation spécialisée dans ce domaine, et redonner un sens au projet communautaire du musée, l’établissement a ouvert sa collection à la mode pour enfants ancienne et actuelle. Le développement des collections, le programme actif d’expositions, d’activités pédagogiques et de publications ont fait de ce musée le seul musée en France spécialisé dans la mode enfantine.

  • 39 ZARINI Dominique (dir.), Le Style Catimini depuis 1972, cat. exp., Cholet, Musées de Cholet, 2012.
  • 40 LE GUENNEC Aude (dir.), Small Couture, 1 : La Révolution Trotinette, cat. exp., Cholet, Musées de (...)

21Pour illustrer l’histoire de la mode enfantine dans la région, le musée a privilégié les acquisitions de l’industrie de mode locale à partir des années 1960. Il s’agit principalement de prototypes créés par des marques choletaises comme Catimini39, représentant la créativité de la mode enfantine contemporaine. L’acquisition de pièces de créateurs de mode bien établis, comme Jean-Pierre Bretaudeau, à l’origine de la marque Trotinette40, complète cette collection.

  • 41 LE GUENNEC Aude (dir.), Small Couture, 2 : Modèle enfant, cat. exp., Cholet, Musées de Cholet, 200 (...)

22Cette approche particulière de la mode, sous l’angle de la vente au détail et des créateurs, est complétée par une collection de plus de deux cents pièces provenant du stock du magasin de nouveautés « Au bon coin » de Saint-Étienne (Loire), restées invendues depuis 190041. Les limites de telles collections, bien qu’elles illustrent magnifiquement l’histoire de la mode enfantine à partir de tenues en excellent état, sont justement qu’elles sont constituées de vêtements non portés : pourquoi n’ont-ils pas été achetés ? Est-ce en raison d’une surproduction de ce type d’articles ? Parce qu’ils n’étaient pas au goût du jour ? Pour les prototypes de l’industrie de la mode, est-ce parce que ce sont des expérimentations qui n’ont pas été mises sur le marché et n’ont donc pas eu l’opportunité d’être achetées ? Le fait qu’ils n’aient pas été portés signifie également qu’ils ne comportent pas les marques habituelles d’usure qui renseignent sur la façon dont les enfants s’approprient, bougent et utilisent ces habits. Cependant, des archives du secteur de la vente au détail, comme des catalogues de vente, peuvent contribuer à contextualiser ces vêtements. Enfin, comme pour les collections de vêtements pour enfants de Grande-Bretagne (celle de la maison de Mr Straw exceptée), ces acquisitions participent à la création d’une histoire de la mode enfantine, mais ne mettent pas suffisamment l’accent sur les vêtements pour enfants de tous les jours [fig. 3].

Figure 3

Figure 3

« La mode enfantine dans les années 1930 », présentation de vêtements issus de la collection acquise auprès de Georges Chomette, propriétaire du magasin Au Bon coin à Saint-Étienne (France), première salle de l’exposition « Small Couture (2) : Modèle enfant », commissaire Aude Le Guennec, musée du Textile et de la Mode de Cholet, 2006.

© Aude Le Guennec (Musée du Textile et de la Mode, Cholet).

23Pour atténuer ces limitations, le musée a complété cette collection inhabituelle par des dons de particuliers, en faisant attention à recueillir leur récit. Les garde-robes complètes d’enfants ou de fratries, qui s’étendent sur plusieurs générations, appuyées par les histoires et les photographies qui les documentent, rendent unique l’aspect de ces collections. Celles-ci proviennent cependant essentiellement de familles aisées qui ont pu se permettre de collectionner et de garder ces pièces dans les greniers de leurs propriétés bourgeoises.

  • 42 PAOLETTI Jo B. & KREGLOH Carol, « The Children’s Department », in KIDWELL Claudia Brush & STEELE V (...)

24De plus, en raison des contraintes des espaces de stockage et d’exposition, le musée a dû faire des choix radicaux dans sa collection d’histoire du vêtement d’enfant. Cela l’a amené à se concentrer sur les codes vestimentaires pour enfants, et à exclure du matériel comparatif, illustrant par exemple la mode pour adultes. Des archives qui représentent à la fois des adultes et des enfants, comme des photos de famille ou des catalogues de vente au détail, ne sont pas vraiment montrés de façon éclairante dans les présentations. Ce manque de contextualisation des tenues d’enfants dans les salles peut être un obstacle pour le visiteur qui aimerait comprendre à la fois le discours et l’histoire de la mode à partir des collections. Cela révèle les problèmes rencontrés par ce type de collections de mode spécialisées, axées sur une catégorie d’utilisateurs, sans qu’elles soient définies en termes de culture, de génération ou de milieu social. Une approche alternative est exposée par Jo Paoletti, dont les recherches ont examiné la façon dont le genre est exprimé dans le vêtement à travers des groupes d’âge à une époque donnée et au fil du temps42.

Vers une histoire de la mode enfantine totale et inclusive : conclusions et perspectives

  • 43 « A representation of the history and culture of childhood », V&A MUSEUM, V&A Collecting Plan Incl (...)

25Les recherches préliminaires à cet article ont mis en lumière quelques divergences surprenantes. La première, en Grande-Bretagne, est que le V&A et le National Trust semblent prendre des directions opposées dans leurs politiques de collecte et d’exposition. Le National Trust a donné la priorité aux considérations locales, et avec la maison de Mr Straw, a pris en charge une propriété qui séduit par son récit de la vie d’une famille de province. Parallèlement, le YV&A s’est éloigné de son précédent cahier des charges, « une représentation de l’histoire et de la culture de l’enfance », pour se recentrer sur la création pour et par l’enfance43.

26En France, des musées de spécialité comme celui de Cholet et des prestigieux musées de mode règlent le problème de la rareté des collections de vêtements pour enfants en se concentrant sur la façon dont la mode enfantine a créé des modèles originaux. C’est pourquoi, malgré les efforts faits pour élargir les collections de mode enfantine et, de la part des financeurs et des autorités locales, pour reconnaître cette orientation dans la stratégie de l’institution en partenariat avec des acteurs clés tels que l’industrie de la mode, les collections spécialisées de ces musées restent liées à une certaine approche du vêtement d’enfant, qui suit les perspectives des adultes et de l’industrie sur les enfants et leur culture. Ainsi, ces musées ignorent les réflexions sur la culture matérielle des enfants et une approche inclusive de l’histoire de la mode enfantine. L’attention portée à la mode pour enfant, à ses créateurs contemporains et à la vente au détail, et non sur les enfants et les vêtements en tant que tels, mène à une histoire et à un discours différents qui perpétuent l’exclusion des enfants de l’élaboration de leur propre histoire.

27Ainsi, même si ces approches sont légitimes, elles laissent hors champ quelques thèmes clés des débats actuels. L’un est la façon dont l’enfance est définie et construite par la société, et comment cela est traité dans ses codes vestimentaires : par exemple, l’âge auquel les jeunes sont jugés capables d’exercer un emploi rémunéré, l’âge de la majorité sexuelle et celui de la responsabilité pénale peuvent varier selon les pays et les cultures ou selon l’époque, soulevant des questions politiques autant que culturelles et morales dans le traitement vestimentaire de ces populations.

  • 44 LIFSHITZ Sébastien, Petite Fille, documentaire, 85 min, France, 2020.

28La relation entre des vêtements portés par les enfants et ceux autorisés aux adultes a également fluctué au fil du temps : les vêtements pour enfants ont parfois servi de laboratoire pour expérimenter de nouveaux styles, comme les pantalons pour garçon dans les années 1780, ou les robes courtes de fille au début des années 1960. Outre ce dialogue entre les styles pour enfants et pour adultes, les codes vestimentaires des enfants peuvent également aider à remettre en question la construction sociale du genre, sujet particulièrement pertinent à une époque où un nombre croissant de personnes s’identifient comme non-binaires ou gender-fluid, et où la dysphorie de genre est considérée avec attention par la pédiatrie et l’enseignement44. Des vêtements d’époques où le genre était exprimé progressivement (les garçons portant des jupes jusqu’à six ou sept ans) peuvent combattre et modifier des idées reçues. Ces thèmes sont incarnés par des vêtements anciens qui figurent déjà dans des collections de musées, et pourraient être mis en valeur par une présentation et une interprétation.

  • 45 CANALES, entretien avec les auteures, 2022.
  • 46 BOSC Alexandra, « Les vêtements, reliques de contact », in SAILLARD Olivier, LÉCALLIER Sylvie, BOS (...)
  • 47 Comme un ensemble d’objets en lien avec un enfant mort prématurément, exposé par les musées de Gla (...)

29Le National Trust et le V&A ont tous deux déclaré qu’ils voulaient refléter la diversité de la vie contemporaine en Grande-Bretagne dans leurs collections et leurs expositions, et accueillir un large échantillon de publics45. Leur célébration de l’inventivité créative, tournée vers l’avenir, risque toutefois de dissimuler la capacité des objets à créer des ponts avec le passé, et à procurer une continuité émotionnelle46. La présentation d’objets faisant référence à la perte ou au manque pourrait être un point de repère bienvenu pour des visiteurs qui vivent une enfance loin d’être idéale47.

30De plus, les présentations créent chez les visiteurs une attente de ce que les musées vont trouver intéressant et établissent les normes de dons « appropriés ». Les politiques de collecte n’ont aucun sens si elles ne sont pas apparentes dans la face publique de l’institution, et changer la compréhension du public demande souvent un effort particulier.

  • 48 COUTANT Nicolas & LE GUENNEC Aude, « Le vêtement à l’école », Apparence(s), no 9, 2019, [en ligne] (...)

31Dans ce contexte muséologique, des projets de recherche tels que « S’habiller pour l’école » (juin 2023-mars 2024), conduit en France par le musée national de l’Éducation (MUNAÉ, Rouen48) [fig. 4 à 7], mettent en lumière la nécessité d’explorer le rôle du vêtement comme outil de socialisation pour les enfants. Promouvant des domaines d’expansion pour des musées spécialisés et démontrant la légitimité des vêtements dans la culture matérielle enfantine, ce projet s’intéresse au pouvoir créatif du vêtement pour enfant, comment il inspire son imagination tout en développant sa compréhension du monde et de la société. Le vêtement n’est pas juste anecdotique, c’est un élément quotidien de la vie de son utilisateur et de sa culture matérielle. Permettre l’étude du vêtement en tant que médium social est donc essentiel pour construire un dialogue inclusif dans les musées.

Figure 4

Figure 4

Première salle de l’exposition « S’habiller pour l’école », consacrée au rôle de l’industrie de la mode dans le quotidien scolaire de l’enfance dans les années 1930-1960, musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars 2024, consultable en ligne : https://my.octopus3d.com/​tour/​shabiller-pour-lecole [lien valide en mars 2024].

© Aude Le Guennec / Musée national de l’Éducation, Rouen.

Figure 5

Figure 5

Combinaison d’extérieur portée par un enfant de quatre ans lors des sessions d’école dehors de l’école primaire St Peter’s, Galashiels, Écosse, durant l’automne 2022. Présentée dans l’exposition « S’habiller pour l’école » au musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars 2024, consultable en ligne : https://my.octopus3d.com/​tour/​shabiller-pour-lecole [lien valide en mars 2024].

© Aude Le Guennec / Musée national de l’Éducation, Rouen.

Figure 6

Figure 6

Blouses et tabliers d’écolier des collections du musée national de l’Éducation, datés du début du xxe siècle (France). Présentés dans l’exposition « S’habiller pour l’école » au musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars 2024, consultable en ligne : https://my.octopus3d.com/​tour/​shabiller-pour-lecole [lien valide en mars 2024].

© Aude Le Guennec / Musée national de l’Éducation, Rouen.

Figure 7

Figure 7

Vêtements pour écoliers réalisés par des étudiants de l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art (ENSAAMA) Olivier-de-Serres, Paris, 2020. Présentés dans l’exposition « S’habiller pour l’école » au musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars-2024, consultable en ligne : https://my.octopus3d.com/​tour/​shabiller-pour-lecole [lien valide en mars 2024].

© Aude Le Guennec / Musée national de l’Éducation, Rouen.

32Telle qu’elle est présentée à Cholet, la création de mode pour enfant est isolée, avec ses propres circuits, ses créateurs et ses règles commerciales. Cela met en évidence la distinction entre le stylisme pour enfants et celui pour adultes, la voix des enfants utilisateurs étant absente de l’industrie de la mode enfantine. Remédier à l’exclusion des enfants est la mission du réseau international Designing for Children’s rights (D4CR)49 qui veille à la mise en œuvre d’un design éthique pour et avec les enfants. Depuis 2020, cette réflexion a aussi abouti à la création du Réseau international et interdisciplinaire de recherche sur l’enfant et le vêtement50 (IN2FROCC-ACORSO). Ce groupe rassemble des historiens, des anthropologues, des sociologues, des ethnologues, des conservateurs de musée, des professionnels de l’enfance, des designers et des industriels dans le cadre d’une étude sur les vêtements d’enfant à travers le monde, les époques et les écosystèmes sociaux. Intégrées à leur programme, les recherches sur les collections de vêtements d’enfant ainsi que les interactions des enfants avec l’histoire ont été une de ses priorités, ce qui a amené des perspectives nouvelles sur le concept d’un patrimoine co-créé avec les enfants.

  • 51 « understanding [of the way] early-years childhood development [can] intersect with museum learnin (...)
  • 52 CHARMAN Helen, « How might we … mix child-development theory with design thinking? », 4 décembre 2 (...)
  • 53 RITMAN-SMITH Catherine, « Young V&A Reinvent Festival/reinventing a museum for the young », 15 jui (...)
  • 54 NORMAN Don, Emotional Design: why we love (or hate) everyday things, New York, Basic Books, 2004.

33Cela fait écho à des initiatives dans lesquelles les musées essaient d’impliquer directement les plus jeunes [fig. 8]. Helen Charman, directrice du Learning Programme au V&A, a mis l’accent sur le fait de « comprendre [comment] le développement de la petite enfance [peut] être soutenu par une approche pédagogique du musée51 ». Cette volonté se traduit par des programmes éducatifs centrés sur l’inspiration créative que les objets peuvent susciter chez les plus jeunes52. Cela comprend des ateliers avec des groupes d’écoliers de quartiers de Londres ethniquement et socialement diversifiés53. L’observation approfondie des caractères esthétiques du stylisme contemporain peut renforcer le lien émotionnel avec leur patrimoine et les objets qui les entourent54. Cette approche fait cependant des collections patrimoniales vestimentaires un vecteur d’initiation à la création plus qu’un moyen de développer le sens de l’identité, de l’appartenance et de l’histoire chez l’enfant [fig. 8 et 9].

Figure 8

Figure 8

Galeries de mode du musée du Textile et de la Mode, Cholet, novembre 2022.

© Bérengère Fall / Association des Amis du musée du Textile et de la Mode, Cholet.

Figure 9

Figure 9

Vitrine du projet « Tell me », présentant les réalisations d’enfants de 6 à 8 ans de Chine, de France et du Royaume-Uni lors d’une série d’ateliers autour du vêtement dirigés par les enfants. Présenté dans le cadre de l’exposition « S’habiller pour l’école », musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars 2024, et en ligne : https://d4crscottishchapter.wordpress.com/​gallery/​ [lien valide en mars 2024].

© Aude Le Guennec / Musée national de l’Éducation, Rouen.

34Cet aperçu des collections muséales de vêtements d’enfant des deux côtés de la Manche montre la complexité de la culture matérielle de l’enfance, et en particulier du vêtement, qui reflète et façonne la société. Dans un monde où les cultures sont mondialisées, où il devient difficile de maintenir un sentiment d’appartenance et d’histoire, la position de l’enfant doit être prise en compte. Cette analyse du patrimoine de la mode enfantine montre que l’appropriation d’une culture matérielle tridimensionnelle et inclusive nécessite à la fois de développer de façon exhaustive les collections de musée et d’intégrer le point de vue des enfants sur la fabrication et l’interprétation de leur patrimoine.

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Notes

1  Museums Association Conference, 3-5 novembre 2022, Édimbourg, [en ligne], https://www.museumsassociation.org/conference-2022-content/# [lien valide en mars 2024].

2 SINGLY François de, « L’enfant n’est pas qu’un enfant… », Les Grands Dossiers des Sciences humaines, vol. 8, no 9, 2007, p. 3.

3 EINARSDOTTIR Johanna, « Children’s perspectives on play », in BROOKER Liz, MINDY Blaise & EDWARDS Susan (dir.), Play and Learning in Early Childhood, Londres, Sage, 2014, p. 319-330.

4 Par le mot « patrimonialisation », nous nous référons à la fabrication du patrimoine en tant que processus.

5 ROSE Clare, Children’s Clothes Since 1750, Londres, BT Batsford, 1989 ; Ead., Making, Selling and Wearing Boys’ Clothes in late Victorian England, Farnham, Ashgate, 2010 ; Ead., « Continuity and Change in Children’s Clothing, 1885-1920 », Textile History, vol. 42, no 2, 2011, p. 145-161 ; LE GUENNEC Aude, Le Vêtement d’enfant ou l’entrée dans l’histoire, thèse d’histoire de l’art sous la direction de Pierre-Yves BALUT, Paris, université Paris-Sorbonne, 2016 ; Ead., « Du musée à la thèse : vers un modèle d’étude du vêtement de l’enfant », Tétralogiques, no 23, 2018, [en ligne], http://www.tetralogiques.fr/spip.php?article90 [lien valide en mars 2024].

6 En France, le palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris possède une collection importante de vêtements d’enfant remontant au xviiisiècle qui a fait l’objet de quelques expositions, mais pas de recherches approfondies ; le musée des Arts décoratifs conserve la collection de l’Union française des Arts du costume (UFAC), créée en 1948, mais n’a reçu que quelques rares donations de vêtements d’enfant. Pour cette raison, ces institutions ainsi que d’autres où les vêtements d’enfant ne sont collectés que de façon aléatoire ne sont pas étudiées dans cet article qui se concentre sur les stratégies de musées bien identifiées pour la collecte de vêtements d’enfant. Sur les collections de mode enfantine en France, voir LE GUENNEC Aude, « Du musée à la thèse », art. cit.

7 MOORE Doris Langley, The Child in Fashion, Londres, BT Batsford, 1953.

8 CUNNINGTON Phillis & BUCK Anne, Children’s Costume in England 1300-1900, Londres, A & C Black, 1965 ; ROSE Clare, Children’s Clothes Since 1750, op. cit. ; BUCK Anne, Clothes and the Child, A Handbook of Children’s Dress in England 1500-1900, Bedford, Ruth Bean Books, 1996 ; MARSHALL Noreen, Dictionary of Children’s Clothes, Londres, V&A Publications, 2008.

9 BURNETT John Harrison (dir.), Destiny Obscure: Autobiographies of Childhood, Education and Family from the 1820s to the 1920s, Londres, Routledge, 1982. Des microfilms des archives du British Census sont en libre accès à Londres, au Family Records Centre, depuis 1997, et aux National Archives, Kew, depuis 2008 ; depuis 2002, les documents de recensement ont été peu à peu numérisés et rendus disponibles en ligne sur abonnement sur des sites internet comme https://www.ancestry.co.uk/ [lien valide en mars 2024].

10 CUNNINGHAM Hugh, The Children of the Poor: Representations of Childhood since the Seventeenth Century, Oxford, Oxford University Press, 1991; CUNNINGHAM Hugh & MORPURGO Michael, The Invention of Childhood, Londres, BBC Books, 2006. Une série télévisée de la BBC dans laquelle des personnalités ont retrouvé leurs ancêtres, « Who Do You Think You Are », a commencé en 2004 ; en 2022, elle en est à sa 20e édition.

11 National Trust, « The Children’s Country House at Sudbury », [en ligne], https://www.nationaltrust.org.uk/the-childrens-country-house-at-sudbury [lien valide en mars 2024] ; Victoria and Albert Museum, « About the Young V&A », [en ligne], https://www.vam.ac.uk/young [lien valide en mars 2024] ; Museum and Galleries Edinburgh, « Museum of Chilhood », [en ligne], https://www.edinburghmuseums.org.uk/venue/museum-childhood [lien valide en mars 2024] ; Highland Museum of Childhood, [en ligne], www.highlandmuseumofchildhood.org.uk [lien valide en mars 2024].

12 LE GUENNEC Aude, « Du musée à la thèse… », art. cit.

13 Ibid.

14 Ibid.

15 ARIÈS Philippe, L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, Paris, Plon, coll. « Civilisations d’hier et d’aujourd’hui », 1960.

16 Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris.

17 DELPIERRE Madeleine (dir.), Modes enfantines, 1750-1950, cat. exp., Paris, Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris, juin-novembre 1979, Paris, musée de la Mode et du Costume, 1979 ; DELPIERRE Madeleine & WILHEM Jacques (dir.), Au temps des petites filles modèles, cat. exp., Paris, musée du Costume de la Ville de Paris, novembre 1958-février 1959, Paris, musée Galliera, 1958.

18 Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris ; musée de la Mode et du Textile (Union française des Arts du costume), Union centrale des Arts décoratifs.

19 Voir ci-dessus note 6.

20 JOIN-DIÉTERLE Catherine & TÉTART-VITTU Françoise (dir.), La Mode et l’enfant, 1780-2000, cat. exp., Paris, Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris, Paris, 16 mai-18 novembre 2001, Paris, Paris-Musées, 2001.

21 JANT A. Erin, HADEN Catherine A., UTTAL David H. & BABCOCK Elizabeth, « Conversation and Object Manipulation Influence Children’s Learning in a Museum », Child Development, vol. 85, no 10, 2014, p. 2029-2045 ; voir aussi la théorie d’apprentissage développée par MONTESSORI Maria, L’Enfant, Paris, Desclée de Brouwer, 1936.

22 VICTORIA AND ALBERT MUSEUM, Bethnal Green Museum of Childhood, Londres, Trustees of the Victoria and Albert Museum, 1987, p. 44-45.

23 MARSHALL Noreen, Dictionary of Children’s Clothes, op. cit.; V&A, « From the Collections », [en ligne], https://www.vam.ac.uk/collections [lien valide en mars 2024].

24 Voir « Our cause », [en ligne], https://www.nationaltrust.org.uk/our-cause [lien valide en mars 2024].

25 Interim Report on the Connections between Colonialism and Properties now in the Care of the National Trust, Including Links with Historic Slavery, 2020, [en ligne], https://www.nationaltrust.org.uk/news/weve-published-our-report-into-colonialism-and-historic-slavery [lien valide en mars 2024].

26 Courriel de Shelley Tobin, National Trust Curator of Costume, aux auteures, 4 juillet 2022.

27  « Celebrate the escapades and challenges of childhood across the centuries », voir en ligne : https://www.nationaltrust.org.uk/sudbury-hall-and-the-national-trust-museum-of-childhood/features/creating-the-first-childrens-country-house [lien valide en mars 2024].

28  Voir en ligne « Mr Straw’s House » : https://www.nationaltrust.org.uk/mr-straws-house [lien valide en mars 2024].

29 ASHELFORD Jane, The Art of Dress: Clothes and Society 1500-1914, Londres, The National Trust, 1996 ; voir « National Trust Collections », en ligne : https://www.nationaltrustcollections.org.uk/ [lien valide en mars 2024].

30 « “Best” and party dresses, fancy dress, page-boy, bridesmaid and confirmation dress. It’s mainly middle to upper-class clothing, but we do also have some Quaker dress and the dress of children of workers », courriel de Shelley Tobin aux auteures, 4 juillet 2022.

31 Voir « The History of Mr Straw’s House », [en ligne], https://www.nationaltrust.org.uk/visit/nottinghamshire-lincolnshire/mr-straws-house/the-history-of-mr-straws-house [lien valide en mars 2024].

32 Courriel de Lucy Armstrong-Blair, conservateur du National Trust Curator responsable de la Children’s Country House, aux auteures, 20 octobre 2022.

33 « in sympathy with the spirit of place of a property », NATIONAL TRUST, National Collections Development Policy 2019-2024, Londres, The National Trust, 2019, p. 6-7.

34 CANALES Katy, productrice d’expositions en ligne, Young V&A, entretien avec les auteures, 15 octobre 2022.

35 « The museum’s role in the field of childhood, although now established both historically and by reputation, can cause an awkward, although not impossible, “fit” within the V&A’s collecting criteria of Aesthetic, Technical, Historical and Documentary. », V&A MUSEUM, Museum of Childhood at Bethnal Green Collecting Review, 2001, p. 3.

36 V&A MUSEUM, Contemporary Collecting – the Now Collection (Draft Policy), 2002.

37 « Collecting priorities will be focused on social history, visual arts », V&A MUSEUM, V&A Collecting Plan Including Acquisition & Disposal Policy, 2010, p. 43.

38 « We will continue to collect in certain of our traditional areas, prioritising 20th and 21st century human-centered design which is locally and globally relevant… The children’s clothing collection will continue to be developed, but the priority for it will be to improve its quality in late-20th century and early-21st century examples which strongly demonstrate considerations to the child-user, and/or through innovative use of materials », V&A MUSEUM, V&A Museum, Collections Development Policy, 2019, p. 24.

39 ZARINI Dominique (dir.), Le Style Catimini depuis 1972, cat. exp., Cholet, Musées de Cholet, 2012.

40 LE GUENNEC Aude (dir.), Small Couture, 1 : La Révolution Trotinette, cat. exp., Cholet, Musées de Cholet, 2005.

41 LE GUENNEC Aude (dir.), Small Couture, 2 : Modèle enfant, cat. exp., Cholet, Musées de Cholet, 2006.

42 PAOLETTI Jo B. & KREGLOH Carol, « The Children’s Department », in KIDWELL Claudia Brush & STEELE Valerie (dir.), Men and Women: Dressing the Part, Washington, DC, Smithsonian Institution Press, 1989, p. 22-41; PAOLETTI Jo B., Sex and Unisex. Fashion, Feminism and the Sexual Revolution, Bloomington, Indiana University Press, 2015.

43 « A representation of the history and culture of childhood », V&A MUSEUM, V&A Collecting Plan Including Acquisition & Disposal Policy, 2010, p. 39.

44 LIFSHITZ Sébastien, Petite Fille, documentaire, 85 min, France, 2020.

45 CANALES, entretien avec les auteures, 2022.

46 BOSC Alexandra, « Les vêtements, reliques de contact », in SAILLARD Olivier, LÉCALLIER Sylvie, BOSC Alexandra et al., Anatomie d’une collection, cat. exp., Paris, Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris, 14 mai-23 octobre 2016, Paris, Paris-Musées, 2016, p. 40-42.

47 Comme un ensemble d’objets en lien avec un enfant mort prématurément, exposé par les musées de Glasgow. Voir en ligne : http://collections.glasgowmuseums.com/mwebcgi/mweb?request=record;id=534123;type=801 [lien valide en mars 2024].

48 COUTANT Nicolas & LE GUENNEC Aude, « Le vêtement à l’école », Apparence(s), no 9, 2019, [en ligne], http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/apparences/2401 [lien valide en mars 2024]. S’habiller pour l’école, projet de recherche qui a abouti, entre autres, à un livre et à une exposition présentée du 10 juin 2023 au 31 mars 2024 au musée national de l’Éducation (MUNAÉ), à Rouen.

49 Voir en ligne http://designingforchildrensrights.org/ [lien valide en mars 2024].

50 International and interdisciplinary network for the research on children and clothing (IN2FROCC). IN2FROCC est un projet de recherche financé et hébergé depuis 2020 par le RIG ACORSO (université de Lille 2). Voir en ligne https://acorso.org/en/childhood-and-clothing/ [lien valide en mars 2024].

51 « understanding [of the way] early-years childhood development [can] intersect with museum learning ».

52 CHARMAN Helen, « How might we … mix child-development theory with design thinking? », 4 décembre 2018, [en ligne], https://www.vam.ac.uk/blog/museum-life/how-might-we-mix-child-development-theory-with-design-thinking [lien valide en mars 2024].

53 RITMAN-SMITH Catherine, « Young V&A Reinvent Festival/reinventing a museum for the young », 15 juin 2022, [en ligne], https://www.vam.ac.uk/blog/museum-life/young-va-reinvent-festival-reinventing-a-museum-for-the-young [lien valide en mars 2024].

54 NORMAN Don, Emotional Design: why we love (or hate) everyday things, New York, Basic Books, 2004.

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Table des illustrations

Titre Figure 1
Légende Pull de garçon tricoté à la machine, Grande-Bretagne, vers 1910, probablement porté par William Straw (né en 1898) ou Walter Straw (né en 1899) et conservé à la Mr Straw’s House, Worksop, Nottinghamshire, Angleterre (inv. 748608).
Crédits © John William Brown / National Trust.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40164/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 265k
Titre Figure 2
Légende Robe de fillette et foulard assorti jetables, crées par Diane Meyersohn à partir de drap de cellulose non tissée et non lavable avec motif sérigraphié, marque « Dispo Kid » (Meyersohn & Silverstein Ltd), Londres, 1967. Quelques enseignes de mode grand marché refusèrent de stocker ces vêtements, car ils étaient dangereusement inflammables. Conservés au Young V&A Museum, Londres (inv. MISC.23&A-1988).
Crédits © Photographe inconnu / Victoria & Albert Museum.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40164/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 242k
Titre Figure 3
Légende « La mode enfantine dans les années 1930 », présentation de vêtements issus de la collection acquise auprès de Georges Chomette, propriétaire du magasin Au Bon coin à Saint-Étienne (France), première salle de l’exposition « Small Couture (2) : Modèle enfant », commissaire Aude Le Guennec, musée du Textile et de la Mode de Cholet, 2006.
Crédits © Aude Le Guennec (Musée du Textile et de la Mode, Cholet).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40164/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 209k
Titre Figure 4
Légende Première salle de l’exposition « S’habiller pour l’école », consacrée au rôle de l’industrie de la mode dans le quotidien scolaire de l’enfance dans les années 1930-1960, musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars 2024, consultable en ligne : https://my.octopus3d.com/​tour/​shabiller-pour-lecole [lien valide en mars 2024].
Crédits © Aude Le Guennec / Musée national de l’Éducation, Rouen.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40164/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 289k
Titre Figure 5
Légende Combinaison d’extérieur portée par un enfant de quatre ans lors des sessions d’école dehors de l’école primaire St Peter’s, Galashiels, Écosse, durant l’automne 2022. Présentée dans l’exposition « S’habiller pour l’école » au musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars 2024, consultable en ligne : https://my.octopus3d.com/​tour/​shabiller-pour-lecole [lien valide en mars 2024].
Crédits © Aude Le Guennec / Musée national de l’Éducation, Rouen.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40164/img-5.jpg
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Titre Figure 6
Légende Blouses et tabliers d’écolier des collections du musée national de l’Éducation, datés du début du xxe siècle (France). Présentés dans l’exposition « S’habiller pour l’école » au musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars 2024, consultable en ligne : https://my.octopus3d.com/​tour/​shabiller-pour-lecole [lien valide en mars 2024].
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40164/img-6.jpg
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Titre Figure 7
Légende Vêtements pour écoliers réalisés par des étudiants de l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art (ENSAAMA) Olivier-de-Serres, Paris, 2020. Présentés dans l’exposition « S’habiller pour l’école » au musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars-2024, consultable en ligne : https://my.octopus3d.com/​tour/​shabiller-pour-lecole [lien valide en mars 2024].
Crédits © Aude Le Guennec / Musée national de l’Éducation, Rouen.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40164/img-7.jpg
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Titre Figure 8
Légende Galeries de mode du musée du Textile et de la Mode, Cholet, novembre 2022.
Crédits © Bérengère Fall / Association des Amis du musée du Textile et de la Mode, Cholet.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40164/img-8.jpg
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Titre Figure 9
Légende Vitrine du projet « Tell me », présentant les réalisations d’enfants de 6 à 8 ans de Chine, de France et du Royaume-Uni lors d’une série d’ateliers autour du vêtement dirigés par les enfants. Présenté dans le cadre de l’exposition « S’habiller pour l’école », musée national de l’Éducation (MUNAÉ), Rouen, juin 2023-mars 2024, et en ligne : https://d4crscottishchapter.wordpress.com/​gallery/​ [lien valide en mars 2024].
Crédits © Aude Le Guennec / Musée national de l’Éducation, Rouen.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/docannexe/image/40164/img-9.jpg
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Pour citer cet article

Référence électronique

Aude Le Guennec et Clare Rose, « Les collections de vêtements d’enfant, problèmes et perspectives »In Situ [En ligne], 52 | 2024, mis en ligne le 22 mars 2024, consulté le 22 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/insitu/40164 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/insitu.40164

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Auteurs

Aude Le Guennec

Docteure en anthropologie du design, The Glasgow School of Art (Royaume-Uni)
a.leguennec@gsa.ac.uk

Clare Rose

Docteure et chercheuse indépendante
clare@clarerosehistory.com

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Droits d’auteur

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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