Navigation – Plan du site

AccueilNuméros64Un habitat structuré du Néolithiq...

Un habitat structuré du Néolithique final : le Village Automobile de Lachaup, Gap (Hautes-Alpes)

Denis Dubesset, Marie Bouchet, Nicolas Garnier, Isabelle Rodet-Belarbi, Jean-Philippe Sargiano, Olivier Sivan, Julia Wattez, Nicolas Bourgarel, Frédéric Guériel et Marie Millet

Résumés

Le site du Village Automobile de Lachaup, localisé à environ 5 km au sud de l’agglomération de Gap, a fait l’objet en 2015 d’une fouille préventive réalisée par l’Inrap sous la direction de D. Dubesset. Il se développe sur la pente occidentale d’un petit relief culminant à environ 720 m d’altitude. L’étude a permis la mise au jour d’un habitat structuré s’articulant à partir d’un fossé. À l’est, il délimite une zone consacrée à l’implantation et au fonctionnement de vingt foyers à pierres chauffantes circulaires. Des analyses organiques effectuées sur les blocs de quatre foyers montrent un contact avec de la matière grasse animale, confirmant ainsi leur utilisation dans un cadre culinaire. L’espace domestique est situé à l’ouest, en contrebas du fossé, plus précisément dans la partie nord-occidentale de l’emprise fouillée. Dans ce secteur, un plan d’habitation d’environ 104 m2 a pu être mis en évidence. Dix-huit trous de poteau dessinent un plan rectangulaire divisé dans sa longueur par une rangée de poteaux centrale. L’espace domestique associé y est constitué de niveaux de sols mis en évidence grâce à une étude micromorphologique d’un petit foyer à pierres chauffantes et d’autres trous de poteaux. La faible quantité de mobilier récoltée fournit peu d’informations. Ainsi, la chronologie a été appréhendée par le biais de neuf analyses radiocarbone. Après calibration, ces dernières donnent une fourchette chronologique globale comprise entre 2886 et 2468 cal. BCE à 95,40 % de probabilité. L’imprécision des dates s’explique par un phénomène de plateau. Le site du Village Automobile de Lachaup est singulier en raison de l’organisation de son espace. Il renouvelle nos connaissances concernant l’habitat dans le sud-est de la France et permet d’appréhender les modes de vie des sociétés du Néolithique final dans les Hautes-Alpes.

Haut de page

Texte intégral

1Les occupations attribuées à la fin du Néolithique sont peu fréquentes dans les Hautes-Alpes. La découverte de plusieurs foyers à pierres chauffantes au cours d’un diagnostic mené par l’Inrap en 2009 (Voyez et Dubesset 2009), préalablement à l’aménagement d’une zone commerciale, fut donc une opportunité rare d’étudier un habitat se rapportant au Néolithique final. Le gisement, mis au jour sur une fenêtre d’environ 3200 m2, a fait l’objet d’une fouille archéologique préventive menée par l’Inrap en 2015 (Dubesset et al. 2018).

Le cadre géographique et géomorphologique

2Localisé au lieu-dit « la Plaine de Lachaup » en situation géographique dominante, le site se développe sur la pente occidentale d’un petit relief culminant à 720 m d’altitude, à environ 5 km au sud de l’agglomération de Gap et à 250 m à l’ouest de l’actuelle route nationale 85 (fig. 1-2). Le Rousine, cours d’eau au régime hydrologique intermittent, est encaissé de plus de 20 m en contrebas de la bordure ouest de la zone d’étude.

Fig. 1 – Situation géographique du site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 1 – Situation géographique du site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Carte D. Dubesset

Fig. 2 – Vue panoramique de la fouille en cours du site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 2 – Vue panoramique de la fouille en cours du site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Photo D. Dubesset

3La morphologie du site et les dépôts superficiels observés retranscrivent une évolution commandée par les dynamiques glaciaires et postglaciaires. La colline sur laquelle est implantée l’emprise de la fouille résulte de l’érosion de marnes noires jurassiques par l’appareil glaciaire lui-même, mais aussi par les eaux de fonte et les écoulements postglaciaires. Cette roche se caractérise par sa grande vulnérabilité aux processus érosifs. Les études expérimentales dédiées à l’estimation des taux d’érosion sur terrain marneux dénudé évoquent des valeurs comprises entre 5 et 10 mm/an (Corona et al. 2011). Sur l’emprise de la fouille, les marnes noires sont masquées par une couverture morainique würmienne pouvant localement dépasser plusieurs mètres d’épaisseur.

4C’est au sud-ouest de l’emprise (fig. 3) que la séquence stratigraphique est la plus développée. Le log relevé dans le sondage 1 nous permet donc d’illustrer notre propos (fig. 4). La stratigraphie se développe à partir du socle rocheux en trois séquences distinctes. La première est caractérisée par des limons brun-jaune (US1020), familièrement dénommés « farine glaciaire », dans lesquels s’insère une fraction grossière (> 2 mm) hétérométrique. Les différentes observations effectuées en plan ou en sondages montrent que le toit de cette couche est affecté d’une pente relativement prononcée (710 m NGF au nord-est de l’emprise, 701,90 m NGF au sud-ouest). Cette irrégularité topographique sera comblée progressivement durant les séquences suivantes. Les aménagements sont, par conséquent, creusés dans des niveaux sédimentaires différents selon les zones. La seconde séquence tranche avec la précédente par sa dynamique sédimentaire. Au sud, il s’agit d’une épaisse couche observée sur une puissance de 1,30 m environ et caractérisée par des limons argileux bruns à brun rouge plutôt massifs. Ils contiennent des inclusions de cailloutis hétérométriques dont la provenance morainique ne fait aucun doute. Au nord, les niveaux sont moins épais, de matrice limono-argileuse comportant des inclusions de tailles variables. Cette phase marque l’apparition d’une phase de colluvionnement remobilisant les matériaux localisés en amont (US1019). La troisième séquence est définie par des limons argileux bruns comportant de nombreuses inclusions (cailloux, gravillons, cailloutis), dont des charbons millimétriques et des fragments de céramique infracentimétriques. Pour la première fois, un signal anthropique apparaît dans les archives sédimentaires. À ce stade, les Néolithiques n’ont pas encore investi formellement le site (pas de structure identifiée sur l’emprise), mais ils semblent occuper le secteur et marquer le territoire de leur empreinte. Dans un second temps, on observe des aménagements se rapportant au Néolithique final (au toit de l’US1018).

Fig. 3 – Plan général des vestiges au 1/400e, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 3 – Plan général des vestiges au 1/400e, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

Fig. 4 – Séquence sédimentaire observée dans le sondage 1, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 4 – Séquence sédimentaire observée dans le sondage 1, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO D. Dubesset

Les analyses radiocarbone

  • 1 Auxquels s’ajoutent 100 fragments inférieurs à 1 cm2.

5Outre les données issues des études du mobilier archéologique (cf. « Étude de mobilier »), le cadre chronologique est appréhendé par un corpus de neuf dates 14C (tabl. 1, fig. 5). Les datations par AMS ont été réalisées par le laboratoire de Poznan (Pologne). Les débris végétaux ont été systématiquement identifiés avant datation afin de tenter de sélectionner les espèces à durée de vie courte et ainsi s’affranchir de l’effet « vieux bois ». Si cet écueil a pu être évité dans plusieurs cas (graine de gesse, saule, jeune rameau de chêne), nous n’avons pas pu l’éviter pour le reste du corpus par manque de matériel pertinent disponible (tabl. 1). Pour les échantillons de chêne, nous avons opté pour de jeunes rameaux ainsi que des brandons de faible diamètre. Les dates ont été calibrées à l’aide du logiciel OxCal v4.4.4 -2021 (Bronk Ramsey 2017). La courbe de calibration atmosphérique utilisée est celle de Reimer et al. (Reimer et al. 2020). Les résultats sont présentés en années calibrées cal. BCE/AD. La probabilité retenue est de 95,40 %. Pour huit échantillons, les résultats donnent, après calibration, une fourchette chronologique globale comprise entre 2886 et 2476 cal. BCE. Ces datations, bien que permettant d’affiner considérablement la chronologie de l’ensemble de nos vestiges, sont particulièrement imprécises. Cela s’explique par le fait que cette période a connu de fortes oscillations de la teneur de l’atmosphère en 14C. Sa très nette variation entre 2900 et 2600 cal. BCE environ explique l’observation de plusieurs pics de probabilité qu’il n’est pas possible de discriminer statistiquement. Ce phénomène de dilatation du temps radiocarbone est communément appelé « plateau ». On notera néanmoins une exception : L’échantillon PP20 a fourni un résultat qui, après calibration, donne une chronologie comprise entre 2625 et 2465 cal. BCE (95,40 %) permettant de caler ST1042 plus finement. Ces données placent l’ensemble des vestiges du site au milieu du Néolithique final. Les données issues du mobilier sont très indigentes. Pour toute la fouille, seuls 288 tessons1 et 91 objets lithiques ont été récoltés. Si l’étude de ces séries permet de dégager des tendances (Bouchet 2018, p. 133-140, Sargiano 2018b, p. 140-158), elles manquent de précisions.

Tabl. 1 – Datations radiocarbone du site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Tabl. 1 – Datations radiocarbone du site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 5 – Datations radiocarbone calibrées sur le site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 5 – Datations radiocarbone calibrées sur le site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Oxcalv4.4.4-2021, Bronk Ramsey 2021, atmospheric data Reimer et al. 2020.

6La datation issue de l’analyse de l’échantillon PP05 contraste avec l’apparente homogénéité des autres analyses. Le résultat fournit en effet une chronologie plus récente comprise entre 2403 et 2062 cal. BCE (95,40 %). Cette datation est, à notre sens, particulièrement incohérente. Elle a été réalisée sur un charbon de chêne (Quercus sp.) prélevé dans l’US1071 (fig. 6). Or, cette unité stratigraphique sédimentaire précède formellement PO1086, PO1081, FY1044 et ST1042, tous été datés entre 2886 et 2468 cal. BCE. L’excavation de ces aménagements ayant été effectuée dans l’US1071, son attribution récente est illogique. Dans cette zone de fouille, les niveaux archéologiques se rencontrent à seulement 0,35 m en moyenne sous la surface actuelle. Les labours ont donc pu perturber les niveaux sous-jacents et le charbon prélevé a probablement été retrouvé en position secondaire.

Fig. 6 – Coupe localisée au nord-ouest du chantier, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 6 – Coupe localisée au nord-ouest du chantier, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Les vestiges archéologiques

7L’occupation se développe dans une pente et les aménagements n’impactent pas tous les mêmes unités stratigraphiques. La paléotopographie reconnue grâce à un décapage mécanisé méticuleux est en effet marquée par une déclivité vers le sud-ouest d’environ 7,70 % à une altitude comprise entre 704,20 et 710,20 m NGF (fig. 3). Au total, 64 faits archéologiques ont été recensés et fouillés. Cinq types de vestiges archéologiques sont répertoriés : des foyers à pierres chauffantes, des fossés, des fosses, des trous de poteaux, des empierrements et des niveaux de sols. La répartition de ces éléments montre une structuration de l’espace bien marquée. D’est en ouest, on rencontre d’abord une aire dans laquelle se répartissent 19 foyers à pierres chauffantes. Dans cette zone, on observe également deux fosses et deux empierrements. Elle est limitée à l’ouest par un fossé au tracé légèrement courbe. Enfin, au nord-ouest de l’emprise, un ensemble de faits archéologiques marquent très clairement un lieu de vie. Le secteur couvre environ 550 m². C’est le seul espace qui a fourni des trous de poteaux. Ces derniers sont associés à des niveaux de sols, un petit foyer, une fosse ainsi qu’un vaste empierrement.

Les fossés

8Deux tronçons de fossé ont été étudiés. Ils se développent dans une pente estimée à 5,40 %. L’un, FO1187, est localisé au centre de l’emprise tandis que l’autre, FO1041, est beaucoup plus long et se situe plus au nord (voir fig. 3).

9Le tracé de FO1041 a été observé sur 29,30 m pour une largeur moyenne d’environ 2 m. Il est orienté sensiblement nord-sud (fig. 7). En surface, on rencontre beaucoup de cailloux et quelques blocs associés à de la terre rubéfiée (US1041) dont l’origine pourrait être les foyers à pierres chauffantes situés en contre-haut à l’est. Des fragments de céramique, d’objets lithiques et de faune ont également été découverts dans cette unité stratigraphique.

Fig. 7 – Relevé en plan de ST1037 et FO1041, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 7 – Relevé en plan de ST1037 et FO1041, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

10Le remplissage du fossé a été étudié par l’intermédiaire de quatre sondages réalisés à la pelle mécanique. L’observation des coupes (fig. 8-11) montre une conservation différente selon les secteurs. Ainsi, pour les deux sondages les plus au nord (sondages 3 et 4), la profondeur est moindre par rapport aux sondages les plus au sud (sondages 5 et 6) où elle atteint 0,70 m à son maximum.

Fig. 8 – Coupe de FO1041 et FY1141 dans le sondage 3, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 8 – Coupe de FO1041 et FY1141 dans le sondage 3, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 9 – Coupe de FO1041 dans le sondage 4, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 9 – Coupe de FO1041 dans le sondage 4, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 10 – Coupe de FO1041 dans le sondage 5, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 10 – Coupe de FO1041 dans le sondage 5, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 11 – Coupe de FO1041 dans le sondage 6, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 11 – Coupe de FO1041 dans le sondage 6, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

11Trois hypothèses peuvent être émises pour expliquer ce fait : soit le fossé était à l’origine moins profond vers le nord, soit le relief initial était plus prononcé dans ce secteur et les niveaux supérieurs ont été tronqués, soit FO1041 est interrompu juste avant la limite d’emprise. Cette dernière théorie appuierait l’idée d’un fossé discontinu. Les données dont nous disposons ne nous permettent pas de trancher en faveur de l’une de ces interprétations.

12Le profil latéral est en cuvette. Le remplissage est composé de plusieurs couches de limons argileux dont certaines comportent des inclusions gravillonneuses tandis que d’autres sont chargées en cailloux et blocs pouvant atteindre 0,25 m de côté. Peu de mobilier a été retrouvé dans le comblement à l’exception de celui découvert dans l’US1041. Les relevés des coupes des sondages 5 et 6 (fig. 10-11) montrent un comblement latéral (US1177, US1181). Pour expliquer ce fait, nous privilégions l’hypothèse de la présence initiale d’un talus localisé directement à l’est du fossé. Sa dégradation expliquerait alors la présence de ce premier comblement. Une autre théorie est la possibilité pour que FO1041 ait pu être curé au moins en partie. Ces apports latéraux seraient alors un reliquat d’un premier remplissage.

13La portion de fossé FO1187 a été identifiée à l’ouest immédiat de ST1025 sur environ 5,50 m de long (fig. 12). La largeur observée est variable (jusqu’à 2 m), mais la difficulté de lecture des sédiments n’y est certainement pas étrangère. Le creusement atteint environ 0,35 m de profondeur. Le premier comblement (US1206) est un limon argileux brun très compact dans lequel on rencontre des inclusions gravillonneuses. L’US1205 sus-jacente est sans doute équivalente à l’US1041. Elle constitue le comblement supérieur (abandon ?). Il s’agit de limons argileux brun grisâtre emballant des cailloux et des blocs ainsi que quelques nodules de terre rubéfiée.

Fig. 12 – Relevé en plan et en coupe de FO1187, sondage 7, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 12 – Relevé en plan et en coupe de FO1187, sondage 7, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

14Les caractéristiques des comblements ainsi que l’orientation de FO1041 et FO1187 présentent des similitudes. Ainsi, les observations effectuées sur ces deux sections de fossé permettent d’envisager qu’il s’agit de deux parties d’un même aménagement linéaire. L’idée d’un fossé discontinu est envisageable. Cependant, l’espace vide entre les deux portions peut aussi s’expliquer par un problème d’identification en plan dans un contexte sédimentaire difficile à décrypter. Quoi qu’il en soit, il semble évident que FO1041 et FO1187 soient la résultante d’une même volonté d’aménagement de l’espace. Si l’on envisage une complémentarité entre ces éléments, le tracé général du fossé est légèrement courbe. La datation formelle n’a été appréhendée qu’à travers le mobilier céramique et lithique. Ces données sont peu précises mais permettent d’envisager une chronologie centrée sur le Néolithique final. Enfin, l’observation du plan appuie l’idée d’une contemporanéité entre les grands foyers à pierres chauffantes à l’est, l’espace domestique au nord-ouest et le fossé qui délimite clairement ces deux zones où l’on pratique des activités différentes. Ces aménagements marquent une enceinte entourant, au moins partiellement, l’espace habité. Si une levée de terre de type talus est envisagée à l’est, sa fonction est délicate à appréhender. En effet, en raison de ses dimensions modestes (largeur et profondeur), la vocation défensive de l’ensemble fossoyé est difficile à étayer. Nous pouvons également proposer que, de manière très ponctuelle, ils aient canalisé les eaux de ruissellement parcourant ce terrain au pendage très prononcé. Lors d’épisodes orageux, fréquents dans cette zone géographique, la présence d’un fossé en amont de l’habitat permettait sans doute de limiter les écoulements d’eau vers le lieu de vie.

Les foyers à pierres chauffantes

15Un total de 20 structures de combustion a été individualisé (voir fig. 3, 13-14). À l’exception de FY1044, les autres aménagements sont tous localisés à l’est et au sud des fossés FO1041 et FO1187. Ils comportent des caractéristiques morphologiques et fonctionnelles analogues définissant des structures qu’il est fréquent de rencontrer en contexte archéologique depuis le Mésolithique (Foucher et al. 2000) et durant toute la Préhistoire récente. Si quelques aménagements de ce type ont été observés au Néolithique ancien (Binder et al. 2002, Briois et Manen 2003, Hasler et al. 2017), beaucoup d’autres sont recensés pour le Néolithique moyen. Pour cette période, dans le Toulousain et plus généralement dans le Sud-Ouest, des concentrations de centaines de foyers à pierres chauffantes de plan plus ou moins rectangulaire ont été étudiées (Vaquer 1990, Vaquer et al. 2003, Muller-Pelletier et Pelletier 2006, Treffort et al. 2006). Au Néolithique final, on constate une baisse générale du nombre d’occurrences connues en Languedoc et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Vaquer 1990, Dubesset et al. 2018).

Fig. 13 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1001, FY1002, FY1003 et FY1004, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 13 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1001, FY1002, FY1003 et FY1004, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 14 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1008, FY1009, FY1011 et FY1013, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 14 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1008, FY1009, FY1011 et FY1013, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 15 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1023, FY1024, FY1026, FY1035.

Fig. 15 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1023, FY1024, FY1026, FY1035.

DAO N. Bourgarel

Fig. 16 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1036, FY1039, FY1040, FY1047.

Fig. 16 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1036, FY1039, FY1040, FY1047.

DAO N. Bourgarel

Fig. 17 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1141, FY1188, FY1195.

Fig. 17 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1141, FY1188, FY1195.

DAO N. Bourgarel

  • 2 Les foyers ont été fouillés par passes successives. Les figures 13 à 17 présentent le premier netto (...)

16La fouille des aménagements ainsi que l’étude fine de leur comblement ont permis de préciser un schéma de construction et de fonctionnement détaillé commun à l’ensemble des exemples découvert sur le site2.

17Dans un premier temps, l’opérateur procède à un creusement. Ce négatif possède des caractéristiques sensiblement identiques pour tous : en plan, la forme générale est majoritairement circulaire, bien que l’on compte quelques exemplaires légèrement ovales. Lorsqu’elles sont conservées, les parois sont proches de la verticale ou légèrement inclinées (FY1009, FY1011). Le fond, lui, est globalement plat. Le diamètre varie entre 1,20 m et 2,40 m tandis que la profondeur oscille entre 0,12 m et 0,55 m. Ainsi, malgré des caractéristiques morphologiques communes, ces données nous indiquent une certaine variabilité concernant la taille des foyers (tabl. 2). Selon toute logique, cette diversité illustre des besoins différents liés à la quantité et/ou à la nature de ce que l’on veut cuire. L’étude micromorphologique sur le foyer FY1009 a permis la mise en évidence d’un aménagement des parois du creusement (Wattez 2018). De la terre argilo-limoneuse aurait en effet été appliquée par mottes hétérogènes, grossièrement mélangées avec des restes de matériaux façonnés en terre brûlée. Le mode d’agencement montre une imbrication des mottes, témoignant d’un apport structuré. Ce procédé était probablement destiné à améliorer l’efficacité du foyer car des parois en matériaux réfractaires permettent de réduire la diffusion de la chaleur.

Tabl. 2 – Dimensions des foyers à pierres chauffantes, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Tabl. 2 – Dimensions des foyers à pierres chauffantes, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

D. Dubesset

  • 3 Juniperus sp., Quercus sp. FC, Alnus sp., Buxus sempervirens, Corylus Avellana, Fraxinus sp., Ilex (...)

18L’étape suivante est de réaliser une combustion au fond du creusement. La fouille des structures nous a permis d’observer systématiquement un niveau de charbon constituant le comblement inférieur, sauf pour FY1008. Pour ce dernier, sa taille réduite expliquerait peut-être le manque de résidu de combustion. Une autre hypothèse serait qu’il ne s’agisse pas d’un foyer. Pour les autres structures foyères, des fragments de brandon ont pu être fréquemment observés et prélevés (fig. 18-19). Cette bonne conservation s’explique par le recouvrement du feu par des blocs (cf. étape suivante), ce qui a eu pour effet de rendre incomplète la combustion du bois. L’observation des diamètres des bûchettes (lorsque cela a été possible) permet d’envisager une sélection de leur calibre (entre 0,05 et 0,15 m de diamètre). À plusieurs reprises, la disposition des brandons a pu être observée. Elle montre un agencement variable bien que, souvent, on note une disposition parallèle. Dans beaucoup de cas, le niveau de combustion se présente sous la forme d’un amas de charbons sans que nous puissions distinguer clairement les brandons. L’étude anthracologique nous apprend que le choix des essences végétales est orienté vers un taxon prédominant (Poirier 2018, p. 158-167). Le plus souvent, il s’agit du chêne caducifolié (Quercus sp. FC), mais les foyers FY1036 (Fraxinus sp.) et FY1002 (Frangulalnus sp.) font exception. Un ou deux taxons seulement sont utilisés de manière majoritaire, mais il existe, là encore, une exception puisque FY1188 a livré huit essences végétales différentes3.

Fig. 18 – Vue du niveau de combustion de FY1023, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 18 – Vue du niveau de combustion de FY1023, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Photo Inrap

Fig. 19 – Vue du niveau de combustion de FY1013, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 19 – Vue du niveau de combustion de FY1013, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Photo Inrap

19À une vaste échelle, les études paléoécologiques disponibles (Court-Picon 2003, Segard 2020) montrent que, dans les Hautes-Alpes, le chêne est abondant à la fin du Subboréal, mais il n’est pas la seule essence disponible. Le sapin blanc (Abies alba) semble être majoritaire avec une bonne représentation du hêtre (Fagus sylvatica) également. Localement, des études palynologiques réalisées sur des carottes issues du lac de Pelleautier montrent une image environnementale plus précise (Beaulieu et Reille 1983, Damblon 1983). Rappelons que ce dernier est localisé à seulement 3 km à l’ouest du site de Lachaup. Au commencement de l’Atlantique (8000 BP), la chênaie domine, mais Abies supplante progressivement Quercus bien que les taux polliniques de cet arbre demeurent assez élevés. Au cours de cette phase, l’influence humaine sur l’environnement commence à être perçue avec l’apparition discrète de céréales. À la charnière entre l’Atlantique et le Subboréal, on note l’apparition de Fagus. Progressivement, les enregistrements polliniques montrent l’ouverture du milieu liée à l’impact anthropique. D’une manière générale, les chênaies, pinèdes, sapinières et hêtraies se partageaient le terrain (Beaulieu et Reille 1983, p. 28). En conséquence, nous pouvons supposer que la sélection du chêne a été réalisée en raison de ses propriétés calorifiques avantageuses pour l’usage en question (braises plus persistantes).

20La bonne conservation des restes de combustion permet d’envisager une mise en œuvre « classique » : les jeunes rameaux servaient à l’allumage ; ils ne semblent pas avoir fait l’objet d’une sélection spécifique et illustrent certainement les espèces disponibles dans un environnement proche. Les brandons les plus importants ont, quant à eux, été sélectionnés en fonction de leur pouvoir calorifique et de leur disponibilité.

  • 4 Compte tenu de la grande quantité de blocs et de la courte durée de l’opération, le choix a été fai (...)

21La phase suivante consiste à disposer une ou plusieurs couches de blocs sur le feu. Selon les structures, l’épaisseur de cette unité stratigraphique est variable. Pour les exemplaires les moins bien conservés, il s’agit parfois de seulement quelques blocs ne couvrant pas la totalité de la surface du niveau de combustion. Pour d’autres aménagements, plusieurs niveaux ont été édifiés. Ainsi, pour FY1011, le radier se développe sur environ 0,40 m d’épaisseur (fig. 20). Les foyers FY1023 et FY1024 (fig. 21) ont également fourni une épaisse couche de blocs et de cailloux (environ 0,30 m). Comme nous l’avons déjà évoqué pour les mensurations des aménagements, l’épaisseur du radier pourrait donner une indication concernant la quantité « d’objets » à cuire. De manière générale, les blocs ont été altérés par la chaleur du feu sous-jacent selon un gradient dépendant de leur position. Les blocs au contact direct avec le foyer de combustion ont été les plus marqués par la chaleur, allant fréquemment jusqu’à leur thermofraction. Afin d’appréhender le mode de sélection des roches utilisées dans les foyers à pierres chauffantes, nous avons déterminé les proportions par nature pétrographiques pour certains foyers4 (Sivan 2018 p. 186-187). Pour avoir un référentiel de comparaison pertinent, nous avons également échantillonné les blocs issus de la moraine sur plusieurs mètres carrés. Le dépôt de moraine constitue en effet le point d’approvisionnement le plus proche et le plus évident pour se procurer les blocs constituant le radier des foyers à pierres chauffantes. Les résultats montrent une sélection nette dans l’acquisition et l’utilisation des types de roches (tabl. 3, fig. 22). Les roches cristallines ont été largement privilégiées alors que ces dernières ne constituent pas la ressource naturellement la plus représentée. Les grès de l’Embrunais ont aussi été sélectionnés, mais ce choix est plus logique car ils semblent être majoritaires dans le dépôt de moraine. La proportion des autres natures de roches est bien moindre. Ces choix sont liés à une volonté d’efficience maximale. En effet, les roches cristallines sont caractérisées par une grande inertie thermique. Plus denses, elles sont aptes à restituer progressivement la chaleur et permettent ainsi une cuisson de longue durée.

Fig. 20 – Vue en coupe du radier de FY1011, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 20 – Vue en coupe du radier de FY1011, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Photo Inrap

Fig. 21 – Vue en plan du radier de FY1024, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 21 – Vue en plan du radier de FY1024, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Photo Inrap

Tabl. 3 – Tableau des volumes et proportions des roches dans les foyers FY1023 ; FY1024 ; FY1035 ; FY1039 ; FY1036, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Tabl. 3 – Tableau des volumes et proportions des roches dans les foyers FY1023 ; FY1024 ; FY1035 ; FY1039 ; FY1036, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

O. Sivan

Fig. 22 – Distribution pétrographique des blocs de différents foyers, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 22 – Distribution pétrographique des blocs de différents foyers, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO O. Sivan

22Enfin, une couche de sédiments plus ou moins épaisse termine le comblement de la structure. Le rare mobilier archéologique découvert dans les structures de combustion provient essentiellement de ce dernier niveau. À la suite de la cuisson, les structures ont vraisemblablement été abandonnées en l’état. Ces sédiments sont donc venus colmater « naturellement » les légères dépressions laissées par les foyers abandonnés.

23De manière générale, il est délicat d’appréhender le nombre d’utilisations de chaque foyer. Les données de la stratigraphie ne montrent aucun indice en faveur d’un fonctionnement répété. En effet, nous n’avons pas constaté de surcreusement ou la présence d’un comblement différent qui pourrait être le reliquat d’une utilisation précédente. L’étude micromorphologique de l’échantillon issu de FY1009 (Wattez 2018, p. 167-174) apporte cependant des informations concernant ce point. Le prélèvement étudié a été réalisé en bordure latérale du foyer plutôt que dans la verticalité comme cela se fait habituellement. La composition du remblai est hétérogène, avec des débris façonnés qui ont chauffé dans des conditions différentes, des débris de surfaces de combustion, des charbons. Il est composé de déblais et rejets de combustion qui, selon J. Wattez, montrent que la structure a fonctionné plusieurs fois et que l’état observé à la fouille est son dernier état de fonctionnement. Cette étude ayant été réalisée sur un seul foyer, il est délicat d’extrapoler ces observations à l’ensemble des structures de combustion. Ces données montrent cependant qu’un fonctionnement répété des foyers après nettoyage et curage des creusements est envisageable.

Le foyer FY1044

24Cette petite structure de combustion (fig. 23), recoupée par PO1082, témoigne d’un mode opératoire analogue aux 19 autres foyers à pierres chauffantes décrits précédemment avec des mensurations moindres. Cependant, d’un point de vue spatial, elle est isolée au nord-est de l’emprise de fouille (fig. 3). De fait, ce foyer localisé à proximité de l’habitation semble plutôt faire partie de l’espace domestique. Les analyses d’imprégnation de composé organique ont montré un contact important avec de la graisse animale, confirmant là encore une utilisation dans un cadre culinaire (Garnier 2018 p. 175-185). Une datation radiocarbone a été réalisée sur un fragment de chêne provenant de l’US1110. Après calibration, le résultat obtenu donne une fourchette chronologique comprise entre 2865 et 2497 cal. BCE à 95,40 % de probabilité.

Fig. 23 – Plan et coupe de FY1044 et PO1082, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 23 – Plan et coupe de FY1044 et PO1082, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Approche fonctionnelle

25Le mode opératoire établi précédemment permet de renseigner dans le détail les étapes d’utilisation des structures de combustion. Néanmoins, il ne donne que très peu d’indications concernant la fonction de ces dispositifs. Le modèle du foyer à pierres chauffantes est connu en Europe durant toute la Préhistoire récente. Par analogie ethnologique, les chercheurs les ont longtemps comparés avec une méthode de cuisson d’aliments encore en usage en Polynésie communément appelée « four polynésien » (Orliac et Orliac 1980). Bien que la fonction culinaire (cuisson à l’étouffée) de ces dispositifs fût, dans un premier temps, communément admise en contexte archéologique, elle a depuis été remise en question à de nombreuses reprises. Cela tient certainement au fait que l’interprétation repose presque uniquement sur leur ressemblance avec les modèles ethnologiques (polynésiens, canaques…). Comme nous l’avons déjà évoqué, les rares objets (céramique, faune…) collectés dans ces structures proviennent le plus souvent du niveau d’abandon. De plus, de nombreuses structures ne fournissent aucun mobilier, rendant leur attribution fonctionnelle – et chronologique – délicate.

  • 5 Les publications citées concernent les interprétations des foyers à pierres chauffantes du Néolithi (...)

26Le même type d’aménagement a donc pu être utilisé pour réaliser des opérations différentes sans que leur morphologie varie. Outre l’usage strictement culinaire, plusieurs hypothèses ont été émises pour en définir la fonction5 : séchage et fumage de viande ou de poisson destinés à la conservation (Vaquer 1990), séchage ou torréfaction de céréales (Hénon et Jacquet 2003), obtention de vapeur pour effectuer des bains curatifs tel que cela a été observé chez les Natifs d’Amérique du Nord (Gilabert 1997), charbonnières pour les exemplaires protohistoriques liés à la pratique naissante de la métallurgie (Hasler et al. 2003), four de potier (Weiss et Frey 1980).

27En ce qui concerne les structures découvertes sur le site de Lachaup, il est possible d’affiner considérablement le champ des utilisations possibles. Dans un premier temps, nous pouvons sans doute éliminer d’emblée l’hypothèse d’un fonctionnement en tant que charbonnière. Cette interprétation avait été proposée pour les exemplaires protohistoriques retrouvés sur les sites de Château Blanc et du Puech d’Auzet (Hasler et al. 2003). Pour les auteurs, la sélection des brandons (taxons et taille) ainsi que le phénomène de combustion incomplète seraient des arguments en faveur de ce type d’utilisation. Pour les exemplaires de Lachaup, il nous semble improbable que les opérateurs, voulant réaliser cette tâche, aient laissé le fruit de leur travail au fond de la structure. En outre, les observations archéologiques montrent que le comblement des foyers n’a pas été perturbé, ce qui aurait été le cas si on avait voulu récupérer le charbon.

28L’observation des sédiments et des refus de tamis issus des prélèvements a permis la découverte d’une seule graine dans le foyer FY1188. L’essence représentée est la gesse, légumineuse qui n’est pas consommée torréfiée. Le manque de reste carpologique nous permet d’écarter l’hypothèse du séchage ou de torréfaction de graines.

29De la même manière, l’interprétation de ces structures en tant que four de potier est sans doute erronée. En effet, aucun raté de cuisson n’a pu être retrouvé dans le comblement des foyers ou en périphérie. De plus, l’indigence du corpus céramique retrouvé sur le site interdit certainement d’envisager une utilisation dans ce sens. D’un point de vue strictement archéologique, les autres hypothèses d’interprétation précédemment énoncées sont difficiles à discriminer.

  • 6 Les 113 fragments récoltés étaient très fragmentés. Seulement 33 d’entre eux ont pu être déterminés

30Les informations issues des analyses organiques menées par N. Garnier nous apportent cependant des données précieuses (Garnier 2018 p. 175-185). Au cours de la fouille, nous avons prélevé des galets en partie haute sur les radiers des structures de combustion dans le but de détecter s’ils ont été en contact avec de la matière organique. Quatre pierres de quatre foyers (FY1009, FY1024, FY1035, FY1044) ont été sélectionnées pour détecter d’éventuels dépôts invisibles sur leur surface supérieure. Afin de permettre une interprétation plus sûre des données, un échantillon de sédiments a été prélevé dans chaque foyer pour évaluer les pollutions environnementales et constituer des « blancs » pour le site et chaque foyer. En laboratoire, les pierres sont « extraites » par rinçage des parois avec des solvants. L’extrait obtenu est analysé par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS), permettant l’identification des marqueurs moléculaires types acides gras, stérols, terpènes, sucres, conservés à l’état de traces. De là, les matériaux biologiques qui ont été en contact avec les pierres peuvent être identifiés. Le couplage GC-MS inclut une méthode séparative et une méthode d’analyse structurale. Elle permet d’identifier, un à un, chaque marqueur moléculaire grâce à son spectre de masse. Les associations moléculaires identifiées permettent alors de remonter aux sources biologiques, de préciser l’état de conservation-dégradation du matériau et d’obtenir des informations sur la chaîne opératoire des matériaux. La méthode est adaptée à des micro-restes, de l’ordre du μg de matière organique. Les résultats montrent, d’une part, que les galets de FY1009 et FY1035 ont été peu imprégnés par la matière organique et que, d’autre part, les galets de FY1044 et FY1024 ont fortement été imprégnés par des matières grasses animales (fig. 24). Le faisceau des hypothèses d’utilisation se réduit donc considérablement. Nous pouvons écarter l’emploi de ces dispositifs pour effectuer des bains de vapeur. L’idée d’un aménagement destiné au fumage des viandes est envisageable. De la graisse animale a en effet pu « couler » sur les blocs prélevés. Dans ce cadre, il faut sans doute considérer un dispositif destiné à surélever les aliments qui cuiraient s’ils étaient posés sur les blocs brûlants. Néanmoins, pour cette fonction, le radier de blocs et galets, dont la mise en place demande un investissement important, n’a pas de fonction évidente. La théorie d’un usage strictement culinaire, comparable au fonctionnement du « four polynésien », est certainement la plus recevable. À notre sens, bien que sur les trois grands foyers étudiés un seul ait fourni un résultat pertinent, cela suffit pour envisager une utilisation pour des cuissons à l’étouffée sur le modèle du four polynésien subactuel. Les restes fauniques mis au jour6 lors de la fouille proviennent du comblement de deux foyers (FY1011, FY1039), de l’empierrement ST1037 et du comblement des trous de poteaux. Les ossements se répartissent inégalement entre le bœuf, le mouton/chèvre et le porc. Plusieurs fragments sont brûlés ou carbonisés (Rodet-Belarbi 2018 p. 188-189).

Fig. 24 – Chromatogramme des foyers FY1024 et FY1044, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 24 – Chromatogramme des foyers FY1024 et FY1044, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Garnier

Les fosses

31Trois creusements entrent dans la catégorie des fosses (fig. 3). FS1010 est de plan irrégulier et mesure 0,60 m de diamètre (fig. 25). Le creusement présente un profil en cuvette de 0,20 m de profondeur environ. Son comblement est limono-argileux brun-gris comportant des inclusions de charbons. Il a fourni de nombreux blocs de diverses natures rocheuses, non altérés par le feu. FS1012 est une fosse de plan ovale d’environ 2,50 m de long pour 1,40 m de large, localisée dans la partie sud de l’emprise (fig. 26). Le creusement oblong est en cuvette dans sa section nord-sud, tandis que ses parois sont plus abruptes dans la section est-ouest. Le premier comblement (US1116) est un limon brun compact et homogène comportant quelques inclusions de cailloutis et des charbons. Le second comblement est un limon argileux brun cendreux. Beaucoup de blocs caractérisent cette unité sédimentaire. On y rencontre également des cailloutis et d’autres inclusions de charbons. Enfin, l’US1012 vient sceller le creusement. Il s’agit d’un limon brun argileux. En raison de la proximité avec les foyers à pierres chauffantes, il est tentant d’envisager que les nombreux blocs découverts dans leur comblement (dont les modules sont comparables à ceux des foyers) aient pu servir de réserve en vue de la confection des radiers à proximité. Il est cependant délicat d’étayer cette hypothèse. De plus, la proximité du dépôt de moraine, comportant de nombreux blocs disponibles, rend probablement inutile la confection d’un stock.

Fig. 25 – Relevé en plan et en coupe de FS1010, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 25 – Relevé en plan et en coupe de FS1010, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 26 – Relevé en plan et en coupe de FS1012, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 26 – Relevé en plan et en coupe de FS1012, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

32L’aménagement FS1083 a d’abord été interprété comme une dépression naturelle. Cependant, un test à la pelle mécanique a permis de déterminer la présence probable d’une structure en creux, mais la lecture en fût très difficile. Situé à l’angle nord-ouest de l’emprise (fig. 3), à proximité des trous de poteaux PO1046 et PO1084, le creusement est de forme circulaire (0,70 m de diamètre), sur 0,35 m de profondeur.

33Comme souvent, l’interprétation fonctionnelle des fosses est délicate. Le comblement de ces structures renfermait de nombreux blocs, qu’il est tentant de mettre en relation avec les foyers à pierres chauffantes localisés à proximité. S’agissait-il de réserves pour confectionner les radiers ? Cette hypothèse semble difficile à étayer en raison du contexte géologique permettant l’accès facile à des blocs de toute nature.

Les structures empierrées

34Deux larges structures empierrées avaient déjà été repérées au cours de la phase de diagnostic. Il s’agit de ST1025 (fig. 27-28) et ST1037 (fig. 29, voir fig. 7). De plus, trois autres empierrements de moindre importance, ST1005 (fig. 30), ST1174 (fig. 31) et ST1094, ont également été individualisés.

Fig. 27 – Relevé en plan de ST1025, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 27 – Relevé en plan de ST1025, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 28 – Relevé en coupe ST1025 dans le sondage 7, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 28 – Relevé en coupe ST1025 dans le sondage 7, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 29 – Coupe ouest de ST1037, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 29 – Coupe ouest de ST1037, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 30 – Relevé en plan de ST1005, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 30 – Relevé en plan de ST1005, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

Fig. 31 – Vue de ST1174, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 31 – Vue de ST1174, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Photo Inrap

35La technique de fouille a été sensiblement différente selon leur taille. Les empierrements les plus petits (ST1005, ST1174, ST1094) ont été intégralement fouillés manuellement. Pour les plus importants (ST1025 et ST1037), la première étape a consisté dans le nettoyage manuel du premier niveau de blocs. Dans un second temps, nous avons pratiqué deux sondages à la pelle mécanique dans chaque empierrement dans le but d’étudier les coupes stratigraphiques.

36Les structures empierrées du site de Lachaup peuvent être définies par des caractéristiques communes :

  • Il s’agit d’accumulations de cailloux et blocs de taille et de nature différentes ;
  • Nous n’avons pas observé de traces de creusement ;
  • L’agencement des blocs et des cailloux ne permet pas d’individualiser d’organisation au sein de chaque structure. À certains endroits dans ST1025, on remarque cependant des accumulations de cailloux dont les dimensions sont comprises entre 0,05 et 0,10 m de côté.

37La chronologie absolue des empierrements n’est pas établie. En effet, les données issues de l’étude du mobilier archéologique trouvé dans le sédiment interstitiel ne sont pas particulièrement précises. Néanmoins, la présence de deux foyers impactant ST1025 et de quatre trous de poteau creusés dans ST1037 nous indique que l’aménagement de ces deux structures précède, au moins en partie, l’occupation principale.

38La nature anthropique de ces aménagements ne fait aucun doute. En effet, ces accumulations de matériaux ne peuvent s’être constituées naturellement. La question de leur fonction est donc posée. Pour les deux exemples les plus imposants (ST1025 et ST1037), les blocs et les cailloux se trouvent dans de légères dépressions, certainement naturelles. D’après les données acquises, nous pouvons formuler une interprétation : les Néolithiques, lorsqu’ils ont investi le site, ont probablement voulu assainir le secteur. Cette zone est en effet caractérisée par une couverture morainique qui résulte du dépôt, en place, de la charge caillouteuse infra, intra et supra-glaciaire (le till). La présence de ces matériaux devait être gênante pour l’aménagement d’un habitat. Préalablement à leur installation, ils ont probablement procédé à un « nettoyage » du secteur. Ils ont dû profiter de légères cuvettes naturelles pour y accumuler les matériaux. En ce qui concerne ST1037, la dépression oblongue dans laquelle elle est implantée constitue un point bas situé entre la forte pente à l’est et un replat à l’ouest où se localise l’habitation. Nous pouvons donc envisager que, ponctuellement, après une forte pluie, ce secteur ait pu concentrer les eaux de ruissellement. L’accumulation de blocs et cailloux à cet endroit aurait donc pu également avoir une fonction d’assainissement. Une autre hypothèse serait de considérer ST1037 comme un aménagement effectué en préalable et concourant à la mise en œuvre de l’habitation. L’empierrement aurait ainsi pu être construit pour stabiliser la zone et servir de support à cette dernière. Concernant les empierrements aux dimensions moindres, leur fonction n’est pas caractérisée.

Les trous de poteaux

39Au total, 33 trous de poteaux (fig. 32-38) ont été individualisés et fouillés au moins à 50 %. Pour certains d’entre eux, leur individualisation en plan a été aisée, mais les observations en coupe n’ont pas permis de les caractériser (sondages mécanisés). Pour autant, nous pensons que la cause est à mettre au compte d’un contexte stratigraphique difficile à lire pour lequel les variations sédimentaires sont délicates à percevoir.

Fig. 32 – Plans et coupes de PO1046, PO1081, PO1056 et PO1059, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 32 – Plans et coupes de PO1046, PO1081, PO1056 et PO1059, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

Fig. 33 – Plans et coupes de PO1058, PO1057, PO1060, PO1099 et PO1173, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 33 – Plans et coupes de PO1058, PO1057, PO1060, PO1099 et PO1173, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

Fig. 34 – Plans et coupes de PO1084, PO1085, PO1086 et PO1089, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 34 – Plans et coupes de PO1084, PO1085, PO1086 et PO1089, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

Fig. 35 – Plans et coupes de PO1087, PO1186, PO1088, PO1184 et PO1140, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 35 – Plans et coupes de PO1087, PO1186, PO1088, PO1184 et PO1140, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

Fig. 36 – Plans et coupes de PO1095, PO1096, PO1106 et PO1098, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 36 – Plans et coupes de PO1095, PO1096, PO1106 et PO1098, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

Fig. 37 – Plans et coupes de PO1128, PO1139, PO1128 et PO1169, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 37 – Plans et coupes de PO1128, PO1139, PO1128 et PO1169, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

Fig. 38 – Plans et coupes de PO1185 et PO1184, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 38 – Plans et coupes de PO1185 et PO1184, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

40Ces structures, marquant systématiquement la présence d’une construction en élévation, sont toutes localisées dans l’angle nord-ouest de l’emprise au-delà du fossé FO1041. Pour certains, les vestiges d’un calage ont pu être identifiés dans le comblement. Leurs mensurations oscillent entre 0,35 m et 0,85 m pour le diamètre et entre 0,20 m et 0,86 m pour la profondeur (tabl. 4). Outre le remarquable plan d’habitation que nous décrivons ci-après, aucun schéma de construction évident ne s’esquisse (fig. 39). Ils suggèrent néanmoins la présence d’un autre bâtiment dont le plan, en l’état, n’est pas perceptible.

Tabl. 4 – Dimensions des trous de poteau, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Tabl. 4 – Dimensions des trous de poteau, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Données D. Dubesset

Fig. 39 – Plan au 1/200e de la zone nord-ouest du site, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 39 – Plan au 1/200e de la zone nord-ouest du site, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

L’habitation

41La lecture de la répartition d’un ensemble de trous de poteaux permet d’envisager la restitution d’un bâtiment d’habitation orienté nord-ouest—sud-est (fig. 40). L’édifice est constitué de 18 trous de poteaux dessinant un plan rectangulaire symétrique divisé en deux nefs dans sa longueur par une rangée de poteaux. L’axe central est matérialisé par PO1186, PO1098, PO1086, PO1128 tandis que les murs sont marqués par PO1095, PO1096, PO1085, PO1087, PO1089, PO1194, PO1175, PO1140, PO1139, PO1060, PO1059, PO1058, PO1057, PO1106 et PO1056. Côté est, la paroi comprend un trou de poteau de plus qu’à l’ouest. Néanmoins, PO1139 et PO1060 qui avaient été reconnus très distinctement en plan, n’étaient pas visibles en coupe. Nous avons gardé ces enregistrements spatiaux en raison de la difficulté de lecture des sédiments. Pour ces exemples, nous pourrions envisager l’absence de calage, dont la présence nous avait souvent guidés pour les autres aménagements. Outre ces exceptions, chaque creusement possède son équivalent à l’opposé de l’axe central.

Fig. 40 – Plan du bâtiment avec les relevés en coupe des trous de poteau, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 40 – Plan du bâtiment avec les relevés en coupe des trous de poteau, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel, D. Dubesset

  • 7 Dimensions extérieures.

42Le bâtiment mesure 17,20 m de longueur pour 6,20 m de largeur7 couvrant une surface totale d’environ 104 m2. Concernant les proportions entraxes, bien que le bâtiment ne soit pas strictement orthonormé, on observe des constantes. Les largeurs varient très peu (fig. 40), entre 5,20 et 5,80 m. Pour l’axe central, les distances entre les croisements de poutres sont, là encore, très régulières. En effet, du nord au sud, il s’agit de 5,50 m entre PO1186 et PO1098, de 5,20 m entre PO1098 et PO1086, de 5,40 m entre PO1086 et le mur le plus au sud. En outre, on observe une symétrie latérale, mais aussi longitudinale. En effet, au nord, on mesure 1,90 m entre PO1186 et le premier croisement de poutre (axe entre PO1057 et PO1096) puis 3,60 m jusqu’à PO1098. À l’opposé, si l’on part du pignon méridional, on mesure 2,10 m jusqu’à PO1128, puis 3,30 m jusqu’à PO1086.

43Le modèle de construction de l’élévation sur poteaux plantés est bien connu au Néolithique (Gernigon 2016, Guilaine 2016). Des édifices du Néolithique final employant partiellement la pierre comme matériaux de construction sont connus par ailleurs dans le sud-est de la France (Lemercier. et Gilabert 2009, Pelmoine 2013). Cette ressource est largement disponible sur le site de Lachaup, les empierrements déjà décrits en témoignent. Néanmoins, si ce matériau a été utilisé, aucune trace n’en a été conservée. Il apparaît donc plus judicieux de proposer l’hypothèse de murs gouttereaux et de pignons verticaux en torchis s’appuyant sur un clayonnage en bois construit entre les poteaux. L’axe central était destiné à supporter une panne faîtière, ce qui implique, en outre, un toit à double pente. Il est intéressant de noter la présence de trois trous de poteaux doubles aux angles du bâtiment, permettant un renfort structurel dans ces zones où les forces sont plus concentrées. Le plan de l’habitation montre qu’il est envisageable de restituer une croupe inclinée côté méridional, tandis que cette dernière est verticale au nord.

44Le mobilier archéologique issu du comblement des trous de poteaux est rare. Comme pour le reste des aménagements, il donne des indications chronologiques peu précises. Une datation radiocarbone a été réalisée sur un fragment de charbon retrouvé dans le comblement de PO1086. Après calibration, l’analyse donne une date comprise entre 2857 et 2488 cal. BCE à 95,40 % de probabilité. Un autre charbon issu du comblement de PO1081 a pu être daté de la même manière. Le résultat est compris entre 2886 et 2587 cal. BCE avec une probabilité de 95,40 % (fig. 5, tabl. 1).

45Certains négatifs disposés latéralement à l’habitation pourraient également faire partie de la construction. Nous pensons notamment à PO1099 et PO1138 à l’est et à PO1084 et PO1081 à l’ouest. En effet, ces trous de poteaux dont le diamètre est plus important auraient pu servir de porche ou accueillir des renforts aux murs gouttereaux.

Des sols conservés

46À proximité immédiate de l’habitation, deux zones enregistrées sous le nom de ST1042 et ST1043 ont de nombreuses caractéristiques communes.

47ST1042 est de forme allongée d’environ 4,50 m sur 3 m pour 0,02 à 0,16 m de profondeur (fig. 41). La structure a été identifiée au décapage par la présence de petits blocs sans organisation particulière et d’éléments anthropiques. Il s’agissait de céramique modelée, du silex, des vestiges fauniques, des charbons de bois et des nodules de terre rubéfiée. Au premier décapage, les limites sont apparues fugaces. En revanche, pour le niveau sous-jacent (US1054), elles se sont clarifiées grâce à la présence de nodules de terre rubéfiée. Un surcreusement le long de la bordure nord a été observé (US1062). Il est comblé par un sédiment (US1054) limono-argileux compact, très chargé en terre rubéfiée orangée et en charbons.

Fig. 41 – Relevé en plan et en coupe de ST1042 et ST1043, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 41 – Relevé en plan et en coupe de ST1042 et ST1043, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO N. Bourgarel

48ST1043 est de forme oblongue située à l’est de la structure ST1042 (fig. 41). Elle mesure environ 4,50 m pour 3 m de largeur et 0,20 m de profondeur moyenne. Sa description est très semblable à celle de ST1042. Elle a été identifiée au décapage par la présence de blocs et de cailloux (certains thermofractés), d’éléments anthropiques (céramique non tournée, silex, faune), des charbons de bois et des nodules de terre rubéfiée épars. L’unité statigraphique sous-jacente (US1063) en coupe, semble marquer un niveau d’occupation. On observe, çà et là, des concentrations de sédiment limono-argileux compact (US1064) avec une forte teneur en nodules de terre rubéfiée et en charbons de bois. Le sédiment encaissant de la structure est rubéfié en différents endroits distincts, au fond et en bordure (notamment à l’est).

49Lors de la phase de terrain, la question de la nature de ces « structures » s’est posée à de nombreuses reprises. S’agissait-il de fonds de fosses, d’un apport sédimentaire afin d’aménager la pente en terrasse ou de niveaux de sol conservés ? Compte tenu des caractéristiques de ces éléments, nous penchions pour cette dernière hypothèse sans en avoir, toutefois, la certitude. ST1042 et ST1043 ont donc été fouillées par décapages fins et un prélèvement en bloc a été effectué en coupe pour chaque séquence sédimentaire dans le but de réaliser des lames minces. Les analyses micromorphologiques montrent que l’histoire fonctionnelle de ST1042 et ST1043 est marquée par plusieurs phases de réfection. La sédimentation est la conséquence d’apports de matériaux hétérogènes, mêlant des agrégats de sol d’occupation développé sur des sols alluviaux et des débris façonnés variablement altérés par le feu. Ces apports présentent des caractéristiques de remblais, destinés à aménager le sol des structures. La surface des remblais est nettement structurée par le piétinement (Wattez 2018 p. 168-170). Compte tenu des caractéristiques des sédiments ainsi que des résultats de l’étude micromophologique, nous pouvons envisager qu’il s’agisse de niveaux de sols épargnés par l’érosion. Ces derniers ont en effet été aménagés dans deux petites dépressions, ce qui a probablement entraîné leur conservation. De plus, ce constat permet d’envisager que ces niveaux de sols, plusieurs fois réaménagés, ont pu s’étendre sur une plus grande surface. Le seul nucleus trouvé lors de la fouille provient de ST1042 (cf. infra). En outre, la seule forme céramique restituable graphiquement provient de ST1043 (cf. infra, la céramique »). Une datation radiocarbone a été réalisée sur un charbon provenant de ST1042. Après calibration, l’analyse donne une date comprise entre 2867 et 2581 cal. BCE à 95,40 % de probabilité. Cette donnée chronologique s’accorde parfaitement avec les dates obtenues pour l’unité d’habitation ainsi que le foyer FY1044 (cf. infra). Ces niveaux de sols ont donc pu avoir un fonctionnement synchrone avec ces autres aménagements et viennent compléter l’ensemble domestique du Néolithique final.

Étude du mobilier

L’industrie lithique

50La série lithique comprend 91 objets, soit 82 pièces en silex, deux quartz hyalin, deux pièces en roche cristalline, deux éléments en grès, un en granite, un en calcaire siliceux et un en schiste. Parmi ce corpus, aucune pièce ne présente de stigmates de chauffe volontaire et maîtrisée. Les chaînes opératoires lamellaire(s) et laminaires ne comprennent que des produits de plein débitage.

51La matière première la plus conséquente semble la plus proche du site. Il s’agit d’un silex gris plus ou moins foncé moucheté de points blanc clair à noir, mat et opaque. Deux gîtes pourraient correspondre à ce matériau. Le silex Hauterivien de Clausonne au Saix qui est localisé à 17 km environ au sud-ouest du site ou celui du Col de Pommerol à Rosans qui est à 48 km environ à l’ouest–sud-ouest. Cette matière première représente 32,30 % des objets en silex (lorsque l’on exclut les pièces patinées et brûlées). C’est dans ce silex qu’est réalisé un débitage sur le site, par percussion directe dure, d’éclats de petite taille, mais aussi de lames par pression ou par percussion indirecte et de lamelles. Le deuxième matériau comprenant le plus d’éléments est un silex gris à noir cérébroïde. Le silex Turonien des Gorges de Pommerol pourrait correspondre à ce matériau, il est situé à 46 ou 47 km à l’ouest–sud-ouest. Il compte une dizaine de pièces dont deux lamelles, un nucléus à éclats et quelques éclats. Un silex beige translucide dont le gîte pourrait se situer aux Eygalayes (à environ 46 km au sud-ouest) comprend huit éclats, dont un outil. Si la percussion directe dure est attestée, la percussion tendre est envisagée pour l’une des pièces. Un silex marron foncé brillant et translucide comptabilise deux lames, une lamelle et quatre éclats ainsi qu’une armature. Un silex gris clair pouvant correspondre au gîte de la montagne de Lure (à 50 km au sud-ouest) est représenté par trois éclats et deux débris. Les autres types de silex comptabilisent chacun une à trois pièces. Le quartz hyalin est également présent sous la forme d’une lamelle et d’un éclat.

52Les objets en silex patiné, outre des éclats, comprennent des lamelles débitées par pression et une lame. Parmi les éléments en silex brûlé, il y a une lame débitée par pression et une autre de fort module, en silex zoné, produite par percussion indirecte. On constate donc une diversité des matériaux, un bon nombre n’étant représenté que par quelques pièces. Toutefois, les Néolithiques de Lachaup semblaient se déplacer préférentiellement vers le sud-ouest pour acquérir leurs matières premières siliceuses.

Un nucléus

53La série ne comprend qu’un seul nucléus mesurant 44  33  24 mm (fig. 42). Il a servi à produire des éclats et se trouvait dans la structure ST1042 (US1050). Il est en silex gris à noir à structure cérébroïde. On dénombre trois plans de frappe, quatre surfaces de débitage et sept négatifs d’enlèvements. Le premier enlèvement a été réalisé à partir d’un bord de la pièce qui a disparu lorsque celle-ci a ensuite été fracturée. Ensuite, le nucléus a été débité à partir de ses extrémités. L’une d’elles présente quatre négatifs sur la même surface de débitage. L’autre extrémité de la pièce a servi à débiter deux surfaces qui présentent chacune un négatif. Le nucléus semble ensuite avoir été utilisé comme « outil ». En effet, certaines de ses arêtes présentent des retouches d’utilisation. Les angles des plans de frappe sont à environ 90° et le négatif le plus long mesure 2,70 cm. La plupart des négatifs étant des rebroussés, ceux-ci sont probablement la cause de son abandon. Il a été débité par percussion directe dure, mais la percussion sur enclume n’est pas à exclure pour certains enlèvements.

Fig. 42 – Le nucléus de la structure ST1042 (US1050), Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 42 – Le nucléus de la structure ST1042 (US1050), Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

DAO J.-Ph. Sargiano

Les éclats

54Parmi les 84 pièces en silex et en quartz hyalin, 42 sont des éclats, soit 50 %, et 12 sont des débris. Sur les 42 éclats, 21 proviennent du sol ST1042 : le niveau 1022, PO1086 et ST1094 en contenaient chacun trois, le niveau 1074 et ST1037 en incluaient chacun deux, FY1023, ST1025, sol 1043, PO1084, PO1088, FO1187 et FY1188 en contenaient chacun un, le dernier a été trouvé lors du décapage.

55Si l’un des éclats est en quartz hyalin, ce sont les silex gris mouchetés de blanc et beige translucide qui en compte le plus. Les éclats d’un module supérieur à 4 cm sont exceptionnels. Seulement deux pièces sont corticales. Sur beaucoup de pièces, les stigmates (talon gros et lisse, angle de chasse de 90°, corniche généralement non abrasée) sont ceux de la percussion directe dure. Toutefois, quelques éléments, dont un en silex beige, plus minces et relativement larges, pourraient avoir été débités par percussion tendre.

La production de lames

56Les huit ou neuf lames (fig. 43) sont les seules pièces de leurs chaînes opératoires, elles représentent au maximum 10,70 % des 84 objets en silex et en quartz hyalin. La technique de débitage ne peut être envisagée que pour six objets, les autres étant trop courts :

  • La pression est probable pour une lame en silex brûlé (FY1011) ;
  • La percussion indirecte est pressentie pour une pièce également brûlée, mais dont le silex est zoné (PO1084) ; son module diffère des autres lames de la série ;
  • La pression ou la percussion indirecte sont envisagées pour deux lames en silex moucheté de blanc (ST1042) ; il faut noter que des lamelles et des éclats dans ce matériau sont également présents sur le site ;
  • Les autres lames, en silex gris moucheté de blanc, marron foncé ou patiné, sont plus irrégulières, elles proviennent de FS1010, FY1011, ST1042 pour deux d’entre elles, la dernière a été mise au jour lors du décapage.

Fig. 43 – Les lames, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 43 – Les lames, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

1. FS1010 ; 2. FY1011 (US1111, US1028) ; 3. PO1084 (US1084) ; 4. ST1042 (US1050).

DAO J.-Ph. Sargiano

La production de lamelles

57Les 13 lamelles sont les seules pièces de leurs chaînes opératoires (fig. 44), elles représentent au maximum 15,40 % des 84 objets en silex et en quartz hyalin. La technique de débitage ne peut être envisagée que pour six artefacts, car les autres ne sont matérialisées que par un trop petit fragment.

Fig. 44 – Les lamelles, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 44 – Les lamelles, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

1. FY1012 (US1116) ; 2. ST1042 (US1054) ; 3. PO1099 ; 4. US1022 ; 5. US1074.

DAO J.-Ph. Sargiano

58La pression est pressentie pour quatre lamelles recouvertes de patine, l’une a été ramassée lors du décapage, une autre provient du niveau US1074 et les deux autres sont issues du foyer FY1012 et du trou de poteau PO1099. Cette technique est également probable pour un autre objet patiné provenant du niveau US1022, une autre lamelle patinée de ce niveau a été débitée par pression ou par percussion indirecte.

59Les autres lamelles, en quartz hyalin, silex marron foncé, gris à noir à structure cérébroïde, gris moucheté de blanc, patiné ou brûlé, sont issues du décapage (quatre objets) de ST1005, ST1042 et du niveau US1074.

L’outillage

Fig. 45 – L’outillage, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 45 – L’outillage, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

1. FY1012 (US1114); 2. ST1037 (US1037) ; 3. PO1086 ; 4-5. ST1094 (US1094) ; 6. FO1187 (US1187).

DAO J.-Ph. Sargiano

60L’outillage est constitué de 19 éléments (22,60 % des pièces en silex et en quartz hyalin), soit 13 outils (15,40 % de la série) et six pièces retouchées (7,10 % de la série). Il s’agit :

  • d’une armature foliacée en silex patiné (FY1012), réalisée par des retouches bifaciales, envahissantes et abruptes sur une face, longues et rasantes sur l’autre, sur les bords, est présente une seconde série discontinue de très courtes retouches (fig. 45, no 1) ;
  • d’un fragment de pièce à retouche bifaciale en silex gris-noir à structure cérébroide (ST1037), façonnée par des retouches bifaciales, longues, rasantes à semi abruptes, sur les bords, on observe la présence d’une seconde série discontinue de très courtes retouches. La pièce est cassée aux deux extrémités (fig. 45, no 2) ;
  • d’une pointe en silex gris à noir à structure cérébroïde (PO1086), c’est un éclat portant une cassure double à l’extrémité distale qui appointe celle-ci, il a été retouché pour amincir l’extrémité proximale et renforcer cette morphologie pointue. En face supérieure, sur les trois quarts proximaux du bord droit et la partie proximale du bord gauche, les retouches sont longues et rasantes à semi-abruptes ; en face inférieure, sur la partie proximale du bord gauche, les retouches sont courtes et rasantes (fig. 45, no 3) ;
  • d’une pièce à bords abattus en silex beige translucide (ST1094), la face supérieure porte sur les bords des retouches abruptes et longues, sauf à l’extrémité distale et sur la partie distale du bord droit où elles sont semi-abruptes à rasantes ; on observe la présence d’une seconde série discontinue de très courtes retouches. La face inférieure porte sur le bord droit, quelques retouches rasantes et sur le bord gauche deux grosses « retouches » qui sont probablement liées à une cassure (fig. 45, no 4) ;
  • d’un fragment d’armature en silex marron foncé brillant et translucide (ST1094), réalisée par des retouches bifaciales, couvrantes, rasantes. Sur les bords, est présente une seconde série discontinue de très courtes retouches (fig. 45, no 5) ;
  • d’une pièce bifaciale ou une pièce esquillée en silex marron foncé brillant et translucide (FO1187), on constate des retouches bifaciales, longues et semi abruptes sur la face inférieure, discontinues, longues, rasantes et abruptes sur la face supérieure ; des écrasements sont présents sur une partie des bords (fig. 45, no 6) ;
  • d’un fragment d’armature losangique asymétrique en silex brûlé, produit par des retouches bifaciales, couvrantes sur une face et envahissantes sur l’autre, rasantes à semi-abruptes,  ; sur les bords, est présente une seconde série discontinue de très courtes retouches ;
  • d’un fragment d’armature en silex gris bleuté, mis au jour lors du décapage, il a été façonné par des retouches bifaciales, couvrantes et rasantes ; une seconde série discontinue de très courtes retouches est visible sur les bords ;
  • de deux pièces esquillées en silex gris moucheté de blanc (ST1042) ;
  • d’une lame retouchée en silex brûlé et zoné (PO1084), on observe sur les bords une première série de retouches directes, longues à envahissantes, abruptes à semi abruptes, ainsi qu’une seconde série de retouches directes et courtes (utilisation ?) ;
  • d’une lame tronquée en silex patiné (FY1011), réalisée par retouches abruptes ;
  • d’un possible burin, réalisé sur une lamelle en quartz hyalin, découvert lors du décapage ;
  • de six pièces retouchées, soit une lame (décapage), quatre lamelles (FY1012, niveau 1022 et deux issues du décapage) et un éclat (ST1042).

La meule de la structure ST1026 (US1026)

61La structure ST1026 contenait un fragment de meule en granite du Pelvoux, mesurant 22,90  11  10,50 cm. La face active est concave, régulière, lisse et profonde de 1,20 cm au maximum ; elle a une longueur de 17 cm et une largeur de presque 10 cm.

Conclusion

62En premier lieu, nous nous étonnons de l’absence de mobilier en pierre polie. Les roches nécessaires à cette industrie sont pourtant largement disponibles dans le lit de la Durance. De plus, les gisements de jadéites du Mont-Viso sont localisés à moins de 100 km à l’est, dans les Alpes italiennes. Il est donc surprenant que des productions de cette origine, que l’on rencontre dans toute l’Europe occidentale, n’aient pas été retrouvées à Lachaup. Outre ce manque, les principales caractéristiques de la série de Lachaup trouvent des équivalents dans notre région à la fin du Néolithique. La production principale d’éclats est en effet généralement la norme en Provence, comme cela a été observé sur les sites de Bel Air à Sénas (Bouches-du-Rhône) et du Limon Raspail à Bédoin (Vaucluse ; Cauliez et al. 2011, Gourlin et al. 2014b). On retrouve aussi des lamelles débitées par pression à Sainte-Anne à Alleins et à Jonquière 1 à La Fare-les-Oliviers (Bouches-du-Rhône ; Sargiano 2018a) ou au Limon Raspail à Bédoin (Cauliez et al. 2011). Les lames produites par pression peuvent également être comparées, notamment pour celles de gros module (Renault 2004), à celles de Bel Air à Sénas (Gourlin et al. 2014a).

63Concernant les outils, on observe la présence d’armatures foliacées dans les séries du Mourre du Tendre à Courthézon (Thomas 1984) et des Vignes Saint-André à Gigondas (Vaucluse ; Bretagne 1986), ou de Jonquière 1 à La Fare-les-Oliviers (Sargiano 2018a). De même, les pièces esquillées sont bien présentes à cette période (Briois et al. 2008).

64En revanche, pour ce qui est des pièces à retouches bifaciales, elles sont relativement rares, même si une exception notable est à signaler. En effet, ce type d’élément a pu être découvert en contexte Néolithique final au Limon Raspail à Bédoin (Cauliez et al. 2011). Il demeure que la pointe et la pièce à bords abattus sont des artefacts relativement atypiques.

65En dépit de la faible quantité de mobilier lithique issue de la fouille du Village Automobile de Lachaup, nous devons souligner que la proportion élevée de lame et lamelles est peu fréquente pour cette phase du Néolithique final dans notre région. La série de Gap est donc particulièrement intéressante. D’une part, car les ensembles lithiques du Néolithique final des Hautes-Alpes provenant de fouilles sont peu connus. D’autre part, car elle témoigne de particularités par rapport aux productions mises en évidence dans le reste de notre région pour cette période.

La céramique

66Le mobilier céramique découvert lors de la fouille et du diagnostic comporte, après collage des cassures fraîches, 288 tessons et 100 fragments inférieurs à 1 cm2, pour un poids de 1,50 kg. L’ensemble des éléments correspond à des fragments de poteries modelées dont le nombre minimum d’individus est estimé à 54. Les artefacts ont été récoltés au sein de huit foyers à pierres chauffantes (FY1009, FY1011, FY1013, FY1024, FY1026, FY1035, FY1039, FY1188), 10 trous de poteaux (PO1046, PO1060, PO1081, PO1082, PO1084, PO1085, PO1086, PO1099, PO1140, PO1168), neuf structures de type empierrement ou fond de fosse (ST1005, ST1012, ST1025, ST1037, ST1042, ST1043, ST1045, ST1094, ST1174), une fosse (FS1207), deux tronçons de fossés (FO1041, FO1187), un niveau de sol (SL3) et des couches de sédimentation (US1071, US1074, US1075, US1098).

67La série présente une fragmentation importante. Les surfaces sont abîmées et un certain nombre de tessons a subi une altération thermique. Les aménagements qui livrent le plus de matériel sont les structures de type empierrement ou fond de fosse (entre 23 et 35 tessons pour les plus riches). La moyenne par structure à pierres chauffantes est de cinq tessons et de 1,50 tesson par poteau.

68L’observation des pâtes indique deux types de matrices. Il s’agit, en proportion quasi égale, soit de pâtes argileuses très aérées avec de nombreuses vacuoles, soit de pâtes denses. À noter que ces deux types peuvent se retrouver dans une même unité stratigraphique. Des gisements d’argile sont recensés à proximité de la plaine de Lachaup, notamment sur la commune de Neffes située à environ 1,50 km.

69Les inclusions identifiées sont des grains de quartz, de la calcite, des oxydes de fer et des grains divers de type sable. Les vacuoles correspondent à des empreintes d’un minéral désagrégé.

70Les couleurs des pâtes sont variables, d’autant que certains tessons ont subi une recuisson fortuite. À cœur, les poteries peuvent être grises, noires ou rosées. Les surfaces externes ne traduisent pas un type d’atmosphère de cuisson dominant. Elles sont soit grises et brunes soit rosées et orangées.

71Les surfaces sont très altérées, mais un petit nombre de tessons permet d’observer un surfaçage soigné. Les surfaces ont été régularisées, elles sont lisses au toucher et présentent un aspect mat laissant envisager un traitement poussé au moins au lissage. De rares tessons portent des stigmates de polissage.

Les formes

72L’indigence et la fragmentation importante de la série limitent les conclusions relatives à la morphologie des récipients. Une forme seulement est restituable graphiquement (fig. 46, no 1). Elle provient de la structure ST1043. Il s’agit d’une petite jatte à ouverture évasée de forme tronconique ; la lèvre a un profil arrondi. Elle possède un diamètre de 15 cm et sa hauteur restituée est de 8 cm. La partie inférieure étant manquante, il n’est pas possible de préciser s’il s’agit d’une forme simple ou complexe (type I.1.f ou type II.A.1.b ; Cauliez 2011a). Il faut souligner la présence au sein du corpus d’une carène isolée. Aucun collage ni appariement ne permet de la rattacher à une forme de vase, mais elle témoigne de la présence d’au moins une forme complexe dans la série. Elle a été retrouvée dans la structure ST1042 (US1050). Il s’agit d’une carène externe franche (fig. 46, no 2).

Fig. 46 – Le mobilier céramique, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Fig. 46 – Le mobilier céramique, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

1. ST1043 (US1063), carré 1 ; 2. ST1042 (US1050) ; 3. FY1013 (US1090) ; 4. FO1187 (US1187) ; 5. US1012 ; 6. FO1041 ; 7. ST1005 (US1005) ; 8. ST1094 (US1094).

M. Bouchet

Les lèvres

73Parmi les 13 bords identifiés, la médiane des lèvres est de 5 mm d’épaisseur. Elles possèdent généralement des profils arrondis, mais certaines sont en biseau interne, d’autres aplaties et une lèvre a un ourlé vers l’extérieur (fig. 46, nos 1, 3-5). À noter, la présence sur un bord à lèvre en biseau interne non orientable, la présence d’une rainure horizontale réalisée avec une pointe mousse (fig. 46, no 3).

Les préhensions

74Les aménagements plastiques destinés à la préhension des vases ne sont pas nombreux. Dans l’inventaire nous décomptons sept préhensions parmi lesquelles trois fragments appartiennent à des départs de préhensions indéterminées (SL3, TR5 et FY1011 [US1028]). Deux éléments sont isolés, ils correspondent chacun à un bouton poignée (type 4.d), dans les structures ST1005 et FO1041 (fig. 46, nos 6-7). Dans la structure ST1012, une préhension de type mamelon (type 5.a) est présente sur un bord à lèvre en biseau interne non orientable (fig. 46, no 5). Enfin, un tesson découvert sur le sol de la tranchée 5 du diagnostic comporte un arrachement de mamelon.

Les décors

75Un tesson provenant de la structure ST1094 (US1094) comporte, sur sa face externe, un probable décor. Il s’agit de deux incisions parallèles réalisées avec une pointe mousse peu appuyée (fig. 46, no 8). Ce fragment est isolé : aucun autre élément ne permet d’identifier un schéma décoratif ni de connaître la position du décor sur le vase. Ces incisions paraissent se distinguer des traces de façonnage parfois observées sur les faces externes des poteries de la série.

Interprétation et conclusion

76Il est difficile de se prononcer sur l’homogénéité de la série compte tenu des rares éléments typologiques qui sont, par ailleurs, assez ubiquistes. On observe cependant, au niveau des préhensions, une certaine uniformité avec la présence exclusive de mamelons et de boutons poignées. Ces éléments, ainsi que la petite jatte à ouverture évasée de forme tronconique, la présence d’une carène et d’un décor de lignes en creux peuvent s’insérer dans le style 3 – ensemble Crottes I – de l’horizon 2 établi par J. Cauliez (2011a) entre 2870 à 2580 av. n.è..

77Certains corpus céramiques des Hautes-Alpes et de Moyenne Durance pourraient possiblement illustrer une extension des styles Crottes I et Crottes II d’après J. Cauliez (Col des Tourettes à Montmorin, grottes de Sigottier, Condamines à Ventavon, grottes de Jeanne-Marie à Orpierre, Roche-Rousse à Saint-Cyrice et Turcs-La-Chapelle à Eourres). Sur ces sites à vocation funéraire, la céramique ne livre aucune information exploitable, mais les autres éléments de la culture matérielle, notamment lithiques, sont comparables à ceux des hypogées du nord du Vaucluse (Cauliez 2011b).

78Un lot de céramique néolithique final provenant de la commune de Sorbiers (Hautes-Alpes, Baronnies orientales), encore mal caractérisé, présente des points de comparaisons avec la série céramique de Lachaup (Morin et al. 2010). Il s’agit malheureusement d’une collection ancienne déposée dans un musée dont le site n’a pas été identifié. On observe une jatte tronconique (Morin et al. 2010, fig. 8, p. 157), des récipients comportant des préhensions de type mamelon disposées sur le haut de la panse (Morin et al. 2010, p. 156, fig. 7) et un tesson avec un décor de lignes en creux parallèles (Morin et al. 2010, p.158, fig. 9).

79Le secteur étudié est très probablement sous influence italienne (Morin et al. 2010, Cauliez 2011a), mais le corpus est trop mince pour envisager des comparaisons avec les céramiques contemporaines du Piémont et de la Ligurie.

La faune

80Les ossements d’animaux collectés sont au nombre de 113 fragments dont seulement 33 ont été déterminés. L’état de conservation des os est moyen. Plusieurs d’entre eux sont brûlés ou carbonisés. Le premier point notable est qu’aucun apport cynégétique n’a été identifié. Compte tenu de la faiblesse du corpus, nous ne pouvons pas en déduire son absence.

81Les restes se répartissent inégalement entre le bœuf, le mouton/chèvre et le porc. Ce dernier n’est illustré que par deux restes dont une dent à peine usée suggérant un abattage alors que l’animal était juvénile. Les petits ruminants totalisent 11 fragments osseux répartis entre sept structures différentes. Le faible degré d’abrasion de deux molaires indique la présence de deux subadultes. Enfin le bœuf est représenté par 20 fragments, collectés au sein de 13 structures différentes. Le stade d’usure des quelques dents mises au jour permet d’estimer un abattage de bovins à l’âge adulte. Deux extrémités proximales de métacarpes ont été mesurées. Ces données métriques, intégrées à la base de mesures établies pour la France méridionale, placent ces deux bovins parmi les individus « petits » à « moyens » (Escallon et al. 2010).

Comparaison et mise en perspective

Le contexte local

82Comme l’écrivait déjà A. D’Anna en 1991 à l’occasion d’une synthèse pour le département des Hautes-Alpes, « il manque un cadre de référence bien établi » pour le Néolithique final faisant le lien avec les sociétés bas-rhodaniennes (D’Anna 1991). Nous ne pouvons pas dire que plus de 30 ans plus tard la situation ait fondamentalement changé (Cauliez 2009, Morin et al. 2010, Cauliez 2011a). La recherche archéologique sur la Préhistoire récente dans les Hautes-Alpes accuse en effet un retard important. Bien que la situation ait progressivement tendance à évoluer, les données restent indigentes (Margarit et al. 2014). Des sites sont répertoriés, mais ils sont surtout concentrés au sud-ouest du département dans la vallée du Buëch ou dans le parc national des Écrins. Dans ces secteurs, il s’agit surtout d’occupations en grotte, parfois ornées (Defrasne et al. 2015, Defrasne 2016), et de « stations de plein air » liées à la pratique du pastoralisme (Mocci et al. 2007, Walsh et al. 2010). Ces dernières sont connues principalement à travers le mobilier qu’elles ont fourni lors de ramassages de surface ou dans le cadre d’opération de diagnostic (Voyez et Léal 2006, Voyez et al. 2011).

83En raison de ces lacunes, la mise en perspective locale des données du Village Automobile de Lachaup est malaisée. Rappelons la proximité de quelques sépultures mégalithiques comme le dolmen du Serres des Fourches à Tallard, entièrement détruit. D’après une description ancienne, cette tombe était de forme rectangulaire (2,50  1,30 m) et faisait environ 1,20 m de haut. Elle était construite avec six dalles verticales tandis que deux dalles constituaient la couverture. La chambre était entourée d’un tumulus de pierres. On peut également citer le dolmen de Camargues à Gap, « découvert en 1866 par des ouvriers. Il se composait d’une dalle de couverture de 2 m de long supportée par deux blocs de moindre importance. À l’intérieur ont été relevées des traces de cendres et de charbons ainsi que des ossements humains calcinés » (Sauzade 1991). L’occupation la plus proche de notre secteur d’étude est le site de Saint-Antoine à Vitrolles (Coye 1997, Coye et al. 1998). Le Néolithique moyen y est le mieux représenté, mais 15 structures se rapportent au Néolithique final/Bronze ancien. Parmi elles, les plus notables sont les huit foyers à pierres chauffantes en cuvette associés à un trou de poteau ainsi que deux silos « piriformes ». Enfin, quelques structures pastorales du Néolithique final sont connues dans la haute vallée de Freissinières et du Haut-Fournel (L’Argentière-la-Bessée) à environ 40 km au nord-est de la fouille de Lachaup (Walsh et al. 2010).

Le site de Lachaup dans un cadre culturel général

84À l’échelle du sud-est de la France et de la sphère alpine, les formes de l’habitat sont variées au Néolithique final. Cette diversité est en lien avec l’apparition et le développement de nombreux groupes culturels régionaux qu’il est possible de distinguer à travers les caractéristiques de la culture matérielle, notamment à travers la céramique (Cauliez 2011a), mais cela se répercute également dans les savoir-faire techniques, les types de plans, l’implantation et l’organisation des lieux de vie (Lemercier et Gilabert 2009, Gilabert et Jallot 2018).

La question de l’enceinte

85Les enceintes sont relativement fréquentes à cette période. En Occitanie, beaucoup de sites en ont livré. Elles sont matérialisées par un ou plusieurs fossés. Pour exemple, nous pouvons citer l’occupation néolithique finale de Villeneuve-Tolosane (Haute-Garonne) ou le site des Mourguettes à Portiragnes dans l’Hérault (Gutherz 2008). D’une manière générale, les enceintes fossoyées fontbuxiennes, aux tracés complexes et dont la fonction défensive est largement envisagée (Jallot 2004, Gutherz et al. 2011, Sendra 2018), sont difficilement comparables à celle du site de Lachaup. Il est sans doute plus pertinent de rapprocher notre structure avec des exemples d’enclos annulaires en fossés. Nous pouvons citer les enclos du site de Fumérian à Manduel (Gard ; Hasler et al. 2011) ou l’enceinte du site du Puech Haut à Paulhan dans l’Hérault (Carozza et Georjon 2006). Pour ce dernier site, les restitutions des habitations rappellent d’ailleurs fortement celle du Village Automobile de Lachaup. En Provence, la majorité des enceintes connues est édifiée en pierre ou se présente sous forme de palissades (Lemercier et Gilabert 2009, Pelmoine 2013). Seul le site de la Fare à Forcalquier a fourni un fossé doublé d’une palissade (Lemercier et al. 2004). Nous l’avons vu, le fossé découvert au Village Automobile de Lachaup a peut-être une double fonction : canaliser les eaux de ruissellement afin de les détourner de l’habitation, mais aussi séparer la zone occupée par les foyers de l’espace domestique. Compte tenu de ces caractéristiques, nous devons écarter la fonction défensive et pencher pour un aménagement drainant ayant aussi une fonction structurante.

L’habitation de Lachaup comparée aux constructions dans le Sud-Est de la France et ses marges

86Dans un large cadre géographique autour de notre zone d’étude, des points de comparaisons existent concernant les édifices du Néolithique final. Des sites remarquables sont connus dans les Garrigues (arrière-pays héraultais et gardois). Ces villages de la culture de Fontbouisse (Cambous à Viols-en-Laval, Boussargues à Argelliers par exemple) sont peu comparables avec nos vestiges. Les maisons sont quelquefois encore bien visibles dans le paysage. La pierre sèche est en effet utilisée dans l’élévation et elles sont parfois circonscrites à l’intérieur de larges enceintes élaborées. Désormais, des sites fontbuxiens sont également connus dans le bas pays. Sur le site de la Capoulière à Mauguio, par exemple, au moins deux maisons à abside ont été réalisées à partir de moellons de terre préformés (Gutherz et al. 2011).

87En Provence, il apparaît délicat de synthétiser la situation pour la fin du Néolithique tant la réalité des groupes culturels semble éclectique. L’état de conservation de ces sites déjà anciennement fouillés n’a pas toujours permis la reconnaissance des habitations. Lorsque toutes les données sont mises en perspectives (Lemercier et Gilabert 2009), il semble se dégager une tendance : les formes de l’habitat paraissent en effet évoluer depuis des plans rectangulaires pour les phases anciennes vers des formes ovales pour les sites plus récents.

88Pour le Néolithique final provençal de l’horizon 2 (2900-2600 cal. BCE ; Cauliez 2011a), peu de sites ont livré des exemples d’habitation. En premier lieu, l’habitat correspondant aux groupes culturels du style Couronnien et du Luberon est documenté par quelques exemples. Au Collet-Redon sur la commune de La Couronne (Bouches-du-Rhône ; Durrenmath et al. 2010), une réévaluation du plan « historique » a conduit les auteurs à définir une habitation de 44 m2 au plan orthogonal s’appuyant sur un mur à doubles parements. À Ponteau-Gare, localisé à quelques kilomètres seulement du Collet-Redon, plusieurs habitations rectangulaires à architecture mixte (pierre sèche et torchis) et sur poteaux porteurs ont aussi été découvertes (Margarit et al. 2009, Gilabert et Jallot 2018). Notons également l’habitation de la Citadelle à Vauvenargues dans les Bouches-du-Rhône (D’Anna 1989) ou celle de Miouvin à Istres dans le même département (Camps-Fabrer et D’Anna 1989) dont les plans orthonormés couvrent respectivement 20 et 40 m2 environ. Dans le massif des Alpilles, les sites plus récents des Calades à Orgon (2470-2270 av. n.è.) et des Barres à Eyguières (2281-2140 av. n.è.) ont fourni des habitations à doubles absides utilisant la pierre de manière partielle pour l’édification de la base des murs (Barge 2009). Pour ces exemples, les plans sont ovalaires et couvrent une soixantaine de mètres carrés. Des plans de constructions sur poteaux porteurs sont mentionnés sur le site de La Ponchonnière à Aubignoc (Alpes-de-Haute-Provence ; Müller 1990). L’auteur y fait mention de divers bâtiments dont des édifices à deux nefs dont le grand pignon fait face au nord. Il les attribue au Néolithique moyen ou final sans plus de précision.

89À l’ouest de notre secteur d’étude, la région du Massif central n’a fourni que peu d’exemples de bâtiments. Une synthèse récente montre l’indigence des données dans ce secteur (Saintot et al. 2018). À Coulanges, un bâtiment rectangulaire couvrant une grande surface (environ 200 m2) était construit sur poteaux plantés. Il comporte une abside à l’ouest et pourrait être composé de cinq nefs (Liégard et Fourvel 2004). Un autre plan d’édifice reconnu seulement en photographie aérienne semble également caractérisé par des dimensions conséquentes (Saintot et al. 2018, p. 178). Dans la moyenne vallée du Rhône, pour une période sensiblement plus récente, des bâtiments découverts pour la fin du Néolithique (Campaniforme) et le début de l’âge du Bronze présentent de grandes similitudes avec l’exemple de Lachaup (Vital 2005). À Roynac « le Serre 1 », une demi-douzaine de bâtiments rectangulaires dépourvus d’abside a ainsi été étudiée. Ils sont caractérisés par une ou deux nefs et leurs dimensions sont comprises entre 6 et 8 m de long pour 4 à 6 m de large.

90L’architecture des habitations de Charavines (Isère), localisé à 100 km environ de notre zone d’étude, sur la rive du lac de Paladru (Bocquet et al. 2011) se rapproche fortement de l’exemple du Village Automobile de Lachaup. Ce site de bord de lac, dont les conditions de conservation sont exceptionnelles, a permis, entre autres, la découverte d’un village ceint d’une palissade. Les maisons de Charavines sont de plan rectangulaire, constituées d’une ossature de poteaux de bois, profondément enfoncés dans le sédiment lacustre, qui soutiennent une charpente liée par des cordes et garnie d’une couverture végétale ; les murs sont formés d’entrelacs de branches maintenant des mousses et des herbes. Ces habitations reposaient directement sur le sol, sans l’intermédiaire d’un plancher surélevé comme c’est parfois le cas pour certaines stations littorales. Leurs dimensions sont variables, mais pour certaines leurs tailles sont comparables au bâtiment de Lachaup.

91L’Italie du Nord offre également un point de comparaison intéressant. En effet, dans cette aire géographique proche de notre zone d’étude, des habitations rectangulaires construites sur poteaux porteurs ont été découvertes en contexte néolithique final. Les cols pour accéder au piémont italien et à la plaine du Pô sont d’ailleurs aisément franchissables depuis le Gapençais. Dans la région d’Émilie-Romagne notamment, de nombreuses constructions ont été étudiées (Bernabò Brea et al. 2011, 2013, 2017a, 2017b, Steffè 2017, Beeching et al. 2018). À Parme, la fouille du site de la via Guidorossi a permis l’étude des plans d’au moins 25 bâtiments groupés ou isolés. Ils semblent tous comporter une abside à une extrémité. Leur pourtour est délimité par des poteaux assez serrés, parfois insérés dans des tranchées de fondation. Les dimensions sont variables. Les plus petits exemples sont comparables à l’unité d’habitations de Lachaup tandis que les plus grands ont été reconnus sur 50 m de long. Les largeurs varient peu entre 4 m et 6,50 m (Bernabò Brea et al. 2013). Généralement, les bâtiments retrouvés dans ce secteur comportent une abside, néanmoins plusieurs exemples localisés au nord-est de Bologne ont un plan strictement rectangulaire (Bernabò Brea et al. 2017a, p. 289‑291). Dans la municipalité de Castenaso, trois plans d’édifices ne comportent pas d’abside et mesurent environ 18  7 m pour le premier. Pour le second, seule la largeur de 5,80 m est connue et le troisième mesure 13  6,20 m. À environ 1 km de ces exemples, la fouille du site de la via Tosarelli a permis l’exploration d’une cabane rectangulaire de 14  6 m. Si certains exemples cités montrent un plan similaire à celui de Lachaup avec une rangée de poteaux centrale destinée à supporter une panne faîtière, d’autres témoignent de dispositifs différents afin de supporter la charpente. Des piliers (souvent quatre) localisés au centre et répartis sur les angles d’un quadrilatère assurent cette fonction pour plusieurs exemples.

92Ce rapide tour d’horizon de la question montre que l’architecture des habitations se rapportant à la fin du Néolithique n’est pas homogène. La construction de Lachaup a des points communs avec les exemples de la moyenne vallée du Rhône (Roynac-le Serre), les Alpes (Charavines) et de l’Italie du Nord. Les dimensions des édifices découverts sur ces sites peuvent, en outre, être comparables avec notre exemple. Bien que tentante, il serait certainement présomptueux d’avancer l’hypothèse d’une sphère d’influence culturelle sur la base de ces simples observations et l’indigence des données issues de la culture matérielle n’aide pas à trancher sur ce point.

Les foyers à pierres chauffantes au Néolithique final en Provence-Alpes-Côte d’Azur

93Bien que nous ne prétendions pas à l’exhaustivité, nous avons recherché les sites ayant fourni des structures de combustion analogues dans le sud-est de la France (tabl. 5, fig. 47).

Tabl. 5 – Inventaire des foyers à pierres chauffantes en Provence-Alpes-Côte d’Azur datés du Néolithique final, Village automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

Tabl. 5 – Inventaire des foyers à pierres chauffantes en Provence-Alpes-Côte d’Azur datés du Néolithique final, Village automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).

D. Dubesset

Fig. 47 – Carte de répartition des sites ayant livré des foyers à pierres chauffantes en Povence-Alpes-Côte d’Azur.

Fig. 47 – Carte de répartition des sites ayant livré des foyers à pierres chauffantes en Povence-Alpes-Côte d’Azur.

Carte D. Dubesset

  • 8 Nous remercions B. Gourlin, qui nous a permis de lire les analyses organiques réalisées par N. Gar (...)

94Au Néolithique final, ce mode de cuisson est rare. L’établissement qui en fournit le plus est celui de la Ponchonnière à Aubignosc (Müller 1990), pour lequel la fouille a permis l’observation de 66 foyers à pierres chauffantes. Cependant, leur attribution chronologique est imprécise. L’occupation se rapportant au Néolithique moyen et final, le nombre de foyers de cette dernière période est inconnu. Localisé à 15 km au nord d’Avignon, sur la commune de Courthézon, le site de la Plaine-des-Blancs dans le Vaucluse a fait l’objet d’une opération archéologique alors qu’il était en cours de destruction par des travaux agricoles (Müller et D’Anna 1987). Sur les sept fosses reconnues, trois seulement ont donc pu être fouillées. Parmi ce faible corpus daté du Néolithique final, la fosse no 2, dont le creusement est profond de 1 m, a été interprétée comme un silo lors d’une première utilisation. En revanche, son comblement, défini par les auteurs comme « un dépotoir » montre des caractéristiques identiques à celui des foyers à pierres chauffantes. En admettant cette fonction secondaire, il faudrait certainement restituer au moins deux utilisations successives. Le site du Duc à Mondragon dans le même département (Margarit et Renault 2002) a fourni plusieurs empierrements. Selon les auteurs, la structure 27 est un foyer à pierres chauffantes de plan subcirculaire (1,75  1,50 m). Son comblement composé principalement de galets chauffés et thermofractés se développe sur environ 0,15 m d’épaisseur. Le site de Bel Air à Sénas (Bouches-du-Rhône ; Gourlin et al. 2014a) a fourni un foyer à pierres chauffantes circulaire observé sur une moitié, l’autre partie étant engagée dans la berme en limite d’emprise. Il est daté du Néolithique final 2 et présente une ouverture circulaire de 1,70 m pour une profondeur maximale de 0,33 m. Le profil est régulier avec des parois verticales et un fond plat. Outre un comblement que l’on peut qualifier de classique pour ce type d’aménagement (charbons surmontés d’un radier de blocs puis d’un niveau sédimentaire d’abandon), on note la présence de dallettes, disposées de chant le long des bords du creusement, dans la partie ouest. Le pendage des pierres adjacentes à ces éléments montre qu’ils ont été placés dans un second temps. Le site du quartier Quiez à Ollioules (Var) a fourni quatre foyers à pierres chauffantes. L’étude de cet établissement est en cours. Pour l’heure, l’attribution chronologique est centrée sur le Néolithique final. Les détails concernant ces structures seront prochainement disponibles (Gourlin et al. à paraître)8. En utilisant un protocole semblable à celui employé sur les exemples de Lachaup (cf. supra), l’auteur conclut que « les foyers ont été utilisés pour des cuissons douces de pièces carnées ». Enfin, le site de Saint-Antoine à Vitrolles (Hautes-Alpes) a fourni huit foyers à pierres chauffantes datés du Néolithique final/Bronze ancien. Il s’agit de « foyers en cuvette dont le remplissage est composé, de haut en bas, par un lit de pierres brûlées et de petits et moyens modules, puis d’une couche d’argile charbonneuse » (Coye 1997). Ce site est le plus proche de celui de Lachaup puisqu’il se localise à environ 10 km au sud-ouest.

95Dans les publications, les descriptions renvoient toutes au mode opératoire explicité précédemment pour le site Lachaup d’un point de vue morphologique (les foyers à pierres chauffantes ont tous un plan circulaire ou subcirculaire et un remplissage semblable). À l’exception du site de la Ponchonnière, où le nombre précis de structures se rapportant au Néolithique final est inconnu, le site du Village Automobile de Lachaup est actuellement celui qui a fourni le plus de foyers à pierres chauffantes pour cette phase en Provence. En admettant une utilisation culinaire, démontrée par les analyses d’imprégnation de matériaux organique au Village Automobile de Lachaup à Gap et sur le site du quartier Quiez à Ollioules, la taille imposante des structures implique la préparation d’une quantité de nourriture conséquente. Si l’on ajoute à cela l’investissement nécessaire à la confection des structures elles-mêmes (creusement, coupe du bois, séchage, déplacement et agencement des blocs du radier), nous pouvons envisager que cette pratique se faisait surtout dans un cadre communautaire. De fait, un autre questionnement s’impose : quels étaient les événements qui ont entraîné la nécessité de préparer des repas de grande envergure ? S’agissait-il de fêtes liées aux rythmes de l’agriculture et/ou de l’élevage ? Étaient-ce des repas cérémoniels ? Ces foyers faisaient-ils partie intégrante de la vie domestique pour la préparation des repas collectifs du groupe ? En outre, nous pouvons nous demander pourquoi nous n’avons pas découvert les restes de ces repas. En effet, les déchets (ossements de faune, céramiques brisées, etc.) pourraient être retrouvés dans des fosses de rejets par exemple. Pour le site de Lachaup, bien que quelques restes fauniques aient pu être collectés, ils ne peuvent pas représenter à eux seuls les reliefs des repas liés aux foyers à pierres chauffantes. Il est donc possible qu’ils se situent hors de l’emprise. L’observation de la carte de répartition de ce type de vestige (fig. 47) montre que les sites de la région préalpine ont fourni beaucoup plus de foyers à pierres chauffantes. L’indigence du corpus ne permet pas de tirer de conclusion sur ce point, mais l’hypothèse d’un mode de cuisson privilégié ainsi que les questions que posent les foyers à pierres chauffantes devront être confrontées aux futures découvertes.

96Un inventaire dressé pour le sud-ouest de la France il y a déjà une vingtaine d’années montre, qu’au Néolithique moyen, la cuisson en foyers à pierres chauffantes est très fréquemment utilisée tandis qu’elle décline au Néolithique final (Vaquer et al. 2003). Dans notre région et ses marges, nous avons par ailleurs montré que la période protohistorique fournit un nombre important des foyers à pierres chauffantes rectangulaires, souvent installés en batteries (Dubesset et al. 2014, Dubesset 2021). Pour le sud-est, nos recherches montrent que l’intérêt est moindre pour ce mode de cuisson au Néolithique final, mais un travail de synthèse pour l’ensemble du Néolithique reste à faire.

Synthèse et conclusion

  • 9 Les trous de poteaux cités font, pour certains, partie de l’habitation et impactent en effet l’empi (...)

97Les données accumulées lors de la fouille du site du Village Automobile de Lachaup sont très importantes pour le Néolithique final du milieu alpin. Ce site renouvelle nos connaissances concernant l’habitat et permet d’appréhender sous un nouveau jour les modes de vie des sociétés de la fin du Néolithique dans les Hautes-Alpes. L’étude du mobilier archéologique ainsi que les analyses radiocarbone permettent de placer le fonctionnement du site entre 2886 et 2476 av. n.è. Au regard des données chronologiques, la question de la contemporanéité des vestiges découverts est posée. C’est la distribution spatiale des aménagements qui permet de préciser ce point. La répartition des composantes de l’occupation autour d’un fossé est, en effet, évidente. Ce dernier (FO1041 et FO1187) délimite à l’ouest un espace comprenant une unité d’habitation, un petit foyer à pierres chauffantes (FY1044), des niveaux de sols aménagés (ST1042 et ST1043) ainsi que d’autres trous de poteaux pour lesquels aucun plan évident ne se démarque, tandis qu’à l’est une zone accueille des foyers à pierres chauffantes. Les analyses radiométriques, bien qu’imprécises, ne contredisent pas un potentiel synchronisme entre les vestiges décrits. En conséquence, il est judicieux de considérer ces vestiges comme le plan exceptionnellement bien conservé des différentes composantes d’un habitat du Néolithique final. Il n’est pas question de penser qu’il s’agisse de l’image d’un instant T, mais plutôt d’une occupation dont la durée précise nous échappe. La relation stratigraphique qu’entretiennent les structures empierrées ST1025 et ST1037 avec les foyers FY1195 et FY118 pour l’un et les trous de poteaux PO1138, PO1139, PO1140 et PO1175 pour l’autre (fig. 3) montrent par exemple qu’ils sont plus anciens. Cela pourrait indiquer une première occupation9 bien que ces deux phases ne transparaissent pas dans les données chronologiques.

98La maison de Lachaup (fig. 48) est le premier exemple du genre étudié dans les Alpes du Sud. De plus, ses mensurations conséquentes (100 m2 environ) en font l’une des plus vastes actuellement connue pour la fin du Néolithique dans le Sud-Est de la France. Elle illustre un type d’architecture sur poteaux porteurs, pour lequel la pierre n’intervient pas, dont les exemples sont rares en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Des édifices comparables sont néanmoins connus plus au nord dans la sphère alpine ou en Italie du Nord. L’aire destinée aux foyers est localisée à l’écart de l’habitation. Cette situation est judicieuse en raison du caractère polluant (émanation de fumée) et dangereux (risque d’incendie) de cette activité. Les analyses organiques ont montré que les foyers à pierres chauffantes ont été utilisés dans un cadre culinaire. Compte tenu de leur taille importante et de l’investissement nécessaire à leur confection, ils illustrent une entreprise collective dont le but était de prendre des repas occasionnels ou de partager de la nourriture au sein d’un groupe. Le fossé caractérise peut-être une enceinte enserrant la zone habitée. À l’origine, elle pourrait l’avoir englobé complètement, mais nous ne pouvons pas l’affirmer. De la même manière, nos observations montrent plutôt un tracé discontinu, mais les manques constatés pourraient être dus à la difficulté de lecture sédimentaire et/ou à une érosion différentielle selon les secteurs considérés. L’enceinte est étroite et peu profonde. De plus, bien qu’une levée de terre soit envisagée à l’est, cette dernière n’était sans doute pas très élevée. Ainsi, cette limite ne semble pas défensive et pourrait avoir pour principale fonction la canalisation d’eaux de ruissellement lors d’épisodes orageux afin de protéger l’habitation des écoulements. Le mobilier archéologique est rare et les données économiques sont très lacunaires. L’absence d’outils en pierre polie malgré la proximité du mont Viso et du lit de la Durance est particulièrement notable. Le même constat peut être fait concernant le manque de mobilier en cuivre, bien que le gisement de Saint-Véran soit localisé à seulement 70 km. La faune est représentée par le bœuf, le mouton/chèvre et le porc, sans apport cynégétique. Compte tenu de la faiblesse du corpus, aucune analyse statistique ne serait probante. Concernant l’agriculture, là encore, les informations font défaut. Le seul reste carpologique est une graine de gesse découverte dans un foyer à pierres chauffantes (FY118). Du matériel de mouture (deux meules et une molette) atteste néanmoins la pratique agricole. L’acquisition des matières premières lithiques est locale ou plus lointaine (plutôt vers le sud-ouest). Les gîtes les plus éloignés sont localisés à une cinquantaine de kilomètres. On note enfin une propension à débiter les lame(lle)s par pression. La proportion relativement élevée de pièces de ce type est à souligner, car dans notre région, elle est plutôt rare pour cette phase du Néolithique final.

Fig. 48 – La maison Néolithique final de Lachaup, vue d’artiste.

Fig. 48 – La maison Néolithique final de Lachaup, vue d’artiste.

Dessin F. Guériel, M. Millet

Haut de page

Bibliographie

Barge H. 2009 – La structuration de l’habitat dans le massif des Alpilles au IIIème millénaire av. J.-C., in Beeching A., Sénépart I. (dir.), De la maison au village. L’habitat néolithique dans le Sud de la France et le Nord-Ouest méditerranéen. Actes de la table ronde des 23 et 24 mai 2003. Marseille/Musée d’histoire de la ville de Marseille (Séance de la société préhistorique française), Paris, Société préhistorique française (Mémoire XLVIII), p. 267‑275.

Beaulieu J.-L. de, Reille M. 1983 – Paléoenvironnement tardiglaciaire et holocène des lacs de Pelléautier et Siguret (Hautes-Alpes, France). I. Histoire de la végétation d’après les analyses polliniques, Ecologia Mediterranea, 9 (3), p. 19‑36, [en ligne] https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3406/ecmed.1983.1036

Beeching A., Bernabò Brea M., Bertolotti P., Bronzoni L., Maffi M. 2018 – Bâtiments néolithiques et chalcolithiques dans la plaine du Pô (Italie). Question d’architecture autour du plan quadrangulaire, in Lemercier O., Sénépart I., Besse M., Mordant C. (dir.), Habitations et habitat du Néolithique à l’âge du Bronze en France et ses marges. Actes des deuxièmes rencontres Nord-Sud de Préhistoire récente, Toulouse, Archives d’écologie préhistorique, p. 269‑280.

Bernabò Brea M., Bertolotti P., Bronzoni L., Miari M. 2013 – Gli insediamenti a Sud del Po, in De Marinis C. (dir.), L’Età del Rame. La pianura padana e le Alpi al tempo di Ötzi, Roccafranca, Compagnia della Stampa Massetti Rodella editori, p. 251‑266.

Bernabò Brea M., Bianchi P., Bronzoni L., Mazzieri P. 2011 – Abitati dell’età del rame nel Parmense, in Atti della XLIII Riunione scientifica: l’età del rame in Italia : dedicata a Gianni Bailo Modesti : Bologna, 26-29 novembre 2008, Firenze, Istituto italiano di preistoria e protostoria.

Bernabò Brea M., Bronzoni L., Miari M., Steffé G. 2017a – Edifici eneolitici in Emilia Romagna, in Preistoria e protostoria dell’Emilia Romagna, vol. I : Studi di preistoria e protostoria 3, Firenze, Istituto italiano di preistoria e protostoria.

Bernabò Brea M., Bronzoni L., Miari M., Steffé G. 2017b – Il Neolitico dell’Emilia Romagna, in Preistoria e protostoria dell’Emilia Romagna, vol. I : Studi di preistoria e protostoria 3, Firenze, Istituto italiano di preistoria e protostoria.

Binder D., Jallot L., Thiébault S. 2002 – Les occupations néolithiques des Petites Bâties (Lamotte-du-Rhône, Vaucluse), in Archéologie du TGV Méditerranée, fiches de synthèse, vol. 1 : La Préhistoire, p. 103‑121.

Bocquet A., Houot A., Coppens Y. 2011 – Les oubliés du lac de Paladru : Ils dormaient depuis 5000 ans à Charavines en Dauphiné, Montmélian, La Fontaine de Siloé, 186 p.

Bouchet M. 2018 – Étude céramologique, in Dubesset D., Bouchet M., Poirier P., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Sivan O., Wattez J. (dir.), Un habitat du Néolithique final dans les Hautes -Alpes. Village automobile de Lachaup. Provence-Alpes Côte d’Azur, Hautes-Alpes, Gap, RFO de fouilles archéologiques préventives, Inrap Méditerranée, p. 133-140

Bretagne P. 1986 – Gigondas, Vignes de Saint-André, sauvetage. Village chalcolithique, in Notes d’information et de liaison PACA, 3, p. 149‑152.

Briois F., Furestier R., Lea V., Renault S. 2008 – Les industries lithiques du Midi méditerranéen français et de ses marges aux IVe et IIIe millénaires, in Dias-Meirinho M.-H., Léa V., Gernigon K., Fouéré P., Briois F., Bailly M. (dir.), Les industries lithiques taillées des IVe et IIIe millénaires en Europe occidentale. Actes du colloque international de Toulouse, 7-9 avril 2005, Oxford, BAR Publishing (International Series 1884), p. 207‑230.

Briois F., Manen C. 2003 – L’habitat Néolithique ancien de Peiro Signado à Portiragnes (Hérault), in Beeching A., Sénépart I. (dir.), Journées de la SPF. De la maison au village dans le Néolithique du sud de la France et du nord-ouest méditerranéen. Actes de la table ronde des 23 et 24 mai 2003 Marseille/Musée d’Histoire de la Ville de Marseille, Paris, Société préhistorique française (Mémoire XLVIII), p. 31‑37.

Bronk Ramsey C. 2017 – Methods for Summarizing Radiocarbon Datasets, Radiocarbon, numéro spécial, 59 (6), p. 1809‑1833.

Camps-Fabrer H., D’Anna A. 1989 – Enceinte et structures d’habitat du Néolithique final. Miouvin 3 (Istres, Bouches-du-Rhône), in D’Anna A., Gutherz X. (dir.), Enceintes, habitats ceinturés, sites perchés du Néolithique au Bronze ancien dans le Sud de la France et les régions voisines, Montpellier, Société Languedocienne de Préhistoire (Mémoires 2), p. 195‑208.

Carozza L., Georjon C. 2006 – La fin du Néolithique et les débuts de la métallurgie en Languedoc central. Contrôle social du territoire et pratique économiques entre 3200 et 2400 av. J.-C. dans la moyenne vallée de l’Hérault, in Duhamel P. (dir.), Impacts interculturels au Néolithique moyen, du terroir au territoire : société et espace. Actes du 25e colloque interrégional sur le Néolithique, Dijon, Société archéologique de l’Est (Supplément à la Revue archéologique de l’Est 25), p. 215‑237.

Cauliez J. 2009 – Espaces culturels et espaces stylistiques au néolithique final dans le sud de la France : dynamiques de formation et d’évolution des productions céramiques, thèse de doctorat, université Aix-Marseille 1.

Cauliez J. 2011a – Restitution des aires culturelles au Néolithique final dans le sud-est de la France. Dynamiques de formation et d’évolution des styles céramiques, Gallia Préhistoire, 53 (1), p. 85‑202.

Cauliez J. 2011b – 2900-1900 av. n.è. Une méthodologie et un référentiel pour un millénaire de produits céramiques dans le Sud-Est de la France, Aix-en-Provence, APPAM (Supplément à Préhistoires méditerranéennes 1), 126 p.

Cauliez J., Blaise É., Bressy C., Convertini F., Gilabert C., Hamon C., Lazard N., Negroni S., Ollivier V., Pellissier M., Pétrequin P., Piatscheck C., Provenzano N., Renault S. 2011 – Le site du Limon-Raspail à Bédoin dans le Vaucluse et le Néolithique final de moyenne vallée du Rhône, Bulletin de la Société préhistorique française, 108 (2), p. 263‑330.

Corona C., Lopez Saez J., Rovéra G., Astrade L., Stoffel M., Berger F. 2011 – Validation d’une méthode de quantification des vitesses d’érosion sur marnes par dendrogéomorphologie (Draix, Alpes de Haute-Provence), Géomorphologie : relief, processus, environnement, 17 (1), p. 83‑94.

Court-Picon M. 2003 – Approche palynologique et dendrochronologique de la mise en place de paysage dans le Champsaur (Hautes-Alpes, France) à l’interface des dynamiques naturelles et des dynamiques sociales. Thématique, méthodologie et premiers résultats., Archéologie du Midi Médiéval, 21 (1), p. 211‑224.

Coye N. 1997 – Les occupations néolithiques de Saint-Antoine, Vitrolles (Hautes-Alpes), in Bilan Scientifique. Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Aix-en-Provence, SRA Aix-en-Provence, p. 84‑85.

Coye N., Mahieu E., Perrin T. 1998 – Des occupations du Néolithique moyen à Saint-Antoine (Vitrolles, Hautes-Alpes). Résultats préliminaires, in D’Anna A., Binder D. (dir.), Production et identité culturelle, Rencontres méridionales de Préhistoire récente, Antibes, APDCA, p. 415‑425.

Damblon F. 1983 – Paléoenvironnement tardiglaciaire et holocène des lacs de Pelléautier et Siguret (Hautes-Alpes, France). II. Les macrorestes, Ecologia Mediterranea, 9 (3), p. 37‑40.

D’Anna A. 1989 – L’habitat perché néolithique final de La Citadelle (Vauvenargues, Bouches-du-Rhône), in D’Anna A., Gutherz X. (dir.), Enceintes, habitats ceinturés, sites perchés du Néolithique au Bronze ancien dans le Sud de la France et les régions voisines, Montpellier, Société Languedocienne de Préhistoire (Mémoires 2), p. 209‑224.

D’Anna A. 1991 – Le Néolithique dans les Hautes-Alpes, in Archéologie dans les Hautes Alpes, Gap, Musée départemental de Gap, p. 77‑79.

Defrasne C. 2016 – Les peintures rupestres néolithiques du sud-est de la France, Bilan Scientifique de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur 2015, SRA Provence-Alpes-Côtes-d’Azur, p. 201.

Defrasne C., Dumas V., Bressy-Leandri C., Mocci F., Tzortis S., Walsh K. 2015 – Chasse, agro-pastoralisme et peintures : circulation des hommes et des idées au coeur du Parc National des Ecrins du Néolithique aux Ages des Métaux. XIVe colloque international sur les Alpes dans l'Antiquité, Evolène, Suisse.

Dubesset D. 2021 – À propos des foyers protohistoriques à pierres chauffantes en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Gallia, 78, p. 153-174.

Dubesset D., Bouchet M., Poirier P., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Sivan O., Wattez J. 2018 Un habitat du Néolithique final dans les Hautes -Alpes. Village automobile de Lachaup. Provence-Alpes Côte d’Azur, Hautes-Alpes, Gap, RFO de fouille archéologique préventives, Inrap Méditerranée, 320 p.

Dubesset D., Garnier N., Sivan O., Figueiral I., Sargiano J.-P., Tramoni P., Bourgarel N. 2014 – Les foyers à pierres chauffantes du Hameau des Laurons (Les Arcs-sur-Argens, Var), Documents d’Archéologie Méridionale, 37, p. 25‑50.

Durrenmath G., Cauliez J., Gilabert C. 2010 – Relecture d’un modèle architectural du IIIe millénaire provençal : l’Habitation no 1 du Collet-Redon à La Couronne (Martigues, Bouches-du-Rhône), L’Anthropologie, 114 (2), p. 238‑274.

Escallon G., Bouchette A., Figueiral-Rowe I., Forest V., Fritz R., Hasler A., Jorda C., Mourre V., Rodet-Belarbi I. 2010 Lespignan, Hérault. Camp Redoun. Occupations du Néolithique final, Vérazien et Bronze ancien/moyen, RFO de fouille archéologique, Inrap Méditerranée, 350 p.

Foucher P., Wattez J., Gebhardt A., Musch J. 2000 – Les structures de combustion mésolithiques de la Pierre Saint-Louis (Geay, Charente-Maritime)/The mesolithic combustion structures from La Pierre-Saint-Louis (Geay, Charente-Maritime), Paléo, 12, p. 165‑200.

Garnier N. 2018 – Analyses organiques, in Dubesset D., Bouchet M., Poirier P., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Sivan O., Wattez J. (dir.), Un habitat du Néolithique final dans les Hautes-Alpes. Village automobile de Lachaup. Provence-Alpes Côte d’Azur, Hautes-Alpes, Gap, RFO de fouille archéologique préventives, Inrap Méditerranée, p. 175-185.

Gernigon K. 2016 – Les villages avant les maisons ? La néolithisation de l’Europe au prisme de la maisonnée, in Chapdelaine C., Burke A., Gernigon K. (dir.), L’archéologie des maisonnées : pour une approche comparative transatlantique. Actes du colloque international, 24 et 25 octobre 2014, Toulouse, Presses universitaires du Midi (Palethnologie 8), p. 154‑188.

Gilabert C. 1997 – Le « Four Polynésien », Problèmes et interprétation d’un type d’aménagement entre le Mésolithique et l’âge du Fer, mémoire de Maîtrise d’Histoire, ESEP, université Aix-Marseille, 207 p.

Gilabert C., Jallot L. 2018 – L’habitat du Néolithique final en Provence et en Languedoc (IVe-IIIe millénaire av. n.è.) : systèmes techniques, organisation spatiale, évolution architecturale et dynamique de peuplement, in Lemercier O., Sénépart I., Besse M., Mordant C. (dir.), Habitations et habitat du Néolithique à l’âge du Bronze en France et ses marges. Actes des deuxièmes rencontres Nord-Sud de Préhistoire récente, Toulouse, Archives d’écologie préhistorique, p. 319‑334.

Gourlin B., Bevilacqua R., Beauchamp C., Figueiral-Rowe I., Garnier N., Guériel F., Hasler A., Howart L., Martin S., Michel J., Négroni S., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Savanier M., Touma M. à paraître Var, Ollioules, Quartier Quiez 1. Occupations du début du Néolithique moyen et du Néolithique final, secteurs antiques, RFO de fouilles archéologiques préventives, Inrap Midi-Méditerranée.

Gourlin B., Jessie C., Blaise E., Errera M., Escourbiac E., Lachenal T., Mayca J., Montolin R., Piatscheck C., Pétrequin P., Salel T., Viel L., Sendra B., Torchy L. 2014a – Bel-Air, Sénas (Bouches-du-Rhône). Un site d’habitat de plein-air de la fin du Néolithique sur le piémont oriental du Massif des Alpilles, in Cauliez J., Sénépart I., Jallot L., De Labriffe P.-A., Gilabert C., Gutherz X. (dir.), De la tombe au territoire et actualité de la recherche. Actes des 11e Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente, Montpellier (Hérault) 25 au 27 septembre 2014, Toulouse, Archives d’écologie préhistorique, p. 285‑317.

Gourlin B., Van Willigen S., Remicourt M., Khémiri K. 2014b – Forcalquier, Zac les Chalus II, Lot 1 et début du néolithique moyen dans le sud-est de la France, in Cauliez J., Sénépart I., Jallot L., De Labriffe P.-A., Gilabert C., Gutherz X. (dir.), De la tombe au territoire et actualité de la recherche. Actes des 11e Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente, Montpellier (Hérault) 25 au 27 septembre 2014, Toulouse, Archives d’écologie préhistorique, p. 211‑222.

Guilaine J. 2016 – Maisons néolithiques : exemples méditerranéens, in Chapdelaine C., Burke A., Gernigon K. (dir.), L’archéologie des maisonnées : pour une approche comparative transatlantique. Actes du colloque international, 24 et 25 octobre 2014, Toulouse, Presses universitaires du Midi (Palethnologie 8), p. 189‑216.

Gutherz X. 2008 – L’habitat en France du Sud, in Tarrête J., Leroux C.-T. (dir.), Archéologie de la France. Le Néolithique, Paris, Picard-Ministère de la Culture et de la Communication, p. 154‑178.

Gutherz X., Jallot L., Wattez J., Borgnon C., Roux J.-C., Thouvenot Y., Orgeval M. 2011 – L’habitat néolithique final de la Capoulière IV (Mauguio, Hérault) : présentation des principaux résultats 2004-2007, in Marges, frontières, transgressions. 8e Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente, Marseille, Toulouse, Archives d’écologie préhistorique, p. 413‑438.

Hasler A., Aurand J.-L., Bouchette A., Chevillot P., Escallon G., Figueiral-Rowe I., Fritz R., Goumy S., Grimaud J., Martin S., Maufras O., Noret C., Pellé R., Ratsimba A., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Tchérémissinoff Y., Farge A., Georjon C., Guerre J., Lelièvre V., Maziers T., Mourre V., Piskorz M. 2011 – Fumérian, ZAC Multi-Sites : occupations néolithiques et de l’âge du Fer : Languedoc-Roussillon, Manduel, Gard, RFO de fouilles archéologiques préventives, Inrap MED, 484 p.

Hasler A., Chappuis C., Dubesset D. 2017 – ZAC de la Burlière, Trets, Bouches-du-Rhône, RFO de fouille préventive, Inrap Méditerranée, 1331 p.

Hasler A., Fabre L., Carozza L., Thiébault S. 2003 – Les « foyers à pierres chauffées » de Château Blanc à Ventabren (Bouches-du-Rhône) et du Puech d’Auzet à Millau (Aveyron), une nouvelle interprétation des structures de combustion de la transition âge du Bronze-âge du Fer, in Frère-Sautot M.-C. (dir.), Le feu domestique et ses structures au Néolithique et aux Âges des métaux. Actes du colloque de Bourg-en-Bresse et Beaune, 7-8 octobre 2003, Dremil-Lafage, Éditions Mergoil (Préhistoires 9), p. 37‑50.

Hénon P., Jacquet P. 2003 – Exemples de fosses à pierres chauffantes protohistoriques du Bas-Dauphiné (Rhône et Isère, France), in Frère-Sautot M.-C. (dir.), Le feu domestique et ses structures au Néolithique et aux Âges des métaux. Actes du colloque de Bourg-en-Bresse et Beaune, 7-8 octobre 2003, Dremil-Lafage, Éditions Mergoil (Préhistoires 9), p. 403‑420.

Jallot L. 2004 – Le Mas de Vignoles IV à Nîmes (Gard), document final de synthèse, AFAN, SRA du Languedoc-Roussilon, 1360 p.

Lemercier O., Cauliez J., Furestier R., Gilabert C., Lazard N., Pellissier M., Provenzano N., Müller A., Convertini F., Bouville C., Jorda M., Khedahier R., Loirat D., Verdin P. 2004 – Le site néolithique final de La Fare (Forcalquier, Alpes-de-Haute-Provence). Résultats 1995-1999 et révision chronoculturelle, in Dartevelle H. (dir.), Auvergne et Midi. Actualité de la recherche. Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente, actes de la cinquième session, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), 8 et 9 novembre 2002, Cresensac, Éditions Préhistoire du Sud-Ouest, p. 445‑455.

Lemercier O., Gilabert C. 2009 – Approche Chronoculturelle de l’habitat de la fin du Néolithique en Provence, in Beeching A., Sénépart I. (dir.), De la maison au village. L’habitat néolithique dans le Sud de la France et le Nord-Ouest méditerranéen. Actes de la table ronde des 23 et 24 mai 2003. Marseille/Musée d’histoire de la ville de Marseille (Séance de la société préhistorique française), Paris, Société préhistorique française (Mémoire XLVIII), p. 255‑266.

Liégard S., Fourvel A. 2004 – Les vestiges du Néolithique et de l’âge du Bronze du site des « Fendeux » à Coulanges (Allier), in Dartevelle H. (dir.), Dartevelle H. (dir.), Auvergne et Midi. Actualité de la recherche. Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente, actes de la cinquième session, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), 8 et 9 novembre 2002, Cresensac, Éditions Préhistoire du Sud-Ouest, p. 191‑214.

Margarit X., Durrenmath G., Gilabert C. 2009 – L’architecture en pierre de l’habitat néolithique final de Martigues « Ponteau Gare » (Bouches-du-Rhône), in Beeching A., Sénépart I. (dir.), De la maison au village. L’habitat néolithique dans le Sud de la France et le Nord-Ouest méditerranéen. Actes de la table ronde des 23 et 24 mai 2003. Marseille/Musée d’histoire de la ville de Marseille (Séance de la société préhistorique française), Paris, Société préhistorique française (Mémoire XLVIII), p. 277‑283.

Margarit X., Mocci F., Tzortzis S., Walsh K., Voyez C., Dumas V. 2014 – Une décennie de modifications des approches d’archéologie programmée et préventive en Préhistoire récente dans le département des Hautes-Alpes (1998-2012), in Sénépart I., Billard C., Bostyn F., Praud Y., Thirault E. (dir.), Méthodologie des recherches de terrain sur la Préhistoire récente en France, nouveaux acquis, nouveaux outils 1987-2012. Actes des premières rencontres Nord-Sud de Préhistoire récente, Marseille mai 2012, Toulouse, Archives d’écologie préhistorique, p. 57‑72.

Margarit X., Renault S. 2002 – Le Duc, Mondragon, Archéologie du TGV Méditerranée, fiches de synthèse, vol. I : La Préhistoire, p. 177‑182.

Mocci F., Walsh K., Richer S., Court-Picon M., Talon B., Tzortzis S., Martinez J. M. P., Bressy-Leandri C., Beaulieu J.-L. de, Dumas V., Édouard J.-L., Py V. 2007 – Archéologie et paléoenvironnement dans les Alpes méridionales françaises. Hauts massifs de l’Argentiérois, du Champsaur et de l’Ubaye, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence, Néolithique final-début de l’Antiquité, Paris, Université de Savoie-Aix-Marseille Université-Université de Franche-Comté-CNRS, p. 253.

Morin A., Boutterin C., Miramont C., Sivan O. 2010 – Le 4e et le début du 3e millénaires av. J.-C. dans les Préalpes : quelques résultats des recherches pluridisciplinaires engagées dans les vallées du Buëch et de la moyenne Durance (Hautes-Alpes, France), in 4e millénaire. La transition du Néolithique moyen au Néolithique final dans le sud-est de la France et les régions voisines, Lattes, Association pour le Développement de l'Archéologie en Languedoc-Roussillon (Monographies d’archéologie méditerranéenne 27), p. 149‑163.

Müller A. 1990 – La Ponchonnière, in Recherches Archéologiques en Val de Durance. Travaux de sauvetage sur le chantier de l’autoroute A51, p. 24‑49.

Müller A., D’Anna A. 1987 – Le gisement de plein air Chalcolithique de la Plaine-des-Blancs à Courthézon, Vaucluse, Bulletin de la Société préhistorique française, 83, p. 470‑483.

Muller-Pelletier C., Pelletier D. 2006 – Les structures de combustion à pierres chauffées du Néolithique moyen du site 1 des Acilloux (Cournon-d’Auvergne, Puy-de-Dôme), in Beeching A., Vital J., Thirault É. (dir.), Économie et société de la fin de la Préhistoire : Actualité de la recherche, Lyon, Alpara (DARA), p. 305‑315.

Orliac C., Orliac M. 1980 – Les structures de combustion et leur interprétation archéologique : quelques exemples en Polynésie, Journal de la Société des Océanistes, 36 (66), p. 61‑76.

Pelmoine T. 2013 – Analyse chrono-culturelle des habitats avec architecture en pierres sèches au Néolithique final en Provence, mémoire de de Master 1 archéologie et Histoire de l’Art, université Aix-Marseille, 3 vol., 632 p.

Poirier P. 2018 – Étude anthracologique, in Dubesset D., Bouchet M., Poirier P., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Sivan O., Wattez J. (dir.), Un habitat du Néolithique final dans les Hautes-Alpes. Village automobile de Lachaup. Provence-Alpes Côte d’Azur, Hautes-Alpes, Gap, RFO de fouilles archéologiques préventives, Inrap Méditerranée, p. 58-164.

Reimer P., Bard E., Bayliss A., Blackwell P. G., Bronk Ramsey C., Butzin M., Cheng H., Edwards R. L., Friedrich M., Austin W., Grootes P., Guilderson L., Hajdas I., Heaton T., Hogg A., Hughen K., Kromer B., Manning S., Muscheler R., Palmer J., Pearson C., Van der Plicht J., Reimer R., Richards D., Scott E., Southon J., Turney C., Wacker L., Adolphi F., Buntgen U., Capano M., Fahrni S., Fogtmann-Schultz A., Friedrich R., Kohler P. 2020 – The IntCal20 Northern Hemisphere radiocarbon age calibration curve (0–55 cal kBP), Radiocarbon, 62.

Renault S. 2004 – Les longues lames de silex provençales de la fin du Néolithique (et le contexte d’atelier), in Buisson-Catil J., Guilcher A., Hussy C., Olive M., Pagni M. (dir.), Vaucluse préhistorique : le territoire, les hommes, les cultures et les sites, Le Pontet, Éditions A. Barthélemy, p. 215‑218.

Rodet-Belarbi 2018 – Inventaire commenté de la Faune, in Dubesset D., Bouchet M., Poirier P., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Sivan O., Wattez J. (dir.), Un habitat du Néolithique final dans les Hautes-Alpes. Village automobile de Lachaup. Provence-Alpes Côte d’Azur, Hautes-Alpes, Gap, RFO de fouilles archéologiques préventives, Inrap Méditerranée, p. 140-158.

Saintot S., Cabanis M., Pouenat P., Vallat P. 2018 – Évolution des formes d’habitations, territoires et contextes environnementaux du Ve au IIIe millénaire av. J.-C. en Auvergne, in Habitations et habitat du Néolithique à l’âge du Bronze en France et ses marges. Actes des deuxièmes rencontres Nord-Sud de Préhistoire récente, Toulouse, Archives d’écologie préhistorique, p. 171‑185.

Sargiano J.-P. 2018a – Contribution à l’étude de l’évolution des industries lithiques taillées du Néolithique moyen et final de Provence, à partir de l’étude de quelques structures en creux, in Ard V., Marticorena P., Marembert F., Sénépart I., Cauliez J., Hasler A., Gilabert C., Thirault E. (dir.), Actes des XIIe Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente, Bayonne, p. 259‑265.

Sargiano J.-P. 2018b L’industrie lithique, in Dubesset D., Bouchet M., Poirier P., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Sivan O., Wattez J. (dir.), Un habitat du Néolithique final dans les Hautes-Alpes. Village automobile de Lachaup. Provence-Alpes Côte d’Azur, Hautes-Alpes, Gap, RFO de fouilles archéologiques préventives, Inrap Méditerranée, p. 140-158

Sauzade G. 1991 – Le mégalithisme dans les Alpes, in Archéologie dans les Hautes-Alpes, Musée départemental de Gap, p. 93‑100.

Segard M. 2020 – Chapitre V. Les données paléoenvironnementales et l’exploitation des ressources, in Les Alpes occidentales romaines. Développement urbain et exploitation des ressources ‎des régions de montagne‎ (Gaule Narbonnaise, Italie, provinces alpines)‎, Aix-en-Provence, Publications du Centre Camille Jullian (Bibliothèque d’archéologie méditerranéenne et africaine 1), p. 177‑224.

Sendra B. 2018 – Le site Fontbuxien de Mitra 3, Garons (Gard). Approche dynamique évolutive de systèmes d’enceinte, in Jallot L., Vaquer J., Ard V., Gandelin M. (dir.), Les sites ceinturés de la Préhistoire récente, nouvelles approches, nouvelles hypothèses, Toulouse, Archives d’écologie préhistorique, p. 55‑78.

Sivan O. 2018 – Étude pétrographique des foyers à pierres chauffantes, in Dubesset D., Bouchet M., Poirier P., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Sivan O., Wattez J., Un habitat du Néolithique final dans les Hautes -Alpes. Village automobile de Lachaup. Provence-Alpes Côte d’Azur, Hautes-Alpes, Gap, RFO de fouilles archéologiques préventives, Inrap Méditerranée, p. 140-158.

Thomas J. 1984 : Le village chalcolithique du Mourre-du-Tendre à Courthézon (Vaucluse) Première approche, Bulletin archéologique de Provence, 14, p. 19‑20.

Treffort J.-M., Alix P., Mauger A.-C. 2006 – Montélimar – Portes de Provence, zone 5 : des alignements de foyers néolithiques à pierres chauffées dans le secteur du Gournier, in Beeching A., Thirault E., Vital J. (dir.), Économie et société de la fin de la Préhistoire. Actualité de la recherche, Lyon, Alpara (DARA), p. 207‑222.

Vaquer J. 1990 – Le Néolithique en Languedoc occidental, Paris, Éditions du CNRS, 397 p.

Vaquer J., Giraud J.-P., Balzagues S., Gandelin M. 2003 – Les structures à pierres chauffées du Néolithique dans le Sud-Ouest de la France, in Frère-Sautot M.-C. (dir.), Le feu domestique et ses structures au Néolithique et aux Âges des métaux. Actes du colloque de Bourg-en-Bresse et Beaune, 7-8 octobre 2003, Dremil-Lafage, Éditions Mergoil (Préhistoires 9),p. 525‑537.

Vital J. 2005 – Modalités et contexte d’évolution des formes architecturales à la fin du Néolithique et au début de l’âge du Bronze en moyenne vallée du Rhône, Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, 127 (2), p. 365‑387.

Voyez C., Dubesset D. 2009 – Village automobile de Lachaup à Gap (Hautes-Alpes), rapport de diagnostic, Inrap Méditerranée, 45 p.

Voyez C., Dufraigne J.-J., Margarit X., Sargiano J.-P., Sivan O. 2011 – Saint-Marcellin à Veynes (Hautes-Alpes), rapport de diagnostic, Inrap Méditerranée, 76 p.

Voyez C., Léal E. 2006 – ZAC de Gandière, une station néolithique de plein air (Chasséen) et sa réoccupation durant l’âge du Fer à la Saulce (Hautes-Alpes), rapport de diagnostic, Inrap Méditerranée, 77 p.

Walsh K., Mocci F., Tzortzis S., Bressy C., Talon B., Richer S., Court-Picon M., Dumas V., Palet-Martinez J. 2010 – Les Écrins, un territoire d’altitude dans le contexte des Alpes occidentales de la Préhistoire récente à l’âge du Bronze (Hautes-Alpes, France), in Delestre X., Tzortzis S., Greck J. (dir.), Archéologie de la montagne européenne. Actes de la table ronde internationale de Gap, 29 septembre-1er octobre 2008, Aix-en-Provence Publications du Centre Camille Jullian (Bibliothèque d’archéologie méditerranéenne et africaine 4), p. 211‑225.

Wattez J. 2018 – Dynamique de remplissage et histoire fonctionnelle des fosses et du foyer de Gap Rapport d’étude micromorphologique, in Dubesset D., Bouchet M., Poirier P., Rodet-Belarbi I., Sargiano J.-P., Sivan O., Wattez J. 2018 – Un habitat du Néolithique final dans les Hautes-Alpes. Village automobile de Lachaup. Provence-Alpes Côte d’Azur, Hautes-Alpes, Gap, RFO de fouilles archéologiques préventives, Inrap Méditerranée, p. 133-140

Weiss J., Frey P. 1980 – Bronzezeitliche Siedlungspuren in Möriken, Archéologie Suisse, 3 (1), p. 8‑11.

Haut de page

Notes

1 Auxquels s’ajoutent 100 fragments inférieurs à 1 cm2.

2 Les foyers ont été fouillés par passes successives. Les figures 13 à 17 présentent le premier nettoyage et la coupe pour chaque aménagement.

3 Juniperus sp., Quercus sp. FC, Alnus sp., Buxus sempervirens, Corylus Avellana, Fraxinus sp., Ilex Aquifolium, Populus sp.

4 Compte tenu de la grande quantité de blocs et de la courte durée de l’opération, le choix a été fait de réaliser les déterminations sur le quart de chaque structure traitée. Les blocs ont été systématiquement cassés afin d’en faciliter l’identification.

5 Les publications citées concernent les interprétations des foyers à pierres chauffantes du Néolithique moyen à l’âge du Fer.

6 Les 113 fragments récoltés étaient très fragmentés. Seulement 33 d’entre eux ont pu être déterminés.

7 Dimensions extérieures.

8 Nous remercions B. Gourlin, qui nous a permis de lire les analyses organiques réalisées par N. Garnier.

9 Les trous de poteaux cités font, pour certains, partie de l’habitation et impactent en effet l’empierrement ST1037.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Situation géographique du site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits Carte D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Fig. 2 – Vue panoramique de la fouille en cours du site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits Photo D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 8,0M
Titre Fig. 3 – Plan général des vestiges au 1/400e, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 906k
Titre Fig. 4 – Séquence sédimentaire observée dans le sondage 1, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 314k
Titre Tabl. 1 – Datations radiocarbone du site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 694k
Titre Fig. 5 – Datations radiocarbone calibrées sur le site du Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits Oxcalv4.4.4-2021, Bronk Ramsey 2021, atmospheric data Reimer et al. 2020.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 746k
Titre Fig. 6 – Coupe localisée au nord-ouest du chantier, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 900k
Titre Fig. 7 – Relevé en plan de ST1037 et FO1041, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 725k
Titre Fig. 8 – Coupe de FO1041 et FY1141 dans le sondage 3, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 483k
Titre Fig. 9 – Coupe de FO1041 dans le sondage 4, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 634k
Titre Fig. 10 – Coupe de FO1041 dans le sondage 5, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 772k
Titre Fig. 11 – Coupe de FO1041 dans le sondage 6, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 720k
Titre Fig. 12 – Relevé en plan et en coupe de FO1187, sondage 7, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 555k
Titre Fig. 13 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1001, FY1002, FY1003 et FY1004, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 254k
Titre Fig. 14 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1008, FY1009, FY1011 et FY1013, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 181k
Titre Fig. 15 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1023, FY1024, FY1026, FY1035.
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 279k
Titre Fig. 16 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1036, FY1039, FY1040, FY1047.
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 197k
Titre Fig. 17 – Plans (premier nettoyage) et coupes des foyers à pierres chauffantes FY1141, FY1188, FY1195.
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 115k
Titre Tabl. 2 – Dimensions des foyers à pierres chauffantes, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 686k
Titre Fig. 18 – Vue du niveau de combustion de FY1023, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits Photo Inrap
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 2,1M
Titre Fig. 19 – Vue du niveau de combustion de FY1013, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits Photo Inrap
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 2,4M
Titre Fig. 20 – Vue en coupe du radier de FY1011, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits Photo Inrap
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 2,0M
Titre Fig. 21 – Vue en plan du radier de FY1024, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits Photo Inrap
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-23.jpg
Fichier image/jpeg, 1,8M
Titre Tabl. 3 – Tableau des volumes et proportions des roches dans les foyers FY1023 ; FY1024 ; FY1035 ; FY1039 ; FY1036, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits O. Sivan
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-24.jpg
Fichier image/jpeg, 591k
Titre Fig. 22 – Distribution pétrographique des blocs de différents foyers, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO O. Sivan
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-25.jpg
Fichier image/jpeg, 80k
Titre Fig. 23 – Plan et coupe de FY1044 et PO1082, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-26.jpg
Fichier image/jpeg, 351k
Titre Fig. 24 – Chromatogramme des foyers FY1024 et FY1044, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Garnier
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-27.jpg
Fichier image/jpeg, 57k
Titre Fig. 25 – Relevé en plan et en coupe de FS1010, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-28.jpg
Fichier image/jpeg, 213k
Titre Fig. 26 – Relevé en plan et en coupe de FS1012, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-29.jpg
Fichier image/jpeg, 132k
Titre Fig. 27 – Relevé en plan de ST1025, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-30.jpg
Fichier image/jpeg, 341k
Titre Fig. 28 – Relevé en coupe ST1025 dans le sondage 7, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-31.jpg
Fichier image/jpeg, 68k
Titre Fig. 29 – Coupe ouest de ST1037, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-32.jpg
Fichier image/jpeg, 51k
Titre Fig. 30 – Relevé en plan de ST1005, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-33.jpg
Fichier image/jpeg, 158k
Titre Fig. 31 – Vue de ST1174, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits Photo Inrap
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-34.jpg
Fichier image/jpeg, 694k
Titre Fig. 32 – Plans et coupes de PO1046, PO1081, PO1056 et PO1059, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-35.jpg
Fichier image/jpeg, 239k
Titre Fig. 33 – Plans et coupes de PO1058, PO1057, PO1060, PO1099 et PO1173, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-36.jpg
Fichier image/jpeg, 214k
Titre Fig. 34 – Plans et coupes de PO1084, PO1085, PO1086 et PO1089, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-37.jpg
Fichier image/jpeg, 196k
Titre Fig. 35 – Plans et coupes de PO1087, PO1186, PO1088, PO1184 et PO1140, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-38.jpg
Fichier image/jpeg, 165k
Titre Fig. 36 – Plans et coupes de PO1095, PO1096, PO1106 et PO1098, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-39.jpg
Fichier image/jpeg, 198k
Titre Fig. 37 – Plans et coupes de PO1128, PO1139, PO1128 et PO1169, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-40.jpg
Fichier image/jpeg, 227k
Titre Fig. 38 – Plans et coupes de PO1185 et PO1184, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-41.jpg
Fichier image/jpeg, 90k
Titre Tabl. 4 – Dimensions des trous de poteau, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits Données D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-42.jpg
Fichier image/jpeg, 602k
Titre Fig. 39 – Plan au 1/200e de la zone nord-ouest du site, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-43.jpg
Fichier image/jpeg, 102k
Titre Fig. 40 – Plan du bâtiment avec les relevés en coupe des trous de poteau, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel, D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-44.jpg
Fichier image/jpeg, 127k
Titre Fig. 41 – Relevé en plan et en coupe de ST1042 et ST1043, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO N. Bourgarel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-45.jpg
Fichier image/jpeg, 90k
Titre Fig. 42 – Le nucléus de la structure ST1042 (US1050), Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits DAO J.-Ph. Sargiano
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-46.jpg
Fichier image/jpeg, 61k
Titre Fig. 43 – Les lames, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Légende 1. FS1010 ; 2. FY1011 (US1111, US1028) ; 3. PO1084 (US1084) ; 4. ST1042 (US1050).
Crédits DAO J.-Ph. Sargiano
URL http://journals.openedition.org/galliap/docannexe/image/4420/img-47.jpg
Fichier image/jpeg, 86k
Titre Fig. 44 – Les lamelles, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Légende 1. FY1012 (US1116) ; 2. ST1042 (US1054) ; 3. PO1099 ; 4. US1022 ; 5. US1074.
Crédits DAO J.-Ph. Sargiano
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-48.jpg
Fichier image/jpeg, 58k
Titre Fig. 45 – L’outillage, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Légende 1. FY1012 (US1114); 2. ST1037 (US1037) ; 3. PO1086 ; 4-5. ST1094 (US1094) ; 6. FO1187 (US1187).
Crédits DAO J.-Ph. Sargiano
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-49.jpg
Fichier image/jpeg, 88k
Titre Fig. 46 – Le mobilier céramique, Village Automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Légende 1. ST1043 (US1063), carré 1 ; 2. ST1042 (US1050) ; 3. FY1013 (US1090) ; 4. FO1187 (US1187) ; 5. US1012 ; 6. FO1041 ; 7. ST1005 (US1005) ; 8. ST1094 (US1094).
Crédits M. Bouchet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-50.jpg
Fichier image/jpeg, 63k
Titre Tabl. 5 – Inventaire des foyers à pierres chauffantes en Provence-Alpes-Côte d’Azur datés du Néolithique final, Village automobile de Lachaup (Gap, Hautes-Alpes).
Crédits D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-51.jpg
Fichier image/jpeg, 293k
Titre Fig. 47 – Carte de répartition des sites ayant livré des foyers à pierres chauffantes en Povence-Alpes-Côte d’Azur.
Crédits Carte D. Dubesset
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-52.jpg
Fichier image/jpeg, 527k
Titre Fig. 48 – La maison Néolithique final de Lachaup, vue d’artiste.
Crédits Dessin F. Guériel, M. Millet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4420/img-53.jpg
Fichier image/jpeg, 3,3M
Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Denis Dubesset, Marie Bouchet, Nicolas Garnier, Isabelle Rodet-Belarbi, Jean-Philippe Sargiano, Olivier Sivan, Julia Wattez, Nicolas Bourgarel, Frédéric Guériel et Marie Millet, « Un habitat structuré du Néolithique final : le Village Automobile de Lachaup, Gap (Hautes-Alpes) »Gallia Préhistoire [En ligne], 64 | 2024, mis en ligne le 21 mai 2024, consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/4420 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/11p8l

Haut de page

Auteurs

Denis Dubesset

Inrap centre archéologique des Bouches-du-Rhône, Marseille | UMR7269 LAMPEA, Laboratoire Méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique, Aix-en-Provence

Marie Bouchet

Inrap centre Archéologique du Gard, Nîmes | UMR5140, ASM Archéologie des Sociétés Méditerranéennes, Montpellier

Nicolas Garnier

Laboratoire Nicolas Garnier | UMR5672 ENS, Laboratoire de Physique, Lyon

Isabelle Rodet-Belarbi

Inrap centre Archéologique des Alpes Maritimes, Nice | UMR7264 CEPAM, Cultures Environnements, Préhistoire Antiquité Moyen Âge, Nice

Jean-Philippe Sargiano

Inrap centre Archéologique des Bouches-du-Rhône, Eguilles | UMR5140, ASM Archéologie des Sociétés Méditerranéennes, Montpellier

Olivier Sivan

Inrap centre Archéologique des Bouches-du-Rhône, Eguilles | UMR7269 LAMPEA, Laboratoire Méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique, Aix-en-Provence

Julia Wattez

Inrap centre archéologique de Centre-Île-de-France, Croissy-Beaubourg | UMR5140, ASM Archéologie des Sociétés Méditerranéennes, Montpellier

Nicolas Bourgarel

Inrap centre archéologique des Bouches-du-Rhône, Eguilles

Frédéric Guériel

Inrap centre archéologique des Bouches-du-Rhône, Eguilles

Marie Millet

Inrap centre archéologique d’Ille-et-Vilaine, Cesson-Sévigné

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search