Navigation – Plan du site

AccueilNuméros64L’habitat lorrain du Néolithique ...

L’habitat lorrain du Néolithique moyen et final de Saint-Julien-lès-Metz en Moselle

Structuration, culture matérielle, ressources animales et végétales
Véronique Brunet, Ginette Auxiette, Laura Berrio, Sandrine Bonnardin, Nicolas Cayol, Miriam Cubas, Anthony Denaire, Lamys Hachem, Marie Imbeaux, Denis Maréchal, Cécile Monchablon, Joël Rolet, Yvan Pailler, Aurélie Salavert et Julian Wiethold

Résumés

La fouille de Saint-Julien-lès-Metz réalisée dans un cadre préventif s’est déroulée il y a une vingtaine d’années et sa publication a conduit à la reprise complète des études de mobiliers. Le site se caractérise par un état de conservation relativement bon. L’ensemble illustre trois périodes du Néolithique sous des angles parfois inédits et constitue un apport majeur pour la compréhension des communautés villageoises lorraines. Les trois occupations reconnues s’étendent du Ve au IIIe millénaire et sont séparées par des hiatus chronologiques. La première occupation attestée remonte à la première partie du Néolithique moyen. Deux bâtiments et une succession de fosses polylobées sont les éléments principaux de ce gisement. Ils sont caractéristiques des sites de la culture de Grossgartach et offrent une vision inédite d’un habitat structuré en plateau. La deuxième est datée de la seconde partie du Néolithique moyen. Une succession de fosses polylobées est le seul élément de ce qu’il reste d’un habitat Bischheim. Ces structures sont récurrentes sur les sites lorrains contemporains. La dernière occupation est datée du Néolithique final. Une structure de combustion et un silo sont les seuls éléments restants d’un probable habitat campaniforme.

Haut de page

Plan

Haut de page

Texte intégral

Introduction

1Le site de Saint-Julien-lès-Metz a été découvert en 1997 lors d’un diagnostic archéologique réalisé par l’Association pour les fouilles archéologiques nationales (Afan), préalablement à la création d’un complexe sportif (Gheller 1997), sur une surface de six hectares. En dehors des fosses néolithiques localisées au nord-est du projet, une villae romaine a pu être également repérée à l’ouest et au nord. Les deux zones ont été fouillées concomitamment entre juillet et août 1998 (Schembri 1999, Brunet et al. 2006). Trois occupations plus ou moins bien conservées sont documentées ici, la première attestée remonte à la première partie du Néolithique moyen et relève de la culture du Grossgartach ; la deuxième est datée de la seconde partie du Néolithique moyen, plus précisément du groupe de Bischheim. La dernière renvoie à la fin du IIIe millénaire, soit l’horizon campaniforme (Néolithique final).

2La campagne de fouille du secteur néolithique a été réalisée par une équipe de fouille composée de huit personnels de l’Afan sur une surface d’environ 6 330 m2, l’emprise y dessinant un « L » et dont la hampe mesure 170 m de long et la base 135 m (fig. 3). Cette opération a ainsi révélé deux maisons sur poteaux comme principaux vestiges. Les creusements reconnus sont ceux d’une grande fosse polylobée située dans la partie nord du décapage, située à équidistance entre les deux bâtiments identifiés, à environ une trentaine de mètres. Ces creusements dessinent un « fer à cheval » ouvert à l’est qui s’inscrit grossièrement dans un rectangle de 27 m × 23 m, couvrant une surface de près de 200 m2. Lors de la fouille, ils ont été partitionnés en plusieurs sous-ensembles nommés « complexes » : de grandes fosses s’individualisant les unes des autres et juxtaposées ; 12 ont été distinguées. Elles-mêmes formées de plusieurs lobes, on en dénombre au total 97 au sein des 12 complexes (fig. 5). Sur le terrain, la lecture des limites des lobes s’est avérée très difficile par manque de contraste entre le remplissage et l’encaissant. Dans la majorité des cas, il s’agissait de traces brunes diffuses, peu différenciées du substrat. Plus rarement, elles apparaissaient sous la forme de taches de couleur noire ou brun foncé. Il était donc particulièrement délicat de distinguer les contours et d’individualiser aisément les lobes et ainsi de placer judicieusement la coupe dans leur milieu comme il est usuel de le faire. Afin de parer au mieux cette difficulté et de recueillir dans les meilleures conditions les données dans un enregistrement optimal, nous avons fait le choix d’une fouille par quadrant sans berme. Pour cela, il nous a fallu poser sur l’ensemble de la surface de la fosse un carroyage orienté vers le nord formant un carré de 25 m de côté et subdivisé en carrés de 1 m de côté à l’aide d’un tachéomètre avec des points de référence topographique côtés. Si ce découpage a ainsi permis de numéroter chaque coupe, le dégagement des fosses apparaît, en revanche, « arbitraire », car il suit ce cadre théorique. Il a néanmoins permis de restituer les correspondances entre les carrés afin de proposer une chronologie des creusements. Cette méthode offre la possibilité d’établir les relations de chaque couche par carré avec ses voisines directes et le mobilier qui va avec, permettant la restitution d’un diagramme complet, puis simplifié pour finalement obtenir une interprétation dynamique et de proposer des datations relatives après la mise en phases. Finalement, la fouille en damier offre, à l’intérieur d’une structure, un enregistrement stratigraphique, à la fois vertical et horizontal par le recoupement partiel de lobes de fosses. La fosse a été explorée dans son intégralité en deux temps : la première moitié de chacun des creusements a fait l’objet d’une fouille fine manuelle, par couches et par quart opposés (fig. 5) ; par manque de temps, la seconde partie du lobe a été dégagée au moyen d’une mini-pelle, équipée en rétro d’un mini-godet lisse, par couches successives. Enfin, des prélèvements systématiques de sédiments ont été réalisés en vue d’études paléo-environnementales.

3L’implantation topographique du site néolithique en rebord de plateau est relativement rare sur le secteur (fig. 1). Plus précisément, il est établi en rebord des côtes de Moselle à 1,50 km de la rivière Moselle, sur le versant droit de la vallée, surplombant celle-ci d’environ 90 m. Il se place à 255 m NGF à l’extrémité d’un bourrelet en situation légèrement dominante. Le gisement est limité vers le nord-ouest et le sud-est par le coteau qui prend naissance à une cinquantaine de mètres des installations néolithiques. Le versant y est déjà très pentu, avec une forte déclivité comprise entre 10 et 15 %. Aujourd’hui, le talus est drainé par le ruisseau de Malroy situé à 200 m au nord de l’occupation (fig. 2).

Fig. 1 – Localisation du gisement, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 1 – Localisation du gisement, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, V. Brunet, Géoportail/IGN : http://www.geoportail.gouv.fr/​accueil

Fig. 2 – Profil de référence et topographie, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 2 – Profil de référence et topographie, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO V. Brunet

4La topographie du plateau est monotone, formée de terrains calcaréo-argileux du Lias moyen et inférieur. Sur le secteur de Saint-Julien-lès-Metz, les sols sont plus riches en dalles de « calcaire à gryphées » du Jurassique inférieur (Lias, Hettangien). Les dalles calcaires sont couvertes par de faibles placages de Lehms et de limons. Ces derniers sont des roches argileuses à grains fins de teinte blanche ou jaunâtre. Ils sont essentiellement des produits de l’altération du soubassement avec une proportion importante d’éléments éoliens (Maubeuge 1978). Une coupe pratiquée sur l’emprise fouillée a montré, sous la terre végétale de moins de 0,30 m d’épaisseur, une succession de limons argileux brun foncé à brun clair d’environ 0,60 m de puissance et un limon argileux brun crème avec inclusions de plaquettes calcaires. Ces limons scellent un dépôt d’argile jaune de 0,30 m d’épaisseur (fig. 2).

Fig. 3 – Plan du gisement, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 3 – Plan du gisement, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata

5L’encaissant (les limons argileux) montre des ondulations naturelles, avec une profondeur variable entre 0,40 et 0,80 m. Les néolithiques ont suivi ce niveau en vue de la probable exploitation de l’argile jaune sous-jacente semblant expliquer les différences de hauteur de chacun des lobes. L’étude des rejets détritiques de la fosse (utilisation secondaire) montre une distinction spatiale et temporelle très marquée des dépôts (voir infra). La branche sud-est est attribuée au Grossgartach, celle du nord au Bischheim indiquant un hiatus de l’occupation du site de plus d’un siècle. On observe une « pollution » minime avec un seul tesson Bischheim dans une fosse Grossgartach. On n’explique pas la juxtaposition diachronique des creusements dans l’espace sauf si le prélèvement de matière est pratiqué dans l’une des rares poches d’argile rencontrées sur le site. En effet, la fosse Bischheim jouxte celle du Grossgartach (fig. 3, 5).

6Ainsi, il apparaît que les conditions de gisement de Saint-Julien-lès-Metz apportent des éléments nouveaux à la compréhension du Néolithique moyen lorrain, notamment sur la culture de Grossgartach qui est la mieux documentée ici. Contrairement aux sites de la vallée de la Moselle où seules les fosses sont conservées, seuls deux sites en Lorraine associent fosses polylobées et plans de maisons : Marly (Maire et al. 2012a) et Saint-Julien-lès-Metz. Ce dernier permet ainsi une analyse partielle de l’occupation en offrant à la fois des données dans le domaine de l’architecture et de la culture matérielle. En outre, Saint-Julien-lès-Metz livre des informations à une échelle régionale sur son intégration dans des réseaux de diffusion et d’échanges au Néolithique moyen. L’occupation se prête également à une réflexion sur la conquête de nouveaux territoires, c’est en effet ce que semble suggérer son installation en rebord de plateau et la dimension symbolique d’un probable dépôt de fondation. Ainsi, la reprise complète de l’analyse du mobilier archéologique nous a permis d’affiner l’attribution culturelle, d’aborder la structuration spatiale de l’occupation, de s’interroger sur la signification des rejets et, au-delà, de replacer le site dans son contexte régional.

7Depuis le quart de siècle qui nous sépare de la fouille, de nouvelles analyses ont été menées sur des catégories de mobilier qui n’avaient pas été étudiées pour le rapport de fouille. Cette distance temporelle nous a permis de renouveler complètement l’étude du corpus céramique et des éléments de parure, de reprendre les études des restes de faune et de l’industrie lithique. Nous avons également initié de nouvelles analyses. Ainsi, l’étude de l’outillage macrolithique a pu être menée. De nouvelles recherches ont été lancées sur la détermination des provenances des matières premières suivant la nouvelle méthode d’analyse de caractérisation pétrographique des silicites réalisée à la loupe binoculaire selon la méthode descriptive de faciès sédimentaires. Des tests fonctionnels ont été menés sur une sélection d’outils. Un autre test fonctionnel a été réalisé cette fois par chimie analytique sur des résidus organiques provenant d’un tonnelet en céramique, une forme inédite dans le Grossgartach de la vallée mosellane afin de tenter d’identifier sa fonction. Une campagne de tamisage organisée en 2014 par le Service régional de l’archéologie de Lorraine portant sur la totalité des sédiments prélevés lors de la fouille a permis de réaliser l’analyse des macrorestes végétaux et de découvrir un lest de filet et d’ajouter aux éléments de parure une nouvelle perle. Cette campagne a à la fois offert l’opportunité d’enrichir les connaissances sur l’exploitation des ressources végétales pour l’alimentation et sur l’exploitation de l’environnement ligneux pour le combustible et l’environnement végétal en Lorraine au Néolithique moyen et au Néolithique final.

Le site d’habitat du Grossgartach : un espace domestique organisé

Structuration de l’habitat

8Les aménagements attribués à la culture de Grossgartach se composent de deux plans incomplets de bâtiments avec trous de poteau, bordés chacun sur le côté nord d’une fosse de petites dimensions. Les plans des constructions se sont révélés très partiels, l’érosion ayant détruit la plupart des trous de poteau (fig. 5). Ces maisons sont accompagnées de fosses polylobées d’une superficie d’environ 95 m2. L’attribution des fosses à la culture de Grossgartach repose sur le mobilier céramique qu’elle conservait.

Fig. 4 – Plan de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 4 – Plan de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata

9Les limites de l’habitat n’ont pas été reconnues ; à l’ouest les vestiges néolithiques et, notamment un des deux bâtis, ont été détruits partiellement par l’édification d’une villa gallo-romaine. Il ne semble pas possible que l’occupation néolithique se soit prolongée vers le nord en raison de la pente qui s’accentue à mesure que l’on se dirige vers la rupture de pente au nord-ouest. Au sud, le site est jalonné par la départementale 3 qui empêche toute étude. En revanche à l’est, le terrain est en culture et pourrait faire l’objet de futures investigations.

Fig. 5 – Plan phasé des fosses Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 5 – Plan phasé des fosses Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, cliché V. Brunet

Les structures d’habitation sur poteaux

10Les structures d’habitat ont déjà fait l’objet d’une première présentation dans le cadre de la publication des actes des IIe rencontres nord-sud de Préhistoire récente de Dijon (Brunet 2018). L’étude architecturale, la présentation générale des structures et leur datation y ont déjà été exposées. Nous nous concentrerons donc ici sur les aspects économiques du gisement et un bref rappel du mode architectural des deux édifices.

11Deux groupements de trous de poteau dessinent des plans incomplets de maisons d’orientation identique (nord-ouest–sud-est). Éloignées de 80 m, c’est dans cet espace que s’inscrivent les fosses polylobées (fig. 3). La conservation des trous de poteau reste médiocre avec une profondeur moyenne de 0,15 m pour le premier groupe (de 5 cm à 40 cm) et de 0,11 m pour le second (de 4 à 36 cm). La maison 1 est conservée sur une longueur de 15,50 m et 6,50 m de large. La forme de ce bâtiment se rapproche des plans pseudo-rectangulaires selon la classification d’A. Coudart (Coudart 1998). L’orientation correspond à celles des maisons postrubanées, nord-ouest–sud-est avec un axe de 302°. Le plan de la maison 2 est moins bien conservé et, de ce fait, plus difficile à restituer. Elle mesure 10 m de long et 6,70 m de large. L’orientation correspond également à celles des maisons postrubanées avec un axe de 311°.

12La datation des plans repose sur l’analyse architecturale. Ils affichent un héritage rubané avec le principe de fondation en tierces espacées de 5 m en moyenne bordées de parois non porteuses. Les plans sont partitionnés par une démarcation transversale de deux tierces de poteaux et, enfin, ils présentent une structuration spatiale en longues travées à distribution amorphe, proches des formes pseudo-rectangulaires. Ils sont marqués par le passage du Rubané au Grossgartach avec une orientation nord-ouest–sud-est correspondant à celles des maisons postrubanées (Coudart 1998) ainsi que la disparition des fosses latérales. Les fosses existantes « résiduelles » n’ont rien en commun avec les fosses latérales du Rubané, elles ont des dimensions maximales ne dépassant pas 1,60 m. Elles présentent un profil en cuvette et des parois évasées. Le mobilier archéologique provenant de leur remplissage est peu abondant, l’une d’elles (bâtiment 2) en particulier a livré de la céramique attribuée aux productions du Grossgartach et près de 0,40 kg de torchis ; la seconde (fosse 90 de la maison 1) de la faune ainsi que 0,80 kg de torchis (tabl. 1). Les quantités de torchis recueillies à proximité des maisons correspondent sans doute aux restes brûlés des parois en terre des bâtiments.

Tabl. 1 – Répartition spatiale du torchis de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 1 – Répartition spatiale du torchis de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet

Les fosses polylobées

13Elles forment une succession d’alvéoles circulaires, ou ovales, à fond concave dessinant un chapelet de lobes coalescents qui contient un abondant mobilier détritique daté du Grossgartach (fig. 4, 5 : en bleu). Elles sont composées de huit complexes de fosses faiblement espacées d’une quarantaine de centimètres en moyenne les unes des autres. Elles sont numérotées de I à VIII (la dynamique de comblement est décrite de bas en haut). L’ensemble s’étend sur une longueur de 23,80 m pour une largeur de 8,80 m et couvre une superficie équivalente à 95 m2. La plus grande profondeur atteinte est de 0,70 m, ce qui permet d’estimer la quantité de sédiments prélevés à environ 67 m3 (fig. 5, tableau des superficies). Le niveau d’argile jaune apparaît à environ 0,90 m sous la surface et forme le toit du substrat avec des ondulations naturelles, ce qui explique sans doute les différences de profondeur atteinte.

14On observe une relative diversité des techniques de creusement des fosses : les profils sont asymétriques opposant un bord plus ou moins vertical à un plan incliné, tandis que d’autres présentent la particularité d’avoir un bord vertical parfois aménagé d’une marche formant un palier de creusement d’environ une trentaine de centimètres de haut. Cette marche pourrait bien être le dernier témoin de la technique de creusement par paliers successifs. Plusieurs expériences de creusement de fossés rubanés à profil en « V » avec des outils néolithiques mettent en évidence cette technique (Broes et Bosquet 2007, p. 135, 137, 142). Il semble que cela soit aussi le cas sur les sites néolithiques de Rosheim et de Duntzenheim en Alsace (Michler et al. 2014, Véber et al. 2017). Dans les enceintes, cette technique est décelable sur certaines coupes de fossé, comme à Carvin (Pas-de-Calais) datée du Néolithique moyen II du groupe de Spiere (Monchablon et al. 2014) et à Méry-sur-Marne (Seine-et-Marne) datée du Michelsberg (Brunet et al. 2021).

15Si la chronologie de la succession du creusement de chacun des complexes n’est pas accessible, car ils ne se recoupent pas, en revanche, la dynamique du comblement est en partie restituable. Compte tenu du nombre de coupes enregistrées et, afin d’établir les relations de chaque couche par carré avec ses voisines directes et le mobilier qu’il contenait, nous avons eu recours à Stratifiant, l’application de traitement de données stratigraphiques (version 0.3.7 [CeCILL-B], http://www.cecill.info/​ [Desachy 2018]). Les résultats nous ont permis de restituer la dynamique de comblement. Ainsi, on observe que la fermeture de cette vaste dépression s’est déroulée suivant trois grands processus. Le premier est intervenu juste après l’évidement, il est composé d’un limon jaune « propre » sans mobilier détritique ni charbons de bois et comble partiellement les lobes. L’orientation de ce processus est variable, il vient du nord-est pour les complexes I et IV et du sud-ouest pour le II. Ce phénomène témoigne de fosses restées peu de temps ouvertes à l’air libre. La seconde phase correspond à un épisode de comblement lent où l’on trouve, mêlés aux sédiments, les quantités les plus importantes de charbons de bois associées à du mobilier détritique. Le dernier processus scelle la fosse d’un limon argileux brun-grisâtre contenant la plupart des vestiges mobiliers (fig. 6).

16Les dimensions moyennes de chacun des complexes pris individuellement sont proches de celles des fosses latérales des maisons du Néolithique ancien, respectivement 4,10 m de long et 3 m de large pour Saint-Julien-lès-Metz contre 5,80 × 2,80 m à Vignely (Seine-et-Marne, Bostyn et al. 2018), Pontpoint (Oise, Bostyn et al. 2012) et Tinqueux (Marne, Hachem et al. 2021). Ces quelques exemples n’ayant bien évidemment pas valeur statistique. Spatialement, on remarque à Saint-Julien-lès-Metz que l’ensemble des fosses semblent avoir été creusées le long d’un axe. De plus, si l’on regarde la distribution du mobilier, les concentrations les plus denses se situent à deux endroits précis : l’extrémité sud du complexe IV et celle située au nord du complexe VIII (fig. 4). Ceci nous rappelle les interruptions de « fossé » dans les enceintes qui sont comme autant d’axes de circulation et de cumul de zones de rejets (Dubouloz et al. 2023). Ceci suggère que, à Saint-Julien-lès-Metz, l’ensemble des fosses étant creusées, les parties nord et sud semblent border des zones de passage, contraignant la circulation entre les deux maisons et finissant par recevoir les plus grandes quantités de rejets.

17Ainsi, les activités domestiques se sont vraisemblablement déroulées à proximité des fosses avant d’en recueillir les rejets détritiques. La pérennité de l’occupation est soulignée par la présence de maisons, accompagnées d’objets du quotidien : meules et molettes, céramiques et outils en silex, autant d’indices d’une occupation durable. De plus, la répartition spatiale des vestiges au sein des fosses semble attester d’un tri, les lobes abritant les restes osseux étant exempts de torchis et inversement. Les fosses ne reflètent pas exclusivement les activités économiques et de subsistance, car l’une d’elles abrite un rejet particulier et différent des autres modes de rejets rencontrés dans les autres couches et fosses. Il apparaît probable que les objets ont été mis en scène, suggérant une dimension à forte connotation symbolique.

Fig. 6 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune et torchis par complexe de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 6 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune et torchis par complexe de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet.

Descrition des complexes de fosses

18Le complexe I (structures 66-67) est composé de deux fosses distinctes. Il s’agit de deux creusements ovales avec un profil en cuvette à fond concave et plat, aux parois évasées. Respectivement de 0,64 m et 0,90 m de diamètre, ils sont conservés sur une très faible profondeur (0,20 m). La structure 67 est la plus difficile à lire en plan, son remplissage terminal est de couleur quasi identique au substrat. Le comblement des deux structures est proche, il est constitué de limon argileux jaune et/ou de limon argileux gris homogène. Les vestiges sont essentiellement composés de torchis en position secondaire et de charbons de bois mêlés au remplissage. À l’exception de quelques restes de bœuf provenant de la fosse no 66, ils n’étaient accompagnés d’aucun mobilier archéologique (fig. 7, coupe 1).

Fig. 7 – Plan et coupes du complexe I, structures 66 et 67, et du complexe II, structure 76, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 7 – Plan et coupes du complexe I, structures 66 et 67, et du complexe II, structure 76, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.‑F. André

19Le complexe II (structure 76) correspond à une structure de plan ovoïde de 2,90 m de long, 2,70 m de large et de 0,25 m de profondeur. Elle présente trois surcreusements avec un profil en cuvette à fond concave et aux parois évasées. La dynamique de comblement laisse apparaître deux phases : un limon argileux jaune hétérogène venant du substrat sans mobilier ni charbons de bois et un limon brun avec quantité de charbons de bois et de torchis (0,40 kg) en position secondaire, il n’était accompagné d’aucun artefact supplémentaire. Un fossé daté de l’époque gallo-romaine recoupe d’est en ouest cette structure (fig. 7, coupes 2-3).

20Le complexe III (structure 11) est un creusement de 2,45 m de long et de 0,90 m de plan irrégulier, séparé du complexe IV de moins d’une cinquantaine de centimètres, il est constitué de deux alvéoles conservées sur 0,30 m de profondeur. Son profil est en cuvette, le fond est plat, les parois sont évasées et en escalier. Le comblement est stérile de tout vestige archéologique, il est composé de limon argileux jaune « propre ».

21Le complexe IV (structures 10-12) correspond à deux grandes fosses de plan ovoïde de 3,15 m de long, 2,50 m de large et de 0,30 m de profondeur. On observe une succession de 14 surcreusements, tous avec un profil en cuvette à fond concave, convexe ou plat, aux parois évasées et en escalier, les marches mesurent en général une trentaine de centimètres de haut (fig. 8, coupes 6, 10). Suivant les lobes, le remplissage est constitué d’une à trois couches : la première phase de comblement est matérialisée par un apport de limon jaune hétérogène mêlé de charbons de bois et de torchis, puis colmatée d’un limon argileux jaune brun-noir qui conserve du charbon de bois et du torchis comme précédemment. Les sédiments se sont déposés par apport latéral venant du nord-est ou du sud-est. Un sédiment gris vient emballer le mobilier archéologique (céramique, lithique, faune et torchis) qui recouvre l’ensemble. La fosse est finalement scellée d’un limon noir dans lequel était piégé du torchis et des charbons de bois (fig. 8, coupes 6-8, 10). C’est au sein de cet ensemble que l’on enregistre la plus grande quantité de torchis en position secondaire avec un total de 8,40 kg et de rares restes osseux.

Fig. 8 – Plan et coupes du complexe IV de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 8 – Plan et coupes du complexe IV de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.-F. André

22Le complexe V (structures 49-74) est une fosse distante d’une cinquantaine de centimètres du complexe VI, elle mesure 2,85 m de long et 2,40 m de large. Elle est conservée sur une faible profondeur (0,24 m). Le creusement de plan irrégulier est composé de deux alvéoles avec un profil en cuvette à fond concave, aux parois évasées. Son comblement est constitué d’une couche de limon argileux jaune et brun-grisâtre. Cet ensemble livre des quantités importantes de faune, parmi lesquelles le cerf a pu y être reconnu (fig. 9, coupe 12), et peu de torchis.

Fig. 9 – Plan et coupes du complexe V, structures 49 et 74, et du complexe VII, structure 72, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 9 – Plan et coupes du complexe V, structures 49 et 74, et du complexe VII, structure 72, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.-F. André.

23Le complexe VI (structures 3, 68, 73, 77-78) de 6,85 m de long et de 3,25 m de large est en réalité une succession de lobes aux plans irréguliers comportant 13 surcreusements. Il est conservé sur 0,40 m de profondeur. Les profils sont généralement en cuvette à fond concave et/ou plat ou irrégulier, les parois sont évasées. Les remplissages sont composés d’une à trois couches suivant les lobes. La dynamique de comblement s’effectue en trois phases. La première correspond à un apport massif de limon argileux jaune, la seconde d’un limon argileux homogène brun-grisâtre et la dernière d’un limon gris hétérogène (fig. 10, coupes 15, 17). On y a recueilli de la céramique, du mobilier lithique et macrolithique et des restes de faune, tandis que des restes de torchis y sont exceptionnels.

Fig. 10 – Plan et coupes du complexe VI, structures 3, 68, 73, 77-78, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 10 – Plan et coupes du complexe VI, structures 3, 68, 73, 77-78, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.-F. André

24Le complexe VII (structure 72) est une fosse de plan ovoïde de 3 m de long et de 1,80 m de large, elle comporte six surcreusements. Elle est conservée sur 0,28 m de profondeur. Son profil est en cuvette, les fonds convexes et les parois évasées. Le comblement est constitué de limon argileux jaune (fig. 9, coupe 18) et de rares tessons de céramique (voir infra).

25Le complexe VIII (structures 4, 7, 13, 15, 52-54, 71) de 9,70 m de longueur et de 7,25 m de large présente un plan irrégulier comportant 13 surcreusements. Ils sont conservés sur environ 0,70 m de profondeur. Les profils sont généralement en cuvette avec un fond concave ou plat et des parois évasées en escalier, la hauteur moyenne des marches est équivalente à une trentaine de centimètres de haut (fig. 11, coupes 23-24, 27). La dynamique de comblement montre au moins quatre phases. Dans un premier temps, on observe l’apport massif de limon hétérogène jaune, homogène proche de l’encaissant, il comble en grande partie le creusement. Dans un second temps, une couche de limon argileux brun-grisâtre recouvre plus ou moins partiellement l’excavation et, dans un troisième temps, un limon de couleur brun-noir vient sceller l’ensemble (couches 6-7 : ensembles clos). On remarque cependant que la fosse 4 apparaît différente par sa forme de l’ensemble des creusements formant le complexe VIII. Elle est en effet comblée d’une seule couche de limon argileux jaune hétérogène, provenant de l’encaissant, témoignant d’une fermeture rapide. C’est dans cette dernière que se concentrent la plupart des artefacts (fig. 11, coupes 21-24, 27). La composition du mobilier et leur disposition montrent qu’il ne s’agit pas de simples rejets détritiques, mais leur agencement témoigne de gestes intentionnels. Un fossé gallo-romain a faiblement altéré la fosse (fig. 4, 11).

26La fosse 4 dans le complexe polylobé est originale puisqu’il s’agit d’une alvéole creusée en forme de cloche inversée ou d’une niche assortie d’une banquette, ce qui est unique sur le site. C’est sur cette dernière qu’un mobilier exceptionnel y est déposé, côte à côte : un gobelet et un tonnelet en céramique, ce sont des formes complètes. La banquette forme une marche d’une trentaine de centimètres de haut dominant l’alvéole. Cette dernière, de plan ovale, présente un diamètre qui va s’amenuisant au fur et à mesure que l’on s’approche du fond. Le mobilier de la niche ne repose pas directement sur le fond, on y a retrouvé :

  • Le plus grand nombre de fragments osseux du site avec une conservation différentielle marquée de la faune. Près de 200 ossements ont été exhumés d’un poids total de 0,26 kg. Plusieurs espèces ont été répertoriées : bœuf et/ou aurochs, cerf et porc. Les éléments de squelettes d’animaux se présentent sous la forme d’os frais plus ou moins identifiables, parmi lesquels sont mêlés quelques fragments d’os brûlés et non brûlés indéterminés. Aucun fragment d’os humain n’a été décelé, pas même dans les refus de tamis où des esquilles d’os ont été récupérées, écartant l’hypothèse d’une sépulture en fosse domestique ou d’un dépôt humain à l’instar de ceux connus dans les enceintes (Lasserre et al. 1999). La conservation des os est très différente de celle des autres structures du site, l’assemblage est presque exclusivement composé de restes de grands mammifères, ce qui n’est pas sans poser la question d’une association recherchée de ces divers éléments. Malgré tout, on ne décèle pas d’agencement particulier des différentes parties anatomiques (fig. 12) ;
  • Il s’agit sans doute de l’ensemble le plus riche du site en nombre de céramique avec 1 100 kg, soit 254 fragments et 11 NMI parmi lesquels les deux objets complets évoqués plus haut, le gobelet et le tonnelet ;
  • Parmi l’industrie lithique, on enregistre 16 pièces d’un poids de 0,568 kg, l’alvéole concentre le plus grand nombre d’outils parmi lesquelles on y a distingué deux percuteurs et des outils fragmentés en roche tenace : une herminette polie et un coin perforé. Parmi les outils sur éclat ou lame, on compte un éclat et une lamelle retouchés, deux armatures perçantes à base concave et un outil double : un grattoir/microdenticulé. L’effectif du mobilier lithique y est également relativement important par rapport au reste de la fosse polylobée ;
  • Le complexe VIII conserve aussi 70 pièces macrolithiques d’un poids d’un peu plus de 13 kg ; il concentre le plus grand nombre d’outils avec en particulier une meule et une molette ;
  • Un élément de parure a été identifié, il s’agit d’un fragment d’anneau en céramique (voir infra).
  • Le torchis est abondant avec un poids total de 3,50 kg. Sept fragments portent des traces de clayonnage et six d’entre eux montrent une face lisse, il est ici en position secondaire ;
  • À cela s’ajoutent enfin, quelques fragments d’os brûlés de faune et une noisette carbonisée.

27Cinq dates radiocarbones ont été réalisées dans le complexe VIII et trois plus particulièrement centrées sur la fosse 4. Les trois dates réalisées sur fragments osseux disponibles de la structure 4 ont donné des résultats aberrants en raison de l’insuffisance en collagène. Une seule renvoie au Grossgartach (Poz-62425) 5740 ± 35 BP, soit calibrée à 2 sigma de probabilité (95,40 % de probabilité : 4691-4464 cal. BC, calibrée avec Oxcal online v.4.4.4, données atmosphériques d’IntCal20 [Reimer et al. 2020] qui offrent une nouvelle approche en utilisant la statistique bayésienne [Heaton et al. 2020]).

Fig. 11 – Plan et coupes du complexe VIII, structures 4, 7, 13, 52, 53-54, 71, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 11 – Plan et coupes du complexe VIII, structures 4, 7, 13, 52, 53-54, 71, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.-F. André

Fig. 12  Complexe VIII, plan de la structure 4, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 12 – Complexe VIII, plan de la structure 4, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.-F. André, clichés V. Brunet

La structure 4 : fosse cultuelle, sépulture, dépôt de fondation ?

28La fosse 4 interroge sur le mode de dépôt unique des objets sur l’ensemble du site : s’agit-il de simples rejets détritiques ou d’un dépôt organisé à vocation funéraire ou domestique ? Il semble qu’à Saint-Julien-lès-Metz, cette fosse ne reflète pas exclusivement les activités économiques et de subsistance. Elle est la seule du gisement à afficher une morphologie très différente, elle dessine une alvéole au plan ovale se rétrécissant fortement à l’approche du fond. Celui-ci est convexe et s’enfonce plus profondément dans le substratum que le reste des creusements. En coupe, elle prend le contour d’une cloche dont l’ouverture est orientée vers le ciel. La forme particulière donnée ici à la fosse semble avoir été déterminante pour la composition d’une mise en scène. Elle se décompose en deux parties : une banquette où sont déposés des vases entiers et une niche en contrebas où se concentrent des vestiges fragmentés. Les premiers relèvent d’un mobilier exceptionnel (gobelet entier et tonnelet en céramique) tandis que les seconds sont constitués d’objets du quotidien, pour la plupart utilisés et non fonctionnels (coin perforé, fragment poli, moulin apparié non fonctionnel) et des restes de grands mammifères. Le dépôt associe donc des objets entiers et brisés, choisis, et de la faune que l’on ne retrouve pas ailleurs sur l’ensemble du gisement. D’une manière générale, les rejets détritiques de l’ensemble des fosses polylobées sont toujours situés dans les dernières phases du comblement. Ici en revanche, les objets brisés apparaissent dans les niveaux les plus profonds, même s’ils ne s’appuient pas directement sur le fond. Tous ces éléments interrogent sur la fonction plus particulière donnée à cette niche. Le geste semble donc séparer clairement celui qui est entier en haut de celui qui est brisé en bas. On peut également y voir une opposition dans la fonction des objets avec les céramiques qui reçoivent et objets en roches tenaces et moulins appariés qui tranchent ou écrasent.

29Bien que la signification la plus profonde de ce geste nous échappe, plusieurs hypothèses pour comprendre cet agencement peuvent être envisagées. Il procède d’un aménagement par bien des égards similaires avec ceux que l’on trouve généralement dans les nécropoles Rubané ou Grossgartach d’Alsace (Jeunesse 1995b, Lefranc et al. 2014) ou de la vallée de l’Aisne (Allard et al. 1997, Thévenet 2004). Il ressort également des analogies avec ceux des enceintes chasséennes ou Michelsberg associant la faune à des vases complets comme à Escalles et Carvin (Pas-de-Calais), Passel (Oise), Bazoches-sur-Vesles (Aisne) ou Vignely (Seine-et-Marne) (Dubouloz et al. 1997, Lanchon et al. 2006, Monchablon et al. 2011, Praud 2014, Cayol 2017, Brunet et al. à paraître). Et enfin, sa position stratigraphique permet d’associer cette pratique avec un possible rituel de fondation (Hamon 2008).

30Ainsi, plusieurs similitudes avec les dépôts funéraires peuvent être développées, ils concernent la morphologie de la fosse, le mobilier et la faune. D’une part, s’agissant de l’aménagement de l’excavation en elle-même, elle n’est pas sans rappeler les fosses sépulcrales à niches et banquette sur laquelle est déposé le mobilier propitiatoire dans les sépultures du rubané récent et final de la vallée de l’Aisne (Allard et al. 1997, Thévenet 2004). D’autre part, le comblement rapide de la fosse de Saint-Julien-lès-Metz fait écho à celui des fosses circulaires de la moyenne vallée du Rhône comblées avec l’encaissant « non anthropisé, et non pollué par d’autres terres » (Beeching et al. 2010), auxquelles une signification particulière est attribuée, celles de fosses sépulcrales, à l’instar du remplissage rapide des inhumations. Elle renvoie également à l’aménagement de certains caveaux bretons « à Lannec er Gadouer la nature des sédiments qui enserrent le caveau [montre une opposition] puisque la part orientale est composée de limons gris-blanc hydromorphes allochtones alors que la moitié occidentale est faite des limons bruns communs, et qu’à cela s’ajoute un saupoudrage d’ocre sous cette zone même, mais en ne couvrant que cette surface là » (Cassen et al. 2000, p. 735). Elle fait également écho à la couleur des matériaux naturels mis en œuvre dans les constructions funéraires néolithiques et les couleurs qui sont selon S. Cassen « l’exemple de récurrence d’une structure d’opposition » (Cassen et al. 2000, p. 724).

31Concernant le mobilier lui-même, le gobelet caréné est le vase couramment déposé dans les sépultures des nécropoles alsaciennes Grossgartach (Jeunesse et al. 1996, Bakaj et al. 1998, Denaire et Mauvilly 2012, Lefranc et al. 2018). L’association d’une hache polie et d’un objet perforé en roche tenace est récurrente dans les nécropoles du Néolithique ancien de Vendenheim et de Quatzenheim (Jeunesse et al. 2002, Jeunesse 2005), ainsi que dans certains cimetières du Néolithique moyen rhénan comme Trébur (Spatz 1999), notamment dans les tombes les plus riches. En dernier lieu, la fosse de Saint-Julien-lès-Metz concentre aussi des rejets liés à la préparation d’animaux (vertèbres, bas de pattes, éléments de tête, épaule) pouvant faire référence aux dépôts alimentaires des nécropoles Grossgartach « […] sous la forme de squelettes entiers… de quartiers de viande » (Jeunesse 1995b, p. 1320, Lefranc et al. 2014, p. 45). Concernant la disposition du mobilier en lui-même, l’opposition spatiale du mobilier séparant le haut (entier) et le bas (brisé) rappelle encore le caveau breton de Lannec er Gadouer (Erdeven) qui comprend une dalle de plancher séparant le haut du bas, la partie supérieure où se trouvait un dépôt de lames de hache polie en fibrolitite intacte et la partie inférieure colmaté où se trouvaient trois lames de hache polie de travail, usagées, également en fibrolitite. S’ajoute, dans la partie supérieure, un plat en terre cuite gravé de signes disposés selon une claire partition entre un « haut » et un « bas » (Cassen et al. 2000, p. 1341). Finalement, à Saint-Julien-lès-Metz, le mobilier, la disposition spatiale, le comblement rapide mis en évidence par « l’encaissant très propre » (Beeching et al. 2010) questionnent sur l’aspect funéraire, voire symbolique du dépôt. Toutefois, aucun ossement humain n’a pu être identifié ou découvert à proximité, l’hypothèse d’une sépulture paraît donc exclue. Enfin, faut-il souligner que les rituels funéraires connus actuellement pour le Grossgartach correspondent à des nécropoles plutôt qu’à des tombes isolées (Perrin et al. 2018).

32Si l’interprétation funéraire semble écartée, l’aménagement de la fosse 4 de Saint-Julien-lès-Metz trouve, par certains aspects, des similitudes avec les dépôts des enceintes chasséennes ou Michelsberg. Quatre points communs peuvent être développés. Ils sont essentiellement liés à la localisation, aux types d’objets déposés, au traitement donné au creusement de l’excavation et à la séparation des familles de mobilier.

  • En premier lieu, dans les enceintes, les dépôts sont régulièrement situés au niveau des interruptions des fossés qui jalonnent des espaces de circulation et sont donc généralement liés aux zones de passage. À Saint-Julien-lès-Metz, les complexes s’alignent sur un axe nord-nord-ouest–sud-sud-est proche de celui donné aux maisons. Les plus grandes concentrations de mobilier dans la fosse sont situées aux deux extrémités. En comparaison, les complexes du centre sont quasi vides de rejets (fig. 3). Les extrémités semblent matérialiser des zones de circulation entre les deux unités d’habitation, le dépôt est localisé dans l’une d’elles.
  • En second lieu, les dépôts sont constitués de mobilier sélectionné : ossements, vases entiers, objet en roche tenace, perforé et objet poli brisé. Les vases complets sont fréquents à Bazoches-sur-Vesles, Escalles ou Carvin, etc. (Dubouloz 2004, Praud 2014, Monchablon et al. 2011).
  • Troisièmement, la forme de l’alvéole de Saint-Julien-lès-Metz semble choisie, elle est unique pour l’ensemble de la fosse polylobée. Ceci fait écho au soin spécifique apporté aux extrémités des fossés de la plupart des enceintes qui reçoivent les dépôts. Ils ont souvent fait l’objet d’un aménagement particulier avec, par exemple, des parois verticales, un fond nettement plat, un plan rectangulaire, etc. (Cayol 2021).
  • Enfin, la répartition spatiale des différentes catégories d’objets dans le dépôt de Saint-Julien-lès-Metz avec la céramique en haut et le lithique en bas fait écho à l’antinomie de familles d’objets décelés dans les dépôts d’enceinte. Il semble en effet exister une distinction entre céramique et mobilier macrolithique, « ces catégories d’objets semblent s’exclure et soulignent une antinomie entre ces familles d’objets » (Monchablon et al. 2014, vol. 1, p. 137-138) comme cela paraît être le cas à Saint-Julien-lès-Metz. Si cette comparaison est intéressante, il faut néanmoins la prendre avec réserve. En effet, en contre point, on connaît un dépôt sur un habitat Grossgartach à Ittenheim (Alsace) qui associe dans un silo un vase et trois meules entières, quasi neuves (Denaire 2014).
  • Le coin perforé est un objet fréquemment associé par les auteurs à une fonction « non domestique » (Thirault 2004) ou symbolique, sans toutefois abandonner l’idée d’une utilisation fonctionnelle (Grisse 2006, Mauvilly et Kramer 2021).

33Ainsi, comme le souligne J. Leclerc, l’organisation d’un site ou, en l’occurrence ici, d’un espace apparaît comme le plus porteur d’une signification (Leclerc 1997). Le mobilier du dépôt de Saint-Julien-lès-Metz ne correspond pas, à proprement parler, au mobilier que l’on trouve généralement dans les habitats, il en diffère par la qualité des vases et par le mobilier lithique. Le dépôt apparaît ici comme un geste volontaire au sens donné par S. Bonnardin dans un cadre symbolique ou rituel (Bonnardin 2009). La découverte d’objets fragmentés dans les sépultures collectives n’est pas rare comme le signale M. Sohn citant l’exemple des haches polies cassées volontairement avant leur dépôt (Sohn 2008). L’auteure interprète le bris intentionnel d’objet comme l’annihilation de leur « fonction d’usage » en contexte sépulcral. Le bris intentionnel pourrait traduire une rupture avec la tradition (Bonnardin 2009, p. 229) ou la manifestation d’un symbole « [d’] un signe de reconnaissance » (Granjon et al. 2008), un « objet coupé en deux dont deux hôtes conservaient chacun une moitié qu’ils transmettaient à leurs enfants ; on rapprochait les deux parties pour faire la preuve que des relations d’hospitalité avaient été contractées » (Rey 2004) ou pour restaurer d’anciennes alliances et reprendre des échanges profitables à tous (Pétrequin et al. 2002). Des gestes similaires existent dans les objets déposés dans des sépultures de Suisse en contexte Chamblandes. La nécropole de Vidy à Lausanne (Suisse) livre des sépultures avec le dépôt d’objet cassé : un coin perforé associé à un corps ou le dépôt d’objets brisés (probablement volontairement) et non directement associé à un corps (Moinat 1998, Thirault et al. 2007). L’une des hypothèses proposées par E. Thirault pour interpréter ces dépôts reviendrait au statut de ces objets cassés non associés au corps : « objets sacrés qui appartiennent en propre à la communauté, n’est pas incompatible avec leur association, stricte ou plus lointaine dans la tombe, avec des individus » (Thirault et al. 2007, p. 250, Jeunesse 2011).

34Le dépôt de meules dans les fosses latérales de maisons rubanées est un phénomène fréquent, il pourrait être lié à l’installation ou l’abandon de la maison (Hamon 2008). Par conséquent, celui de Saint-Julien-lès-Metz se révèle comme un geste complexe et élaboré. La composition du mobilier semble en rapport avec les dépôts collectifs des sépultures collectives plutôt qu’avec celui des dépôts individuels qui correspondent essentiellement à l’équipement personnel des individus (Sohn 2002). Ainsi, l’hypothèse d’un dépôt de fondation pour la communauté et destiné sans doute à assurer la pérennité du village apparaît plausible. Sa fonction dans la fosse d’extraction d’argile pour réaliser le torchis des habitations pourrait être liée à l’installation des maisons voire à la fondation du village dans un nouvel environnement lié à la conquête de nouveaux territoires et notamment des plateaux sous l’impulsion de la pression démographique (Bocquet-Appel 2010). L’appariement mis en scène à Saint-Julien-lès-Metz par la différence de sédiments, par les objets entiers du haut et les objets brisés du bas fait écho, comme nous l’avons déjà suggéré ci-dessus, à des mises en scène identifiées dans certains caveaux bretons (Cassen et al. 2000, p. 734-735). Cet appariement est en rapport avec « l’altérité » dont parle S. Cassen. En effet, dans les conceptions des origines du monde, les « mythes cosmogoniques, […] la création du monde se fait par une opération de séparation de la compacité initiale… les moitiés ainsi séparées restent en contact permanent et c’est la raison même du fonctionnement du monde… Pour de nombreuses sociétés se constituent deux moitiés, le monde des vivants et le monde des morts, l’ensemble formant un système spatial complexe, orienté et polarisé… » (Dragan 1999, Cassen 2012). À la seule différence, qu’à Saint-Julien-lès-Metz, il s’agit plutôt d’un dépôt domestique. Le registre symbolique n’est, néanmoins, pas ou peu différent du dépôt funéraire breton. L’association dans le dépôt de céramiques et de haches renvoie aux dépôts des sépultures collectives dans lesquels la hache semble symboliser la sphère masculine et la céramique la sphère féminine (Sohn 2008, p. 11). Les fondations du village de Saint-Julien-lès-Metz seraient ancrées à la fois dans le monde des morts symbolisé par les objets brisés, qui tranchent ou écrasent la sphère masculine, et dans le monde des vivants avec les objets entiers, qui reçoivent du haut tournés vers le ciel, la sphère féminine. En revanche, les restes de carcasses de grands mammifères peuvent être interprétés comme des offrandes alimentaires ou comme des restes liés à la cérémonie ou au banquet qui peut avoir accompagné la fondation du village (Sohn 2008, p. 13).

Fonction des fosses polylobées

35Outre la fonction symbolique de l’un de lobes, les fosses polylobées semblent surtout avoir servi comme carrières d’extraction, puis comme dépotoirs.

36La fonction des fosses polylobées est généralement associée à des carrières d’extraction destinée en particulier à la construction de murs en torchis et reconverties en dépotoir (Jeunesse 1993, Croutsch et al. 2008, 2016, Ihuel et Pelegrin 2009, Brkojewitsch et al. 2010, Maire et al. 2012b, Perrin et al. 2014, 2019, Asselin et Le Brun-Ricalens 2017, Véber et al. 2017). En l’occurrence, à Saint-Julien-lès-Metz, il semble que ce soit effectivement le cas, elle est au moins dans un premier temps liée à la recherche de l’argile jaune ou du limon argileux très plastique. Le volume prélevé pourrait atteindre jusqu’à 67 m3 sans tenir compte de l’érosion. Les sédiments argilo-sableux et d’argile jaune, substratum du site, présentent toutes les caractéristiques de plasticité nécessaire et semblent donc tout à fait adaptés pour la mise en œuvre de ce matériau et pour la construction et l’isolation. L’idéal pour pouvoir utiliser les limons de plateau comme liant, c’est qu’ils soient argileux à 30 % avec une charge de sable ou de matière végétale ou organique sans quoi l’argile craquelle au retrait (Pétrequin 1997). La construction des murs en torchis demande des armatures et des structures de renforts internes généralement en bois (noisetier, clématite, voir Pétrequin et al. 1991). À Saint-Julien-lès-Metz, le noisetier est attesté par les analyses anthracologiques (cf. infra) sans que l’on puisse affirmer qu’il ait pu jouer un rôle dans la construction des bâtiments.

37Dans un second temps, les fosses ont servi de dépotoirs. Les traces d’activités économiques et de subsistance qui se sont déroulées à proximité immédiate des fosses polylobées ont été exceptionnellement conservées. Si le site de Saint-Julien-lès-Metz ne permet pas d’avancer des hypothèses sur la distribution des activités liées aux pratiques alimentaires au sein des maisons durant le Grossgartach, en revanche, les résultats livrés par la fosse polylobée sont caractéristiques de dépôts secondaires et d’activités de brûlage qui se seraient déroulées à proximité de celles-ci (De Hingh 2000, Kreuz et al. 2005, Berrio 2012, Galland et al. 2014, Juhél et al. 2014). De plus, la répartition spatiale des vestiges au sein des fosses semble attester d’un tri, certains lobes abritent des restes osseux et sont exempts de torchis et inversement, ceci permettant d’envisager des activités dans un espace domestique structuré, spécialisé par zones d’activité.

La culture matérielle 

La céramique Grossgartach

Prologue

38Les complexes de fosses I à XII ont livré une belle collection de vases du Néolithique moyen rhénan, rappelant que cette partie de la Moselle est, au Ve millénaire, culturellement rattachée à la séquence Grossgartach-Rössen-Bischheim (rhénan). Elle constitue d’ailleurs la frontière occidentale de l’aire de répartition de ces groupes culturels.

39Les caractéristiques techniques et typologiques de cette collection permettent aisément de distinguer deux ensembles, ce que confirme leur répartition (fig. 5). Le plus ancien rassemble des productions typiques de la culture de Grossgartach dont la datation, en Basse-Alsace, est aujourd’hui calée entre 4745-4720 et 4680-4640 av. n.è. (avec une probabilité de 68 %) ; le plus récent regroupe des poteries relevant du groupe de Bischheim qui, toujours en Basse-Alsace, prend place dans une fourchette allant de 4495-4430 à 4270-4210 av. n.è. (Denaire et al., 2017, Denaire et Lefranc 2023).

40Ces ensembles appartiennent donc à deux occupations distinctes, séparées par au moins 150 ans ; aucun élément Rössen n’ayant été recueilli sur le site, il faut donc envisager une réoccupation et aucunement une continuité d’occupation.

41La série Grossgartach compte environ 400 tessons dont peu ou prou la moitié proviennent du complexe VIII. Elle est donc la plus importante aujourd’hui disponible en Moselle. Elle reste toutefois modeste en comparaison des corpus habituellement exhumés dans les complexes de fosses contemporaines d’Allemagne ou d’Alsace qui comptent de milliers de tessons : 14 000 à Oberschaeffolsheim dans le Bas-Rhin (Perrin et al. 2018) et 11 500 sur le site voisin de Kolbsheim (Denaire et al. 2013).

Quelques remarques sur les aspects techniques

42Les caractéristiques des vases Grossgartach de Saint-Julien-lès-Metz sont conformes à ceux des productions de cette culture rencontrées dans toute l’Allemagne du Sud-Ouest. A priori, rien ne les en distingue, que ce soit au niveau des techniques de montage, de la finition des surfaces – d’excellentes factures quand celles-ci sont conservées – ou de la cuisson. On retrouve les mêmes surfaces craquelées si fréquentes et caractéristiques de la première moitié du Néolithique moyen rhénan (Denaire 2009, p. 96).

43La seule originalité que l’on peut noter pour cette collection est la discrétion des vases non décorés réalisés dans une pâte « grossière ». Cette dernière se signale par une homogénéité moindre, des teintes de surfaces brunes à orangé, un cœur gris plus ou moins foncé et un lissage moins poussé que pour les vases décorés. Leur cuisson s’est donc d’abord déroulée en atmosphère réductrice, puis oxydante.

44L’essentiel de la production correspond à ce qui est habituellement qualifié de céramique fine, mieux travaillée, qui se signale aussi par une finition plus poussée des surfaces, allant jusqu’à un véritable polissage de la surface externe, des teintes plus foncées, allant du gris au noir. Cette coloration concerne aussi bien le cœur que les surfaces internes et externes des parois, quoique ces dernières soient généralement d’un ton plus clair. Certains individus se singularisent toutefois par une surface externe, brune ou grise. Cette coloration se présente sous la forme d’une fine pellicule qui n’affecte que la surface externe. Toutes ces caractéristiques témoignent d’une cuisson réductrice bien maîtrisée.

45Les inclusions visibles à l’œil nu sont majoritairement sableuses. Quelques tessons se distinguent par la présence de grains de quartz et de calcaire coquillier (fig. 13).

Fig. 13 – Les inclusions, céramique Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 13 – Les inclusions, céramique Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

R. Prouteau

Les formes

46Cette série est très fragmentée et nombre de poteries ne sont représentées que par un ou deux tessons. Les tentatives de remontage n’ont rencontré qu’un succès limité. Les raccords se cantonnent à une même structure ou à un même carré de fouille. Ils n’ont, en tout cas, pas permis de relier différents lobes des complexes I à VIII (fig. 5).

47Dans ces conditions, il est normal que la diversité des formes rencontrées soit très limitée comparée au vaisselier habituellement retrouvé dans les fosses domestiques Grossgartach. Il manque en effet plusieurs types, tels que les grands vases de stockage ou les bouteilles, et de nombreuses variantes notamment de jattes ; aucune trace de vases quadripodes ou de récipients à pied annulaire creux, pourtant si nombreux ailleurs et surtout facilement reconnaissables ; les bords polylobés – emblématique des productions Grossgartach – manquent aussi à l’appel.

48Seules de nouvelles découvertes nous diront si ces absences sont dues à la faiblesse numérique de la série de Saint-Julien-lès-Metz ou si elles trahissent des spécificités du répertoire des potiers Grossgartach de Moselle. La rareté des productions en céramique grossière invite à privilégier la première hypothèse.

49Parmi les formes reconnues, l’inventaire est comme toujours dominé par les vases à panse carénée (fig. 15). D’ailleurs, la totalité des éléments décorés provient probablement de vases de ce type. Un seul est archéologiquement complet (fig. 15, no 1), un gobelet qui présente une carène mousse ; un autre exemplaire est muni d’une rare variante de carène « pincée » de manière à former un cordon plastique saillant (fig. 15, no 10).

50Un grand tesson de col se signale par son épaisseur nettement plus importante (fig. 15, no 4). Il provient sans aucun doute d’un pot et non d’un gobelet à panse caréné, compte tenu de ses dimensions nettement plus importantes que les autres exemplaires.

51La typologie des vases non décorés est plus développée. Parmi les formes représentées, au moins un vase à paroi rentrante a été recueilli (fig. 14, no 3).

52Outre une grande jatte à profil en « S » (fig. 14, no 2), plusieurs écuelles et bols hémisphériques ont également été identifiés (fig. 14, nos 5-7). Le grand bol de la figure se distingue par sa lèvre ourlée finement encochée (fig. 14, no 4).

53La fouille de la structure 12 a permis de mettre au jour les fragments d’un grand vase tronconique à paroi rectiligne non décorée (fig. 14, no 1). Il est muni de bouton de préhension nettement saillant. Curieusement, son pendant décoré, pourtant si fréquent sur les sites Grossgartach, est ici absent. Un autre fragment provient aussi d’un vase à paroi tronconique ou subverticale (fig. 14, no 8).

54Plusieurs tessons proviennent probablement de la partie inférieure d’un pot à panse globulaire muni de boutons ovales à perforation horizontale. Quelques tessons de bord un peu plus épais que les autres doivent probablement être intégrés à cette catégorie.

55Enfin, la catégorie de petits gobelets à panse globulaire et profil en « S » est présente au travers de quelques tessons de panse munis de petits boutons de préhension non perforés, mais sans certitude.

Fig. 14 – Les formes non décorées Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 14 – Les formes non décorées Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M.-F. André, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet

Fig. 15  Les formes décorées Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 15 – Les formes décorées Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M.-F. André, dessin du vase caréné P. Brunet, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet

Caractéristiques typologiques secondaires

56Outre la carène pincée déjà signalée, les éléments plastiques se limitent aux préhensions. Les éléments non perforés sont de petits boutons circulaires, exceptionnellement ovales, souvent à peine saillants (fig. 14, nos 7-8) à l’exception de ceux équipant le vase tronconique de la structure 12 (fig. 14, no 1).

57Les éléments de préhension perforés sont des boutons ovales à perforation horizontale. L’une équipe un probable pot à paroi en « S », un autre un vase caréné décoré (fig. 15, no 4).

58Signalons également la présence d’une seconde lèvre encochée en sus de celle du bol à bord ourlé. Bien que souvent considéré comme une caractéristique plus tardive au sein des productions du Néolithique moyen rhénan (cf. ci-dessous la partie sur le Bischheim), l’encochage des lèvres est bien attesté en contexte Grossgartach (Denaire 2009, p. 92-93).

Le petit tonnelet, une forme inédite dans le Grossgartach mosellan

59L’élément le plus remarquable de l’habitat Grossgartach est sans aucun doute la découverte d’un tonnelet en céramique. Les conditions de mise au jour de cet objet ont montré qu’il était associé à un gobelet caréné décoré (fig. 15, no 1). Les caractéristiques de sa pâte ne laissent planer aucun doute sur son attribution au Grossgartach.

60Il s’agit d’un petit récipient grossièrement cylindrique. Il mesure 107 mm de long et 59 mm de haut, l’épaisseur des parois est d’environ 10 mm. Une de ses extrémités est aplatie, l’autre légèrement concave. Le lissage reste sommaire et n’a pas fait disparaître les irrégularités de montage, sa surface apparaissant bosselée à certains endroits (fig. 16).

61Une bonde ovale de 25 mm de diamètre s’ouvre sur la panse. Les lèvres sont simplement amincies, elles forment un léger renflement. La fouille minutieuse n’a pas révélé la présence d’un bouchon. Quatre éléments de suspension perforés d’à peine 10 mm de haut se dressent sur la même face que le trou par lequel on le remplit. Cet objet était donc suspendu, la plus grande longueur parallèle au sol.

62Ce type de récipient est des plus rares en contexte Grossgartach. Quatre autres sont signalés en Alsace, sur le site de Bernolsheim (tombe 3027 ; Leprovost 2023, p. 254, fig. 260-262) et en Allemagne (Biermann 2003, p. 88-91), à Reinheim-Überau « Am Langenstein » (Krs. Darmstadt-Dieburg) en Hesse, Bochum-Laer « O Laerfeldstraße » (Stadt Bochum) en Rhénanie-du-Nord–Westphalie et Sargstedt (Stadt Halberstadt, Lkrs. Harz) en Saxe-Anhalt. Les trois premiers sont attribués au Grossgartach, le dernier à la phase Planig-Friedberg (Spatz 1996, vol. 1, p. 465, Denaire 2009, p. 437).

63L’exemplaire de Sargstedt, complet, se distingue du tonnelet de Saint-Julien-lès-Metz par une panse ventrue et des extrémités plus élaborées, semblables à des pieds annulaires creux de vases Grossgartach ou Rössen. Avec une longueur de plus de 20 cm et une largeur de 15 cm, il est aussi plus grand. Ces extrémités sont percées de manière à en assurer la suspension (Behrens 1973, Abb. 17, n° 1, Lönne 2003, p. 99, Abb. 45).

64L’exemplaire de Bernolsheim trouvé en contexte funéraire, bien qu’incomplet, est celui qui se rapproche le plus de Saint-Julien-lès-Metz tant par ses dimensions (12,10 cm de long pour 5,60 cm de large) et la présence de petits boutons perforés pour sa suspension (Leprovost 2023, p. 254, fig. 260). Il est décoré de rangées doubles d’impressions doubles. Comme l’exemplaire de Sargstedt, ses extrémités ressemblent à s’y méprendre à des fonds annulaires creux de jattes, laissant entendre que la liste des tonnelets Grossgartach est sans doute plus longue, mais que les exemplaires fragmentaires ne sont tout simplement pas identifiés comme tels.

65Un bouchon en céramique a également été découvert à Einbeck-Kohnsen 9 (Lkr. Northeim) en Basse-Saxe (Lönne 2003, Taf. 93, no 5) dans un contexte Grossgartach et/ou Céramique pointillée.

66En Allemagne, les exemplaires les plus anciens remonteraient au Néolithique ancien rubané, mais ils sont considérés comme douteux, le risque de confusion avec d’autres formes étant élevé (Biermann 2001, p. 90).

67Quelques exemplaires Rössen sont également signalés en Allemagne du Sud-Ouest (Biermann 2001, p. 90), mais c’est dans le Baden, qui se développe entre 3500 et 2700 av. n.è. dans le bassin des Carpates, l’est de l’Autriche, l’ouest de la Bohême et en Bavière, que l’on trouve le plus d’exemplaires (Lochner 2012, p. 201). Dans cette culture, il existe de grands modèles et d’autres plus petits aux dimensions similaires à notre tonnelet.

68Cette forme n’est pas spécifique au Néolithique, puisque l’on retrouve les mêmes vases dans le Bronze final et la culture des Champs d’Urne en Autriche par exemple (Lochner 2012) et, de façon plus générale, dans le sud-est de l’Europe et au Proche-Orient dans les cultures nomades jusqu’au xxe s., notamment les Bédouins qui les utilisaient pour produire du beurre (Sherratt 1981, p. 281, fig. 10). Les tonnelets en céramique sont suspendus à une armature, ce qui permet, grâce à un mouvement de va-et-vient, de séparer le beurre du babeurre. Initialement, ces « barattes » étaient constituées d’une peau de mouton ou de chèvre. La fabrication de yaourts est aussi évoquée (Lochner 2012).

69D’autres fonctions sont avancées : fermentation, notamment pour la fabrication de boissons alcooliques, ou encore conservation/transport du sel.

Fig. 16 – Le tonnelet, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle), céramique Grossgartach.

Fig. 16 – Le tonnelet, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle), céramique Grossgartach.

Dessin B. Daux, cliché V. Brunet

70C’est pour répondre à cette question de la fonction du tonnelet de Saint-Julien-lès-Metz qu’une analyse a été tentée et confiée à M. Cubas (University of York), notamment du dépôt blanchâtre très peu épais qui tapissait les parois internes. Le protocole analytique a été axé sur l’identification des principaux composants moléculaires (acides gras saturés et insaturés, acides gras ramifiés, acides gras dicarboxiliques, alcanes et acides gras isoprénoïdes, acides u - [o-alkylphényl] alcanoïques et phytanique).

71Des quantités interprétables de lipides ont été obtenues dans les deux échantillons pour des limites de détection établies supérieures à 5 µg g-1 (Evershed 2008). Des quantités élevées de contaminants (plastifiants) ont été identifiées dans les deux échantillons, limitant l’interprétation des biomolécules. Les lipides retrouvés correspondraient à des matières végétales sans que l’on puisse en préciser davantage la nature en raison de l’absence de biomarqueurs spécifiques aux plantes (tabl. 2, fig. 17).

72La fonction de ce tonnelet reste donc inconnue jusqu’à ce jour.

Tabl. 2 – Concentration lipidique et classes de lipides présentes, tonnelet Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 2 – Concentration lipidique et classes de lipides présentes, tonnelet Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

M. Cubas

Fig. 17 – Chromatogramme gazeux partiel montrant la distribution des acides gras (FAMES) et des alcanes dans les échantillons SJML-1 et SJML-2, tonnelet Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 17 – Chromatogramme gazeux partiel montrant la distribution des acides gras (FAMES) et des alcanes dans les échantillons SJML-1 et SJML-2, tonnelet Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

P = contamination par le plastifiant.

M. Cubas

Les décors

73Le seul vase Grossgartach archéologiquement complet est le gobelet à carène mousse de la structure 4 (fig. 15, no 1). Son décor s’organise de manière classique, en trois registres horizontaux :

  • le registre supérieur, placé à environ 1 cm sous le bord, associe deux rangées d’impressions doubles disposées en quinconce ;
  • un registre intermédiaire en dessous, composé de deux rangées d’impressions doubles disposées obliquement ;
  • un registre médian combinant une bande à remplissage de chevrons hachurés avec une frise de triangles disposés pointe vers le bas. La bande est élargie vers le haut par une rangée d’impressions ovales assez fines disposées séparées, tantôt verticalement, tantôt légèrement en oblique.

74Un autre tesson de gobelet caréné de la structure 4 présente cette association entre une bande (ou une guirlande, difficile de le préciser) et une frise de triangles à remplissage de hachures (fig. 15, no 4).

75Toujours dans la structure 4, plusieurs tessons proviennent d’un autre vase caréné partiellement conservé (fig. 15, no 7). Son registre médian à remplissage de hachures irrégulières est élargi vers le bas par une frise de courts segments verticaux composés d’impressions doubles disposés très obliquement si bien que seule une dent est généralement imprimée. Un fragment de la partie supérieure du col doit provenir du même individu ; il présente un registre intermédiaire composé de métopes (?) comptant trois rangées d’impressions sagittales disposées selon la technique du pointillé sillonné. Du registre supérieur ne subsiste plus que l’élargissement inférieur composé d’impressions sagittales disposées verticalement.

76Un autre tesson, toujours dans la structure 4, présente un décor intermédiaire de métopes composé d’au moins deux rangées d’impressions doubles disposées séparément. Compte tenu de la régularité de la disposition des impressions d’une rangée à l’autre, il n’est pas impossible que le potier ait utilisé un peigne à quatre dents imitant l’empreinte laissée par deux peignes à deux dents. En tout cas, ce type d’outil très particulier est attesté ailleurs (Denaire 2009, p. 290).

77Un autre tesson de la structure 4 présente un registre intermédiaire composé de métopes, comportant deux ou trois rangées de quatre impressions doubles séparées (fig. 15, no 8).

78Toujours dans la structure 4, le fragment d’un probable pot caréné conserve un registre intermédiaire nettement plus développé que les précédents puisqu’il ne combine pas moins de 10 rangées d’impressions doubles disposées en quinconce de manière très régulière (fig. 15, no 4).

79Un autre tesson présente un registre intermédiaire un peu moins large avec quatre rangées d’impressions doubles disposées obliquement. Contrairement au tesson précédent qui se signale par la qualité de sa réalisation, celui-ci est nettement plus maladroit, sinon trahit un geste plus rapide du potier.

80De la structure 12, provient un fragment de panse carénée dont le registre principal ne comporte aucune incision, mais est composé d’impressions doubles disposées obliquement sur au moins quatre rangées. Il est élargi vers le bas par une rangée d’impressions doubles disposées verticalement (fig. 15, no 7).

81Le registre médian du tesson du petit gobelet à la carène pincée (structure 54 ; fig. 15, no 10) semble également composé uniquement d’impressions doubles. Il est toutefois trop mal conservé pour que l’on puisse en comprendre l’organisation. Deux courts segments semblent composer un décor secondaire suspendu à ce registre principal. Ces segments sont composés de petites impressions doubles disposées tantôt en quinconce, tantôt obliquement, trahissant de nouveau la rapidité du geste du potier.

82Pour terminer cette partie sur les décors, précisons enfin qu’aucune incrustation blanchâtre n’est conservée dans les décors en creux. Cet ajout est systématiquement attesté au sein des séries les mieux conservées (Denaire et al. 2013, fig. 58).

Un fragment de bracelet en céramique ?

83La structure 12 a livré un petit tesson présentant six larges incisions qui se signalent par leur régularité (fig. 15, no 11). Il n’est pas impossible que ce fragment provienne, non pas d’un récipient, mais d’un bracelet en terre cuite rainuré (Jeunesse 1995a). Ce type d’objet est généralement façonné dans la même pâte que les vases décorés Grossgartach.

84La taille réduite du tesson de Saint-Julien-lès-Metz ne permet toutefois pas de le vérifier.

Quelle(s) étape(s) du Grossgartach ?

85Si l’attribution au Grossgartach du lot céramique provenant des complexes I à VIII ne pose aucun problème, celle de sa datation fine est moins évidente, d’autant que ces complexes de fosses ne constituent pas, a priori, un ensemble clos. L’absence de remontage entre lobes et entre complexes ne permet en tout cas pas de le démontrer. Sur les sites contemporains alsaciens, ces complexes de fosses ne sont d’ailleurs jamais des ensembles clos, sauf rares exceptions démontrées par le travail de remontage céramique (par exemple Hurtigheim « auf die Musau », Denaire et al. 2013, p. 173, Oberschaeffolsheim, structure 310, Perrin et al. 2018).

86Dans le cas du site de la « Ferme de Grimont », la difficulté est accrue par l’absence d’une typochronologie locale, ce qui oblige à recourir aux travaux développés à partir des régions voisines (Spatz 1996 pour le Wurttemberg, Eisenhauer 2002 pour le Wetterau, Denaire 2009 pour l’Alsace). Or, il semble qu’il existe, malgré l’homogénéité stylistique apparente du Grossgartach, des différences entre régions, tant dans la fréquence des décors que la « date » d’apparition ou de disparition de certains motifs qui peut varier sensiblement d’une région à une autre. Ainsi, le motif d’impressions doubles disposées en quinconce non pas horizontalement, mais verticalement apparaît dès le Grossgartach ancien dans le sud de la plaine du Rhin supérieur, seulement au cours du Planig-Friedberg dans la vallée du Neckar où il ne devient fréquent qu’au Rössen, à un moment où ce motif a visiblement disparu d’Alsace (Denaire 2009, Denaire et Mauvilly 2012). Autrement dit, l’utilisation d’une typochronologie développée à partir des matériaux exogènes ne peut qu’imparfaitement s’appliquer à une autre région.

87Le lecteur ne doit donc pas prendre l’exercice suivant pour autre chose qu’une approximation. Qui plus est, faute de pouvoir démontrer que ces complexes sont des ensembles clos, nous devons adopter un raisonnement tesson par tesson, notablement périlleux, car les typochronologies mentionnées ci-dessus ont été développées à partir d’ensembles et ne sont donc pertinentes qu’appliquées à des ensembles, non à des vases isolés, encore moins fragmentaires.

88Ces limites et précautions discursives posées, retournons au mobilier. Aucun élément du Grossgartach ancien ou du début de l’étape moyenne A de la chronologie de Spatz/Grossgartach 1 et 2 de celle d’A. Denaire, qui se caractérisent pour la première par la présence de décors de tradition Hinkelstein, pour la seconde par des décors « baroques », n’est présent.

89Les plus anciens éléments de Saint-Julien-lès-Metz sont donc plus tardifs. Le vase caréné subcomplet de la structure 4 ainsi que le tesson associant bande hachurée et triangles hachurés renvoient au Grossgartach moyen B de Spatz et au Grossgartach 3 de Denaire, tandis que le tesson de col, avec son registre intermédiaire composé de 10 rangées d’impressions en quinconce, n’apparait pas avant le Grossgartach récent de Spatz/Grossgartach 5 de Denaire, voire au Planig-Friedberg, l’étape stylistique qui correspond en quelque sorte à l’étape finale du Grossgartach (Denaire 2009, p. 351-352). Le gobelet caréné, avec son élargissement inférieur composé d’une frise de courts segments réalisés selon la technique du pointillé-sillonné, renvoie également à la même fourchette récente.

90Les autres tessons décorés sont trop fragmentés et donc inutiles dans cette réflexion sur la chronologie.

91D’après ces éléments et en tenant compte des réserves émises plus haut, le mobilier céramique décoré de Saint-Julien-lès-Metz tendrait à aller dans le sens d’une occupation qui courrerait sur au moins deux étapes du Grossgartach, disons un Grossgartach moyen (moyen B de Spatz/Grossgartach 3/4 de Denaire) et un Grossgartach récent, voire final avec la phase Planig-Friedberg. Dans de nombreuses régions, c’est à partir de cette étape moyenne que les porteurs de la culture de Grossgartach s’établissent ou que le nombre de sites explose et que l’aire de répartition de cette culture s’étend à l’ensemble (ou presque) des territoires précédemment occupés par les Rubanés (Denaire 2009, p. 272-283).

Caractérisation des matériaux siliceux et détermination de leur provenance

Matériel et méthode

92La série lithique de Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » comporte 105 matériaux siliceux taillés. La détermination des provenances de ces matériaux a été menée sur un échantillonnage de 98 artefacts, soit 93 % du corpus total du site. Les caractérisations pétrographiques des silicites ont été réalisées à la loupe binoculaire selon la méthode de description de faciès sédimentaires (Affolter 2002, Delvigne et al. 2016, Imbeaux et al. 2018, Affolter et al. 2022). Cette méthode est non destructrice pour les pièces archéologiques et permet d’en définir des provenances précises. Deux référentiels lithiques ont été utilisés lors de cette étude : celui de l’université de Bourgogne au laboratoire ARTEHIS, qui comporte de nombreux matériaux de la moitié est du bassin de Paris, et celui de la lithothèque du laboratoire Ar-Géo-Lab (dir. J. Affolter, Neuchâtel, Suisse), qui documente des matériaux siliceux de toute l’Europe et plus particulièrement des matériaux lorrains récoltés lors des prospections dirigées par C. Guillaume dans le cadre des travaux menés autour de la fouille de la minière de Saint-Mihiel dans la Meuse (Guillaume et al. 1987).

93Les silex de la série lithique de Saint-Julien-lès-Metz sont assez patinés mais l’ensemble des 98 pièces ont été étudiées à la loupe binoculaire car les matériaux régionaux restent relativement déterminables malgré la patine, contrairement à la plupart des silex du bassin de Paris. Les quelques silex restés totalement indéterminables sont des silex brûlés, patinés par une patine blanche trop opaque ou bien de trop petites dimensions pour présenter des caractères discriminants.

Résultats

Les matériaux identifiés

94Les matériaux les plus abondants du corpus étudié sont les silicites jurassiques qui concernent 40 artefacts, soit 41 % du corpus étudié (tabl. 3, annexe 1). Les silicites triasiques (17 artefacts, soit 17 % du corpus) et les silex crétacés (16 artefacts, soit 16 % du corpus) sont également bien présents dans la série lithique. Deux silicites tertiaires (2 % du corpus) ont été observées et neuf artefacts ont été réalisés en matériaux divers tels que des grès silicifiés, des quartzites ou des roches métamorphiques. Ces matériaux autres que des silicites n’ont pas fait l’objet d’une étude détaillée de provenance car les référentiels utilisés documentent peu ce genre de matériaux à l’exception du coin perforé déterminé par Y. Pailler (cf. ci-après). Quatorze silicites sont totalement indéterminables à cause de leur patine trop importante et/ou de leurs dimensions trop petites.

95Sur l’ensemble du corpus étudié, une très grande diversité de faciès sédimentaires a été déterminée, ce qui témoigne de la grande diversité de matériaux employés sur ce site.

Tabl. 3 – Bilan des différents types de matériaux siliceux déterminés parmi le corpus lithique, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 3 – Bilan des différents types de matériaux siliceux déterminés parmi le corpus lithique, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

M. Imbeaux

Les silicites jurassiques

96Ces matériaux sont les plus représentés dans le corpus. Deux faciès ont été déterminés. Le premier concerne 19 artefacts (soit 21 % du corpus) et correspond aux silicites oxfordiennes de la vallée de la Meuse. Elles proviennent d’un secteur compris entre les communes de Dompcevrin et Vacherauville au nord de Saint-Mihiel (Meuse ; fig. 18, tabl. 4). Cette silicite est grise opaque avec des zonations concentriques. Elle comporte de très nombreux foraminifères, majoritairement planctoniques que l’on observe soit par des moules internes soit par leur couche basale chitinoïde qui est bien préservée (fig. 19a-19b, tabl. 3-4).

97On observe également de nombreux incertae sedis d’assez grandes dimensions. Les fragments de mollusques sont communs et présentent une micritisation importante (altération des éléments figurés calcaires par l’action des algues). On observe également quelques fragments très altérés de plaques ou de piquants d’oursins ainsi que de colonies de bryozoaires et de rares spicules de spongiaires. Les résidus de matière organique sont fins et minéralisés en pyrite ou oxydés par des oxydes de fer. Les clastes peuvent être orientés selon des figures de courants et les bioturbations animales sont fréquentes. Ce faciès correspond à un milieu de plateforme carbonatée de shoreface inférieur distal.

Fig. 18 – Cartographie de l’ensemble des provenances des matériaux identifiés dans le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 18 – Cartographie de l’ensemble des provenances des matériaux identifiés dans le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M. Imbeaux

Fig. 19 – Photographies des faciès sédimentaires des matériaux siliceux jurassiques et triasiques observés dans le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 19 – Photographies des faciès sédimentaires des matériaux siliceux jurassiques et triasiques observés dans le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

A. Silicite oxfordienne de la vallée de la Meuse, moule interne de foraminifère (f), incertae sedis (ic) ; B. Silicite oxfordienne de la vallée de la Meuse, foraminifère observable grâce à la préservation de sa couche basale chitinoïde (f) ; C. Silicite bajocienne de Briey, spicule de spongiaire (sp), fragment de mollusque très altéré (m) et incertae sedis (ic) ; D. Silicite bajocienne de Briey, spicule de spongiaire (sp) et moule interne de foraminifère (f) ; E. Silicite triasique de Boucheporn « Heidenberg », élément charbonneux (ec) et pellet (p) ; F. Silicite triasique de la région de Boucheporn, nombreux pellets et fragments de mollusques altérés ; G. Silicite triasique d’origine inconnue, faciès à nombreux pellets fins, fragments de mollusques très altérés et lamines à granoclassement positif ; H. Silicite triasique d’origine inconnue, nombreux pellets fins, lamines intercalées de tapis microbiens.

Clichés M. Imbeaux

Tabl. 4 – Bilan des provenances des matériaux déterminés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 4 – Bilan des provenances des matériaux déterminés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

M. Imbeaux

Tabl. 5 – Descriptions synthétiques des faciès sédimentaires des matériaux siliceux triasiques et jurassiques identifiés dans le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 5 – Descriptions synthétiques des faciès sédimentaires des matériaux siliceux triasiques et jurassiques identifiés dans le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

M. Imbeaux

98Le second faciès déterminé correspond aux silicites bajociennes de la région de Briey (Meurthe-et-Moselle) et concerne neuf artefacts du site (soit 10 % du corpus ; fig. 19b-19c). Il s’agit de silicites sombres, opaques, comportant de très nombreux éléments figurés. Ce sont en majorité des spicules de spongiaires blancs opaques et massifs, densément imbriqués les uns dans les autres. On observe également de nombreux foraminifères dont seule la couche basale chitinoïde est préservée. Les fragments de mollusques sont communs et très altérés (fragmentés, émoussés et micritisés). Les résidus de matières organiques sont essentiellement oxydés par des oxydes de fer. Quelques bioturbations sont observables. Ce faciès correspond également à un environnement de plateforme carbonatée de shoreface supérieur à inférieur et plus proximal que celui des silicites oxfordiennes.

99Le corpus lithique du site comporte également 12 silicites jurassiques (13 % du corpus) dont le faciès précis n’a pu être déterminé car ils présentent une patine trop importante ou sont de trop petites dimensions. Cependant, tous présentent les caractéristiques des silicites du Malm lorrain et correspondent donc à des matériaux régionaux.

Les silicites triasiques (Muschelkalk)

100Deux faciès de silicites remaniées que l’on peut observer dans la région de Boucheporn (Moselle) ont été identifiés dans le corpus du site. Le premier correspond au gisement de Boucheporn « Heidenberg » et concerne quatre artefacts (soit 4 % du corpus). Ce sont des silicites sombres, opaques et zonées. Elles comportent de nombreux pellets et des fragments d’échinides, de colonies de bryozoaires et de mollusques très altérés (fig. 19e-19f). Les foraminifères ainsi que quelques incertae sedis sont également bien présents. Des restes charbonneux de matières organiques et des niveaux fins à petits grains détritiques ont été observés. Le faciès Boucheporn « indéterminé » concerne deux artefacts (2 % du corpus). Ce faciès comporte une plus forte densité de pellets et de grains détritiques que celui d’« Heidenberg ».

101Trois pièces (3 % du corpus) ont un faciès qui correspond aux matériaux triasiques alsaciens. Deux (2 % du corpus) correspondent aux silicites des environs de Gresswiller (Bas-Rhin). La troisième a une origine plus difficile à définir car elle présente trop peu de caractères discriminants.

102Le corpus comporte également deux matériaux du Muschelkalk dont les origines sont restées indéterminées car aucun équivalent n’était présent dans les référentiels utilisés. Le premier présente un faciès lité à très nombreux pellets très fins et microfragments de bioclastes très émoussés (fig. 19g). Les clastes sont répartis en lamines qui présentent un granoclassement normal (les grains les plus gros sont à la base des lamines et les plus fins au sommet). Ce faciès correspond à un environnement marin agité, peu profond de shoreface supérieur et relativement proximal.

103Le second présente un faciès qui comporte de nombreux pellets et grains détritiques répartis en lamines sédimentaires plus ou moins riches en claste (fig. 19h). Elles sont régulièrement distinguées par niveaux millimétriques calcaires qui sont la trace de voiles microbiens. Ces derniers sont irréguliers et perturbés par des bioturbations, des fentes de dessiccation et des figures d’échappements de fluides. Il s’agit de faciès d’environnement calme de shoreface supérieur, très peu profond, avec des périodes d’assèchement du milieu. Enfin, six silicites triasiques sont restées indéterminables (7 % du corpus).

Les silex crétacés

104L’essentiel des silex crétacés provient du bassin de Paris. Ils concernent 13 artefacts, soit 14 % du corpus. Six pièces (7 % du corpus) proviennent de la région des Marais de Saint-Gond (Marne) dont le faciès de shoreface inférieur distal est essentiellement caractérisé par une faune fossile riche (fig. 20a, tabl. 6), diversifiée et bien préservée (Imbeaux et al. 2018). Trois pièces (3 % du corpus) proviennent de la vallée de l’Yonne. Leur faciès sédimentaire correspond à un milieu de shoreface supérieur à inférieur, relativement proximal et comporte une faune riche et peu diversifiée de spongiaires et de foraminifères (fig. 20b). Une pièce patinée a une origine comprise entre la vallée de l’Yonne et le pays d’Othe (Aube).

Fig. 20 – Photographies des faciès sédimentaires des matériaux siliceux crétacés et tertiaires observés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 20 – Photographies des faciès sédimentaires des matériaux siliceux crétacés et tertiaires observés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

A. Silex campanien de la région des Marais de Saint-Gond, spicules de spongiaires (sp) et fragment de piquant d’oursin (po) ; B. Silex coniacien de la vallée de l’Yonne, spicule de spongiaire (sp) et foraminifère (f) ; C. Silex turonien de la région de Rethel, sédiment très fin, fragment de spicule de spongiaire (sp), moules internes de foraminifères (f) ; D. Silicite lacustre tertiaire de la région de Mont-lès-Étrelles, oogones visibles malgré la patine importante, cristallisation de quartz dans leurs intrapores ; E. Silex maastrichtien de la région de Rijckholt, nombreux spicules de spongiaires fragmentés (sp) et grains détritiques (gd) ; F. Silex maastrichtien de la région d’Aix-la-Chapelle, spicules de spongiaires (sp) et nombreux grains détritiques (gd).

Clichés M. Imbeaux

Tabl. 6 – Descriptions synthétiques des faciès sédimentaires des matériaux siliceux crétacés et tertiaires identifiés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 6 – Descriptions synthétiques des faciès sédimentaires des matériaux siliceux crétacés et tertiaires identifiés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

M. Imbeaux

105Deux pièces proviennent du nord du bassin de Paris, dont une plus précisément de la région de Rethel (Ardennes) dont le faciès sédimentaire est caractérisé par un sédiment très fin et bien trié (fig. 20c). Les foraminifères planctoniques sont nombreux et bien préservés, contrairement au reste des bioclastes qui sont très fragmentés et altérés. Ce faciès correspond à un environnement marin d’offshore supérieur très distal. Un silex du bassin de Paris est resté indéterminable.

106Enfin, deux silex proviennent de la craie maastrichtienne de la région de Rijckholt (Pays-Bas) et d’Aix-la-Chapelle (Allemagne). Ces deux silex ont des faciès caractérisés par de nombreux grains détritiques fins et spicules de spongiaires (fig. 20e-20f). Ils correspondent à des environnements très proximaux de la mer de la craie.

Les silex tertiaires

107Une silicite lacustre du secteur de Mont-lès-Étrelles (Haute-Saône) a été identifiée dans le corpus et correspond plus particulièrement au faciès C1 (fig. 20d) décrit par J. Affolter (lithothèque Ar-Géo-Lab). Une silicite lacustre du bassin de Paris est également présente, mais sa patine est trop importante pour que sa provenance précise puisse être déterminée.

Les matériaux siliceux des structures Grossgartach

108Trente-cinq matériaux siliceux ont été étudiés pour les structures du Grossgartach (tabl. 7, fig. 21). On enregistre, dans les trois complexes de fosses, une large majorité de silicites du Malm lorrain et, plus particulièrement, de la vallée de la Meuse (14 artefacts au total, soit 40 % du corpus ; fig. 22). Seule une silicite du secteur de Briey a été identifiée. On observe une grande diversité de provenance avec des origines occidentales avec six silex du bassin de Paris, dont trois de la région des Marais de Saint-Gond, une de la vallée de l’Yonne et une du secteur Yonne/Aube. D’autres proviennent de régions septentrionales avec le silex du secteur d’Aix-la-Chapelle et celui du secteur de Rijckholt. Enfin, quelques silicites triasiques trouvent leurs origines vers l’est, dont deux d’Alsace et une de Boucheporn « Heidenberg ».

109La répartition de ces matériaux est assez homogène d’un complexe à l’autre (fig. 23). Les silicites du Malm lorrain sont toujours majoritaires et concernent entre deux et huit artefacts. Tous les autres matériaux identifiés concernent un artefact taillé à l’exception de trois silex de la région des Marais de Saint-Gond (Marne) qui se répartissent dans les trois complexes de fosses. Il ne semble pas y avoir de concentration particulière de matériaux dans l’un d’eux, à l’exception peut-être du complexe VIII pour lequel on enregistre neuf silicites lorraines alors que les complexes IV et VI en comportent respectivement quatre et deux.

Tabl. 7 – Bilan des provenances des matériaux déterminés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 7 – Bilan des provenances des matériaux déterminés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

M. Imbeaux

Fig. 21 – Cartographie des provenances des matériaux siliceux identifiés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 21 – Cartographie des provenances des matériaux siliceux identifiés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M. Imbeaux

Fig. 22 – Proportions des différents matériaux siliceux identifiés dans les structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 22 – Proportions des différents matériaux siliceux identifiés dans les structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M. Imbeaux

Fig. 23 – Répartition spatiale des différents matériaux siliceux identifiés parmi les corpus lithiques des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 23 – Répartition spatiale des différents matériaux siliceux identifiés parmi les corpus lithiques des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, V. Brunet, M. Imbeaux

Caractérisation des roches tenaces

110Concernant les roches tenaces, deux origines sont identifiées. La première, une roche verte litée (coin perforé) incluant des cristaux assez grossiers, a été observée à la loupe binoculaire (description J. Rolet et Y. Pailler).

Fig. 24 – Analyse du matériau du coin perforé de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 24 – Analyse du matériau du coin perforé de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Clichés Y. Pailler, dessin V. Brunet

111À l’œil nu, la roche est de couleur gris-vert assez clair (fig. 24). En partie interne, sur une surface cassée plus foncée (fig. 24, nos 1, 4), on observe une roche très riche en amphiboles brunes automorphes (hornblende) enveloppée par des amas vert plus clair (actinote ?). Entre ces cristaux d’amphiboles, les espaces sont comblés par des amas blancs de plagioclases altérés. La roche présente une foliation ainsi qu’une linéation minérale soulignée par les amas d’amphiboles brunes et portée par les plans de foliation. Cette zone, plus sombre que le reste de la roche, est une petite anomalie : il s’agit d’une veine (fracture ouverte) tapissée d’amphiboles lors du métamorphisme. Au niveau de cette cassure, qui montre l’aspect général de la roche, on observe une roche très claire constituée principalement de feldspaths (plagioclases probables). La foliation et la linéation sont marquées par de petits amas allongés en forme d’amande d’amphiboles de type hornblende. Ces « taches » d’amphiboles apparaissent à l’œil nu sur l’ensemble de la roche et correspondent probablement à d’anciens cristaux ferromagnésiens (pyroxènes ?) transformés en amas amphiboliques par le métamorphisme. On note la présence d’amphiboles brunes rétromorphosées en partie en amphibolite verte. Sur cette surface, on observe également la présence de grenats. La roche est une amphibolite riche en plagioclases et à grenats. Il s’agit d’une roche métamorphique peut-être issue d’un ancien gabbro. Étant donné le lieu de découverte, il faudrait probablement chercher une origine du côté des Vosges, à moins que le support ne soit un galet du Rhin.

112La seconde roche est une phyllade (roche de métamorphisme), elle contient en effet beaucoup de quartz. D’après P. Pétrequin, qui a bien voulu examiner la pièce et que nous remercions ici, il s’agit d’un galet aménagé dont l’origine probable est le massif Vosgien. L’un des affleurements de schistes de Steige vers le Hohwald dans le Bas-Rhin (source BRGM) répertorié sur la carte géologique de la Lorraine (BRGM) place l’un des affleurements à Andlau dans le département du Bas-Rhin (http://www4.ac-nancy-metz.fr/​base-geol/​). Il est distant d’environ 120 km de Saint-Julien-lès-Metz.

L’industrie lithique

113L’approche du mobilier lithique est essentiellement typo-technologique et liée à la recherche de l’origine des matériaux siliceux. Un test fonctionnel réalisé sur une sélection d’outils en silex a mis en évidence que cette série se prête mal à une étude approfondie. Celle-ci souffre en effet de patines et de lustrés de sol plus ou moins marqués rendant difficile le repérage des traces d’utilisation. De multiples abrasions, d’origine taphonomique, ont également été observées sur les arêtes et bords de nombreuses pièces, oblitérant sans nul doute une partie importante des stigmates éventuels liés à l’utilisation.

114L’ensemble de la série lithique a été étudié par complexe et par couche en réalisant un tri des matières premières puis un tri technologique. L’attribution chronologique des pièces lithiques issues des complexes II à VIII se fonde sur la présence des vases Grossgartach auxquels sont associées 43 pièces lithiques représentant un poids de 0,714 kg. Au sein des creusements, la distribution n’est pas homogène, elle est, en revanche, identique à celle de la céramique. Ainsi, les plus grandes concentrations se répartissent aux extrémités des excavations dans les complexes IV et VIII. En comparaison, le complexe VI, central, est quasiment vide. Les deux bâtis ne livrent qu’une seule pièce en silex chacun.

Tabl. 8 – Catégories technologiques de la série Grossgartach de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 8 – Catégories technologiques de la série Grossgartach de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet

115Les caractéristiques de la série lithique se définissent par une économie des matières premières (Perlès 1991), à l’importance donnée aux matières premières d’origine lointaine et à la faiblesse de l’effectif, le corpus comptant 43 pièces.

Les objectifs de taille

116L’assemblage lithique est caractérisé par une production d’éclats détachés au percuteur de pierre. Dans l’ensemble, les supports sont courts, 23 mm de long et 24 mm de large en moyenne avec un rapport longueur/largeur égal à 0,90, et de faible épaisseur (4 mm). Les talons sont généralement lisses. Un seul nucléus est recensé (27 × 20 × 11 mm, poids : 5 g) et est réalisé aux dépens d’une silicite locale de Boucheporn (fig. 25, no 1). On ne compte aucun éclat issu de ce nucléus dans la série de Saint-Julien-lès-Metz et, en l’absence d’éclats corollaires, de pièces de mise en forme de nucléus ou encore de pièces d’entretien, tout indique l’absence de débitage sur la parcelle fouillée.

117Les produits laminaires présentent des morphologies très hétérogènes et la plupart sont fragmentés. Les produits affichent des largeurs variant de 20 à 29 mm détachés par percussion indirecte, les talons sont lisses. Un seul fragment a conservé un talon cortical témoignant d’un détachement par percussion directe au percuteur de pierre aménagé dans une chaille de couleur brun-crème.

Les outils

118Le corpus des outils est peu important, on en compte 12 au total dont neuf classes d’outils qui relèvent probablement de « domaines fonctionnels bien différenciés les uns des autres » (Perlès 1991), tout en privilégiant les supports laminaires. Ils se concentrent majoritairement au sein du complexe VIII (fig. 11-12) et sont rares dans les bâtiments, on n’enregistre qu’une lame retouchée provenant du remplissage d’un poteau (structure 26) du bâtiment 2 situé en limite nord-est du décapage (fig. 4).

Fig. 25 – Planche lithique de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 25 – Planche lithique de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

1. Nucléus en silex indéterminable ; 2. Pièce à retouche oblique en silex de Vacherauville-Dompcevrin ; 3. Armature perçante à base concave en silex indéterminable ; 4. Fragment mésio-laminaire brûlé à retouche inverse (non examinée) ; 5. Lame à retouche oblique (non examinée) ; 6. Fragment de grattoir en silex crétacé belgo-hollandais/Aix-la-Chapelle, faciès Aachen-Wilkenberg.

Dessins V. Brunet

Fig. 26 – Outil en phyllade du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 26 – Outil en phyllade du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Dessin V. Brunet

119Parmi l’outillage, on enregistre trois grattoirs sur éclat, avec au moins deux provenances différentes (sud-est du Bassin parisien, ou Aix-la-Chapelle, faciès Aachen-Wilkenberg et un troisième qui n’est pas déterminé) et tous sont fragmentés. Ils sont généralement épais (7 mm en moyenne) et sont aménagés d’une retouche abrupte et scalariforme (fig. 25, no 6). Deux pièces esquillées, dont l’une est issue de silex de Hollande (environs de Rijckholt), mesurent entre 21 et 25 mm de long et affichent une épaisseur moyenne de 10 mm. On recense également un éclat à retouches obliques réalisé à partir du silex de Vacherauville-Dompcevrin (24 × 11 × 5 mm), une pièce à retouches marginales en silex crétacé du Bassin parisien (35 × 18 × 4 mm), et une pièce à retouches partielles (fig. 25, no 2).

120Concernant l’outillage sur lame, il est réalisé sur des supports de 22 mm de large en moyenne et assez épais (7 mm). Le premier est une lame de plein débitage détachée au percuteur tendre avec un bord « mâchuré », elle est aménagée sur un silex de Vacherauville-Dompcevrin. La seconde (fig. 25, no 5) est réalisée dans un silex crétacé du bassin de Paris, elle associe une retouche grattoir et une microdenticulation. La troisième est tronquée en partie distale et aménagée d’une retouche inverse (fig. 25, no 4).

121On dispose également de deux armatures asymétriques à base concave sur lame. La première est réalisée dans un silex crétacé des Marais de Saint-Gond de la Marne (34 × 23 × 6 mm). Elle est aménagée d’une retouche bifaciale envahissante, subparallèle. Le bord opposé est resté brut. La seconde est réalisée en silex du Muschelkalk (28 × 19 × 4 mm ; fig. 25, no 3). Les bords convergents sont rectilignes et aménagés d’une retouche scalariforme, bifaciale, peu envahissante.

122Le coin perforé n’a conservé que sa partie proximale (106 × 5 × 46 mm, 0,34 kg) qui est soigneusement polie (fig. 24). La perforation cylindrique (32 et 34 mm) a été réalisée à la mèche creuse si l’on se réfère à la définition et à la classification de J.-P. Farruggia (Farruggia 1993). Il est aménagé sur une roche métamorphique dont l’origine est à rechercher vers les Vosges ou le Rhin. Enfin, un fragment d’outil poli en phyllade (fig. 26) pourrait appartenir à une ébauche d’herminette basse (69 × 57 × 23 mm, 0,176 kg). L’origine du matériau se trouve probablement dans le massif vosgien.

Gestion des matières premières et stratégies d’acquisition

123Il existe, à Saint-Julien-lès-Metz, une gestion des matières premières avec une préférence donnée aux silex régionaux éloignés issus de chaînes opératoires autonomes avec des lieux de production et des matières premières différents. Ceci implique la circulation à longue distance d’outils et de supports bruts. On peut parler d’une « économie des matières premières » avec « l’utilisation simultanée de matières premières différentes pour des catégories techniques différentes » (Perlès 1991).

124La série se caractérise par une proportion d’outillage important (30 %) au regard des produits de débitage et des déchets de taille (tabl. 9).

Tabl. 9 – Gestion des matières premières de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 9 – Gestion des matières premières de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet, M. Imbeaux

125Le nombre de pièces pour lesquelles nous avons pu établir un lien entre détermination des provenances et la typo-technologie atteint un effectif de 31 sur un total de 42 artefacts (constitués de matériaux siliceux, grès et autres roches tenaces). Une majorité de la matière première provient de régions éloignées entre 30 et 50 km (13 individus, 31 %) et même au-delà, avec des silex extrarégionaux dont les distances d’approvisionnement sont équivalentes à 50 km (12 individus, 29 %).

126La composition de la série lithique montre qu’une gestion des matières premières est appliquée avec un choix privilégié donné aux silex régionaux éloignés, ainsi sont acheminés des supports bruts essentiellement (7 individus) et deux supports retouchés seulement sont enregistrés dont un sur éclat et un sur lame, parallèlement sont associés quatre déchets de taille dont un éclat de façonnage bifacial.

127Concernant les stratégies d’acquisition des silex extrarégionaux, celles-ci apparaissent « moins » variées d’un point de vue typo-techno que les silex locaux. Il faut souligner que la majorité des outils sont acheminés sous cette forme à Saint-Julien-lès-Metz. Ainsi, on compte quatre outils sur éclats, deux sur masse et cinq lames, ils sont accompagnés de supports bruts dont huit éclats et trois lames (tabl. 10). Les provenances sont diverses sans privilégier une origine en particulier et des différences minimes sont enregistrées d’un complexe à l’autre avec, pour le complexe IV, les régions du nord et de l’ouest, le nord pour le complexe VI et enfin, l’est et l’ouest pour le complexe VIII. Concernant les matériaux provenant d’un secteur proche (inférieur à 30 km), ils ne sont représentés que par une seule esquille, ce qui apparaît comme très anecdotique. On ne recense dans le corpus aucune réserve de matière première, comme des rognons ou des blocs bruts, aussi bien pour les silex locaux proches ou éloignés. Ainsi, la stratégie d’acquisition est toujours la même quelles que soient les matières premières, elle consiste en l’acheminement de supports bruts ou retouchés. Un seul nucléus est présent sans qu’il ait fait l’objet d’un débitage local laissant supposer que l’activité de taille est très faible, voire inexistante durant le Grossgartach. On note également que les deux armatures asymétriques à bases concaves sont clairement apparentées à celles du Villeneuve–Saint-Germain du Bassin parisien.

128Concernant le coin perforé en amphibolite de Saint-Julien-lès-Metz, il est intéressant de noter qu’il se rattache à la famille des amphibolites qui concerne le bassin du Rhin (Farruggia 1992, 1993), par opposition à ceux aménagés en serpentinite que l’on trouve en Suisse (Thirault et al. 2007). Dans ce même ordre d’idée, au sujet des origines orientales des outils sur masse, on remarque que l’herminette basse est aménagée dans une phyllade à rechercher dans le massif vosgien.

Tabl. 10 – Stratégies d’acquisition des matières premières de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 10 – Stratégies d’acquisition des matières premières de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet, M. Imbeaux

L'industrie macrolithique

129L’industrie macrolithique de cette phase est composée de 21 pièces déclinées en :

  • cinq pièces brutes, dont trois galets roulés issus de la structure 4 ;
  • deux fragments thermiques ;
  • cinq débris, dont deux, proviennent probablement d’outils ;
  • un éclat de ravivage possiblement issu d’un outil fragmenté (polissoir à plage) ;
  • huit outils qui font l’objet d’une description détaillée.

130Eu égard à la faiblesse numérique de la série, nous limitons nos descriptions aux pièces les plus significatives : l’outillage. Parmi les huit outils Grossgartach, certains présentent plusieurs surfaces ou zones actives portant ainsi leur nombre à 10. L’outillage est illustré par quatre surfaces actives liées à la mouture : une meule, une molette et deux outils de mouture indéterminés. Aucun de ces outils n’est entier.

131La meule (fig. 27, no 1), après recollage de plusieurs fragments, est conservée sur une moitié environ, permettant les mesures de sa largeur (15,50 cm) et de son épaisseur (14 cm). Établie sur un galet de grès fin micacé brun à cohésion moyenne (grès rhétien), elle présente des flancs verticaux, malheureusement trop altérés pour définir leur éventuel façonnage. L’extrémité conservée est modelée par quelques enlèvements larges puis bouchardée. La surface active est classiquement habillée par un piquetage qui accentue le mordant naturel donné par les vacuoles de la roche ; ses profils sont plano-convexes dans les deux sens. D’un point de vue typo-morphologique, il s’agit d’une meule étroite fonctionnant avec une molette débordante (Milleville et Jaccottey 2015, Hamon et al. 2017).

132La molette (fig. 27, no 2) est établie sur un grès moyen bien trié brun clair, à ciment quartzitique et inclusions de lithoclastes millimétriques (grès du Trias vosgien, Bundsandstein ?). Ce matériau plus compact que celui de la meule fait écho aux observations de C. Hamon qui décrit un emploi préférentiel des roches compactes pour les outils actifs contre des roches de cohésion moindre pour les pièces actives (Hamon 2006). De cette molette ne reste également que la largeur (13,80 cm) et l’épaisseur (5 cm) mesurables. Les flancs sont rendus convexes par un bouchardage soigné ; l’extrémité est épannelée. La face active a été dressée par un piquetage totalement estompé par le poli d’usure fort. Le profil est concave en longueur et plano-convexe en largeur. Le dos a été régularisé par un bouchardage fin en grande partie lissé par un poli moins brillant que sur la face à moudre. Il s’agit là d’une molette débordante, dont l’association avec la meule précédente nous paraît envisageable : outre leurs caractéristiques compatibles pour en faire un moulin apparié, ces deux pièces proviennent du même creusement (structure 4) à proximité l’une de l’autre (Brunet et al. 2006). Quoi qu’il en soit, ces deux pièces cassées sont en position de rejet et non fonctionnelles (pas d’appariement observé).

133Enfin, deux fragments sans aucune mesure ni orientation possible correspondent à n’en pas douter à des restes de surface à moudre (piquetage et poli d’usure). Extrapoler leur rôle actif ou passif au sein du moulin va-et-vient seulement à partir de leur matériau support (grès rhétien et grès du Bundsandstein) nous paraît présomptueux.

Fig. 27 – Outils du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 27 – Outils du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

1. Meule, structure 4 ; 2. Molette, structure 4 ; 3. Polissoir-abraseur, structure 54.

Dessins C. Monchablon

134Seconde famille d’activité illustrée pour cette période, le polissage abrasion est représenté par deux pièces pour trois surfaces actives.

135Un éclat de grès identique à la molette précédente constitue le support choisi pour élaborer un abraseur et on s’interroge sur le possible remontage de ces deux pièces. Pour l’abraseur, aucune mise en forme particulière n’est lue, la face inférieure de l’éclat est utilisée brute dans un geste de frottement appuyé : un poli fort et couvrant vient lisser les grains de quartz.

136Le second outil d’abrasion est un petit bloc en grès très fin micacé brun à cohésion moyenne (grès rhétien) dont les deux faces opposées sont utilisées pour abraser et polir : les faces présentent d’un côté un poli fort et lustré couvrant toute la face (polissoir), et de l’autre un poli moyen sur le centre de la face seulement (abraseur).

137Outre les morphologies distinctes, mais jamais normées pour les outils d’abrasion, l’emploi de deux grès différents sous-entend un usage distinct, la matière d’œuvre justifiant très certainement l’emploi de roche de granulométrie et cohésion diverses.

138Enfin, un galet de quartz a été intégré à la catégorie des outils. Il présente quelques impacts sur deux zones distinctes et correspondrait donc à un percuteur peu utilisé. Toutefois, il est plus probable que ces traces ne soient pas dues à l’utilisation de ce galet, mais à des chocs lors du rejet de l’objet.

La parure

139Deux éléments de parure sont présents à Saint-Julien-lès-Metz et proviennent de deux unités stratigraphiques différentes (structures 12 et 54). Pour l’un d’entre eux, il s’agit sans conteste d’objet de parure. Pour le second, il n’est pas possible de le déterminer avec autant d’assurance.

140Le premier est un fragment d’anneau en céramique issu de la fosse 54 (fig. 28, no 1, cf. supra). Il est cassé à la fois dans l’épaisseur et dans la circonférence. Il se compose d’une pâte essentiellement noire. Sa section n’est pas déterminable. Il ne possède pas, comme le précédent, de perforation de réparation. Ses dimensions sont les suivantes : 31,20 mm de haut, 16,50 mm de large et 18,40 mm d’épaisseur.

141Le second est un objet travaillé, réalisé sur un fragment de lame de canine de suidé provenant de la fosse 12 (fig. 28, no 2). L’objet mesure 17,20 mm de longueur, 13,20 mm de largeur sur 2,80 mm d’épaisseur. Les dimensions réduites de cet artefact ne permettent pas de déterminer s’il s’agit d’une canine de sanglier ou de porc. Aucune trace de perforation n’est détectée sur la surface. En revanche, une surface plane couverte de stries d’abrasion obliques sur le bord prouve que l’objet a été travaillé.

Fig. 28 – Objet de parure et autre objet de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 28 – Objet de parure et autre objet de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Clichés S. Bonnardin

Exploitation des ressources animales et végétales

Les ressources animales

142La faune analysée provient de structures Grossgartach et du Bischheim. La quasi-totalité a été recueillie dans une série de fosses polylobées, les autres rejets osseux proviennent d’une fosse associée à un bâtiment Grossgartach (structure 90, maison 1, fig. 3).

143Les os ont essentiellement été recueillis lors du tamisage des sédiments et se présentent sous la forme de très petits fragments de quelques millimètres de longueur. La plupart des restes sont brûlés, de couleur blanche à gris clair, à la surface craquelée par l’action du feu. Cette combustion a paradoxalement permis leur conservation, les os non brûlés ayant été sans doute totalement dissous par le sédiment corrosif, comme ce que l’on observe habituellement dans les régions lœssiques (Belgique et Pays-Bas par exemple).

144La quantité d’ossements s’élève à 114 restes, dont seulement 16 sont déterminés (tabl. 11). Parmi ces derniers, on répertorie deux espèces domestiques, les bovins et les porcs ainsi que deux espèces sauvages, l’aurochs et le cerf.

Tabl. 11 – Liste des espèces, habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 11 – Liste des espèces, habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

L. Hachem

Tabl. 12 – Nombre de restes par espèce et par structure de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 12 – Nombre de restes par espèce et par structure de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

L. Hachem

145La plus grande partie des os viennent de la structure 4, qui est une fosse singulière puisqu’il pourrait s’agir d’un dépôt de fondation (fig. 12). En effet, associé à deux récipients entiers en céramique (dont un tonnelet), un coin perforé en roche verte et divers objets en grès et en calcaire, un assemblage de faune a été découvert. Les éléments de squelettes d’animaux issus de la structure 4 se présentent sous la forme d’os déconnectés, parmi lesquels se sont mêlés quelques fragments d’os brûlés et non brûlés indéterminés. Le mobilier a fait l’objet d’un prélèvement soigné, en motte, mais malgré toutes ces précautions, certains os n’ont pu être déterminés de façon certaine. Bovins, porcs, aurochs et cerf ont été répertoriés (tabl. 12). Les parties anatomiques suivantes ont été identifiées avec certitude :

  • pour le bœuf : un maxillaire, une vertèbre thoracique, une vertèbre cervicale (atlas), une scapula, une côte, une phalange I ;
  • pour l’aurochs : un humérus et un métatarse ;
  • pour le cerf : une diaphyse de métatarse brûlée ;
  • pour le porc : un fragment de dent.

146Il apparaît sur le relevé de démontage un calcanéum et une mandibule que nous n’avons pas identifiés parmi les prélèvements en mottes de terre.

147L’interprétation de l’ensemble faunique issu de la structure 4 est délicate. La conservation des os est très différente de celle des autres structures du site : les os ne sont pas brûlés (sauf en partie le métatarse de cerf et la phalange de bovin), on ne décèle pas d’agencement particulier des différentes parties anatomiques de l’assemblage qui est exclusivement composé de restes de grands mammifères, mais ce n’est pas sans poser la question d’une association recherchée de ces divers éléments.

148Les autres alvéoles de la fosse polylobée ne recèlent pas de particularité, excepté la structure 74 (complexe V) où un bois de cerf a été recueilli ; il s’agit d’un bois de chute.

149Des fosses d’extraction de configuration similaire ont été repérées dans d’autres sites contemporains comme à Lingolsheim (Lasserre 1997). Dans ce dernier site, les vestiges osseux – comme le reste des artefacts – étaient bien représentés dans des fosses assez profondes, à la fonction inconnue. À l’inverse, ils étaient quasiment absents des fosses de prélèvement de lœss contenant des témoins très visibles de destruction de structures en torchis (Hachem 1997). Il est possible de faire un parallèle avec le site de Saint-Julien-lès-Metz où le complexe de fosses V compte près de la moitié du poids total des restes osseux et pas de torchis alors que le complexe IV voisin a livré un poids considérable de torchis et de très rares restes d’ossements.

Les macrorestes végétaux

150Lors de la fouille, un échantillonnage systématique a été réalisé en vue des analyses archéobotaniques. L’analyse carpologique cherche à appréhender l’évolution des pratiques agricoles lors des différentes périodes d’occupation du site.

Matériel et méthode

151Au total, 205 échantillons ont été analysés, ce qui représente un volume brut de plus de 1 427,70 litres de sédiments, issus de 69 structures archéologiques et correspondant à trois périodes chronologiques. Le tableau 13 présente une vue sommaire du corpus de prélèvements et les densités de carporestes/litre par période chronologique et par type de structure.

152La totalité des échantillons provient de contextes secs où seuls les restes carbonisés ont été conservés. La carbonisation résulte de l’exposition des éléments végétaux au feu ou à une forte chaleur. Lors de la combustion, la matière organique d’origine végétale est transformée en carbone, empêchant ainsi le processus de putréfaction ou de germination de diaspores. Exception faite des incendies, accidentels ou volontaires, ce processus ne concerne que les plantes le plus souvent exposées au feu lors de leur traitement (séchage, préparation culinaire, entre autres). Le spectre des taxons identifiés à partir des restes carbonisés ne représente ainsi qu’une partie des espèces présentes sur le site lors de son occupation, se limitant très souvent à certaines catégories de plantes cultivées et sauvages telles que les céréales, les légumineuses et leurs adventices. De surcroît, les effets de la carbonisation ne sont pas les mêmes en fonction de la nature des carporestes (fragilité, contenu en huile grasse et/ou volatile, entre autres) ainsi que des conditions de la combustion telles que la température et la durée du feu, l’apport en oxygène et le taux d’humidité de la matière végétale d’origine (Théry-Parisot et al. 2009).

153La totalité du sédiment brut prélevé a été traitée par la méthode de flottation (séparation de la fraction charbonneuse), puis d’aspersion à travers une colonne de tamis de mailles de 1 mm et de 0,315 mm afin de récupérer les carporestes carbonisés et les charbons de bois. Les carporestes ont été triés à la loupe binoculaire avec un grossissement allant de 10× à 63×. Les résultats sont présentés séparément par période chronologique (tabl. 13, 23, 25, 30). La détermination des carporestes a été effectuée à l’aide de sources bibliographiques (Jacomet 2006, Cappers et al. 2012, Neef et al. 2012), ainsi que de la collection de référence du laboratoire d’archéobotanique (équipe Archéologies environnementales de l’UMR 7041 ArScAn), composée de graines modernes. La nomenclature scientifique et française employée pour les déterminations est celle proposée par J. Lambinon et F. Verloove (Lambinon et Verloove 2012).

154La détermination des restes des quelques espèces cultivées et sauvages mérite également quelques remarques méthodologiques. En ce qui concerne les blés, pour certains caryopses sous-développés ou fragmentés dont la surface est trop érodée et alvéolée, la détermination se limite au genre blé indéterminé (Triticum sp.). Il pourrait s’agir aussi bien du blé nu (Triticum aestivum s.l./durum/turgidum) que de l’amidonnier (Triticum dicoccon), puisque très peu de caryopses d’épeautre (Triticum spelta) et d’engrain (Triticum monococcum) ont été déterminés avec certitude. Les caryopses de blé nu n’ont pu être attribués avec précision à aucune des trois espèces, soit au blé tendre hexaploïde (Triticum aestivum s.l.) ou aux blés nus tétraploïdes : blé dur (Triticum durum) ou blé barbu (Triticum turgidum), étant donné l’absence des fragments de rachis (Neef et al. 2012). Pour ce qui est de l’orge, quelques caryopses mal conservés ont été identifiés comme de l’orge polystique (Hordeum vulgare), sans pouvoir préciser la sous-espèce. Les caryopses fortement érodés et fragmentés, n’ayant pu être déterminés au niveau du genre, ont été rassemblés sous le taxon Cerealia indeterminata (céréales indéterminées). Les quelques semences de légumineuses cultivées demeurent indéterminées, car elles sont fragmentées et le hile, élément caractéristique pour la détermination, n’est pas préservé. Ces graines ont été classées sous le taxon des Leguminosae sativae indeterminatae. Enfin, les graines d’églantier commun (Rosa cf. canina) comportent la mention « confer » étant donné la difficulté de détermination précise au niveau de l’espèce. Cependant, il s’agit vraisemblablement du rosier des chiens (Rosa canina) puisque, à la différence des autres espèces de rosiers indigènes dans la région, celle-ci est la plus répandue et la plus vigoureuse (Lambinon et Verloove 2012). La conservation des carporestes peut être caractérisée de « moyenne » concernant les caryopses et les éléments de la balle des céréales (bases d’épillets, bases de glumes). En revanche, les graines des plantes de cueillette et des plantes sauvages sont bien conservées.

155Le comptage des restes donne le nombre minimum d’individus (NMI). Nous entendons par NMI, la somme de restes entiers plus les fragments exprimés en restes entiers. Autrement dit, ce chiffre des fragments n’est pas un chiffre brut, mais une estimation de la quantité représentée par ces fragments en termes de restes entiers. Cette estimation est faite en fonction du gabarit d’un reste entier du taxon en question. Ainsi, concernant les nombreux fragments de céréales, notamment ceux de Cerealia indeterminata, les chiffres correspondent à des estimations des restes entiers de caryopses.

Résultats

156Au total, 1 348 carporestes ont été dénombrés pour 36 taxons identifiés. Les densités des carporestes carbonisés sont très faibles et ne varient pas beaucoup d’une structure à l’autre, oscillant entre 0,10 et 20,30 carporestes/litre. Dans des contextes dits « secs », datant des périodes protohistoriques, les densités inférieures à 2,50 carporestes/litre peuvent être interprétées comme le résultat d’une « pluie accidentelle » de carporestes reflétant un « bruit de fond » des activités domestiques. En revanche, les densités supérieures à 20 carporestes/litre seraient un bon indicateur des activités domestiques (stocks brûlés, déchets issus du traitement post-récolte des plantes cultivées, voire accidents culinaires). Bien que cette piste d’interprétation soit utile, il faut rester prudent, car ces chiffres restent assez arbitraires.

157Au total, 115 échantillons issus de 42 structures ont été étudiés pour le Grossgartach. Parmi ces dernières, on trouve des trous de poteaux, des petites fosses bordant les bâtiments et des fosses polylobées, dont la fosse polylobée 4, interprétée comme ayant recueilli un dépôt de fondation. Parmi les 115 échantillons, 95 se sont avérés stériles. Les 20 échantillons restants ont livré des densités allant de 0,10 à 6,30 carporestes/litre. Bien que pour cette période les densités restent très faibles, il semblerait qu’elles soient déterminées par le type de structure. En effet, les densités des trous de poteaux et de petites fosses bordant les bâtiments 1 et 2 ne dépassent pas 0,70 carporestes/litre. En revanche, les densités des fosses polylobées sont légèrement plus importantes, allant jusqu’à 6,30 carporestes/litre dans le cas de la fosse polylobée 4 (tabl. 13).

Tabl. 13 – Vue synthétique des prélèvements (densités de carporestes/litre par période chronologique et par type de structure), Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 13 – Vue synthétique des prélèvements (densités de carporestes/litre par période chronologique et par type de structure), Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Trois structures n’ont pas été prises en compte, car elles n’ont pas d’attribution chronologique.

L. Berrio, J. Wiethold

158Au total, 87 carporestes attribués au Grossgartach ont été dénombrés et classés dans cinq catégories de plantes principales. Les céréales cultivées constituent 76 % du spectre des plantes, les légumineuses cultivées 2 %, les plantes de cueillette 1 %, les messicoles et l’autre végétation synanthrope 20 % et les arbres 1 % du spectre (tabl. 14, fig. 29).

Tabl. 14 – Résultats carpologiques des structures attribuées au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 14 – Résultats carpologiques des structures attribuées au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.

L. Berrio, J. Wiethold

Tabl. 14 – Résultats carpologiques des structures attribuées au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (suite).

Tabl. 14 – Résultats carpologiques des structures attribuées au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (suite).

agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.

L. Berrio, J. Wiethold

Tabl. 14 – Résultats carpologiques des structures attribuées au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (fin).

Tabl. 14 – Résultats carpologiques des structures attribuées au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (fin).

agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.

L. Berrio, J. Wiethold

Fig. 29 – Pourcentages des macrorestes végétaux par groupe fonctionnel de plantes, datés du Grossgartach (n = 87), Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 29 – Pourcentages des macrorestes végétaux par groupe fonctionnel de plantes, datés du Grossgartach (n = 87), Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

L. Berrio, J. Wiethold

Les céréales cultivées

159Au total, 66 carporestes de céréales ont été dénombrés, dont 64 caryopses et deux bases de glume (tabl. 13). L’espèce prédominante est le blé nu (Triticum aestivum s.l./turgidum/durum) avec 20 caryopses identifiés. Bien que l’absence de fragments de rachis ne permette pas de déterminer précisément l’espèce de blé nu, il est probable, qu’au Néolithique moyen, il s’agisse du blé tendre ou froment (Triticum aestivum s.l.), espèce hexaploïde (2 n = 6× = 42 chromosomes, BBAuAuDD (Ledent 1989, Blatter et al. 2004, Cappers et al. 2012). Plus exigeant que les blés vêtus, il requiert des sols profonds et riches (Cappers et Neef 2012) – sols bruns, lœss, de préférence calcaires. Sa particularité est la teneur en gluten bien supérieure aux autres céréales, ce qui rend sa farine panifiable et donc apte pour la préparation de pain. Le blé tendre peut être semé aussi bien à l’automne (blé d’hiver) qu’au printemps (blé d’été). Cependant, le blé d’hiver produit plus de talles et a une plus longue saison de croissance, ce qui expliquerait son rendement plus élevé.

160Aux côtés du blé nu, l’amidonnier (Triticum dicoccon) est présent de manière anecdotique, seulement un caryopse et une base de glume ont été identifiés. Le taxon amidonnier/épeautre (Triticum dicoccon/spelta) est également représenté par un caryopse. L’amidonnier est un blé vêtu tétraploïde (2 n = 4× = 28 chromosomes, BBAuAu). Il s’agit d’une céréale adaptée aux conditions de plaine. Puisqu’il est assez résistant à la sécheresse et aux conditions fraîches, il a pu être cultivé en dehors de l’aire de répartition de l’amidonnier sauvage (Cappers et Neef 2012). Bien que son rendement soit assez faible, il reste supérieur à l’engrain (Triticum monococcum). Comparé à l’épeautre, l’amidonnier est peu panifiable. Il peut être semé aussi bien à l’automne (blé d’hiver) qu’au printemps (blé d’été).

161Seulement une base de glume d’engrain (Triticum monococcum) a été identifiée. L’engrain est un blé vêtu diploïde (2 n = 2× = 14 chromosomes, AmAm). Il ne présente pas d’exigences élevées concernant la qualité du sol (Cappers et Neef 2012). Cette espèce offre un rendement plus faible que l’amidonnier, mais elle supporte les sols moins fertiles et résiste bien à la verse. Compte tenu de la faible teneur en gluten, l’engrain est panifiable, mais lève peu. Il s’agit, à la base, d’un blé d’hiver, mais il a également été adapté aux cultures d’été.

162Des fragments de 15 caryopses de blé indéterminé (Triticum sp.) ainsi que des fragments de 27 caryopses de céréales indéterminées (Cerealia indeterminata) ont été identifiés. Au vu de la prédominance du blé nu au sein du spectre, il est fort probable que ces fragments soient de restes de blé nu qui auraient été endommagés par des questions taphonomiques.

Les légumineuses

163Seulement deux fragments de légumineuses cultivées indéterminées (Leguminoseae sativae indeterminatae) ont été attestés, soit 2 % du spectre de plantes (tabl. 14, fig. 29).

Les plantes de cueillette

164Seulement un fragment de coque de noisette (Corylus avellana) a été identifié, soit 1 % du spectre de plantes (tabl. 14, fig. 29). La période de floraison du noisetier est comprise entre février et avril et la cueillette des fruits a lieu à la fin de l’été et en automne. Il pousse dans les bois, les fourrés et les haies, surtout sur des sols riches et fertiles (Lambinon et Verloove 2012).

Les messicoles et autre végétation synanthrope

165Le cortège de mauvaises herbes rassemble 10 taxons et représente 20 % du spectre, soit 17 carporestes (tabl. 14, fig. 29). La patience crépue/à feuilles obtuses (Rumex crispus/obtusifolius) est le taxon le mieux représenté avec cinq carporestes. Il s’agit de deux espèces de plantes rudérales poussant dans les friches ou terrains vagues, mais aussi dans les prairies et les lisières des cultures. La période de floraison de la patience crépue est comprise entre juin et août et celle de la patience à feuilles obtuses entre juin et septembre (Lambinon et Verloove 2012). La détermination exacte reste délicate car beaucoup d’espèces de patiences sont interfertiles et les croisements sont fréquents. Ensuite, plantes et akènes montrent une grande diversité morphologique. Le genre des bromes est représenté par les espèces brome seigle (Bromus cf. secalinus) et brome stérile/des toits (Bromus sterilis/tectorum). Le brome seigle est une plante messicole, c’est-à-dire une mauvaise herbe à germination préférentiellement hivernale et poussant dans les champs cultivés. Il est probablement associé à la culture du blé tendre et de l’amidonnier sur le site de Saint-Julien-lès-Metz. Il se développe dans des sols calcarifères, dans des lieux plutôt secs et sa période de floraison s’étend de juin à juillet. En revanche, le brome stérile et le brome des toits sont des plantes rudérales poussant dans des terrains vagues, pelouses rudéralisées et vieux murs. La période de floraison du brome stérile est comprise entre mai et juin, voire septembre, et celle du brome des toits entre avril et juin (Lambinon et Verloove 2012).

166Les autres plantes présentes sont des espèces aussi bien rudérales que messicoles. En ce qui concerne le chénopode blanc (Chenopodium album), sa période de floraison est comprise entre mai et septembre. Quant au gaillet bâtard (Galium spurium), le pied-de-coq commun (Echinochloa crus-galli) et la vrillée liseron (Fallopia convolvulus), leur période de floraison s’étend de juillet à octobre. La lampsane commune (Lapsana communis) fleurit entre juin et septembre et la renouée des oiseaux (Polygonum aviculare) entre juillet et novembre (Lambinon et Verloove 2012).

Les arbres

167Le tilleul à larges feuilles (Tilia platyphyllos) représente 1 % du spectre, soit un carporeste (tabl. 14, fig. 29). Il s’agit d’un arbre thermophile et assez exigeant poussant sur des sols fertiles, souvent sur terrain calcaire et dans les ravins. Sa période de floraison est comprise entre juin et juillet (Lambinon et Verloove 2012).

Exploitation de l’environnement ligneux pour le combustible et environnement végétal

168L’analyse vise à appréhender les formations forestières exploitées pour le bois de feu sur le site, à mieux comprendre la taphonomie des structures et la chronologie du site.

169Les charbons de bois proviennent du remplissage de structures en creux. Des activités de combustion in situ ne sont pas à exclure pour les structures 23 (silo) et 24 (structure de combustion), présentant des parois rubéfiées, en contact avec les couches charbonneuses étudiées et pouvant indiquer des activités de combustion liées, ou non, au fonctionnement primaire des structures. Aucune concentration de carporestes n’a été identifiée dans les échantillons de la structure 23 interprétée comme un silo.

170Dans les structures 4, 6, 12, 16, 40, 50, 54 et 72 composant la fosse polylobée, les charbons de bois, parfois mélangés à du torchis, des artefacts céramiques et/ou lithiques, pourraient être d’origine détritique et correspondre à plusieurs activités de combustion. Les fosses 12 (complexe IV), 72 (complexe VII), 54 et 4 (complexe VIII) sont datées grâce à la céramique du Grossgartach. Les structures 6, 16, 40 et 50 (complexes IX et X) sont attribuées, à partir de la céramique, au Bischheim. Les structures 23 et 24 ont fait l’objet de datations au radiocarbone, sur des fragments de charbon de bois non identifié au préalable, permettant leur attribution au Campaniforme.

171Les seaux de sédiments ont été tamisés à l’eau à travers des mailles de tamis de 0,325 et 1 mm. La grande majorité des échantillons prévus pour l’étude anthracologique se sont avérés très pauvres en charbon de bois. Seules les structures 23 et 24 ont livré des échantillons riches en macrorestes carbonisés. Les échantillons étudiés correspondent à un volume de tamisage d’environ 120 litres et à la fraction de tamis de 1 mm.

172Les fragments de charbon de bois identifiés sont bien conservés. Ils ont été fractionnés à la main selon les trois plans d’observation anatomique (transversal, longitudinal tangentiel, longitudinal radial). L’identification des fragments a été réalisée sous microscope optique à réflexion (×50 à ×500) avec l’aide de collections de référence et d’un atlas de comparaison (Schweingruber 1990).

173Dans le tableau de données brutes (tabl. 15), la distinction entre Prunus type avium/padus et Prunus type spinosa est fondée sur l’épaisseur des rayons (3-4 cellules pour le premier, plus de cinq pour le second). En raison de l’incertitude de la détermination à l’espèce, les deux essences sont rassemblées dans le taxon Prunoïdées lors des calculs des fréquences relatives (fig. 54). Ces dernières sont calculées pour chaque taxon par rapport au nombre total de fragments identifiés par période chronologique. Il s’agit de la méthode utilisée classiquement en anthracologie.

Tabl. 15 – Résultats anthracologiques, charbons de bois en nombre de fragments, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 15 – Résultats anthracologiques, charbons de bois en nombre de fragments, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tamis 1 mm.

A. Salavert

174Les résultats de l’étude anthracologique pour la période Grossgartach montrent que quatre structures ne livrent que 22 fragments identifiés. La diversité spécifique (n = 6) est cependant équivalente à celle des périodes postérieures (n = 7 et 6). Les périodes du Bischheim et du Campaniforme offrent un corpus comparable (fig. 54). Les quatre taxons principaux sont le chêne, le frêne, l’orme et le noisetier (respectivement 27 %, 23 %, 23 % et 18 %). Un fragment de Maloideae (sous-famille du pommier, poirier, sorbier, aubépine) et un fragment de hêtre sont également identifiés.

Le site d’habitat Bischheim : les vestiges d’un habitat partiellement exploré 

Structuration de l’habitat

175L’occupation Bischheim se matérialise par un chapelet de fosses polylobées. Elles ont été creusées dans un milieu humide dominé par le chêne et le frêne. Les rejets détritiques déversés dans la fosse sont le reflet d’activités domestiques et de faibles productions artisanales.

Les fosses polylobées

176La succession de fosses polylobées du Bischheim, c’est-à-dire la partie nord-est des alvéoles qui contenait un mobilier abondant, ne sont associées à aucun bâtiment (fig. 5, 30).

Fig. 30 – Plan de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 30 – Plan de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata

Observations générales

177Les fosses Bischheim présentent les mêmes caractéristiques que les fosses Grossgartach, elles sont le résultat du creusement d’une succession d’alvéoles circulaires ou ovales à fond concave formant un chapelet de fosses coalescentes. Elles sont composées de quatre grandes excavations multilobées faiblement espacées de 15 à 50 cm maximum les unes des autres. Elles sont numérotées de IX à XII (la dynamique de comblement est décrite de bas en haut). Les quatre fosses forment un creusement de 21,90 m de long pour une largeur de 14,50 m, la profondeur maximale atteinte étant de 0,80 m. La superficie est équivalente à 100 m2 avec une estimation du volume de terre exploitée correspondant à environ 137 m3 (fig. 5, tableau des superficies, fig. 31). Si la chronologie des creusements n’est pas accessible, la dynamique du comblement, en revanche, est restituable et quasi identique à celle observée pour le Grossgartach. La fermeture de cette vaste dépression s’est déroulée en trois phases. Après une courte durée d’ouverture, un limon jaune demeuré « propre », sans inclusion de charbons de bois ni matériel détritique a comblé tout ou partie de chacun des lobes. La seconde phase correspond à un épisode de condamnation lent où l’on trouve les quantités les plus importantes de charbons de bois associées à du mobilier détritique. Le dernier processus comble enfin les ultimes concavités d’un limon argileux brun-grisâtre contenant des vestiges archéologiques.

Fig. 31 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune et torchis de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 31 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune et torchis de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet

178Les techniques de creusement des fosses sont sensiblement les mêmes qu’au Grossgartach. Les fosses semblent avoir eu deux fonctions essentielles, l’extraction de matériaux et dépotoir.

Les fosses polylobées

179Le complexe IX (structures 5-6, 6bis, 19, 47, 50-51) forme un plan irrégulier comportant 16 surcreusements. Il mesure 9,25 m et sa largeur varie de 3,50 à 6,20 m. La profondeur maximale est de 0,80 m. Les profils sont en cuvette avec un fond concave ou plat et des parois évasées en escalier. Six creusements ont été individualisés : 5-6, 6 bis, 50-51 et 19 (fig. 32, coupes 29-30, 33). La technique de creusement laisse apparaître des profils asymétriques opposant un bord plus ou moins vertical à un plan incliné (structure 6), tandis que d’autres présentent la particularité d’avoir un bord vertical parfois aménagé d’une marche formant un palier d’une trentaine de centimètres environ de haut (structures 19, 51). Cette marche pourrait bien être le dernier témoin de la technique d’évidement par paliers successifs (fig. 32). Le comblement est constitué de trois couches qui conservent plus ou moins de mobilier. Néanmoins, quantitativement c’est le remplissage terminal composé d’un limon brun-noir qui livre une majorité de vestiges. C’est au sein de ce complexe que l’on trouve la plus grande quantité de mobilier céramique du secteur Bischheim (la structure 6 contient les restes d’un anneau brisé en céramique et d’un lest ou poids de filet), ainsi que la plus grande quantité de mobilier macrolithique (voir infra). Enfin, on signale dans le remplissage de la structure 6, des restes d’ocre amalgamés (6 g) que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur le site. L’ocre se présente sous la forme de petits blocs solides sans trace d’utilisation, le plus grand mesure 14 mm de long et 10 mm de large. Il faut souligner que le fossé gallo-romain n’apparaît pas dans ce complexe (fig. 30, 32).

180Une datation réalisée à partir de charbon de bois provenant du comblement terminal de cette fosse renvoie à l’horizon épirössénien (Denaire et al. 2011.) : 5365 ± 35 BP (Poz 62423), soit calibrée à 2 sigma de probabilité (95,40 %) : 4330-4054 cal. BC (calibrée avec OxCal online v.4.4.4, données atmosphériques d’IntCal20 ; Reimer et al. 2020).

Fig. 32 – Plan et coupes du complexe IX, structures 5-6, 6bis, 19, 47, 50-51, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 32 – Plan et coupes du complexe IX, structures 5-6, 6bis, 19, 47, 50-51, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.-F. André, cliché V. Brunet

181Le complexe X (structures 14, 16-18, 34-43, 46) est un creusement de plan irrégulier avec un profil en cuvette à fond concave ou plat, aux parois évasées et en escalier. Il est formé d’une quinzaine de surcreusements. L’excavation s’étend jusqu’à 10,50 mètres de long et 9,50 m de large. Elle est conservée sur une profondeur de 0,60 m. La technique de creusement est identique au complexe décrit précédemment. La structure 40 en particulier a livré un abondant mobilier provenant du comblement terminal (fig. 33, coupes 39-40, 47, 49-50, fig. 34, coupes 36, 41-45, 53). Ce complexe est le second après le complexe IX ayant livré les plus grandes quantités de mobilier lithique et macrolithique, le corpus se compose plus précisément de plusieurs outils de type abraseur à cupule. Enfin, on note le rejet massif de torchis (poids total 3,40 kg) dont certains fragments conservent des traces de clayonnage ou des faces lisses. Parmi les vestiges de faune, l’assemblage est dominé par le bœuf et le porc. Enfin, on signale un petit bloc d’hématite dans la structure 42, il se présente sous la forme d’un bloc de 29 mm de long, 25 mm de large et 18 mm d’épaisseur, il porte sur ses côtés des facettes d’usage.

Fig. 33 – Plan et coupes du complexe X, structures 14, 16, 18, 34-37, 39-41, 43, 46, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 33 – Plan et coupes du complexe X, structures 14, 16, 18, 34-37, 39-41, 43, 46, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.‑F. André

Fig. 34 – Plan et coupes du complexe X, structures 14, 16, 18, 35, 41, 43, 46, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 34 – Plan et coupes du complexe X, structures 14, 16, 18, 35, 41, 43, 46, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.F. André

182Le complexe XI (structures 22, 30) est constitué de deux alvéoles de forme ovale, les profils sont en cuvette avec des parois évasées. Il mesure 6,45 m de long et 5,50 m de large pour une profondeur moyenne de 0,80 m. Les comblements sont formés de deux ou trois couches suivant les lobes. Il s’agit d’un limon argileux jaune brun surmonté d’un limon brun-grisâtre et d’un limon argileux brun-noir (fig. 35, coupes 59, 61, 63). Ce complexe livre très peu de vestiges, la faune y est également relativement rare.

Fig. 35 – Plan et coupes du complexe XI, structures 22, 30, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 35 – Plan et coupes du complexe XI, structures 22, 30, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.-F. André

183Le complexe XII (structures 21, 28-29, 31-33, 44) se compose de petites fosses « satellites » gravitant autour du complexe XI (fig. 36).

184La structure 21 a livré un fond de vase en place et d’un départ de panse non décorée de 0,15 m de diamètre. Son contenu était composé d’un limon argileux brun clair et de quelques nodules de terre cuite, sans qu’aucune graine n’ait été recueillie.

185La structure 28 située au sud du complexe XI est un creusement de plan ovale avec un profil en cuvette à fond concave, aux parois évasées et verticales. Il mesure 1,70 m de long et 1,45 m de large. Conservé sur une profondeur moyenne de 0,30 m. Le comblement est constitué d’un limon argileux jaune brun et d’un limon argileux brun-noir homogène. Le mobilier céramique ou l’industrie lithique sont indigents tout comme la faune et les éléments de mouture.

Fig. 36 – Plan et coupes du complexe XII, structures 28-29, 31-33, 44, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 36 – Plan et coupes du complexe XII, structures 28-29, 31-33, 44, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, M.‑F. André

186La structure 29 se situe à 50 cm à l’est de la structure 28. Il s’agit d’un creusement de plan ovale avec un profil en cuvette à fond légèrement incliné, aux parois évasées. Il mesure 1,60 m de long, 0,65 m de large et est conservé sur une faible profondeur (0,16 m). Son comblement est composé d’une seule couche, un limon argileux jaune ne contenant aucun mobilier archéologique.

187Les structures 31 à 33, situées à l’ouest du complexe XI, constituent un petit ensemble de trois fosses connexes. Leurs plans sont ovales ou arrondis, elles mesurent 1,50 m de long et sont peu profondes, la mieux conservée est la structure 33 avec 33 cm tandis que les deux autres sont peu creusées avec une moyenne de 15 cm. Les fonds sont légèrement convexes et les parois verticales. Les remplissages sont constitués d’un limon argileux jaune hétérogène ne contenant aucun mobilier archéologique.

188Enfin, la structure 44 est un creusement situé au nord du complexe XI et à moins de 1 m de la structure 21. Son plan est ovale avec un profil en cuvette à fond concave et aux parois évasées. Elle mesure 1,15 m de long et 0,80 m de large et est conservée sur 0,20 m de profondeur. Son comblement est constitué d’un limon jaune hétérogène de quelques charbons de bois et de nodules de terre cuite.

Fonction des fosses polylobées

189En l’absence de bâtiments contemporains découverts sur le site, l’hypothèse que les fosses polylobées Bischheim de Saint-Julien-lès-Metz soient utilisées comme des carrières d’extraction est envisagée avant une reconversion comme dépotoirs (Jeunesse 1993, Croutsch et al. 2008, 2016, Ihuel et Pelegrin 2009, Brkojewitsch et al. 2010, Maire et al. 2012b, Perrin et al. 2014, 2019, Asselin et Le Brun-Ricalens 2017, Véber et al. 2017).

La culture matérielle 

La céramique Bischheim

Quelques remarques autour des termes de « Rössen », « Rössen final », « Bischheim rhénan », « Bischheim occidental », « Bischheim occidental du Rhin supérieur », « groupe de Menneville » et surtout « d’Épirössen », ou pour en finir avec « l’Épirössen »

190Il peut apparaître incongru de commencer cette partie sur la céramique Bischheim par une mise en garde menée contre l’étiquette « Épirössen », mais ce préambule est indispensable pour expliquer pourquoi ce terme ne sera pas employé dans les lignes suivantes.

191Passons rapidement sur son côté fourre-tout qui conduit à classer un ensemble de réalités fort différentes d’une région à une autre, d’un auteur à un autre. À l’origine, ce terme désignait les productions céramiques postérieures au Rössen, ayant un air de famille avec cette culture, mais il est progressivement devenu un nom de culture ou de groupe culturel à part entière. Et c’est ce passage de l’adjectif épirössen/épirösséenien au nom Épirössen qui pose problème. Parler d’horizon épirössen a du sens, c’est la tranche chronologique qui s’intercale, dans les régions rhénanes et voisines entre le Rössen et le Michelsberg. Évoquer les groupes épirösseniens est également pertinent pour souligner le lien de famille du Bischheim occidental, du Bischheim rhénan et du Bischheim oriental, du Schernau-Golberg et du Bruebach-Oberbergen, du Schwieberdingen et du Borscht-Inzigkofen, etc., en opposition au Lengyel ou au Chasséen de type Chassey.

192Il est possible de faire la carte de répartition des groupes épirösseniens, pas celle de l’Épirössen.

193La notion de Rössen, telle qu’elle est définie dans les régions rhénanes (Spatz 1996 ; Denaire 2009), ne pose aucun problème. Il en va différemment de celle de « Rössen tardif ». Chez H. Spatz, il s’agit d’une étape finale du « vrai » Rössen (Spatz 1996), alors que, pour J. Lichardus, c’est du Rössen III (Lichardus 1976), autrement dit, du Bischheim. Ainsi, l’essentiel du mobilier catalogué comme Rössen tardif dans la littérature française devrait être requalifié d’Épirössen puisqu’il s’agit de Bischheim, groupe postérieur au Rössen. Si l’Épirössen désigne les productions Bischheim, comment les distinguer des productions céramiques postérieures à ce dernier ? Comment nommer celles qui, comme le Bruebach-Oberbergen, le BORS, le faciès de Riegel ou encore le Schwieberdingen, succèdent au Bischheim : « l’Épibischheim » ? Quel est l’intérêt ? La question et sa réponse, évidentes, s’appliquent tout autant à l’Épirössen. Enfonçons le clou : est-ce que la notion d’Épi-BVSG est nécessaire pour désigner le Cerny ? De nouveau, non, pourtant plusieurs styles se côtoient dans le Cerny (le Cerny-Videlles et le Cerny-Barbuise que le radiocarbone donne désormais comme contemporains).

194Dans le cas du Bassin parisien, ce terme est d’autant moins nécessaire que le Rössen n’y est pas attesté, il est donc inutile d’y distinguer un avant et un après-Rössen. Hormis quelques éléments « rhénans » isolés qui, comme le vase Planig-Friedberg de Passy (Lemercier et Pillot 2017) sont clairement des pièces importées, aucune implantation Grossgartach, ni Rössen n’y a été découverte. Les « vrais » sites d’obédience rhénane connus appartiennent au Bischheim, en l’occurrence à sa variante occidentale (Jeunesse et al. 2003). Ces ensembles sont souvent classés sous le label de « Menneville » qui n’apporte pas grand-chose si ce n’est rajouter de la confusion : est-ce que tout tesson Bischheim occidental est considéré comme du Menneville ? Pas toujours si on suit l’usage rencontré dans la littérature archéologique.

195Espérons que ce prêche permettra de limiter l’usage de l’étiquette d’Épirössen à une commodité de langage permettant de regrouper les cultures et groupes « rhénans » qui appartiennent à la fourchette chronologique allant du Rössen et Michelsberg. Il faut définir clairement et correctement les groupes et cultures considérés : pour le Bassin parisien, uniquement du Bischheim occidental, en Alsace, du Bischheim, puis du Bruebach-Oberbergen et du BORS (Jeunesse et al. 2003).

196Revenons à la Moselle qui fait pleinement partie de la séquence culturelle du Néolithique moyen rhénan. La culture de Rössen y est remplacée par le groupe de Bischheim quelque part après 4500 av. n.è. Aujourd’hui, une petite dizaine de sites Bischheim sont connus en moyenne Moselle. Ils ont livré un mobilier céramique relevant du faciès rhénan du Bischheim (Blouet et al. 2007 ; Denaire et Robert 2009).

197La fin du Néolithique moyen, celle qui prend place entre 4300 et 4000 av. n.è., pour simplifier le discours, est encore plus mal connue en Moselle. Seuls trois ou quatre sites peuvent lui être rattachés. Cet horizon est marqué dans les régions rhénanes par une évolution du Bischheim qui conduit à son morcellement. Ainsi, dans la région du Rhin inférieur, il est remplacé par le faciès occidental du Bischheim, tandis que, dans la région du sud du Rhin supérieur, il évolue vers le groupe de Bruebach-Oberbergen avant d’être là aussi supplanté, cette fois par le Bischheim occidental du Rhin supérieur (le BORS de Jeunesse et al. 2003). Entre les deux, tant dans la région du Rhin moyen qu’en moyenne Moselle, la situation n’est pas très claire, faute d’une documentation suffisante. Pour le nord du Palatinat et la région Rhin-Main, il semble que le faciès rhénan se poursuive sans évolution notable. Il en va différemment pour la Moselle où le scénario semble plus proche de celui observé dans le Rhin inférieur ou en Alsace avec l’arrivée du faciès occidental. Ainsi, certains décors céramiques comme les damiers de triangles des vases du site mosellan de Falck (Blouet et al. 2007, p. 335, pl. 8, n° 6) trouvent de très bonnes affinités avec les productions du faciès occidental.

Les tessons Bischheim

198Numériquement et qualitativement, le corpus Bischheim de Saint-Julien-lès-Metz soutient la comparaison avec la série Grossgartach du site et est l’une des plus étoffée actuellement disponible en Moselle avec près de 500 tessons.

199Mis à part une fragmentation importante, l’état de conservation de ces tessons est bon, comparable à celui des vases Grossgartach. Certaines surfaces ont toutefois perdu leur « épiderme » qui a tendance comme souvent à se desquamer (fig. 41, n° 8).

200De nouveau, trois types de pâtes peuvent être distingués. Une fine d’excellente facture, très travaillée avec des inclusions peu visibles sur les surfaces. Les pâtes semifines s’en distinguent de manière assez subjective, essentiellement par des inclusions plus visibles. Quant aux pâtes que l’on pourrait qualifier de grossières, elles sont peu nombreuses ; elles sont plus « aérées », moins homogènes que les précédentes. La cuisson semble aussi différer avec des teintes plus claires en surface.

201Concernant les inclusions observées, elles sont de cinq types (fig. 37a) : sable, inclusions argilo-sableuses, quartz, calcaire coquillier et inclusions argileuses et des cristaux de quartz. Les inclusions sableuses (G1) sont les plus fréquentes, devant celles associant sable et argile.

202De façon générale, la palette de couleurs des surfaces des poteries s’éclaircit au cours du Néolithique moyen rhénan, passant des teintes gris noir et noires à des tons bruns, brun orangé et brun rouge. La série exhumée à la « Ferme de Grimont » ne fait pas exception et s’inscrit dans cette évolution générale. Si les surfaces sont claires, les cœurs sont généralement noirs trahissant une cuisson oxydo-réductrice (fig. 37b). Certains vases présentent une sous-couche rouge sous leur surface brune et un cœur gris foncé ou noir.

203Tout comme le travail des pâtes et la cuisson, le montage des vases est soigné, notamment celui des cols qui, malgré leur finesse (souvent moins de 3 mm, avec un record de 2,60 mm d’épaisseur), ont bien résisté au temps. Les finitions sont poussées, allant, dans la plupart des cas, jusqu’au polissage de la surface externe.

204Il faut insister sur le soin apporté au montage et à la finition des petits gobelets décorés qui les classent parmi les productions les plus soignées du Néolithique d’Europe occidentale.

Fig. 37 – Les dégraissants et les modes de cuisson, céramique Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 37 – Les dégraissants et les modes de cuisson, céramique Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

R. Prouteau

205Comme partout ailleurs, le répertoire de formes se réduit considérablement après le Grossgartach et de nouveau après le Rössen. À Saint-Julien-lès-Metz, cinq catégories sont attestées pour le Bischheim, en plus des plats à cuire.

206La mieux représentée est celle des gobelets à panse globulaire (le Kugelbecher des publications allemandes), munis d’un col haut plus ou moins éversé (fig. 39, nos 1-3, fig. 40, no 1, fig. 41, nos 1-2, 6, 8, 12-16). Leur lèvre peut être légèrement ourlée. Environ 12 % d’entre elles sont encochées.

207L’épaulement est bien marqué. C’est généralement à ce niveau ou juste au-dessous que le décor est placé.

208Un gobelet de la structure 47 se distingue par son col haut rentrant et sa panse carénée (fig. 40, no 5). Il rappelle que la carène ne disparaît pas avec le Grossgartach, mais perdure au moins jusqu’au Bischheim dans les contextes rhénans (Denaire 2009, p. 319).

209Sauf exception (fig. 39, no 1), ces gobelets sont décorés.

210Une catégorie « pots à panse globulaire » doit être distinguée de la précédente, non seulement par ses dimensions plus importantes – le seul pot archéologiquement complet a un diamètre de 24 cm (fig. 39, n° 4) –, mais aussi par l’absence de décor imprimé et par les caractéristiques de leur pâte. En effet, ils sont montés dans une pâte semifine qui se distingue aisément des précédentes. L’épaisseur des parois est également plus importante.

211Comme les gobelets, les cols sont hauts et éversés. En revanche, les épaulements sont nettement moins marqués donnant aux profils un tracé en « S » plus délié (fig. 39, n° 4). Les préhensions sont disposées juste au-dessus du diamètre maximal de la panse.

212Un grand fragment de col découvert dans la structure 47 se distingue par un rétrécissement marqué de sa base. Il provient probablement d’une bouteille (non dessinée).

213La structure 6 a livré un petit tesson présentant un départ d’anse en boudin (non dessinée). Une telle préhension reste rare dans les productions du Néolithique moyen rhénan en général, celles du Bischheim rhénan en particulier.

214Aucun gobelet ni pot à panse globulaire connu n’étant muni de telles préhensions, gageons que cette anse renvoie à une autre catégorie. Pourquoi pas celles des tasses dont au moins un exemplaire est connu en contexte Bischheim, sur le site de Schwalheim en Hesse (Jeunesse et al. 2003, p. 95, fig. 75, no 2) ?

215La dernière catégorie attestée est celle des grands vases de stockage présents au travers de quelques tessons en céramique grossière dont l’un atteint 16 mm d’épaisseur (structure 25).

Fig. 38 – Les formes ouvertes Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 38 – Les formes ouvertes Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M. -F. André, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet

Fig. 39 – Les formes fermées Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 39 – Les formes fermées Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M.‑F. André, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet

Fig. 40 – Les formes fermées Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 40 – Les formes fermées Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M.‑F. André, dessins S. Baccega, cliché V. Brunet

216Outre le départ d’anse évoqué plus haut, les éléments plastiques comprennent des :

  • pastilles appliquées, disposées isolées sous le bord (fig. 39, no 2) ou placées sur l’épaulement des poteries ou la base des cols, isolés (fig. 40, no 1 et fig. 41, no 6) ou en rangées (fig. 41, nos 10-11) ;
  • de petits mamelons ronds pas toujours évidents à distinguer du type précédent ;
  • des boutons ovales à perforation horizontale (fig. 39, no 4) placée juste au-dessus du diamètre maximal des pots. Au moins l’un d’entre eux présente un ensellement médian marqué (structure 6, non dessinée).

217Les vases sont trop incomplets pour savoir si la présence d’éléments de préhension est systématique. Les décors, même réduits, s’articulent généralement sur les pastilles et les boutons de préhension (fig. 41, no 12), comme c’est la norme en contexte Bischheim.

218Bien entendu, la compréhension des décors souffre grandement de la fragmentation de cette série. La plupart des gobelets décorés ne sont ainsi représentés que par un ou deux tessons.

219Outre ces quelques éléments plastiques qui viennent d’être évoqués, l’essentiel des décors Bischheim est composé, comme au Grossgartach, d’impressions et d’incisions. Toutefois, la technique de l’incision est très discrète et se limite aux lignes séparant les registres du damier de triangle de la structure 47 (fig. 41, no 5). La technique de l’impression est donc archidominante au sein de cette série, que ces impressions soient disposées séparément ou selon la technique du pointillé-sillonné.

220Les outils employés sont majoritairement des poinçons qui laissent dans la pâte des impressions sagittales, ovales ou quadrangulaires. Les plus larges peuvent être qualifiés de spatules (fig. 41, no 8).

221Un tesson provenant de la structure 6 a conservé, au creux de ses impressions, le négatif de ce qui semble être des fibres végétales. Cette observation renvoie à ce qui a déjà été noté dans le Néolithique moyen rhénan : si l’utilisation de fines pointes de silex et de pointes en os est probable, la plupart des outils semblent avoir été façonnés en bois ou taillés dans des tiges creuses (Denaire 2009, p. 104).

222La majorité des décors sont réduits à une simple rangée d’impressions articulées sur les pastilles appliquées. La technique du pointillé-sillonné est de loin la plus utilisée.

223Au moins deux gobelets de la structure 6 voient le décor réduit composé d’une rangée de pastilles appliquées. Certaines ne sont d’ailleurs plus en place, elles ont « sautées » (fig. 41, nos 10-11).

224Dans au moins un cas, un segment vertical composé d’impressions disposées selon la technique du pointillé-sillonné est suspendu à l’élément plastique sur laquelle la rangée d’impressions s’appuie (fig. 41, no 16). Il est possible que certains tessons de panse ornée d’une, deux ou trois rangées d’impressions renvoient à de tels segments verticaux, probables décors secondaires suspendus. L’un d’eux présente deux segments verticaux élargis par de courts segments obliques formant des motifs de « demi-épis » (fig. 41, no 7). Segments verticaux et obliques ont été réalisés à l’aide d’un poinçon laissant une impression sagittale utilisée de nouveau selon la technique du pointillé-sillonné (fig. 41, no 9).

225À côté de ces décors réduits, une poignée de gobelets présentent des décors plus élaborés. Ainsi, un fragment de la structure 6 possède un décor composé de deux registres, l’un se développant sur la panse, l’autre au-dessus (fig. 39, no 2). La première combine des motifs en échelle, composés de barreaux réalisés à l’aide d’impressions sagittales fines disposées horizontalement et de montant obtenu à l’aide du même instrument, mais cette fois utilisé selon la technique du pointillé-sillonné. Le registre supérieur est très similaire au décor en échelle, mais disposé horizontalement. Les barreaux sont, en outre, plus longs, obtenus grâce à la technique du pointillé sillonné et apparemment groupés en métopes. Une petite pastille appliquée ou modelée dans la masse est visible sous certains barreaux.

226Ajoutons qu’il s’agit d’un des rares vases Bischheim avec une teinte grise en surface.

227De la structure 19 provient un petit gobelet présentant un décor à la thématique très proche du vase précédent (fig. 39, no 1). Ses deux registres ne sont toutefois pas accolés, mais séparés d’un bon centimètre. Le registre inférieur a été placé au niveau du diamètre maximal de la panse : une frise d’échelles disposées verticalement est suspendue à une ligne. Le potier a utilisé son outil tantôt selon la technique du pointillé-sillonné, tantôt selon celle de l’impression séparée.

228Le registre supérieur est, quant à lui, composé d’une rangée horizontale d’impressions sagittales disposées selon la technique du pointillé-sillonné, surmontée d’impressions sagittales séparées et verticales.

229Un gobelet à l’épaulement marqué découvert dans la structure 40 présente un décor combinant une rangée horizontale d’impressions larges disposée selon la technique du pointillé-sillonné surmontant une frise de zigzags à quatre branches ou plus (fig. 41, no 8).

230Le gobelet à panse caréné de la structure 47 se distingue également par son décor qui se développe sur son col et qui se compose d’un damier de cinq rangées de petits triangles disposés pointe vers le bas (fig. 41, no 5). Les lignes horizontales qui séparent les registres sont incisées, les hachures qui délimitent et remplissent les triangles ont été réalisées à l’aide de la technique du pointillé-sillonné.

231Plusieurs tessons provenant de la structure 6 semblent provenir du même gobelet. Toutefois, le fait que le damier monte plus haut sur le col et descende plus bas, au-dessous de la carène est un argument pour en faire des fragments d’un second récipient ; argument qui peut toutefois être balayé en évoquant les irrégularités qui existent au Néolithique moyen dans la mise en place de décors aussi développés.

232Pour terminer, signalons la présence d’un décor assez original composé de quatre impressions ovales disposées de manière originale en carré (structure 42).

Fig. 41  Les vases décorés, céramique Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 41 – Les vases décorés, céramique Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M.‑F. André, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet

Autres éléments en céramique

233Deux fragments de plat à cuire ont été recueillis dans la structure 6 (fig. 38, nos 2-3), un autre dans la structure 5 (fig. 38, no 1). Ce dernier a un diamètre de 17,50 cm. Tous ont été façonnés dans une pâte moins travaillée que les vases avec des inclusions plus abondantes.

Du Bischheim, mais quel Bischheim ?

234Avant de discuter plus en détail de l’attribution culturelle de cette série céramique, il faut rappeler que les limites évoquées pour la collection Grossgartach s’appliquent à celle-ci. Compte tenu du volume des structures considérées, du nombre de lobes d’où proviennent ces tessons (fig. 5) et surtout de l’absence de remontage entre ensembles de fosse, lobes et/ou carrés de fouille, on ne peut considérer a priori ces tessons comme relevant d’un assemblage unique. Toutefois, l’examen des pâtes, des formes et des décors donne l’impression contraire, celle d’une série relativement homogène, à l’exception de rares tessons sur lesquels nous reviendrons.

235Il est donc difficile de savoir si cette impression d’homogénéité reflète une réalité passée, celle d’un lot de tessons rejetés dans un laps de temps très court, ou si, au contraire, elle est trompeuse, amalgamant des fragments de poteries produites sur plusieurs décennies, voire générations. En effet, il n’existe, en Moselle, comme d’ailleurs dans les autres régions du Bischheim rhénan, aucune typochronologie fine des productions céramiques de ce groupe. Or, le Bischheim rhénan dure plusieurs générations entre 4495-4430 et 4400-4355 av. n.è. (datations avancées pour la Basse-Alsace), donc une durée potentiellement supérieure à celle de la culture de Grossgartach dans son ensemble (Denaire et al. 2017). Les formes et les décors Bischheim rhénan doivent sans doute connaître une évolution stylistique, mais cette dernière nous échappe complètement pour le moment. Il existe bien des tentatives pour subdiviser le Bischheim rhénan en deux phases (Friedrich 2011), la première avec des décors encore très inspirés du répertoire Rössen (triangles suspendus, zigzags notamment) et une seconde où seuls les décors réduits subsistent, mais rien ne les justifie : aucune stratigraphie ne vient les appuyer et les assemblages considérés ne proviennent pas d’ensembles clos ou alors d’ensembles très réduits, ce qui rend ces essais de chronologie douteux. Par ailleurs, l’évolution du répertoire décoratif entre le Bischheim rhénan et les groupes qui lui succèdent ne va jamais vers une simplification des décors. Bien au contraire, Bruebach-Oberbergen, faciès de Riegel, Schwieberdingen, etc. présentent tous des décors complexes, certains pouvant être qualifiés de « baroques » en comparaison des « sages » décors Bischheim (Seidel 2022). Connaissant cette évolution globale, il est donc, dans l’état actuel des connaissances, infondé de vouloir placer une étape « décors réduits » après une étape comprenant des décors de « tradition Rössen », d’autant que, lors de cette « première étape », ces décors réduits sont déjà présents.

236Ce long préambule posé, revenons au mobilier de Saint-Julien-lès-Metz. L’essentiel des caractéristiques de cette série rentre parfaitement dans la variabilité connue des productions du Bischheim rhénan (Jeunesse et al. 2003, p. 65-103). Les traits les plus saillants sont :

  • un vaisselier réduit peu ou prou aux gobelets et pots à panse globulaire à col haut éversé ;
  • l’omniprésence de la technique de l’impression et plus précisément du pointillé-sillonné, notamment avec des poinçons à pointe fine imitant des lignes incisées ;
  • les nombreux « décors réduits », articulés sur les éléments de préhension ou de petites pastilles appliquées ;
  • les motifs en échelle, les segments verticaux frangés d’impressions obliques ou encore les zigzags.

237L’absence de frises de triangles suspendus peut surprendre. Toutefois, ce motif, souvent mis en avant dans les publications sur le Bischheim rhénan, ne se retrouve pas sur tous les sites de ce groupe, loin de là (Jeunesse et al. 2003, p. 76, fig. 54).

238En résumé, presque tous les tessons mis au jour dans les complexes IX à XII relèvent du Bischheim rhénan. Les exceptions sont rares : un tesson Grossgartach en position secondaire (structure 17) et les tessons au décor de damiers de triangles (structure 6 et 47). S’il existe bien de rares vases Bischheim rhénan comportant deux registres de triangles superposés (Jeunesse et al. 2003, p. 92, fig. 72, no 6, p. 101, fig. 81, no 1), aucun à notre connaissance ne présente de véritables damiers de triangles. Ce cas de figure est, en revanche, attesté en contexte Bischheim occidental (Jeunesse et al. 2003, p. 151, fig. 120, no 5) et la fréquence des triangles disposés sur au moins deux registres y est beaucoup plus élevée compte tenu de la taille du corpus accessible, nettement plus restreint (Jeunesse et al. 2003, p. 147, fig. 116, no 9, p. 153, fig. 122, nos 2, 5, 7, 9, p. 156, fig. 125, nos 1-6).

239Pour être complet, il faut ajouter que les décors réduits à une rangée de pastilles sont également extrêmement rares dans le Bischheim rhénan (Jeunesse et al. 2003, p. 71, fig. 71, no 16), mais constituent un trait caractéristique des productions du Bischheim occidental (Jeunesse et al. 2003, p. 148, fig. 117, no 2, p. 154, fig. 123, nos 1, 5-6, 9-10, p. 155, fig. 124, nos 1, 3). La présence d’une pastille placée sous la lèvre d’un des gobelets est aussi inhabituelle pour le faciès rhénan, nettement moins pour le faciès occidental (fig. 39, no 2).

240Doit-on faire de ces éléments, rangée de pastilles et damier de triangles, des importations en provenance du Bischheim occidental en contexte Bischheim rhénan ou correspondent-ils à une production locale ? La question a son importance, surtout si on brosse un parallèle avec la situation rencontrée en Basse-Alsace. Sur le site de Rosheim « Rittergass », plusieurs vases Bischheim occidental ont ainsi été mis au jour dans une fosse Bruebach-Oberbergen (Lefranc et al. 2012), donc avant que le groupe de BORS, le Bischheim occidental du Rhin supérieur, ne se développe, remplaçant le Bruebach-Oberbergen, l’évolution locale du Bischheim rhénan.

241Fort de cet exemple, nous pouvons donc émettre deux scénarios. Le premier assigne à ces tessons le statut d’importations en provenance du Bassin parisien. Compte tenu du décalage chronologique mal maîtrisé, mais très probable entre les débuts du Bischheim rhénan et ceux du Bischheim occidental, on peut proposer que cette importation intervienne dans une étape « évoluée » du Bischheim rhénan local, même si, de nouveau, cela reste une impression et impossible à chiffrer précisément. Quelque part dans le 44e ou la première partie du 43e s. av. n.è. ? Du moins si on se cale sur la chronologie alsacienne avec tous les risques de décalage que ce référentiel induit.

242Le second scénario fait de ces tessons une production locale, postérieure aux vases Bischheim rhénan qui composent le gros de la série exhumée à Saint-Julien-lès-Metz. Selon cette hypothèse, cette production serait opérée sous l’influence du Bischheim occidental. Avec le site de Falck évoqué plus haut, nous aurions ici un des rares exemples de vases postérieurs à 4250-4200 av. n.è. qui, comme en Basse-Alsace avec le BORS, devraient donc plus aux influences du Bischheim occidental qu’à la tradition décorative du Bischheim rhénan ; une sorte de BOM, Bischheim occidental de Moselle, qui interromprait la tradition Bischheim locale pour incorporer un répertoire issu du Bischheim occidental.

243Il est vain de vouloir trancher en l’état, seules de futures découvertes, venant d’ensembles clos, permettront d’écarter l’une ou de privilégier l’autre de ces propositions, tout aussi probables dans l’état actuel des connaissances.

Les matériaux siliceux des structures Bischheim

244Cinquante-trois silex ont été étudiés pour les trois complexes de fosses datées du Bischheim (tabl. 16, fig. 42). Comme pour les structures Grossgartach, on observe une majorité de silicites jurassiques de la Meuse (n = 17 soit 32 % du corpus ; fig. 43), dont neuf de la vallée de la Meuse (17 % du corpus), et huit indéterminables plus précisément (15 % du corpus). Huit proviennent de la région de Briey (15 % du corpus).

Tabl. 16 – Bilan des provenances des matériaux déterminés parmi le corpus lithique des structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 16 – Bilan des provenances des matériaux déterminés parmi le corpus lithique des structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

M. Imbeaux

Fig. 42 – Cartographie des provenances des matériaux siliceux identifiés parmi le corpus lithique des structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 42 – Cartographie des provenances des matériaux siliceux identifiés parmi le corpus lithique des structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M. Imbeaux

Fig. 43 – Proportions des différents matériaux siliceux identifiés dans les structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 43 – Proportions des différents matériaux siliceux identifiés dans les structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M. Imbeaux

245Les matériaux du bassin de Paris sont bien représentés, ils concernent neuf artefacts (16 % du corpus) dont trois silex de la région des Marais de Saint-Gond, deux de la vallée de l’Yonne, un de la région de Rethel et deux du nord du bassin de Paris et indéterminables plus précisément ainsi qu’une silicite tertiaire du centre du bassin de Paris. Les silicites du Muschelkalk sont plus présentes que pour le Grossgartach. On en compte cinq de la région de Boucheporn, dont trois du faciès « Heidenberg », une d’Alsace du faciès « Gresswiller », une d’origine indéterminée et deux indéterminables. Enfin, une silicite tertiaire provient de la région de Mont-lès-Étrelles. Neuf matériaux sont totalement indéterminables.

246Les complexes de fosses du Bischheim se distinguent beaucoup plus les uns des autres par les matériaux qu’ils comportent que les complexes du Grossgartach. Le complexe IX comporte essentiellement des matériaux du bassin de Paris avec deux silex de la région des Marais de Saint-Gond, deux de la vallée de l’Yonne, deux du nord du bassin de Paris, un de la région de Rethel ainsi que l’unique silicite tertiaire du centre du bassin de Paris. Dans ce complexe, les matériaux régionaux ne sont représentés que par une silicite jurassique lorraine et deux silicites du secteur de Boucheporn. Ces matériaux régionaux sont concentrés dans les complexes X et XI où ils sont nettement majoritaires. Les matériaux exogènes ne sont représentés que par un artefact en silicite de la région de Mont-lès-Étrelles dans le complexe X et par un en silex de la région des Marais de Saint-Gond dans le complexe XI.

Fig. 44 – Répartition spatiale des différents matériaux siliceux identifiés parmi les corpus lithiques des structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 44 – Répartition spatiale des différents matériaux siliceux identifiés parmi les corpus lithiques des structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO J. Dolata, V. Brunet, M. Imbeaux

L’industrie lithique

247La totalité de la série lithique a été étudiée par complexe et par couche en réalisant un tri des matières premières, puis un tri technologique. L’attribution chronologique est fondée sur la présence de vases Bischheim auxquels sont associées 59 pièces siliceuses ou chailles représentant un poids total de 0,355 kg.

Tabl. 17 – Catégories technologiques, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 17 – Catégories technologiques, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet

248Le mobilier lithique se répartit uniformément dans le remplissage de la fosse polylobée à l’exception toutefois des complexes IX et XI dans lesquels, les structures 6 et 22 regroupent les effectifs les plus importants. En revanche, il se trouve regroupé principalement dans les niveaux supérieurs des comblements (fig. 5).

249Les caractéristiques de la série lithique sont les mêmes qu’au Grossgartach, à savoir une économie des matières premières différenciées à partir de plusieurs chaînes opératoires (Perlès 1991), à l’importance donnée aux matières premières d’origine lointaine et à la faiblesse de l’effectif avec 59 pièces au total.

Les objectifs de taille

250L’industrie lithique est composée d’une production d’éclats détachés au percuteur de pierre, d’un nucléus, de supports bruts et retouchés. La série compte un seul nucléus, il est aménagé dans une silicite de Boucheporn parcourue de diaclases et, de ce fait, quasiment impropre à la taille (fig. 45, no 1). Il s’agit vraisemblablement d’un nucléus résiduel de petites dimensions (inférieures à 50 mm, poids : 15 g) et de forme polyédrique. La dimension du dernier enlèvement (18 × 13 mm) est inférieure à celle des deux éclats réalisés dans le même matériau et dont les dimensions moyennes sont de 27 mm de long et 22 mm de large, ce qui semble indiquer un nucléus à l’état d’exhaustion. On s’interroge sur les intentions qui ont prévalu aux détachements des derniers supports dont les modules s’avèrent inférieurs à l’ensemble des pièces retouchées. Cependant, les dimensions des supports bruts sont réduites, le choix semble avoir été porté sur l’obtention de petits supports aussi larges que longs. Ils ont été détachés en percussion directe au percuteur tendre. Les talons sont majoritairement lisses, parfois dièdres.

251La production laminaire est peu développée et l’identification des schémas mis en œuvre pour cette production laminaire reste difficile en raison des faibles quantités de produits qui nous sont parvenues, tous les produits sont fragmentés et on ne compte aucun nucléus dans la série. On enregistre deux lames du Jurassique (Moselle) et deux outils sur lame issus du silex crétacé du bassin de Paris. Le débitage des produits laminaires est bipolaire, de plein débitage et très irrégulier. La majorité des talons sont lisses et occasionnellement dièdres. Le type de percussion est variable, directe tendre ou indirecte avec une majorité pour le premier. La largeur moyenne des lames du Jurassique est de 15 mm. Quant aux produits lamellaires, les provenances sont diverses (trois du Jurassique de la Meuse, un du Boucheporn), ce sont encore des produits fragmentés, les largeurs atteignent en moyenne 7 mm. Les talons sont lisses et la présence d’une lèvre suggère un débitage en percussion directe tendre. On enregistre un nucléus à lamelles aménagé dans un silex de Briey (régional proche), ses dimensions sont inférieures à 50 mm, il est de forme pyramidale unipolaire, le plan de frappe est lisse et le dos resté cortical, les concavités sont très prononcées indiquant l’utilisation d’un percuteur dur en fin de débitage.

252Une pièce bifaciale réalisée dans une silicite de la région de Boucheporn (47 × 39 × 34 mm, poids : 92 g) affiche un travail relativement abouti avec une retouche envahissante des deux bords délimitant des arêtes plus ou moins parallèles. La cause de l’abandon résulte de la mauvaise qualité du matériau.

Les outils

253Les outils sont peu nombreux, six sont enregistrés et représentatifs de plusieurs « classes d’outils relevant de domaines fonctionnels bien différenciés les uns des autres » (Perlès 1991). On les trouve majoritairement regroupés dans le complexe IX, plus précisément au sein de la structure 6 (fig. 32) et un seul provient du complexe XI. Aucun n’a été réalisé à partir de silex locaux ou régionaux, l’essentiel est aménagé à partir de silex crétacé du bassin de Paris (quatre sur six), le reste étant indéterminable.

254Une lame à retouche oblique est réalisée sur du silex crétacé provenant des Marais de Saint-Gond (Marne), le support est épais, semi-cortical et débité au percuteur tendre. Le bord droit est aménagé d’une retouche subparallèle, oblique (fig. 45, no 2). Un fragment de lamelle aux arêtes sinueuses et aux bords irréguliers porte une retouche d’utilisation marginale latéralisée à gauche (le matériau n’est pas déterminable). Cette pièce pourrait appartenir à un élément de faucille, bien qu’aucun lustré de céréale n’ait pu être observé sur le bord (fig. 45, no 4). Une pièce esquillée est aménagée à partir d’un silex crétacé issu des Marais de Saint-Gond (Marne) sur un support relativement épais de 6 mm, elle est très fortement esquillée sur les deux faces notamment sur l’extrémité distale (fig. 45, no 3). Deux armatures triangulaires équilatérales à base et bords rectilignes sont présentes à Saint-Julien-lès-Metz, l’une d’elles semble avoir été réalisée sur éclat, le support de la seconde n’est pas déterminé. La première est en silex crétacé provenant des Marais de Saint-Gond (25 × 21 × 5 mm) et la seconde est aménagée dans un silex local gris moucheté dont l’origine n’est pas déterminable (30 × 18 × 8 mm). La retouche de la base est subparallèle et rasante, tandis que la retouche envahissante des bords est subparallèle et rasante (fig. 45, no 5). La présence d’un burin est suggérée par une chute de burin d’axe en silex crétacé de la vallée de l’Yonne. L’enlèvement de la chute très plate se développe sur la face inférieure de la pièce. Très émoussé, le négatif de la chute porte une petite retouche semi-abrupte, continue et scalariforme (fig. 45, no 6).

Fig. 45 – Planche lithique de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 45 – Planche lithique de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

1. Nucléus en silicite de Boucheporn ; 2. Lame à retouche oblique en silex crétacé des Marais de Saint-Gond (Marne) ; 3. Pièce esquillée en silex crétacé des Marais de Saint-Gond (Marne) ; 4. Armature triangulaire à base rectiligne (origine indéterminable) ; 5. Fragment mésio laminaire en crétacé des Marais de Saint-Gond (Marne) ; 6. Chute de burin en silex crétacé de la vallée de l’Yonne.

Dessins V. Brunet

Gestion des matières premières et stratégies d’acquisition

255La série est marquée par une majorité de supports bruts (61 %) et près d’un quart de l’effectif correspond à des déchets de taille, tandis que les nucléus et les pièces techniques équivalent à moins de 10 % du corpus. La quantité d’outils apparaît relativement faible (tabl. 18).

Tabl. 18 – Gestion des matières premières de l’habitat Bischheim Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 18 – Gestion des matières premières de l’habitat Bischheim Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet, M. Imbeaux

Tabl. 19 – Stratégies d’acquisition des matières premières de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 19 – Stratégies d’acquisition des matières premières de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet, M. Imbeaux

256En compilant l’étude des matières premières siliceuses et les roches tenaces, grès, etc., on atteint un total de 59 artefacts. La stratégie d’acquisition des roches siliceuses (tabl. 18) est tournée en majorité vers les régions éloignées entre 30 et 50 km avec 18 individus (31 %) et, dans une plus faible mesure, vers des silex de régions plus proches, inférieures à 30 km de distance avec 14 individus (24 %) et enfin des silicifications extrarégionales avec 11 individus (19 %).

257De manière plus détaillée, la stratégie d’acquisition est davantage portée sur le silex jurassique de la Meuse : neuf produits bruts de débitage, six déchets de taille, deux pièces techniques et un éclat d’épannelage et, dans une moindre mesure, sur le Jurassique de Moselle qui comprend six produits bruts de débitage, un déchet de taille, un nucléus et une pièce technique. Dans ce cas, il est possible d’avoir localement un débitage très ponctuel. Parmi les matériaux régionaux, on compte plus accessoirement des silex de la région de Boucheporn qui concerne trois produits bruts de débitage, un nucléus débité et une pièce bifaciale (tabl. 19). Les matériaux régionaux proches ou éloignés sont présents en majorité sous la forme de supports bruts, on enregistre 22 individus (tabl. 18) et l’on constate une absence d’outils, contrairement aux silex extrarégionaux qui en comptent quatre.

258Concernant les silex extrarégionaux, les provenances sont diverses avec en majorité du Crétacé du bassin de Paris avec quatre outils, dont trois de la région des Marais de Saint-Gond et un du nord du bassin de Paris, deux produits bruts de débitage et deux déchets de taille. On trouve également une esquille en silex tertiaire du bassin de Paris, un produit brut de débitage en tertiaire de Mont-lès-Étrelles et un déchet de taille (un débris) en Muschelkalk alsacien. Le reste de l’effectif est d’origine indéterminée ou indéterminable dont deux outils (une lamelle retouchée et une armature perçante).

259Ces différents matériaux sont issus de chaînes opératoires autonomes avec des lieux de production et des matières premières différents.

L'industrie macrolithique

260L’industrie macrolithique de cette phase est composée de 41 pièces déclinées en :

  • 29 pièces brutes, dont 19 galets roulés parmi lesquels 16 proviennent de la seule structure 6 ;
  • trois fragments thermiques, dont deux sont des galets roulés sans autre trace que leur chauffe ;
  • un débris (possible dos d’un outil) ;
  • deux éclats, dont un de réfection possiblement issu d’un outil de mouture ;
  • six outils bénéficiant d’une description ci-après.

261L’outillage est illustré par les mêmes familles d’activité qu’au Grossgartach, plus un outil particulier.

  • 1 Comm. pers. G. Fronteau et F. Boyer.

262Les outils de mouture sont représentés par trois fragments de molettes distinctes. L’une est établie sur un grès fin ferrugineux rouge à cohésion forte (faciès cimenté) issu du Bundsandstein moyen (fig. 46, no 1), la seconde sur un grès fin à moyen violacé bien cimenté et à présence de barytine1 (issu du Morvan ? ; fig. 46, no 2), la troisième sur un galet de granite fin. Les flancs sont épannelés puis martelés et les dos régularisés par bouchardage. Ils présentent tous un poli plus ou moins étendu. Les surfaces actives habillées par piquetage sont planes en longueur et plano-convexe (n = 1) ou plano-concave (n = 2). Leur état fragmenté ne permet pas de déterminer le type de moulin auquel elles appartiennent.

263Les outils servant en percussion lancée sont au nombre de deux. Le premier est un galet de quartz dont l’une des extrémités est aménagée d’un tranchant par des enlèvements sommaires bifaciaux. Il s’agit là d’un chopping-tool (Donnart 2015). Le second est un galet en calcaire (13,40 × 11,70 × 7,50 cm) qui a servi d’abraseur et d’enclume sur une même face, les deux types de traces se superposant. On y lit un poli avec rainure centrale longitudinale, poli partiellement attaqué par quelques impacts de martelage. Probablement en raison de son volume, cette pièce a été comprise comme meule lors du rapport de fouille et mentionnée comme telle dans la publication de G. Asselin (2014). Si la question des outils de mouture en calcaire mérite une attention particulière (Monchablon 2021), cette pièce ne relève pas de cette famille d’activité.

264Enfin, le dernier outil est établi sur un galet quadrangulaire (6,20 × 4 × 3,40 cm ; fig. 46, no 3) en grès quartzite fin homogène blanc qui nous semble provenir des niveaux de grès d’Hettange. Cet outil entier voit cinq de ses six faces utilisées. Les deux extrémités longitudinales ont servi en bouchardant (impacts fins, serrés et formant des facettes) ; un flanc et les deux faces planes principales présentent un poli plus ou moins couvrant (selon le degré d’usure) avec une cupule centrale. Cette dépression centrale est le résultat d’une usure progressive due à geste de percussion lancée punctiforme. Ce geste est concomitant avec celui en percussion posée diffuse (poli et aplanissement de la zone active). Il s’agit d’un outil que nous avons déjà rencontré en contexte Michelsberg et baptisé « abraseur à cupule » (Monchablon à paraître). Pour l’heure, aucune interprétation fonctionnelle ne peut être avancée. Cet outil est difficile à pister dans la littérature archéologique en raison de ses dénominations diverses, non standardisées. Si des exemplaires sont connus et déjà mentionnés en contexte Rössen de Rhénanie du Nord-Westphalie (Gehlen 2009, Schön 2009), il semble que la nécropole d’Entzheim en ait également livré quelques-uns (n = 4) où ils sont appelés « molette/masse » (Leprovost et al. 2013). D’après nos observations sur l’exemplaire de Saint-Julien-lès-Metz et sur ceux des sites Michelsberg de la vallée de l’Aisne, nous ne pouvons pas cautionner le terme de « molette » pour ces outils tant leurs stigmates s’opposent à leur utilisation comme outil de mouture. Toutefois, nous n’avons pas observé ceux de la nécropole alsacienne et c’est sur la base des illustrations que nous estimons avoir affaire au même type d’outil : morphologie, dimensions et stigmates (d’après les dessins de Leprovost et al. 2013, p. 228) nous semblent en tout point semblables. Ces quatre exemplaires, nouveaux pour nous, proviendraient de contexte Grossgartach.

Fig. 46 – Outils de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 46 – Outils de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

1. Molette, structure 6 ; 2. Molette, structure 6 ; 3. Abraseur à cupule, structure 35.

Dessins C. Monchablon

La parure et le lest de filet

La parure

265Deux objets de parure ont été identifiés. La structure 6 (complexe IX) contient les restes d’un anneau en céramique, fragmenté (fig. 47, no 1). Le fragment, qui mesure 28,50 mm de haut, 15,60 mm de large et 6,50 mm d’épaisseur, se caractérise par une pâte noire à cœur, brune à l’extérieur. Il est de section ovalaire plate. Une perforation d’au moins 3 mm de diamètre est située sur le bord de l’une des extrémités cassées. Il s’agit sans doute d’un trou de réparation effectué après le bris de l’objet dans le but de faire perdurer l’utilisation de ce dernier. Le fait que le trou soit cassé implique que l’objet a été porté après la réparation. Les éléments biographiques de l’objet, révélés par l’étude des traces, indiquent ainsi la succession des événements suivants : fabrication de l’objet – port de l’objet – fracture – réparation des morceaux cassés – port de l’objet – nouvelle fracture – abandon/rejet. La présence de l’objet au sein d’une fosse domestique suggère, en effet, que l’artefact est un déchet. Le second objet de parure est circulaire, plat, de section trapézoïdale, vraisemblablement en calcaire grossier et provenant de la fosse 40 du complexe X (fig. 47, no 2). La matière est très altérée : la surface est très irrégulière, marquée de trous d’altérations biochimiques. L’objet est cassé à la moitié de sa circonférence. Il possède une cuvette centrale sur une face, ressemblant à une cuvette de perforation, mais celle-ci est très large, tandis que l’autre face est plane. De manière générale, l’objet s’apparente à une perle circulaire en calcaire, mais dans le détail, son aspect, la morphologie de la cuvette centrale l’attribue davantage à un objet naturel. Il s’avère difficile de trancher la question.

Lest de filet

266Un cylindre provenant de la structure 6 (complexe IX) a été façonné en terre cuite (fig. 47, no 3). Il mesure entre 16 et 16,50 mm de diamètre pour une épaisseur de 15,54 mm. Sur un côté, il a subi une légère compression centrale. Les plus gros dégraissants visibles mesurent 1 mm. La couleur oscille du marron au brun foncé. Il ne semble pas que l’objet ait subi un quelconque traitement de surface de type lissage. Le diamètre de la perforation avoisine 5 mm et elle est décentrée entre les deux faces. L’interprétation de cette pièce opte pour un lest ou poids de filet interprétation proposé par J.-P. Thevenot (Thevenot 2005). En contexte chasséen à Chassey, ces derniers sont plus grands avec des longueurs comprises entre 6,50 et 8 cm de long. La plus haute densité de ces cylindres est située dans la Trouée de Belfort, la Haute-Alsace et le Pays de Bade. La plupart sont connus en contexte Grossgartach comme à Wettolsheim dans le Haut-Rhin (Jeunesse 1997, p. 546), Rössen et post-Rössen à Oberbergen et Riegel/Breite en Allemagne (Dieckmann 1990, Stöckl et Neubauer-Saurer 1990). D’autres encore sont connus dans le Bas-Rhin à Dambach-la-Ville en contexte BORS et à Sélestat Westrich-Riedwasen daté de l’horizon Grossgartach (Croutsch et al. 2016, vol. 1, p. 179-180, Thomas et al. 2016).

Fig. 47 – Objets de parure et lest de filet, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 47 – Objets de parure et lest de filet, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Clichés S. Bonnardin, V. Brunet

Le torchis

267Un peu plus de 5 kg de torchis se répartissent dans les complexes IX, X, XI et XII. Le complexe X concentre la plus grande quantité (tabl. 20), suggérant la présence d’au moins un bâtiment dans les environs immédiats.

Tabl. 20 – Répartition spatiale du torchis, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 20 – Répartition spatiale du torchis, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet

Les ressources animales

268Le nombre d’os issus des fosses Bischheim s’élève à 102, mais seuls 20 d’entre eux ont été déterminables (tabl. 21). Les animaux domestiques sont les seuls présents, avec le porc qui prédomine face aux autres espèces. On remarquera la présence du chien.

269Une des structures (no 6) a livré de nombreux fragments d’os calcinés qui n’ont pas été intégrés dans les décomptes.

270Peu de sites Bischheim ont livré de la faune, et parmi ceux-ci, on citera l’habitat de Rosheim dans le Bas-Rhin (Jeunesse et Lefranc 1999), où les bovins et les porcs tiennent une place importante, alors que les caprinés sont insignifiants. La part de la faune chassée ne dépasse pas 10 % des restes.

271Les enceintes de Berry-au-Bac « La Croix-Maigret » (Méniel 1984), d’Osly-Courtil « La Terre-Saint-Mard » (Hachem 2011) dans l’Aisne et de Maisons-Alfort « ZAC d’Alfort » dans le Val-de-Marne (Cottiaux et al. 2008) ont également livré des assemblages fauniques. Alors que, dans ce dernier site, les restes sont très peu nombreux, dans les deux autres enceintes, les ensembles sont assez conséquents. La composition du troupeau y est similaire : les bovidés sont relativement peu consommés, tout comme les caprinés, à l’inverse des porcs qui sont prédominants. En revanche, le taux de chasse varie : il est beaucoup plus important à Berry-au-Bac (18 %) qu’à Osly-Courtil (2 %). Ainsi, avec un nombre de restes de porcs plus important que les autres espèces, la faune de Saint-Julien-lès-Metz s’inscrit donc dans le même schéma.

Tabl. 21 – Liste des espèces, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 21 – Liste des espèces, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

L. Hachem

Tabl. 22 – Nombre de restes par espèce et par structure de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 22 – Nombre de restes par espèce et par structure de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

L. Hachem

Les macrorestes végétaux

272Le seul type de structure étudié pour cette période est la fosse polylobée. Au total, 62 échantillons issus de 22 structures ont été analysés. Parmi les 62 échantillons, 49 se sont avérés stériles. Les 13 échantillons restants ont livré des densités très faibles, allant de 0,10 à 3,40 carporestes/litre (tabl. 13).

273Au total, 104 carporestes attribués au Bischheim ont été dénombrés et classés dans quatre catégories de plantes principales. Les céréales cultivées constituent 89 % du spectre des plantes, les légumineuses cultivées 1 %, les plantes de cueillette 9 %, et les messicoles et l’autre végétation synanthrope 1 % du spectre (tabl. 23, fig. 48).

Tabl. 23 – Décomptes des carporestes carbonisés en nombre minimum d'individus (NMI) de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 23 – Décomptes des carporestes carbonisés en nombre minimum d'individus (NMI) de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.

L. Berrio, J. Wiethold

Tabl. 23 – Décomptes des carporestes carbonisés en nombre minimum d'individus (NMI) de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (fin).

Tabl. 23 – Décomptes des carporestes carbonisés en nombre minimum d'individus (NMI) de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (fin).

agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.

L. Berrio, J. Wiethold

Les céréales cultivées

274Au total, 93 carporestes de céréales ont été dénombrés, dont 86 caryopses et sept éléments de la balle (tabl. 23, fig. 49). L’espèce prédominante est le blé nu (Triticum aestivum s.l./turgidum/durum) qui représente 42 % des céréales identifiées. Bien que l’absence de fragments de rachis ne permette pas de connaître l’espèce de blé nu, il est probable qu’au Néolithique moyen il s’agisse du blé tendre ou froment (Triticum aestivum s.l.). Aux côtés du blé nu, l’amidonnier (Triticum dicoccon) représente 7 % du spectre. Par ailleurs, neuf bases de glume ont été identifiées. L’orge polystique est présente avec huit carporestes (9 % du spectre), dont sept ont été identifiés comme orge polystique nue (Hordeum vulgare var. nudum). L’orge est une céréale rustique peu exigeante concernant la situation édaphique et climatique des cultures. Elle supporte bien les sols calcaires pauvres et la sécheresse puisqu’elle a besoin d’un minimum de 200-250 mm de pluie par an. Toutefois, sa culture se développe mieux dans un climat modéré, car elle est moins adaptée aux conditions fraîches. Il s’agit d’une céréale difficilement panifiable compte tenu de la faible teneur en gluten, mais elle sert à la préparation de bouillies et de gruaux ainsi qu’en tant que fourrage pour le bétail. Au cours de la protohistoire, cette céréale se caractérisait principalement en culture d’été (semée au printemps), bien que quelques variétés puissent être semées à l’automne. L’engrain (Triticum monococcum) représente 2 % du spectre. Par ailleurs, trois bases de glume ont été identifiées.

275Des fragments de caryopses de blé indéterminé (Triticum sp.) ainsi que de céréales indéterminées (Cerealia indeterminata) ont également été identifiés, représentant respectivement 8 % et 32 % du spectre. Au vu de la prédominance du blé nu au sein du spectre, il est fort probable que ces fragments soient de restes de blé nu qui auraient été endommagés par des questions taphonomiques.

Les légumineuses

276Seulement un fragment de légumineuses cultivées indéterminées (Leguminoseae sativae indeterminatae) a été attesté, soit 1 % du spectre de plantes (tabl. 23, fig. 48).

Les plantes de cueillette

277Les plantes de cueillette représentent 9 % du spectre (tabl. 23, fig. 48). Huit fragments de noisettes (Corylus avellana) ont été identifiés, soit 8 % du spectre de plantes. En outre, un fragment de noyau d’un prunellier (Prunus spinosa) a été identifié. Les deux espèces attestées sont des arbres ou arbustes poussant dans les fourrés et les haies, surtout sur des sols riches et fertiles. La période de floraison du noisetier est comprise entre février et avril, celle du prunellier entre mars et mai (Lambinon et Verloove 2012).

Les messicoles et autre végétation synanthrope

278Le cortège de mauvaises herbes est très mal représenté avec seulement un carporeste d’arroche étalée (Atriplex cf. patula), soit 1 % du spectre général (tabl. 23, fig. 48). Cette plante est aussi bien une rudérale qu’une messicole, poussant dans les terrains vagues et les cultures. Sa période de floraison est comprise entre juillet et septembre (Lambinon et Verloove 2012).

Fig. 48 – Groupes fonctionnels de macrorestes végétaux de l’occupation Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 48 – Groupes fonctionnels de macrorestes végétaux de l’occupation Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

L. Berrio, J. Wiethold

Fig. 49 – Pourcentages de céréales de l’occupation Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 49 – Pourcentages de céréales de l’occupation Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

L. Berrio, J. Wiethold

Exploitation de l’environnement ligneux pour le combustible et environnement végétal

279Un total de 242 fragments est identifié dans quatre structures : structures 6 et 50 (complexe IX), ainsi que structures 16 et 40 (complexe X). La liste taxonomique et la hiérarchie des taxons sont équivalentes entre les quatre structures, ce qui appuie la contemporanéité de leur attribution chronoculturelle (tabl. 24).

280À l’échelle de la période chronologique, les deux essences majoritaires sont le chêne (52 %) et le frêne (31 %). Les essences secondaires et minoritaires sont le noisetier (6 %), l’orme (5 %), l’érable (3 %) et les Maloideae (2 %). Un fragment de hêtre est identifié.

Tabl. 24 – Résultats anthracologiques, charbons de bois en nombre de fragments, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 24 – Résultats anthracologiques, charbons de bois en nombre de fragments, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tamis 1 mm.

A. Salavert

L’occupation campaniforme : occupation ponctuelle, site spécialisé ou vestiges d’un habitat disparu ?

Structuration de l’habitat

281Deux excavations ont été exhumées côte à côte à Saint-Julien-lès-Metz. Elles sont localisées vers la limite nord-est du décapage, à l’écart des occupations néolithiques décrites précédemment. Il s’agit, selon toute vraisemblance, d’une structure de combustion et d’une fosse en forme de silo. Les deux sont situées à une distance de 2,50 m l’une de l’autre dans la partie septentrionale du décapage à une vingtaine de mètres de la fosse polylobée et à 30 m à l’est de la maison 2 (fig. 3). Aucun mobilier archéologique n’a été exhumé de leur remplissage. En revanche, le comblement conservait un corpus lié aux ressources végétales exceptionnelles.

282La structure 23 est un creusement de plan circulaire de 1 m de diamètre et de 0,50 m de profondeur, avec un profil en cloche à fond légèrement concave, les parois sont convexes. Le bord sud-ouest présente des traces de rubéfaction. Le comblement est constitué de trois couches distinctes. De bas en haut, on trouve un limon argileux noir très charbonneux comprenant des nodules de terre rubéfiée, un limon argileux gris foncé très cendreux et un limon argileux brun-gris dans lequel était disséminé des charbons de bois, des nodules de terre rubéfiée et de l’os brûlé (fig. 50). Une datation 14C sur un échantillon de charbon (non tamisé ni traité) prélevé dans la couche grise situe la phase d’utilisation au Campaniforme : GrN-25471 : 3770 ± 30 BP, soit calibrée à 2 sigma de probabilité (95,40 %) 2291-2047 cal. BC (calibrée avec OxCal online v.4.4.4, données atmosphériques d’IntCal20 ; Reimer et al. 2020).

Fig. 50 – Plan et coupe du silo no 23, occupation campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 50 – Plan et coupe du silo no 23, occupation campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M.-F. André, J. Dolata, cliché V. Brunet

283Le second creusement (structure 24) est de plan circulaire de 1,30 m de diamètre et de 0,25 m de profondeur, à fond concave. Les parois évasées sont rubéfiées sur toute leur hauteur, ainsi que le fond, l’épaisseur variant entre 2 et 4 cm. Le comblement est constitué de trois couches. La première cendreuse de faible épaisseur tapisse le fond de la structure, elle est interprétée comme la trace d’une vidange de foyer (fig. 51). Elle est surmontée d’un limon argilo-sableux noir très charbonneuse mêlée à des nodules de terre rubéfiée. La structure est scellée d’un limon argilo-sableux légèrement gris contenant de la terre rubéfiée en grand nombre et quelques charbons épars. Un charbon de bois provenant de la couche du fond a fait l’objet d’une datation 14C. Les résultats sont les suivants : GrN-25472 : 3840 ± 50 BP, soit calibrée avec 2 sigma de probabilité (95,40 %) 2462-2146 cal. BC (calibrée avec OxCal online v.4.4.4, données atmosphériques d’IntCal20 ; Reimer et al. 2020).

Fig. 51 – Plan et coupe de la structure de combustion no 24, occupation campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 51 – Plan et coupe de la structure de combustion no 24, occupation campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M.-F. André, J. Dolata, cliché V. Brunet

284Nous nous sommes interrogés sur ce dispositif et sur l’interprétation donnée d’emblée à l’issue de la fouille. La morphologie de la structure 23 montre des similitudes avec des silos connus à d’autres époques et notamment au Campaniforme lorrain. En effet, les silos avec leur profil typique et connu à d’autres époques, ne renvoient pas systématiquement à un aspect fonctionnel de stockage comme nous allons le voir. De même que la structure 24 évoque une utilisation pour la combustion avec ses parois rubéfiées, mais qu’en est-il réellement ?

Interprétations et discussions

285Tout d’abord concernant les datations, les résultats des deux structures renvoient au Campaniforme et, même si ceux-ci sont proches, cela ne signifie pas pour autant qu’elles soient strictement contemporaines. Ont-elles réellement fonctionné ensemble ? S’agit-il de structures fonctionnellement complémentaires ? Forment-elles un dispositif « complet » pour la cuisson de végétaux dans le cadre de l’équipement de la maison ? Nous n’avons pas suffisamment d’éléments de comparaison, tandis que les connaissances sur les habitats campaniformes restent parcellaires. Cependant, il est intéressant de noter que ce type de structuration est loin d’être unique. Plus généralement en Lorraine, ces structures sont assimilées à des fours domestiques et de petits silos de stockage (Blouet et Vanmœrkerke 2008).

286Concernant les comparaisons régionales des types de profil ressemblant à des silos, nous pouvons citer plusieurs occupations recélant des formes aux dimensions très proches de celles de Saint-Julien-lès-Metz. On trouve par exemple à Ennery et à Argancy « Les Jonquières », même si les deux excavations ne sont pas nécessairement côte à côte (Vanmœrkerke et Adam 1993). Sur le site de Basse-Ham, deux structures similaires sont datées du Campaniforme entre 2562 et 2028 av. n.è. pour l’une et entre 2861 et 2214 av. n.è. pour la seconde. Elles sont de plan circulaire à ovale, de 1 m à 1,20 m de diamètre, avec des parois abruptes et un fond plat. Elles n’ont livré aucun mobilier archéologique (Faye et al. 1993). À Jouy-aux-Arches, deux structures circulaires de 1 m à 1,20 m de diamètre conservées sur de faibles profondeurs, entre 0,18 et 0,20 m, livrent de nombreux charbons de bois dans leur remplissage. La datation repose sur des fragments de céramique issus du comblement qui les rattachent au Campaniforme final (Gébus 1990). D’autres exemples montrent des structures semblables dans leur forme, mais deux fois plus grandes. À Saint-Julien-lès-Gorze (Meurthe-et-Moselle), un silo de forme ovale mesurant 2,20 × 1,10 m, conservé sur 1,80 m, est daté par une datation 14C de 3820 ± 35 BP (Poz-53742), soit calibrée à 2 sigma de probabilité (95,40 %) 2454-2142 cal. BC (Franck et al. 2014 ; date recalibrée avec les données atmosphériques d’IntCal20 [Reimer et al. 2020]).

287À propos des structures de combustion, plusieurs exemples lorrains peuvent être également cités. À Jouy-aux-Arches (Moselle), une fosse-foyer en creux fait partie d’une occupation du Campaniforme final qui comprend plusieurs fosses et un « silo » contemporains. Ce dernier de forme oblongue mesure 1,80 m de long en surface, prend la forme circulaire de 1 m de diamètre vers la base. Il présente un fond plat rubéfié aux parois évasées et rubéfiées sur toute leur hauteur, l’épaisseur variant entre 2 et 4 cm. Les charbons de bois contenu dans son remplissage sont très nombreux, il est alors interprété comme un silo par l’auteur (Gébus 1990). À Argancy « Les Jonquières », la fosse-foyer est datée du Néolithique récent ou final, elle mesure 1,20 m, est conservée sur 0,15 m de haut et le fond et les parois sont rubéfiés avec un remplissage très charbonneux (Vanmœrkerke et Adam 1993). À Saint-Julien-lès-Gorze (Meurthe-et-Moselle), la fosse subcirculaire interprétée comme une structure foyère mesure environ 1,30 m de diamètre et de 0,36 m de profondeur, son profil est concave, le fond et les parois sont rubéfiés et recouverts d’une couche charbonneuse. Les restes carpologiques qu’elle conservait sont essentiellement composés de mûres. Elle est datée (Poz-53743) de 3830 ± 35 BP, soit calibrée avec 2 sigma de probabilité (95,40 %) 2455-2147 cal. BC (Franck et al. 2014 ; date recalibrée avec OxCal online v.4.4.4 en utilisant les données atmosphériques d’IntCal20 [Reimer et al. 2020]). D’autres comparaisons extrarégionales peuvent être mentionnées. Tout d’abord en Alsace, à Rosheim « Lotissement Sainte-Odile », deux fours du Néolithique ancien distants de quelques mètres l’un de l’autre (Jeunesse et Lefranc 1999) montrent, par leur disposition et leurs dimensions une proximité, avec celui de Saint-Julien-lès-Metz. Dans le Bassin parisien, on trouve également ce type à Balloy et à Noyen dans le sud de la Seine-et-Marne. De forme arrondie, les fosses-foyer ont un diamètre variant entre 1 et 2 mètres pour une profondeur de 0,50 m, les parois et le fond sont rubéfiés. Elles se caractérisent par la présence de très nombreux fragments de grès provenant de meules éclatées. Ces structures de combustion sont attribuables à une occupation Cerny (Mordant et Simonin 1997).

Quelle interprétation fonctionnelle pour les fosses de Saint-Julien-lès-Metz ?

288Concernant la structure de combustion, sa fonction n’est pas déterminée avec certitude. Comme le souligne J. Gascó, qui a travaillé en Méditerranée sur la typologie des structures liées à la préparation alimentaire des végétaux, nous ne savons pas si elles sont dans leur état de fonctionnement ou si elles correspondent à un dernier usage conforme à son emploi commun (Gascó 2002). Néanmoins, l’auteur décrit des foyers-fosses qui sont des foyers en creux ou des trous de combustion très similaires à la structure de Saint-Julien-lès-Metz. Ils sont formés d’une dépression plus ou moins marquée et conservent de très nombreux charbons de bois et carporestes dans leur remplissage. Ils affichent des dimensions similaires aux formes lorraines entre 0,80 à 1,30 m de diamètre, en revanche, ils sont souvent dallés, ce qui n’est pas le cas de Saint-Julien-lès-Metz (Gascó 2002). Ainsi, il apparaît, qu’en dépit de la similitude morphologique des exemples cités, la fonction de la fosse-foyer n’est pas attestée. Malgré le tamisage des sédiments du remplissage des deux fosses, l’étude carpologique ne permet pas non plus d’avancer dans l’interprétation fonctionnelle. Selon J. Wiethold (cf. infra), les restes végétaux provenant de la structure de combustion à Saint-Julien-lès-Metz, comme nous allons le voir ci-après, ne sont pas très nombreux et peu représentatifs des restes de cuisson de végétaux ou du grillage des grains de céréales. Par conséquent, il n’est pas possible d’affirmer si la fosse a été employée pour le séchage des grains ou des fruits. Il n’est cependant pas exclu que les déchets domestiques (avec des graines) aient été utilisés comme combustible ou bien qu’ils aient été brûlés dans le but de s’en débarrasser. Les faibles quantités de carporestes évoquent plutôt des déchets agricoles et domestiques. Elles sont toutefois insuffisantes pour pouvoir illustrer une possible fonction de stockage silo ni même décrire la chaîne opératoire post-récolte. Ainsi, que ce soit pour la « structure de combustion » ou pour le « silo », nous ne pouvons ni démontrer ni valider la fonction de four dans le premier cas ou de stockage de grains dans le second cas.

289De surcroît, il n’est pas possible en l’état de savoir si ce type d’occupation est associé à un habitat, il pourrait s’agir d’une occupation plus spécialisée liée aux pratiques alimentaires et qui n’est pas forcément connectée à un habitat. Ce type d’organisation est connu ailleurs. Ainsi, au Néolithique récent en basse vallée de la Marne, on observe une répartition de sites fonctionnellement spécialisés dans le territoire, séparés parfois de plusieurs kilomètres. Ainsi, on trouve des sites qui ne conservent qu’une à trois fosses clairement en lien avec la chasse et la boucherie tandis que d’autres occupations seraient dédiées au travail des plantes et du bois végétal et d’autres encore seraient liées à la coupe de plantes tendres siliceuses. Dans les lambeaux de couches interprétés comme une occupation domestique au sens strict (lieu où l’on habite), les activités sont plus diversifiées et semblent orientées à la fois vers le traitement des peaux, la mise en œuvre des matières dures animales (bois de cervidé), des activités de boucherie ainsi que le travail de la terre, on note également des activités liées à la moisson et le débitage pour l’outillage courant. Enfin, les ateliers liés à la taille du silex pour le façonnage des haches sont installés loin des habitats, séparés de plusieurs kilomètres (Cottiaux et al. 2014 ; Brunet 2022).

Des ressources végétales exceptionnelles

Les macrorestes végétaux

Les carporestes

290Au total, 25 échantillons issus de deux structures ont été étudiés pour cette période, dont un silo et une structure de combustion. Parmi les 25 échantillons, un s’est avéré stérile. Les 24 échantillons restants ont livré des densités relativement hétérogènes allant de 0,10 à 20,30 carporestes/litre, le silo présentant les densités les plus importantes (tabl. 13).

Tabl. 25 – Macrorestes végétaux de l’époque Campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 25 – Macrorestes végétaux de l’époque Campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.

L. Berrio, J. Wiethold

Tabl. 25 – Macrorestes végétaux de l’époque Campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (suite).

Tabl. 25 – Macrorestes végétaux de l’époque Campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (suite).

agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.

L. Berrio, J. Wiethold

Tabl. 25 – Macrorestes végétaux de l’époque Campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (fin).

Tabl. 25 – Macrorestes végétaux de l’époque Campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (fin).

agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.

L. Berrio, J. Wiethold

291Au total, 1 157 carporestes attribués au Campaniforme ont été dénombrés et classés dans cinq catégories de plantes principales. Les céréales cultivées constituent 13 % du spectre des plantes, les légumineuses < 1 %, les plantes de cueillette 19 %, les messicoles et l’autre végétation synanthrope 68 % et les autres plantes (indéterminées) < 1 % du spectre (tabl. 25, fig. 52).

Les céréales cultivées

292Au total, 145 carporestes de céréales ont été dénombrés, il est à noter l’absence de balles des céréales (tabl. 25, fig. 53). L’espèce prédominante est l’amidonnier (Triticum dicoccon) qui représente 25 % du spectre des céréales. Aux côtés de l’amidonnier, l’épeautre (Triticum spelta) représente 12 % du spectre. Cette céréale est une espèce de blé vêtu hexaploïde, autrement dit, ses cellules contiennent trois lots différents de chromosomes (B, Au, D) contenant chacun sept chromosomes présents en double exemplaire (2 n = 6× = 42 chromosomes). Ainsi, son génome peut être schématisé par BBAuAuDD. Il s’agit d’une céréale rustique résistante à la verse, à la sécheresse et aux hivers rudes. Grâce à ses racines profondes, on lui attribue une capacité d’adaptation aux sols pauvres (acides, peu fertiles et secs). Toutefois, son rendement est très faible en comparaison au blé tendre (Triticum aestivum s.l.). Compte tenu de la teneur élevée en gluten, c’est une céréale panifiable connue pour la qualité et le goût de sa farine et utilisée également pour la préparation de bouillies. Bien que les deux types de culture, d’été et d’hiver soient possibles, elle est assez souvent semée à l’automne (Ledent 1989). Le taxon amidonnier/épeautre (Triticum dicoccon/spelta) représente 3 % du spectre. De son côté, le blé nu (Triticum aestivum s.l./turgidum/durum) ne représente que 9 % des céréales identifiées. Bien que l’absence de fragments de rachis ne permette pas d’identifier avec précision l’espèce de blé nu, il est probable qu’au Campaniforme dans cette région, il s’agisse du blé tendre ou froment (Triticum aestivum s.l.).

293En outre, l’orge polystique est présente sous la forme des deux sous-espèces nue et vêtue. L’orge polystique vêtue (Hordeum vulgare var. vulgare) représente 4 % du spectre alors que l’orge polystique nue (Hordeum vulgare var. nudum) représente 1 % du spectre. Les carporestes d’orge polystique qui n’ont pas pu être déterminés au niveau de la sous-espèce représentent 3 % du spectre.

294Des fragments de caryopses de blé indéterminé (Triticum sp.) ainsi que de céréales indéterminées (Cerealia indeterminata) ont également été identifiés, représentant respectivement 25 % et 17 % du spectre. Au vu de la prédominance de l’amidonnier au sein du spectre, il est fort probable que ces fragments soient de restes d’amidonnier qui auraient été endommagés par des questions taphonomiques.

Les légumineuses

295Seulement deux fragments de légumineuses cultivées indéterminées (Leguminoseae sativae indeterminatae) ont été attestés, soit < 1 % du spectre de plantes (tabl. 25, fig. 52).

Les plantes de cueillette

296Au total, 222 carporestes de plantes de cueillette ont été attestés, soit 19 % du spectre de plantes (tabl. 25, fig. 52). Parmi eux, 116 carporestes d’églantier commun (Rosa cf. canina) ont été identifiés, soit 10 % du spectre. Cette plante pousse dans les haies, les fourrés et les bois et sa période de floraison s’étend de mai à juillet. Ses baies peuvent être consommées et ont des propriétés médicinales (Lambinon et Verloove 2012). La yèble (Sambucus ebulus) est présente avec 98 carporestes (6 % du spectre). Cette plante vivace pousse dans les lisières forestières, les talus et les berges des rivières. Elle fleurit entre juin et juillet et donne des fruits en septembre-octobre (Lambinon et Verloove 2012). Ses fruits (drupes) ne sont pas considérés comme comestibles. Elles peuvent être toxiques (nausées, vomissements, douleurs digestives) sans pour autant présenter un danger important. Cependant, ils peuvent être utilisés pour leur huile, la coloration du vin et pour la teinture des textiles (König 1993, Schweppe 1993). Le sureau noir (Sambucus nigra), la ronce commune (Rubus fruticosus agg.) et le noisetier (Corylus avellana) représentent < 1 % du spectre. Le sureau noir est un arbuste qui pousse dans les bois et les haies, sur des sols riches en azote et sur d’autres zones rudéralisées. Sa période de floraison s’étend de mai à juin et fructifie de fin août à fin septembre. Les fruits (drupes) sont comestibles quand ils sont mûrs et cuits. En effet, non matures et crus, ils ont des propriétés laxatives et consommés en forte quantité entraînent des diarrhées sévères. Les fleurs et fruits du sureau noir ont également été collectés pour leurs apports médicinaux, notamment pour traiter les rhumes et les états grippaux (König 1993).

297Enfin, la ronce commune pousse dans les lisières des bois et les landes et fleurit entre juin et juillet. Ses fruits (drupes) sont cueillis entre juillet et septembre et sont très riches en vitamines B et C.

Les messicoles et autre végétation synanthrope

298Au total, 786 carporestes distribués en 12 taxons ont été identifiés, soit 68 % du spectre de plantes (tabl. 25, fig. 52). La plante prédominante est la vrillée liseron (Fallopia convolvulus) qui représente 50 % du spectre. Elle est suivie du chénopode blanc (Chenopodium album) qui représente 15 % et de l’arroche étalée (Atriplex cf. patula) qui représente 1,50 % du spectre. Les autres plantes attestées représentent 1,50 % du spectre. Parmi elles, nous trouvons la lampsane commune (Lapsana communis), le gaillet bâtard (Galium spurium agg.), le gaillet gratteron (Galium aparine), la petite ciguë (cf. Aethusa cynapium), la fumeterre officinale (Fumaria officinalis), la renouée (Polygonum sp.), la renouée des oiseaux (Polygonum aviculare agg.), la renouée à feuilles de patience (Persicaria lapathifolia agg.) et la renouée persicaire (Persicaria maculosa). Le gaillet gratteron et la petite ciguë sont des plantes aussi bien rudérales que messicoles et poussent également dans les haies. Elles fleurissent entre juin et septembre. Le gaillet gratteron est une espèce nitrophile qui apprécie les sols argileux et riches, une boisson similaire au café peut être obtenue par torréfaction de ses graines. La petite ciguë contient dans toutes ses parties des alcaloïdes très toxiques. La fumeterre officinale est également une plante rudérale et messicole. Sa floraison est comprise entre avril et octobre et ses feuilles, fleurs et tiges ont des propriétés dépuratives et antispasmodiques. La renouée à feuilles de patience et la renouée persicaire sont des plantes rudérales et messicoles des cultures sarclées. Il s’agit de deux espèces hygrophiles poussant dans les étangs et les cours d’eau. Elles fleurissent entre juin-juillet et octobre (Lambinon et Verloove 2012).

Fig. 52 – Groupes fonctionnels de plantes attestées de l’époque campaniforme, macrorestes végétaux de l’époque campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 52 – Groupes fonctionnels de plantes attestées de l’époque campaniforme, macrorestes végétaux de l’époque campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

L. Berrio, J. Wiethold

Fig. 53 – Pourcentages de céréales de l’époque campaniforme, macrorestes végétaux de l’époque campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 53 – Pourcentages de céréales de l’époque campaniforme, macrorestes végétaux de l’époque campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

L. Berrio, J. Wiethold

Exploitation de l’environnement ligneux pour le combustible et environnement végétal

299Un total de 485 fragments est identifié dans les structures 23 et 24. La liste taxonomique et la hiérarchie des taxons sont équivalentes entre les deux structures (tabl. 26). Les essences majoritaires sont les Prunoideae (85 %) avec notamment le cerisier des oiseaux/à grappes qui rassemble 81 % du corpus. Les Maloideae rassemblent seulement 11 % de l’assemblage, mais sont présentes dans chaque échantillon. Les essences minoritaires sont le cornouiller (2 %), le chèvrefeuille/troène (1 %) et le nerprun (0,60 %).

Tabl. 26 – Résultats anthracologiques, charbons de bois en nombre de fragments, occupation campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 26 – Résultats anthracologiques, charbons de bois en nombre de fragments, occupation campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tamis 1 mm.

A. Salavert

Les apports du site de Saint-Julien-lès-Metz à la connaissance du Néolithique lorrain 

300Nous avons à Saint-Julien-lès-Metz trois occupations reconnues qui s’étendent du Ve au IIIe millénaire et sont séparées par des hiatus chronologiques plus ou moins importants et permettent d’avancer de façon significative dans la compréhension de la séquence Grossgartach-Rössen-Bischheim.

301Il est intéressant de noter la perduration de la vocation domestique du lieu au moins au Néolithique moyen. Après l’occupation Grossgartach, ce lieu est réinvesti durant le Bischheim en continuant l’excavation dans la continuité de la fosse précédente.

302La découverte du site néolithique de Saint-Julien-lès-Metz s’inscrivait, à la fin des années 1990 lors de la fouille, dans un contexte peu documenté pour le Néolithique moyen. Pour la période du Grossgartach, nous ne disposions pas d’habitat de comparaison, le seul site contemporain était une sépulture découverte sur la commune d’Ay-sur-Moselle (Thomashausen 1993). Concernant le Bischheim, la documentation est limitée à une petite dizaine de sites de comparaisons. Dans l’est–nord-est du bassin de la Seine, les influences Rössen et Bischheim sont sensibles, mais plus vers l’ouest elles semblent plus ponctuelles, ainsi qu’en témoignent le site de Paris-Bercy (Dubouloz et Lanchon 1997) ou les découvertes isolées dans des dragages de la vallée de la Seine (Billard et al. 1993).

Données environnementales

303L’implantation du site Grossgartach de Saint-Julien-lès-Metz apparaît en position originale par rapport aux sites lorrains contemporains puisqu’il domine la vallée de la Moselle de plus de 250 m et se place à moins de 900 m de la rupture de pente du plateau. Les autres occupations se trouvent soit sur des terrasses alluviales comme à Richemont à environ 157 m (Goepfert et al. 2014) ou en zone de transition à mi-hauteur de versant comme à Ay-sur-Moselle à environ 160 m (Thomashausen et al. 1993) ou encore en zone d’interfluve sur des terrains limoneux comme à Marly à 194 m (Maire et al. 2012a, 2012b). Il faut toutefois rester prudent dans notre vision de cette implantation. Son originalité ne l’est peut-être que dans nos enregistrements, ce type de localisation pouvant fort bien être plus courant, mais qu’exceptionnellement conservé ; une nouvelle version du biais du survivant.

304Au Bischheim, les occupations se localisent généralement en bordure de versant du plateau lorrain entre 165 et 200 m sur des sols constitués d’une alternance de calcaire et de marne surmontée d’une faible couverture de limons des plateaux.

305Au Campaniforme, les sites se répartissent sur l’ensemble des unités topographiques, en fond de vallée, sur les versants ou sur les plateaux (Blouet et al. 2019).

Fig. 54 – Fréquence relative de chaque taxon par rapport au nombre total de fragments identifiés par période chronologique, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 54 – Fréquence relative de chaque taxon par rapport au nombre total de fragments identifiés par période chronologique, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

A. Salavert

306Le couvert végétal entre le Grossgartach et le Bischheim s’est peu transformé avec le maintien de la forêt alluviale ou de la chênaie pédonculée en station humide. Au Campaniforme, la forêt semble avoir largement reculée, le milieu est ouvert, les grands arbres sont absents, ce qui peut indiquer l’exploitation d’un milieu fortement dégradé à dominante arbustive. Les assemblages anthracologiques attribués au Grossgartach et au Bischheim sont très similaires. La différence de corpus entre les deux périodes, notamment dans le nombre de fragments identifiés, peut avoir pour conséquence de faire varier la fréquence relative des taxons identifiés, mais la liste taxonomique est comparable. Cela permet de poser l’hypothèse de comblements plus ou moins synchrones dans le temps et/ou d’un état de la végétation exploitée équivalent. L’orme et le frêne sont deux marqueurs de forêts alluviales ou de chênaies pédonculées en station humide (Rameau et al. 1989). Le noisetier et les Maloideae peuvent s’y développer en sous-bois ou en lisières forestières. La présence de quelques fragments de hêtre (dans les deux ensembles) et d’érable (au Bischheim) est à noter. Dans les assemblages anthracologiques, ces deux taxons n’apparaissent pas avant le Néolithique final dans les régions plus à l’ouest comme dans l’Aisne ou encore dans le sud du bassin de l’Escaut (Salavert et al. 2018). De plus, une séquence palynologique localisée à 80 km à l’ouest de Metz, ne livre pas de grains de pollen de hêtre, en tout cas à l’Atlantique, les chronozones postérieures n’étant pas enregistrées. Cette même étude enregistre un grain de pollen d’érable (Naton et al. 2011). Dans les diagrammes palynologiques, à l’ouest de l’Allemagne, le hêtre apparaît en pointillé dès 4500 av. n.è., mais l’érable n’est pas présent au moins jusqu’en 3500 (Kalis et al. 2003). Les fragments de hêtre et d’érable peuvent donc soit être liés à des pollutions plus récentes, soit correspondre aux premières évidences anthracologiques dans la région et, en général, dans la moitié nord de la France. L’étude anthracologique met en évidence deux types d’assemblages qui pourraient témoigner d’au moins deux types de formation forestière exploitée (tabl. 15). L’une est composée de grands arbres tels que le chêne, le frêne et l’orme, ces deux derniers indiquant le caractère assez humide du milieu exploité. Elle définit les périodes Grossgartach et Bischheim. L’autre est composée d’arbustes de lisières et milieux ouverts sur substrat sec et caractérise les structures campaniformes. Du point de vue de l’apport chronologique, les assemblages des deux périodes du Néolithique moyen sont comparables et indiquent soit l’absence de diachronie entre les comblements des structures, soit une végétation semblable entre les deux occupations. Au Campaniforme, les assemblages anthracologiques des structures 23 et 24 sont proches (tabl. 15). Leur comblement pourrait être plus ou moins synchrone. Les activités de combustion à l’origine des charbons de bois étudiés pourraient être les mêmes ou avoir nécessité l’utilisation des mêmes stocks de bois pour deux activités proches dans le temps. L’assemblage campaniforme est orienté vers l’exploitation de la strate arbustive des lisières forestières ou de forêts claires sur substrat sec (Rameau et al. 1989). Les grands arbres sont absents, ce qui peut suggérer soit l’exploitation d’un milieu fortement dégradé à dominante arbustive (Prunoideae, Maloideae, cornouiller, nerprun) à proximité du site, soit la collecte d’arbustes de lisières plus facilement accessibles pour leurs activités de combustion.

307L’intérêt majeur de l’implantation de l’occupation néolithique de Saint-Julien-lès-Metz sur la frange du plateau messin ne semble pas directement lié aux ressources minérales naturelles qui sont absentes du voisinage immédiat du site, ni même dans la nature de l’environnement qui est dominé durant le Néolithique moyen par une forêt humide. L’intérêt est probablement multiple, lié à l’exploitation de terres fertiles, du bois et de l’argile pour l’édification des maisons, mais aussi sans doute dans la conquête de nouveaux territoires. Faut-il voir dans l’occupation de Saint-Julien-lès-Metz une installation pionnière à la conquête des plateaux comme la conséquence de l’augmentation de la population concomitante de bouleversements économiques et à l’origine de la colonisation de nouveaux espaces (Bocquet-Appel 2010), et ce dès le Grossgartach moyen (moyen B de Spatz/Grossgartach 3/4 de Denaire) ? C’est ce que semble révéler le dépôt à caractère symbolique qui pourrait ainsi consacrer la fondation du village sur un territoire encore vierge, tout en conservant sa filiation entre sites de fond de vallée et de plateau.

La structuration de l’habitat

308L’habitat Grossgartach semble le plus complet en dépit de la faible emprise de fouille, d’un peu plus de 6 000 m2. Il est installé sur un replat en rebord de plateau dominant la vallée de la Moselle. Il est composé de deux bâtis sans réelles fosses latérales, ce sont de petites fosses « résiduelles » probablement issues d’un héritage Rubané, remplacées par de grandes fosses polylobées, localisées entre les deux maisons et non plus disposées de part et d’autre de chacune des maisons.

309On observe une conservation différentielle entre le secteur des maisons et des fosses polylobées. La situation de l’implantation en rebord de plateau et la zone fouillée présente un faible pendage (2 à 5 %), régulier mais s’accentuant fortement à mesure que l’on s’approche de la rupture de pente et le faible enfouissement des poteaux nous a conduit à estimer, lors de nos premières interprétations (Brunet et al. 2006), qu’une forte érosion avait conduit à l’arasement des structures. Néanmoins, il apparaît aujourd’hui nécessaire de nuancer ce propos, si l’on se réfère à la topographie du lieu, le site néolithique est localisé sur un léger replat en situation dominante dans une formation forestière composée de grands arbres comme le chêne, le frêne, l’orme, étant ainsi peu soumis à l’érosion. La profondeur des fosses atteint 0,70 m et celle des trous de poteau est équivalente à 0,40 m pour les plus profonds. On a souligné la difficulté de lecture des trous de poteau dont les mieux identifiés restent ceux qui sont généralement le plus profondément ancrés dans le sol. On a évoqué précédemment la faible profondeur enregistrée des poteaux, le bâtiment 1 étant le mieux conservé avec des poteaux de tierce dont la profondeur maximale atteint 0,40 cm et, dans le cas du second bâti, est équivalente à 0,36 cm. Néanmoins, la conservation des trous de poteau est généralement faible d’une quinzaine de centimètres tout au plus en moyenne. L’érosion est manifestement plus importante sur le secteur du bâtiment 2. Nous nous sommes interrogés sur les différentiels de profondeurs entre les trous de poteau et les fosses, avons-nous réellement une forte érosion à Saint-Julien-lès-Metz ? Du point de vue de l’architectonique des bâtiments, est-il nécessaire d’enfouir profondément les poteaux supports des bâtiments pour maintenir la structure ?

310De ce fait, nous avons tenté de le comprendre à partir d’essais de reconstitutions archéologiques de maison néolithique et notamment de celui de la maison 10 de Vignely en Seine-et-Marne datée du Néolithique ancien (Bostyn et al. 2018, p. 69-75) qui a été proposé à la reconstitution pour l’archéosite de la Haute-Île à Neuilly-sur-Marne en Seine-Saint-Denis. Il a été choisi en raison de son plan considéré comme l’un des plus complets de la région. Ont été associés au projet, les archéologues ainsi qu’une agence d’architecture spécialisée dans les études patrimoniales et un bureau d’étude avec des ingénieurs spécialisés dans les structures en bois. Ces derniers ont montré qu’il n’est pas nécessaire d’ancrer profondément les poteaux pour assurer la stabilité de l’édifice car le simple fait de ficher un poteau en bois dans le sol ne permet pas d’obtenir un encastrement suffisant en pied pour stabiliser l’ouvrage et contrer les défauts d’aplomb de la construction ou les efforts de vent. Celle-ci étant assurée par « [l’ensemble des petites raideurs apportées par la somme des assemblages entre éléments]. Ainsi [le contreventement longitudinal et transversal est assuré en grande partie par les parois latérales ou les cloisons séparatives qui jouent le rôle de palée de stabilité : la terre empêche le clayonnage de se déformer dans leur plan et partant, assure la stabilité des tierces] » (Bostyn et al. 2018, p. 73). Par conséquent, il s’avère qu’il n’est pas nécessaire de creuser des trous profonds pour maintenir la stabilité d’un édifice et nous aurions à Saint-Julien-lès-Metz le même cas de figure.

311En revanche, la profondeur des fosses à Saint-Julien-lès-Metz varie suivant l’épaisseur du limon argileux recherché qui recouvre les dalles de calcaire à gryphées. Les structures apparaissent entre 0,30 et 0,40 m sous le niveau actuel et montrent des profondeurs variant de 0,20 à 0,70 m. Ainsi, on enregistre des états de conservation des trous de poteau et des fosses variables. De la sorte, il existe probablement une érosion différentielle sur le site. Les variations de profondeur montrent que les fosses ont probablement été creusées dans la partie basse du terrain, tandis que les bâtis sont situés sur de légères proéminences, plus susceptibles aux phénomènes érosifs (tabl. 27). Si l’on regarde des exemples régionaux, les profondeurs moyennes des fosses Grossgartach de Marly ou de Moulins-lès-Metz, rue des Gravières sont mieux conservées qu’à Saint-Julien-lès-Metz, sur une profondeur moyenne de 1 m avec un maximum de 1,85 m à Marly (Maire et al. 2012a).

Tabl. 27 – Comparaisons des profondeurs des fosses polylobées de Lorraine, d’Alsace et des Vosges, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 27 – Comparaisons des profondeurs des fosses polylobées de Lorraine, d’Alsace et des Vosges, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet

312Du point de vue architectural, le site de Saint-Julien-lès-Metz permet d’avancer sur les connaissances des maisons du Grossgartach et notamment de souligner l’absence de régularité architecturale en Lorraine (Brunet 2018). L’architecture des bâtiments est différente du modèle danubien, l’absence de vraies fosses latérales indique le passage du Rubané au Grossgartach avec leur remplacement par de grandes fosses à l’écart des habitations. La datation des bâtiments de Saint-Julien-lès-Metz repose sur leur héritage rubané, c’est-à-dire le principe de fondation en tierces espacées de 5 m en moyenne bordées de parois non porteuses, le plan avec partition soulignée par une démarcation transversale de deux tierces de poteaux, l’orientation ouest–nord-ouest–est–sud-est, la distance entre les tierces. Les maisons à divisions internes, sur poteaux associés à des structures domestiques du Néolithique moyen, forment un ensemble inédit et exceptionnel en Lorraine.

313L’habitat Bischheim n’a pas conservé de vestiges de construction, il ne comporte qu’un ensemble de fosses polylobées d’une centaine de mètres carrés et dont les profondeurs des lobes varient de 0,20 à 0,80 m. La présence de torchis dans l’ensemble des complexes de fosses datés du Bischheim suggère néanmoins la présence d’un bâtiment à proximité, non conservé ou situé en dehors de l’emprise des fouilles.

314L’occupation campaniforme est composée de deux fosses circulaires d’environ 1 m de diamètre pour une profondeur ne dépassant pas 0,50 m, l’une des deux conserve des parois rubéfiées. Ce type de structuration est typique en Lorraine, 51 cas similaires ont été enregistrés (Blouet et al. 2019). Il apparaît que le territoire au Campaniforme est investi de plusieurs types d’occupation, des sépultures le plus souvent isolées ou groupées par deux ou quatre (Lefebvre 2010) et également de sites plus spécialisés comme celui illustré à Saint-Julien-lès-Metz.

Répartition des quantités de mobilier par complexe

315Si l’on regarde la répartition des quantités de mobilier par complexe daté du Grossgartach, on note que la céramique, le mobilier lithique et macrolithique ainsi que la faune se suivent globalement (fig. 55) et se concentrent, pour l’essentiel, dans le complexe VIII. Néanmoins, leur distribution n’est pas homogène dans l’ensemble des lobes, elle se fait majoritairement aux extrémités (fig. 3) à l’instar des interruptions de fossés d’enceintes. Cette distribution suggère des zones de passage entre les deux maisons, le complexe de fosses se trouvant situé entre les deux. En revanche, la distribution du torchis est bien différente avec une majorité se trouvant dans les complexes II et IV. Il faut souligner qu’il semble exister une opposition entre le torchis et les restes de faune qui semble s’exclure d’un complexe à l’autre, comme cela a été observé sur le site de Lingolsheim (Alsace) par exemple (Hachem in Lasserre 1997). Durant le Bischheim, on observe globalement la même distribution du mobilier avec la céramique, l’industrie lithique et macrolithique ainsi que les restes de faune concentrés dans les mêmes complexes à savoir les complexes IX et X. En revanche, le torchis se trouve plus répandu parmi les complexes X, IX et XII (fig. 56), a contrario du Grossgartach où l’on ne peut identifier de zones de passage en raison de la distribution relativement homogène dans les différents lobes des différentes catégories de mobilier. Selon le cortège carpologique disponible, l’hypothèse que des activités de brûlage se soient déroulées à proximité de la fosse est envisagée en raison des dépôts secondaires découverts dans celle-ci, ils correspondent à des rejets qui auraient brûlé ailleurs (De Hingh 2000, Kreuz et al. 2005, Berrio 2012, Galland et al. 2014, Juhél et al. 2014).

Fig. 55 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune, torchis, mouture, industrie lithique et céramique par complexe de fosses Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 55 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune, torchis, mouture, industrie lithique et céramique par complexe de fosses Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet

Fig. 56 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune, torchis, mouture, industrie lithique et céramique par complexe de fosses Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 56 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune, torchis, mouture, industrie lithique et céramique par complexe de fosses Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

V. Brunet

Les datations

316Concernant le calage chronologique, deux dates radiocarbones ont été réalisées sur charbons de bois par le laboratoire de Groningen dans le cadre du rapport de fouille qui ont porté sur le silo et la structure de combustion pour lesquelles aucun calage chronologique n’était donné par le mobilier archéologique quasi inexistant. Les résultats pour le silo 23 se situent entre 2400 et 2100 av. n.è. le situant durant le plein développement du Campaniforme à l’étape 2 (Campaniforme récent) selon la nouvelle périodisation (Salanova et al. 2011), tandis que la structure de combustion se situe entre 2200 et 2000 av. n.è. soit entre la fin de l’étape 2 et le début de l’étape 3, entre 2100-1 950 av. n.è. au Campaniforme final selon L. Salanova. Les deux structures pouvant avoir fonctionné ensemble, mais sans certitude.

317En 2014, deux échantillons sur os sur les six soumis au laboratoire de Poznan pour datation ont donné des résultats. Le premier renvoie au Grossgartach entre 4700 et 4500 av. n.è., dates compatibles avec la fourchette admise pour la culture de Grossgartach en Basse-Alsace, seule région où la totalité de la séquence culturelle qui se développe au Ve millénaire a fait l’objet d’une datation absolue fine (Denaire et al. 2017, Denaire et Lefranc 2023). Une seconde date réalisée sur os se place entre 4300 et 4000 av. n.è., ce qui correspond à la fin de la fourchette généralement avancée pour le Bischheim et les groupes qui lui succèdent (Jeunesse et al. 2003, Denaire et al. 2017).

Les activités artisanales

318Les recherches récentes en Lorraine depuis le Néolithique ancien jusqu’au Néolithique final ont permis d’avancer sur la caractérisation des productions céramiques et de réfléchir à la succession des différents groupes et cultures (Blouet 1993, Blouet et Decker 1993, Petitdidier 2000, Blouet et al. 2007, 2013, 2019, Blouet et Vanmœrkerke 2008, Denaire et Robert 2008). Dans l’est de la France au Néolithique moyen se succèdent le Grossgartach, le Rössen, le Bischheim rhénan et différents groupes apparentés comme le Bruebach-Oberbergen en Alsace ; tous sont définis d’après leurs productions céramiques dont la typologie est fondée aussi bien sur la forme des vases que sur les caractéristiques des décors (Denaire 2009, Denaire, Lefranc 2017, Jeunesse et al. 2018).

319Que ce soit pour le Grossgartach, le Roessen ou le Bischheim rhénan, la Lorraine correspond à l’extrémité occidentale de ces cultures et groupes qui se développent largement au-delà des régions rhénanes (Jeunesse et al. 2003, Denaire 2009).

320L’analyse du mobilier céramique de Saint-Julien-lès-Metz semble confirmer l’écart chronologique entre la Lorraine et l’Alsace, plaçant l’apparition de la culture de Grossgartach plus tardivement en Lorraine que dans le sud de la plaine du Rhin supérieur (Blouet et al. 2007). En effet, aucun site lorrain n’a livré de tessons possiblement Grossgartach ancien et aucun objet Hinkelstein n’a pour le moment été mis au jour. Il faut donc, à l’image de ce que l’étude de la chronologie absolue de la séquence culturelle qui se développe en Basse-Alsace entre le dernier tiers du VIe millénaire et la fin du Ve millénaire (Denaire et al. 2017, Denaire et Lefranc 2023), compter avec un hiatus sans doute long entre la fin du Rubané de Lorraine – qui ne doit pas être postérieur de beaucoup à 5000 av. n.è. comme dans toutes les régions voisines – et les débuts du Néolithique moyen. Ce hiatus semble assez général dans les régions rhénanes (Denaire et al. 2017) et est supporté sur le plateau d’Aldenhoven par des indices palynologiques qui indiquent des reprises de la forêt entre le Rubané et le Grossgartach (Kalis et Zimmermann 1988). Toutefois, la prudence doit rester de mise tant notre connaissance des débuts du Néolithique moyen lorrain est lacunaire et surtout tant qu’une chronologie absolue digne de ce nom, basée sur des datations radiocarbones issues d’ensembles clos locaux n’aura pas été menée et couplée à une chronologie relative bâtie sur des assemblages fournis.

321Les résultats de l’analyse du corpus céramique de Saint-Julien-lès-Metz montrent que nous avons une occupation s’étalant sur au moins deux étapes : le Grossgartach moyen (moyen B de Spatz/Grossgartach 3/4 de Denaire) et un Grossgartach récent, voire final si on considère les décors les plus évolués comme potentiellement Planig-Friedberg. L’élément le plus remarquable de cette série céramique Grossgartach est sans aucun doute la découverte d’un petit tonnelet, forme inédite dans la vallée mosellane et rhénane. Ce type de récipient est rare, quatre autres seulement sont connus en Alsace et en Allemagne. En dépit d’analyses chimiques réalisées sur les résidus organiques qu’il contenait, sa fonction reste inconnue jusqu’à ce jour. Il est intéressant de souligner que la quasi-totalité du mobilier composant le dépôt de fondation trouve ses origines vers l’est aussi bien le vase caréné pour l’Alsace, le tonnelet pour l’Allemagne, le coin perforé pour les Vosges ou le Rhin et l’herminette basse pour le massif vosgien.

322La quasi-totalité des formes et des décors Bischheim de Saint-Julien-lès-Metz s’insère parfaitement dans le répertoire du faciès rhénan de ce groupe (Jeunesse et al. 2003). Seuls quelques éléments s’en écartent, comme les damiers de triangles ou les décors réduits à une rangée de pastilles qui évoquent clairement les poteries du Bischheim occidental qui se développe plus à l’ouest. Deux possibilités s’offrent à nous : les considérer comme des intrusions contemporaines des autres tessons, autrement dit des importations Bischheim occidental en contexte Bischheim rhénan, ou les voir comme une production plus tardive comme cela a été suggérée pour certains sites tels que Falck, Ennery, Flévy et Cuvry (Thomashausen 1993, Petitdidier 2000, Blouet et al. 2007, Brunet et al. 2006) ; production plus tardive qui se ferait sous influences du Bischheim occidental, les mêmes qui sont à l’origine du Bischheim occidental du Rhin supérieur en Basse-Alsace (Jeunesse et al. 2003, Lefranc et al. 2012). Seules de nouvelles découvertes et de nouvelles datations absolues permettront de trancher entre l’option « importations » en contexte Bischheim rhénan et l’option BOM, Bischheim occidental de Moselle.

323Quant au phénomène campaniforme, s’il couvre la majeure partie de l’Europe durant la seconde moitié du IIIe millénaire, il est loin d’être uniforme. Selon la périodisation de L. Salanova, la Lorraine appartient à la grande région située à l’est de la Seine couvrant le nord du Bassin parisien, « elle est connectée à la basse vallée du Rhin et au sud de l’Angleterre » (Salanova 2011). Les travaux menés sur le IIIe millénaire ont conduit à la reprise des corpus céramiques d’un vaste territoire entre la Sarre et la Meuse française, soit la région Sarre-Lorraine-Luxembourg et ont abouti à une nouvelle périodisation. Les résultats ont fait l’objet d’une communication présentée lors du XXVIIIe Congrès préhistorique de France d’Amiens en 2016 proposant un nouveau découpage réalisé à partir de l’étude d’un corpus de vases et de dates radiocarbones qui ont conduit à subdiviser le campaniforme en six phases correspondant à des étapes chronologiques (Blouet et al. 2019).

324Les recherches sur l’industrie lithique, l’exploitation et la gestion des ressources à Saint-Julien-lès-Metz s’inscrivent dans les thématiques abordées récemment en Lorraine (Blouet et al. 2009, Asselin et Le Brun-Ricalens 2017). Les séries lithiques Grossgartach et Bischheim de Saint-Julien-lès-Metz sont indigentes et se caractérisent par une économie des matières premières différenciées à partir de plusieurs chaînes opératoires (Perlès 1991) et l’importance donnée aux matières premières d’origine lointaine et la faiblesse de leur effectif. Elles sont dominées par une production d’éclats courts détachés au percuteur de pierre, tandis que la production laminaire est peu développée durant les deux périodes. Les produits laminaires au Grossgartach affichent des largeurs variant de 20 à 29 mm et au Bischheim, entre 10 et 31 mm, le mode de détachement est exclusivement réalisé par percussion indirecte durant la première période et par percussion directe au percuteur tendre ou indirecte durant la seconde occupation du site. Il faut néanmoins souligner l’absence de débitage des supports sur le site, sauf à de rares exceptions près au Bischheim.

325Les outils sont plus nombreux durant l’occupation Grossgartach : une douzaine parmi lesquels on peut citer trois grattoirs dont un est associé à une microdenticulation et deux armatures asymétriques à base concave. Ces dernières montrent leur parenté avec les exemplaires du Néolithique ancien Villeneuve-Saint-Germain du Bassin parisien. Les outils sur masse ne sont présents qu’au Grossgartach, il s’agit d’un coin perforé et d’une herminette basse. Au Bischheim, six outils sont enregistrés parmi lesquels on trouve des lames à retouches obliques, deux armatures à base rectiligne et une pièce esquillée. En revanche, les armatures triangulaires à retouches bifaciales envahissantes à couvrantes du Bischheim semblent apparentées à celles connues sur les sites lorrains de Illange-Bertrange (Jeandemange et al. 2009), de Pouilly (Franck et al. 2008) et Laquenexy (Moselle) mais aussi sur de nombreux sites d’Alsace, ce qui confirme, comme le souligne A. Augereau, l’appartenance de ces groupes au territoire économique rhénan (Augereau 2008).

326Concernant l’approvisionnement des matériaux siliceux, la majorité employée sur le site de Saint-Julien-lès-Metz, que ce soit pour l’occupation du Grossgartach ou Bischheim, sont les silicites régionales du Malm lorrain et plus particulièrement de la vallée de la Meuse que l’on trouve à 50 km au plus proche du site (tabl. 28-29, fig. 57). Les matériaux de la région de Briey (20 km du site) et de Boucheporn (30 km), que l’on peut qualifier de « régionaux proches » sont présents de manière anecdotique dans les corpus du Grossgartach (3 % du corpus). Ils sont plus abondants au Bischheim où ils représentent 13 % du corpus lithique. L’ensemble des autres matériaux identifiés ont des provenances situées entre 100 et 250 km du site. Ces ressources extrarégionales sont largement privilégiées par rapport aux ressources locales au Grossgartach où elles représentent 10 % du corpus et sont toujours bien présentes au Bischheim où elles atteignent 11 % du corpus et particulièrement concentrées dans le complexe de fosse IX.

Tabl. 28 – Bilan de l’approvisionnement en matériaux siliceux au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 28 – Bilan de l’approvisionnement en matériaux siliceux au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

M. Imbeaux

Tabl. 29 – Bilan de l’approvisionnement en matériaux siliceux au Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 29 – Bilan de l’approvisionnement en matériaux siliceux au Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

M. Imbeaux

Fig. 57 – Approvisionnement en matériaux siliceux au Grossgartach et au Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 57 – Approvisionnement en matériaux siliceux au Grossgartach et au Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

DAO M. Imbeaux

327On observe ainsi un changement dans les stratégies d’acquisition. Au Grossgartach, l’essentiel de l’approvisionnement en silex est tourné vers l’ouest avec les ressources régionales du Malm et les ressources extrarégionales crétacées et tertiaires du bassin de Paris. Durant le Bischheim, l’approvisionnement est toujours tourné vers les silicites du Malm lorrain, mais les ressources locales prennent plus d’importance dans les corpus par rapport aux ressources extrarégionales.

328La prédominance des matériaux de la vallée de la Meuse sur les matériaux plus proches peut s’expliquer par une exploitation plus intense de ces silicites de meilleure qualité et dont on connaît plusieurs secteurs d’exploitations, dont deux minières documentées par des fouilles. La minière de Saint-Mihiel « Côte de Bar » a fait l’objet de fouilles menées entre 1972 et 1977 (Guillaume 1975, Guillaume et al. 1987). Les datations réalisées sur les structures fouillées indiquent une période d’exploitation au Néolithique final, autour de 2200 cal. BC. Cependant, des fouilles plus récentes menées dans le cadre préventif sur une autre partie de la minière ont permis d’identifier plusieurs phases d’exploitation (Klag et al. 2021). La date la plus ancienne obtenue sur ce site correspond à la fin du Mésolithique ou au début du Néolithique ancien (5608-5471 cal. BC). Cette période d’exploitation très précoce des silicites de la Meuse est appuyée par une seconde fouille menée à Commercy « Côte de Bussy » dans le cadre d’un sauvetage urgent le long d’un chemin militaire où plusieurs puits de mines apparaissent dans une coupe (Klag et al. 2021). Deux phases d’exploitation ont été mises en évidence avec deux dates qui correspondent au Mésolithique final ou au tout début du Néolithique ancien (5481-5335 cal. BC et 5472-5221 cal. BC) et une date qui correspond au Néolithique final (3085-2896 cal. BC). De plus, des prospections menées dans le cadre des travaux de C. Guillaume au moment de ses fouilles à Saint-Mihiel ont également permis d’identifier plusieurs indices de minières et ateliers de débitage le long de la Meuse entre Saint-Mihiel et Commercy (Guillaume et al. 1987). Ainsi la vallée de la Meuse semble avoir été un secteur d’exploitation des silicites du Malm important dès le Néolithique ancien et étendu jusqu’au Néolithique final. L’approvisionnement en silex des populations de l’habitat de la « Ferme de Grimont » semble s’inscrire dans un territoire de diffusion des productions minières de la vallée de la Meuse, plutôt que sur l’exploitation et la diffusion des matériaux siliceux locaux.

329Les importations de matériaux extrarégionaux proviennent en très grande majorité de l’ouest, et plus précisément du bassin de Paris. La région des Marais de Saint-Gond est celle qui est la plus représentée dans les corpus du Grossgartach et du Bischheim. Les autres matériaux ne sont représentés que par un ou deux artefacts. Cette région est connue pour sa richesse en occupations néolithiques de toutes périodes, dont plusieurs minières de silex fouillées et plusieurs dizaines d’indices de minières identifiés en prospections pédestres et aériennes (Imbeaux et al. 2018, Martineau et al. 2019). Si aucune minière contemporaine du site de Saint-Julien-lès-Metz n’y a été fouillée, une fosse d’extraction du silex découverte à Loisy-en-Brie « 56 Grande Rue » est datée du Mésolithique entre 7548-7207 cal. BC (Martineau et al. 2012, Augereau et al. 2021) et indique une phase très précoce de l’exploitation du silex dans cette région. Le Néolithique ancien y est également attesté dans la région par la sépulture individuelle rubanée de Vert-la-Gravelle « Le bas des Vignes » et par l’habitat Blicquy Villeneuve–Saint-Germain de Villevenard « Les Hauts de Congy ». Par ailleurs, des tessons Cerny ont été découverts dans des puits de la minière de Vert-la-Gravelle « La Crayère », et pourraient attester d’une exploitation de ces ressources contemporaines au Grossgartach et antérieure au Bischheim.

330Ces importations de silex de la craie de Champagne dans des sites néolithiques de la vallée de la Moselle sont suspectées depuis de nombreuses années (Schmidgen-Hager 1993 ; Asselin 2014). Ces matériaux sont reconnus sur la base d’observations macroscopiques et décrits sous l’appellation de silex « blond sénonien » ou « blond champenois ». Ils ont été observés dans des sites rubanés de la moyenne Moselle où il est parfois identifié comme majoritaire dans les corpus (Schmidgen-Hager 1993). Ils apparaissent également dans le site Grossgartach de Marly « Sur le Chemin de Grosyeux » (Moselle) où ils concernent 19 des 46 outils (Asselin 2014). Des sites de l’Épi-Rössen et du Post-Rössen ont également fourni ce type de matériaux, comme Woippy « ZAC des Côteaux » et Laquenexy « Entre deux Cours » (Asselin 2014). Ces déterminations se basent cependant sur des observations à l’œil nu des objets, ce qui ne permet pas d’attribuer de manière fiable un silex à un gisement d’origine précis (Affolter 2002, Delvigne 2016, Imbeaux et al. 2018, Affolter et al. 2022). Ainsi, ce silex « blond sénonien » de Champagne peut en réalité correspondre à un grand nombre de gisements de l’est et du sud du bassin de Paris qui vont présenter un aspect translucide et une couleur variant du brun au blond. Cette étude menée ici sur le corpus de Saint-Julien-lès-Metz démontre bien l’existence de ces importations de silex du bassin de Paris. Elles sont dominées par des productions de la région des Marais de Saint-Gond, mais comportent également des matériaux d’autres régions comme l’Yonne, l’Aube et le nord-est du bassin de Paris. Ainsi, les caractérisations pétrographiques des silicites réalisées à la loupe binoculaire selon la méthode descriptive de faciès sédimentaires nous permettent d’avancer dans la compréhension des stratégies d’acquisition et de gestion des matières premières de Saint-Julien-lès-Metz. L’activité de taille est quasi inexistante durant les deux occupations du Néolithique moyen et les outils sont donc acheminés sous leur forme finale. Les points communs entre les deux occupations sont une production d’éclats détachés au percuteur de pierre et une production laminaire indigente. Les éclats montrent un rapport longueur/largeur moyen quasi équivalent entre les deux occupations, légèrement plus allongé au Grossgartach (1,2) qu’au Bischheim (1,1). C’est l’épaisseur qui les différencie avec des supports plus épais au Bischheim (9,80 mm) qu’au Grossgartach (7,50 mm). Concernant les produits laminaires, il semble que la largeur des lames augmente entre le Grossgartach et le Bischheim, puisque les premières varient de 9 à 29 mm et les secondes de 11 à 31 mm, tandis que les épaisseurs ne varient quasiment pas (10 mm contre 9,80 mm). Aucune préférence n’est marquée concernant les supports d’outils, ils sont à égalité entre éclat et lame durant les deux périodes. Les différences observées entre les deux occupations sont les quantités d’outils, 12 au Grossgartach contre six au Bischheim et, concernant les catégories d’outils rencontrées, deux sont communes aux deux périodes, il s’agit des pièces esquillées et des lamelles retouchées. La seule différence observée tient dans les armatures qui sont à base concave au Grossgartach et à base rectiligne au Bischheim, néanmoins les faibles quantités nous incitent à rester prudents quant à ces discriminations observées.

331L’apport du corpus macrolithique de Saint-Julien-lès-Metz est important même s’il s’avère numériquement faible. Il montre la prédominance aux deux époques d’occupations du Néolithique moyen, des outils de mouture tandis que le recyclage et la réfection des outils sont rarissimes, suggérant ainsi la pérennité de la nature des occupations d’une période à l’autre. Les restes macrolithiques récoltés lors de la fouille de Saint-Julien-lès-Metz forment une petite série de 63 éléments pour un poids de 23,321 kg. Ce corpus, fort réduit, limite les interprétations possibles. Certains aspects sont similaires entre les deux phases d’occupations. Tout d’abord, le nombre d’outils est équivalent (fig. 58). De plus, les contextes de découverte sont identiques : l’ensemble de ces vestiges provient exclusivement des complexes polylobés et ce mobilier rejeté est très fragmenté. Quant à l’outillage, il désigne les mêmes familles d’activité d’une période à l’autre et les recyclages et réfections d’outils sont rares. De plus, dans l’assemblage, malgré des outils de mouture plus nombreux, les outils nécessaires au façonnage et à l’entretien de leur surface active sont quasi inexistants : une seule boucharde sur support récupéré est comptabilisée dans la série Grossgartach. Le support est une herminette basse dont le tranchant a servi en bouchardant. On souligne ici la très faible représentation des bouchardes, outils caractérisant le travail de la pierre et notamment le façonnage et la préparation des surfaces actives des outils de mouture (Jaccottey 2011, Donnart 2015). Cet ensemble d’observations et leurs similitudes nous mènent à voir une pérennité de la nature des occupations d’une période à l’autre : avec une légère prédominance des outils de mouture, on interprète cette série comme témoignant d’une succession d’habitats de petite ampleur.

Fig. 58 – Composition des deux séries exprimées en nombre de restes, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Fig. 58 – Composition des deux séries exprimées en nombre de restes, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

C. Monchablon

332Au-delà de ces analogies, quelles sont les différences entre les deux occupations ?

333En premier lieu, le choix des matières premières accuse quelques dissemblances. On observe une plus grande diversité de roches employées pour élaborer l’outillage durant l’occupation Bischheim que durant le Grossgartach. Cela fait écho à l’observation, établie à large échelle, d’une nette tendance à la diversification dans le choix des matériaux meuliers, amorcée dès la fin du Néolithique moyen 1 (Hamon 2006). La sélection de roches dont la formation est exogène (granite, grès à barytine) est également plus marquée pour le Bischheim, mais, excepté une pièce (molette en grès à barytine, roche exogène, probablement du Morvan), les supports roulés indiquent un ramassage en position secondaire, soit très certainement à proximité du site.

334Enfin, parmi les 62 pièces observées indépendamment de leur attribution « fonctionnelle » (outil, débris, etc.), 32 correspondent à de petits galets roulés et seulement quatre voire cinq d’entre eux ont servi comme outil. L’occupation Bischheim se distingue encore une fois par la collecte d’un grand nombre de galets de quartz roulés (alluvions) bruts (n = 14, contre quatre pour le Grossgartach). La présence de ces galets sur le site relève bien d’un geste anthropique « le substrat n’en contenant pas » (Brunet et al.  006). La question des motivations pour ce ramassage et l’acheminement sur le site se pose donc. La plupart de ces galets pèsent moins de 0,50 g, de petits objets qui tout au plus pourraient être employés comme lissoir à céramique, estèque. Or, on a vu que rares sont ceux transformés en outil. À moins de les comprendre comme pièces de réserve ? Une des hypothèses suggère que « broyés [ils] ont servi à dégraisser la pâte de certaines céramiques comme le montre le fragment de panse Grossgartach dont la pâte brun orangé montre des inclusions de quartz » (Brunet et al. 2006). Dans la mesure où la majorité des galets sans trace provient des niveaux du Bischheim (n = 21), période durant laquelle l’ajout de quartz pilé à la pâte céramique est plus fréquemment attesté (cf. groupes 3 et 6 in Brunet et al. 2006, p. 61), on serait enclin à aller dans le même sens. Toutefois, si nous ne réfutons pas cette hypothèse, l’absence d’outils en pierre ayant pu servir au concassage des galets de quartz nous mène à en douter. D’autres fonctions ne laissant pas de traces restent à envisager. On pense notamment à la confection de poids de lest composés d’un galet inséré dans un emballage en matière périssable (écorce végétale, tissus…) comme ceux retrouvés à Clairvaux (Pétrequin et al. 2015). Cette interprétation pourrait peut-être expliquer la concentration en structure 6 de 15 petits galets bruts comme les vestiges d’un « filet plié ou resserré non identifiable ? Enfin, un ramassage non pas en vue d’une application utilitaire n’est pas à sous-estimer (collection, jeton pour jeux, etc.). Ces propositions n’épuisent pas le champ des possibles » (Monchablon à paraître).

335L’autre distinction majeure entre les deux séries concerne la présence d’un outil que nous nommons abraseur à cupule. Cet outil est particulier dans les industries macrolithiques puisqu’il donne une signature chronologique assez constante : considéré comme fossile directeur du Rössen de Rhénanie du Nord-Westphalie (Gehlen 2009 ; Schön 2009), il est également présent dans les séries Michelsberg du nord de la France (Monchablon 2021), alors qu’à ce jour, il semble exclu de celles du chasséen septentrional étudiées (Villers-Carbonnel [Somme], Bostyn et al. 2014 ; Choisy-au-Bac [Oise], Riche et al. 2015 ; Nogent-le-Roi [Eure-et-Loir], Noël et al. 2016 ; Passel [Oise], Cayol 2021). Avec l’exemplaire de Saint-Julien-lès-Metz retrouvé dans la structure 35 datée du Bischheim, cet outil semble donc confirmer son « sceau » du Néolithique moyen du nord-est de la France et de l’Allemagne de l’Ouest. Leur apparition en Alsace dès le Grossgartach (nécropole d’Entzheim, Leprovost et al. 2013) devra encore être confirmée et trouver une signification tant chronologique que fonctionnelle.

336Concernant les objets de parure, tous sont fragmentés et correspondent probablement à des déchets d’utilisation. Ces objets incontestablement associés à la parure sont deux fragments de bracelets en céramique. Ils sont vraisemblablement de sections différentes. L’un des deux présente une perforation de réparation impliquant qu’il a été utilisé. Le faible diamètre interne (31 mm environ) est assez remarquable et peu courant. On peut citer les cas de Dadonville « Le Haut des Vignes » et Échilleuses « Les Dépendances de Digny » (Loiret) avec de petites pièces oscillantes entre 25 et 35 mm (Simonin 1988, Creusillet et Irribarria 2008). Seul l’exemplaire d’Échilleuses – sur schiste – a une section équivalente à la pièce no 1. Les datations sont centrées sur une phase tardive du Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain (Simonin 1988, p. 136).

337Les anneaux en céramique sont bien plus rares. Ceux inventoriés par C. Jeunesse, à Wettolsheim et Rosheim dans des fosses associées respectivement au Grossgartach et au Rössen (Jeunesse 1997) correspondent plus à des anneaux-disques, c’est-à-dire à des anneaux larges et plats, qu’à des anneaux étroits comme à Saint-Julien-lès-Metz. D’ailleurs, C. Jeunesse a noté que ces divers types de bracelets en pierre, en terre cuite ou en os se révèlent être des « innovations […] rares » de cette période du « Mittelneolithikum » du domaine rhénan (Jeunesse 1997). Dans le Bassin parisien, leur chronologie couvre du Rubané à la fin du Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain (Praud et Bostyn 2015). La section de la seule pièce ici exploitable dénote des séries régionales. Son très faible diamètre interne et sa section renvoient-elles à une importation ? Un examen pétrographique permettrait peut-être de savoir si c’est une production locale imitant un modèle Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain. Les canines de suidé sont parmi les éléments les plus significatifs des corpus du Néolithique moyen rhénan puisqu’elles servent de supports à la fois à la parure et aux outillages et sont fréquemment retrouvées en contexte funéraire (Schneider 1983, Sidéra 2000, Jeunesse 2002). Elles sont alors débitées en lamelles dans leur longueur ou conservées dans leur épaisseur originelle et perforées à l’extrémité occlusale pour être portées en bracelet. Ainsi, il est possible de se référer à plusieurs sites du Bassin rhénan comme Entzheim (Schneider 1983, Sidéra 2000), Entzheim-Geispolsheim (Landolt et al. 2013), Lingolsheim ou Erstein (Schneider 1983) dans le Bas-Rhin, et Trebur en Hesse (Allemagne ; Spatz 1997, 1999). Notons cependant qu’elles demeurent en usage sur une très longue durée (Hafner et Suter 2000).

338Concernant le lest de filet, interprété dans un premier temps comme une perle, cette hypothèse ne semble pas crédible, car l’objet reste « grossier » sans aucune trace de finition particulière. Bien que ces lests soient souvent plus longs (tubulaires) ou en forme d’olive, ils peuvent prendre des formes plus basiques comme à Palaiseau « Les Trois Mares » (Maréchal in Durand et al. 2016). Pour le Grossgartach, on signale le site de Lingolsheim « Sablières Modernes » qui a livré un corpus de 15 lests (Lasserre 1997, p. 529). Notons que la confusion entre perles et lests pour le Néolithique moyen est récurrente (Maréchal et al. 2015). Quant aux perles en calcaire, celles connues en contexte Grossgartach sont indubitablement de petites perles annulaires ou cylindriques munies d’une perforation centrale étroite, bien différentes de la morphologie de l’élément circulaire en calcaire de Saint-Julien-lès-Metz, ce qui nous pousse davantage à exclure l’objet de la catégorie des parures. Hors des marges culturelles du Grossgartach, les défenses de suidé caractérisent les corpus funéraires du Cerny (Constantin et al. 1997). Les anneaux en céramique n’y sont en revanche pas connus (Jeunesse 1997). Enfin, il faut enfin noter l’absence de perles tubulaires en céramique, or cette catégorie est un bon marqueur de la phase Grossgartach/Rössen (Jeunesse 1997, p. 545). Toutefois, il a été souligné que ces perles particulières sont surtout localisées sur le secteur de la Trouée de Belfort, la Haute-Alsace et le Pays de Bade et datent souvent des périodes Rössen et post-Rössen (Maréchal et al. 2015, p. 1079). Il faut également ne pas les confondre avec des lests de filets (Lasserre 1997, p. 523, 529).

339Sur le faible corpus de parure, deux restent douteuses et une est trop fragmentée pour être réellement identifiable. Le seul objet certain est atypique par son type (bracelet), son matériau (céramique), sa section (ovalaire plate) et son petit diamètre interne (31 mm). Il conviendra à l’avenir de disposer d’autres éléments de parures issus en particulier de contextes d’habitats pour mieux le replacer.

Les activités de subsistance

340L’archéologie environnementale et plus particulièrement l’économie végétale et les pratiques alimentaires, l’analyse économique des unités domestiques et des sites sont au cœur des problématiques.

L’exploitation des ressources animales

341Les restes de faune entre le Grossgartach et le Bischheim correspondent essentiellement à des restes de consommation. Le spectre de faune du Grossgartach est dominé par deux espèces domestiques, les bovins et les porcs, suivi par deux espèces sauvages, l’aurochs et le cerf. La plupart des os sont généralement brûlés à l’exception de ceux du dépôt de fondation et l’assemblage de faune est exclusivement composé de restes de grands mammifères. Au Bischheim, le spectre de la faune est dominé par les animaux domestiques, avec le porc majoritaire, tandis que le chien est attesté.

L’exploitation des ressources végétales en Lorraine au Néolithique moyen et au Campaniforme

342Actuellement, nous disposons de très peu d’études carpologiques en Lorraine concernant ces périodes chronologiques. Pour ce qui est du Néolithique moyen, nous pouvons citer les sites de Marly « Sur le chemin de Grosyeux », de Laquenexy « Entre deux cours » et de Marly « RD 113 », dont le matériel carpologique a été étudié respectivement par E. Bonnaire, L. Herveux et J. Wiethold.

343Le site de Marly « Sur le chemin de Grosyeux » a livré une fosse polylobée FS29 et un trou de poteau TP 14 datés du Grossgartach, ainsi qu’un trou de poteau TP 12 daté de la fin du Grossgartach ou du début du Rössen. Les données carpologiques (96 carporestes) montrent que la principale céréale cultivée est l’engrain et l’amidonnier l’accompagne en plus faible quantité. L’orge nue et le blé nu accompagnent les deux blés vêtus. Les légumineuses et les plantes utilitaires (oléagineuses et textiles) sont absentes. Les plantes de cueillette attestées sont le noisetier et le sureau noir et les plantes sauvages représentées sont la vrillée liseron, la fléole des prés (Phleum pratense), la vesce à quatre graines (Vicia cf. tetrasperma agg.), le pâturin (Poa cf. annua) et la lampsane commune (Bonnaire 2011, Maire et al. 2012). Sur le site de Laquenexy trois trous de poteaux (1879, 1881 et 1398) et une fosse polylobée (1213) ont été mis au jour, l’ensemble est daté de l’épi-Rössen. Les données carpologiques (28 carporestes) ont livré une seule céréale cultivée, l’amidonnier, et un reste de légumineuse (Brkojewitsch et al. 2010, Maire et al. 2013). Sur le site de Marly « RD 113 » deux silos (structures 2 et 4), datées du Néolithique moyen ou final ont été analysés. Les données carpologiques (179 carporestes) montrent que la principale céréale cultivée est l’amidonnier et l’engrain l’accompagne en plus faible quantité. Un reste de blé nu est également présent. Les plantes sauvages représentées sont le chénopode blanc, la vesce hérissée ou vesce à quatre graines (Vicia hirsuta/tetrasperma agg.) et la lampsane commune (Wiethold 2009).

Tabl. 30 – Synthèse des résultats carpologiques par période chronologique, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

Tabl. 30 – Synthèse des résultats carpologiques par période chronologique, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).

agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.

L. Berrio, J. Wiethold

344Bien qu’il existe certaines similitudes entre les assemblages carpologiques de ces trois sites et Saint-Julien-lès-Metz, notamment les espèces des céréales cultivées présentes ainsi que la présence anecdotique des légumineuses et l’absence des plantes utilitaires, il est à noter la différence de représentativité des céréales cultivées sur chacun des sites. À Marly « Sur le chemin de Grosyeux », les céréales les mieux représentées dans les assemblages datés du Grossgartach et de l’épi-Rössen sont les blés vêtus (engrain et amidonnier), accompagnés en faible quantité par les céréales nues (blé nu et orge nue). À Marly « RD 113 », les céréales les mieux représentées dans l’assemblage daté du Néolithique moyen ou final sont les blés vêtus (amidonnier et engrain), accompagnés en faible quantité par le blé nu. Les légumineuses, les plantes utilitaires et les plantes de cueillette sont absentes. À Laquenexy « Entre deux cours », la seule céréale attestée est l’amidonnier. En revanche, à Saint-Julien-lès-Metz, la céréale prédominante dans les assemblages datés du Grossgartach et du Bischheim est le blé nu, accompagné en faible quantité par l’amidonnier au Grossgartach et par l’orge nue et l’amidonnier à partir du Bischheim.

345Toutes les céréales mentionnées ci-dessus sont des denrées de base des sociétés néolithiques. Certaines plantes domestiquées pour la première fois au Proche-Orient ont été introduites en Europe lors des vagues de migration néolithiques.

346En Europe centrale, puis nord-occidentale, l’économie végétale rubanée comptait un spectre assez réduit de plantes cultivées. Parmi ces plantes, nous trouvons deux légumineuses, le pois et la lentille, deux plantes utilitaires (oléagineuses et textiles), le lin cultivé et le pavot somnifère, et cinq céréales : l’amidonnier, l’engrain, l’orge vêtue, l’orge nue et le blé nu. L’amidonnier et l’engrain sont systématiquement présents dans les sites rubanés septentrionaux (Bakels 1984, 1990, Bakels et Rousselle 1985). Concernant l’orge polystique nue, la littérature du Rubané de l’est du Rhin ne mentionne cette céréale qu’entre ce fleuve et l’Elbe. Sa culture est attestée en Allemagne, dans le Rubané du Neckar et en général en Allemagne sud-occidentale (Bakels 1995). Mis à part les sites de la vallée de l’Aisne (Bakels 1995), cette céréale est peu connue à l’ouest du Rhin. En Moyenne-Belgique, elle ne se trouve qu’à Aubechies « Coron-Maton » (Bakels et al. 2010), très à l’ouest dans le Hainaut. Pour ce qui est du Rubané rhéno-mosan, l’orge polystique nue est présente en petit nombre sur les sites belges de Wange-Neerhespenveld et d’Overhespen-Sint Annavelded (Bakels 1992), ainsi que sur les sites allemands de Langweiler 8 (Knörzer 1988) et d’Erkelenz-Kückhoven en Rhénanie-Westphalie du Nord (Knörzer 1998, p. 232). En contexte rubané le long de la Moselle, l’orge polystique nue était jusqu’alors pratiquement inconnue (Jadin et Heim 2003). Seul le site de Marainville-sur-Madon « Sous le Chemin de Naviot » fait figure d’exception, où sa présence est remarquable (Berrio 2012). En revanche, l’agriculture cardiale du Midi repose, pour l’essentiel, sur l’exploitation de l’orge polystique nue et du blé nu (Marinval 1990). Cette céréale a été attestée sur les sites de Châteauneuf-les-Martigues « Font des Pigeons » (Bouches-du-Rhône) et de Salernes « La Baume Fontbrégoua » dans le Var (Marinval 1988). En contexte cardial espagnol, elle est majoritaire à Coveta de l’Or et est présente à Cueva de los Murciélagos (Hopf 1991, Zohary, Hopf 2000). Quant à l’orge polystique vêtue, sa présence est attestée à l’est du Rhin sur à peu près 10 % des sites rubanés en Allemagne septentrionale (Jadin et Heim 2003). À l’ouest du fleuve, deux mentions de cette céréale sont disponibles. Nous pouvons citer le site rubané moyen de Soultz-Florival dans le Haut-Rhin (Logel et Schaal 2010) et le site rubané final de Colombelles dans le Calvados (Dietsch-Sellami 2004). En contexte cardial espagnol, l’orge vêtue est également présente et occupe une place prédominante en Italie (Jadin et Heim 2003, p. 381). Enfin, en ce qui concerne le blé nu, il a été attesté que sur une petite minorité de sites parmi les nombreux sites rubanés étudiés en Europe nord-occidentale et centrale. D’après une comparaison entre les assemblages de plantes cultivées du Rubané et du Néolithique bulgare (Kreuz et al. 2005) ont constaté la présence de blé nu sur les sites appartenant à la culture Karanovo et au complexe Starčevo-Körös-Čris. Sur les 33 sites rubanés allemands et autrichiens étudiés, aucun d’entre eux n’a présenté des restes de cette céréale. En revanche, parmi les six sites néolithiques bulgares analysés, le blé nu en est présent sur cinq : Kovačevo, Slatina, Gâlâbnik, Kapitan Dimitrievo et Karanovo. Il est important de noter que, sur ce dernier, le blé nu est présent dans toutes les phases d’habitation du site. Dans le Rubané de l’est du Rhin, seulement quatre sites ayant livré du blé nu peuvent être cités (Bakels 1997, Bakels et al. 2010) : Göttingen où quatre grains de blé nu ont été mis au jour (Meyer et Willerding 1961), Hain où quelques grains ont été attestés (Nötzold 1982), Erkelenz-Kückhoven (Knörzer 1998), et Stúrova où une quantité assez importante de cette céréale est présente (Hajnalova 1983). Dernièrement un cinquième site, Schkeuditz-Altscherbitz, est venu joindre cet ensemble (Herbig 2010). À l’ouest du Rhin, le site de Marainville-sur-Madon « Sous le chemin de Naviot » joue un rôle important. Ce site jouit d’une position géographique importante, qui fait de lui un maillon entre la Moselle, d’autres groupes occupant le Bassin parisien et les populations de l’est du Rhin. Les résultats des analyses carpologiques du site ont livré des quantités très importantes de blé nu identifié comme Triticum aestivum l.s./durum/turgidum. Cependant, il est à noter la présence de quelques rares fragments de rachis de Triticum aestivum s.l. dans la fosse structure 242 (maison M2), les trous de poteau de tierce structures 325 et 341 (maison M3) et les trous de poteau de paroi structure 327 et 328 (maison M3). Ces résultats suggèrent que les caryopses appartiennent également à cette espèce de blé nu tétraploïde (Berrio 2023). Le monde méditerranéen, quant à lui, connaît le blé nu depuis le Cardial. Il est présent en Italie, sur les sites de Coppa Nevigata et Tippa Tetta (Constantini et Stancanelli 1994 in Buxó, Piqué 2008), ainsi qu’en Grèce. Cette céréale a également été identifiée par A. Ballouche et Ph. Marinval (Ballouche et Marinval 2003) sur le site de Kaf Taht el-Ghar (Maroc). Tous ces résultats se rejoignent sur le fait que, dans ces régions, l’agriculture repose plus sur l’exploitation de l’amidonnier et de l’engrain que sur celle du blé nu. Bien que ces résultats puissent être mis en parallèle avec les données carpologiques de la Méditerranée occidentale, les proportions divergent. Tel est le cas de la France méridionale où l’exploitation du blé nu prédomine (Marinval 1988, Ballouche et Marinval 2003, p. 53), ainsi que du site espagnol de La Draga en Catalogne (Buxó et Piqué 2008). Il est également présent en moindre quantité sur d’autres sites espagnols tels que Coveta de l’Or et Cueva de los Murciélagos (Hopf 1991, Zohary et Hopf 2000).

347À partir du Néolithique moyen, le spectre des céréales cultivées présente quelques évolutions. Les blés vêtus persistent, mais la fréquence des céréales à grains nus devient plus importante sur les sites datés du Grossgartach et du Rössen. Nous pouvons citer quelques sites. À l’est du Rhin, l’orge nue a été attestée sur le site Grossgartach de Endersbach. Ensuite, les sites rössen de Deiringsen/Ruploh et Ur-Fulerum ont livré de l’orge nue et les sites de Heilbronn et Wahlitz ont livré aussi bien de l’orge nue que du blé nu (Bakels 1990). À l’ouest du Rhin, le site Rosheim-Helmbacher, daté du Grossgartach, a livré du blé nu. Le site rössen de Inden 3 a livré de l’orge nue et les sites rössen de Langweiler, Inden 1 et Aldenhoven ont livré aussi bien de l’orge nue que du blé nu (Bakels 1990). Plus vers le sud, tel que nous l’avons déjà évoqué, le site de Marly « Sur le chemin de Grosyeux » (Bonnaire 2011) a livré de l’orge nue et du blé nu et le site de Marly « RD 113 » (Wiethold 2009) a livré du blé nu. Plus intéressant encore, à Saint-Julien-lès-Metz, le blé nu est la céréale prédominante dans les assemblages datés du Grossgartach et du Bischheim et l’orge nue est attestée à partir du Bischheim. De même, la présence des céréales nues constitue un trait caractéristique des sites néolithiques moyen du nord-ouest de la France, où l’apparition du blé nu semble même remonter à la fin du Villeneuve–Saint-Germain pour ensuite occuper une place prépondérante au Néolithique moyen II (Dietsch-Sellami 2004).

348Au Néolithique final, l’agriculture continue de reposer sur les mêmes céréales. En Lorraine, le blé nu prédomine sur le site de Pont-à-Mousson « Devant Poncé/La Clausse ». Sur le site Michelsberg de l’aéroport de Lorraine « Zone D », l’amidonnier prédomine et le blé nu est présent (Wiethold 2009). À Marly « Sur le chemin de Grosyeux » l’engrain semble un peu moins dominant qu’au Néolithique moyen, mais l’amidonnier, l’orge nue et le blé nu sont toujours présents (Bonnaire 2011). Les résultats d’une étude comparative réalisée par S. Karg et T. Märkle (2002) sur les sites lacustres du lac de Neuchâtel dans l’ouest de la Suisse, parmi lesquels Concise-sous-Colachoz, Yverdon et Saint-Blaise, montrent qu’à Concise-sous-Colachoz il y a eu une « spécialisation » de la culture de l’engrain au Néolithique final, le blé nu occupait une place secondaire alors que l’amidonnier et l’orge nue étaient minoritaires. À Yverdon, en ordre d’importance, les céréales attestées sont l’amidonnier, l’orge nue, le blé nu et l’engrain et à Saint-Blaise les céréales présentes sont l’orge nue, l’amidonnier, le blé nu et l’engrain (Karg et Märkle 2002). Une étude comparative récente sur une trentaine de sites datés du Michelsberg conclut que ces populations comptaient un spectre très réduit de plantes cultivées, composé d’orge, de blé nu, d’amidonnier et d’engrain. Le blé nu cultivé par ces groupes semble être la forme tétraploïde, très probablement empruntée aux populations précédentes de tradition Bischheim. Les données concernant les légumineuses et les plantes sauvages sont très faibles (Kreuz et al. 2014). En France septentrionale, les données présentent une nette rupture avec le Néolithique moyen avec le remplacement des céréales à grains nus par les céréales à grains vêtues au Néolithique final (Dietsch-Sellami 2004).

349Enfin, les données carpologiques attribuées au Campaniforme présentent quelques changements intéressants par rapport aux périodes précédentes. Il est important de signaler la prédominance des plantes sauvages, l’importance des plantes de cueillette et la place secondaire des céréales. Quant aux légumineuses cultivées, elles restent aussi mal représentées que dans les périodes précédentes. Parmi les céréales, il est à noter que l’amidonnier devient l’espèce principale et que l’épeautre fait son apparition dans le spectre en deuxième place. En revanche, le blé nu perd son importance et n’occupe que la troisième place. L’orge polystique vêtue apparaît dans le spectre et l’orge polystique nue est présente de façon anecdotique. Les restes en provenance de la structure de combustion 24 sont peu nombreux et limités en nombre de taxons représentés. Seule une plante de cueillette, la yèble, et deux taxons de plantes sauvages, le chénopode blanc et la fumeterre sont attestés. Un seul échantillon a livré également un reste de blé nu, un reste de légumineuse indéterminée et un reste d’églantier. En revanche, le silo structure 23 présente une diversité taxinomique assez intéressante comprenant des céréales, des plantes de cueillette et des plantes sauvages. Quoi qu’il en soit, aussi bien pour le silo que pour la structure de combustion, le spectre des plantes est très caractéristique des dépôts secondaires de type « rejet » qui auraient brûlé ailleurs. L’agriculture continue de reposer sur les mêmes céréales, mais une nouvelle plante fait son apparition : l’épeautre. Ceci représente un changement majeur si l’on tient compte de sa place prédominante, notamment dans l’assemblage du site de Cortaillod/Sur les Rochettes-est (Akeret 2005). Par ailleurs, une quantité considérable d’épeautre a été trouvée sur le site campaniforme de Brd. Gram, Vojens au Danemark (Robinson 2003), dont la maison V, daté entre 2640 et 2200 av. n.è. est plus ou moins contemporaine avec le site de Cortaillod/Sur les Rochettes-est, bien qu’aucun artefact campaniforme n’y ait été mis au jour. Dans ce bâtiment, une couche de carporestes carbonisés a livré de l’orge nue, de l’amidonnier en moindre quantité et une quantité non négligeable d’épeautre. Ces données permettent de conclure que l’épeautre était très probablement cultivé sur ce site (Akeret 2005). Basé sur ces observations, O. Akeret (2005) propose une date de début de la culture de l’épeautre dans certains endroits d’Europe nord alpin, située aux alentours de 2300 av. n.è. C’est dans ce contexte que le spectre carpologique daté du Campaniforme du site de Saint-Julien-lès-Metz prend de l’importance. Le silo structure 23 a fait l’objet de datations radiocarbones sur des fragments de charbon de bois. Ainsi, l’utilisation du silo, ou tout du moins son comblement inférieur est à placer entre 2287/2047 av. n.è. Il a livré une dizaine de grains d’épeautre, sept grains ont été identifiés comme étant probablement de l’épeautre et quatre grains peuvent être soit de l’épeautre, soit de l’amidonnier. Par ailleurs, l’épeautre occupe la deuxième place de l’assemblage des céréales (12 %) derrière l’amidonnier (25 %), ce qui permet d’affirmer qu’il s’agissait d’une céréale cultivée jouant un rôle important dans l’économie végétale. La période d’utilisation de ce silo structure 23 étant légèrement plus tardive que la date proposée de début de la culture de l’épeautre par O. Akeret (2005), les données de Saint-Julien-lès-Metz ne sont donc pas les plus anciennes, mais elles viennent toutefois étoffer le corpus des données disponibles concernant cette problématique et conforte l’hypothèse d’un début de la culture de l’épeautre aux alentours du dernier quart du IIIe millénaire av. n.è. en Europe nord alpin.

350En ce qui concerne le Campaniforme, les études carpologiques disponibles dans l’est de la France sont également peu nombreuses et peu représentatives. Nous pouvons mentionner les sites de Basse-Ham « Mittelhaid », de Jouy-aux-Arches « La Machotte » et de l’aéroport régional de Lorraine « Zone G », dont le matériel carpologique a été étudié, respectivement, par A. de Hingh, C. Bakels et J. Wiethold.

351Le site de Basse-Ham a livré une fosse structure 36 et un silo structure 251 datés du Campaniforme. Parmi les neuf carporestes analysés, la seule céréale attestée est l’amidonnier. Les légumineuses et plantes utilitaires sont absentes. Les plantes de cueillette attestées sont le noisetier et les plantes sauvages représentées sont l’iris jaune (Iris pseudacorus) et le chénopode blanc (de Hingh 2000).

352Sur le site de Jouy-aux-Arches, a été mise au jour une fosse structure 4011 datée du Campaniforme final. Les données carpologiques (190 carporestes) ont livré exclusivement des plantes de cueillette, dont le noisetier, le prunellier et le yèble (de Hingh 2000).

353Le site de l’aéroport régional de Lorraine « Zone G », a livré un silo structure 8199 daté du Campaniforme final. Un seul carporeste a été identifié et appartient à la mauvaise herbe gaillet gratteron (Wiethold 2009).

354Il est intéressant de noter la prédominance des plantes sauvages et de cueillette dans les assemblages datés du Campaniforme, y compris celui de Saint-Julien-lès-Metz. Bien qu’assez mal représentées, les céréales montrent une prédominance de l’amidonnier sur les deux sites où elles sont présentes. Un point important à évoquer est l’apparition de l’orge vêtue et de l’épeautre dans les assemblages.

355Les données concernant les structures de stockage et de combustion ne nous permettent pas d’affirmer si elles sont fonctionnellement complémentaires, si elles forment un dispositif « complet » pour la cuisson de végétaux dans le cadre de l’équipement de la maison. L’apport principal de l’occupation campaniforme concerne les connaissances sur l’économie végétale et les pratiques alimentaires avec l’adoption d’une nouvelle espèce de céréale, l’épeautre.

356Enfin nous nous sommes interrogés sur une éventuelle production de bière à Saint-Julien-lès-Metz en raison de la présence d’orge ou même de blé amidonnier. Les Natoufiens, dans la grotte de Raqefet en Israël, ont déjà fabriqué une boisson fermentée à base de céréales, une sorte de bière. Le site est daté de 13 000 ans av. n.è. On trouve des traces de production de bière durant tout le Néolithique (Liu et al. 2018, Bélanger 2019). Les grains d’orge trouvés à Saint-Julien-lès-Metz ne portent pas de traces de germination, indicateur d’un maltage (cf. infra). L’utilisation de l’orge pour la fabrication de la bière n’est pas exclue à Saint-Julien-lès-Metz, mais elle reste complètement hypothétique.

357Les données du site de Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » viennent étoffer le corpus carpologique régional et permettent d’enrichir un peu plus les connaissances sur l’économie végétale du Néolithique moyen et du Campaniforme dans l’est de la France. L’étude du matériel en provenance de 205 échantillons issus de 69 structures archéologiques attribuées à trois périodes chronologiques (Grossgartach, Rössen et Campaniforme), ayant livré 1 348 carporestes, a permis de mettre en évidence l’évolution des pratiques alimentaires, telles que l’importance des céréales à grains nus au Néolithique moyen et l’adoption d’une nouvelle espèce de céréale, l’épeautre, au Campaniforme. Par ailleurs, les données du site de Saint-Julien-lès-Metz font un apport important à la problématique concernant le début de la culture de l’épeautre, renforçant l’hypothèse d’une date aux alentours du dernier quart du IIIe millénaire av. n.è. en Europe nord alpin.

Saint-Julien-lès-Metz s’inscrit dans un vaste réseau d’échanges au Néolithique moyen

358Ainsi, les différentes catégories de mobilier découvertes à Saint-Julien-lès-Metz sont intégrées dans de vastes réseaux d’échanges que ce soit dans les domaines artisanaux ou culturels. Le site apparaît, au Grossgartach comme au Bischheim, loin d’être isolé comme le suggère le mobilier détritique dont les provenances délimitent un vaste territoire. Le plus grand nombre d’objets montrent des origines lointaines à trouver vers l’ouest (Bassin parisien) avec des distances d’approvisionnement pouvant atteindre jusqu’à 250 km et vers l’est entre 100 et 150 km environ (bassin du Rhin et massif vosgien). Les échanges avec le nord (silex crétacé belgo-hollandais) durant le Grossgartach s’avèrent limités avec des distances de 180 km au maximum, tandis qu’ils s’interrompent au Bischheim. C’est à ce moment-là que de nouveaux matériaux font leur apparition, quoiqu’en faible quantité, en provenance du sud (Haute-Saône) et situés à 200 km de Saint-Julien-lès-Metz. Cette ambivalence entre l’ouest et l’est peut se matérialiser également au travers des armatures asymétriques à base concave du Grossgartach qui montrent leur parenté avec celles du Bassin parisien, tandis que les armatures triangulaires du Bischheim ont, quant à elles, des affinités avec les exemplaires alsaciens. Concernant le mobilier macrolithique, on remarque également que l’abraseur à cupule, outil caractéristique du Néolithique moyen, est courant dans les sites du nord-est de la France et de l’Allemagne de l’Ouest.

359Quant à la série céramique Grossgartach de Saint-Julien-lès-Metz, elle est la plus importante aujourd’hui disponible en Moselle et compte environ 400 tessons. Le mobilier céramique semble suivre les mêmes réseaux d’approvisionnement mis en place pour les silicites et roches tenaces avec des influences orientales et occidentales. Les vases Grossgartach de Saint-Julien-lès-Metz soulignent que la moyenne Moselle française est, au Ve millénaire, culturellement rattachée à la séquence Grossgartach-Rössen-Bischheim (rhénan), elle marque la frontière occidentale de l’aire de répartition de ces groupes culturels. Quant aux vases Bischheim, il faut insister sur le soin apporté au montage et à la finition des petits gobelets décorés qui les classent parmi les productions les plus soignées du Néolithique d’Europe occidentale. L’essentiel des caractéristiques rentre parfaitement dans la variabilité connue des productions du Bischheim rhénan (Jeunesse et al. 2003, p. 65-103). Néanmoins, certains décors sont plus difficiles à classer, s’agit-il d’importations en provenance du Bischheim occidental en contexte Bischheim rhénan, d’importations en provenance du Bassin parisien ou d’une production locale qui serait à l’image du BORS en Basse-Alsace une sorte de BOM, Bischheim occidental de Moselle ?

360Si l’on considère les éléments de parure découverts à Saint-Julien-lès-Metz, on retrouve là aussi les mêmes réseaux est-ouest. Le bracelet en céramique et les anneaux étroits en céramique montrent des parentés avec des exemplaires connus dans le Bassin parisien au Rubané et Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain. En revanche, les canines de suidés de Saint-Julien-lès-Metz ont des points communs avec celles trouvées sur plusieurs sites du Bassin rhénan.

361Ainsi, on observe l’insertion du site néolithique de Saint-Julien-lès-Metz au sein de réseaux de circulation à courte et longue distances et son implication dans des relations privilégiées avec le Bassin parisien et les régions rhénanes. En revanche, les échanges avec le nord ou le sud s’avèrent des plus limités.

Conclusion

362La fouille du site de Saint-Julien-lès-Metz est ancienne, mais sa publication a permis la reprise complète des études des différentes catégories de mobilier, bénéficiant des plus récentes avancées et recherches qui ont contribué à l’enrichissement des connaissances entre le Ve et le IIIe millénaire de la moitié nord de la France.

363Depuis les 25 années qui nous séparent de l’opération de fouille, nous avons assisté à une augmentation très importante du nombre de sites néolithiques exhumés, et ceci grâce à l’archéologie préventive. Néanmoins, force est de constater que le site de Saint-Julien-lès-Metz apparaît encore sans équivalent en Lorraine et notamment pour le Grossgartach. C’est le seul, à ce jour, à associer maisons et fosses polylobées, l’ensemble se rapportant à un habitat illustrant plusieurs fonctions à savoir le domaine économique, domestique et symbolique. Ce gisement reste majeur pour le Néolithique en contribuant à l’enrichissement des connaissances sur des aspects économiques du Bischheim et de l’économie végétale et des pratiques alimentaires pour le Campaniforme. L’occupation s’insère dans un contexte local constitué d’une petite dizaine de sites datés du Grossgartach moyen et Grossgartach récent/final, d’une trentaine de sites Rössen dont six pour l’épi-Rössen, tandis que le Néolithique final livre une quarantaine d’habitats du Campaniforme.

364Saint-Julien-lès-Metz constitue par conséquent un site de référence pour la connaissance des habitats en plateau de la première et deuxième partie du Néolithique moyen et du Néolithique final pour la Lorraine et l’est de la France.

Nous tenons à remercier Pierre Pétrequin pour l’identification de la phyllade et Michel Mauvilly, Chef du secteur Pré- et Protohistoire auprès du Service archéologique de l’État de Fribourg (Suisse) concernant les informations sur les coins perforés. Merci également à Jean-Paul Farruggia (CNRS), Mike Ilet (Université de Panthéon-Sorbonne, Paris), et Marion Lichardus (Université de Panthéon-Sorbonne, Paris) pour leur aide désintéressée. Cet article n’aurait jamais vu le jour sans l’équipe de fouille et de post-fouille que nous remercions ici : Frédéric Adam, Sabine Baccega, Lonny Bourada, Jean-Charles Brénon, Paul Brunet, Blandine Daux, Sophie Galland, Pascal Gheller, Christelle Faye, Thomas Le Saint-Quinio, Rachel Prouteau, Laurent Thomashausen et un salut tout particulier à un collègue et ami qui nous a quitté dans des circonstances dramatiques et auquel nous dédions cet article : Jacky Dolata. Cette publication a été soumise à de nombreux aléas qui ont ralenti l’aboutissement de ce projet commencé depuis plusieurs années, nous ne citerons que la pandémie de la Covid qui a interrompu la dynamique des corrections demandées par les rapporteurs de la revue en 2020.

Haut de page

Bibliographie

Affolter J. 2002 – Provenance des silex préhistoriques du Jura et des régions limitrophes, Neuchâtel, Service et Musée cantonal d’archéologie (Archéologie neuchâteloise 28), 341 p.

Affolter J., Wehren H., Emmenegger L. 2022 – Determination method of silicites (siliceous raw materials): An explanation based on four selected raw materials, Quaternary International, 615, p. 33‑42.

Akeret Ö. 2005 – Plant remains from a Bell Beaker site in Switzerland, and the beginnings of Triticum spelta (spelt) cultivation in Europe, in Buxó R., Jacomet S., Bittmann F. (dir.), Special issue. Interaction between Man and Plants. New Progress in Archaeobotanical Research, New York, Springer (Vegetation History and Archaeobotany 14), p. 279‑286.

Allard P., Dubouloz J., Hachem L. 1997 – Premiers éléments sur cinq tombes rubanées à Berry-au-Bac (Aisne-France) : principaux apports à l’étude du rituel funéraire danubien occidental, in Jeunesse C. (dir.), Le Néolithique danubien et ses marges entre Rhin et Seine, Actes du 22e colloque interrégional sur le Néolithique, Strasbourg 27-29 octobre 1995, Zimmersheim, Association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace (Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, suppl. 3), p. 31‑43.

Asselin G. 2014 – Industries lithiques du Néolithique moyen en moyenne Moselle : étude comparée de trois ensembles provenant de la région de Metz, Revue archéologique de l’Est, 63, p. 5‑24.

Asselin G., Le Brun-Ricalens F. 2017 – Entre bassin rhénan et Bassin parisien, le Néolithique moyen luxembourgeois et lorrain à travers son industrie en silex, in Koch M. (dir.) Internationales Symposium zur Archäologie in der Großregion in der Europäischen Akademie Otzenhausen 14-17 April 2016, Nonnweiler, Europäische Akademie Otzenhausen (Archäologentage Otzenhausen 3), p. 273-296.

Augereau A. 2008 – Territoires techniques et économiques au Néolithique dans le Bassin parisien, Archéopages, 21, p. 16‑21.

Augereau A., Bostyn F., Hauzeur A., Imbeaux M., de Labriffe P.-A., Martineau R., Affolter J. 2021 – L’exploitation du silex au Néolithique dans le Pays d’Othe (Aube) et les marais de Saint-Gond (Marne) : des systèmes d’extraction à la diffusion des produits, in Odille C., Marty M., Riquier V. (dir.), L’Aube, un espace clé sur le cours de la Seine, Actes du colloque ArkéAube, Troyes, 17-19 septembre 2019, Gand, Éditions Snoeck, p. 58‑72.

Bakaj B., Boës É., Jeunesse C., Mauvilly M., Zehner M., Lefranc P. 1998 – La nécropole Néolithique moyen de Rosheim Rosenmeer, fouilles 1998, Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, 14, p. 45‑106.

Bakels C.C. 1984 – Carbonized seeds from Northern France, Analecta Praehistorica Leidensia, 17, p. 1‑27.

Bakels C.C., Rousselle R. 1985 – Restes botaniques et agriculture du Néolithique ancien en Belgique et aux Pays-Bas, Helinium, 25, p. 46‑56.

Bakels C.C. 1990 – The crops of the Rössen culture: significantly different from their Bandkeramik predecessors - French influence?, in Cahen D., Otte M. (dir.), Rubané et Cardial. Actes du colloque international de Liège, novembre 1988, Liège, Université de Liège (Études et recherches archéologiques de l’Université de Liège 39), p. 83‑87.

Bakels C.C. 1992 – The botanical shadow of two early Neolithic settlements in Belgium: carbonized seeds and disturbances in a pollen record, in Pals J.-P., Buurman J., van der Veen M. (dir.), Festschrift for Professor van Zeist, Amsterdam, Elsevier (Review of Paleobotany and Palynology 73), p. 1‑19.

Bakels C.C. 1995 – Les restes carbonisés de graines et de fruits, in Ilett M., Plateaux M. (dir.), Le site néolithique de Berry-au-Bac « Le Chemin de la Pêcherie » (Aisne), Paris, CNRS Éditions (Monographies du CRA 15), p. 142‑143.

Bakels C.C. 1997 – Le blé dans la culture de Cerny, in Constantin C., Mordant D., Simonin D. (dir.), La culture de Cerny, nouvelle économie, nouvelle société au Néolithique, Actes du colloque international de Nemours, 9-10-11 mai 1994, Paris, Association pour la promotion de la recherche archéologique en Île-de-France (Mémoires du Musée de Préhistoire d’Île-de-France, 6), p. 315‑317.

Bakels C.C., Constantin C., Allard P., Demarez L., Auxiette G. 2010 – Les macrorestes végétaux dans Le site rubané d’Aubechies « Coron-Maton » (Hainaut) : fouilles de 1984 à 2002, in Burnez-Lanotte L., Constantin C., Hauzeur A. (dir.), Le Néolithique ancien de Belgique, sites du Hainaut et de Hesbaye, Amay, Cercle archéologique Hesbaye-Condroz (Bulletin du cercle archéologique Hesbaye-Condroz 30), p. 5‑111.

Ballouche A., Marinval P. 2003 – Données palynologiques et carpologiques sur la domestication des plantes et l’agriculture dans le Néolithique ancien du Maroc septentrional (site de Kaf Taht el-Ghar), Revue d’Archéométrie, 27, p. 49‑54.

Beeching A., Brochier J.-L., Rimbault S., Vital J. 2010 – Les sites à fosses circulaires du Néolithique et de l’âge du Bronze en moyenne vallée du Rhône : approches typologiques et fonctionnelles, implications économiques et sociales, in Beeching A., Thirault E., Vital J. (dir.), Économie et société à la fin de la Préhistoire. Actualité de la recherche, Actes des 7e Rencontres méridionales de Préhistoire récente tenues à Bron (Rhône), les 3 et 4 novembre 2006, Lyon, Association de liaison pour le patrimoine et l’archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne, Maison de l’Orient et de la Méditerranée (Documents d’archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne 34), p. 147‑169.

Behrens H. 1973 – Die Jungsteinzeit im Mittelelbe-Saale-Gebiet, Berlin, VEB Deutscher Verlag der Wissenschaften (Veröffentlichungen des Landesmuseums für Vorgeschichte in Halle 27), 366 p.

Bélanger M.-S. 2019 – Le Nouvel âge de la bière : l’alcool au Néolithique moyen de la Caverna delle Arene Candide, thèse de maîtrise, Montréal, Université de Montréal, Département d’anthropologie, Faculté des arts et des sciences, 148 p.

Berrio L. 2012 – Économie végétale et alimentation en Lorraine au Néolithique ancien. Étude carpologique du site rubané de Marainville-sur-Madon « sous le chemin de Naviot » (Vosges), mémoire du master, Paris, Université Paris I-Panthéon-Sorbonne, UFR d’Histoire et d’archéologie, 2 vol., 170 p. et 50 p.

Berrio L. 2023 – Carporestes et espaces domestiques néolithiques. Étude spatiale multiscalaire des données carpologiques du Néolithique ancien au Néolithique récent (5300-3500 av. n. è) dans la moyenne vallée de la Moselle, vol. 1 : Problématiques méthodes résultats et discussion, thèse de doctorat, Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UFR Histoire de l’art et archéologie, École doctorale d’archéologie ED 112, 815 p.

Biermann E. 2003 [2001] – Alt-und Mittelneolithikum in Mitteleuropa. Untersuchungen zur Verbreitung verschiedener Artefakt-und Materialgruppen und zu Hinweisen auf regionale Tradierungen, Cologne, Rheinland-Archäologie, 2 vol., 683 p.

Billard C., Desard B., Lajoie G. 1993 – Éléments sur le peuplement de la basse vallée de la Seine à partir de l’étude de matériaux de dragage, Revue archéologique de l’Ouest, 10, p. 55‑87.

Blatter R., Jacomet S., Schlumbaum A. 2004 – About the origin of European spelt (Triticum spelta L.): allelic differentiation of the HMW Glutenin B1-1 and A1-2 subunit genes, Theoretical and Applied Genetics, 108 (2), p. 360‑367, [en ligne] https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.1007/s00122-003-1441-7

Blouet V. 1993 – La place du Néolithique moyen de Lorraine dans la chronologie rhénane, in Le Néolithique du nord-est de la France et des régions limitrophes, Actes du XIIIe colloque interrégional sur le Néolithique du 10-12 octobre 1986, Metz 1986, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme (Documents d’archéologie française 41), p. 60‑61.

Blouet V., Decker É. 1993 – Le Rubané en Lorraine, in Le Néolithique du nord-est de la France et des régions limitrophes, Actes du XIIIe colloque interrégional sur le Néolithique du 10-12 octobre 1986, Metz 1986, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme (Documents d’archéologie française, 41), p. 84‑93.

Blouet V., Bour J.-Y., Klag T., Laffite J.-D., Petitdidier M.-P., Thomashausen L., Vanmœrkerke J. 2007 – Le Néolithique moyen de la Moyenne Moselle français, in Le Brun-Ricalens F., Valotteau F., Hauzeur A. (dir.), Relations interrégionales au Néolithique entre Bassin parisien et Bassin rhénan, Actes du 26e colloque interrégional sur le Néolithique, Luxembourg, du 8 et 9 novembre 2003, Luxembourg, Musée national d’histoire et d’art du Luxembourg (Archaeologia Mosellana 7), p. 319‑341.

Blouet V., Decker É., Petitdidier M.-P., Thomashausen L. 2009 – L’approvisionnement en matériaux siliceux du Rubané de Lorraine, in Le Brun-Ricalens F., Valotteau F., Hauzeur A. (dir.), Relations interrégionales au Néolithique entre Bassin parisien et Bassin rhénan, Actes du 26e colloque interrégional sur le Néolithique, Luxembourg, du 8 et 9 novembre 2003, Luxembourg : Musée national d’histoire et d’art du Luxembourg (Archaeologia Mosellana, 7), p. 89‑98.

Blouet V., Klag T., Petitdidier M.-P., Thomashausen L. avec la coll. de Decker É., Constantin C., Ilett M., Belland G., Bouvret C., Gambs A. 2013 – Le néolithique ancien en Lorraine, Paris, Société préhistorique française (Mémoire de la Société préhistorique française, 55), 2 vol., 377 p. et 360 p.

Blouet V., Brénon J.-C., Franck J., Klag T., Koenig M. -P., Pernot P., Petitdidier M. -P., Thiériot F., Thomashausen L., Vanmœrkerke J. 2019 – Le troisième millénaire entre la Sarre et la Meuse française, in Montoya C., Fagnart J.-P., Locht J.-L., (dir.), Préhistoire de l’Europe du Nord-Ouest : mobilités, climats et identités culturelles, vol. 3, XXVIIIe Congrès préhistorique de France. Amiens, des 30 mai-4 juin 2016, Amiens, Société préhistorique française avec le concours du ministère de la Culture, de l’Inrap, de la communauté d’agglomération d’Amiens métropole et des conseils départementaux de la Somme et de l’Oise, p. 321‑344.

Blouet V., Vanmœrkerke J. (dir.) 2008 – Projet collectif de recherche : « Culture, population et occupation du sol ». La Lorraine et la frange orientale de la Champagne-Ardennes entre -2500 et -1500 avant notre ère, Partie 1 : Bilan et perspectives, rapport du projet collectif de recherche 2008, Metz, Inrap Grand Est nord, Service régional de l’archéologie de Lorraine, 30 p. et annexes.

Bocquet-Appel J.-P. 2010 – La transition démographique agricole au Néolithique, in Demoule J.-P. (dir.), La révolution néolithique dans le monde, Paris, CNRS Éditions/CNRS Alpha, p. 301‑317.

Bonnaire E. 2011  L’étude carpologique des prélèvements de la fosse polylobée, de trous de poteaux et d’un foyer du site « Sur le chemin de Grosyeux », Marly (57), rapport carpologique, Douai, SRA Nord-Picardie.

Bonnardin S. 2009 – La parure funéraire au Néolithique ancien dans les bassins parisien et rhénan : Rubané, Hinkelstein et Villeneuve–Saint-Germain, Paris, Société préhistorique française (Mémoire de la Société préhistorique française 49), 2 vol., 322 p.

Bostyn F., Arbogast R.-M., Cayol N., Hamon C., Lorin Y., Prodéo F. 2012 – Le site d’habitat Blicquy/Villeneuve–Saint-Germain de Pontpoint « le Fond de Rambourg » (Oise), Gallia Préhistoire, 54 (1), p. 67‑189.

Bostyn F., Negroni S., Amposta A., Bardel D., Bedault L., Bostyn F., Broes F., Buchez N., Convertini F., Dietsch-Sellami M.-F., Fechner K., Hachem L., Henton A., Hulin G., Gasnier M., Loicq S., Maigrot Y., Monchablon C., Negroni S., Praud I., Sadou A.-L., Salavert A., Verdin P., Wattez J. 2014 – Canal Seine-Nord Europe, fouille 12, Saint-Christ-Briost et Villers-Carbonnel (Somme). Des systèmes d’enceintes au Néolithique moyen II, rapport de fouille préventive, Croix-Moligneau, Inrap Canal Seine-Nord Europe, 2 vol., 562 p. et 308 p.

Bostyn F., Lanchon Y., Chambon P. 2018 – Habitat du Néolithique ancien et nécropoles du Néolithique moyen I et II à Vignely « la Porte aux Bergers », Seine-et-Marne, Paris, Société préhistorique française (Mémoires de la Société préhistorique française 64), 453 p.

Brkojewitsch G., Asselin G., Corsiez A., de Lil A., Jouanin G., Maire É., Morel A., Naji S., Trapp J. 2010 – Laquenexy, « entre deux cours », tranche 4. Évolution d’un site rural dans la vallée de la Nied française du Néolithique moyen jusqu’à nos jours. Occupations néolithique moyen, bronze final, gallo-romaine, carolingienne et moderne, rapport final d’opération, Metz, Pôle archéologie préventive Metz métropole, 355 p.

Broes F., Bosquet D. 2007 – Fabrication d’outils de terrassier et creusement des fossés rubanés : de la théorie à la pratique, Notae Praehistoricae, 27, p. 131‑149.

Brunet V., Auxiette G., Baccega S., Brunet P., Prouteau R., Daux B., Dolata J., Le Saint-Quinio T. 2006 – Saint-Julien-lès-Metz (Moselle) « Ferme de Grimont » : Site d’habitat Groβgartach/épi-Roëssen, document final de synthèse, fouille de sauvetage urgent, Metz, Service régional de l’archéologie de Lorraine, 129 p. [en ligne] http://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/014201

Brunet V. 2018 – Deux bâtiments du Néolithique moyen à Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Lorraine, France), in Lemercier O., Sénépart I., Besse M., Mordant C. (dir.), Habitations et Habitat du Néolithique à l’âge du Bronze en France et ses marges, IIe Rencontres Nord-Sud de Préhistoire récente, Dijon 19-21 novembre 2015, Toulouse, Archives d’écologie préhistorique, p. 93‑99.

Brunet V. (dir.) 2021 – Une enceinte du Néolithique moyen II : Méry-sur-Marne, « La Remise » (Seine-et-Marne), Revue archéologique d’Île-de-France, 12, p. 5‑132.

Brunet V. 2022 ‒ Organisation des productions lithiques en silex au Néolithique dans la boucle de Jablines en basse vallée de Marne de la fin du Ve au IIIe millénaire avant notre ère, thèse de doctorat, Paris, Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, inédit, 561 p.

Brunet V., Lanchon Y., Allenet de Ribemont G., Borgnon C., Brunet P., Colas C., Dietsch-Sellami M.-F., Leroyer C., Monchablon C., Pariat J.-G., Polloni A., Hachem L., Salavert A., à paraître – Une enceinte Michelsberg en basse vallée de Marne à Vignely « La Noue Fénard » (77).

Buxó R., Piqué R. 2008 – Arqueobotánica, los usos de las plantas en la península Ibérica, Barcelona, Editorial Ariel (Ariel Prehistoria), 300 p.

Cappers R.T.J., Bekker R.M., Jans J.E.A. 2012 – Digital Seed Atlas of the Netherlands, 2nd edition, Groningen, Barkhuis Publishing & Groningen University Library (Groningen Archaeological Studies 4), 502 p.

Cappers R.T.J., Neef R.-M. 2021 – Handbook of Plant palaeoecology, 2nd edition, Groningen, Barkhuis Publishing & Groningen University Library (Groningen Archaeological Studies 19), 496 p.

Cassen S., Boujot C., Vaquero J. 2000 – Éléments d’architecture : exploration d’un tertre funéraire à Lannec er Gadouer (Erdeven, Morbihan) : constructions et reconstructions dans le Néolithique morbihannais : propositions pour une lecture symbolique, Chauvigny, Association des publications chauvinoises (Mémoire de l’Association des publications chauvignoises 19), 814 p.

Cassen S. 2012 – L’objet possédé, sa représentation : mise en contexte général avec stèles et gravures in Pétrequin P., Cassen S., Errera M., Klassen L., Sheridan A., Pétrequin A.-M. (dir.) Jade, grandes haches alpines du Néolithique européen : Ve et IVe millénaires av. J.-C., vol. 2, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, Centre de recherche archéologique de la vallée de l’Ain (Les cahiers de la MSHE Ledoux), p. 1310‑1353.

Cayol N. 2017 – Passel « Le Vivier ». Une enceinte du Néolithique moyen II, rapport de fouille, Amiens, Inrap Hauts-de-France, 3 vol., 400 p., 368 p. et 194 p.

Cayol N. 2021 – Passel « Le Vivier ». Une enceinte du Néolithique moyen II, in Fromont N., Marchand G., Forré P. (dir.), Statut des objets, des lieux et des Hommes au Néolithique. Actes du 32e colloque interrégional sur Néolithique, Le Mans, 24 et 25 novembre 2017, Chauvigny, Association des publications chauvignoises (Mémoires de l’association des publications chauvignoises 55), p. 173‑187.

Constantin C., Mordant D., Simonin D. 1997 – La culture de Cerny : nouvelle économie, nouvelle société au Néolithique. Actes du colloque international de Nemours, 9-10-11 mai 1994, Nemours, Association pour la promotion de la recherche archéologique en Île-de-France (Mémoires du musée de Préhistoire d’Île-de-France 6), 740 p.

Cottiaux R., Durbet G., Hachem L., Martial E. 2008 – L’enceinte du Néolithique moyen de Maisons-Alfort « ZAC d’Alfort » (Val-de-Marne). Actes de la journée d’information du 22 novembre 2008, InterNéo 7, Paris, Éditions de l’Association pour les Études interrégionales sur le Néolithique (InterNéo), Société préhistorique française, p. 71‑86.

Cottiaux R., Brunet P., Brunet V., Bémilli C., Boulenger L., Charamond C., Duplessis M., Durand J., Durbet G., Hadjouis D., Lanchon Y., Monchablon C. 2014 ‒ Les sites d’habitat du Néolithique récent dans la basse vallée de la Marne, in Cottiaux R., Salanova L. (dir.), La fin du IVe millénaire dans le Bassin parisien, le Néolithique récent entre Seine, Oise et Marne (3500-2900 avant notre ère), Dijon, ARTEHIS Éditions, p. 151‑187, [en ligne] https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rae/7461

Coudart A. 1998 – Architecture et société néolithique : l’unité et la variance de la maison danubienne, Paris, Éditions de la maison des sciences de l’Homme (Documents d’archéologie française 67), 242 p.

Creusillet M.-F., Irribarria R. 2008 – Données récentes sur le Villeneuve–Saint-Germain du sud-ouest du Bassin parisien, in Burnez-Lanotte L., Ilett M., Allard P., Fin des traditions danubiennes dans le Néolithique du Bassin parisien et de la Belgique (5100-4700 av. J.-C.), Société préhistorique française, Paris, Société préhistorique française, Presses universitaires de Namur (Mémoire de la Société préhistorique française 44), p. 163‑180.

Croutsch C., Arbogast R.-M., Leprovost C., Bouquin D., Schneider-Schwein N., Landolt M., Praud I. 2008 – Les sites d’Entzheim « In der Lamm » et de Geispolsheim « Schwobenfeld » (Bas-Rhin) : les occupations du Néolithique moyen et récent, in Giligny F. (dir.), Actes de la journée d’information du 22 novembre 2008, InterNéo 7, Paris, Éditions de l’Association pour les études interrégionales sur le Néolithique (InterNéo), Société préhistorique française, p. 87‑102.

Croutsch C., Affolter J., Duringer P., Fronteau G., Jodry F., Klee J., Kucharski M., Lefranc P., Leprovost C., Locatelli C., Nocus N., Pousset D., Rault E., Rousselet O., Putelat O., Tegel W., Wuscher P. 2016 – Dambach-la-Ville, Bas-Rhin, plateforme d’activités d’Alsace centrale, 2e tranche : Un habitat néolithique de la deuxième moitié du Ve millénaire av. J.-C. et indices d’une occupation de l’âge du Bronze ancien, rapport de fouille préventive, Sélestat, Pôle d’Archéologie interdépartemental rhénan, 2016, 3 vol., 454 p., 245 p. et 354 p.

De Hingh A. 2000 – Food production and food procurement in the Bronze Age and Early Iron Age (2000-500 BC): the organisation of a diversified and intensified agrarian system in the Meuse-Demer-Scheldt region (The Netherlands and Belgium) and the region of the river Moselle (Luxemburg and France), Leiden, Leiden University (Archaeological Studies Leiden University 7), 235 p.

Delvigne V., Fernandes P., Piboule M., Lafarge A., Raynal J.-P. 2016 – Circulation de géomatières sur de longues distances au Paléolithique supérieur : le cas des silex du Turonien du Sud du Bassin parisien, Comptes rendus Palevol, 16 (1), p. 82‑102.

Denaire A. 2009 – Le Néolithique moyen du sud de la plaine du Rhin supérieur et du nord de la Franche-Comté. Les cultures de Hinkelstein, Grossgartach et Rössen au travers de leur production céramique, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg (Monographie d’archéologie du Grand Est), 469 p., 168 pl.

Denaire A., Jeunesse C., Lefranc P. 2011 – Chronologie absolue de la séquence Hinkelstein-Grossgartach-Roessen-Bischheim dans le sud de la plaine du Rhin supérieur et le nord de la Franche-Comté à la lumière des dernières données, in Denaire A., Jeunesse C., Lefranc P. (dir.), Nécropole et enceintes danubiennes du Ve millénaire dans le Nord-Est de la France et le Sud-Ouest de l’Allemagne. Actes de la table ronde internationale de Strasbourg organisée par l’UMR 7044 (CNRS et Université de Strasbourg), Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg (Monographies d’archéologie du Grand Est 5), p. 9‑30.

Denaire A., Barrand H., Broc É., Campaner A. 2013 – Kolbsheim « Vogeseblick » du village du Néolithique ancien à la position de la Bruche de 1914, rapport de fouille, Habsheim, Strasbourg, ANTEA Archéologie, Service régional de l’archéologie de Strasbourg, 2 vol., 701 p.

Denaire A. 2014 – L’habitat Grossgartach d’Ittenheim « Complexe sportif et aire de jeux de la rue de l’Érable » (Bas-Rhin), Cahiers alsaciens d’archéologie, d’art et d’histoire, 57, p. 5‑19.

Denaire A., Lefranc P. 2017 – Chronologie absolue du Néolithique alsacien 53-20e siècles avant J.-C., Cahiers alsaciens d’archéologie, d’art et d’histoire, 57, p. 5‑15.

Denaire A., Lefranc P., Wahl J., Bronk Ramsey C., Dunbar E., Goslar T., Bayliss A., Beavan N., Bickle P., Whittle A. 2017 – The cultural project: Formal chronological modelling of the Early and Middle Neolithic sequence in Lower Alsace, Journal of Archaeological Method and Theory, 24 (4), p. 1072‑1149, [en ligne] https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.1007/s10816-016-9307-x

Denaire A., Lefranc P. 2023 – Le peuplement de la Basse-Alsace du VIe au IVe millénaire. De la colonisation rubanée à la colonisation BORS, in Thirault E., Sénépart I. (dir.), (Im)mobiles ? Circulation, échanges des objets et des idées, mobilités, stabilités des personnes et des groupes durant la Pré- et Protohistoire européenne. Actes de la 3e Rencontres Nord-Sud de Préhistoire récente, Lyon, 29 nov.-1er déc. 2018, Toulouse, Éditions archives d’écologie préhistorique, p. 139‑148.

Denaire A., Mauvilly M. 2012 – Guémar « Rotenberger Weg », première grande nécropole Grossgartach et Roessen (Néolithique moyen) de Haute-Alsace, Actes de la journée d’information du 17 novembre 2012, InterNéo 9, Paris, Éditions de l’Association pour les Études interrégionales sur le Néolithique (InterNéo), Société préhistorique française, p. 73‑85.

Denaire A., Robert F. 2009 – Florange « Avenue de Lorraine ». Un site d’habitat du Néolithique ancien et moyen en Moselle, rapport d’archéologie préventive, Habsheim, ANTEA Archéologie, Metz, Service régional de l’archéologie de Lorraine, 296 p.

Desachy B. 2018 – Le Stratifiant, application de traitement des données stratigraphiques, mode d’emploi versions 0.3.5 et 0.3.7, décembre 2018, Paris, Ministère de la culture et de la communication, Université Paris I-Panthéon-Sorbonne, [en ligne] https://abp.hypotheses.org/3965

Dieckmann B. 1990 – Die Kulturgruppen Wauwil und Strassburg im Kaiserstuhlgebiet, Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, 6, p. 7‑60.

Dietsch-Sellami M.-F. 2004 – L’alternance céréales à grains vêtus, céréales à grains nus au Néolithique : nouvelles données, premières hypothèses, in Actes de la journée d’information du 16 novembre 2002, InterNéo 5, Paris, Éditions de l’Association pour les études interrégionales sur le Néolithique (InterNéo), Société préhistorique française, p. 125‑135.

Donnart K. 2015 – Le macro-outillage dans l’Ouest de la France : pratique économiques et techniques des premières sociétés agropastorales, thèse de doctorat, Rennes, Université de Rennes 1, école doctorale Sciences de la Matière, 2 vol., 659 p. et 213 p.

Dragan R. 1999 – La représentation de l’espace de la société traditionnelle : les mondes renversés, Paris, Éditions L’Harmattan (Connaissance des hommes), 368 p.

Dubouloz J. 2004  L’enceinte néolithique de Bazoches-sur-Vesle, dans l’Aisne, La France archéologique, 20, p. 78‑79.

Dubouloz J., Hamard D., Le Bolloch M. 1997 – Composantes fonctionnelles et symboliques d’un site exceptionnel : Bazoches-sur-Vesle (Aisne), 4000 ans av. J.-C., in Auxiette G., Hachem L., Robert B. (dir.), Espaces physiques, espaces sociaux, dans l’analyse interne des sites du Néolithique à l’âge du Fer, 119e congrès du CTHS, Amiens 1994, Paris, Éditions du CTHS, p. 127‑144.

Dubouloz J., Lanchon Y. 1997 – Cerny et Rössen en Bassin Parisien, in Constantin C., Mordant D., Simonin D. (dir.), La Culture de Cerny : nouvelle économie, nouvelle société au Néolithique. Actes du colloque international de Nemours, 9-10-11 mai 1994, Nemours, Musée de Préhistoire d’Île-de-France, Association pour la promotion de la recherche archéologique en Île-de-France (Mémoires du Musée de Préhistoire d’Île-de-France 6), p. 239‑365.

Dubouloz J., Praud I., Monchablon C., Bostyn F., Colas C., Cayol N., Brunet V., Vanmonfort B., Marty A., Burnez L., Naze G. 2023 – Structuration et durée d’utilisation des enceintes à fossés et/ou palissades du Néolithique moyen 2 (4200-3800 CalBC) dans la France du Nord, in Lefranc P., Denaire A., Croutsch C. (dir.), Les enceintes néolithiques du nord-ouest de l’Europe. Actes du 33e colloque interrégional sur le Néolithique, Saint-Dié des Vosges, Éditions universitaires de Dijon (Art, archéologie et patrimoine).

Durand J., Cayol N., Daguault K., David C., Dietsch-Sellami M.-F., Durand S., Fechner K., Hachem L., Monchablon C., Salavert A., Sergent H., Verdin P. 2016 – Île-de-France, Essonne (91), Palaiseau (Essonne), Quartier Ouest Polytechnique : Les Trois Mares, avenue de la Vauve, rapport final d’opération de fouille préventive, Pantin, Inrap CIF, 2 vol., 513 p. et 289 p., [en ligne] http://dolia.inrap.fr/flora/ark:/12345/0140207

Eisenhauer U. 2002 – Untersuchungen zur Siedlungs-und Kulturgeschichte des Mittelneolithikums in der Wetterau, Bonn, Verlag R. Habelt (Universitätsforschungen zur Prähistorischen Archäologie 89), 312 p.

Evershed R.P. 2008 – Organic residue analysis in archaeology: the archaeological biomarker revolution, Archaeometry, 50 (6), p. 895‑924, [en ligne] https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.1111/j.1475-4754.2008.00446.x

Farruggia J.-P. 1992 – Les outils et les armes en pierre dans le rituel funéraire du Néolithique Danubien, Oxford, BAR Publishing (International series, 581), 560 p.

Farruggia J.-P. 1993 – Archéologie et logique d’une périphérisation : le coin perforé néolithique en pierre, in Actes du XIIIe colloque interrégional sur le Néolithique. Le Néolithique du nord-est de la France et des régions limitrophes, Metz 1986, Paris, Éditions de la maison des sciences de l’Homme (Documents d’archéologie française 41) p. 136‑145.

Faye C., Mangin G., Antoine X., Milutinovic M. 1993 – Basse-Ham (Moselle), ZAC communale « Kelenweg » et « Gerbrannter Heck » : tranches 1 et 2, rapport de fouilles, Metz, Service régional de l’archéologie de Lorraine.

Franck J., Adam F., Arbogast R.-M., Delnef H., Lefebvre A., Manolakakis L., Mocci L., Theriot F. 2008 – Pouilly (Moselle) « ZAC Chèvre Haie », rapport final d’opération de fouille d’archéologie préventive, inédit, Metz, Service régional de l’Archéologie de Lorraine, 304 p.

Franck J., Delaunay L., Lafosse C., Viller S., Wiethold J. 2014 – Saint-Julien-lès-Gorze, Meurthe-et-Moselle, Chambley Planet’Air, sites 4 et 5. Du défrichage néolithique à l’aviation militaire, histoire d’un village lorrain, rapport d’opération, fouille archéologique, Metz, Inrap Grand Est nord, 138 p.

Friedrich S. 2011 – Bad Friedrichshall-Kochendorf und Heilbronn-Neckargartach: Studie zum mittelneolithischen Siedlungswesen im Mittleren Neckarland, Stuttgart, Landesamt für Denkmalpflege im Regierungspräsidium Stuttgart, K. Theiss Verlag, (Forschungen und Berichte zur Vor-und Frühgeschichte in Baden-Württemberg, 123), 2 vol., 485 p. et 214 p.

Galland S., Duchêne B., Braguier S., Frouin M., Mocci L., Naton H.-G., Wiethold J. 2014 – Vouziers, Ardennes, « ZA de l’Argonne », Lots 1 et 2. Une occupation continue du Néolithique moyen I au Néolithique final II, in Actes de la Journée d’information du 22 novembre 2014, InterNéo 10, Paris, Éditions de l’Association pour les Études interrégionales sur le Néolithique, Société préhistorique française, p. 15‑27.

Gascó J. 2002 – Structures de combustion et préparation des végétaux de la Préhistoire récente et de la Protohistoire en France méditerranéenne, Civilis. Revue internationale d’anthropologie et des sciences humaines, 49, p. 285‑309.

Gébus L. 1990 – Jouy-aux-Arches (Moselle) « La Machotte », Metz, Service régional de l’archéologie de Lorraine, 2 vol., 136 p. et 112 p.

Gehlen B. 2009 – Arbeitsprozesse und Arbeitsteilung. Die Felsgesteininventare aus den Rössener Siedlungen, in Zimmermann A. (dir.), Studien zum Alt- und Mittelneolithikum im rheinischen Braunkohlenrevier. Beiträge zur neolithischen Besiedlung der Aldenhovener Platte VII., Köln, Rheinland-Verlag (Kölner Studien zur prähistorischen Archäologie 1), p. 479‑585.

Goepfert S., Boury L., Chenal F., Denaire A. 2014 – Richemont, Moselle, Devant le Pont, site 1, tranche 1, 2013, rapport intermédiaire annuel d’opération d’archéologie préventive, Habsheim, ANTEA Archéologie, Metz, Service régional de l’Archéologie de Lorraine, 502 p. [en ligne] https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0155083

Granjon É., Rouby B., Streicher C. 2008 – Le symbole. Réflexions théoriques et enjeux contemporains, Chicoutimi, Presses de l’université de Québec (Protée 36).

Grisse A. 2006 – Früh- und mittelkupferzeitliche Streitäxte im westlichen Mitteleuropa, Bonn, Verlag R. Habelt (Saarbrücker Beiträge zur Altertumskunde 82), 328 p.

Guillaume C. 1975 – Gisement d’extraction et de taille de silex de la « Côte de Bar » à Saint-Mihiel (Meuse), Bulletin de l’Académie et de la Société lorraines des sciences, 14 (3), p. 5‑13.

Guillaume C., Lipinski P., Masson A. 1987 – Les mines de silex néolithiques de la Meuse dans le contexte européen, Sampigny, Conservation départementale des musées de la Meuse, 69 p.

Hachem L. 1997 – Nouveaux éléments sur l’alimentation au Grossgartach : analyse archéozoologique de la faune du site de Lingolsheim (Bas-Rhin), in Jeunesse C. (dir.), Le Néolithique danubien et ses marges entre Rhin et Seine. Actes du 22e colloque interrégional sur le Néolithique, Strasbourg, 27-29 octobre 1995, Zimmersheim, Association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace (Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, suppl. 3), p. 360‑365.

Hachem L. 2011 – Les faunes du Néolithique moyen dans le nord de la France : bilan et pistes de recherches, in Bostyn F., Martial E., Praud I. (dir.), Le Néolithique du Nord de la France dans son contexte européen : habitat et économie au 4e et 3e millénaire avant notre ère. Actes du 29e colloque interrégional sur le Néolithique, Villeneuve-d’Ascq (France), 2-3 octobre 2009, Amiens, Société archéologique de Picardie (Revue archéologique de Picardie, numéro spécial 28), p. 313‑328.

Hachem L., Bedault L., Denis S., Fromont N., Maigrot Y., Meunier K., Pernaud J.-M. 2021 – Tinqueux « la Haubette » (Marne, France). Un site exceptionnel du Néolithique ancien, Oxford, Archaeopress, 220 p.

Hafner A., Suter P.J. 2000 – 3400 v. Chr. Die Entwicklung der Bauerngesellschaften im 4. Jahrtausend v. Chr. am Bielersee aufgrund der Rettungsgrabungen von Nidau und Sutz-Lattrigen, Bern, Berner Lehrmittel- und Medienverlag, Archäologischer Dienst des Kantons Bern (Ufersiedlungen am Bielersee 6, Schriftenreihe der Erziehungsdirektion des Kantons Bern), 320 p.

Hajnalova E. 1983 – Paleobotanické neolitické nálezu zo Stúrova, Slovenskà Archeológia, 31, p. 199‑218.

Hamon C. 2006 – Broyage et abrasion au Néolithique ancien : caractérisation technique et fonctionnelle des outillages en grès du Bassin parisien, Oxford, Archaeopress (BAR International Series 1551), 342 p.

Hamon C. 2008 – Meules rubanées, meules blicquiennes : nouvelles réflexions sur les dépôts du Hainaut (Belgique), in Burnez-Lanotte L., Ilett M., Allard P. (dir.), Fin des traditions danubiennes dans le Néolithique du Bassin parisien et de la Belgique (5100-4700 av. J.C.). Autour des recherches de Claude Constantin, Paris, Société préhistorique française (Mémoire de la Société préhistorique française 44) p. 197‑208.

Hamon C., Brisotto V., Jaccottey L., Monchablon C., Cousseran-Néré S., Donnart K., Tristan D., Gisclon J.-L., Milleville A. 2017 – Les molettes débordantes au Néolithique : définition et premier état des lieux, in Buchsenschutz O., Lepareux-Couturier S., Fronteau G. (dir.), Les meules du Néolithique à l’époque médiévale : technique, culture, diffusion. Actes du 2e colloque du Groupe Meule, Reims, 15 au 17 mai 2014, Dijon, Société archéologique de l’Est (Revue archéologique de l’Est, suppl. 43), p. 301‑316.

Heaton T.J., Blaauw M., Blackwell P.G., Bronk Ramsey Ch., Reimer P.J., Scott E.M. 2020 – The IntCal20 approach to radiocarbon calibration curve construction: A new methodology using Bayesian splines and errors-invariables, Radiocarbon, 62, p. 821‑863.

Herbig C. 2010 – Fruits and ears, another well from the Linear Pottery culture: Schkeuditz-Altscherbitz, (Saxony, Germany), poster au 15th Conference of the International Work Group for Palaeoethnobotany, Wilhelmshaven, Germany, 31 may to 5 June 2010, Terra Nostra, 2, p. 134.

Hopf M. 1991 – South and Southwest Europe, in van Zeist W., Wasylikowa K., Behre K.-E. (dir.), Progress in Old World Palaeoethnobotany, A retrospective view on the occasion of 20 years of the International Work Group for Palaethnobotany, Rotterdam, Brookfield, A.A. Balkema, p. 214‑277.

Ihuel E., Pelegrin J. 2009 – Du Jura au Poitou en passant par le Grand-Pressigny : une méthode de taille et des poignards particuliers vers 3000 av. J.-C., in Dias-Meirinho M.-H., Léa V., Gernigon K., Bailly M., Briois F., Fouéré P. (dir.), Les industries lithiques taillées des IVe et IIIe millénaires en Europe occidentale. Actes du colloque international, Toulouse, 2005, Oxford, Hedges Ltd (BAR International Series 1884), p. 135‑182.

Imbeaux M., Affolter J., Martineau R. 2018 – Diffusion du silex crétacé des minières de Saint-Gond (Marne, France) au Néolithique récent et final, Bulletin de la Société préhistorique française, 115 (4), p. 733‑767.

Jaccottey L. 2011 – Gestion des matières premières et implantation humaine au Néolithique dans le nord-Jura, mémoire, Besançon, Université de Franche-Comté, 306 p.

Jacomet S. 2006 – Identification of cereal remains from archaeological sites, Bâle, Basel University, 70 p.

Jadin I., Heim J. 2003 – Sur la voie de l’orge et du pavot : macrorestes végétaux et agriculture rubanée du haut Geer dans un cadre européen, in Jadin I., Trois petits tours et puis s’en vont… la fin de la présence danubienne en moyenne Belgique, Liège, Presses universitaires de Liège (ERAUL 109), p. 345‑392.

Jeandemange S., Caillat P., Delnef H., Feller M. 2009 – Illange-Bertrange (Moselle) « Mégazone » Sites 1, 5, 6, rapport de fouille, Metz, Service régional de l’archéologie de Lorraine, Metz, 342 p.

Jeunesse C. 1993 – Recherches sur le Néolithique danubien du sud de la plaine du Rhin supérieur et du nord de la Franche-Comté, thèse de doctorat, Strasbourg, Université Marc Bloch, 2 vol., 222 p.

Jeunesse C. 1995a – Les anneaux-disques irréguliers du sud de la plaine du Rhin supérieur et la question des bracelets en pierre du Néolithique danubien, Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, 38, p. 5‑34.

Jeunesse C. 1995b – Les relations entre l’Alsace et le Bassin parisien au Néolithique ancien vues à travers l’étude des pratiques funéraires, in Billard C. (dir), Actes du 20e colloque interrégional sur le Néolithique, Évreux 1993, Rennes, Association pour la diffusion des recherches archéologiques dans l’ouest de la France (Revue archéologique de l’Ouest, suppl. 7), p. 13‑20.

Jeunesse C., Mauvilly M., Zehner M. 1996 – Une nouvelle nécropole du Néolithique moyen (culture de Grossgartach) à Rosheim (Bas-Rhin), Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, 12, p. 119‑140.

Jeunesse C. 1997 – Les pratiques funéraires de la culture Cerny et le « Mittelneolithikum » du domaine rhénan, in Constantin C., Mordant D., Simonin D. (dir.), Actes du Colloque interrégional de Nemours, 1994, La Culture de Cerny. Nouvelle économie, nouvelle société au Néolithique, vol. 6, Nemours, Musée de Préhistoire d’Île-de-France (Mémoires du Musée de Préhistoire d’Île-de-France), p. 543‑556.

Jeunesse C. 2002 – La coquille et la dent. Parure de coquillage et évolution des systèmes symboliques dans le Néolithique danubien (5600-4500), in Guilaine J., Matériaux, productions, circulations du Néolithique à l’âge du Bronze. Séminaire du Collège de France, Paris, Errance (Hésperides), p. 49‑64.

Jeunesse C., Schneikert F., Gersende A., Arbogast R.-M., Boës É. 2002 – Vendenheim « Le Haut du Coteau ». Une nécropole du Néolithique ancien, rapport de fouille archéologique préventive, Strasbourg-Moulins-lès-Metz, Service régional d’Archéologie d’Alsace-Inrap Grand Est, 4 vol., 218 p., 114 p., 334 pl.

Jeunesse C., Lefranc P., Denaire A. 2003 – Groupe de Bischheim, origine du Michelsberg, genèse du groupe d’Entzheim. La transition entre le Néolithique moyen et le Néolithique récent dans les régions rhénanes, Zimmersheim, Association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace (Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace 18/19), 281 p.

Jeunesse C. 2005 – Nouvelles données sur la nécropole du Néolithique ancien de Quatzenheim (Bas-Rhin), Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, 58, p. 5‑30.

Jeunesse C. 2011 – Masses perforées et haches de combat. La question des sépultures « armées » dans le Néolithique centre-européen, in Baray L., Honegger M., Dias-Meirinho M.-H. (dir.), L’armement et l’image du guerrier dans les sociétés anciennes : de l’objet à la tombe. Actes de la table ronde internationale et interdisciplinaire, Sens, Centre de recherche et d’étude du patrimoine, 4 et 5 juin 2009, Dijon, Éditions Universitaires de Dijon (Art, archéologie & patrimoine), p. 43‑70.

Jeunesse C., Lefranc P. 1999 – Rosheim Sainte-Odile (Bas-Rhin), un habitat rubané avec fossé d’enceinte. Première partie : Les structures et la céramique, Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, 15, p. 1‑111.

Jeunesse C., Lefranc P., Kuhnle G., Mauvilly M. 2018 – Les sites d’habitat de Rosheim ‘Rosenmeer’ et de Rosheim ‘Hexensul’ (Bas-Rhin) et la relation entre les groupes de Bruebach-Oberbergen et Entzheim en Basse Alsace, Cahiers de l'Association pour la Promotion de la Recherche Archéologique en Alsace, 14, p. 107-133.

Juhél L., Donnart K., Forré P., Gâche D., Wiethold J. 2014 – Un habitat du Néolithique moyen à Pléchâtel « Le Bois », Ille-et-Vilaine, in Actes de la journée d’information du 22 novembre 2014, InterNéo 10, Paris, Éditions de l’Association pour les études interrégionales sur le Néolithique et de la Société préhistorique française, p. 169‑178.

Kalis A.J., Merkt J., Wunderlich J. 2003 – Environmental changes during the Holocene climatic optimum in central Europe-human impact and natural causes, Quaternary Science Reviews, 22, p. 33‑79, [en ligne] https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.1016/S0277-3791(02)00181-6

Kalis A.J., Zimmermann A. 1988 – Wirkungen neolitischer Wirtschaftsweisen in Pollendiagrammen, Archäologische Informationen, 11, p. 145-152.

Karg S., Märkle T. 2002 – Continuity and changes in plant resources during the Neolithic period in western Switzerland, Vegetation History and Archaeobotany, 11 (1‑2), p. 169‑176, [en ligne] https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.1007/s003340200018

Klag T., Blouet V., Houssier J., Petitdidier M.-P., Wiethold J. 2021 – Grand Est, Meuse, Saint-Mihiel, avenue Pierre de Coubertin, Côte de Bar. Nouvelles données sur la minière néolithique de Saint-Mihiel, rapport de fouille, Metz, Inrap Grand Est, 353 p., [en ligne] https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0161640

Knörzer K.-H. 1988 – Untersuchungen der Früchte und Samen, in Boelicke U., von Brandt D., Lüning J., Stehli P., Zimmermann A. (dir.), Der bandkeramische Siedlungsplatz Langweiler, Gemeinde Aldenhoven, Kreis Düren, Beiträge zur neolithischen Besiedlung der Aldenhovener Platte, Bonn, Verlag R. Habelt (Rheinische Ausgrabungen 28), p. 813‑852.

Knörzer K.-H. 1998 – Botanische Untersuchungen am bandkeramischen Brunnen von Erkelenz-Kückhoven, in Koschik H. (dir.), Brunnen der Jungsteinzeit, Internationales Symposium Erkelenz, 27. bis 29. Oktober 1997, Cologne, Rheinland-Verlag (Materialen zur Bodendenkmalpflege im Rheinland 11,), p. 229‑246.

König M. 1993 – Über die Bedeutung des Holunders (Sambucus spec.) in vorgeschichtlicher und jüngerer Zeit, Funde und Ausgrabungen im Bezirk Trier, 25, p. 3‑9.

Kreuz A., Marinova E., Schäfer E., Wiethold J. 2005 – A comparison of Early Neolithic crop and weed assemblages from the Linearbandkeramik and the Bulgarian Neolithic cultures: differences and similarities, Vegetation History and Archaeobotany, 14 (4), p. 237‑258, [en ligne] https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.1007/s00334-005-0080-0

Kreuz A., Märkle T., Marinova E., Rösch M., Schäfer E., Schamuhn S., Zerl T. 2014 – The Late Neolithic Michelsberg culture—just ramparts and ditches? A supraregional comparison of agricultural and environmental data, Praehistorische Zeitschrift, 89 (1), p. 72‑115, [en ligne] https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.1515/pz-2014-0006

Lambinon J., Verloove F. 2012 – Nouvelle flore de la Belgique, du Grand-Duché de Luxembourg, du Nord de la France et des régions voisines (Ptéridophytes et Spermathopytes), 6e édition, Meise, Édition du Jardin botanique national de Belgique, 1195 p.

Lanchon Y., Brunet P., Brunet V., Chambon P. 2006 – Fouille de sauvetage d’un monument funéraire et d’une enceinte néolithiques à Vignely « La Noue Fenard » (Seine-et-Marne) : premiers résultats, in Duhamel P., Impact interculturels au Néolithique moyen, du terroir au territoire : sociétés et espaces, Actes du 25e colloque interrégional sur le Néolithique, Dijon, ARTEHIS Éditions (Revue archéologique de l’Est, suppl. 25), p. 335‑351 [en ligne]. https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/books.artehis.12894

Landolt M., Abert F., Bolly A., Leprovost C. 2013 – Geispolsheim, Bas-Rhin, Lotissement d’activité du Quadrant 4, Entzheim « in der Klamm » et Geispolsheim « Schwobenfeld ». Des habitats et une nécropole néolithique, des habitats protohistoriques, un habitat antique, un habitat et une aire funéraire mérovingienne, une position fortifiée allemande de la Première Guerre Mondiale, rapport de fouille préventive, Sélestat, Pôle d’Archéologie Interdépartemental Rhénan, 6 vol., 146 p., 702 p., 602 p., 200 p., 386 p., 744 p.

Lasserre M. 1997 – Le site Grossgartach des « Sablonnières Modernes de Lingolsheim, Lingolsheim, Bas-Rhin, in Jeunesse C. (dir.), Le Néolithique danubien et ses marges entre Rhin et Seine, Actes du 22e colloque interrégional sur le Néolithique, Strasbourg, 27-29 octobre 1995, Zimmersheim, Association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace (Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, suppl. 3), p. 519‑535.

Lasserre M., Boëda É., Georges P. 1999 – L’enceinte néolithique à dépôts humains de Holtzheim, les Sablières réunies (Bas-Rhin) : fouilles 1996, 1997 et 1998, Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, 15, p. 153‑175.

Leclerc J. 1997 – Analyse spatiale des sites funéraires néolithiques, in Auxiette G., Hachem L., Robert B. (dir.), Espaces physiques espaces sociaux dans l’analyse interne des sites du Néolithique à l’âge du Fer, Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, p. 397‑405.

Ledent J.-F. 1989 – Situation de l’épeautre vis-à-vis du froment et des blés primitifs ; aspects génétiques, écophysiologiques et agronomiques, in Devroey J.-P., van Mol J.-J. (dir.), L’homme et son terroir : l’épeautre (Triticum spelta) histoire et ethnologie, Treignes, Éditions Dire (Centre d’Histoire et de Technologies Rurales), p. 5‑17.

Lefebvre A. 2010 – Les sépultures du Néolithique final/Bronze ancien en Lorraine : vers l’émergence de nouvelles problématiques, in Jeunesse C., Denaire A., Du Néolithique final au Bronze ancien dans le Nord-est de la France, Actualité de la recherche, Strasbourg, Association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, p. 103-118.

Lefranc P., Serrurier A., Michler M. 2012 – Un ensemble mixte Bruebach-Oberbergen/Bischheim occidental sur le site de Rosheim « Rittergass » (Bas-Rhin) : premiers impacts occidentaux sur le sud de la plaine du Rhin supérieur à la fin du 5e millénaire, Revue Archéologique de l’Est, 61, p. 21‑34.

Lefranc P., Alix G., Latron F. 2014 – La nécropole Rubané récent d’Ingenheim « Bannenberg » (Bas-Rhin), in Lefranc Ph., Denaire A., Jeunesse C. (dir.), Données récentes sur les pratiques funéraires néolithiques de la plaine du Rhin supérieur, Oxford, Archaeopress (BAR International Series 2633), p. 5‑58.

Lefranc P., Bachellerie F., Chenal F., Denaire A., Féliu C., Réveillas H., Schneider N. 2018 – La nécropole Néolithique moyen d’Obernai « Neuen Brunnen » (Bas-Rhin) : rites funéraires de la première moitié du 5e millénaire dans le sud de la plaine du Rhin supérieur (Grossgartach, Planig-Friedberg, Roessen), Revue archéologique de l’Est, 67, p. 5‑57.

Lemercier O., Pillot L. 2017 – Nécropoles préhistoriques et protohistoriques de Passy (Yonne) – N3P, rapport d’activités du PCR, Dijon, Service régional de l’archéologie de Bourgogne, p. 363-376.

Leprovost C. 2023 ‒ Bernolsheim, Mommenheim, Bas-Rhin, Plateforme départementale d’activités de la région de Brumath, vol. 2 : Les occupations néolithiques, rapport de fouille préventive, Archéologie-Alsace, 356 p.

Leprovost C., Alix G., Arbogast R.-M., Bonnardin S., Charrié A., Croutsch C., Déguilloux M.-F., Ferrier A., Francisco S., Gernigon K., Pélissier A., Queyras M., Serrurier A., Thomann A. 2013  Entzheim-Geispolsheim (67), Lotissement d’activités du quadrant 4, Entzheim « In der Klamm » et Geispolsheim « Schwobenfeld », rapport final d’opération de fouille, Sélestat, Pôle d’Archéologie Interdépartemental Rhénan, 702 p.

Lichardus J. 1976 – Rössen, Gatersleben, Baalberge: ein Beitrag zur Chronologie des mitteldeutschen Neolithikums und zur Entstehung der Trichterbecher-Kulturen, Bonn, Verlag R. Habelt (Saarbrücker Beiträge zur Altertumskunde 17).

Liu L., Wang J., Rosenberg D., Zhao H., Lengyel G., Nadel D. 2018 – Fermented beverage and food storage in 13,000 y-old stone mortars at Raqefet Cave, Israel: Investigating Natufian ritual feasting, Journal of Archaeological Science: Reports, 21, p. 783‑793.

Lochner M. 2012 – Thunau am Kamp–Eine befestigte Höhensiedlung der Urnenfelderkultur und der außergewöhnliche Fund eines Tonfässchens, in Blajer W. (dir.), Peregrinationes archaeologicae in Asia et Europa Joanni Chochorowski dedicatae, Kraków, Archaeobooks, p. 193‑203.

Logel T., Schaal C. 2010 – Apports des données archéologiques et carpologiques d’une maison rubanée (Soultz-Florival, Haut-Rhin, Alsace, France), in Actes de la journée d’information du 20 novembre 2010, InterNéo 8, Paris, Éditions de l’Association pour les études interrégionales sur le Néolithique (InterNéo), Société préhistorique française, p. 23‑34.

Lönne P. 2003 – Das Mittelneolithikum im südlichen Niedersachsen. Untersuchungen zum Kulturenkomplex Grossgartach – Planig-Friedberg – Rössen und zur Stichbandkeramik, Rahden/Westf., Verlag M. Leidorf (Materialien zur Ur- und Frühgeschichte Niedersachens 31), 436 p.

Maire É., Asselin G., Bonnaire E., Lemoine K., Marquié S., Naton H.-G. 2012a – Marly (57), Une occupation du Néolithique moyen et final « Sur le chemin de Grosyeux. Aire d’accueil des gens du voyage, rapport de fouilles, Metz, Service régional de l’archéologie de Lorraine, 162 p.

Maire É., Asselin G., Marquié S., Bonnaire E., Lemoine K. 2012b – Une occupation du Grossgartach à Marly, « Sur le chemin de Grosyeux » (Moselle), Bulletin de la Société préhistorique française, 109 (3), p. 576‑578.

Maire É., Asselin G., Brkojewitsch G., Jouanin G. 2013 – Une occupation du post-roessen à Laquenexy « entre deux cours » (Moselle), Bulletin de la Société préhistorique française, 110 (3), p. 549‑551.

Maréchal D., Pétrequin P., Pétrequin A.-M. 2015 – Les objets de parure, in Pétrequin P., Pétrequin A.-M., Clairvaux et le « Néolithique Moyen Bourguignon, Besançon, Presses Universitaires de Franche-Comté–Centre de Recherche de la vallée de l’Ain (Les Cahiers de la MSHE Ledoux), vol. 2, p. 1077‑1083.

Marinval P. 1988 – L’alimentation végétale en France du Mésolithique jusqu’à l’âge du Fer, Paris, Éditions du CNRS, 192 p.

Marinval P. 1990 – Relations Cardial-Rubané, les apports de la carpologie, in Cahen D., Otte M. (dir.), Rubané et Cardial. Actes du colloque international de Liège, novembre 1988, Liège, Presses universitaires de Liège (ERAUL 39), p. 401‑404.

Martineau R., Dumontet A., Charpy J.-J., Laplaige C., Bossuet G., Affolter J., Dupont A., Jacottey L., Thevenot J.-P., Stock A., Lambot B. 2012 – Les habitats néolithiques dans les marais de Saint-Gond. Prospection thématique. Sondage à Morains-le-Petit « Le Canal », « La Fosse à Gérard », « Les Vordes ». Fouilles de Loisy-en-Brie « 56 Grande Rue », rapport d’opérations archéologiques, Châlons-en-Champagne, Service régional de l’archéologie Grand-Est.

Martineau R., Imbeaux M., Affolter J., Charpy J.-J., Bostyn F., Dumontet A. 2019 – The Neolithic Flint Mines of Les Marais de Saint-Gond and La Côte des Blancs (Marne, France), in Collet H., Hauzeur A. (dir.), Mining and Quarrying. Geological Characterisation, Knapping Processes and Distribution Networks during Pre-and Protohistoric Times, Proceedings of the 7 th International Conference of the UISPP Commission on Flint Mining in Pre-and Protohistoric Times, Mons et Spiennes (Belgium), 28 septembre au 1er octobre 2016, Leuven, Société royale belge d’anthropologie et de préhistoire (Anthropologica et Praehistorica 128), p. 101‑118.

Maubeuge P.-L. 1978 – Notice explicative, Carte géologique de la France (1/50 000), feuille de Metz, XXXIV-13 [carte], éch. 1/50000, Orléans, Bureau de recherches géologiques et minières, 11 p.

Mauvilly M., Kramer L. 2021 – Essai sur les haches-marteaux et masses perforées sans tranchant en roches tenaces de la Culture de Horgen du canton de Fribourg (Suisse), Bulletin de la Société préhistorique française, 118 (1), p. 77‑98.

Méniel P. 1984  Contribution à l’histoire de l’élevage en Picardie du Néolithique à la fin de l’Âge du Fer, Revue archéologique de Picardie, numéro spécial, p. 56.

Meyer B., Willerding U. 1961 – Bodenprofile, Pflanzenreste und Fundmaterial von neuerschlossenen neolithischen und eisenzeitlichen Siedlungsstellen im Göttinger Stadtgebiet, Göttinger Jahrbuch, 9, p. 21‑38.

Michler M., Balasescu A., Durand F., Es Van M., Girard P., Issele J.-L., Leyenberger C. 2014 – Rosheim, Bas-Rhin, Rittergass, Boerschweg : occupations multiphasées du Néolithique ancien à la période gallo-romaine, rapport de fouille archéologique préventive, Dijon, Inrap GES, 1 vol., 461 p.

Milleville A., Jaccottey L. 2015 – Le macro-outillage du Néolithique moyen : couples meule-molette, polissoirs, percuteurs et blocs-enclumes, in Pétrequin P., Pétrequin A.-M. (dir.), Clairvaux et le « Néolithique Moyen Bourguignon », Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté (Les Cahiers de la MSHE Ledoux 22), vol. 2, p. 1029‑1070.

Moinat P. 1998 – Les cistes de type Chamblandes : rites funéraires en Suisse occidentale, in Guilaine J. (dir.), Sépultures d’occident et genèses des mégalithismes (9000-3500 avant notre ère), Paris, Errance (Hespérides), p. 129‑143.

Monchablon C., Baillieu M., Bouchet M., Goutelard A., Praud I. 2011 – L’enceinte Néolithique moyen II de Carvin « La Gare d’Eau » (Pas-de-Calais). Présentation préliminaire, in Bostyn F., Martial E., Praud I. (dir.), Le Néolithique du Nord de la France dans son contexte européen : habitat et économie au 4e et 3millénaire avant notre ère, Actes du 29e colloque interrégional sur le Néolithique, Villeneuve-d’Ascq (France) 2-3 octobre 2009, Amiens, Société archéologique de Picardie (Revue archéologique de Picardie, numéro spécial 28), p. 407-419.

Monchablon C., Baillieu M., Bostyn F., Bouchet M., Cayol N., Praud I., Chevalier A., Dietsch-Sellami M. F., Fechner K., Hachem L., Maigrot Y., Pinard E., Salavert A., Vanmonfort B. 2014 – Nord-Picardie, Pas-de-Calais. Carvin « La Gare d’Eau ». Une enceinte du Néolithique moyen II, rapport de fouille, Amiens, Inrap Nord–Pas-de-Calais, 3 vol., 419 p., 294 p., 188 p.

Monchablon C. 2021 – Les molettes des enceintes du Néolithique moyen 2 du nord de la France : entre outils fonctionnels et objets symboliques, in Fromont N., Marchand G., Forré P. (dir.), Statut des objets, des lieux et des hommes au Néolithique. Actes du 32e colloque interrégional sur Néolithique, Le Mans, 24 et 25 novembre 2017, Chauvigny, Association des publications chauvignoises (Mémoires de l’association des publications chauvignoises 55), p. 57‑70.

Monchablon C. à paraître – Les industries macrolithiques des enceintes de Maizy, Osly-Courtil et Bazoches-sur-Vesles (02), rapport final Projet ANR-DFG 2010-2013.

Mordant D., Simonin D. 1997 – Sites d’habitats Cerny, in Constantin C., Mordant D., Simonin D. (dir.) La Culture de Cerny : nouvelle économie, nouvelle société au Néolithique. Actes du colloque international de Nemours, 9-10-11 mai 1994, Nemours, Association pour la promotion de la recherche archéologique en Île-de-France (Mémoires du Musée de Préhistoire d’Île-de-France 6), p. 239‑265.

Naton H.-G., Boulen M., Decocq O., Figueiral I. 2011 – Nubécourt (Meuse) aux Villées : études paléoenvironnementales de la vallée de l’Aire, rapport technique et d’expertise, Metz, Inrap Grand Est Nord, Service régional de l’archéologie de Lorraine.

Neef R.-M., Cappers R.T.J., Bekker R.M. 2012 – Digital atlas of economic plants in archaeology, Groningen, Barkhuis Publishing & Groningen University Library (Groningen Archaeological Studies 17), p. 760.

Noël J.-Y., Chamaux G., Irribarria R., Borderie Q. 2016 – L’habitat ceinturé de hauteur de Nogent-Le Roi « La butte du Bois de Chandres » (Eure-et-Loir) : présentation générale et premiers éléments chronoculturels, in Actes de la Journée d’information du 26 novembre 2016, Saint-Germain-en-Laye, Internéo 11, Paris, Éditions de l’Association pour les études interrégionales sur le Néolithique (InterNéo), Société préhistorique française, p. 21‑34.

Nötzold T. 1982 – Vor- und frühgeschichtliche karpologische Kulturpflanzenreste aus Sachsen, Arbeits- und Forschungsberichte zur Sächsischen Bodendenkmalpflege, 17, p. 445‑460.

Perlès C. 1991  Économie des matières premières et économie du débitage : deux conceptions opposées ?, in XIe rencontres internationales d’archéologie et d’histoire d’Antibes. 25 ans d’études technologiques en Préhistoire. Bilan et perspectives, Juan-lès-Pins, Édition de l’Association pour la promotion et la diffusion des connaissances archéologiques, p. 35‑45.

Perrin B. avec la coll. de Barrand-Emam H., Campaner A., Denaire A., Jammet-Reynal L., Renard C., Roth-Zehner M., Frances Simon I. 2014 – Bergheim « Saulager » : un habitat rubané, des dépôts humains en fosse circulaire du Néolithique récent, un site d’ensilage de La Tène ancienne, rapport final d’opération d’archéologie préventive, Habsheim-Strasbourg, ANTEA Archéologie-Service régional de l’archéologie Alsace, vol. 1, 386 p.

Perrin P., Fabre M., Mauduit A., Denaire A. 2018 – Le site Grossgartach d’Oberschaeffolsheim (Bas-Rhin), in Actes de la journée d’information du 6 octobre 2018, Saint-Germain-en-Laye, InterNéo 12, Paris, Éditions de l’Association pour les études interrégionales sur le Néolithique (InterNéo), Société préhistorique française, p. 42‑56.

Perrin B. avec la coll. de Ceciliot C., Denaire A., Fabre M., Goudissard S., Jammet-Reynal L., Mauduit A., Murer A., Tenud A. 2019 – Oberschaeffolsheim, Bas-Rhin (67) « Lotissement RD 45 », rapport de fouille, Habsheim-Strasbourg, ANTEA Archéologie-Service régional de l’archéologie Grand Est, 2 vol., 472 p., 526 p.

Petitdidier M.-P. 2000 – Les sites d’Ennery et Trémery : essai de caractérisation de la phase finale du Néolithique ancien rubané de la moyenne Moselle, mémoire de maîtrise, Dijon, Université de Bourgogne, 176 p.

Pétrequin P., Monnier J.-L., Richard A., Pétrequin A.-M., Gentizon A.-L. 1991 – Construire une maison au Néolithique. Le lac de Chalain au Néolithique, Paris, Errance (Errance archéologie), 75 p.

Pétrequin P. 1997 – Sociétés à évolution lente ou fantasmes occidentaux ? Le temps du Néolithique (6000-2100 av. J.-C.), Traverse [Revue d’Histoire], 3, p. 48‑62.

Pétrequin P., Cassen S., Croutsch C., Errara M. 2002 La valorisation sociale des longues haches dans l’Europe néolithique, in Guilaine J. (dir.), Matériaux, productions, circulations du Néolithique à l’âge du Bronze, Séminaire du Collège de France, Paris, Errance (Hésperides), p. 67‑98.

Pétrequin A.-M., Pétrequin P., Bontemps C. 2015 – Les poids de filet : deux techniques différentes, in Pétrequin P., Pétrequin A.-M., Clairvaux et le « Néolithique Moyen Bourguignon », Besançon, Presses Universitaires de Franche-Comté-Centre de Recherche de la vallée de l’Ain (Les Cahiers de la MSHE Ledoux), vol. 2, p. 1121‑1125.

Praud I. avec la coll. de Panloups E. 2014 – Nord-Pas-de-Calais, Escalles, Mont d’Hubert. Une enceinte du Néolithique moyen II, des fosses du Néolithique moyen I et du Bronze final sur le littoral de la mer du Nord, rapport de fouille préventive, Amiens-Arras, Inrap Nord-Picardie-Conseil départemental du Pas-de-Calais, 5 vol., 336 p., 228 p., 235 p., 161 p., 143 p.

Praud I., Bostyn F. 2015 – La parure en pierre et en terre cuite, in Bostyn F., Arbogast R.-M., Clavel B., Hamon C., Kuhar C., Maréchal D., Pinard E., Praud I., Habitat et sépultures du Blicquy/Villeneuve–Saint-Germain à Longueil-Sainte-Marie « le Barrage », Amiens, Société archéologie de Picardie (Revue archéologique de Picardie 3-4), p. 182‑189.

Rameau J.-C., Mansion D., Dumé G. 1989 – Flore forestière française, guide écologique illustré, tome 1, plaine et collines, Paris, Institut pour le développement forestier, Ministère de l’Agriculture et de la forêt, Direction de l’espace rural et la forêt, École nationale du génie rural, des eaux et forêts, 1785 p.

Reimer P.J., Austin W.E.N., Bard E., Bayliss A., Blackwell P., Bronk Ramsey Ch., Butzin M., Cheng H., Edwards R.L., Friedrich M., Grootes P.M., Guilderson T.P., Hajdas I., Heaton T.J., Hogg A.G., Hughen K.A., Kromer B., Manning S.W., Muscheler R., Palmer J.G., Pearson Ch., van der Plicht J., Reimer R.W., Richards D.A., Scott E.M., Southon J.R., Turney C.S.M., Wacker L., Adolphi F., Büntgen U., Capano M., Fahrni S.M., Fogtman-Schulz A., Friedrich R., Köhler P., Kudsk S., Miyake F., Olsen J., Reinig F., Sakamoto M., Sookdeo A., Talamo S. 2020 – The IntCal20 Northern Hemisphere Radiocarbon Age Calibration Curve (0 – 55 cal kBP), Radiocarbon, 62, p. 725‑757.

Rey A. 2004 – Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Le Robert, 3 vol., 2910 p.

Riche C., Barracand G., Boulen M., Coubray S., Coussot C., Granai S., Hulin G., Ravon E., Roncin O. 2015 – Canal Seine-Nord Europe, fouille 42, Picardie, Oise, Choisy-au-Bac, Le Confluent, La Bouche d’Oise, in Choisy-au-Bac, à la confluence de l’Aisne et de l’Oise : 10 000 ans d’histoire du Paléolithique à l’âge du Fer, rapport de fouille, Croix-Moligneaux, Inrap CSNE, 6 vol., 218 p., 318 p., 474 p., 445 p., 221 p., 507 p.

Robinson D.E. 2003 – Neolithic and Bronze Age agriculture in southern Scandinavia—recent archaeobotanical evidence from Denmark, Environmental Archaeology, 8, p. 145‑165.

Salanova L. 2011 – Chronologie et facteurs d’évolution des sépultures individuelles campaniformes dans le Nord de la France, in Salanova L., Tchérémissinoff Y. (dir.), Les sépultures individuelles campaniformes en France, Paris, CNRS Éditions (Gallia Préhistoire, suppl. 41), p. 125‑142.

Salanova L, Brunet P., Cottiaux R., Hamon T., Langry-François F., Martineau R., Polloni A., Renard C., Sohn M. 2011 – Du Néolithique récent à l’âge du Bronze dans le centre Nord de la France : les étapes de l’évolution chrono-culturelle, in Bostyn F., Martial E., Praud I. (dir.), Le Néolithique du Nord de la France dans son contexte européen : habitat et économie au 4e et 3e millénaire avant notre ère, Actes du 29e colloque Interrégional sur le Néolithique, Villeneuve-d’Ascq (France) 2-3 octobre 2009, Amiens, Société archéologique de Picardie (Revue Archéologique de Picardie, numéro spécial 28), p. 77-101.

Salavert A., Boulen M., Coubray S., Dufraisse A., Amposta A., Bostyn F., Constantin C., Martial E., Monchablon C., Negroni S., Panloups E., Praud I. 2018 – Environnement végétal et collecte du bois de feu au Néolithique dans le sud du bassin de l’Escaut (5 200-2 200 BC), Bulletin de la Société préhistorique française, 115 (4), p. 701‑732.

Schembri F. 1999 – Une occupation gallo-romaine à Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont », document final de synthèse de fouilles préventives, Metz, Inrap GEN, Service Régional de l’Archéologie de Lorraine.

Schmidgen-Hager E. 1993 – Bandkeramik im Moseltal, Bonn, Verlag R. Habelt (Universitätsforschungen zur prähistorischen Archäologie 18), 202 p.

Schneider M. 1983 – La parure néolithique en Alsace, mémoire de maîtrise, Strasbourg, Université Strasbourg-II Marc Bloch, 2 vol.

Schön W. 2009 – Die Felsgesteinartefakte des bandkeramischen Fundplatzes Aldenhoven 3, Archäologische Informationen, 32 (1-2), p. 105‑114.

Schweingruber F.-H. 1990 – Anatomie europäischer Hölzer—Anatomy of european woods, Birmensdorf, Eidgenössische Forschungsanstalt für Wald, Schnee und Landschaft, Bern-Stuttgart, Verlag P. Haupt, 800 p.

Schweppe H. 1993 – Schweppe, Helmut. Handbuch der Naturfarbstoffe. Vorkommen. Verwendung. Nachweis, Landsberg-Lech, Ecomed Verlagsgesellschaft, p. 800.

Seidel U. 2022 – Oberderdingen-Grossvillars, Lkr. Karlsruhe. Epirössen und der Beginn der Michelsberger Kultur, Wiesbaden, Reichert (Forschungen und Berichte zur Archäologie in Baden-Württemberg 21), 149 p., 22 pl.

Sherratt A. 1981 – Plough and pastoralism: aspects of the secondary products revolution, in Hodder I., Glynn I., Hammond N. (dir.), Pattern of the past: studies in honour of David Clarke, Cambridge, Cambridge University Press, p. 261‑306.

Sidéra I. 2000 – Animaux domestiques, bêtes sauvages et objets en matières animales du Rubané au Michelsberg. De l’économie aux symboles, des techniques à la culture, Gallia Préhistoire, 42, p. 107‑192.

Simonin D. 1988 – Orville (Loiret), « Les Fiefs », Revue archéologique du Centre de la France, 27 (1), p. 135‑136.

Sohn M. 2002 – Place et rôle du mobilier dans les sépultures collectives du Bassin parisien à la fin du Néolithique, Bulletin de la Société préhistorique française, 99 (3), p. 501‑520.

Sohn M. 2008 – Entre signes et symboles : les fonctions du mobilier dans la sépulture collective d’Europe occidentale à la fin du Néolithique, in Bailly M., Plisson H. (dir.), La valeur fonctionnelle des objets sépulcraux, Actes de la table ronde d’Aix-en-Provence, 25-27 octobre 2006, Aix-en-Provence, Association pour la Promotion de la Préhistoire et de l'Anthropologie méditerranéennes (Préhistoires méditerranéennes 14), p. 1-25.

Spatz H. 1996 – Beiträge zum Kulturenkomplex Hinkelstein-Grossgartach-Rössen: Der keramische Fundstoff des Mittelneolithikums aus dem mittleren Neckarland und seine zeitliche Gliederung, Stuttgart, K. Theiss Verlag, Landesamt für Denkmalpflege im Regierungspräsidium Stuttgart (Materialhefte zur Archäologie in Baden-Württemberg 37), 2 vol., 610 p., 171 p.

Spatz H. 1997 – La nécropole du Néolithique moyen (Hinkelstein, Grossgartach) de Trebur (Gross-Gerau, Hesse), in Jeunesse C. (dir.), Le Néolithique danubien et ses marges entre Rhin et Seine. Actes du 22e colloque interrégional sur le Néolithique, Strasbourg 27-29 octobre 1995, Zimmersheim, Association pour la Promotion de la recherche archéologique en Alsace (Cahiers de l’association pour la promotion de la recherche archéologique en Alsace, suppl. 3), p. 157‑170.

Spatz H. 1999 – Das Mittelneolithische Gräberfeld von Trebur, Kreis Gross-Gerau, Wiesbaden, Landesamt für Denkmalpflege Hessen (Materialien zur Vor- und Frühgeschichte von Hessen 19), 2 vol., 692 p.

Stöckl H., Neubauer-Saurer D. 1990 – Neue Funde der Strassburger und Wauwiler Gruppe aus dem nördlichen Kaiserstuhlvorland, Cahiers de l’association pour la Promotion de la Recherche Archéologique en Alsace, 6, p. 115‑170.

Théry-Parisot I., Chabal L., Delhon C., Lebreton V., Preiss S., Tengberg M., Wiethold J. 2009 – Paléobotanique et taphonomie, Rapport interne du Réseau Thématique Pluridisciplinaire (RTP) en Taphonomie (2007-2009), Paris, CNRS Éditions, 34 p.

Thévenet C. 2004 – Une relecture des pratiques funéraires du Rubané récent et final du Bassin parisien : l’exemple des fosses sépulcrales dans la vallée de l’Aisne, Bulletin de la Société préhistorique française, 101 (4), p. 815‑826.

Thevenot J.-P. 2005 – Le camp de Chassey (Chassey-le-Camp, Saône-et-Loire). Les niveaux néolithiques du rempart de « la Redoute », Dijon, Société archéologique de l’Est (Revue archéologique de l’Est, suppl. 22), 463 p.

Thirault É. 2004 – Échanges néolithiques : les haches alpines, Montagnac, Éditions Monique Mergoil (Préhistoires 10), 468 p.

Thirault É., Moinat P., Santallier D. 2007 – Des haches pour les morts ? Place et signification dans le funéraire Chamblandes au sein du Néolithique ouest-européen, in Moinat P., Chambon P. (dir.), Les cistes de Chamblandes et la place des coffres dans les pratiques funéraires du Néolithique moyen occidental, Actes du colloque de Lausanne, 12-13 mai 2006, Paris, Société préhistorique française (Cahiers d’archéologie romande 110, Mémoires de la Société préhistorique française 43), p. 241‑254, [en ligne] http://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.5169/seals-835947

Thomas Y., Auxiette G., Chenal F., Chomik L., Ertlen D., van Es M., Gebhardt A., Jodry F., Lefranc P., Schneider N., Thomas Y., Véber C., Zumbrunn O. 2016 – Grand Est, Bas-Rhin (67), Sélestat, Westrich-Riedwasen. Un ensemble de dispositifs de Schlitzgruben néolithiques, rapport de fouille archéologique, Dijon, Inrap Grand Est sud, 289 p., [en ligne]. http://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0143853

Thomashausen L. 1993 – Ay-sur-Moselle « Lotissement Les Tournailles », in Bilan scientifique région Lorraine, p. 40.

Thomashausen L. 1993 – Ay-sur-Moselle, Les Tournailles, Gallia Informations, 2, p. 107‑108.

Vanmœrkerke J., Adam F. 1993 – Pôles industriels d’Ennery et Argancy (Moselle), Zone « Les Joncquières » : fouille de sauvetage 1991. Nécropole et traces d’habitat du Néolithique final et route de l’époque romaine, sauvetage urgent, Nancy, Afan Grand Est, 65 p.

Véber C., Féliu C., Balasescu A., Bonaventure B., Clerc P., Durand F., van Es M., Jodry F., Latron-Colecchia A., Lefranc P., Minni D., Nocus N., Schneider N. 2017 – Duntzenheim, Bas-Rhin, Rainwasen, Langgasse, Frauenabwand, Ebenheit, LGV EE, site 8-4, in Deux occupations du Néolithique moyen, des fosses Grossgartach ; une enceinte Bischeim/Bruebach-Oberbergen ; un silo du Néolithique récent, Munzingen ; quelques fosses de l’âge du Bronze ancien/moyen ; des silos de La Tène A ; un fossé en agrafe et des cabanes semi-enterrées de La Tène finale, rapport de fouille, Dijon, Inrap Grand Est sud, 630 p.

Wiethold J. 2009 – Annexe 3. Les études carpologiques : Agriculture et alimentation végétale du Néolithique final au Bronze ancien, Partie 1 : Bilan et perspectives, rapport du projet collectif de recherche 2008, Metz, Service régional d’archéologie de Lorraine, Inrap Grand Est nord, Ministère de la Culture et la Communication.

Zohary D., Hopf M. 2000 – Domestication of Plants in the Old World, 4th edition, Oxford, Oxford University Press, 243 p.

Haut de page

Notes

1 Comm. pers. G. Fronteau et F. Boyer.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Localisation du gisement, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, V. Brunet, Géoportail/IGN : http://www.geoportail.gouv.fr/​accueil
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 306k
Titre Fig. 2 – Profil de référence et topographie, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 161k
Titre Fig. 3 – Plan du gisement, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 57k
Titre Fig. 4 – Plan de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 67k
Titre Fig. 5 – Plan phasé des fosses Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, cliché V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 223k
Titre Tabl. 1 – Répartition spatiale du torchis de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 379k
Titre Fig. 6 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune et torchis par complexe de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 25k
Titre Fig. 7 – Plan et coupes du complexe I, structures 66 et 67, et du complexe II, structure 76, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.‑F. André
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 167k
Titre Fig. 8 – Plan et coupes du complexe IV de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.-F. André
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 139k
Titre Fig. 9 – Plan et coupes du complexe V, structures 49 et 74, et du complexe VII, structure 72, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.-F. André.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 91k
Titre Fig. 10 – Plan et coupes du complexe VI, structures 3, 68, 73, 77-78, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.-F. André
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 82k
Titre Fig. 11 – Plan et coupes du complexe VIII, structures 4, 7, 13, 52, 53-54, 71, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.-F. André
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 159k
Titre Fig. 12  Complexe VIII, plan de la structure 4, de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.-F. André, clichés V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 194k
Titre Fig. 13 – Les inclusions, céramique Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits R. Prouteau
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 22k
Titre Fig. 14 – Les formes non décorées Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M.-F. André, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 113k
Titre Fig. 15  Les formes décorées Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M.-F. André, dessin du vase caréné P. Brunet, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 136k
Titre Fig. 16 – Le tonnelet, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle), céramique Grossgartach.
Crédits Dessin B. Daux, cliché V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 169k
Titre Tabl. 2 – Concentration lipidique et classes de lipides présentes, tonnelet Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits M. Cubas
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 109k
Titre Fig. 17 – Chromatogramme gazeux partiel montrant la distribution des acides gras (FAMES) et des alcanes dans les échantillons SJML-1 et SJML-2, tonnelet Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende P = contamination par le plastifiant.
Crédits M. Cubas
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 43k
Titre Tabl. 3 – Bilan des différents types de matériaux siliceux déterminés parmi le corpus lithique, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 465k
Titre Fig. 18 – Cartographie de l’ensemble des provenances des matériaux identifiés dans le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 175k
Titre Fig. 19 – Photographies des faciès sédimentaires des matériaux siliceux jurassiques et triasiques observés dans le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende A. Silicite oxfordienne de la vallée de la Meuse, moule interne de foraminifère (f), incertae sedis (ic) ; B. Silicite oxfordienne de la vallée de la Meuse, foraminifère observable grâce à la préservation de sa couche basale chitinoïde (f) ; C. Silicite bajocienne de Briey, spicule de spongiaire (sp), fragment de mollusque très altéré (m) et incertae sedis (ic) ; D. Silicite bajocienne de Briey, spicule de spongiaire (sp) et moule interne de foraminifère (f) ; E. Silicite triasique de Boucheporn « Heidenberg », élément charbonneux (ec) et pellet (p) ; F. Silicite triasique de la région de Boucheporn, nombreux pellets et fragments de mollusques altérés ; G. Silicite triasique d’origine inconnue, faciès à nombreux pellets fins, fragments de mollusques très altérés et lamines à granoclassement positif ; H. Silicite triasique d’origine inconnue, nombreux pellets fins, lamines intercalées de tapis microbiens.
Crédits Clichés M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 237k
Titre Tabl. 4 – Bilan des provenances des matériaux déterminés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-23.jpg
Fichier image/jpeg, 111k
Titre Tabl. 5 – Descriptions synthétiques des faciès sédimentaires des matériaux siliceux triasiques et jurassiques identifiés dans le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-24.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 20 – Photographies des faciès sédimentaires des matériaux siliceux crétacés et tertiaires observés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende A. Silex campanien de la région des Marais de Saint-Gond, spicules de spongiaires (sp) et fragment de piquant d’oursin (po) ; B. Silex coniacien de la vallée de l’Yonne, spicule de spongiaire (sp) et foraminifère (f) ; C. Silex turonien de la région de Rethel, sédiment très fin, fragment de spicule de spongiaire (sp), moules internes de foraminifères (f) ; D. Silicite lacustre tertiaire de la région de Mont-lès-Étrelles, oogones visibles malgré la patine importante, cristallisation de quartz dans leurs intrapores ; E. Silex maastrichtien de la région de Rijckholt, nombreux spicules de spongiaires fragmentés (sp) et grains détritiques (gd) ; F. Silex maastrichtien de la région d’Aix-la-Chapelle, spicules de spongiaires (sp) et nombreux grains détritiques (gd).
Crédits Clichés M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-25.jpg
Fichier image/jpeg, 188k
Titre Tabl. 6 – Descriptions synthétiques des faciès sédimentaires des matériaux siliceux crétacés et tertiaires identifiés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-26.jpg
Fichier image/jpeg, 929k
Titre Tabl. 7 – Bilan des provenances des matériaux déterminés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-27.jpg
Fichier image/jpeg, 377k
Titre Fig. 21 – Cartographie des provenances des matériaux siliceux identifiés parmi le corpus lithique des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-28.jpg
Fichier image/jpeg, 167k
Titre Fig. 22 – Proportions des différents matériaux siliceux identifiés dans les structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-29.jpg
Fichier image/jpeg, 50k
Titre Fig. 23 – Répartition spatiale des différents matériaux siliceux identifiés parmi les corpus lithiques des structures datées du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, V. Brunet, M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-30.jpg
Fichier image/jpeg, 86k
Titre Fig. 24 – Analyse du matériau du coin perforé de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits Clichés Y. Pailler, dessin V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-31.jpg
Fichier image/jpeg, 161k
Titre Tabl. 8 – Catégories technologiques de la série Grossgartach de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-32.jpg
Fichier image/jpeg, 388k
Titre Fig. 25 – Planche lithique de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende 1. Nucléus en silex indéterminable ; 2. Pièce à retouche oblique en silex de Vacherauville-Dompcevrin ; 3. Armature perçante à base concave en silex indéterminable ; 4. Fragment mésio-laminaire brûlé à retouche inverse (non examinée) ; 5. Lame à retouche oblique (non examinée) ; 6. Fragment de grattoir en silex crétacé belgo-hollandais/Aix-la-Chapelle, faciès Aachen-Wilkenberg.
Crédits Dessins V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-33.jpg
Fichier image/jpeg, 80k
Titre Fig. 26 – Outil en phyllade du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits Dessin V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-34.jpg
Fichier image/jpeg, 97k
Titre Tabl. 9 – Gestion des matières premières de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet, M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-35.jpg
Fichier image/jpeg, 397k
Titre Tabl. 10 – Stratégies d’acquisition des matières premières de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet, M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-36.jpg
Fichier image/jpeg, 408k
Titre Fig. 27 – Outils du Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende 1. Meule, structure 4 ; 2. Molette, structure 4 ; 3. Polissoir-abraseur, structure 54.
Crédits Dessins C. Monchablon
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-37.jpg
Fichier image/jpeg, 104k
Titre Fig. 28 – Objet de parure et autre objet de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits Clichés S. Bonnardin
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-38.jpg
Fichier image/jpeg, 35k
Titre Tabl. 11 – Liste des espèces, habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits L. Hachem
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-39.jpg
Fichier image/jpeg, 196k
Titre Tabl. 12 – Nombre de restes par espèce et par structure de l’habitat Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits L. Hachem
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-40.jpg
Fichier image/jpeg, 381k
Titre Tabl. 13 – Vue synthétique des prélèvements (densités de carporestes/litre par période chronologique et par type de structure), Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende Trois structures n’ont pas été prises en compte, car elles n’ont pas d’attribution chronologique.
Crédits L. Berrio, J. Wiethold
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-41.jpg
Fichier image/jpeg, 470k
Titre Tabl. 14 – Résultats carpologiques des structures attribuées au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-42.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Tabl. 14 – Résultats carpologiques des structures attribuées au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (suite).
Légende agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-43.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Tabl. 14 – Résultats carpologiques des structures attribuées au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (fin).
Légende agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-44.jpg
Fichier image/jpeg, 1,4M
Titre Fig. 29 – Pourcentages des macrorestes végétaux par groupe fonctionnel de plantes, datés du Grossgartach (n = 87), Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits L. Berrio, J. Wiethold
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-45.jpg
Fichier image/jpeg, 32k
Titre Tabl. 15 – Résultats anthracologiques, charbons de bois en nombre de fragments, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende Tamis 1 mm.
Crédits A. Salavert
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-46.jpg
Fichier image/jpeg, 350k
Titre Fig. 30 – Plan de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-47.jpg
Fichier image/jpeg, 42k
Titre Fig. 31 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune et torchis de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-48.jpg
Fichier image/jpeg, 24k
Titre Fig. 32 – Plan et coupes du complexe IX, structures 5-6, 6bis, 19, 47, 50-51, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.-F. André, cliché V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-49.jpg
Fichier image/jpeg, 177k
Titre Fig. 33 – Plan et coupes du complexe X, structures 14, 16, 18, 34-37, 39-41, 43, 46, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.‑F. André
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-50.jpg
Fichier image/jpeg, 207k
Titre Fig. 34 – Plan et coupes du complexe X, structures 14, 16, 18, 35, 41, 43, 46, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.F. André
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-51.jpg
Fichier image/jpeg, 147k
Titre Fig. 35 – Plan et coupes du complexe XI, structures 22, 30, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.-F. André
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-52.jpg
Fichier image/jpeg, 102k
Titre Fig. 36 – Plan et coupes du complexe XII, structures 28-29, 31-33, 44, de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, M.‑F. André
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-53.jpg
Fichier image/jpeg, 102k
Titre Fig. 37 – Les dégraissants et les modes de cuisson, céramique Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits R. Prouteau
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-54.jpg
Fichier image/jpeg, 54k
Titre Fig. 38 – Les formes ouvertes Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M. -F. André, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-55.jpg
Fichier image/jpeg, 50k
Titre Fig. 39 – Les formes fermées Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M.‑F. André, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-56.jpg
Fichier image/jpeg, 145k
Titre Fig. 40 – Les formes fermées Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M.‑F. André, dessins S. Baccega, cliché V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-57.jpg
Fichier image/jpeg, 93k
Titre Fig. 41  Les vases décorés, céramique Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M.‑F. André, dessins S. Baccega, clichés V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-58.jpg
Fichier image/jpeg, 132k
Titre Tabl. 16 – Bilan des provenances des matériaux déterminés parmi le corpus lithique des structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-59.jpg
Fichier image/jpeg, 371k
Titre Fig. 42 – Cartographie des provenances des matériaux siliceux identifiés parmi le corpus lithique des structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-60.jpg
Fichier image/jpeg, 167k
Titre Fig. 43 – Proportions des différents matériaux siliceux identifiés dans les structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-61.jpg
Fichier image/jpeg, 45k
Titre Fig. 44 – Répartition spatiale des différents matériaux siliceux identifiés parmi les corpus lithiques des structures datées du Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO J. Dolata, V. Brunet, M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-62.jpg
Fichier image/jpeg, 100k
Titre Tabl. 17 – Catégories technologiques, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-63.jpg
Fichier image/jpeg, 405k
Titre Fig. 45 – Planche lithique de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende 1. Nucléus en silicite de Boucheporn ; 2. Lame à retouche oblique en silex crétacé des Marais de Saint-Gond (Marne) ; 3. Pièce esquillée en silex crétacé des Marais de Saint-Gond (Marne) ; 4. Armature triangulaire à base rectiligne (origine indéterminable) ; 5. Fragment mésio laminaire en crétacé des Marais de Saint-Gond (Marne) ; 6. Chute de burin en silex crétacé de la vallée de l’Yonne.
Crédits Dessins V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-64.jpg
Fichier image/jpeg, 94k
Titre Tabl. 18 – Gestion des matières premières de l’habitat Bischheim Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet, M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-65.jpg
Fichier image/jpeg, 383k
Titre Tabl. 19 – Stratégies d’acquisition des matières premières de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet, M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-66.jpg
Fichier image/jpeg, 437k
Titre Fig. 46 – Outils de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende 1. Molette, structure 6 ; 2. Molette, structure 6 ; 3. Abraseur à cupule, structure 35.
Crédits Dessins C. Monchablon
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-67.jpg
Fichier image/jpeg, 64k
Titre Fig. 47 – Objets de parure et lest de filet, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits Clichés S. Bonnardin, V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-68.jpg
Fichier image/jpeg, 50k
Titre Tabl. 20 – Répartition spatiale du torchis, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-69.jpg
Fichier image/jpeg, 428k
Titre Tabl. 21 – Liste des espèces, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits L. Hachem
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-70.jpg
Fichier image/jpeg, 173k
Titre Tabl. 22 – Nombre de restes par espèce et par structure de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits L. Hachem
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-71.jpg
Fichier image/jpeg, 401k
Titre Tabl. 23 – Décomptes des carporestes carbonisés en nombre minimum d'individus (NMI) de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-72.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
Titre Tabl. 23 – Décomptes des carporestes carbonisés en nombre minimum d'individus (NMI) de l’habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (fin).
Légende agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-73.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 48 – Groupes fonctionnels de macrorestes végétaux de l’occupation Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits L. Berrio, J. Wiethold
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-74.jpg
Fichier image/jpeg, 30k
Titre Fig. 49 – Pourcentages de céréales de l’occupation Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits L. Berrio, J. Wiethold
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-75.jpg
Fichier image/jpeg, 39k
Titre Tabl. 24 – Résultats anthracologiques, charbons de bois en nombre de fragments, habitat Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende Tamis 1 mm.
Crédits A. Salavert
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-76.jpg
Fichier image/jpeg, 336k
Titre Fig. 50 – Plan et coupe du silo no 23, occupation campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M.-F. André, J. Dolata, cliché V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-77.jpg
Fichier image/jpeg, 237k
Titre Fig. 51 – Plan et coupe de la structure de combustion no 24, occupation campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M.-F. André, J. Dolata, cliché V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-78.jpg
Fichier image/jpeg, 117k
Titre Tabl. 25 – Macrorestes végétaux de l’époque Campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-79.jpg
Fichier image/jpeg, 1,6M
Titre Tabl. 25 – Macrorestes végétaux de l’époque Campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (suite).
Légende agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-80.jpg
Fichier image/jpeg, 1,6M
Titre Tabl. 25 – Macrorestes végétaux de l’époque Campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle) (fin).
Légende agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-81.jpg
Fichier image/jpeg, 1,7M
Titre Fig. 52 – Groupes fonctionnels de plantes attestées de l’époque campaniforme, macrorestes végétaux de l’époque campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits L. Berrio, J. Wiethold
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-82.jpg
Fichier image/jpeg, 35k
Titre Fig. 53 – Pourcentages de céréales de l’époque campaniforme, macrorestes végétaux de l’époque campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits L. Berrio, J. Wiethold
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-83.jpg
Fichier image/jpeg, 48k
Titre Tabl. 26 – Résultats anthracologiques, charbons de bois en nombre de fragments, occupation campaniforme, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende Tamis 1 mm.
Crédits A. Salavert
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-84.jpg
Fichier image/jpeg, 445k
Titre Fig. 54 – Fréquence relative de chaque taxon par rapport au nombre total de fragments identifiés par période chronologique, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits A. Salavert
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-85.jpg
Fichier image/jpeg, 51k
Titre Tabl. 27 – Comparaisons des profondeurs des fosses polylobées de Lorraine, d’Alsace et des Vosges, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-86.jpg
Fichier image/jpeg, 1,6M
Titre Fig. 55 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune, torchis, mouture, industrie lithique et céramique par complexe de fosses Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-87.jpg
Fichier image/jpeg, 42k
Titre Fig. 56 – Quantités de rejets céramiques, lithiques, faune, torchis, mouture, industrie lithique et céramique par complexe de fosses Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits V. Brunet
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-88.jpg
Fichier image/jpeg, 42k
Titre Tabl. 28 – Bilan de l’approvisionnement en matériaux siliceux au Grossgartach, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-89.jpg
Fichier image/jpeg, 110k
Titre Tabl. 29 – Bilan de l’approvisionnement en matériaux siliceux au Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-90.jpg
Fichier image/jpeg, 110k
Titre Fig. 57 – Approvisionnement en matériaux siliceux au Grossgartach et au Bischheim, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits DAO M. Imbeaux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-91.jpg
Fichier image/jpeg, 42k
Titre Fig. 58 – Composition des deux séries exprimées en nombre de restes, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Crédits C. Monchablon
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-92.jpg
Fichier image/jpeg, 32k
Titre Tabl. 30 – Synthèse des résultats carpologiques par période chronologique, Saint-Julien-lès-Metz « Ferme de Grimont » (Moselle).
Légende agg. = aggregatio (agrégation) ; cf. = confer (détermination incertaine) ; l.s. = lato sensu (au sens large) ; sp. = species (espèces) ; NMI = nombre minimum d'individus.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/docannexe/image/4290/img-93.jpg
Fichier image/jpeg, 1,6M
Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Véronique Brunet, Ginette Auxiette, Laura Berrio, Sandrine Bonnardin, Nicolas Cayol, Miriam Cubas, Anthony Denaire, Lamys Hachem, Marie Imbeaux, Denis Maréchal, Cécile Monchablon, Joël Rolet, Yvan Pailler, Aurélie Salavert et Julian Wiethold, « L’habitat lorrain du Néolithique moyen et final de Saint-Julien-lès-Metz en Moselle »Gallia Préhistoire [En ligne], 64 | 2024, mis en ligne le 29 avril 2024, consulté le 24 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/galliap/4290 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/galliap.4290

Haut de page

Auteurs

Véronique Brunet

Inrap centre archéologique de Centre-Île-de-France, Croissy-Beaubourg, UMR 8215 Trajectoires. De la sédentarisation à l’État, Centre de Recherche, Université de Paris 1 -CNRS, Paris – France

Ginette Auxiette

Inrap centre archéologique des Hauts-de-France, Soissons, UMR 8215 Trajectoires. De la sédentarisation à l’État, Centre de Recherche, Université de Paris 1 - CNRS, Paris – France

Laura Berrio

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR 8215 « Trajectoires ». De la sédentarisation à l’État, UMR 7041 « ArScAn » équipe Archéologies environnementales, Maison des Sciences de l’Homme Mondes, Université de Paris 1 - CNRS, Nanterre – France

Sandrine Bonnardin

Université de Nice Sophia Antipolis, Cultures - Environnements. Préhistoire, Antiquité, Moyen-Âge, Nice | CEPAM UMR 7264, Université Nice Sophia Antipolis, Pôle Universitaire Saint-Jean d’Angély, SJA 3 – CEPAM UMR7264 – CNRS – UNS, Nice

Nicolas Cayol

Inrap centre archéologique des Hauts-de-France, Passel, UMR 8215 Trajectoires. De la sédentarisation à l’État, Centre de Recherche, Université de Paris 1 - CNRS, Paris – France

Articles du même auteur

Miriam Cubas

University of York, Heslington – Angleterre | University of Oviedo, Oviedo – Espagne

Anthony Denaire

Université de Bourgogne, UMR 6298 Artehis, Dijon – France

Articles du même auteur

Lamys Hachem

Inrap centre archéologique de Centre-Île-de-France, Pantin, UMR 8215 Trajectoires. De la sédentarisation à l’État, Université de Paris 1 -CNRS, Paris – France

Marie Imbeaux

Université de Bourgogne, UMR 6298 ARTEHIS, Dijon – France

Denis Maréchal

Inrap centre archéologique des Hauts-de-France, Soissons – France

Cécile Monchablon

Inrap centre archéologique de Rhône-Alpes, Valence, UMR 8215 Trajectoires. De la sédentarisation à l’État, Université de Paris 1 -CNRS, Paris – France

Joël Rolet

Université de Bretagne Occidentale, Laboratoire Géo Océan (UMR 6538) Institut universitaire européen de la mer, Plouzané – France

Yvan Pailler

CPJ Archéologie des sociétés littorales, Université de Bretagne Occidentale, UMR 6554 LETG (UBO, univ. Rennes 1, univ. Nantes), Institut universitaire européen de la mer, Plouzané – France

Aurélie Salavert

UMR 7209 Archéozoologie, Archéobotanique : Sociétés, Pratiques et Environnements (AASPE, MNHN, CNRS), AASPE, Paris – France

Julian Wiethold

Inrap Direction scientifique et technique, Cellule d’économie végétale et environnement (CEVE), Laboratoire archéobotanique, Metz, UMR 6298 ArTeHiS, Laboratoire archéobotanique, Dijon – France

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search