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Karkemish sur la frontière syro-turque un marqueur au service des ambitions territoriales de l’État turc

Karkemish on the Syrian-Turkish Border: A Marker for the Territorial Ambitions of the Turkish State
Lorette Hehn

Résumés

En 2011, le site archéologique transfrontalier de Jerablous pour les Syriens et de Karkemish pour les Turcs s’étend à 60 % en territoire turc. Malgré les combats, une seule mission archéologique y poursuit des fouilles jusqu’en 2017, à quelques dizaines de mètres de l’organisation État islamique (Daech), et avec la bienveillance de l’État turc. Car le site multimillénaire de Karkemish sur l’Euphrate recèle un patrimoine hittite que la mission turco-italienne se charge de fouiller et valoriser. Or depuis le démantèlement de l’Empire ottoman, l’État turc revendique l’héritage de l’Empire hittite à des fins territoriales. Le cas du site archéologique de Karkemish permet d’explorer la notion de marqueur territorial.

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Texte intégral

  • 1 Marchetti 2012.
  • 2 Le poste-frontière de Jerablous est successivement contrôlé par l’Armée Syrienne Libre en juillet  (...)

1Dès l’âge du Bronze, Karkemish sur l’Euphrate doit l’importance de ses relations commerciales à son emplacement géographique central1. Trois millénaires plus tard, à partir de 2011, les factions armées2 se disputent le contrôle du poste-frontière de Jerablous, essentiel à l’économie de guerre. À un kilomètre de là, le site archéologique transfrontalier de Jerablous-Tahtani pour les Syriens et de Karkemish pour les Turcs s’étend à 60 % en territoire turc.

2Le site occupé par une mission archéologique turco-italienne semble épargné par les protagonistes du conflit syrien : pourquoi et comment ? Ce chantier de fouilles fait écho à celui mené par T.E. Lawrence un siècle plus tôt sur le même site de Karkemish et à son intérêt stratégique pour les belligérants d’alors… Le cas de Karkemish illustre un usage politique de l’archéologie : celui de marqueur territorial au service des ambitions d’un État.

Karkemish : 1911‑2011

L’intérêt stratégique d’un site archéologique transfrontalier en temps de crise : Karkemish à la veille de la Grande Guerre

  • 3 Brillet 2016 ; Minassian 2015.
  • 4 Pongiluppi 2015 ; Ediger et Bowlus 2020.
  • 5 Laurens 2000.
  • 6 Laurens 2015.
  • 7 Richter 2008, p. 235.
  • 8 Gossman 2013, p. 107‑115
  • 9 Laurens 1992, p. 20.
  • 10 Tubb 2019, p. 153.

3En 1911, à la veille de la Première Guerre mondiale, l’Allemand Max von Oppenheim et les Britanniques Thomas Edward Lawrence et Leonard Woolley opèrent des fouilles respectivement à Tell Halaf et Karkemish. On sait que ces archéologues renseignent leurs gouvernements respectifs représentés au Caire. L’ouverture simultanée des deux chantiers de fouilles coïncide avec la construction du Bagdadbahn ou BBB (Berlin-Byzance-Bagdad) reliant la Méditerranée au golfe Persique. La voie ferrée représente « un enjeu diplomatique majeur3 » : à la fois militaire pour la puissance ottomane vieillissante soucieuse de faciliter le déploiement de ses troupes dans cette région aux marges de l’Empire, économique pour les Allemands qui, ayant obtenu des concessions sur les matières premières de la région, ont besoin d’infrastructures pour les transporter4 ; stratégique pour les Britanniques, inquiets de la menace du BBB sur le canal de Suez et la route des Indes terrestre et maritime5. Tell Halaf et Karkemish, opportunément localisés de part et d’autre de la voie ferrée qui traverse le site de Karkemish, offrent des postes d’observation de premier plan à Oppenheim et Lawrence. Les deux chantiers – archéologique et ferroviaire – se disputent âprement la main-d’œuvre et les ressources locales tout en observant la situation morale et logistique du camp adverse. Une activité peut en cacher une autre6 : les compétences linguistiques, la topographie, la photographie, la réalisation de descriptions détaillées ou de croquis, la rédaction de rapports, les contacts personnels et une connaissance fine de la géographie fournissent autant de données7 susceptibles d’intéresser les États-majors. Depuis Tell Halaf, Oppenheim entend établir le tracé potentiel du BBB et identifier de potentiels gisements d’hydrocarbures de part et d’autre du tracé de la voie ferrée8. Tandis qu’à Karkemish, les relevés archéologiques de la mission de Lawrence se doublent de relevés cartographiques pour évaluer le degré d’achèvement des travaux du BBB9. Le double jeu des archéologues pourrait expliquer l’écart entre les importants moyens financiers (25 000 livres) et humains (jusqu’à 200 ouvriers) alors accordés à la mission de Karkemish et les modestes résultats archéologiques obtenus10.

  • 11 Klock-Fontanille 2012.
  • 12 Rey 2018.

4En 1914, les deux chantiers s’interrompent. Mais l’exploitation des découvertes archéologiques et cartographiques ne fait que commencer et va déterminer les stratégies militaires des parties puis des décennies plus tard, les revendications territoriales de la Turquie. Grâce à l’alliance germano-ottomane, l’étude de la civilisation hittite devient le précarré des archéologues allemands11. L’antériorité de l’empire prestigieux des Hittites – ancêtres revendiqués par les Turcs – sera un argument du gouvernement de Mustafa Kemal Atatürk en faveur de l’intégrité du territoire turc à l’issue de la Grande Guerre et posera les fondations des ambitions territoriales ultérieures de Receyp Tayep Erdoğan. La frontière syro-turque, suivant le tracé du BBB et entérinée en 1921 par l’accord de Franklin Bouillon, reste contestée par l’État turc et par les populations locales12.

Les enjeux d’une mission archéologique sur un site frontalier en temps de crise sécuritaire : Karkemish depuis 2011

  • 13 Les standards internationaux considèrent qu’un site est déminé lorsque 99,6 % des mines ont été re (...)
  • 14 Edgar Peltenburg et Tony Wilkinson sont à la tête de la mission archéologique de Jerablous Tahtani (...)
  • 15 C’est le cas notamment des missions syro-anglaise de Tell Brak ou syro-néerlandaise de Tell Sabi A (...)
  • 16 Entretien privé accordé à l’autrice.

5Lorsqu’en février 2011, la mission turco-italienne inaugure le chantier de fouilles de la ville intérieure de Karkemish, située en Turquie, seuls 66 des 90 hectares du site sont déminés13. Le mois suivant, le déclenchement de la crise syrienne met fin à la mission syro-anglaise à Jerablous-Tahtani14 dans le prolongement de la ville extérieure de Karkemish située de l’autre côté de la frontière, en Syrie. Si les missions archéologiques étrangères quittent la Syrie15, pourquoi la mission turco-italienne maintient-elle son activité à Karkemish ? Lors d’une conférence donnée en 2018 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Nicolò Marchetti, directeur de la mission de Karkemish, expose les résultats des fouilles sans que soient évoquées les difficultés d’ordre politique ou sécuritaire rencontrées par les archéologues. Selon Nicolò Marchetti16, l’organisation État islamique (EI) était installé à 20 mètres du lieu des fouilles, mais il ne précise pas les conditions de la coexistence entre son équipe et les djihadistes dont il a été prouvé qu’ils se finançaient par le trafic d’antiquités. Quand l’État turc autorise le déroulement d’une mission archéologique supervisée par ses fonctionnaires archéologues ou militaires, sur un site localisé dans une région qu’il revendique et qui plus est dans une zone de conflit, il est permis de s’interroger sur la nature des objectifs de la mission : nationalistes ou scientifiques ?

  • 17 Voir les articles « Gaziantep'te Tarihi Eser Kaçakçılıği (Contrebande d'objets historiques à Gazia (...)
  • 18 Wilkinson, Peltenburg et Wilkinson 2016.
  • 19 Suarez-Mansilla 2018, p. 19‑20
  • 20 Sabrine et Brodie 2018

6Karkemish est localisé à moins d’un kilomètre du poste-frontière de Jerablous tenu par l’organisation État islamique entre juillet 2013 et août 2016, poste par lequel auraient transité, parmi d’autres antiquités, celles pillées à Palmyre17. Les relevés de la mission turco-italienne font notamment état de vestiges témoignant de la présence hellénistique et romaine sur la partie syrienne du site de Karkemish18. Pourquoi l’État turc, qui a ratifié la convention de 1970 de l’Unesco et qui contrôle le poste-frontière conjointement avec l’opposition syrienne depuis août 2016, autorise-t-il l’importation et la libre circulation d’antiquités sur son territoire19 ? Plusieurs témoignages recueillis à l’été 2016 relatent « l’indifférence » des autorités turques vis-à-vis des pillages archéologiques perpétrés par les habitants ou les groupes armés dans la région, certains admettant même avoir profité de la corruption des autorités turques pour exporter des antiquités issues de Syrie vers la Turquie20.

  • 21 Gaborit 2015.
  • 22 Selon l’article de l’Associated Press de 2014 « Karkemish archaeologists dig meters away from Isis (...)
  • 23 Spencer R. 2014, « Archaeological site uncovered by Lawrence of Arabia to be opened under the eyes (...)
  • 24 Bonini Baraldi et al. 2013, p. 730.
  • 25 Atakuman 2017.
  • 26 Arkan et Kinacioglu 2016, p. 384.

7Outre son emplacement de part et d’autre d’une frontière, le site archéologique de Karkemish présente quelques singularités. Le site couvre une vaste étendue fortifiée comprenant une colline – ou tell – sur laquelle une acropole, également fortifiée, domine l’Euphrate d’une cinquantaine de mètres, offrant une visibilité à 25 km sur les plaines environnantes21. Cinq cents soldats turcs y stationneraient depuis 2011, notamment pour assurer la sécurité du site et de la mission turco-italienne22. En 2014, on annonce que le parc archéologique de Karkemish sera flanqué d’un mur anti-explosif haut de quatre mètres pour permettre son ouverture aux touristes23. L’autorité exercée par le ministère de la Défense sur les sites archéologiques en zone frontalière24, comme le durcissement du contrôle sur les fouilles et recherches archéologiques depuis la tentative de coup d’État de 201625, renforce l’hypothèse selon laquelle la politique archéologique sert des préoccupations sécuritaires et les ambitions géopolitiques de l’État turc. En d’autres termes, « la politique étrangère et les représentations identitaires visent ensemble à répondre à un besoin sécuritaire collectif [… garanti par] la capacité des décideurs politiques à construire un discours identitaire qui légitime leur politique étrangère26 ».

Les conclusions controversées de la mission archéologique turco-italienne

  • 27 Marchetti et Peker 2018 ; Marchetti 2014 et 2012.

8Dans ses rapports de fouilles27, l’équipe turco-italienne de Karkemish affirme que la continuité culturelle entre l’âge du Bronze et l’âge du Fer se double d’une continuité politique. Ainsi, des Hittites descendants de la dynastie impériale exerçaient une domination politique dans la région jusqu’au début du viiie siècle av. n.è. où elle passe sous contrôle assyrien : l’Empire hittite aurait contrôlé les provinces du nord de la Syrie jusqu’à la fin de l’âge du Bronze et après la dissolution de l’Empire hittite à l’âge du Fer, des successeurs de la dynastie impériale hittite se seraient établis à Karkemish, capitale des territoires « néo-hittites » entre l’Anatolie du Sud-Est et la Syrie du Nord.

  • 28 Novak 2019, p. 105.
  • 29 Novak 2019, p. 105.
  • 30 Matney 2011.
  • 31 Mazzoni 2014.
  • 32 Mazzoni 2014, p. 683.

9Or ces cités-États, qualifiées de « néo-hittites », car elles perpétuent les traditions hittites impériales notamment architecturales et linguistiques, coexistent avec d’autres entités politiques notamment araméennes dès le début de l’âge du Fer. C’est ce que corrobore l’historiographie archéologique qui « peine à trouver un terme adéquat28 » pour désigner la même période et le même périmètre géographique. Ainsi, l’espace frontalier entre le sud-est de l’Anatolie et le nord de la Syrie à l’âge du Fer est alternativement qualifié par les chercheurs d’espace « syro-anatolien », « louvito-araméen »29, « syro-hittite », « néo-hittite »30, « araméen »31 ou encore « néo-syrien »32.

  • 33 Novak 2005 et 2019 ; Aro 2013 ; Herrmann 2019.
  • 34 Bryce 2014 p. 104‑105.

10Les résultats de l’équipe turco-italienne s’appuient sur des inscriptions hiéroglyphiques figurant sur des fragments isolés. Curieusement, les hypothèses soulevées par d’autres spécialistes qui nuancent la continuité hittite entre la fin de l’âge du Bronze et le début de l’âge du Fer à Karkemish ne sont pas explorées par l’équipe turco-italienne33. Trevor Bryce confirme que « l’ensemble des nouveaux dirigeants des royaumes néo-hittites [de Syrie du Nord et d’Anatolie du Sud-Est] ont continué à utiliser les traditions impériales hittites comme moyen de légitimer leurs autorités » en précisant que « ces anciennes traditions impériales ont été maintenues par tous les dirigeants, quelles que soient leurs origines ethniques » y compris par les royaumes araméens « jusqu’à ce que le dernier royaume néo-hittite ait disparu »34.

  • 35 Voir Van den Hout 2011
  • 36 Glatz 2011, p. 878.
  • 37 Casana 2017, p. 169.

11Claudia Glatz relativise d’ailleurs la suprématie de l’Empire hittite : la perspective fournie par les sources textuelles35, qui se composent essentiellement de correspondances diplomatiques ou de récits historiographiques, « ne peut évidemment pas être considérée a priori comme représentative de la totalité de l’organisation impériale hittite36 ». L’organisation économique ou politique de l’Empire au quotidien n’y est pas explorée. Ces sources restituent un modèle d’interactions impériales unique sans renseigner sur la façon dont les politiques impériales étaient mises en œuvre : leurs modalités (indirecte ou hégémonique) et leurs conséquences sur l’organisation et l’identité des sociétés (subordonnées ou environnantes). Ce constat est partagé par Jesse Casana du département d’archéologie de Dartmouth, qui souligne que « si l’influence politique hittite est historiquement bien attestée [dans la région frontalière syro-turque] […] les preuves archéologiques hittites y restent largement insuffisantes37 ».

L’archéologie hittite et néo-hittite au service de l’irrédentisme turc

Les idéologies Mavi Vatan en Méditerranée orientale et néo-ottomane en Syrie du Nord

  • 38 Balci 2019, p. 137.
  • 39 Caillaud 2020.
  • 40 Tayla 2020
  • 41 Josseran 2018.
  • 42 Schmid 2014.
  • 43 Tayla 2020.
  • 44 Tayla 2020.
  • 45 Les opérations Bouclier de l’Euphrate en 2016 et Rameau des Oliviers en 2018, Source de paix en 20 (...)
  • 46 Tayla 2020.
  • 47 Moyeuvre 2020, p. 27 ; Rebière 2018, p. 120 ; Winrow 2013, p. 154.
  • 48 Roussel 2014.

12Le lancement des chantiers de fouilles en 2006 visant les occupations hittites aux abords de la Méditerranée orientale et de la Syrie du Nord, exposé ci‑après, coïncide avec l’émergence, la même année, de l’idéologie nationaliste dite Mavi Vatan (ou Patrie bleue), une branche de l’eurasisme qui puise ses racines de façon réinterprétative aux premiers temps de la république d’Atatürk38. Énoncée pour la première fois en 2006 par Cem Gurdeniz, alors contre-amiral de la marine turque, cette « nouvelle stratégie géopolitique39 » prône « une défense plus active40 » des intérêts turcs en Méditerranée orientale. À l’instar du néo-ottomanisme fondé sur la « profondeur historique et géographique » de la Turquie41, le Mavi Vatan résulte du « syndrome du Sèvres » ou « la hantise de la perte » qui se caractérise par une obsession sécuritaire supposée garantir l’intégrité du territoire voire récupérer les territoires perdus42. Si le Mavi Vatan et le néo-ottomanisme appuient les prétentions territoriales de l’État turc en Méditerranée orientale et en Syrie du Nord, leurs moyens diffèrent. Tandis que la première repose sur la diplomatie et sur le soft power, la seconde préconise le recours à la force (hard power), voire à la menace. À partir de 2011, et plus encore après la tentative de coup d’État de 2016, la doctrine du Mavi Vatan forme l’un des axes prioritaires de la politique étrangère de R.T. Erdoğan. Au plan géostratégique, les deux doctrines « complémentaires43 » se recoupent et lient la Méditerranée et la Syrie. Le passage du néo-ottomanisme au Mavi Vatan se traduit par « l’adoption définitive d’une stratégie fondée sur le hard power […] tout en mettant en vitrine les idées générales du [néo-ottomanisme]44 ». Avec les opérations militaires au nord-ouest puis au nord-est de la Syrie depuis 201645, l’État turc espère priver d’accès à la Méditerranée un éventuel Kurdistan autonome établi entre l’Anatolie du Sud-Est et le Nord syrien46. Simultanément, il fait valoir ses droits sur les ressources en hydrocarbures en Méditerranée orientale et cherche à sécuriser le terminal pétrolier de Ceyhan47. Ce projet n’est pas nouveau : dès 2012, le chef d’État turc menace Bachar al Assad d’entrer en Syrie « pour établir une zone de sécurité à la frontière nord du pays et protéger les populations syriennes48 ».

  • 49 Caillaud 2020.
  • 50 Eldem 2000.
  • 51 Parlar Dal 2010, p. 92.
  • 52 Goode 2007, p. 66.
  • 53 Copeaux 2016.
  • 54 Copeaux 2016.
  • 55 Les anciennes provinces ottomanes situées à l’ouest sont octroyées aux Grecs et aux Italiens, cell (...)
  • 56 Gerwarth 2017, p. 290.
  • 57 Flateau, 2016.
  • 58 Copeaux 2002.
  • 59 Goode 2007, p. 57.
  • 60 Khoury 2012.
  • 61 Cité dans Khoury 2012.

13Faute d’identité méditerranéenne, l’État turc revendique l’héritage du prestigieux Empire hittite pour asseoir ses ambitions en Méditerranée orientale et en Syrie du Nord et renouer avec une « civilisation » et une « géopolitique méditerranéenne », selon les termes du kémaliste Cem Gurdeniz49. Grâce à ses conquêtes de la Syrie, de l’Égypte et de Chypre (1516‑1571), l’Empire ottoman constituait une puissance maritime. L’issue de la Première Guerre mondiale transforme l’empire, qui, privé d’accès à la mer, se transforme en puissance continentale50. En 1918, lors de la bataille d’Alep, Mustafa Kemal tente de repousser les frontières du sud-est de l’Anatolie. Si, après la guerre d’indépendance turque (1919‑1923) et l’annexion du sandjak d’Alexandrette (1939) menées par Mustafa Kemal, la Turquie recouvre son accès à la Méditerranée, cet épisode reste pour la Turquie « synonyme de défaite51 ». Pour rappel, ce mode opératoire est étroitement associé aux années qui suivent l’avènement de la République turque : Atatürk cherche alors à légitimer son autorité au centre puis aux marches de l’Anatolie52. La Société turque des recherches historiques, directement contrôlée par le secrétariat de la présidence de la République53, théorise alors un lien entre le peuple turc et les Hittites dont la civilisation s’est diffusée au IIe millénaire av. n.è. au centre de l’Anatolie. C’est un choix judicieux : les supposés ancêtres des Turcs viendraient ainsi de la région de la capitale de la nouvelle république. Ce « coup d’État culturel » ou « coup d’État en histoire »54 procède déjà du « syndrome de Sèvres ». Ce dernier renvoie au traité de Sèvres qui réduit l’empire à l’Anatolie centrale et partage le reste du territoire entre les peuples qui l’occupaient55. En janvier 1920, le Pacte national ou Misak‑i Milli conteste les termes de l’armistice de Moudros de 1918 entre l’Empire ottoman et les Alliés : il « exige que des référendums soient organisés dans tous les anciens territoires ottomans afin de déterminer s’ils souhaitent ou non faire partie de l’Empire », notamment en Syrie et en Irak56. Ce pacte est voté par les députés nationalistes turcs, Mustafa Kemal en tête qui, lors de la bataille d’Alep de 1918, tente déjà de repousser les frontières du sud-est de l’Anatolie57. Or, dix mois après le Pacte national, en août 1920, le traité de Sèvres achève le démembrement de l’Empire ottoman au profit des vainqueurs. Le « syndrome de Sèvres » s’illustre ainsi par une nette montée en puissance du nationalisme. L’identité turque se construit en fonction des auteurs et bénéficiaires du traité de Sèvres. Le jeune État turc s’efforcent de compenser par des racines historiques le déracinement géographique : en « inventant des migrations néolithiques à la suite desquelles les Turcs auraient donné naissance à toutes les civilisations de l’Antiquité » telles que celles des Sumériens, Grecs ou Étrusques et en attribuant une origine turque aux Hittites, le récit des historiens kémalistes met en évidence l’antériorité absolue des Turcs sur les prestigieuses civilisations dont se réclament les Occidentaux ou leurs alliés voisins de la Turquie : Arabes, Arméniens ou Grecs, voire même Italiens58. Lors de son rattachement à la Turquie en 1939, la province d’Alexandrette est ainsi renommée Hatay en référence aux Hittites qui auraient exercé un contrôle sur le nord de la Syrie aux âges du Bronze et du Fer. Le terme « Hatay » n’a été inventé que pour rappeler aux Turcs leur lien avec les Hittites59. Avant de céder la province syrienne d’Alexandrette à la Turquie, la puissance mandataire y avait déjà autorisé « un régime administratif spécial » très favorable aux Turcs formant à peine 38 % de la population60. Le traité franco-turc Franklin-Bouillon déjà cité dispose en effet que : « Les habitants de race turque de [la] région [d’Alexandrette] jouiront de toutes les facilités pour le développement de leur culture. La langue turque y aura le caractère officiel61. » Le traité d’Angora (Ankara) de 1921 accorde les stations de la voie ferrée du BBB reliée au golfe d’Alexandrette.

  • 62 Edhem 2000, p. 27.
  • 63 Parlar Dal 2010, p. 87.
  • 64 Edhem 2000, p. 30.
  • 65 Eldem 2000, p. 29.

14La turquisation à l’œuvre depuis 2011 n’est donc pas nouvelle dans la région frontalière syro-turque. Mais jusqu’au début des années 2000, la Méditerranée reste largement absente de l’identité ou des représentations turques comme des discours politiques62 : si la Méditerranée n’est citée que pour valoriser la contribution turque à la civilisation méditerranéenne et justifier un rattachement à l’Occident63, l’Anatolie au sud et à l’est est considérée comme « tout sauf méditerranéenne »64. Dans ces régions, une « turcité méditerranéenne65 » fondée sur les Hittites et les Néo-Hittites se construit.

D’une politique culturelle néo-ottomane à une politique archéologique néo-hittite dans la région de Jerablous

  • 66 Sur cette question voir les article de Yégavian 2018 et V. Hugueux 2019, « L’obsession kurde d’Erd (...)
  • 67 Yuksel et Van Veen 2019.
  • 68 Voir sur cette question l’article de L. Stephan et M. Jégo 2020, « Ankara renforce son influence d (...)
  • 69 « We demonstrated Turkey’s power on Syrian territory », Anadolu Agency, 20 avril 2018, disponible (...)
  • 70 Voir l’article de 2019 de la BBC : « Explainer: The ‘Turkification’ of northern Syria », BBC, http (...)
  • 71 Spencer R. 2014, « Archaeological site uncovered by Lawrence of Arabia to be opened under the eyes (...)
  • 72 Seni 2016, p. 330.
  • 73 Polo et Ustel 2014, p.29.
  • 74 Marcou 2012
  • 75 Atakuman 2010, p. 116.
  • 76 Atakuman 2010, p. 116.
  • 77 Bischoff et Pérouse 2003.
  • 78 Alparslan 2017.
  • 79 Sagona et Zimansky 2009.
  • 80 Copeaux 2016.
  • 81 Glatz 2011.
  • 82 Boucly 2020.

15Pour R.T Erdoğan, il s’agit d’accélérer l’intégration politique et économique et l’assimilation culturelle dans le Nord-Ouest syrien, qui inclut la ville et le poste-frontière syrien de Jerablous sur l’Euphrate. Depuis 2018, l’État turc y exerce un contrôle direct : l’administration des villes syriennes est supervisée par les provinces turques du Hatay et de Gaziantep. L’unification du nord-ouest de la Syrie reposerait essentiellement sur le « consentement de la population », rendu possible par une compatibilité ethnique (turkmène, « à l’avant-garde la turcité »66) ou religieuse (sunnite) et la gratitude supposée des populations suite à l’intervention militaire turque67. L’État turc construit hôpitaux, universités, écoles et généralise l’usage de la livre turque68. Ce qui fait dire au maire de Gaziantep à propos de Jerablous : « la Turquie a prouvé sa puissance sur le territoire syrien69 ». À Jerablous, l’autorité turque n’est pas seulement politique ou militaire, elle a également le monopole des projets économiques et culturels70. Karkemish, dont la valorisation touristique est annoncée dès 2014, vidéo promotionnelle à l’appui, serait ainsi intégrée à un circuit au départ de Gaziantep71, récemment dotée d’un institut archéologique. Pour afficher les liens culturels et historiques entre la région de Gaziantep et le Nord syrien, le programme de visites intègre des mosquées ottomanes, le système de canalisation antique reliant la région de Gaziantep à Alep ou la gare ferroviaire de Karkemish à la veille de la Première Guerre mondiale. Ce programme reflète l’idéologie néo-ottomane de l’État turc qui place la Turquie au centre et l’État turc en leader de son environnement régional. Cette « ligne géoculturelle72 » fonderait le droit souverain pour l’État turc d’influencer et d’intervenir où et quand bon lui semble. Le néo-ottomanisme culturel du parti présidentiel, AK Parti, qui se caractérise par une « réhabilitation symbolique » du passé ottoman avec des projets « emblématiques » sans « référentiel cohérent, clair indiquant avec précision une direction à suivre »73 brandit l’image d’une communauté ottomane idéale, multiculturelle et donc tolérante envers les minorités74. Pour rappel, du milieu des années 1980 à la fin de la décennie 2000, la Turquie prépare sa candidature à l’Union européenne sur fond de dissensions sur les questions kurde et chypriote. Politique archéologique et diplomatie culturelle font déjà « partie intégrante de sa politique sécuritaire75 » du gouvernement d’Ankara. L’inscription à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco de nombreux sites classiques situés sur la côte occidentale turque laisse miroiter l’image d’une Turquie, « berceau des civilisations occidentales76 » au même titre que la Grèce. Dans le même temps, au sud et à l’est, le projet GAP, qui vise à construire des barrages hydrauliques, conduit à la submersion de centaines de sites archéologiques et culturels sous les lacs de retenue : finalement, seuls les vestiges du site archéologique hellénistique immergé d’Apamée-Zeugma seront valorisés au musée archéologique de Gaziantep77. Parallèlement à la politique culturelle néo-ottomane se développent une politique archéologique et une diplomatie culturelle qui ciblent les sites archéologiques hittites ou néo-hittites aux frontières méridionales de la Turquie. En 2015, quelques mois avant les opérations militaires turques en Syrie du Nord, la Turquie célèbre la « découverte [un siècle plus tôt] d’un empire anatolien » consacré par le déchiffrement de la langue hittite au musée archéologique d’Istanbul78. Les fouilles archéologiques, initiées à la veille du conflit syrien, préfigurent les ambitions turques en Méditerranée. Les recherches archéologiques se polarisent sur les vestiges hittites et néo-hittites alors même que les liens entre l’étude des Hittites et l’irrédentisme turc sont mis en évidence dans la littérature scientifique (« The archaeology of the Hittites is an archaeology of imperialism79 »). Déjà, dans les années qui suivent l’avènement de la République turque, une interprétation hâtive80, mais qui perdure, conduit l’État turc à revendiquer l’héritage hittite et sa grandeur, et ce, alors même qu’il est difficile d’établir une ligne de démarcation entre les Hittites et les populations non hittites en Anatolie81, comme évoqué plus haut. Comme Karkemish, la majorité des sites concernés marquent des emplacements géographiques stratégiques (Tell Tayinat, Yumuktepe, Kinet Hoyuk sur la Méditerranée orientale), et la moitié ont fait l’objet de fouilles archéologiques à la veille de conflits majeurs (Tell Tayinat, Yumuktepe, Sirkeli Hoyuk entre 1936 et 1939). La guerre en Syrie ne semble pas avoir interrompu les fouilles archéologiques d’Oylum Hoyuk situé à 7 km de la frontière syro-turque… Depuis 2012, l’État turc multiplie les demandes d’inscription à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco82. Parmi ces candidatures figurent des sites hittites ou néo-hittites qui se situent à proximité des frontières en particulier méridionales de la Turquie (entre le golfe d’Iskenderun sur la Méditerranée orientale et l’ouest de l’Euphrate) ce qui accrédite la thèse selon laquelle la stratégie sécuritaire de l’État turc dicte sa politique de valorisation archéologique. Sont concernés les sites archéologiques de Yesemek (2012), de Korykos, d’Ivriz et d’Arslantepe-Malatya (2014) et Karatepe-Aslantas et Domuztepe (2020).

16Les recherches archéologiques comme leurs valorisations accompagnent la turquisation opérée par Ankara dans les régions frontalières de la Syrie du Nord et de la Méditerranée orientale.

Karkemish, un marqueur territorial au service du hard power de l’État turc

  • 83 Schnapp 1998, p. 41.
  • 84 Payot 2010, p. 11.
  • 85 Braudel 1985, p. 167.
  • 86 Grataloup 1996.
  • 87 Foucher 2016, p. 341.
  • 88 Lacoste 2003, p. 193.
  • 89 Valter 2002.
  • 90 Luke et Kersel 2013, p. 79‑96 ; Kila 2011 ; Pollock 2016; Nemeth 2011.
  • 91 Nye 2003.

17Dans ce contexte, l’exploitation du site de Karkemish à partir de 2011 semble marquer un jalon dans la réappropriation d’un territoire : Karkemish servirait ainsi de marqueur territorial à l’État turc. En Turquie, les recherches archéologiques comme leur valorisation ne s’effectuent pas malgré les enjeux sécuritaires mais en raison des enjeux sécuritaires. Au gré des aléas de l’histoire, un État revendique un site, ou a minima une des strates d’un site, pour littéralement marquer son territoire. « Témoins des empires passés, les monuments légitiment les empires nouveaux83. » Les sites archéologiques laissent dans le sol d’un territoire convoité des preuves supposées inattaquables d’une occupation antérieure, dont les héritiers pourraient se prévaloir84. Si l’histoire soutient verticalement l’archéologie de sa profondeur historique jusqu’au temps présent, l’archéologie, ancrée dans le sol, appartient au moins autant, sur un axe horizontal, « au temps très long de la géographie85 ». Un site archéologique est à la fois de l’histoire inscrite dans un territoire et de l’espace inscrit dans le temps pour paraphraser Jean Grataloup, spécialiste de la géohistoire86. L’archéologie imprime un pouvoir sur un territoire. « Beaucoup de frontières sont d’abord des fronts, c’est-à-dire des lignes de confrontation entre des forces antagonistes […] qui cherchent à contrôler peuples et territoires87 ». L’archéologie fonde les représentations géopolitiques d’un État et traduit la façon dont il présente l’histoire traduit la façon dont il présente l’histoire88. Elle révèle en cela ses conflits territoriaux. Le cas de l’archéologie « syro-hittite » illustre ce conflit de représentations. Comme on l’observe dans le cas du site de Jerablous-Karkemish, l’archéologie fait l’objet de convoitises et de tensions entre pays voisins avec des tentatives tantôt de turquisation ou de syrianisation. Selon telle revendication et tel archéologue, les représentations à la fois partiales et conflictuelles d’un site mettent en lumière une strate tantôt syro-hittite, néo-hittite ou araméenne, en occultant voire en détruisant les strates supposées contradictoires. Les sites archéologiques tracent et marquent potentiellement un pouvoir sur un territoire : plus que des « symboles89 », ce sont des marqueurs territoriaux. Les archéologues et leurs recherches contribuent au hard power90 voire au smart power d’un État en opérant dans un contexte sécuritaire ou lors d’une intervention militaire91. Le smart power, qui combine le soft et le hard power, soutient la politique ou les actions extérieures d’un État. Si le soft power vise un usage symbolique des sites ou objets archéologiques, le hard power en a un usage matériel.

18L’augmentation des candidatures à la liste indicative du patrimoine mondial de l’Unesco de sites hittites ou néo-hittites depuis 2012 laisse supposer que l’État turc tentera d’y faire figurer Karkemish. Ankara pourrait alors se targuer d’avoir préservé les ruines du conflit syrien. Cette inscription pourrait neutraliser toute revendication de l’État syrien sur le site de Karkemish alors même que 40 % de ses vestiges archéologiques sont en territoire syrien…

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Winrow G.M. 2013, « The Southern Gas Corridor and Turkey’s Role as an Energy Transit State and Energy Hub », Insight Turkey 15/1, p. 145‑163, disponible sur : https://www.insightturkey.com/articles/the-southern-gas-corridor-and-turkeys-role-as-an-energy-transit-state-and-energy-hub.

Yégavian T. 2018, « La Turquie embourbée dans la crise syrienne », Les Cahiers de l’Orient 131, p. 83‑103, DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3917/lcdlo.131.0083.

Yüksel E. et Van Veen E. 2019, « Turkey in northwestern Syria. Rebuilding empire at the margins », CRU Policy Brief, 4 juin, disponible sur: https://www.clingendael.org/publication/turkey-northwestern-syria [consulté en octobre 2023].

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Notes

1 Marchetti 2012.

2 Le poste-frontière de Jerablous est successivement contrôlé par l’Armée Syrienne Libre en juillet 2012, puis par le front al Nosra la même année, l’organisation État islamique entre juillet 2013 et août 2016 et par l’opposition syrienne conjointement avec l’armée turque depuis août 2016.

3 Brillet 2016 ; Minassian 2015.

4 Pongiluppi 2015 ; Ediger et Bowlus 2020.

5 Laurens 2000.

6 Laurens 2015.

7 Richter 2008, p. 235.

8 Gossman 2013, p. 107‑115

9 Laurens 1992, p. 20.

10 Tubb 2019, p. 153.

11 Klock-Fontanille 2012.

12 Rey 2018.

13 Les standards internationaux considèrent qu’un site est déminé lorsque 99,6 % des mines ont été retirées.

14 Edgar Peltenburg et Tony Wilkinson sont à la tête de la mission archéologique de Jerablous Tahtani entre 2009 et 2010. Wilkinson, Wilkinson et Peltenburg 2011.

15 C’est le cas notamment des missions syro-anglaise de Tell Brak ou syro-néerlandaise de Tell Sabi Abyad près de la frontière turque.

16 Entretien privé accordé à l’autrice.

17 Voir les articles « Gaziantep'te Tarihi Eser Kaçakçılıği (Contrebande d'objets historiques à Gaziantep) », SonDakika, 30 août 2013, disponible sur: https://www.sondakika.com/haber/haber-gaziantep-te-tarihi-eser-kacakciligi-5002135/ [consulté en octobre 2023] ; « Turkish Culture minister: no tolerance for antiquity smuggling from Syria », Daily Sabah, 18 avril 2016, disponible sur : https://www.dailysabah.com/turkey/2016/04/18/turkish-culture-minister-no-tolerance-for-antiquity-smuggling-from-syria [consulté en octobre 2023].

18 Wilkinson, Peltenburg et Wilkinson 2016.

19 Suarez-Mansilla 2018, p. 19‑20

20 Sabrine et Brodie 2018

21 Gaborit 2015.

22 Selon l’article de l’Associated Press de 2014 « Karkemish archaeologists dig meters away from Isis controlled territory », CBC, 15 novembre, disponible sur : https://www.cbc.ca/news/world/karkemish-archaeologists-dig-metres-away-from-isis-controlled-territory-1.2836599 [consulté en octobre 2023].

23 Spencer R. 2014, « Archaeological site uncovered by Lawrence of Arabia to be opened under the eyes of Isil », The Telegraph, 22 novembre 2014, disponible sur : https://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/islamic-state/11247310/Archaeological-site-uncovered-by-Lawrence-of-Arabia-to-be-opened-under-the-eyes-of-Isil.html [accès restreint, consulté en octobre 2023].

24 Bonini Baraldi et al. 2013, p. 730.

25 Atakuman 2017.

26 Arkan et Kinacioglu 2016, p. 384.

27 Marchetti et Peker 2018 ; Marchetti 2014 et 2012.

28 Novak 2019, p. 105.

29 Novak 2019, p. 105.

30 Matney 2011.

31 Mazzoni 2014.

32 Mazzoni 2014, p. 683.

33 Novak 2005 et 2019 ; Aro 2013 ; Herrmann 2019.

34 Bryce 2014 p. 104‑105.

35 Voir Van den Hout 2011

36 Glatz 2011, p. 878.

37 Casana 2017, p. 169.

38 Balci 2019, p. 137.

39 Caillaud 2020.

40 Tayla 2020

41 Josseran 2018.

42 Schmid 2014.

43 Tayla 2020.

44 Tayla 2020.

45 Les opérations Bouclier de l’Euphrate en 2016 et Rameau des Oliviers en 2018, Source de paix en 2019 et Bouclier de la Méditerranée en 2020.

46 Tayla 2020.

47 Moyeuvre 2020, p. 27 ; Rebière 2018, p. 120 ; Winrow 2013, p. 154.

48 Roussel 2014.

49 Caillaud 2020.

50 Eldem 2000.

51 Parlar Dal 2010, p. 92.

52 Goode 2007, p. 66.

53 Copeaux 2016.

54 Copeaux 2016.

55 Les anciennes provinces ottomanes situées à l’ouest sont octroyées aux Grecs et aux Italiens, celles à l’est, aux Arméniens et celles du sud, aux Kurdes et aux Arabes, tandis que les détroits sont placés sous contrôle international.

56 Gerwarth 2017, p. 290.

57 Flateau, 2016.

58 Copeaux 2002.

59 Goode 2007, p. 57.

60 Khoury 2012.

61 Cité dans Khoury 2012.

62 Edhem 2000, p. 27.

63 Parlar Dal 2010, p. 87.

64 Edhem 2000, p. 30.

65 Eldem 2000, p. 29.

66 Sur cette question voir les article de Yégavian 2018 et V. Hugueux 2019, « L’obsession kurde d’Erdogan », L’Express, 16 octobre, disponible sur : https://www.institutkurde.org/info/l-express-lsobsession-kurde-dserdogan-1232551635.

67 Yuksel et Van Veen 2019.

68 Voir sur cette question l’article de L. Stephan et M. Jégo 2020, « Ankara renforce son influence dans les territoires syriens sous son contrôle », Le Monde, 6 juillet, disponible sur : https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/06/ankara-renforce-son-influence-dans-les-territoires-syriens-sous-son-controle_6045336_3210.html [accès restreint, consulté en octobre 2023] ; Yuksel et Van Veen 2019 ; Nasr 2018.

69 « We demonstrated Turkey’s power on Syrian territory », Anadolu Agency, 20 avril 2018, disponible sur : https://www.aa.com.tr/en/corporate-news/we-demonstrated-turkeys-power-on-syrian-territory/1123661 [consulté en octobre 2023].

70 Voir l’article de 2019 de la BBC : « Explainer: The ‘Turkification’ of northern Syria », BBC, https://monitoring.bbc.co.uk/product/c200m69u [consulté en octobre 2023].

71 Spencer R. 2014, « Archaeological site uncovered by Lawrence of Arabia to be opened under the eyes of Isil », The Telegraph, 22 novembre 2014, disponible sur : https://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/islamic-state/11247310/Archaeological-site-uncovered-by-Lawrence-of-Arabia-to-be-opened-under-the-eyes-of-Isil.html [accès restreint, consulté en octobre 2023].

72 Seni 2016, p. 330.

73 Polo et Ustel 2014, p.29.

74 Marcou 2012

75 Atakuman 2010, p. 116.

76 Atakuman 2010, p. 116.

77 Bischoff et Pérouse 2003.

78 Alparslan 2017.

79 Sagona et Zimansky 2009.

80 Copeaux 2016.

81 Glatz 2011.

82 Boucly 2020.

83 Schnapp 1998, p. 41.

84 Payot 2010, p. 11.

85 Braudel 1985, p. 167.

86 Grataloup 1996.

87 Foucher 2016, p. 341.

88 Lacoste 2003, p. 193.

89 Valter 2002.

90 Luke et Kersel 2013, p. 79‑96 ; Kila 2011 ; Pollock 2016; Nemeth 2011.

91 Nye 2003.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Lorette Hehn, « Karkemish sur la frontière syro-turque un marqueur au service des ambitions territoriales de l’État turc »Frontière·s [En ligne], 9 | 2023, mis en ligne le 20 décembre 2023, consulté le 16 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/frontieres/1798 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.35562/frontieres.1798

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Auteur

Lorette Hehn

Docteure en histoire contemporaine, École nationale des chartes, École pratique des hautes études

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