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Les Serments de Strasbourg dans la chronique de Nithard d’après le manuscrit BnF latin 9768 : histoire et enjeux de cette première citation

Sophie Glansdorff et Sabine Lardon
Référence(s) :

Nithardus, De dissensionibus filiorum Hludovici Pii libri quatuor (1-18r). Manuscrit BnF latin 9768, f. 13rv

Résumé

Cette étude s’insère dans le cadre du projet « Historiographie des Serments de Strasbourg ». Dans la continuité des études d’Armand Gasté et de C. W. Wahlund, il s’agit de parcourir, dans leur chronologie, les textes qui ont été les premiers à mentionner et à citer les Serments de Strasbourg afin de mesurer l’évolution de l’attention qu’on leur a accordée et de comprendre comment ce texte s’est peu à peu imposé, dans l’histoire de la langue française, comme la première attestation du (proto) français. La présente étude est consacrée à la première mention de ces serments, dans la chronique de Nithard. Elle retrace ainsi l’histoire de ce texte (variantes du nom de l’auteur, variantes du titre, histoire des manuscrits) avant d’aborder les enjeux linguistiques et politiques de la citation de ces serments en vieux-haut-allemand et en roman.

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Notes de l’auteur

Sans mention particulière, la date de dernière consultation de tous les liens indiqués (bibliographie incluse) est au 05 mars 2022.

Texte intégral

Nithard

Sa vie

  • 1 Citée infra.

1Nithard (c. 800- c. 843-845 ?) était le fils illégitime d'Angilbert, conseiller de l’empereur et abbé laïc de Saint-Riquier, et de Berthe, fille de Charlemagne et d'Hildegarde. Son épitaphe à Saint-Riquier confirme sa parenté avec l'empereur1, qu’il rappelle d’ailleurs lui-même :

Fuit hic vir ortus eo in tempore haud ignotae familiae. Madhelgaudus autem, Richardus et hic una progenie fuere et apud Magnum Karolum merito magni habebantur. Qui ex ejusdem magni regis filia nomine Berehta Hartnidum fratrem meum et me Nithardum genuit, Centulo opus mirificum in honore omnipotentis Dei sanctique Richarii construxit, familiam sibi commissam mirifice rexit, hinc vitam cum omni felicitate defunctam Centulo in pace quievit.

  • 2 Nithard, Histoire des fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, Pari (...)

[Parlant d’Angilbert] C’était un homme issu d’une famille connue à l’époque, Madelgaud, Richard et lui appartenaient à la même famille et ils étaient, à juste titre, tenus en grande estime par Charlemagne. De la fille de ce grand roi, appelée Berthe, il eut Hartnid, mon frère, et moi Nithard. Il construisit à Saint-Riquier un chef d’œuvre admirable en l’honneur de Dieu tout-puissant et de saint Riquier ; il dirigea admirablement la maisonnée qui lui était confiée et termina sa vie en toute félicité, puis reposa en paix à Centule2.

2On sait peu de choses sur sa vie avant la mort de son oncle Louis le Pieux et le début de la guerre civile entre ses cousins Lothaire, Louis le Germanique et Charles le Chauve (840). Nithard prit alors fait et cause pour Charles. Les bénéfices qu'il détenait (peut-être entre la Meuse et la forêt Charbonnière) lui furent confisqués par Lothaire dès l'été 840. L'année suivante, en mai 841, Nithard reçut de Charles la tâche de rapporter l'histoire de son temps. Il était aussi actif sur les plans diplomatique, en tant que légat de Charles à plusieurs reprises, et militaire : il prit ainsi part à la bataille de Fontenoy en juin 841.

  • 3 L’histoire de sa dépouille est sujette à controverse. En 1989, le chercheur Honoré Bernard, découvr (...)

3Nithard se retira à une date incertaine à l'abbaye de Saint-Riquier, qu'il dirigea « peu de temps », ainsi que l'indique son épitaphe. Selon cette même source, Nithard fut tué au combat. Les hypothèses les plus plausibles quant à l'année de sa mort, intervenue entre 843 et 853, sont 844 ou 845. Il fut inhumé dans son abbaye, auprès de son père3. Son épitaphe fut rédigée, peu après sa mort, par Micon, moine de Saint-Riquier :

  • 4 Traduction Sophie Glansdorff. Pour le texte : Carmina Centulensia, éd. L. Traube, Berlin, 1896, p.  (...)

Ici resplendit la figure peinte du sagace Nithard,
Nom de celui qui dirigea ce lieu peu de temps,
Qu’hélas une mort bien funeste ou excessivement furieuse
Enleva subitement à la guerre gémissante :
Condamné par la haine de l’ennemi inique
Qui, le premier, porta atteinte aux innocents.
Il s’illustra dans l’art de la guerre, comme le fort Asilas,
Et fleurit aussi dans les sciences sacrées.
Il était dur avec l’orgueilleux, humble avec le doux,
Pacifique avec le troupeau qui lui était confié.
Il tenait sa noble et grande origine
De la splendeur de Charles, l’éminent César.
Il succomba par un glaive hostile, le 18 des calendes de juillet.
Il repose ici dans la terre.
Toi qui lis ces vers, aies pitié de lui
Et dis : « Que le Seigneur accorde sa bienveillance à son âme ».
Parce qu’il est placé sous la terre en ce saint lieu,
Par tes prières, demande fréquemment cela,
Jusqu’à ce que les cendres sortent vivantes du tombeau,
Et qu’ayant retrouvé son corps, il se dirige vers les lieux des saints,
Ressuscité et soutenu par les troupes angéliques,
Avec les autres pères4.

  • 5 Voir supra n. 1. Tout le livre II est consacré à Angilbert et évoque, entre autres, sa rénovation d (...)

4Hariulf, qui rédige une chronique de Saint-Riquier au tournant des XIe et XIIe siècles, lui consacre relativement peu d’attention, alors même qu’il se concentre sur son père, Angilbert, considéré comme un saint homme (ainsi que sur saint Riquier, Enguerrand et Gervin)5.

  • 6 Sur l’histoire de Saint-Riquier, voir T. Ledru, Saint-Riquier (VIIe-XIe siècles) : Histoire, mémoir (...)
  • 7 Prisca Hazebrouck, « La bibliothèque de l'abbaye », dans Aline Magnien (dir.), Saint-Riquier : une (...)
  • 8 Hariulf, Chronicon centulense ou Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier, op. cit., p. 97-102, spéc. (...)

5L’abbaye aurait été fondée par Riquier vers 625. L’on sait en réalité peu de choses sur les premiers temps de cette institution6. Charlemagne la confie en 790 à Angilbert, qui entreprend de la reconstruire et d’en faire un haut lieu de la Renaissance carolingienne, doté d’un scriptorium dynamique (où se développe en lien avec l’abbaye de Corbie l’usage de la minuscule caroline) et d’une bibliothèque, parmi les plus importantes d’Occident jusqu’à la fin du XIIe siècle7. Hariulf liste les ouvrages conservés à l’abbaye en 831 d’après l’inventaire qui avait été ordonné par Louis le Pieux et en précise le nombre : « 256 volumes chacun contenant plusieurs livres dont le nombre s’élèverait à plus de 500 »8.

Son nom

  • 9 Sur les variantes du nom de Nithard (Guitard, Guittald, Vuitard, Vitaldus, Virardus), voir aussi Co (...)

6Le nom même de Nithard s’est progressivement imposé, en se déclinant tout d’abord selon plusieurs variantes9, françaises et latines.

La forme française Guitard et ses variantes

7Les variantes Guitard, Guytard, Guetard et Guittald dominent, sous l’influence de Claude Fauchet, au moins jusqu’à la publication de Pithou en 1588, en association souvent avec les noms « histoire » ou « historien » et à la précision qu’il est « prince du sang ». C’est en effet comme historien d’abord que les érudits du XVIe siècle vont consacrer l’auteur.

8On le trouve ainsi, sous la variante graphique Guytard, chez Jean Bodin, qui est le premier à citer les serments de Strasbourg, en 1576, dans la version que lui a montrée Claude Fauchet :

  • 10 Jean Bodin, Les Six livres de la Republique de J. Bodin Angevin. À Monseigneur du Faur, Seigneur de (...)

comme au traité qui se fist entre Loüys et Charle le Chauve freres le serment que chacun fist, fut à telle condition : Que s’il advenoit, ce que Dieu ne vueille, que je faussasse mon serment, je vous absous tous de la foy que me devez. Loüys jura le premier en langue Romande les parolles qui s’ensuivent, que M. le President Fauchet, homme bien entendu et mesmement en nos antiquitez, m’a monstrée [sic] en Guytard historien prince du sang10.

9En 1579, Nicolas Vignier, dans le Sommaire de L'Histoire Des Francois, relate un épisode de la vie de Lothaire dont il mentionne deux sources historiques, Aimoinus et Guittald :

  • 11 Nicolas Vignier, Sommaire de L'Histoire Des Francois, Recueilly des plus certains aucteurs de l’anc (...)

Qui plus est, Lothaire revenant au secours de ses gens, print et brusla la ville de Challons sur la Saone, qui voulut tenir bon contre luy. Finalement toutesfois il sembloit qu’il n’eust pas amendé son marché (d’autant qu’une nouvelle armée des nations d’outre le Rhin, vint avec le Prince Loys au secours de son pere) s’il ne se fust venu rendre à la merci de sondict pere : qui selon sa debonnaireté accoustumée le receut facilement en sa grace, et le renvoya, et ses autres freres aussi (qui l’estoient venuz trouver à son mandement) chacun en leurs Provinces. Aimoinus, anciennes Annales, Guittald11.

10En 1581, Claude Fauchet retient la variante graphique Guitard dans son Recueil de l’origine de la langue et poesie françoise, Ryme et Romans où il cite à son tour les serments qu’il a contribués à diffuser auprès de ses contemporains :

  • 12 Claude Fauchet, Recueil de l’origine de la langue et poesie françoise, Ryme et Romans. Plus les no (...)

il ne faut que lire ce qu’a escrit Guitard en son histoire de la discorde des enfans de l’Empereur Louys le Debonnaire, advenue en l’an dcccxli. Car faisant mention de Louys Roy de Germanie et de Charles le Chauve son frere Roy de France Westrienne ou Occidentale (c’est à dire de ce qui est entre Meuse et Loire) il dit que les deux Roys voulans asseurer ceux qui les avoyent suyvis, que ceste alliance seroit perpetuelle, ils parlérent chacun aux gens de son pair (c’est le mot dont ledit Guitard use)12.

  • 13 Antoine du Verdier, La Bibliothèque d’Antoine du Verdier, Lyon, Barthelemy Honorat, 1585, p. 1120 s (...)

11Ses propos, y compris la citation des serments, sont textuellement reproduits par Antoine du Verdier dans l’article « Romans » de sa Bibliothèque, où l’on retrouve donc la forme Guitard13.

12En 1583, l’on relève la variante Guetard, dans la préface de Charles de La Mothe aux Œuvres et meslanges poetiques d’Estienne Jodelle :

  • 14 Charles de La Mothe, « De la poesie françoise, et des œuvres d’Estienne Jodelle, sieur du Lymodin » (...)

Haudry troisieme du nom, Roy de France (que par corruption l’on appelle Childeric) composa plusieurs livres en vers, qui ne plaisoyent gueres à Gregoire Archevesque de Tours, par ce qu’ils n’estoyent mesurez par pieds à la Latine, mais rymez à la Françoise. Fortunatus en louë aussi le Roy Cherbert, ou Herbert : Charles le grand s’y adonnoit beaucoup, & y avoit fait instruire aucunes de ses filles : & fit faire à Alcuin un livre de vers Morauls rymez, dont Loup Abbé de Ferrieres fait mention en une de ses Epistres. Son fils l’Empereur Loys, s’en delectoit tant, qu’il pardonna à Angers à l’Evesque d’Orleans Thiedouil, une offense irremissible, seulement pour l’avoir ouy chanter des vers Latins rymez, qu’il avoit composez, ores que ce Loys fust d’un naturel très cruel, quelque tiltre de Debonnaire ou de Pieteux, que faulsement Guetard, historien de son fils Charles, & son cousin germain, luy aye le premier donné : car le livret d’Eghinard a esté corrompu par les Alemans, si du tout il n’a esté supposé14.

  • 15 Sur ce point, voir l’étude de S. Lardon dans Corpus Eve : « Nous verrons que Bernard de Girard Du H (...)

13En 1585, Bernard de Girard Du Haillan fournit une nouvelle citation des serments, pour laquelle il suit de près à la fois Bodin et Fauchet15. Il propose d’abord deux variantes du nom, Guittard ou Vuitard (décalque français de la forme latine), pour retenir ensuite la première :

  • 16 L’histoire de France : reveue, et augmentée depuis les precedentes Editions faictes tant en ce Roya (...)

lesdicts freres convindrent d’arbitres, entre lesquels fut Guittard, ou Vuitard fils de la fille de Charlemagne Prince du sang, et qui a escrit ceste guerre au vieil langage Roman, ou rustic Romain de ce temps là, pour pacifier leur different par un traicté fait à Verdun ledit 16. jour de Mars, […]. Guitard dit que les deux Rois […]16

  • 17 Nous renvoyons sur ce point à l’étude dans Corpus Eve, « Historiographie des serments de Strasbourg (...)

14Et en 1589, l’on trouve encore la forme Guitard chez Blaise de Vigenère, qui est en grande partie redevable à Fauchet17 :

  • 18 Les Commentaires de Jules Cesar des guerres de la Gaule plus ceux des guerres civiles, contre la pa (...)

Or puis que nous n’avons rien par escrit de nostre ancien langage du temps de Cesar, outre les conjectures qui se peuvent tirer des mots [de lieux, rivieres, montagnes, contrees, villes et autres semblables] amenez cy dessus, conformes à nostre parler de aujourd’huy, il en faut aller requerir & chercher au plus loin ce qui s’en pourra recouvrer, qui est le fragment qui s’ensuit, tiré de l’histoire de Guitard d’environ l’an VIII C. XL : il y a quelques VIIC. ans, car c’est le plus vieil que nous avons en vulgaire, comme je croy18.

La forme latine Nithardus et ses variantes

15La forme Nithard s’impose d’abord via le latin Nithardus à partir de la première édition complète du texte, par Pierre Pithou, en 1588 :

Nithardi Angilberti filii Karoli Magni imp. ex Bertha filia nepotis. De dissentionibus filiorum Lodhuvici Pii ad annum usque DCCCXLIII. [843] Libri quatuor dans Annalium et histori æ Francorum ab anno Christi DCCVIII [708] ad annum DCCCCXC [990] scriptores coxtanei XII nunc primum in lucem editi, Paris, Claude Chappelet, 1588.

Elle figure dans le manuscrit BnF Latin 9768 (dit manuscrit A) :

Elle apparaît également dans le manuscrit BnF Latin 14663 (dit manuscrit B), dans un ajout moderne (et barré) en tête du texte : De Gestis Caroli Magni et de suis successoribus Per Frodoardum Rhemensis ecclesiae presbiterum immo vero per Nithardum quem alii Vitaldum vocant, ainsi que dans le texte ensuite :

Manuscrit BnF Latin 14663, f. 281v (le nom est coupé sur les lignes 13-14)
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/​ark:/12148/​btv1b107211680/​f276.item.r=nithard.zoom

Source gallica.bnf.fr

16Cette forme latine s’observe chez les auteurs qui suivent, et au cours encore du XVIIe siècle, aussi bien dans les écrits latins que français.

17On la trouve ainsi chez Vulcanius qui reproduit les serments de Strasbourg d’après Pithou en 1597 :

  • 19 De literis et lingua Getarum, Sive Gothorum. Item de Notis Lombardicis. Quibus accesserunt Specimin (...)

Libet hic Coronidis loco adponere nonnulla ex Nithardi Angilberti filij Karoli Magni Imperat[oris] ex Bertha filia nepotis, historiâ, De dissensionibus filiorum Ludouici Pij, quam Cl[arissimus] V[ir] P[etrus] Pithœus I[uris] C[onsultus] in Annalibus et Historiis Francorum ab An[no] Christi DCCVIII. ad ann[um] DCCCCXC, publici iuris fecit.19

18Mais également dans la traduction française des Enquiries d’Edward Brerewood :

  • 20 Trad. fr. Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions par toutes les principales (...)

Et comme Nithardus, nepveu de Charlemagne, en son Histoire de la dissention des fils de Loüis le Debonnaire, appelle le François usité alors (dont il donne des exemples) la Langue Latine : lequel toutesfois n’approche non plus du Latin, que fait le François à présent en usage20.

19Ou chez Pierre Borel, quand il paraphrase Brerewood : « Ainsi Nithardus appelle langue Latine, l’ancien François du temps de Louïs le Debonnaire, quoy qu’il n’en aproche pas plus que nostre François d’à present21. » ou cite les serments de Strasbourg : « On void encore en cette langue Thudesque ou Thyoise, autrement Theuthfranque, le serment de Louïs le Pie dans Nithardus22 »

20Cette forme connait deux variantes :

  • 23 Louis de Rosanbo, « Pierre Pithou », Revue du seizième siècle, t. 16, 1929, p. 308, n. 4. Courtney (...)

21- La variante Wittardus est attestée dans le manuscrit autographe de P. Pithou : Wittardi, nobilissimi viri, de dissensionibus filiorum Ludovici Pii, libri quatuor, Ad Carolum calvum imperatorem (Ms Troyes M. A. T. 3203), signalé par Louis de Rosanbo en 1926 et étudié par Courtney M. Booker23. On la retrouve, entre autres, chez Lodovico Guicciardini, Omnium Belgii sive inferioris Germaniæ regionum descriptio, Amsterdam, Janssonius, 1613, « Descriptio Bruxellæ », p. 53 (numérisé sur Google livres).

  • 24 Jean-Papire Masson, Annalium libri quatuor, quibus res gestæ Francorum explicantur, Paris, 1577. No (...)

22- La variante Vitaldus est pour sa part attestée dès 1577, dans les Annales de Jean-Papire Masson : « Angilbertus ex Berta Caroli Magni filia Haruuidum et Mentehardum filios suscepit, Vitaldi fratres, cui propter eruditionem, et libros quatuor de belle fratrum servata historiæ lege scriptos, profecto multum debemus24. »

De Nithardus à Nithard

  • 25 Claude Fauchet, Fleur de la maison de Charlemagne, qui est la continuation des Antiquitez françoise (...)
  • 26 Claude Fauchet, Declin de la maison de Charlemagne, Paris, J. Perier, 1602, livre IV, chap. VI, f.  (...)

23Le premier décalque francisé de Nithardus, Nitard, apparait sous la plume de Claude Fauchet dans ses œuvres postérieures à l’édition de Pithou : la Fleur de la Maison de Charlemagne, où il évoque à plusieurs reprises Nitard25, et le Declin de la maison de Charlemagne, où il donne une nouvelle citation des serments : « Ainsi donc, Louis comme aisné, commença dire à ceux de Charles en leur langue, ces mots tels que je les ay trouvez dans une très-ancienne coppie de Nitard estant en la Bibliotheque de S. Magloire à Paris26. »

  • 27 Scipion Dupleix, Memoires des Gaules depuis le Deluge jusques à l’establissement de la monarchie fr (...)

24La forme française avec « h », Nithard, que retiendra la postérité, n’apparaît qu’au cours du XVIIe siècle, en particulier chez Scipion Dupleix qui rapporte à son tour les serments : « Quant à la forme du serment elle est raportée par Nithard au livre III de son histoire en l’une et en l’autre langue27. »

Présentation du contexte : l’histoire de Nithard

Un texte sans titre

25Abbé laïc, chargé de missions diplomatiques et militaires, Nithard fut l’auteur d’une œuvre unique pour laquelle il fait preuve d’un réel talent littéraire. Cette histoire, entreprise à la demande de Charles le Chauve, ne possède pas de titre dans le manuscrit le plus ancien qui nous en est parvenu (BnF Latin 9768). Elle est désignée durant le Moyen Âge sous le titre Francorum historiæ ou Gestæ Francorum que l’on trouve mentionné par Hariulf, moine de l’abbaye de Saint-Riquier puis abbé d’Oudenburg (c. 1060-1143) dans sa Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier :

  • 28 Hariulf, Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier (Ve siècle-1104), éd. F. Lot, op. cit., p. 101-102  (...)

Itaque, post obitum genitoris, lites inter fratres exoriuntur, dum unusquisque sibi imperium exoptat. Dum hæc agerentur, et res in contrarium iret, decernitur ut, inito inter se prælio, rex vel imperator haberetur cui sors ministrasset victoriam. Hlotharius ergo adjuncto sibi Pippino, contra fratres suos Karolum et Hludovicum exercitum duxit in pago Autissiodorensi, in loco qui dicitur Fontanetum, ibique Franci, cum nationibus sibi subditis, mutua se cæde prosternentes, ad ultimum Hludovicus et Carolus fugato Hlothario triumphum adepti sunt.
Ribbodo, ut dictum est, tunc Centulo monasterio abbas præerat. Qui videns sanctissimi Angilberti abbatis corpus sanctum eo loci quiescere, ubi ecclesiam ingredientes necessario incedebant, et nimium moleste ferens talem tantumque virum quotidiano populi accessu calcari, reputansque esse justum ut homo Dei intra Dei domum pausaret, levavit ejus membra sancta, et transtulit ea intra basilicam Sancti Richarii die nonarum Novembrium. Requieverat in loco priori annis XXVIII et tamen, Deo faciente, qui servi sui meritum ostendebat, ita integrum et absque corruptela sanctum ejus corpus inventum est ac si ea hora anima illud deposuisset. Odor etiam miræ suavitatis ibidem exuberasse asseveratur.
Huic certæ rei testimonium ferunt Francorum Historiæ, eæ scilicet quæ illius temporis facta commendant. Nam cum aliquando quidam libellus in manus nostrorum devenisset, post quædam alia de sancto Anghilberto, hæc inibi scripta notaverunt. Mortuo Hludogvico imperatore, Caroli Magni filio, tres ejus filii Hlotharius, Ludogvicus et Carolus de regno inter se dissidebant ; dum unusquisque hoc sibi conatur… novissime vero statuitur dies qua de his judicium haberetur, et hoc fieri posse in nonas Novembris visum est. Qua quidem die terræmotus magnus per omnem pene hanc Galliam factus est, eaque die Angilbertus, vir memorabilis, Centulo translatus, et anno post decessum suum vigesimo octavo corpore absque aromatibus indissoluto repertus est. Idem etiam liber superius aliquid repetens de ejusdem nobilitate pauca subinfert, dicens : « Fuit hic eo tempore ortus haud ignotæ familiæ. Madhelgaudus autem, Richardus, et hic de una progenie fuerunt, et apud Magnum Karolum merito magni habebantur ; qui Anghilbertus ex ejusdem regis filia, nomine Berchta, Harnidum fratrem meum, et me Nithardum genuit. Centulo opus mirificum in honore omnipotentis Dei sanctique Richarii construxit, familiam sibi commissam mirifice rexit. Hinc post vitam omni felicitate defunctam Centulo in pace quievit. Is ipse Nithardus, domni Angilberti filius, cœnobio huic præfuisse asseveratur post decessum patris : quique, cum paucissimis diebus ministrasset, bello interfectus, juxta patrem sepulturam meruit. At, cum ibi aliquantis annis pausasset, jamdudum translato corpore sancti Anghilberti in ecclesiam, quidam devoti posuerunt corpus ejusdem Nithardi in patris sarcofagum28.

  • 29 Hariulf d’Oudenbourg, Chronicon centulense ou Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier, op. cit., liv (...)

Après la mort de leur père, les frères eurent de grands démêlés [p. 110] entre eux, au sujet de l’empire que chacun d’eux convoitait. Au milieu de ces conjonctions et de ces débats, il fut réglé qu’ils se battraient ensemble, et que celui-là serait roi et empereur qui remporterait la victoire. Lothaire, ayant Pépin dans son parti, marcha donc avec une nombreuse armée contre ses frères Charles et Louis, et arriva, dans l’Auxerrois, près d’un endroit nommé Fontenai, où les Francs, aidés des nations qui leur étaient soumises, se livrèrent une bataille sanglante et horrible, gagnée à la fin par Louis et Charles contre Lothaire mis en fuite. Ribbodon était alors abbé de Centule. Cet homme pieux, voyant le corps du S. abbé Angilbert reposer dans un lieu qui servait de passage obligé à toutes les personnes qui se rendaient à l’église, et souffrant qu’un si grand homme fût journellement foulé aux pieds par le peuple, pensa qu’il était plus convenable de placer l’homme de Dieu dans la maison de Dieu. Il leva donc ses membres sacrés et les transporta le jour des nones de novembre dans la basilique de S. Riquier. Angilbert avait reposé 28 ans à la porte du temple, et cependant, par la faveur de la providence qui, en cette occasion fit briller aux yeux de tous les mérites de son serviteur, son corps se trouve être aussi entier et aussi frais que s’il venait seulement d’être privé de la vie. On assure même qu’il répandit une odeur délicieuse. Les histoires des Francs qui ont été écrites à cette époque sont un sûr garant de la vérité de ce fait qu’elles rapportent. Il nous en est tombé une entre les mains, qui, après avoir parlé d’Angilbert sous d’autres rapports, raconte ce prodige de la même manière que nous venons de le faire. Après la mort de l’empereur Louis, le fils de Charlemagne, ses trois fils Lothaire, Louis et Charles se disputèrent entre eux au sujet de son royaume. Tandis que chacun d’eux cherchait à s’en emparer, on fixa un jour où leurs différents devaient être jugés, et ce fut celui des nones de novembre. Ce jour-là il se fit un grand tremblement de terre que l’on sentit dans presque toute la Gaule. C’était le jour même qu’on transportait dans l’église de Centule [saint Riquier] [p. 111] le corps du vénérable Angilbert, qui, sans avoir été embaumé, était resté intact depuis 28 ans qu’il avait été enterré. L’histoire, dont nous avons parlé plus haut, raconte la même chose ; seulement, après avoir dit quelques mots de la noblesse de ce saint, elle ajoute : « Il était d’une assez bonne famille pour ce temps-là. Angilbert, Madhelgaud et Richard étaient du même sang, et jouirent avec raison d’une grande considération à la cour de Charlemagne. Angilbert eut de Berte, fille de cet empereur, Harnide, mon frère, et moi Nithard. Il construisit à Centule des ouvrages magnifiques en l’honneur du Dieu tout puissant et de S. Riquier. Il gouverna d’une manière admirable la famille qui lui avait été confiée et mourut dans son abbaye, après avoir mené une vie pleine de prospérités. » Ce Nithard, fils de S. Angilbert, passe pour avoir succédé à son père, après le décès de celui-ci ; mais il ne gouverna l’abbaye que peu de jours, ayant été tué à la guerre. Il mérita d’être enterré à côté de son père. Lorsque le corps d’Angilbert eût été transféré dans l’église, des personnes pieuses déposèrent le corps de Nithard dans le sarcophage de son père29.

26Ce témoignage est d’autant plus important qu’Hariulf est le seul auteur nommément identifié à livrer une citation directe de l’ouvrage de Nithard (nous détachons en italiques les variantes) antérieure au XVIe siècle :

Nithard (éd. Belles Lettres)

Hariulf citant Nithard

Fuit hic vir ortus eo in tempore haud ignotæ familiæ. Madhelgaudus autem, Richardus et hic una progenie fuere et apud Magnum Karolum merito magni habebantur. Qui ex ejusdem magni regis filia nomine Berehta Hartnidum fratrem meum et me Nithardum genuit, Centulo opus mirificum in honore omnipotentis Dei sanctique Richarii construxit, familiam sibi commissam mirifice rexit, hinc vitam cum omni felicitate defunctam Centulo in pace quievit.

Fuit hic eo tempore ortus haud ignotæ familiæ. Madhelgaudus autem, Richardus, et hic de una progenie fuerunt, et apud Magnum Karolum merito magni habebantur ; qui Anghilbertus ex ejusdem regis filia, nomine Berchta, Harnidum fratrem meum, et me Nithardum genuit. Centulo opus mirificum in honore omnipotentis Dei sanctique Richarii construxit, familiam sibi commissam mirifice rexit. Hinc post vitam omni felicitate defunctam Centulo in pace quievit. 

  • 30 Sur cette édition, se reporter à l’étude correspondante dans Corpus Eve, « Historiographie des Serm (...)
  • 31 https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb144650078. Pithou avait initialement proposé dans le manuscri (...)
  • 32 Nithardi Angilberti filii, Caroli Magni imperatoris ex Bertha filia nepotis, De Dissensionibus fili (...)
  • 33 Ibid, p. 425.
  • 34 Nithard, Histoire des fils de Louis le Pieux, éd. Philippe Lauer, Paris, 1926. Réimpr. Paris, Les B (...)
  • 35 Monumenta Germaniæ Historica. Scriptores rerum Germanicarum, éd. Georg Heinrich Pertz, 1829 et 1870 (...)
  • 36 Éd. Reinhold Rau, 1962 [Quellen zur karolingischen Reichsgeschichte]. Pour les références complètes (...)
  • 37 Nithard, La naissance du royaume de France : 829-843, trad. du latin par M. Guizot, revue par R. Fo (...)

27La première édition de l’œuvre de Nithard est celle qu’en donne Pithou en 1588 dans Annalium et historiæ Francorum. Ab anno Christi DCCVIII. ad an[num] DCCCCXC. scriptores coætanei XII. Nunc primum in lucem editi ex bibliotheca P. Pithœi, Paris, Claude Chappelet, 1588, page 297 sq. pour la chronique de Nithard30. Ce recueil comprend l’intégralité du récit de Nithard pour lequel il propose un intitulé : Nithardi Angilberti filii Karoli Magni imp. ex Bertha filia nepotis. De dissentionibus filiorum Lodhuvici Pii ad annum usque DCCCXLIII. Libri quatuor [Des dissensions des fils de Louis le Pieux jusqu’en l’an 843. Quatre livres], retenu depuis par la notice de titre conventionnel de la BnF31 : « De dissensionibus filiorum Ludovici Pii forme internationale latin ». De fait, ce titre est repris dans l’édition de Migne32, puis traduit en français par François Guizot en 1824, Histoire des dissensions fils de Louis-le-Débonnaire33, et réduit par Philippe Lauer en Histoire des fils de Louis le Pieux34. Il connaît deux variantes latines : Nithardi historiarum libri IIII35 et Nithardi Historiæ36 et une variante française récente : La naissance du royaume de France : 829-84337.

  • 38 Nithard, Histoire des dissensions des fils de Louis le Débonnaire dans Collection des mémoires rela (...)
  • 39 Pour une numérisation de la préface de l'Historia, issue du manuscrit BnF Latin 14663, f.194 (5e li (...)

28Selon François Guizot ce titre aurait été donné au XIIIe siècle : « La collection de Pithou est la première où l’ouvrage de Nithard ait paru, en 1588. C’est au treizième siècle que le titre qu’il porte à présent : Histoire des Dissensions des fils de Louis le Pieux, lui a été donné pour la première fois38. » Bien que Guizot ne précise pas d'où il tire cette information, il est vraisemblable qu'il fait allusion à l'Historia regum Francorum, qui date précisément du XIIIe siècle. En effet, l'auteur de cette œuvre, dans sa préface, cite parmi ses sources : « (…) a libro etiam Nitardi qui de discordia filiorum Ludouici Pii agit (…) ». Il ne s'agit toutefois là pas d'un titre, mais de la description du contenu principal de l'œuvre de Nithard39.

Le contenu du récit de Nithard

29Nithard commence son récit à la mort de Charlemagne (28 janvier 814), mais le texte est concentré sur la période qui va de la mort de Louis le Pieux (20 juin 840) aux préparations du traité de Verdun.

- Livre I : l’origine de la lutte (814-840).

- Livre II : le début des hostilités et la bataille de Fontenoy (840-841). Ces deux premiers livres sont rédigés entre la mi-mai 841 et fin 841.

- Livre III : la seconde campagne de Lothaire et les Serments de Strasbourg (841-842).

- Livre IV : la troisième campagne de Lothaire et les préliminaires de paix (842).

  • 40 Franz Brunhölzl, Histoire de la littérature latine du Moyen Age. I/2. L’époque carolingienne, Turnh (...)
  • 41 Nithard, Histoire des Fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, Pari (...)

30Le dernier événement daté, évoqué dans les dernières lignes, est l’éclipse de lune survenue le 19 mars 843. Laissant le récit de la guerre civile inachevé, Nithard ne mentionne donc pas le traité de Verdun conclu au mois d'août de la même année. Ceci, ajouté à sa mort prématurée sur le champ de bataille à une date incertaine, a fait émettre l’hypothèse d’un manuscrit inachevé, ce qui aurait justifié également son absence de diffusion durant le Moyen Âge40. Toutefois, comme l’observe Sophie Glansdorff, « le parallélisme évident du début et de la fin de l’ouvrage, une apologie de Charlemagne mise en opposition avec l’égoïsme des contemporains et les malheurs du temps » laisse supposer « que l’œuvre fut délibérément interrompue à ce moment »41 :

Karolus bone memoriae et merito magnus imperator ab universis nationibus vocatus, [hora videlicet plus minus diei tertia,] in senectute bona decedens omnen Europem omni bonitate repletam reliquit : [Histoire, éd. citée, début du livre I, p. 4]

Charles, d’heureuse mémoire, appelé à juste titre par tous les peuples le grand empereur, étant mort, après une belle vieillesse, [aux environs de la troisième heure du jour], laissa l’Europe entière remplie de félicité : [ibid., trad. p. 5]

Nam temporibus bone recordationis Magni Karoli, [...] pax illis atque concordia ubique erat, at nunc econtra, quoniam quique semitam quam cupit incedit, ubique dissensiones et rixae sunt manifestae. Tunc ubique habundantia atque leticia, nunc ubique poenuria atque mesticia. [...]. Per idem tempus eclypsis lunae xiii kal. aprilis contigit ; nix insuper multa eadem nocte cedidit memoremque omnibus, uti praefatum est, justo Dei juditio incussit. Id propterea inquam, quia hinc inde ubique rapinę et omnigena mala sese inserebant, illinc aeris intemperies spem omnium bonorum eripiebat. [ibid. p. 158, dernier mot de l’Histoire]

Car, au temps de Charlemagne, d’heureuse mémoire, [...] la paix et la concorde régnaient en tous lieux ; mais à présent, au contraire, comme chacun suit le sentier qui lui plaît, de tous côtés les dissensions et les querelles se manifestent. C’était alors partout l’abondance et la joie ; c’est maintenant partout la misère et la tristesse. [...] Vers le même temps, survint une éclipse de lune, le 13 des calendes d’avril ; et, de plus, la neige qui tomba en abondance cette même nuit frappa tout le monde de tristesse, comme il a été dit, par l’équitable jugement de Dieu. Et je le dis, parce que les rapides et les maux de toutes sortes s’étendaient partout de plus en plus, en même temps que les intempéries arrachaient à tous l’espoir de tout bien. [ibid., trad. p. 159]

31Quand il met fin à son entreprise, Nithard ne fait plus partie de l'entourage étroit de Charles. Au début du livre III puis du livre IV, il évoque son désir d’abandonner sa tâche et le changement de ton intervenu dans la quatrième et dernière partie de son récit laisse percevoir la désillusion et l'amertume qui l'avaient envahi dans ses dernières années, sans doute en raison de déceptions personnelles :

Quoniam sinistrum me quiddam ex genere nostro ut audiam pudet, referre praesertim quam maxime piget. Quamobrem, imperio haud quaquam malivole contempto ut finis optatus libri secundi affuit, per omnia finire hoc opus animus decrevit. Sed ne forte quilibet, quocumque modo deceptus, res nostro in tempore gesta praeterquam exactę sunt narrare praesumat, ex his quibus interfui tertium libellum ut adderem acquievi. [éd. citée, début du livre III, p. 88 et 90]

Ne pouvant souffrir d’entendre dire du mal de notre famille, il m’est encore bien plus pénible d’en dire moi-même. Aussi, tout en ne voulant pas manquer de respect pour les ordres reçus, dès que je fus arrivé, selon mes vœux, à la fin du livre second, avais-je résolu en moi-même de clore définitivement cet ouvrage. Mais, dans la crainte qu’induit en erreur d’une manière ou d’une autre, il ne se trouvât quelqu’un pour entreprendre de raconter les événements de notre temps autrement qu’ils ne se sont passés, j’ai consenti à ajouter ce troisième livre sur les événements auxquels j’ai pris part. [ibid., trad. p. 89 et 91]

Non solum me, uti praefatum est, ab hoc opere narrationis quiescere delectat, verum etiam, quo ab universa re publica totus secedam mens, variis quęrimoniis referta, assiduis meditationibus anxia versat. [Histoire, éd. citée, début du livre IV, p. 126]
Non seulement il me serait agréable, comme je l’ai dit, de surseoir à mon œuvre de narrateur, mais encore mon esprit anxieux, assiégé par les disputes, cherche sans repos le moyen d’échapper complètement à la politique. [ibid. trad. p. 127]

32Les serments s'insèrent dans le livre III. Ce dernier fut écrit après octobre 841 (date à laquelle Nithard est à Saint-Cloud où il écrit la fin du livre II), et terminé après mars 842, date du dernier événement cité (fuite de Lothaire vers le Rhône) :

  • 42 Pascal Buresi, « Verdun traité de (843) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 avri (...)

Entre 840 et 843, Lothaire a tenté de s'imposer comme empereur au titre des droits que Louis le Pieux lui avait accordés en 817 (Ordinatio Imperii), mais ses deux frères se sont alliés contre lui et l'ont défait à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye (juin 841), puis ont renforcé leur alliance par les Serments de Strasbourg (14 février 842). Ces « serments » sont le témoin conservé le plus ancien du développement des langues nationales, puisqu'ils ont été rédigés et prononcés en « français » et en « allemand ». Lothaire doit négocier et les trois frères signent alors le traité de Verdun qui divise l'Empire en trois grands ensembles : à l'ouest, la Francie occidentale est attribuée au roi Charles le Chauve ; au centre, une longue et étroite bande de territoire (la Lotharingie) comprenant Aix-la-Chapelle et Rome revient à Lothaire avec le titre d'empereur, désormais honorifique ; enfin, Louis le Germanique reçoit tous les territoires situés à l'est du Rhin (la Francie orientale ou Germanie)42.

Division de l’Empire carolingien par le traité de Verdun (843).

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La diffusion du texte

33La diffusion du texte de Nithard fut apparemment limitée, peut-être pour des raisons dues à la faible audience de l'auteur à la fin de sa vie et à la tournure peu flatteuse qu'avait pris son récit envers le roi et plusieurs hauts personnages de l'entourage royal. Il n'est pas sûr qu'au moment de rédiger le très critique livre IV, Nithard ait encore considéré Charles comme le destinataire de son œuvre. Cet éloignement du pouvoir peut expliquer le peu de diffusion du texte durant le Moyen Âge. Il semble toutefois que tout ou partie du texte de Nithard (pas nécessairement le passage contenant les Serments) ait été connu.

34Nous avons vu précédemment qu’Hariulf (c. 1060-1143) le mentionne dans sa Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier et en livre la seule citation antérieure au XVIe siècle.

35Le moine de Saint-Amand Hucbald († 930), dans sa Vita Lebuini rédigée entre 918 et 930, évoque comme Nithard, et vraisemblablement d’après lui, la tripartition du peuple saxon en nobles, libres et serfs. Voici pour comparaison les deux passages :

  • 43 Hucbald, Vita Lebuini, éd. G. H. Pertz, Hanovre, 1829, MGH SS II, p. 361. Pour la numérisation de l (...)

sed erat gens ipsa, sicuti nunc usque consistit, ordine tripartito divisa. Sunt denique ibi, qui illorum lingua edlingi, sunt qui frilingi, sunt qui lassi dicuntur, quod in latina sonat lingua, nobiles, ingenuiles, atque serviles [Hucbald43].

  • 44 Trad. de l’éd. citée : « Cette nation est tout entière divisée en trois classes : les uns qui, dans (...)

Que gens omnis in tribus ordinibus divisa consistit : sunt etenim inter illos qui edhilingi, sunt qui frilingi, sunt qui lazzi illorum lingua dicuntur, latina vero lingua hoc sunt nobiles, ingenuiles atque serviles. [Nithard Histoire, IV, [2], éd. citée, p. 13144].

Mais la parenté possible entre ces deux textes s’arrête là, la description de la société saxonne par Hucbald étant plus détaillée que celle de Nithard.

36L'auteur des Gestæ Francorum (XIIe s.) s’en inspire également en ce qui concerne la réunion de Coblence et la translation d'Angilbert.

  • 45 Biblioteca Apostolica Vaticana, Reg. Lat. 235, fol. 83-83v. Ce passage reprend le texte de Nithard, (...)

Item ex gestis Francorum. Hinc omnes in eadem domo convenerunt a parte Lotharii dicentes quod parati ad sacramentum et ad divisionem uti iuratum fuerat essent. At contra a parte Hludovici et Karoli similiter se velle si possent aiebant. Novissime autem quoniam neuter quod alter volebat absque seniorum suorum auctoritate assentire audebat statuunt ut pax inter illos esset donec scire possent quid seniores sui horum recipere vellent et hoc fieri posse in nonas novembris visum est usquequo pacis termino constituto discedunt. Quaquidem die terremotus magnus per omnem pene hanc Galliam factus est. Eaque die Angilbertus vir memorabilis Centulo translatus et anno post decessum eius XXVIII. corpore absque aromatibus indissoluto repertus est. Fuit hic ortus eo tempore haud ignote familie Madhelgaudus autem Richardus et hic ex una progenie fuere et apud magnum Karolum merito magni habebantur. Qui ex eiusdem magni regis filia nomine Bertha Harnidum fratrem meum et me Nithardum genuit. Centulo opus mirificum in honorem omnipotentis Dei sanctique Richarii construxit familiam sibi commissam mirifice rexit. Hinc vitam cum omni felicitate defunctam Centulo in pace quievit45.

  • 46 Du Chesne, Historiæ Francorum scriptores, II, p. 357 ; Paulin Paris, Histoire littéraire de la Fran (...)

37L'auteur de l'Historia regum Francorum (XIIIe s.), qui s’arrête en 1214, le mentionne uniquement en préface parmi ses sources : « (…) a libro etiam Nitardi qui de discordia filiorum Ludouici Pii agit (…) » sans que les emprunts ne soient identifiables46.

38Parmi les différentes chroniques racontant les faits relatifs à l’année 842, seules les Annales de Saint-Bertin racontent l’histoire du serment entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, mais sans en rapporter la formule comme le fait Nithard :

  • 47 Extrait des Annales de Saint-Bertin, a. 842, Annales Bertiniani, éd. G. Waitz, Hanovre, 1883, p. 27 (...)

Hlodowicus et Karolus, quo sibi firmius populos utrique subditos necterent, sacramento sese alterutro devinxerunt ; fideles quoque populi partis utriusque pari se iuramento constrinxerunt, ut, uter eorundem fratrum adversus alterum sinistri quippiam moliretur, relicto prorsus auctore discidii, omnes sese ad servatorem fraternitatis amicitiaeque converterent47.

  • 48 Traduction de Sophie Glansdorff.

Louis et Charles, pour s’attacher plus fermement les peuples qui leur étaient respectivement soumis, se lièrent par un serment mutuel. Et les fidèles au sein de chaque partie se lièrent également par serment mutuel, de sorte que si l’un de ces frères ourdissait quelque perfidie à l’encontre de l’autre, l’auteur de la dissension étant complètement abandonné, tous se tourneraient vers celui qui respectait la fraternité et l’amitié48.

39La faible diffusion du texte de Nithard durant le Moyen-Âge est également liée à l’histoire complexe des manuscrits.

Histoire des manuscrits

40Cette histoire est retracée d’après la notice historique de la BnF, établie par Franck Cinato (suivant M.-P. Laffitte49), M. C. Couderc50 et l’introduction de l’édition des Belles Lettres établie par P. Lauer et revue par S. Glansdorff en 2012.

41La chronique de Nithard ne nous est pas parvenue par un manuscrit contemporain (le manuscrit original, qui devait probablement se trouver à Saint-Riquier, ne nous est pas connu), mais via deux manuscrits postérieurs.

  • 51 Nithard, Histoire des fils de Louis le Pieux, op. cit., « Sigles et abréviations », p. xxix.

- Le manuscrit BnF Latin 9768 (manuscrit A selon l’abréviation de P. Lauer51), date de la fin du Xe siècle ou du début du XIe et contient l’intégralité du texte de Nithard.

- Le manuscrit BnF Latin 14663 (dit manuscrit B), datant du XVe siècle, est incomplet (il ne comprend pas la partie relative aux Serments de Strasbourg).

Manuscrit BnF Latin 9768 (dit « manuscrit A »)

42Le manuscrit A constitue un recueil de textes historiographiques rassemblant L'Histoire des fils de Louis le Pieux de Nithard, les Annales de Flodoard de Reims ainsi que l'Histoire des Bretons de Nennius, une vie de Saint Germain d'Auxerre et de nombreuses varia. Il a probablement été copié, à la fin du Xe siècle ou du début du XIe, dans un scriptorium du nord-est de la France, soit à Saint-Riquier même, soit à Saint-Médard de Soissons. Au XIe siècle, il est à l’abbaye Saint-Médard de Soissons comme le montrent certains passages interpolés du texte de Nithard et de Flodoard (f. 11r et f. 22r) :

Qu'il y ait été copié ou non (voir de Poerck, 1956 et Tabachovitz, 1958), il a dû passer en possession de Saint-Médard au plus tard au XIe s. comme le laissent supposer trois indices particulièrement révélateurs (indiqués par Couderc52, 1895, p. 722, suivi par Lauer, 1905, p. xxxvi) :
1/ Le texte au f. 11rb comporte une addition à la version primitive (voir Müller, 1907, p. 30,30-31,35), intégrée au texte de la main du copiste : Cumque Suessonicam peteret (…) is ita peractis. Le passage où il est question de la translation des reliques de St-Médard et d'autres à Soissons a été encadré en vermillon et signalé par trois croix de même couleur. Dans la marge, une main du XIe s., différente de celle des copistes, a ajouté les noms d'autres saints dont les reliques se trouvent aussi à St-Médard, avec la précision : in basilicam ubi nunc quiescunt (voir aussi Lifshitz, 1992, p. 330-331).
2/ Au f. 22ra, une glose ajoutée dans l'interligne [col. 1, ligne 5] par une main qui pourrait être celle responsable du sixième cahier vient préciser où Rodulfus [Raoul] est couronné roi en 923 : in monasterio Sancti Medardi (éd. Lauer, 1905, p. 14 n. r et 3).
3/ Enfin, un monogramme nota signale au f. 28rb le passage où Ingrannus [Engrand], doyen de Saint-Médard, est ordonné évêque de Laon (éd. Lauer, 1905, p. 54).Son examen révèle qu’il a été rédigé, en minuscules carolines tardives, par deux copistes d’époques différentes53.

Les Annales de Flodoard permettent de dater le manuscrit A de la fin du Xe siècle ou du début du XIe siècle.

- En effet, les cinq premiers cahiers (jusqu’à la 10e ligne du f. 39r) sont d’une première main et datent de la fin du Xe siècle (voire début XIe). Le texte de Nithard (f. 1r-18r) est ainsi du même copiste que les premiers cahiers des Annales de Flodoard (f. 19v-39r), qui couvrent les années 919 à 948 :

  • 54 Ibid.

Le copiste utilise le w, en capital dans les noms propres (f° 28v : Willelmus, Waldricus) et note uu la forme minuscule du w (f° 13v : Lodhuuuicus et f. 13v dans les passages rédigés en langue vernaculaire). Datée du Xe s. (Brunhölzl, 1991, p. 155), la copie remonte probablement à la toute fin de ce siècle, voire au commencement du suivant (Delisle, Cab. des ms. III, p. 266, qui avait révisé la datation donnée dans son Invent.). En effet, le ms. ne peut avoir été copié au IXe s. (cf. par ex. McKitterick, 1980, p. 32) pour la raison que l’œuvre de Nithard et le début de celle de Flodoard sont de la même main et que ce dernier a composé ses Annales jusqu'en 966, l'année de son décès54.

- En revanche, le sixième et dernier cahier (fin du texte de Flodoard de 948 à 966 année de sa mort), ainsi que les additions aux Annales pour les années 976-978, sont d’un second copiste (f. 39r-46v) et datent du XIe s. :

  • 55 Ibid.

le changement se produit à la 10e ligne du f° 39r après le mot qualiter (éd. Lauer, 1905, p. 112, 4) et […] de ce fait l'interruption à cet endroit est difficilement explicable. Bien qu'elle conserve autant que possible les principaux caractères de la première main, comme par ex. la lettre H capitale caractéristique en forme de K ou le A capital, l'écriture de la seconde main se distingue notamment par ses d minuscules, ses e cédillés et ses abréviations pour pro qui ont des formes différentes (voir Couderc, 1895, p. 721)55.

Source gallica.bnf.fr

43Au début du XVe s., ce manuscrit figure dans la bibliothèque de l’abbaye de Saint-Magloire de Paris, ainsi que le prouve une note au folio 93 de la portion aujourd'hui à la Vaticane : « frère Pierre le riche, Saint Magloire »56.

Manuscrit BnF Latin 14663 (dit « manuscrit B »)

  • 57 L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale, 4 vol., Paris, 1868-1891 (réimp (...)
  • 58 Trad. : « Je n’ai rien trouvé de plus au sujet de cette chronique que j’ai tenue du monastère Saint (...)

44Une copie (le manuscrit B) en est réalisée vers 1420 pour l’abbaye parisienne de Saint-Victor. Une note du copiste, au folio 289, signalée par L. Delisle57, en confirme la provenance : « Non plus reperi de ista cronica, quam habui de monasterio Sancti Maglorii Parisiensis, que ibidem reperitur scripta de littera vetustissima, cuius auctor ut creditur fuit Frodoardus presbiter Remensis ecclesie ut coniecturari potest circa finem huius cronice ad tale signum »58.

45Cette copie est aujourd’hui conservée à la BnF [ms Latin 14663]. Elle rassemble de nombreux textes historiographiques, dont en fin de volume le texte de Nithard (f. 279 sq.) et les Annales de Flodoard (f. 289 sq.). Le texte de Nithard y est toutefois incomplet et ne comporte pas le passage relatif aux Serments de Strasbourg.

46De fait, au folio 285r de ce manuscrit, le texte a été interrompu après « Ludouicus quoniam maior natu erat prior hec deinde se servaturum testatus est » (espace d'environ dix-huit lignes laissé vide). Il reprend à « Sacramentum autem quod utrorumque populus quique propria lingua testatus est romana lingua sic se habet » (espace d'environ huit lignes à nouveau laissé vide). La dernière ligne du folio comporte encore « Teudisca autem lingua » (fin de la ligne laissée vide). Sur le verso du même folio, après un espace d'environ six lignes, le texte reprend à « Quibus peractis Ludouicus Rhenotenus... ». Ce sont donc les parties du texte en langue vernaculaire qui ont été omises (à l’exception de l’annonce en latin du discours de Charles qui manque également), même si l’espace a été prévu pour les inscrire ultérieurement. Il est possible que le copiste n’ait pu les déchiffrer. Le manuscrit présente d’autres espaces libres qui n’ont pas été remplis plus tard : au folio 286r, il laisse en effet deux espaces de plusieurs lignes pour inscrire les détails du partage d'Aix-la-Chapelle entre Louis et Charles, sur le modèle cette fois du manuscrit A, fol. 14v59.

Ms Latin 14663, f. 284v-285r (vue 280) et 285v-286r (vue 281), montrant les blancs laissés à l’emplacement des citations des serments en langue vernaculaire https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/​ark:/12148/​btv1b107211680/​f280.item et https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/​ark:/12148/​btv1b107211680/​f281.item

Source gallica.bnf.fr

  • 60 Courtney M. Booker, « An early humanist edition of Nithard De dissensionibus filiorum Ludovici Pii  (...)
  • 61 Ibid., p. 248.

47Selon Courtney M. Booker, ce manuscrit B aurait été copié non pas directement sur A mais d’après des intermédiaires disparus : « While it is clear, from their reproduction of a number of errors, lacunæ, and medieval emendations, that Troyes, M. A. T. 3203 (= T), de la Mothe (= M), and B are all descendants of A, a collation of their texts demonstrates that they were not direct copies of it, but rather copies of now-lost intermediaries60. » Selon le stemma qu’il propose61, A aurait donné deux intermédiaires à ce jour disparus : (a) à partir duquel aurait été établi (a2) ; T (le manuscrit autographe de Pithou, MTCM 3203 [Médiathèque Troyes Champagne Métropole, cote 3203]) aurait été établi à partir de (a) et B (BnF Latin 14663) et M (ms de La Mothe) d’après (a2) (M étant le manuscrit perdu de La Mothe dont C. M. Booker déduit l’existence d’après les observations qu’il transmet à Pithou et que celui-ci reproduit dans T).

Conservation des manuscrits A et B

  • 62 M. C. Couderc, « Essai de Classement des Manuscrits des Annales de Flodoard par M. C. Couderc », Re (...)
  • 63 D’après Janet Girvan Espiner-Scott, Claude Fauchet. Sa vie, son œuvre, Paris, Droz, 1938, troisième (...)

48Au XVIe siècle, le manuscrit A passe aux mains du chanoine Jean de Saint-André et le manuscrit B dans celles de Claude Fauchet (qui l’annote) selon le témoignage de ce dernier : « Flodoard, prestre de Reims, a escrit des Annales depuis l'an 919 jusque l'an 966. L'original qui fut de Saint-Magloire [ms A] est ès mains dudit de Saint-André et j'ai la coppie de S[aint] V[ictor] [ms B] »62 (note apposée dans son index des « livres non imprimez desquelz je me pui aider »63 contenu dans le manuscrit conservé à la bibliothèque Vaticane [Ott.lat.2537] au folio 1r). Toutefois, la forme « Guitard » utilisée par Claude Fauchet ne figurant pas dans B (non plus que dans A), cela laisserait supposer que celui-ci a également utilisé un autre manuscrit source, aujourd’hui inconnu.

49Au XVIIe siècle, le manuscrit A passe ensuite dans la bibliothèque de Paul Petau (1568-1614), sous la cote [Q 50] ainsi qu’en témoigne l’ex-libris (au bas du f. 1r) : « Petavius ». Vers 1650, le recueil manuscrit est vendu par le fils de Paul Petau à la reine Christine de Suède (1626-1689). Avec d’autres manuscrits, il est offert par Christine de Suède à la Biblioteca Apostolica Vaticana (Bibliothèque Vaticane), où il est conservé sous la cote [Reg.lat.1964] qu’on peut encore voir, barrée, au dos et sur le folio 1 (cote barrée).

Source gallica.bnf.fr

50À la fin du XVIIIe siècle, le 4 juillet 1797, suite au traité de Tolentino, les Français saisissent le manuscrit à la Bibliothèque Vaticane. Toutefois, seule la partie contenant le texte de Nithard et celui de Flodoard est remise à la France.

51La partie du manuscrit d’origine contenant l'Histoire des Bretons de Nennius, la vie de Saint Germain d'Auxerre et autres (f. 47-203) est toujours conservée à la Vaticane (sous sa cote [Reg.lat.1964]).

  • 64 L. Delisle, Introduction aux Recherches sur la librairie de Charles V, t. 1, Paris, 1907, p. xviii-(...)

52La partie comportant le texte de Nithard et les Annales de Flodoard de Reims est conservée à la Bibliothèque nationale de France, au département des Manuscrits, sous la cote [supplément latin 623] tout d’abord, puis sous sa cote actuelle [Latin 9768]. Après la défaite de Napoléon en 1815, elle n’a pas été rendue à la Bibliothèque Vaticane, lors de la restitution des ouvrages saisis au pape, car l’on ne put prétendûment la retrouver. Selon L. Delisle, cet escamotage est le fruit d’un accord secret conclu entre Marini, le commissaire pontifical, et la direction de la Bibliothèque. Cet accord aurait permis à la Bibliothèque nationale de France de conserver l'œuvre de Nithard en échange d’un manuscrit grec remis à Rome. L’accord fut révélé en 1884 lors de la publication posthume du rapport de Marini64.

Autres manuscrits disparus

  • 65 C. M. Booker, art. cité, p. 243.
  • 66 Ibid., p. 243-244.
  • 67 Ibid., p. 248.
  • 68 Pierre Ronzy, Un humaniste italianisant, Papire Masson, Paris, Champion, 1924, chap. II : « La "Vie (...)

53Parmi les érudits de l’époque, d’autres manuscrits pouvaient circuler. C. M. Booker65 mentionne une lettre de Hubert van Giffen (Giphanius) datant de janvier 1578 et adressée à Pierre Daniel, avocat et ami de Pithou, possédant de nombreux manuscrits, dont une copie de Nithard qu’il fournit à Giffen66. Pithou signale également dans son manuscrit autographe MTCM 3203 [T] plusieurs variantes de lecture et observations de « Motta » [Charles de La Mothe], à partir desquelles C. M. Booker postule l’existence de trois manuscrits aujourd’hui perdus : un manuscrit M possédé par La Mothe et établi à partir de deux intermédiaires perdus de A : A > (a) > (a²) > M, d’où une équation à trois inconnues67. Pierre Ronzy évoque enfin les travaux de Jean-Papire Masson et de Matharel, lequel aurait également possédé un manuscrit68. Dans la mesure toutefois où nous n’avons actuellement pas trace de ces manuscrits, il est impossible de dire s’il s’agit de versions antérieures au XVIe siècle ou de copies échangées par les érudits de l’époque, afin de pouvoir étudier le document (ce qui parait plus probable, en particulier si l'on se réfère au témoignage susmentionné de Claude Fauchet, qui ne mentionne qu'un "original" et une "coppie", et à l'absence d'autres sources signalées par les érudits de l’époque).

Enjeux linguistiques du texte

  • 69 Bernard Cerquiglini, La Naissance du français, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 2016 (4e édition, 2e  (...)

54Le 14 février 842, Charles le Chauve et Louis le Germanique, fils de Louis le Pieux et petit-fils de Charlemagne, se prêtent mutuellement serment d’assistance dans leur lutte contre leur frère aîné Lothaire. La spécificité de ces serments est que chacun des frères prête serment dans la langue du peuple de l’autre, Charles en vieux-haut-allemand et Louis le Germanique en langue romane, tandis que leurs armées respectives s’en font l’écho dans la langue de leur territoire (Bernard Cerquiglini précise que ce n’est pas « dans leur langue » que jurent les responsables de l’armée, mais dans l’idiome qui leur est officiellement attribué69). Alors même qu’il rédige sa chronique en latin, Nithard rapporte ces serments en langue vernaculaire, tout en proposant leur traduction latine.

55L’importance des Serments de Strasbourg, tant sur le plan politique et historique qu’en ce qui concerne l’histoire de la langue, explique les nombreuses études qui leur ont été consacrées. Identifiés de manière récurrente comme première attestation écrite du proto-français, les Serments de Strasbourg sont désormais toujours mentionnés, de manière ponctuelle ou détaillée, dans les ouvrages d’histoire de la langue.

Un témoignage sur le proto-français

56Les Serments de Strasbourg ne constituent toutefois pas le premier document en langue vernaculaire. Un manuscrit du viiie siècle, connu sous le titre de Gloses de Reichenau, du nom de l’abbaye de Reichenau où il est conservé, constitue un lexique de 1300 mots traduits du latin de la Vulgate en langue vernaculaire afin d’en éclairer le sens. Les Serments s’en distinguent néanmoins en constituant un premier témoignage écrit, syntaxiquement structuré, comme le rappelle Mireille Huchon :

  • 70 Mireille Huchon, Histoire de la langue française, Paris, Le Livre de Poche, 2002, chapitre I : « Le (...)

Quelques témoignages antérieurs à ce texte politique officiel prouvent l’existence de cette romana lingua. Une parodie de la loi salique (vers 770) fournit la forme bottilia pour butticula, « bouteille », et l’emploi de lo et la (issu du démonstratif latin ille) comme articles. Les Laudes royales de Soissons (vers 790) offrent des acclamations en l’honneur des fils de Charlemagne, Tu lo iuua, tu los iuua (« Toi, aide-le, toi, aide-les ») avec lo et los formes de pronom personnels provenant du démonstratif latin ille). Les Gloses de l’abbaye de Reichenau (viiie siècle) contiennent quelque 1300 mots romans latinisés servant à traduire les termes de la Vulgate (bella pour le latin classique pulchra, infantes pour pueros, servientes pour milites, plus sano pour saniore ; termes à l’origine, respectivement, des formes modernes belle, enfant, sergent, plus sain). Dans les délibérations du synode de Tours (813), les évêques invitaient à transferre les homélies en rustica romana lingua ou en thiostica (germain) afin d’être compris par les fidèles (la question de la langue fut débattue dans les autres synodes convoqués la même année ; à Mayence, la langue allemande fut autorisée et, à Reims, il fut permis de prêcher secundum proprietatem linguæ [« selon la propriété de la langue »]). Les Gloses de Cassel (viiie ou ixe siècle) fournissent l’équivalent germain de 300 mots romans. Mais ces textes sont des glossaires et c’est dans les Serments de Strasbourg, texte politique, que cette langue apparaît avec ses particularités morphologiques et sa syntaxe propre70.

  • 71 Marcel Cohen, Histoire d’une langue : le français (des lointaines origines à nos jours), 3e édition (...)
  • 72 Renée Balibar, L’Institution du français, Paris, PUF, 1985, première partie « Le texte qui a donné (...)
  • 73 Claude Hagège, Le Français, histoire d’un combat, Boulogne-Billancourt, Editions Michel Hagège, 199 (...)
  • 74 Jacques Chaurand, Nouvelle Histoire de la langue française, Paris, Éditions du Seuil, 1999, chapitr (...)
  • 75 Jacques Chaurand, Histoire de la langue française, 10e édition, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 2003 (...)

57En tant que premier monument officiel donc, les Serments de Strasbourg ont dès lors été considérés comme l’acte de naissance de la langue française. L’expression revient, de nos jours, de manière récurrente : « le premier monument connu du plus ancien français écrit, en même temps qu’une sorte d’acte de naissance d’un royaume de France71 » ; « Le texte qui a donné naissance à la langue française72 » ; « l’extraordinaire épisode qui constitue, en quelque sorte, l’acte de naissance de notre langue73 » ; « les Serments de Strasbourg sont considérés [par les historiens de la langue] comme l’acte de naissance du français, ou, pour le moins, comme le témoignage de l’existence d’un protofrançais74 » ; « pour le français, il est légitime de fixer, sinon une date de naissance, du moins celle d’une première manifestation d’existence75 ». Alain Rey, Frédéric Duval et Gilles Siouffi ont toutefois souligné les dangers d’une telle formule : 

  • 76 Nous aborderons ce point dans la section ci-après : « Une première attestation des enjeux politique (...)
  • 77 Alain Rey, Frédéric Duval, Gilles Siouffi, Mille ans de langue française histoire d’une passion, éd (...)

Les Serments de Strasbourg ne sont pas l’acte de naissance du français, une formule dangereuse à plus d’un titre. Les Serments ne traduisent aucune volonté politique d’instituer une nouvelle langue76. En outre, parler de « naissance » à propos du français est malvenu. […] [O]n ne peut pas estimer qu’une langue n’existe pas tant qu’elle n’est pas attestée graphiquement77.

  • 78 Jeanette M. Beer, Early Prose in France : Contexts of Bilingualism and Authority, Kalamazoo, Mediev (...)
  • 79 Jacques Chaurand, Nouvelle Histoire de la langue française, op. cit., p. 30-32. Jean-Louis Tritter, (...)

58Les Serments attestent de fait, sur le plan linguistique, l’existence d’une langue désormais démarquée du latin savant. Selon Jeanette M. Beer78, le texte aurait été traduit du latin. Jacques Chaurand79 montre toutefois comment « le modèle latin de ces formules de serment ne fait que mieux ressortir les innovations en chaine qui se manifestaient dans le texte roman » :

La chute des voyelles finales autres que a est systématique, ex. amur, Christian, lat. amore, Christiano ; il n’y a d’exception que lorsque des groupes consonantiques ont besoin d’une voyelle de soutien, ex. nostro « notre ». A inaccentué est conservé en finale, mais l’alternance fradre / fradra laisser supposer que cette voyelle est de timbre incertain.

Le traitement des dentales intervocaliques est caractéristique lui aussi : t dans potere « pouvoir » est sonorisé en d mais la dentale dans cette position est représentée aussi par dh qui, pense-t-on, correspond à une interdentale d’un type voisin du th doux anglais, avant qu’elle ne disparaisse au xie siècle, ex. cadhuna, aiudha « chacune », « aide ».

L’écriture ne marque pas les diphtongues que nous nous attendons à trouver. Héritère peut-être de l’écriture mérovingienne, elle transcrit par i les e fermés, ex. cist, ancien français cest « cet ».

La forme périphrastique infinitif + habeo « (j’)ai » a définitivement évolué en un temps simple à valeur de futur : saluarai « sauverai », prindrai « prendrai ».

La flexion à deux cas est respectée : on remarquera Deus sujet en face de Deo régime, et de même Karlus / Karlo.

  • 80 Mireille Huchon, Histoire de la langue française, op. cit., p. 30-31.

59M. Huchon80 reprend les points 1 et 4 et ajoute :

[L]a sonorisation des consonnes sourdes à l’intervocalique (podir pour *potere, du latin classique posse, montre le passage de [t] à [d]).

La déclinaison latin qui comportait six cas se réduit à une opposition de deux cas : le sujet (deus) et le complément (deo).

Des formations périphrastiques sont remarquables : dist di in auant (« de ce jour en avant ») [...].

Pour le démonstratif (is, iste ou ille en latin classique), est employée la forme cist provenant d’un renforcement de iste par la particuler ecce, « voici » [...].

[E]mploi de om issu de homo (à l’origine de l’indéfini on) et celui de fazet (du latin facere, « faire ») comme verbe suppléant du verbe saluar.

Une des tournures fréquentes de l’ancien français est déjà représentée : la postposition du sujet au verbe avec adverbe en tête comme le montre l’emploi de si saluarai eo (si, issu de l’adverbe latin sic, « ainsi » et eo, du pronom personnel latin ego, « je ») 

[L]e verbe n’est plus en position finale, mais en position médiane.

  • 81 M. K. Pope, From Latin to Modern French, Manchester, UP, 1952, §. 22, 39, 260, 336, 505, 600, 609, (...)
  • 82 Ferdinand Brunot, « Origines de la langue française », Histoire de la langue et de la littérature f (...)

60Ces innovations amènent M. K. Pope à étudier les premières caractéristiques phonétiques, orthographiques, morphosyntaxiques d’une langue française démarquée du latin à partir des premières attestations, dont les Serments de Strasbourg81. Dans son Histoire de la langue française, Ferdinand Brunot propose pour sa part le fac-similé du manuscrit (dans un encart), ainsi qu’une transcription diplomatique du texte accompagné de sa traduction (dans une langue reconstituée par Brunot) en latin classique, en latin parlé, en français du xie siècle, en Moyen français (xve siècle) et en français contemporain82, ce montage factice étant destiné à inscrire le texte dans une histoire de la langue conçue dans son évolution diachronique.

  • 83 A. Tabachowitz, Étude sur la langue de la version française des Serments de Strasbourg, Upsal, Almq (...)
  • 84 Ferdinand Lot, « Le dialecte roman des Serments de Strasbourg », Romania, 65, 1939, n° 258, p. 145- (...)
  • 85 Arrigo Castellani, « Le problème des Serments de Strasbourg », Atti dell'VIII Congresso internazion (...)
  • 86 A. Tabachovitz, Étude sur la langue de la version française des Serments de Strasbourg. Thèse pour (...)
  • 87 Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France, Paris, Sautelet et compagnie,1827, lettre xiii, (...)
  • 88 Robert A. Hall Jr., « The Oaths of Strassburg: Phonemics and Classification », Language, 29, n° 3, (...)
  • 89 John A. Rea, « Again the Oaths of Strassburg », Language, 34, n° 3, Jul.-Sep, 1958, p. 367-369. htt (...)
  • 90 Robert A. Hall Jr., « Yet Again the Strassburg Oaths », Language, 35, n° 1, Jan.-Mar., 1959, p. 24- (...)
  • 91 Michel Banniard, « Latinophones, romanophones, germanophones : interactions identitaires et constru (...)

61Les serments en langue romane semblent ressortir de la langue d’oïl, selon Abraham Tabachowitz qui y relève des traits caractéristiques83. Linguistes et philologues ont tenté d’aller plus loin et de cerner les spécificités du dialecte roman des Serments. Leurs divergences d’analyse et l’absence de consensus incitent toutefois à la réserve : un dialecte indéterminé du Nord selon F. Lot84 ; du poitevin selon Arrigo Castellani85, le dialecte oriental de la France, parlé en Lorraine, selon A. Tabachowitz86 ; celui du midi selon A. Thierry87 ; tandis qu’une controverse oppose Robert A. Hall Jr. et John A. Rea : s’appuyant sur une analyse orthographique et phonémique, le premier évoque un état encore indistinct de pré-français88, tandis que le second, remettant en cause ces analyses89 (que Hall défendra en 195990), y voit la première attestation du dialecte du Nord (Old North French). Michel Banniard juge ces tentatives d’identification d’un dialecte précis non pertinentes : « cette scripta tentant de recréer un système graphique roman pour remplacer le rôle que tenait la graphie latine, l’attribution à une aire dialectale précise est sans objet91. »

  • 92 B. Cerquiglini, op. cit., p. 97.
  • 93 Ibid., p. 99-101, nous renvoyons à ces pages pour le détail de ces interprétations proposées par Di (...)
  • 94 B. Cerquiglini, op. cit., p. 93 et 95.

62Bernard Cerquiglini s’intéresse pour sa part aux variantes entre les deux serments en langue romane et en langue germanique, comme par exemple « nunquã » dans « Et ab Ludher nul plaid numquã prindra » (« Et je ne passerai jamais aucune convention avec Lothaire ») qui n’a pas d’équivalent dans le texte allemand pour souligner que « La possibilité de surplus qu’il se donne, et qui le fonde comme texte, autorise l’énonciation discrète d’une spécificité92. » Il rappelle également les interprétations proposées par les linguistes depuis un siècle sur des passages résistant au sens dans le segment en langue romane, dont le plus significatif est « nõ lostanit », qui a suscité des propositions variées, parfois « fantaisistes » ou relevant « d’un tour de force » (« non lo s[e] tanit, non lo stanit, non l’ostyanit, non lo su[on] tint, lo fraint, in lo sa[gramen]t anit93... »). De l’existence de ces passages problématiques dans les segments en langue romane, là où les segments allemands posent peu de problèmes « certains philologues en ont déduit, sans preuve, que le serment germanique, que ne dépare aucune faute, était premier, et que la version française avait été élaborée à partir de lui », ce qui n’est nullement prouvé94.

  • 95 M. Banniard, art. cité, § 25-26. Nous transcrivons le relevé de M. Banniard sous la forme d’un tabl (...)

63Pour autant Michel Banniard met en évidence les rapprochements entre les deux passages, en langue romane et en langue germanique95 :

1

2

3

4

5

6

A

soso

man

mit rehtu

sinan bruodher

scal

A’

si cum

om

per dreit

son fradra

salvar

dift

B

in thiu thazz

er

mig

so sama

duo

B’

in o quid

il

mi

altresi

fazet

C

indi

mit Ludheren

in notheiniu thing

ne

gegango

C’

et

ab Ludher

nul plaid

nunquam

prindrai

D

the

minan willon

imo

ce scadhen

werden

D’

qui

meon vol

cist meon fradre Karle

in damno

sit

  • 96 B. Cerquiglini, op. cit., p. 124 parle pour le segment en langue romane d’une « première "attextati (...)
  • 97 Ibid., § 24 et 27 ainsi que note 62 : « C’est la connotation impliquée en français par "vulgaire" q (...)

Et il juge inopportun de qualifier cette langue de « vulgaire » en raison de la connotation stylistique du terme et dans la mesure où les serments, par leur solennité, « présentent le caractère contradictoire de "mettre en texte96" une langue qui est certes la "langue du peuple", mais hissée à un niveau de langage qui en fait évidemment dans les deux cas un exemple de Hochsprache, de sermo altus.97 »

  • 98 Konrad Ewald, « Formelhafte Wendungen in den Strassburger Eiden », Vox Romanica, 23, 1964, p. 35-55 (...)
  • 99 Monumenta Germaniæ historica, Legum sectio II, Capitularia regum Francorum, Hannover, 1883 et 1897.

64De fait, Konrad Ewald98 estime que les Serments sont l’adaptation en langue romane des formules juridiques latines. Il propose ainsi pour les deux serments en langue romane, segment par segment, une liste de formules latines recensées dans les capitulaires carolingiens99, par exemple :

Pro Deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament,
[Pour l’amour de Dieu et pour le salut commun du peuple chrétien et le nôtre,]
pro amore Dei
pro amore et timore Dei
cum consilio servorum Dei et populi christiani
secundum Dei voluntatem et commune salvamentum
de filiorum ac regni et fidelium nostrorum salvamento

dist di in avant,
[à partir d’aujourd’hui,]
de ista die in ante

in quant Deus savir et podir me dunat,
[tant que Dieu me donne savoir et pouvoir,]
quantum mihi Deus scire et posse donaverit

si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa,
[je secourrai ce mien frère Charles par mon aide et en toute chose,]
ut unusquisque... suum fratrem... et consilio et auxilio adiuvet
ut suum fratrem... et consilio et auxilio sic adiuvet

si cum om per dreit son fradra salvar dift,
[comme on doit secourir son frère,]
sicut fratres per rectum esse debent

in o quid il mi altresi fazet
[selon l’équité, à condition qu’il fasse de même pour moi,]
non mentionné

et ab Ludher nul plaid numquam prindrai, qui, meon vol, cist meon fradre Karle in damno sit.
[et je ne tiendrai jamais avec Lothaire aucun plaid qui, de ma volonté, soit dommageable à ce mien frère Charles.]
ut nullus ad mallum vel ad placitum infra patriam arma... portet
ut... aliquod damnum aut aliquam marritionem non faciat

  • 100 Alain Rey, Frédéric Duval, Gilles Siouffi, Mille ans de langue française histoire d’une passion, op (...)
  • 101 Ibid., p. 69.
  • 102 Ibid., p. 67. Sur cette prononciation, voir aussi p. 55 (« Le "latin d’illettrés" »).

65Tout en souscrivant à l’inscription dans une tradition juridique, Alain Rey, Frédéric Duval et Gilles Siouffi voient pour leur part les Serments comme « essentiellement hybrides100 ». Cette langue romane (lingua romana) serait un « intermédiaire entre le latin parlé des lettrés et le latin parlé des illettrés101 ». Les auteurs font l’hypothèse que Louis le Germanique, habitué à lire et à prononcer le latin savant, aurait eu du mal à le prononcer à la manière des illettrés pour être compris d’eux. Le texte de son serment aurait dès lors été adapté pour lui indiquer comment le prononcer par décalque phonétique : « Alors qu’un locuteur romanophone de la Gaule du Nord prononçait frater [fradre], les Serments de Strasbourg inversent le système, puisque la forme à prononcer [fradre] est transcrite fradre102. » Selon cette hypothèse, le texte des Serments était donc compliqué à la fois à écrire et à lire.

  • 103 Nous renverrons sur ce point à l’article cité de M. Banniard (§ 10-19) ainsi qu’à l’étude de Thérès (...)

66Cette élaboration d’une langue romane structurée, ou d’un vernaculaire hybride selon les hypothèses, décalque indépendant d’une langue juridique latine, et à une époque où Otfrid revendique pareillement la grammatisation et la codification de la langue tudesque103, amène à s’interroger sur la valeur politique de ces serments et de leur citation en langue vernaculaire par Nithard.

Une première attestation des enjeux politiques de la langue vernaculaire

  • 104 Annales de Saint-Bertin, a. 842, p. 27, voir citation supra (au niveau de la note 47).

67Les Annales de Saint-Bertin synthétisent les événements, en rappelant les serments mutuels de Charles et de Louis, effectués dans le but de s’attacher plus fermement leurs peuples respectifs, et les serments des fidèles de chaque partie, jurant s’abstenir de prêter aide à celui des frères qui comploterait contre l’autre et promettant de travailler pour la paix et la fraternité104. Mais Nithard est le seul à rapporter les serments dans les langues vernaculaires germanique et romane. Le bilinguisme et la transmission écrite vernaculaire sont les éléments qui donnent aux Serments de Strasbourg leur statut exceptionnel.

68Si le récit de Nithard est en latin, celui-ci choisit, de fait, de citer en langue vernaculaire les serments respectifs prononcés par les deux demi-frères, Charles le Chauve et Louis le Germanique, unis contre Lothaire : Louis le Germanique prête ainsi serment en langue romane et Charles le Chauve en tudesque. Or l'exorde de Louis le Germanique, qui précède immédiatement et qui fut prononcé en langue tudesque, est pour sa part transcrit en latin. Il s'agit donc d'un choix délibéré de Nithard (ou de Charles et de son entourage) concernant les Serments proprement dit. Ainsi que le souligne Bernard Cerquiglini :

  • 105 B. Cerquiglini, op. cit., p. 83.

Si Nithard avait été historien c’est-à-dire chroniqueur ou annaliste, et s’il eût souhaité conserver pour la postérité le texte solennel des Serments, ce digne héritier de la renaissance carolingienne l’eût fait en latin. Seul l’écrit rend mémorable, et l’écrit est latin. Des paroles tenues en langue vulgaire, pour accéder à la dignité de l’inscription, doivent être traduites : c’est ce que font les chroniqueurs contemporains, c’est ce que fait Nithard par ailleurs105.

  • 106 Nithard, Histoire des Fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, op. (...)

69Nous pourrions ajouter que le choix de Nithard est d’autant plus remarquable et singulier que peu après, lors de la réunion des armées de Louis et de Charles à Worms, il met en scène, à l’inverse, l’unité et la cohésion de l’ensemble des participants : la ressemblance physique et morale (pourtant très générale) des deux demi-frères, leur concorde parfaite, ainsi que l’entente exceptionnelle entre tous les peuples de l’Empire représentés106.

  • 107 Jacqueline Picoche, Christiane Marchello-Nizia, Histoire de la langue française, 3e édition, Paris, (...)
  • 108 Charles Bruneau, Petite histoire de la langue française, Tome premier : « Des Origines à la Révolut (...)

70Jacqueline Picoche et Christiane Marchello-Nizia107 attirent dès lors l’attention sur le contraste « spectaculaire » entre le texte des Serments, tel que Nithard choisit de le rapporter et le latin très pur de sa narration. Charles Bruneau y voit la volonté de traduire un événement exceptionnel : « L’annaliste Nithard, petit-fils de Charlemagne, crut devoir noter pour la postérité (tant la chose était exceptionnelle) les serments solennels prononcés en langue vulgaire par les soldats de Charles le Chauve, à Strasbourg, le 4 février 842.108 » Marcel Cohen s’en fait l’écho :

  • 109 Marcel Cohen, Histoire d’une langue : le français (des lointaines origines à nos jours), 3e édition (...)

Vu l’importance attribuée, à juste titre, à la teneur de ces actes officiels, le chroniqueur les a donnés dans les deux langues parlées, et non en latin ; il a donc livré à la postérité à la fois le plus ancien texte qu’on puisse appeler du français et un des plus anciens textes du haut-allemand. Ainsi, un événement politique important est devenu aussi un événement linguistique109

  • 110 Ferdinand Brunot, Histoire de la langue française des origines à nos jours, op. cit., p. 143 ; Pio (...)

De même, selon Pio Rajna (mentionné par Brunot), qui rapproche les Serments de Strasbourg des serments méridionaux, Nithard s’est abstenu de traduire les Serments en latin car « les termes mêmes importaient »110.

71Ceci n’explique pas pour autant pourquoi les Serments ont été prononcés en langue vulgaire et non en latin, langue des échanges officiels. Selon F. Brunot, ce double serment aurait permis aux armées présentes d’en saisir le sens :

  • 111 Ibid., p. 142-143.

Afin que les armées présentes fussent témoins de ce pacte solennel, Louis le Germanique jura dans la langue de son frère et des Francs de France, c’est-à-dire en roman français ; Charles répéta la même formule que son aîné en langue germanique. Et les soldats, chacun dans leur langue, s’engagèrent à leur tour111.

  • 112 Renée Balibar, L’Institution du français, Paris, PUF, 1985, première partie « Le texte qui a donné (...)
  • 113 Ibid., p. 26.
  • 114 Ibid., p. 29.
  • 115 Annales Fuldenses, éd. F. Kurze, Hanovre, 1891, p. 89 (MGH SS rer. Germ. 7).

Renée Balibar juge toutefois cette interprétation anachronique et la conteste selon trois arguments : d’une part la langue romane était une langue rustique, indigne des rois112 ; en second lieu le lignage de Charlemagne - et par conséquent les deux demi-frères - parlait le tudesque113 ; enfin « Les rois carolingiens n’avaient pas l’obligation d’être compris jusqu’aux vassaux des plus bas étages »114. En soutien de ces deux premiers arguments, nous pouvons rappeler un autre témoignage de serments en langue vernaculaire (germanique) chez les Carolingiens. En 876, les fils de Louis le Germanique se partagèrent à leur tour le royaume de leur père et se prêtèrent serment de fidélité. Le texte de ces serments, rédigé en langue vernaculaire (theutonica lingua conscriptus) fut ensuite envoyé à travers le royaume. Aucun exemplaire de ce texte n’a toutefois été conservé115.

  • 116 Renée Balibar, L’Institution du français, op. cit., p. 12 pour la citation.

72Dans son étude sur l’institution du français (en entendant le terme « institution » au sens actif de « fondation »116), Renée Balibar fait alors l’hypothèse que ce double serment résulte d’une mise en scène linguistique novatrice, en soi signifiante, alors même que le contenu linguistique des serments prononcés restait opaque :

  • 117 Ibid., p. 39.

Le « roman », devenu « le français » dans la bouche du roi après avoir été rédigé par les clercs […], n’avait pas besoin d’être « compris » ou « communiqué », ni entre les rois, ni des rois aux armées. Il suffisait de la proclamation globale, spectaculaire d’une dissemblance entre les deux engagements pris en langues royales-vulgaires. Qu’est-ce qui pouvait être intellectuellement saisi des discours prononcés par Louis et Charles dans la prairie ? Rien, ou fort peu. C’est l’échange dramatique qui a été parlant117.

  • 118 Ibid., p. 43.

Ainsi « Ce choix linguistique d’un double serment est donc symbolique et permet d’envisager les deux territoires sous le signe de leur langue respective »118. Paul Hagège s’en fait l’écho :

  • 119 Claude Hagège, Le Français, histoire d’un combat, op. cit., p. 16.

Car évidemment, comme tous les Carolingiens, Charles, fils d’une mère bavaroise, et Louis, dit le Germanique, étaient germanophones. En outre parmi leurs conseillers et les cadres de leurs armées, il y avait un mélange de germanophones et de romanophones, en ces temps où militaires et politiques se déplaçaient beaucoup à travers les terres, de langues différentes, qu’avaient réunies l’ancien empire de Charlemagne. Mais le royaume de Charles étant de langue romane, et celui de Louis de langue germanique, prêter serment, pour chacun, dans la langue du royaume de l’autre, c’était fonder politiquement ces deux royaumes sur le critère le plus simple et le plus universel, à savoir, précisément, la langue119.

Le choix de s’exprimer pour les deux rois dans la langue vernaculaire du territoire de son allié (en roman pour Louis, qui règne sur un royaume germanophone, et en tudesque pour Charles, qui règne sur un territoire de langue romane) serait donc un moyen d’illustrer une alliance politique par le biais métonymique de la langue.

73Bernard Cerquiglini dégage également cette valeur symbolique d’un acte où l’énonciation mise en scène prend le pas sur l’énoncé :

  • 120 Bernard Cerquiglini, La Naissance du français, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1991 (rééd. 201 (...)

Et cela, qui est radicalement nouveau, s’opère à Strasbourg davantage par les modalités de l’énonciation que par l’énoncé lui-même. Le Serment prononcé dit l’aide et la protection ; mais il doit dire également la fondation de deux États. Il le fait par la fondation de deux langues120.

  • 121 Ibid., p. 84.
  • 122 Agnès Blanc se fait l’écho des analyses de B. Cerquiglini. Agnès Blanc, Essai sur la construction j (...)
  • 123 Ibid. p. 85.
  • 124 Voir aussi son introduction désabusée au livre IV, et plus tard, au sujet du printemps 842 : « Quam (...)

En suspendant donc momentanément le récit en latin (langue d’usage des chroniques), « Nithard ne fait pas œuvre d’historien, mais d’homme politique qui prend la plume afin de justifier une politique qu’il a largement contribué à élaborer et à conduire »121. Cousin et proche conseiller de Charles le Chauve, il serait l’artisan de sa politique tout comme des Serments de Strasbourg et du traité de Verdun122 : « Il est évident que la politique anti-impériale conçue après Fontenoy, les négociations avec Louis et la lutte contre Lothaire, la préparation des accords de Strasbourg puis du traité de Verdun passent par ses mains123. » Toutefois, cette analyse est à nuancer, dans la mesure où Nithard semble s’être éloigné du pouvoir, comme nous l’avons vu, et pose dès le début du livre III (celui des serments) ses dissensions avec sa famille et son désir d’arrêter son récit124 :

Quoniam sinistrum me quiddam ex genere nostro ut audiam pudet, referre praesertim quam maxime piget. Quamobrem, imperio haud quaquam malivole contempto ut finis optatus libri secundi affuit, per omnia finire hoc opus animus decrevit. [éd. citée, début du livre III, p. 88 et 90]

Ne pouvant souffrir d’entendre dire du mal de notre famille, il m’est encore bien plus pénible d’en dire moi-même. Aussi, tout en ne voulant pas manquer de respect pour les ordres reçus, dès que je fus arrivé, selon mes vœux, à la fin du livre second, avais-je résolu en moi-même de clore définitivement cet ouvrage. [ibid., trad. p 89 et 91]

  • 125 Ibid., p. 101, § 178.
  • 126 Ibid., p. 102, § 182.

74En conciliant, en quelque sorte, les analyses divergentes de F. Brunot et de R. Balibar, Agnès Blanc voit dans le choix de ces serments en langue vernaculaire une valeur testimoniale et juridique : « la fonction première est ici de se faire entendre - d’attester de la validité de l’engagement par sa pleine compréhension et intégration - des armées du frère allié125 ». Elle y décèle, suivant les analyses de B. Cerquiglini, « une portée plus considérable encore [...] celle de créer des États sur deux langues126. » :

  • 127 Ibid., p. 107, § 194 et 195.

En définitive, cette utilisation par Nithard des langues vulgaires au milieu d’un récit en latin, révèle l’intention politique des rois qui est de se partager l’empire en s’appuyant sur de nouveaux critères, des critères linguistiques. Le latin était la langue de l’unité de l’empire, les langues vernaculaires deviendront celles de son partage127.

  • 128 À ce sujet, voir en particulier Fried, Der Weg, p. 366-383 ; Rosamond McKitterick, « Latin and Roma (...)

75Ici encore, il conviendrait de nuancer car il serait erroné d’envisager les différences linguistiques comme critère de sélection lors des partages carolingiens, même ultérieurs (qui n’en tiennent aucun compte). Dans le cas des Serments de Strasbourg toutefois, les idiomes sont apparus effectivement représentatifs de l’identité et de l’unité que l’on a alors sciemment accordées à chacune des deux armées128.

76De fait, pour Alain Rey, Frédéric Duval et Gilles Siouffi, les Serments manifestent surtout les différences linguistiques de ces armées. Dès lors, « la transcription des sermons en langue vernaculaire » s’expliquerait surtout « par des raisons stylistiques » :

  • 129 Alain Rey, Frédéric Duval, Gilles Siouffi, Mille ans de langue française histoire d’une passion, op (...)

Reproduire les serments tels qu’ils avaient été prononcés soulignait les obstacles que l’entente entre les deux frères avait dû surmonter, et notamment la diversité ethnique et linguistique. En accentuant à la fois la difficulté et la nécessité d’une réconciliation, la langue des Serments fait éclater l’importance d’une alliance qui devait sauver l’empire et rétablir la paix129.

77Anthony Lodge attire dès lors l’attention sur les conséquences d’une approche linguistique qui penserait l’histoire de la langue française en lien avec l’histoire politique de la nation, en négligeant de la confronter aux autres langues :

  • 130 Anthony Lodge, Le Français, histoire d’un dialecte devenu langue, Paris, Fayard, 1997 (trad. Fr. de (...)

Ce qui résulte de cette façon de procéder, c’est bien moins une histoire linguistique du français qu’une histoire de France envisagée du point de vue de la langue (l’insistance étant tout particulièrement mise sur l’émergence du standard parisien, qu’il s’agit bien sûr de légitimer). Une autre conséquence (liée au fait que l’objectif ultime, et le plus souvent implicite, de l’exercice en question est de faire valoir avant tout le caractère unique de la France et de sa langue nationale) en est le nombre étonnamment réduit des études comparatistes entre le développement sociolinguistique du français et celui d’autres langues130.

78Les Serments ne constituent donc ni la première trace écrite de roman, ni le reflet d’une langue parlée ou, à l’inverse, d’une langue littéraire, mais la première attestation syntaxique écrite d’une langue romane démarquée du latin savant et d’une langue juridique officielle.

79Monument reconnu de la langue française, les Serments de Strasbourg ont donc suscité un très grand nombre d’études, non exemptes de polémiques. Les chercheurs se sont intéressés au texte (sa transcription, son contenu, sa bibliographie) et en particulier à son segment en langue romane (sa démarcation par rapport au latin, son identité dialectale, ses spécificités linguistiques, sa valeur - parlée ou juridique, les enjeux de la langue vernaculaire à la fois du serment en lui-même et de sa citation par Nithard au sein d’un récit par ailleurs en latin). Ces études permettent en particulier de problématiser le rôle des Serments dans l’élaboration d’une conception politique de la langue, conçue comme marque d’une unité nationale par-delà ses variations régionales.

Texte : les serments de Strasbourg cité par Nithard

Texte de référence

80Manuscrit BnF lat. 9768 [dit manuscrit A], f. 13rv. Lien vers l’exemplaire numérisé : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/​ark:/12148/​btv1b84238417.

Vues du manuscrit BnF Latin 9768

Source gallica.bnf.fr

Transcription diplomatique des Serments d’après le manuscrit Latin 9768

  • 131 Les nombreuses annotations du manuscrit sont « de deux ou trois mains des XVIe - XVIIe s., dont pro (...)

81Bien que n’étant pas philologues, nous tentons de proposer une saisie diplomatique afin de permettre la comparaison avec les transcriptions qu’ont pu en donner les premiers érudits qui ont cité ces serments. Nous respectons la segmentation des mots, les signes utilisés, la disposition linéaire, ainsi que l’usage des points. Les annotations du manuscrit A131 sont signalées en notes de bas de page.

82[...] Cũq; karoluſ
haec eadẽ uerba . romana linguaoraſſ&.
Lodhuuic̓ qm̃ maior natu erat . prior
haec deinde ſeſeruaturũ teſtatuſ . ẽ.

  • 132 en corrigé en in par le barré droit.
  • 133 Peut-être point souscrit. Josefa López Alcaraz le transcrit dans Los juramentos de Estraburgo y la (...)
  • 134 ec corrigé en hec par une lettre h interpolée.

83Pro dõ amur & ƿxp̃ian poblo & nrõ cõmun
ſaluament . diſt di ɇn
132 auant . inquantdſ̓
ſauir & podir medunat . ſiſaluaraieo .
cist meon fradre karlo . & in ad
133 iudha .
& in cad huna coſa . ſicũ om dreit ſon
fradra ſaluar diſt .
Ino quid il mi altre
ſi faz& . Et abludher nul plaid nũquã
prindrai qui meon uol ciſt . meon fradre
karle in damno ſit . Quod cũ Lodhuuic̓
expleʃʃ& . karoluſ teudiſca lingua ſic hȩc134
eadẽ uerba teſtatuſ eſt.

  • 135 bedherogealnissi corrigé en bedherogealtnissi par une lettre t interpolée.
  • 136 innohein corrigé en innohheim par une lettre h interpolée.

84Ingodeſ minna indurcheſ xp̃aneſ folcheſ
indunſer bedherogeal
tniſſi135 . fontheſe
moda ge frammordeſſo framſo mirgot
geuuizci indimadh furgibit ſohaldihteſ
an minan bruodher ſoſo manmit rehtu
sinan bruher ſcal inthi utha zermigſoſo
maduo . indimit luheren inno
hhein136 iut
hing nege gango . theminan uuillõn imo
ceſ cadhen uuerhen.

  • 137 La dernière lettre est peu visible. Nous la notons entre crochets.
  • 138 aiuha corrigé en aiudha par une lettre interpolée.

85Sacram̃tũ aut̃ qđ utrorũq. populuſ
quiq; propria lingua teſtatuſ est .
Romana lingua ſic ſehab& . Silodhu
uigſ ſagrament . que ſon fradre κarlo
iurat conſeruat . Et κarluſ meoſſendr[a]137
deſuo part ñ loſtanit . ſi ioreturnar non
lint poiſ . neio neneulſ cui eo returnar
int poiſ . in nulla aiudha138 contra lodhu
uuig nunli iuer . Teudiſca aut̃ lingua .

86Oba Karl theneid then er sine mobruodher
ludhuuuige geſuor geleiſtit . indilud
huuuig minherro thenerimogeſuor forbrih
chit . obihinanes iruuendenne mag noh
ih noh therenoh hein theniheſ iruuendenag
uuidhar Karle imoce folluſ tine uuirdhit.

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Bibliographie

Bibliographie de corpus

Manuscrits

A = BnF lat. 9768, de la fin du Xe ou du début du XIe siècle. Seul exemplaire complet du texte de Nithard, ce manuscrit était sans doute originaire de Saint-Riquier ou de Saint-Médard de Soissons, où il était conservé dès le XIe-XIIe siècle.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/btv1b84238417

B = BnF Lat. 14663, originaire de Saint-Victor de Paris dans les années 1420. B ne contient pas les Serments de Strasbourg (mais seulement l'exorde de Louis le Germanique en latin). Il fut sans doute copié d’après A, Courtney M. Booker soutenant l’hypothèse d’intermédiaires disparus.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/btv1b107211680

T : Wittardi, Nobilissimi viri, De dissenssionibus filiorum Ludouici Pii, libri quatuor, Ad Carolum Calvvm Imperatorem, manuscrit Pierre Pithou, s. d., Médiathèque Jacques-Chirac, Troyes Champagne Métropole [MTCM], cote [ms 3203] :
https://portail.mediatheque.grand-troyes.fr/iguana/www.main.cls?surl=search&p=*#recordId=2.2764&srchDb=2

Éditions anciennes

Annalium et historiæ Francorum ab anno Christi DCCVIII. [708] ad ann[um] DCCCCXC. [990] scriptores coætanei XII. nunc primum in lucem editi. Ex Bibliotheca P. Pithoei I. C. Inserta sunt et alia quædam vetera, ad illorum temporum historiam pertinentia, Paris, Claude Chappelet, 1588, avec privilège. Contient : Nithardi Angilberti filii Karoli Magni imp. ex Bertha filia nepotis. De dissentionibus filiorum Lodhuuici Pii ad annum usque DCCCXLIII. [843] Libri quatuor, p. 297-377. Lien vers l’exemplaire personnel de Pithou annoté de sa main en marge :
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k118653b/f8.item

Annalium et historiæ Francorum ab anno Christi DCCVIII. [708] ad ann[um] DCCCCXC. [990] scriptores coætanei XII. Primum in lucem editi. Ex Bibliotheca P. Pithoei I. C. Nunc autem in Germania denuo impressi. Inserta sunt et alia quædam vetera, ad illorum temporum historiam pertinentia, Francofurti [Francfort], Apud Andreæ Wecheli heredes [André Wechel héritiers], Claudium Marnium [Claude de Marne], et Ioann. Aubrium [Johann Aubry], 1594. Contient, Nithardi Angilberti filii Karoli Magni imp. ex Bertha filia nepotis. De dissentionibus filiorum Lodhuuici Pii ad annum usque DCCCXLIII. [843] Libri quatuor, p. 433-489.
http://digital.onb.ac.at/OnbViewer/viewer.faces?doc=ABO_%2BZ166415906

Historiæ Francorum scriptores coætani, éd. A. Duchesne, Paris, 1639, t. II, p. 359-381.

Scriptores rerum Germanicarum, éd. J. Schilter, Strasbourg, 1702, p. 83-110.

Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. I[-VIII], éd. Dom Bouquet, Paris, 1738-1752, tome VI, p. 67-72 :
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k501248/f162.item
et tome VII, p. 10-33 :
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k50125m/f151.item

Éditions modernes (classement chronologique)

Nithard, Histoire des dissensions des fils de Louis le Débonnaire dans Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France de la fondation depuis la monarchie française jusqu’au 13e siècle, éd. F. Guizot, Paris, J. J-L. Brière, 1824, p. 425 à la fin. Contient aussi : Eginhard, Annales d’Eginhard et Vie de Charlemagne ; Des Faits et Gestes de Charles-le-Grand, roi des Francs et empereur par un moine de Saint-Gall ; Thégan, De la Vie et des Actions de Louis-le-Débonnaire ; Vie de Louis-le Débonnaire par l’Anonyme dit l’Astronome.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k91447t/f459.item

Nithardi Historiarum Libri IIII in usum scholarum ex Monumentis Germaniae historicis recudi fecit Georgius Heinricus Pertz, éd. revue par E. Müller, Hanovre, Hahn, « Monumenta Germaniæ Historica. Scriptores rerum Germanicarum », 1839. Réimpr. 1870 et 1907.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k934746/f2.item (éd. 1870)

De dissentionibus filiorum Ludovici Pii libri quatuor, dans Patrologiæ cursus completus [Patrologia Latina], tome CXVI : [Haymon d'Halberstadt], Haymonis Halberstatensis episcopi opera omnia, éd. J. P. Migne, [Paris], J. P. Migne, 1852, col. 45-76.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k5496881h/f23.item

Nithardi historiarum libri IIII, éd. Georg Heinrich Pertz, M. G. H., SS. II, Hanovre, Hahn, 1829, p. 649-672. Editio altera [nouvelle édition] 1870, p. 1 sq.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k934746/f8.image

Nithardi historiarum libri quattuor, éd. Alfred Holder, Fribourg-en-Brisgau, J. C. B. Mohr, 1882.
https://books.google.fr/books?id=-q89AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

Nithard, Histoire des fils de Louis le Pieux, éd. Philippe Lauer, Paris, 1926. Réimpr. Paris, Les Belles Lettres, 1964.

Nithardi Historiæ, éd. Reinhold Rau, Darmstadt, 1962, p. 385-461 [Quellen zur karolingischen Reichsgeschichte, vol. I].

Nithard, La naissance du royaume de France : 829-843, trad. du latin par M. Guizot, revue par R. Fougère, Clermont-Ferrand, Paleo, 2002. Nouvelles éditions : trad. revue par Yves Germain, éd. préparée par Éric de Bussac, 2009 et 2011.

Nithard, Histoire des Fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, Paris, Les Belles Lettres, 2012.

Éditions étrangères

Nithards vier Bücher Geschichten nach der Ausgabe der "Monumenta Germaniæ", übersetzt von Dr. Julius von Jasmund, Berlin, W. Besser, 1851 (rééd. 1877, 1889).
https://www.google.fr/books/edition/Nithards_vier_B%C3%BCcher_Geschichten/-VZDAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=0 (éd. 1889)

Carolingian chronicles : Royal Frankish annals and Nithard's Histories, translated by Bernhard Walter Scholz with Barbara Rogers, Ann Arbor, University of Michigan press, 1970.

« Nithard, Historiæ III 5. Testo, traduzione e nota al testo », dans I Giuramenti di Strasburgo. Testi e tradizione / The Strasbourg oaths. Texts and transmission, éd. Francesco Lo Monaco, Claudia Villa, trad. des textes, Anders P. Morley, Firenze, SISMEL edizioni Del Galluzzo, 2009, p. 85-104.

Nithard, Histories, edition, translation, and introduction by Marco Conti, Leuven – Paris - Bristol, Peeters, 2022 (Dallas Medieval Texts and Translations, 28).

Bibliographie des études critiques

Études sur le manuscrit

Cette bibliographie est reproduite depuis la notice descriptive de la BnF établie par Franck Cinato d'après M.-P. Laffitte, « Léopold Delisle et Le Cabinet des manuscrits », Léopold Delisle, Acte du Colloque de Cerisy-la-Salle (8-10 octobre 2004), F. Vielliard, G. Désiré dit Gosset (dir.), Saint-Lô, 2007, p. 87-102 (fusion des notices par Delphine Mercuzot en janvier 2019).
http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc572968

Couderc, Camille, « Essai de classement des manuscrits des Annales de Flodoard », Mélanges J. Havet, Paris, 1895, p. 719-731.

Delisle, Léopold, Inventaire des manuscrits latins conservés à la Bibliothèque nationale sous les numéros 8823-18613, Paris, Auguste Durand et Pedone-Lauriel, 1863-1871.
https://books.google.fr/books?id=XMG7AAAAIAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

Delisle, Léopold, Inventaire des manuscrits de l’Abbaye de Saint-Victor, Paris, 1869, p. 36-37. URL : https://books.google.fr/books?id=BlU7WCdTtW4C&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false.

Delisle, Léopold, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale, 4 vol., Paris, 1868-1891 (réimp. 1978). URL : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&startRecord=0&maximumRecords=15&page=1&collapsing=disabled&query=dc.relation%20all%20%22cb358349909%22#resultat-id-4

Dumville, David N., Historia Brittonum III: The “Vatican” Recension, Cambridge, Brewer,1985, p. 24-29.

Josserand, Pierre, Bruno, Jean, « Les estampilles du département des imprimés de la Bibliothèque Nationale », Mélanges F. Calot, 1960, Paris, p. 261-298.

Laffitte, Marie-Pierre, « La bibliothèque nationale et les "conquêtes artistiques" de la Révolution et de l'Empire : Les manuscrits d’Italie (1796-1815) », Bulletin du Bibliophile, 1989/2, p. 273-323.

Laffitte, Marie-Pierre, « Léopold Delisle et Le Cabinet des manuscrits », Léopold Deliste, Actes du Colloque de Cerisy-la-Salle (8-10 octobre 2004), F. Vielliard, G. Désiré dit Gosset (dir.), Saint-Lô, 2007, p. 87-102.

Lauer, Philippe (éd.), Les Annales de Flodoard publiées d'après les manuscrits, avec une introduction et des notes, Paris, 1905.

Lecouteux, Stéphane, « Une reconstitution hypothétique du cheminement des Annales de Flodoard, depuis Reims jusqu'à Fécamp », Tabularia « Études », 4 (2004), p. 1-38.
https://tabularia.revues.org/1923

Lifshitz, Felice, « The Exodus of holy body reconsidered : the Translation of the relics of Saint Gildard of Rouen to Soissons », Analecta Bollandiana, 110/3-4 (1992), p. 328-340.

Ouy, Gilbert, Les manuscrits de l’Abbaye de Saint-Victor, Catalogue établi sur la base de répertoire de Claude de Grandrue (1514), Turnbhout, 1999, p. 439-441.

Études sur Nithard et les Serments de Strasbourg

Études datant du XIXe siècle

Pour le XIXe siècle, cette bibliographie est établie à partir d’Armand Gasté et de la précieuse notice du site Arlima, rédigée par Laurent Brun et complétée par Illo Humphrey.
https://www.arlima.net/no/2005

Abel de Chevallet, Albin de, Origine et formation de la langue française, Paris, Imprimerie impériale et Dumoulin, 2e éd., 1858, t. 1, p. 77-86.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k6424345k/f105.item

Altfranzösisches Übungsbuch zum Gebrauch bei Vorlesungen und Seminarübungen herausgegeben von W. Foerster und E. Koschwitz. Erster Theil: Die ältesten Sprachdenkmäler mit einem Facsimile, Heilbronn, Henninger, 1884, col. 43-46.
https://books.google.fr/books?id=pEdEAQAAMAAJ&printsec=frontcover&source=gbs_book_other_versions_r&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

Bartsch, Karl, Altfranzösische Chrestomathie (VIII-XV. Jahrhundert). Chrestomathie. Grammatik. Glossar. = Chrestomathie de l'ancien français (VIIIe-XVe siècles) accompagnée d'une grammaire et d'un glossaire, Leipzig, Vogel, 1866, col. 3-4.
https://www.google.fr/books/edition/Altfranz%C3%B6sische_Chrestomathie_VIII_XV_J/ARynvgKfs8sC?hl=fr&gbpv=1&dq=Altfranz%C3%B6sische+Chrestomathie+(VIII-XV.+Jahrhundert)&pg=PP8&printsec=frontcover

Bartsch, Karl, et Adolf Horning, La langue et la littérature françaises depuis le IXee siècle jusqu'au XIVe siècle. Textes et glossaire. Précédés d'une grammaire de l'ancien français, Paris, Maisonneuve, 1887, col. 5-6.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k6259361k/f78.item

Brakelmann, Julius, Zacher, Julius, « Die Nithardhandschrift und die Eide von Strassburg », Zeitschrift für deutsche Philologie, 3, 1871, p. 85-95.

Buchholtz, Hermann, « Zu den Eiden vom Jahre 842 », Archiv für das Studium der neueren Sprachen und Literaturen, 60, 1878, p. 343-360.

Burguy, Georges-Frédéric, Grammaire de la langue d'oïl ou grammaire des dialectes français aux XIIe et XIIIe siècles suivie d'un glossaire contenant tous les mots de l'ancienne langue qui se trouvent dans l'ouvrage, Berlin, Schneider, 1853-1856, t. 1, p. 19-20. Rééd. 1869-1870 et 1882, mêmes pages.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k298407n/f31.item

Champollion-Figeac, Jacques-Joseph, Nouvelles recherches sur les patois, Paris, Goujon, 1809.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k6354826j/f13.item

Clédat, Léon, « Une correction au texte des Serments de Strasbourg », Revue des langues romanes, 28, 1885, p. 309-310.

Constans, Léopold, Chrestomathie de l'ancien français (IXe-XVe siècles), précédée d'un tableau sommaire de la littérature française au Moyen Âge et suivie d'un glossaire étymologique détaillé. Troisième édition soigneusement revue, Paris et Leipzig, Welter, 1906, p. 27-28.
https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k58338525/f38.item.r=Chrestomathie%20de%20l'ancien%20fran%C3%A7ais%20%20(IX-XV%20si%C3%A8cles)

Cornu, Jules, « Dift = debet dans les Serments », Romania, tome 4, n° 15-16, 1875, p. 454-457.
https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3406/roma.1875.6739

Cornu, Jules, « Tanit = tenebat dans les Serments », Romania, tome 6, n° 22, 1877, p. 248-249.
https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.3406/roma.1877.6813

Devillard, Er., Chrestomathie de l'ancien français (IXe-XVe siècles). Texte, traduction et glossaire, Paris, Klincksieck (Nouvelle collection à l'usage des classes, 2e s., 2), 1887, p. 2-3.
https://books.google.fr/books?id=otUrAAAAMAAJ&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

Die deutschen Abschwörungs-, Glaubens-, Beicht- und Betformeln vom achten bis zum zwölften Jahrhundert. Nebst Anhängen und Schriftnachbildungen. Herausgegeben von H. F. Massmann, Quedlinburg et Leipzig, Basse (Bibliothek der gesammten deutschen National-Literatur von der ältesten bis auf die neuere Zeit, Abt. I, 7), 1839, p. 56-57.
https://books.google.fr/books?id=-bEOAAAAIAAJ&printsec=frontcover&source=gbs_book_other_versions_r&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

Diez, Friedrich, Altromanische Sprachdenkmale, Bonn, Eduard Weber, 1846.
https://books.google.fr/books?id=BHAuAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_book_other_versions_r&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

Du Méril, Édélestand, Essai philosophique sur la formation de la langue française, Paris, Franck, 1852, « Appendice », p. 397-403.
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Notes

1 Citée infra.

2 Nithard, Histoire des fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, Paris, Les Belles Lettres, 2012, p. 150-151.

3 L’histoire de sa dépouille est sujette à controverse. En 1989, le chercheur Honoré Bernard, découvre plusieurs ossements, parmi lesquels il identifie ceux de Nithard (Honoré Bernard, « À Saint-Riquier sur les traces de Nithard », Société des Antiquaires de Picardie, Bulletin CLVIII, 1994, 635, p. 405-408). Ces ossements sont ensuite perdus. En 2011, ils semblent être retrouvés à l’occasion d’un inventaire dans un grenier, contenus dans une boîte portant le nom de Nithard et une célébration officielle leur est dédiée en 2015 (https://www.aphg.fr/IMG/pdf/dp.pdf). Mais la Chambre régionale des Compte des Hauts-de-France pointe l’absence d’expertise de ces ossements et remet en cause leur identification : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/association-de-prefiguration-de-la-fondation-de-labbaye-royale-de-saint-riquier-baie et pour le rapport : https://www.ccomptes.fr/system/files/2019-07/HFR201928.pdf, p. 18, § 2.4. D’après le témoignage d’Hariulf, Gervin abbé de Saint-Riquier au XIe, cherchant le tombeau d’Angilbert, découvrit la dépouille de Nithard : « Il ne trouva point ses dépouilles sacrées, mais il découvrit dans la tombe qui les avait renfermées un cercueil de bois qui contenait le corps de son fils Nithard abbé et comte, qu’on avait couvert de sel. On lui voyait encore à la tête la blessure qu’il avait reçue dans le combat où il avait perdu la vie. » Hariulf d'Oudenbourg, Chronicon centulense ou Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier, trad. par le Marquis Le Ver, éd. Ernest Prarond, Abbeville, impr. Fourdrinier et Cie, 1899, livre IV, chapitre 32, p. 277-278. Numérisé sur Gallica : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k220694b/f353.item. Édition du texte latin : Hariulf, Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier (Ve siècle-1104), éd. F. Lot, Paris, 1894, p. 264-265 : https://archive.org/details/chroniquedelabb00dougoog.

4 Traduction Sophie Glansdorff. Pour le texte : Carmina Centulensia, éd. L. Traube, Berlin, 1896, p. 310-311 (MGH Pœtæ III.) URL : MGH : https://www.dmgh.de/mgh_poetae_3/index.htm#page/310/mode/1up.

5 Voir supra n. 1. Tout le livre II est consacré à Angilbert et évoque, entre autres, sa rénovation de l’abbaye. Nithard est évoqué pour sa part : livre II, chap. 2 (fils d’Angilbert et de Berthe, fille de Charlemagne, il a un frère), chap. 7 (abbé) ; liv. III, chap. 5 et 10 (abbé et comte, tué peu après au combat, inhumé près de son père) ; liv. IV, chap. 17 (omis dans la liste des abbés de Saint-Riquier par Angelran), chap. 22 (découverte de son corps).

6 Sur l’histoire de Saint-Riquier, voir T. Ledru, Saint-Riquier (VIIe-XIe siècles) : Histoire, mémoire, hagiographie, Thèse soutenue en 2019 à l’Université de Lille : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02563091/file/2019LIL3H062.pdf.

7 Prisca Hazebrouck, « La bibliothèque de l'abbaye », dans Aline Magnien (dir.), Saint-Riquier : une grande abbaye bénédictine, Paris, 2009, p. 33-44.

8 Hariulf, Chronicon centulense ou Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier, op. cit., p. 97-102, spéc. p. 101 : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k220694b/f173.item. Hariulf, Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier (Ve siècle-1104), éd. F. Lot, op. cit., p. 94 : https://archive.org/details/chroniquedelabb00dougoog/page/n170/mode/2up.

9 Sur les variantes du nom de Nithard (Guitard, Guittald, Vuitard, Vitaldus, Virardus), voir aussi Courtney M. Booker, « An Early Humanist Edition of Nithard, De Dissensionibus filiorum Ludovici Piii », Revue d’Histoire des Textes n.s. n° V, 2010, p. 231-258, spéc. p. 239, n. 31 et C. W. Wahlund, « Bibliographie der französischen Strassburger Eide vom Jahre 842. 16 Jahrhundert », Bausteine zur romanischen Philologie. Festgabe für Adolfo Mussafia zum 15. Februar 1905, Halle, 1905, p. 12, n. 1.

10 Jean Bodin, Les Six livres de la Republique de J. Bodin Angevin. À Monseigneur du Faur, Seigneur de Pibrac, Conseiller du Roy en son Conseil privé, À Paris, Chez Jacques du Puys, Libraire Juré, à la Samaritaine, 1576, livre I, chapitre viii, p. 11[7]-118. Avec privilege du Roy. https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/btv1b86268103/f137.item.

11 Nicolas Vignier, Sommaire de L'Histoire Des Francois, Recueilly des plus certains aucteurs de l’ancienneté, et digeré selon le vray ordre des temps en quatre livres. Extraicts de la Bibliotheque Historiale de Nicolas Vignier de Bar-sur-Seine, D.E.M. Avec un traicté de l’origine, estat et demeure des François, Paris, Sébastien Nivelle, 1579, p. 135 : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k123210f/f160.item. Pour comparatif, voici le passage de Nithard : « Qui libenter paruit et Cavillonum, collecta manu valida, venit, civitatem obsidione cinxit, praeliando triduum obsedit et tandem urbem captam una cum ecclęsiis incendit ; [...] Quod pater audiens, e Francia manu valida collecta, insuper Lodhuwico filio suo cum universis qui trans Renum morabantur in auxilium sibi assumpto, tantum facinus a filio in imperium commissum vindicaturus perrexit. » Trad. « Celui-ci [Lothaire] obéit volontiers et, ayant réuni une puissante armée, arriva devant Chalon, y mit le siège, s’en empara après trois jours de lutte et l’incendia avec les églises. [...] À cette nouvelle, l’empereur, réunissant une forte armée issue de Francie et s’adjoignant, en outre, l’aide de son fils Louis avec tous ceux d’au-delà du Rhin, partit pour venger le grand crime commis par son fils contre l’Empire. » (Nithard, éd. citée, Histoire, I, [5], p. 25-26).

12 Claude Fauchet, Recueil de l’origine de la langue et poesie françoise, Ryme et Romans. Plus les noms et sommaires des œuvres de CXXVII. poetes François, vivans avant l’an M. CCC., Paris, Mamert Patisson, 1581, livre I, chap. IV, p. 27 : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k52112r/f36.item.

13 Antoine du Verdier, La Bibliothèque d’Antoine du Verdier, Lyon, Barthelemy Honorat, 1585, p. 1120 sq. pour la citation de C. Fauchet : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k53085x/f1152.item.zoom.

14 Charles de La Mothe, « De la poesie françoise, et des œuvres d’Estienne Jodelle, sieur du Lymodin », dans Étienne Jodelle, Les Œuvres et meslanges poetiques d’Estienne Jodelle, sieur du Lymodin, Paris, Robert le Fizelier, 1583, non paginé : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/btv1b8626361p/f16.item.r=Les%20%C5%92uvres%20et%20meslanges%20po%C3%A9tiques%20d'Estienne%20Jodelle,%20sieur%20du%20Lymodin.

15 Sur ce point, voir l’étude de S. Lardon dans Corpus Eve : « Nous verrons que Bernard de Girard Du Haillan décalque la progression en trois temps de Jean Bodin et propose, comme lui, la traduction du premier et du dernier de ces trois serments, tout en empruntant littéralement son introduction à Claude Fauchet, dont il suit majoritairement la transcription des Serments ». URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/eve/1486, § 34.

16 L’histoire de France : reveue, et augmentée depuis les precedentes Editions faictes tant en ce Royaume, qu’aux pays estrangers, par Bernard de Girard, Seigneur du Haillan, conseiller du Roy, Secretaire des Finances, et de sa Chambre, et Historiographe de France, Paris, Michel Sonnius, 1585, Tome I, Livre V, « Charles le Chauve 2. Roy 25 », f. 336r et v. Lien vers l’exemplaire de la Universidad Complutense de Madrid : https://books.google.fr/books?id=ak2BV1po5AoC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false.

17 Nous renvoyons sur ce point à l’étude dans Corpus Eve, « Historiographie des serments de Strasbourg ». URL : https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/eve/1450.

18 Les Commentaires de Jules Cesar des guerres de la Gaule plus ceux des guerres civiles, contre la part pompeienne, le tout de la version de Blaise de Vigenere bourbonnais, et illustré d’annotations, Paris, Abel L’Angelier, 1589, f. 101v a.

19 De literis et lingua Getarum, Sive Gothorum. Item de Notis Lombardicis. Quibus accesserunt Specimina variarum Linguarum, quarum Indicem pagina quæ Præfationem sequitur ostendit, Lugduni Batavorum (Leyde), ex officina Plantiniana apud Franciscum Raphelengium (Officine Plantin), 1597, p. 67-68 : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k9763912d/f87.item. Traduction de Maurizio Busca : « Il nous plaît de présenter, en conclusion de ce chapitre, un extrait de l’Histoire de la discorde des fils de Louis le Pieux de Nithard (fils d’Angilbert, petit-fils de l’empereur Charlemagne issu de la lignée de sa fille Berthe) que l’illustre jurisconsulte Pierre Pithou a publiée dans ses Annalium et historiæ Francorum ab anno Christi 708 ad annum 990 [scriptores cœtanei XII]. » URL : https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/eve/1562.

20 Trad. fr. Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions par toutes les principales parties du Monde, par Ed. Brerevvood, Professeur à Londres, Et mises en François par I. de la Montagne, Paris, Olivier de Varennes, 1640, p. 67 : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k8714691q/f93.item. Le texte original paraît en anglais en 1614 : Edward Berewood, Enquiries touching the diversity of Languages and Religions, through the Chief Parts of the World, London, John Bill, 1614.

21 Pierre Borel, Tresor de recherches et antiquitez gauloises et françoises, reduites en ordre alphabetique Et enrichies de beaucoup d’Origines, Epitaphes, et autres choses rares et curieuses, comme aussi de beaucoup de mots de la Langue Thyoise ou Theuthfranque, Paris, Augustin Courbé, 1655, « Préface », non paginée [NP 29, vue 67] : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k8707898z/f67.item.

22 Ibid., [NP 40, vue 78] : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k8707898z/f78.item.

23 Louis de Rosanbo, « Pierre Pithou », Revue du seizième siècle, t. 16, 1929, p. 308, n. 4. Courtney M. Booker, « An Early Humanist Edition of Nithard, De Dissensionibus filiorum Ludovici Piii », art. cité, spéc. p. 253.

24 Jean-Papire Masson, Annalium libri quatuor, quibus res gestæ Francorum explicantur, Paris, 1577. Nous citons d’après Jean-Papire Masson, Papirii Massoni Annalivm Libri Qvatvor : Quibus res gestae Francorum explicantur, Editio secunda, Lutecia [Paris], Chesneau, 1578, livre II, « Carolus Magnus Rex et Cæsar », p. 119-120 (spéc. p. 120 pour la citation).

25 Claude Fauchet, Fleur de la maison de Charlemagne, qui est la continuation des Antiquitez françoises, contenant les faits de Pépin et ses successeurs depuis l’an 751 jusques à l’an 840, Paris, Jeremie Perier, 1601, « Louys le Debonnaire », ch. 9 : f. 220r et 222r, ch 16 : f. 252v-253r. Numérisé sur Google livres.

26 Claude Fauchet, Declin de la maison de Charlemagne, Paris, J. Perier, 1602, livre IV, chap. VI, f. 22v. Numérisé sur Google livres.

27 Scipion Dupleix, Memoires des Gaules depuis le Deluge jusques à l’establissement de la monarchie françoise, Paris, Laurent Sonnius, 1627, « Charles le Chauve Roi XX. », p. 481. Numérisé sur Google livres.

28 Hariulf, Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier (Ve siècle-1104), éd. F. Lot, op. cit., p. 101-102 : https ://archive.org/details/chroniquedelabb00dougoog/page/n176/mode/2up.

29 Hariulf d’Oudenbourg, Chronicon centulense ou Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier, op. cit., livre III, chap 5, p. 109-111 : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k220694b/f185.item.

30 Sur cette édition, se reporter à l’étude correspondante dans Corpus Eve, « Historiographie des Serments de Strasbourg ».

31 https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb144650078. Pithou avait initialement proposé dans le manuscrit de Troyes [ms 3203] le titre : Wittardi, Nobilissimi viri, De dissensionibus filiorum Ludovici Pii, libri quatuor. Ad Carolum Calvum Imperatorem : https://portail.mediatheque.grand-troyes.fr/iguana/www.main.cls?surl=search&p=*#recordId=2.2764&srchDb=2, folio 1r. Dans sa première note (f. 59r), il explique qu’il a choisi ce titre en fonction des sujets indiqués par l’auteur, là où son ami La Mothe, dont il rapporte les leçons en note, avait proposé : Wittardus ad Carolum Calvum imperatorem.

32 Nithardi Angilberti filii, Caroli Magni imperatoris ex Bertha filia nepotis, De Dissensionibus filiorum Ludovici Pii libri quatuor (Ad annum usque 843). Ad Carolum Calvum Francorum Regem, dans Patrologiæ cursus completus [Patrologia Latina], tome CXVI, éd. J. P. Migne, [Paris], J. P. Migne, 1852, col. 45-76. URL : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k5496881h/f23.item. L’édition est établie d’après le manuscrit 9768 alors possédé par P. Petau.

33 Ibid, p. 425.

34 Nithard, Histoire des fils de Louis le Pieux, éd. Philippe Lauer, Paris, 1926. Réimpr. Paris, Les Belles Lettres, 1964. Nithard, Histoire des Fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, Paris, Les Belles Lettres, 2012.

35 Monumenta Germaniæ Historica. Scriptores rerum Germanicarum, éd. Georg Heinrich Pertz, 1829 et 1870 ; éd. revue par E. Müller, Hanovre, Hahn, 1839, 1870 et 1907 ; éd. Alfred Holder, 1882. Pour les références complètes, se reporter à la bibligraphie de corpus.

36 Éd. Reinhold Rau, 1962 [Quellen zur karolingischen Reichsgeschichte]. Pour les références complètes, se reporter à la bibliographie de corpus.

37 Nithard, La naissance du royaume de France : 829-843, trad. du latin par M. Guizot, revue par R. Fougère, Clermont-Ferrand, Paleo, 2002 (malgré son titre, le texte débute bien avec l’évocation de Charlemagne, la première date précisée entre crochets étant [818] page 11). Nouvelles éditions : trad. revue par Yves Germain, éd. préparée par Éric de Bussac, 2009 et 2011.

38 Nithard, Histoire des dissensions des fils de Louis le Débonnaire dans Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France de la fondation depuis la monarchie française jusqu’au 13e siècle, éd. F. Guizot, Paris, J. J-L. Brière, 1824, p. 432. https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k91447t/f466.item. L’on pourra consulter également la version numérisée par François-Dominique Fournier : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/nithard/louis.htm.

39 Pour une numérisation de la préface de l'Historia, issue du manuscrit BnF Latin 14663, f.194 (5e lignes en partant du bas de la page) : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/btv1b107211680/f193.item. Transcription par N. de Wailly, « Examen de quelques questions relatives à l’origine des Chroniques de Saint-Denys », Mémoires de l’Institut royal de France, 17/1, 1847, p. 379-407, spéc. p. 404 (https://www.persee.fr/doc/minf_0398-3609_1847_num_17_1_1392).

40 Franz Brunhölzl, Histoire de la littérature latine du Moyen Age. I/2. L’époque carolingienne, Turnhout, 1991, p. 152-155 : « On a coutume de citer l’ouvrage historique de Nithard sous le titre de Historiarum libri IIII. Il nous est transmis sans aucun titre, ce qui peut correspondre à l’état incomplet dans lequel l’ouvrage a été laissé par son auteur ; ce dernier s’est débarrassé d’une tâche qui, une fois entreprise, lui causait un ennui croissant. » (p. 152)

41 Nithard, Histoire des Fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, Paris, Les Belles Lettres, 2012, p. xv.

42 Pascal Buresi, « Verdun traité de (843) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 avril 2020.

43 Hucbald, Vita Lebuini, éd. G. H. Pertz, Hanovre, 1829, MGH SS II, p. 361. Pour la numérisation de l’édition de la Vita Lebuini : https://www.dmgh.de/mgh_ss_2/index.htm#page/361/mode/1up.

44 Trad. de l’éd. citée : « Cette nation est tout entière divisée en trois classes : les uns qui, dans leur langue, sont appelés etheling, les autres friling et d’autres enfin laz, ce qui en latin signifie nobiles (nobles), inguenuiles (hommes libres) et serviles (serfs). »

45 Biblioteca Apostolica Vaticana, Reg. Lat. 235, fol. 83-83v. Ce passage reprend le texte de Nithard, livre IV, [5], p. 148-150.

46 Du Chesne, Historiæ Francorum scriptores, II, p. 357 ; Paulin Paris, Histoire littéraire de la France, t. V, 1866.

47 Extrait des Annales de Saint-Bertin, a. 842, Annales Bertiniani, éd. G. Waitz, Hanovre, 1883, p. 27 (MGH SS rer. germ.).

48 Traduction de Sophie Glansdorff.

49 Notice descriptive : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc572968, établie par Franck Cinato d'après M.-P. Laffitte, « Léopold Delisle et Le Cabinet des manuscrits », Léopold Delisle, Acte du Colloque de Cerisy-la-Salle (8-10 octobre 2004), F. Vielliard, G. Désiré dit Gosset (dir.), Saint-Lô, 2007, p. 87-102.

50 M. C. Couderc, « Essai de Classement des Manuscrits des Annales de Flodoard par M. C. Couderc », Recueil de travaux d’érudition dédiés à la mémoire de Julien Havet (1853-1893), Paris, Ernest Leroux, 1895, p. 719-731, spéc. p. 721-723 : https://ia802609.us.archive.org/17/items/mlangesjulienha00havegoog/mlangesjulienha00havegoog.pdf.

51 Nithard, Histoire des fils de Louis le Pieux, op. cit., « Sigles et abréviations », p. xxix.

52 M. C. Couderc, art. cité, p. 722 : « Ce manuscrit a dû apartenir, à une époque très ancienne, au monastère de Saint-Médard de Soissons. Cette conjecture s’appuie sur les trois remarques suivantes : 1° Une main, qui paraît être du XIe siècle a ajouté, en marge du fol. 11v, à côté d’un passage de Nithard où il est parlé des corps de saints qui sont conservés dans le monastère de Saint-Médard, les noms de quelques autres saints qui sont dans le même cas ;  2° un nota a été mis, au fol. 28, en face du passage dans lequel Flodoard rapporte la nomination, comme évêque de Laon, d’Ingrannus, doyen de Saint-Médard ;  3° enfin, au fol. 22r, dans la phrase suivante : « Rodulfus, filius Richardi, rex apud urbem Suessionicam, in monasterio Sancti Medardi, constituitur », les mots « in monasterio Sancti Medardi » ont été ajoutés dans l’interligne. »

53 Franck Cinato, notice citée : https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc572968. Nithard, Histoire des Fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, Paris, Les Belles Lettres, 2012, spéc. p. 98-99, note 246 et p. xxii ainsi que note 61 pour cette citation.

54 Ibid.

55 Ibid.

56 https://digi.vatlib.it/view/MSS_Reg.lat.1964, voir f. 93.

57 L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque impériale, 4 vol., Paris, 1868-1891 (réimp. 1978), tome II, p. 258 n. 1 : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k58316961/f274.item.

58 Trad. : « Je n’ai rien trouvé de plus au sujet de cette chronique que j’ai tenue du monastère Saint-Magloire de Paris, où elle a été retrouvée, rédigée en écriture très ancienne, et dont l’auteur, comme on le croit, fut Flodoard, prêtre de l’Église de Reims, comme on peut le supposer vers la fin de cette chronique par ce signe (…) ». Le signe en question se trouve au folio 303v.

59 https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/btv1b84238417/f32.image.

60 Courtney M. Booker, « An early humanist edition of Nithard De dissensionibus filiorum Ludovici Pii », art. cité, spéc. p. 246.

61 Ibid., p. 248.

62 M. C. Couderc, « Essai de Classement des Manuscrits des Annales de Flodoard par M. C. Couderc », Recueil de travaux d’érudition dédiés à la mémoire de Julien Havet (1853-1893), Paris, Ernest Leroux, 1895, p. 719-731, spéc. p. 721-723. Numérisé sur Google Livres : https://ia802609.us.archive.org/17/items/mlangesjulienha00havegoog/mlangesjulienha00havegoog.pdf.

63 D’après Janet Girvan Espiner-Scott, Claude Fauchet. Sa vie, son œuvre, Paris, Droz, 1938, troisième partie : « Les œuvres historiques de Claude Fauchet », chap. III : « Les Antiquitez », p. 290.

64 L. Delisle, Introduction aux Recherches sur la librairie de Charles V, t. 1, Paris, 1907, p. xviii-xxii, intitulée « Souvenirs de jeunesse » ; voir aussi Laffitte, 2007a, p. 94 et Laffitte, 1989/2, p. 306.

65 C. M. Booker, art. cité, p. 243.

66 Ibid., p. 243-244.

67 Ibid., p. 248.

68 Pierre Ronzy, Un humaniste italianisant, Papire Masson, Paris, Champion, 1924, chap. II : « La "Vie de Charles IX" et les "Annales" (1575-1578) », p. 249, note 4. Au sujet de ce manuscrit de Nithard possédé par Matharel, l’on pourra également consulter Carl Wahlund, Bibliographie der französischen Strassburger Eide vom Jahre 842, Paris, Honoré Champion, 1911, p. 21 et note 1.

69 Bernard Cerquiglini, La Naissance du français, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 2016 (4e édition, 2e tirage), en particulier chapitres IV (« Un monument politique ») et V (La première attestation du français »), p. 66-124, spéc. p. 80.

70 Mireille Huchon, Histoire de la langue française, Paris, Le Livre de Poche, 2002, chapitre I : « Le protofrançais ou l’émergence de la romana lingua : le latin vulgaire en Gaule à l’épreuve des Celtes et des Francs », p. 27-31, spéc. p. 30.

71 Marcel Cohen, Histoire d’une langue : le français (des lointaines origines à nos jours), 3e édition, Paris, Éditions sociales, 1967 (princeps 1947), chapitre IV : « La lente formation de l’ancien français dans le haut moyen âge », p. 57-74, spéc. « Les serments de Strasbourg et les plus anciens textes littéraires du français », p. 71-74, spéc. p. 71.

72 Renée Balibar, L’Institution du français, Paris, PUF, 1985, première partie « Le texte qui a donné naissance à la langue française », p. 17-91, spéc. p. 17.

73 Claude Hagège, Le Français, histoire d’un combat, Boulogne-Billancourt, Editions Michel Hagège, 1996, chapitre 1 : « Les Serments de Strasbourg. En 842, l’acte de naissance du français en tant que langue écrite », p. 10-21, spéc. p. 11.

74 Jacques Chaurand, Nouvelle Histoire de la langue française, Paris, Éditions du Seuil, 1999, chapitre 2 : « Émergence d’une langue : VIIIe-IXe siècle » [Les plus anciens documents. Les « Serments de Strasbourg » et la « Séquence de sainte Eulalie »], p. 26-34, spéc. p. 29.

75 Jacques Chaurand, Histoire de la langue française, 10e édition, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 2003 (princeps 1969), chapitre 1 : « Le plus ancien français », « I – Les premières manifestations du français », p. 3-7, spéc. p. 4.

76 Nous aborderons ce point dans la section ci-après : « Une première attestation des enjeux politiques de la langue vernaculaire ».

77 Alain Rey, Frédéric Duval, Gilles Siouffi, Mille ans de langue française histoire d’une passion, éd. revue et augmentée, Perrin, 2011, « Aux Origines du français », « Les Serments de Strasbourg », p. 63-69 (1ère éd. 2007).

78 Jeanette M. Beer, Early Prose in France : Contexts of Bilingualism and Authority, Kalamazoo, Medieval Institute Publications, 1992, p. 16.

79 Jacques Chaurand, Nouvelle Histoire de la langue française, op. cit., p. 30-32. Jean-Louis Tritter, Initiation à l’histoire de la langue française, Paris, Ellipses, 2003, chapitre 1 : Le Moyen Âge », « Les premiers textes en français », p. 16-17 reprend également, en partie, les points énumérés par J. Chaurand.

80 Mireille Huchon, Histoire de la langue française, op. cit., p. 30-31.

81 M. K. Pope, From Latin to Modern French, Manchester, UP, 1952, §. 22, 39, 260, 336, 505, 600, 609, 688, 691, 697, 850, 858, 869.

82 Ferdinand Brunot, « Origines de la langue française », Histoire de la langue et de la littérature française des origines à 1900, éd. L. Petit de Julleville, Paris, Colin, 1896-1899, t. 1, p. lxxvi-lxxix. Réed. Ferdinand Brunot, Histoire de la langue française des origines à nos jours, tome 1 : De l’époque latine à la Renaissance, Paris, Librairie Armand Colin, 1966. Introduction », p. 1-37 et livre deuxième, « L’ancien français (ixe.-xiiie siècles) » Chapitre 1 : « Les premiers textes », p. 142-145, spéc. p. 144.

83 A. Tabachowitz, Étude sur la langue de la version française des Serments de Strasbourg, Upsal, Almquist, 1932, p. 66.

84 Ferdinand Lot, « Le dialecte roman des Serments de Strasbourg », Romania, 65, 1939, n° 258, p. 145-163. http://www.persee.fr/doc/roma_0035-8029_1939_num_65_258_3927.

85 Arrigo Castellani, « Le problème des Serments de Strasbourg », Atti dell'VIII Congresso internazionale di studi romanzi (Firenze, 3-8 aprile 1956), Florence, 1962, t. 2, p. 103-125. Rééd. Nuovi saggi di linguistica e filologia italiana e romanza (1976-2004), A cura di Valeria Della Valle, Giovanna Frosini, Paola Manni, Luca Serianni, Roma, Salerno, 2009, 2 vol. Réunit plusieurs contributions de l’auteur sur les Serments de Strabourg..

86 A. Tabachovitz, Étude sur la langue de la version française des Serments de Strasbourg. Thèse pour le doctorat. Uppsala, Almqvist och Wiksell, 1932, p. 114 : « Le dialecte de la version française est celui qui se parlait au IXe siècle dans le domaine oriental de la France correspondant à la province de Lorraine. »

87 Augustin Thierry, Lettres sur l’histoire de France, Paris, Sautelet et compagnie,1827, lettre xiii, p. 160. URL : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/bpt6k5849300v.texteImage.

88 Robert A. Hall Jr., « The Oaths of Strassburg: Phonemics and Classification », Language, 29, n° 3, Jul.-Sep., 1953, p. 317-321. http://0-www-jstor-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/stable/410027

89 John A. Rea, « Again the Oaths of Strassburg », Language, 34, n° 3, Jul.-Sep, 1958, p. 367-369. https://0-www-jstor-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/stable/410928?refreqid=excelsior%3A09ab05d6192bac71e2bddea3a05e7f24.

90 Robert A. Hall Jr., « Yet Again the Strassburg Oaths », Language, 35, n° 1, Jan.-Mar., 1959, p. 24-25. http://0-www-jstor-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/stable/411333.

91 Michel Banniard, « Latinophones, romanophones, germanophones : interactions identitaires et construction langagière (VIIIe-Xe siècle) », Médiévales [en ligne], 45, automne 2003, note 64. http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/medievales/753.

92 B. Cerquiglini, op. cit., p. 97.

93 Ibid., p. 99-101, nous renvoyons à ces pages pour le détail de ces interprétations proposées par Diez, Cornu, Tabachowitz, Chevallet, Boucherie, Lauer, Gröber, Linder, Nicholson, Gaston Paris, Alfred Ewert.

94 B. Cerquiglini, op. cit., p. 93 et 95.

95 M. Banniard, art. cité, § 25-26. Nous transcrivons le relevé de M. Banniard sous la forme d’un tableau : « les propositions sont rubriquées A/A’ », « les blocs de morphèmes sont numérotés dans leur ordre d’apparition linéaire » et « le germanique est pris comme référence ».

96 B. Cerquiglini, op. cit., p. 124 parle pour le segment en langue romane d’une « première "attextation" du français ».

97 Ibid., § 24 et 27 ainsi que note 62 : « C’est la connotation impliquée en français par "vulgaire" qui me paraît inopportune. Elle invite d’emblée le lecteur et le chercheur à se placer dans une tradition éthique opposant "bonne langue" (grammaticale, stylisée) et "mauvaise langue" (agrammaticale, débraillée), autrement dit dans les catégories mentales carolingiennes (et, au-delà, dans le modèle exalté par Quintilien). Outre le caractère peu linguistique de cette qualification, elle construit d’emblée une sociolinguistique biaisée. »

98 Konrad Ewald, « Formelhafte Wendungen in den Strassburger Eiden », Vox Romanica, 23, 1964, p. 35-55. Nous citons les segments qu’il définit pour le premier serment, accompagnés, entre crochets, de la traduction des Belles Lettres 2020, puis d’une ou plusieurs formules latines significatives parmi celles relevées par K. Ewald.

99 Monumenta Germaniæ historica, Legum sectio II, Capitularia regum Francorum, Hannover, 1883 et 1897.

100 Alain Rey, Frédéric Duval, Gilles Siouffi, Mille ans de langue française histoire d’une passion, op. cit., p. 66. Sur la lingua romana et l’écart entre latin cultivé et latin des illettrés (lingua romana rustica), voir aussi « Aux Origines du français », « Le "latin d’illettrés" », p. 50-60 et Michel Banniard, « Diasystèmes et diachronies langagières du latin parlé tardif au protofrançais (IIIe-VIIIe siècle) », J. Herman (éd.), La transizione dal latino alle lingue romanze, Tübingen, 1998, p. 131-153 ainsi que id. Du latin aux langues romanes. Paris, Nathan, 1997. Les Serments de Strasbourg se situent au stade 3 d’évolution des langues défini par Michel Banniard (p. 30-31) : du latin parlé tardif au protoroman (VIIe-IXe s.).

101 Ibid., p. 69.

102 Ibid., p. 67. Sur cette prononciation, voir aussi p. 55 (« Le "latin d’illettrés" »).

103 Nous renverrons sur ce point à l’article cité de M. Banniard (§ 10-19) ainsi qu’à l’étude de Thérèse Robin dans Corpus Eve : « Le Livre des Evangiles d’Otfrid. Le premier texte de la littérature allemande à recommander d’écrire en langue vulgaire. » URL : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/eve.672.

104 Annales de Saint-Bertin, a. 842, p. 27, voir citation supra (au niveau de la note 47).

105 B. Cerquiglini, op. cit., p. 83.

106 Nithard, Histoire des Fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, op. cit., p. 120-122.

107 Jacqueline Picoche, Christiane Marchello-Nizia, Histoire de la langue française, 3e édition, Paris, Nathan, 1994 (princeps 1991), chapitre 1 : « Histoire du français en France », « III – Les Premières Fragmentations dialectales », spéc. p. 14.

108 Charles Bruneau, Petite histoire de la langue française, Tome premier : « Des Origines à la Révolution », Paris, Armand Colin, 1966, chapitre I : « Des origines aux Serments de Strasbourg (842) », p. 1-32, spéc. p. 32 (pour les Serments de Strasbourg).

109 Marcel Cohen, Histoire d’une langue : le français (des lointaines origines à nos jours), 3e édition, Paris, Éditions sociales, 1967 (princeps 1947), chapitre IV : « La lente formation de l’ancien français dans le haut moyen âge », p. 57-74, « Les serments de Strasbourg et les plus anciens textes littéraires du français », p. 71-74, spéc. p. 71.

110 Ferdinand Brunot, Histoire de la langue française des origines à nos jours, op. cit., p. 143 ; Pio Rajna, « A cosa si deva la conservazione testuale dei giuramenti di Straburgo », Romania, t. 21, 1892, p. 53-62.

111 Ibid., p. 142-143.

112 Renée Balibar, L’Institution du français, Paris, PUF, 1985, première partie « Le texte qui a donné naissance à la langue française », p. 19-91, spéc. p. 25.

113 Ibid., p. 26.

114 Ibid., p. 29.

115 Annales Fuldenses, éd. F. Kurze, Hanovre, 1891, p. 89 (MGH SS rer. Germ. 7).

116 Renée Balibar, L’Institution du français, op. cit., p. 12 pour la citation.

117 Ibid., p. 39.

118 Ibid., p. 43.

119 Claude Hagège, Le Français, histoire d’un combat, op. cit., p. 16.

120 Bernard Cerquiglini, La Naissance du français, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1991 (rééd. 2016), p. 77.

121 Ibid., p. 84.

122 Agnès Blanc se fait l’écho des analyses de B. Cerquiglini. Agnès Blanc, Essai sur la construction juridique d’une principe d’unicité de langue de l’État royal (842-1789), Paris, L’Harmattan, 2010, Première partie, chapitre II : « L’Institution de l’unité de langue comme critère de l’unité de l’état - Le roman est la langue de la Francia occidentalis », section II : « L’institution fondatrice de la relation entre l’unité de langue et l’unité de l’état ». § I « La signification première des Serments de Strasbourg : les prémisses de la relation entre unité de langue et unité de l’état », § II : « La signification fondamentale des Serments : l’institution politique et juridique de la relation entre unité de langue et unité de l’état », p. 93-113.

123 Ibid. p. 85.

124 Voir aussi son introduction désabusée au livre IV, et plus tard, au sujet du printemps 842 : « Quamobrem, ignoro qua fraude decepti, hi qui missi fuerant augent illi supra definitam partem usque in Carbonarias » [éd. citée, livre IV, p. 140] C'est pourquoi, trompés par je ne sais quelle manœuvre, ceux qui avaient été envoyés étendent jusqu'à la forêt Charbonnière la part qu'on lui avait attribuée [ibid., trad. p. 139 et 141].

125 Ibid., p. 101, § 178.

126 Ibid., p. 102, § 182.

127 Ibid., p. 107, § 194 et 195.

128 À ce sujet, voir en particulier Fried, Der Weg, p. 366-383 ; Rosamond McKitterick, « Latin and Romance: an historian's perspective », Latin and the Romance Languages in the Middle Ages, éd. Roger Wright, University Park, University of Pennsylvania Press, 1991-1996, p. 130-145, spéc. p. 138-139.

129 Alain Rey, Frédéric Duval, Gilles Siouffi, Mille ans de langue française histoire d’une passion, op. cit., p. 64.

130 Anthony Lodge, Le Français, histoire d’un dialecte devenu langue, Paris, Fayard, 1997 (trad. Fr. de French, from Dialect to Standard, Londres / New York, Routlege, 1993), p. 23.

131 Les nombreuses annotations du manuscrit sont « de deux ou trois mains des XVIe - XVIIe s., dont probablement celles de Pithou, Petau et Besly (voir Lauer, 1905, p. xxxvi) ». Selon la notice BnF : https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/ark:/12148/btv1b84238417 (onglet : « En savoir plus »).

132 en corrigé en in par le barré droit.

133 Peut-être point souscrit. Josefa López Alcaraz le transcrit dans Los juramentos de Estraburgo y la Cantilena de santa Eulalia. Comentario filológico de los primeros textos franceses, université de Murcia, 1994, « Los juramentos de Estraburgo », p. 13-37, spéc. p. 17.

134 ec corrigé en hec par une lettre h interpolée.

135 bedherogealnissi corrigé en bedherogealtnissi par une lettre t interpolée.

136 innohein corrigé en innohheim par une lettre h interpolée.

137 La dernière lettre est peu visible. Nous la notons entre crochets.

138 aiuha corrigé en aiudha par une lettre interpolée.

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Légende Ms Latin 9768, f. 13r et v. Seul exemplaire connu et complet du texte de Nithard datant de la fin du Xe ou du début du XIe siècle. https://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/​ark:/12148/​btv1b84238417/​f29.item ethttps://0-gallica-bnf-fr.catalogue.libraries.london.ac.uk/​ark:/12148/​btv1b84238417/​f30.item
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Pour citer cet article

Référence électronique

Sophie Glansdorff et Sabine Lardon, « Les Serments de Strasbourg dans la chronique de Nithard d’après le manuscrit BnF latin 9768 : histoire et enjeux de cette première citation »Corpus Eve [En ligne], 3 | 2018, mis en ligne le 29 décembre 2022, consulté le 27 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/eve/2029 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/eve.2029

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Auteurs

Sophie Glansdorff

Docteure en Philosophie et Lettres, orientation Histoire, de l’Université libre de Bruxelles, attachée scientifique au Centre National d’Histoire des Sciences et Collaboratrice scientifique à l’Université libre de Bruxelles, Sophie Glansdorff est spécialiste de l’histoire de la période carolingienne et a, entre autres, édité Nithard, Histoire des fils de Louis le Pieux, éd. et trad. P. Lauer, revues par S. Glansdorff, Paris, Les Belles Lettres, 2012.

Sabine Lardon

Sabine Lardon est professeure de grammaire et rhétorique françaises des XVIe et XVIIe siècles à l’université de Lyon, Jean Moulin – Lyon 3.

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