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Regards croisés sur l’émigration des Highlanders vers les Treize Colonies dans les années 1770

Reciprocal Perspectives on Highlander Emigration to the Thirteen Colonies in the 1770’s
Florence Petroff

Résumés

Un mouvement migratoire de grande ampleur en direction des Treize Colonies britanniques d’Amérique du Nord traverse les Highlands dans les années 1770. Des familles entières partent en raison des hausses de loyers de la terre pour s’établir dans l’arrière-pays américain où elles peuvent devenir propriétaires. Cet exode inédit inquiète les propriétaires terriens, tout comme les essayistes et les hommes politiques en Écosse qui craignent le dépeuplement et l’engagement de ces hommes réputés courageux au service de la guerre d’indépendance américaine à partir de 1775. Ainsi les Highlands deviennent un enjeu dans la crise impériale qui oppose la Grande‑Bretagne à ses colonies révoltées.

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Texte intégral

Introduction

1L’Écosse est une terre d’émigration depuis le xive siècle. Elle a vu nombre de soldats, marchands et universitaires s’exiler vers l’Angleterre et l’Irlande, ou encore l’Europe continentale (France, Pologne, Scandinavie, Provinces-Unies et États allemands). Au cours du xviie siècle, les Écossais ont été de plus en plus nombreux à s’installer en Angleterre et en Ulster, créant ainsi le groupe des Irlando-Écossais (Scotch-Irish). Contrairement à l’émigration anglaise, l’émigration écossaise est alors très peu liée à la colonisation en raison de l’incapacité de l’Écosse à établir des colonies au Nouveau Monde, malgré des tentatives en Acadie (restituée à la France en 1632 puis devenue Nouvelle Écosse en vertu du traité d’Utrecht de 1713), en Caroline du Sud et dans le Darien, situé dans l’actuel Panama (Devine, 2004, p. 6‑7 ; Landsman, 1995, p. 15‑16).

2Ce schéma migratoire connaît une mutation dans la seconde moitié du xviiie siècle, quand les colonies américaines s’imposent comme nouvelle destination chez les candidats à l’émigration. Un jeune homme d’une famille de marchands des Lowlands écrit ainsi à son oncle : « I am a Convert to the Scots maxim of seeking, as the last resort, in a more distant region or scene of business what fortune which shall be denied me at home » (Steuart, NLS, MS 5040). L’Amérique ne compte alors que peu d’Écossais, la fondation d’une communauté au tout début du xviiie siècle dans l’East New Jersey constituant une exception (Landsman, 1985). Sans doute moins de trente mille Écossais sont arrivés dans les colonies américaines avant 1760, dont mille à deux mille prisonniers déportés : des jacobites après les soulèvements de 1715 et 1745, des repris de justice et des vagabonds. Ils sont en revanche beaucoup plus nombreux à faire le voyage entre 1760 et 1775. Bernard Bailyn et Barbara DeWolfe retiennent l’hypothèse haute d’environ quarante mille émigrants pour la période 1760‑1775, soit l’équivalent de 3 % de la population écossaise de 1760 (Bailyn & DeWolfe, 1988, p. 26). J. M. Bumsted propose l’estimation beaucoup plus basse de vingt mille émigrants (Bumsted, 1982, Appendix A). S’il est hasardeux d’évaluer le nombre de départs avant que la législation de 1770 n’impose le recensement des immigrants, il est néanmoins établi qu’ils sont en forte hausse. À cette époque, les Écossais émigrent plus en proportion vers les Treize Colonies que leurs voisins anglais, irlandais et irlando-écossais. À la veille de la révolution américaine, les Écossais constituent le second groupe ethnique dans les Treize Colonies, derrière les Anglais, et représentent peut‑être un septième ou un sixième de la population totale. Malgré les nombreux départs de loyalistes pendant la guerre d’indépendance et après, le recensement de 1790 compte 260 322 personnes nées en Écosse ou d’origine écossaise, soit 8,3 % de la population totale. Les Américains d’origine allemande sont plus nombreux à l’échelle de tous les États‑Unis, mais les Écossais sont le deuxième groupe après les Anglais dans les États du Sud, avec une proportion de 15,5 % en Géorgie, 15,1 % en Caroline du Sud, 14,8 % en Caroline du Nord et 10,2 % en Virginie (Brock, 1982, p. 13).

3La réorientation des flux migratoires écossais en direction de l’Amérique est un effet de l’intégration de l’Écosse dans l’entité nationale nouvelle qu’est la Grande‑Bretagne. Le traité d’union de 1707 ouvre en effet l’empire aux marchands et aux émigrants venus d’Écosse, mais ce n’est que quelques décennies plus tard que ceux‑ci investissent massivement l’espace britannique nord-américain. Les négociants de Glasgow supplantent leurs concurrents anglais dans le commerce du tabac de Virginie et du Maryland à partir des années 1750, tandis que les migrants se dirigent vers l’Amérique du Nord à partir de la guerre de Sept Ans (1756‑1763). Les Écossais qui partent pour l’Amérique sont des agents des compagnies de tabac de Glasgow, qui pour certains ne restent que quelques années, et des hommes issus des écoles et des universités des Lowlands. Les villes côtières, tout particulièrement Philadelphie, attirent des pasteurs, enseignants et médecins écossais qui viennent y chercher des emplois et des opportunités de carrière qu’ils ne trouvent pas au pays. La petite noblesse des Lowlands fournit des gouverneurs et des officiers de l’armée qui, bien qu’ils ne s’installent pas définitivement, contribuent au renforcement de la présence écossaise dans les Treize Colonies. Cette dernière participe à la britannisation de la population coloniale, qui compte une part croissante de colons non seulement écossais, mais aussi irlandais et irlando-écossais. Ceux‑ci ajoutent encore à la diversité de la population blanche, célébrée par Jean Hector St John de Crèvecœur dans ses Lettres d’un cultivateur américain (1784), qui compte dès le xviie siècle des Allemands en Pennsylvanie, des Suédois au Delaware, des Néerlandais dans le New York et des huguenots (Richards, 1991, p. 91‑98).

4Un autre trait distinctif du xviiie siècle est la part grandissante des populations des Highlands dans les départs vers l’Amérique. Le recrutement de soldats dans les Hautes Terres d’Écosse, encouragé par le premier ministre William Pitt qui souhaite mettre la tradition militaire des clans au service de l’État britannique, ainsi que la distribution de terres aux vétérans de la guerre de Sept Ans, suscite un engouement nouveau pour l’Amérique dans les Highlands. Ces régions du Nord et de l’Ouest vivent alors une mutation qui s’accélère après la défaite des jacobites à Culloden en 1746. Le pouvoir des chefs de clans, qui reposait sur leur capacité à recruter des hommes pour la guerre parmi leurs tenanciers, se fonde désormais sur la rentabilité de leurs domaines, dans lesquels ils mettent en œuvre les améliorations préconisées par les traités d’agronomie. Agissant en grands propriétaires terriens, ils augmentent les loyers de la terre, ce qui pousse les tacksmen jouant le rôle d’intermédiaires avec les tenanciers à émigrer dans l’espoir de maintenir leur rang social. Ces derniers emmènent souvent avec eux des tenanciers et leurs familles pour s’installer dans l’arrière‑pays nord-américain, où il y a des terres à mettre en culture (Devine, 2004, p. 136).

5Les travaux d’historiens et d’historiennes anglophones portant sur l’émigration écossaise en Amérique du Nord ont été nombreux depuis l’article de Margaret Adam (1919). Le sujet a reçu une attention particulière dans les années 1950, avec notamment le numéro spécial du William and Mary Quaterly d’avril 1954 et l’ouvrage de Ian C. C. Graham en 1956, qui liaient l’émigration et l’intégration des Écossais dans les sociétés coloniales du xviiie siècle. De nouveaux travaux sont apparus dans les années 1980 et 1990, lorsque la question de l’influence écossaise dans l’Amérique coloniale et la Jeune République agitait la communauté universitaire (Sher, 1990, p. 5‑13). Le travail considérable de David Dobson a permis d’identifier un grand nombre d’Écossais d’Amérique à partir de documents privés tels que des lettres, contrats d’engagements, achats de terres, ou journaux intimes (Dobson, 1984). L’émigration et la diaspora écossaises ont par la suite été abordées à l’échelle de l’Empire britannique et à l’échelle mondiale (Devine, 2004 ; Dziennik, 2015 ; Mackillop, 2021).

6Cet article aborde la question des représentations de l’émigration dans le monde britannique du xviiie siècle, à travers une étude des causes de la vague migratoire des Highlanders des années 1770, tout particulièrement l’imaginaire écossais de l’Amérique, et des perceptions et réactions des contemporains de part et d’autre de l’Atlantique. Il montre que l’émigration des Highlanders devient un enjeu dans les relations entre l’Écosse, la Grande‑Bretagne et les Treize Colonies à la veille de la révolution américaine.

La perception de la vague d’immigration des Highlanders en Amérique du Nord

7L’émigration groupée de fermiers des Highlands polarise l’attention de leurs contemporains, autant en Écosse que dans les colonies. Des familles des Highlands traversent l’Atlantique en groupes de plusieurs centaines de personnes pour acheter des terres à mettre en culture dans l’arrière‑pays de Caroline du Nord et de la colonie de New York. La proportion de travailleurs engagés est faible chez les Écossais, de l’ordre de 18 %, et ceux qui partent pour l’Amérique ont le plus souvent un pécule à investir (Bailyn & DeWoolfe, 1988, p. 175). Ils ne prévoient pas un retour au pays d’origine, à l’inverse des officiers, négociants et gouverneurs ou des planteurs des Antilles, qui font fortune dans les colonies mais n’y restent pas.

8Le mouvement migratoire de l’île de Skye vers la Caroline du Nord au début des années 1770 a tout particulièrement frappé les contemporains par son ampleur. Des deux côtés de l’Atlantique, la presse rapporte des départs massifs. Un paragraphe publié par le Scots Magazine en septembre 1771 faisant état de trois cent soixante-dix personnes ayant quitté Skye est reproduit dans des journaux de Philadelphie, Boston et New York en décembre 1771 et janvier 1772 (The Pennsylvania Gazette, 26 décembre 1771, p. 2 ; The Massachusetts Gazette, 30 décembre 1771, p. 2 ; The New‑York Journal, 2 janvier 1772, p. 526). Au printemps 1772, la presse du Massachusetts signale l’arrivée de plus de trois cents habitants de Skye à Wilmington, en transit vers Caroline du Nord (The Massachusetts Gazette, 19 mars 1772, p. 2 et 23 mars 1772, p. 1 ; The Boston‑Gazette, 23 mars 1772, p. 3 ; The Providence Gazette, 6 juin 1772, p. 2). Peu de temps après, ce sont sept cents immigrants qui sont annoncés en provenance de Skye :

April 8. We hear from the Isle of Sky, on the Western coast of Scotland, that near seven hundred of the inhabitants of that island are now preparing to emigrate for America. One vessel is already freighted to carry out three hundred persons, and the remainder are to follow them in June and July, after they have disposed of their cattle and effects. (The Massachusetts Gazette, 8 juin 1772, p. 2)

Ces chiffres correspondent peu ou prou aux observations d’Allan MacDonald sur le terrain :

The only newes in this Island is Emegration; I believe the whole will go for America — In 1771 there Shiped and arived Safe in north Carolina 500 souls. In 1772 there Shiped and arived Safe in Said place 450 souls. This year they have already signed & prepareing to go, above 800 souls and all those from Sky & North Uist. (Allan MacDonald of Kingsburg, NLS, MS.1306)

9Allan MacDonald et sa femme Flora, natifs de Skye, commencent alors à préparer leur départ. Flora s’est rendue célèbre en apportant son aide au prince Stuart en fuite à travers les Highlands après la défaite de Culloden. Elle a épousé en 1750 Allan MacDonald de Kingsburgh, agent ou tacksman du chef de clan Sir Alexander MacDonald of Sleat. Après avoir cultivé la terre de Flodigarry, ils héritent en 1772 du domaine de Kingsburgh, grevé de dettes. C’est à cette époque que le couple planifie son départ pour la Caroline du Nord. Sur Skye, explique Flora à un ami de la famille, l’avenir ne leur promet que pauvreté et asservissement (Flora MacDonald, NRS, MS.1306). Allan et Flora ont cinquante‑deux ans et sont parents de sept enfants, presque tous adultes. Ils partent à l’automne 1774 avec leurs deux plus jeunes fils, leur fille Anne, son mari (Alexander MacLeod) et leurs enfants. Ils sont accueillis en Amérique par une demi‑sœur de Flora, puis achètent une ferme à Cheek’s Creek dans le comté d’Anson (aujourd’hui Montgomery). Ils ont avec eux huit serviteurs engagés pour cinq ans, probablement venus de Skye avec eux (Douglas, 1993, p. 115‑116, 135 ; MacLean, 1900, p. 110‑111).

10La Caroline du Nord attire tout particulièrement les émigrants des Hébrides, car une communauté de Highlanders y vit déjà. En 1739, trois cent cinquante immigrants de Kintyre et des îles de Islay et de Gigha s’y sont installés. Beaucoup sont concentrés dans la région de Cross Creek au nord de la vallée de Cape Fear, autour de Campbellton, rebaptisé Fayetteville après la révolution. Ces colons proviennent essentiellement des terres du clan des Argyll et sont des tenanciers emmenés par leurs tacksmen, Alexander McAlister of Balinakill, Neil MacNeill of Ardelay, Duncan Campbell of Kilduskland, ou James Campbell… (Douglas, 1993, p. 123). Une brochure imprimée à Glasgow en 1773 fournit aux émigrants toutes les informations qui leur seront utiles pour s’installer en Caroline du Nord : à quel moment de l’année émigrer, comment s’adapter au climat, l’accueil qui leur sera fait… et leur promet une vie radieuse et prospère (Scotus Americanus, 1773).

11Cette fièvre d’émigration vers l’Amérique qui traverse tout le sud‑ouest des Highlands à partir du milieu des années 1760 marque les observateurs parce qu’elle est le fait de groupes organisés (Douglas, 1993, p. 122). Presque la moitié de ces émigrants voyagent en famille (48 %) alors que ce n’est le cas que pour 1/5e des émigrants anglais (Bailyn & DeWolfe, 1988, p. 137). Le voyageur William Gilpin dresse un tableau très vivant d’un rassemblement de familles qui partent pour les colonies :

At Killin we heard the little story of a Highland migration… The word was given, as it was phrased, in the beginning of March 1775; and a rendezvous was appointed at Killin, on the first of the ensuing May. Here convened about thirty families, making in all above three hundred people… Early the next morning the whole company was called together by the sound of bagpipes, and the order of their march was settled. Men, women and children, had all their proper stations assigned. They were all dressed their best attire; and the men armed in the Highland fashion. (Gilpin, 1792, p. 169‑171)

12Les observateurs ont une perception aiguë de la nouveauté que représente ce courant migratoire, sans pareil par son ampleur, la manière dont il est planifié et la catégorie socioprofessionnelle des migrants (Thom, 1771, p. 5‑6).

  • 1 Le Gentleman’s Magazine situe à tort ces régions en Irlande du Nord. Ces émigrants ne sont pas des (...)

13Leur arrivée en groupe a pour conséquence la concentration des fermiers highlanders dans des régions bien circonscrites. Au milieu des années 1770, 70 % des quelque deux mille neuf cents émigrants répertoriés dans les rapports des douanes se rendaient à New York, dans les Carolines, et à l’île de Saint John, aujourd’hui île du Prince Édouard au Canada (Bumsted, 1982, p. 14). Les Écossais fondent New Inverness dans la vallée de l’Altamah (Géorgie), s’installent dans la vallée de Cape Fear en Caroline du Nord et les vallées de la Mohawk et de l’Hudson dans la province de New York. Ce sont quatre cents Highlanders venus des comtés de Glengarry, Glenmorison, Urquhart, et Strathglass qui émigrent dans le comté de Tryon (aujourd’hui Montgomery), dans la colonie de New York, en 1773 (Gentleman’s Magazine, 30 septembre 1773, p. 467)1. Ils sont encadrés par des nobles du clan MacDonell de Glengarry et de Keppoch : les trois frères John Macdonell of Leek, Allan Macdonell of Collachie et Alexander Macdonell of Aberchalder, ainsi que leur beau‑frère Ranald Macdonell of Ardnabee et leur cousin John Macdonell of Scotus. Beaucoup sont des catholiques qui ont pris part à l’insurrection de 1745 et sont issus de la classe des tacksmen. Ils émigrent avec leur famille, leur prêtre, le révérend John McKenna et plus de quatre cents habitants de leur région, soit environ six cents personnes au total. Archibald MacDonell of Leek est le premier à émigrer à New York. Il organise la venue de ses compatriotes avec Sir William Johnson, le superintendant aux affaires indiennes pour le district du Nord depuis 1756, son père et ses oncles (Supplement to Rivington’s New‑York Gazetteer, 10 juin 1773, p. 3). À leur arrivée, à l’automne 1773, les immigrants s’installent sur les terres de Sir William Johnson, près de Johnstown, dans le comté de Tryon, dans la vallée de Mohawk, près d’Albany (Scott, 1934, p. 22‑32).

Un exil choisi sous la contrainte

14L’émigration est un choix dans les années 1770 : nul n’étant à cette époque expulsé par les propriétaires terriens, comme ce sera le cas quelques décennies plus tard. C’est néanmoins un choix subi, auquel les migrants se résignent pour échapper à la dégradation de leurs conditions de vie, due en grande partie à la hausse des loyers de la terre.

La responsabilité des propriétaires terriens

15Le départ de centaines de fermiers des Hautes Terres est imputé par les observateurs à la politique des propriétaires terriens, responsables d’une trop forte augmentation des loyers. Les essais se penchant sur le problème de l’émigration fustigent « l’avarice de certains propriétaires » qui ont brutalement multiplié les loyers par deux, voire par trois, à l’exemple de ceux des Lowlands, sans tenir compte du fait que la terre est moins rentable au nord. En conséquence, les tenanciers qui ne peuvent pas suivre n’ont d’autre choix que l’émigration (Knox, 1784, vol. II, p. 618, 628 ; Thom, 1771, p. 28‑30 et 54‑55 ; Scotus Americanus, 1773, p. 3‑8). Le Lord Advocate for Scotland, Henry Dundas (l’homme politique le plus puissant d’Écosse) attribue cela à la politique de répression culturelle qui a suivi le ’45 :

  • 2 Thomas Devine souligne que les bouleversements économiques, sociaux et culturels dans les Highlands (...)

In short one consequence of destroying Clanship in the Highlands was to annihilate the desire of the Highland Chieftains to have their Estates covered with Inhabitants and they were led to turn their thoughts in what manner they could employ their lands more profitably than in the cultivation of idle men. (Dundas, BL, Add MS 34412)2

16Les chefs de clans sont accusés d’être à l’origine de la rupture des liens qui les unissaient autrefois à leurs tenanciers. Libérés de ce rapport presque féodal au chef et à la communauté que celui‑ci incarnait, les tenanciers ont pu alors envisager leur vie loin d’une terre à laquelle ils étaient pourtant très attachés (ibid. ; Scotus Americanus, 1773, p. 3‑4). Un essayiste explique que les propriétaires vivent désormais loin de leurs domaines où ils ont dépêché des agents recrutés en ville ne connaissant rien à l’environnement local, qui ont brutalement imposé des hausses excessives des loyers à des tenanciers qu’ils tenaient pour paresseux, tout en flattant l’avarice de leurs maîtres (The Present Conduct of the Chieftains, 1773, p. 3‑4, 13‑14).

17L’émigration est considérée comme subie par les contemporains, les migrants n’ayant d’autre choix que l’exil ou la pauvreté. L’historien J. M. Bumsted y voit, au contraire, une émigration volontaire qu’il qualifie de « people’s clearance », pour la distinguer des « clearances » (évacuations) qui au xixe siècle ne seront plus le fait des habitants mais des propriétaires fonciers les expulsant pour reconvertir leurs domaines dans l’élevage des moutons. Il met en avant que cet exode résulte d’une stratégie établie par les populations des Hautes Terres dans le but d’améliorer leurs conditions de vie. Marianne McLean et Thomas M. Devine insistent, à l’inverse, sur le fait que c’est la dégradation des conditions de vie, dues aussi à la crise économique des années 1772‑1773, qui insuffle un vent d’émigration à travers les Highlands (Bumsted, 1982 ; McLean, 1991 ; Devine, 1994). Les départs ont certainement été encouragés par la recomposition des rapports sociaux au sein des clans et les difficultés économiques du début des années 1770 dans les Highlands, mais aussi par l’imaginaire écossais de l’Amérique.

Les attraits de l’Amérique

18Le principal avantage de l’Amérique est qu’elle a des terres à offrir en raison de la progression vers l’ouest, favorisée par la spéculation foncière, malgré l’interdiction de s’implanter au‑delà de la ligne de proclamation (Proclamation Line) définie par la Grande‑Bretagne en 1763 pour garantir la paix avec les populations autochtones. L’arrière‑pays, cette zone frontalière où les pionniers mettent en culture de nouvelles terres, est décrit comme l’Eldorado des fermiers : « This is the best poor man’s country I have ever heard in this age », écrit Alexander McAllister à propos de la Caroline du Nord. Alexander Thomson emploie cette expression courante pour désigner la région de Shippensburg en Pennsylvanie (Dziennik, 2015, p. 167‑168 ; DeWolfe, 1997, p. 111 et 179). Le discours de ces colons écossais corrobore celui de la littérature de propagande encourageant l’émigration :

Here we see, that a man of small substance, if upon a precarious footing at home, can, at once, secure to himself a handsome, independent living, and do well for himself and posterity. The poorest man, if he can but work, procures, at once, plenty of subsistence, which grows yearly upon his hands, until, by gentle an agreeable labour, he arrives, at last, at a state of affluence and ease. None of either sex or profession need fear the want of employment, or an ample reward and encouragement in their different occupations and callings. (Scotus Americanus, 1773, p. 31)

19L’Amérique, c’est « la liberté, la propriété et pas d’impôts », écrit Alexander Campbell of Balole, qui a voyagé en Caroline du Nord (DeWolfe, 1997, p. 185). L’Amérique offre effectivement des libertés que les Écossais n’ont pas chez eux, notamment le droit de porter des armes, interdit dans les Highlands par le Disarming Act de 1746, et de former une milice (que les Anglais possèdent mais pas les Écossais). La propriété est aussi le gage d’une responsabilité politique dans les colonies, les propriétaires fonciers élisant leurs représentants à l’assemblée coloniale. Ainsi que l’explique Alexander Thomson, « with respect to our laws they are made by those who are, not nominally only, but really our representatives; for without any bribes or pensions they are chosen by ourselves, and every freeholder has a vote » (DeWolfe, 1997, p. 119). Le contraste est saisissant, car en Écosse il faut posséder un revenu foncier annuel d’au moins quatre cents livres écossaises pour avoir la franchise électorale. Une aristocratie héréditaire de mille cinq cents à deux mille très grands propriétaires monopolise le droit de vote, souligne un libelliste, qui en conclut que finalement les Écossais sont pour ainsi dire aussi peu représentés que les Américains au Parlement (Thom, 1771, p. 15‑20).

Les causes de l’émigration écossaises vues d’Amérique

20La disparité de niveau de vie et de statut des populations entre l’Écosse et l’Irlande d’un côté, et les Treize Colonies de l’autre, est communément soulignée par les colons américains, à l’exemple de cette lettre qui circule dans la presse du Massachusetts et du New Hampshire en mai 1772 :

I have lately made a tour through Ireland and Scotland. In those countries a small part of the society are landlords, great noblemen and gentlemen, extremely opulent, living in the highest affluence and magnificence. The bulk of the people tenants, extremely poor, living in the most sordid wretchedness, in dirty hovels of mud and straw, and clothed only in rags. I thought often of the happiness of New‑England, where every man is a freeholder, has a vote in public affairs, lives in a tidy, warm house, has plenty of good food and fuel, with whole clothes from head to foot, the manufacture perhaps of his own family. Long may they continue in this situation! (The Essex Gazette, 28 avril-5 mai 1772, p. 163)

  • 3 L’article que Benjamin Franklin rédige en 1773, intitulé « On a Proposed Act to Prevent Emigration  (...)

21Un journal de New York dresse la liste des motivations qui sous‑tendent l’immigration écossaise. À la tyrannie des propriétaires, s’ajoutent la pauvreté et l’absence de manufactures, mais surtout les avantages qu’offre l’Amérique : des terres bon marché, la quasi-absence de taxes, les bienfaits du climat dont résultent des denrées alimentaires abondantes et quatre fois moins chères qu’en Écosse, les salaires trois fois plus élevés, l’aide apportée aux pauvres et enfin une société moins inégale, où l’aristocratie est inexistante (« Extract of a letter from Inverness, dated Dec. 30 », Rivington’s New‑York Gazetteer, 24 mars 1774, p. 2). Benjamin Franklin, qui a vécu plus de dix ans en Grande‑Bretagne et a voyagé en Écosse, contribue lui aussi à la diffusion d’une image idyllique de l’Amérique en totale opposition avec la pauvreté et l’oppression qui règnent en Écosse (Franklin, 1772 et 1773)3.

Les Écossais en Amérique

22Le sentiment anti-écossais (scotophobia), largement répandu à Londres, est également présent dans les colonies. En Virginie tout particulièrement, la réussite des marchands et planteurs de Glasgow attise la jalousie des petits propriétaires qui ont contracté des dettes envers eux. La réussite des Écossais, qui arrivent pour la plupart avec un bagage intellectuel ou un capital à investir, fait des envieux (Hook, 2008, p. 48 ; Richards, 1991, p. 98). On leur reproche de promouvoir un entre‑soi les excluant du reste de la communauté. Leurs sociétés philanthropiques, qui viennent en aide prioritairement aux Écossais en difficulté à Boston, Charleston, New York, Philadelphie et Savannah, ont pu nourrir cette impression, voire même concourir à l’hostilité latente dans le Sud (McCaslin, 2015, p. 115‑128).

23L’hostilité envers les Britanniques du Nord n’est cependant pas générale. Il importe de distinguer les communautés de Highlanders parlant le gaélique, regroupées dans l’arrière‑pays de Caroline du Nord et du New York, des Écossais vivant dans les centres urbains où ils se mélangent aux autres colons à travers leurs activités professionnelles, le mariage et les relations d’amitiés. Plusieurs imprimeurs de Philadelphie sont par exemple nés en Écosse, tels Robert Aitken, Robert Bell ou David Hall, l’associé de Benjamin Franklin. En outre, la correspondance des immigrants avec leur famille restée en Écosse ne témoigne pas d’une agressivité les visant. Alexander Cumine écrit de Charleston en 1763 que tous les Britanniques forment une seule communauté dans laquelle l’égalité règne :

Another Beauty in this Countray is that all white people are on an equall footing, excepting the Dutch and foreign Settlers, who are not much regarded. But among the British every one is a Companion to another equally affable & [free?] no distinction att all and young Beginners are encouraged and supported if they behave well and are industrious and carefull and [if] one [once?] gets a good name he’s sure to thrive. (DeWolfe, 1997, p. 194)

24Les immigrants arrivés à bord du brick le Nancy à New York en 1773 bénéficient d’un élan de solidarité qui traverse les frontières de la communauté écossaise. Ces deux cents Highlanders sont les rescapés d’une traversée cauchemardesque de trois mois depuis Meickle Ferry, dans le Sutherland. Un tiers des passagers, dont une cinquantaine d’enfants de moins de quatre ans, a été emporté par des maladies dues à la surpopulation dans l’entrepont, la malnutrition et l’eau croupie. Le capitaine Smith et son second sont poursuivis pour leur avoir refusé toute aide et les avoir brutalisés, les traitant comme des esclaves (« Scotch Negroes »). À leur arrivée à New York, le 20 décembre 1773, ces migrants démunis ne parlant pas l’anglais sont pris en charge par des habitants, avant qu’ils ne poursuivent leur route en direction de l’arrière‑pays de la colonie de New York. Le révérend John Witherspoon, pasteur écossais à la tête du College of New Jersey à Princeton, prononce un sermon dans l’église presbytérienne de New York et organise une collecte pour leur venir en aide. Des gens de toutes les confessions y participent et rassemblent près de quatre-vingts livres. Le dimanche suivant, la collecte s’étend à toutes les églises anglaises de la ville. Les quakers de New York rassemblent de leur côté soixante‑dix livres pour les migrants des Highlands (The Connecticut Courant, 18‑25 janvier 1774, p. 2 ; The New‑York Journal, 6 et 20 janvier 1774, p. 3 ; Rivington’s New‑York Gazeteer; Or, the Connecticut, Hudson’s River, New‑Jersey, and Quebec Weekly Advertiser, 21 avril 1774, p. 3). Les descriptions de la cruauté du capitaine Smith envers les migrants, notamment les femmes et les enfants, ne peuvent que soulever l’indignation du public :

A poor sick child, who could not drink the water afforded them, which stunk intolerably, earnestly begged for a little good warm water, and not being able to obtain it, continued to call for it till he died. Another poor child having got to the fire, the Mate took him up and dashed him against the deck, whereby he was much hurt, and confined to his bed till he died, about a fortnight after. (The Dunlap’s Pennsylvania Packet, or the General Advertiser, 31 janvier 1774, p. 4)

25Ainsi la vague d’immigration en provenance des Highlands est perceptible dans les colonies. Elle ne suscite pas de réactions aussi vives qu’en Écosse, où elle alimente un mouvement anti‑émigration.

La mobilisation des élites écossaises contre l’émigration des Highlanders

  • 4 Notre traduction.

26En Écosse, ce soudain engouement des populations des Hautes Terres pour l’Amérique inquiète les grands propriétaires terriens incapables de retenir leurs tenanciers. Ils soulignent le préjudice pour les Highlands, qui perdent une part de leur main‑d’œuvre disponible ainsi que le capital que les émigrants emportent avec eux. L’émigration vers les colonies rend difficile le recrutement d’ouvriers agricoles dans les régions de départ, alors que les Lowlands souffrent déjà du tarissement du flux de Highlanders venant y chercher un emploi (Dundas, BL, Add MS 34412 ; Willox, NRS, GD248/509/1). Ce dépeuplement fait obstacle au progrès économique de cette région pauvre et cause du tort à l’État, qui perd l’occasion d’intégrer ces « hommes robustes », doués « d’un génie naturel pour le métier des armes » dans l’armée (The Present Conduct of the Chieftains, p. 5)4. Alors que les tensions s’exacerbent entre la métropole et les Treize Colonies revendiquant leur autonomie, l’afflux de nouveaux colons est perçu comme un potentiel danger, dans la mesure où il contribue à renforcer démographiquement les colonies aux dépens de la métropole et accroît la capacité des colons à développer une agriculture pouvant nourrir une population croissante mais peu bénéfique à la métropole car peu tournée vers l’exportation. L’angoisse diffuse du dépeuplement et du déclin est alimentée par la crainte que les colonies, délivrées de la menace française au Canada après la guerre de Sept Ans, ne prennent leur indépendance (The Caledonian Mercury, 5 septembre 1772, p. 3 ; The Present Conduct of the Chieftains, p. 6‑7). Ainsi les Highlanders deviennent‑ils un enjeu dans la crise impériale opposant la Grande‑Bretagne à ses colonies, tout particulièrement après le début de la guerre, en avril 1775, car ils pourraient être tentés de se mettre au service de la cause des insurgents (Willox, NRS, GD248/509/1).

27Un groupe d’aristocrates et d’hommes politiques écossais s’organise alors pour endiguer l’émigration. Le 21 septembre 1775, le Scottish Board of Customs annonce que, sur ordre du Lord Advocate, aucun bateau transportant des émigrants ne quittera un port écossais (Bumsted, 1982, p. 23 ; Graham, 1956, p. 99‑100). Une proposition de loi en ce sens avait été très critiquée, à la fois parce qu’elle constituait une violation des libertés et qu’elle était très difficile à faire respecter (The Public Advertiser, 20 décembre 1773, p. 1 ; Franklin, 1773). Le Lord Advocate Henry Dundas prévoit que l’interdiction d’émigrer ne peut être effective que tant que la guerre avec les colonies américaine désorganise les échanges transatlantiques et que les traversées reprendront sitôt la paix revenue. C’est pourquoi il prône le recrutement à grande échelle de soldats dans les Highlands. L’armée offrira aux hommes en surplus un revenu qu’ils n’auront plus besoin d’aller chercher outre‑mer et les chefs de clans pourront faire la démonstration de leur loyauté en mettant leur influence au service de l’État et de l’empire, en incitant leurs tenanciers à s’engager dans la carrière militaire. Ceux qui ont un passé jacobite y trouveront en outre l’occasion de se racheter et de retrouver leurs domaines et leurs titres confisqués (Dundas, BL, Add MS 34412). C’est la stratégie qu’adopte le général Simon Fraser de Lovat, qui lève un premier régiment de Highlanders pendant la guerre de Sept Ans et un second pendant la guerre d’indépendance américaine. Il fait appel à Sir James Grant pour qu’il aide des officiers à compléter leur régiment, et fait imprimer un placard promettant aux futurs soldats qu’ils deviendront propriétaires des terres confisquées aux insurgents américains (Fraser, NRS, GD248/52/2 ; « Volunteers Wanted »). L’essayiste John Knox reproche au contraire à l’État de ne pas avoir favorisé le développement économique dans la région et de n’y voir qu’une réserve de marins et de soldats, alors que les Highlanders ont fait preuve d’une remarquable capacité de modernisation (Knox, 1784, vol. I, p. 132‑133).

Conclusion

28Le phénomène inédit d’une émigration collective de fermiers des Highlands en Amérique au début des années 1770 attire l’attention des deux côtés de l’Atlantique. Né du processus d’intégration des Highlands, qui connaît une accélération depuis le milieu du xviiie siècle, il a pour effet de renforcer les liens entre l’Écosse et les colonies. Ce soudain élan des Highlanders vers l’outre‑mer suscite l’inquiétude des élites britanniques, qui voient ce « capital humain » renforcer les colonies aux dépens de la métropole, et devient un enjeu du conflit qui déchire l’empire quand celui‑ci prend la forme d’une guerre coloniale.

29Cette crainte s’est néanmoins révélée infondée puisque les communautés de Highlanders de l’arrière‑pays ont le plus souvent combattu dans les régiments loyalistes en faveur de la Grande‑Bretagne contre les patriotes américains, estimant plus profitable pour eux de rester dans le giron de l’empire. La défaite une fois consommée, ils ont été nombreux à rentrer au pays ou à s’installer dans ce qu’il restait de l’Amérique du Nord britannique, contribuant ainsi à britanniser le Canada encore très francophone.

30L’essor de l’émigration des Highlands vers l’Amérique a eu pour effet de renforcer la volonté des grands propriétaires et des responsables politiques de rediriger ces flux migratoires vers l’armée, afin de mettre les Highlanders au service de la puissance britannique, tout en renforçant l’intégration de cette région réputée rebelle. Les Highlanders prennent ainsi une place de plus en plus importante dans les guerres contre la France et deviennent un pilier de l’Empire britannique au tournant du xixe siècle.

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Bibliographie

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Sources

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Journaux

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The Gentleman’s Magazine (Londres).

The Massachusetts Gazette, and the Boston Post-Boy and Advertiser (Boston).

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Willox James à Sir James Grant, 25 mars 1775. National Records of Scotland (NRS), Papers of the Ogilvy family, Earls of Seafield (Seafield Papers), GD248/509/1.

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Notes

1 Le Gentleman’s Magazine situe à tort ces régions en Irlande du Nord. Ces émigrants ne sont pas des Irlando-Écossais, mais bien des familles de la région d’Inverness.

2 Thomas Devine souligne que les bouleversements économiques, sociaux et culturels dans les Highlands ont été initiés avant 1745 (Devine, 2004, p. 120).

3 L’article que Benjamin Franklin rédige en 1773, intitulé « On a Proposed Act to Prevent Emigration », présente les avantages de l’émigration, à la fois pour les émigrants et pour l’Écosse. L’auteur reste anonyme et semble être un Britannique de métropole, mais Franklin y fait la promotion de l’émigration essentiellement parce que celle‑ci sert les intérêts des colonies, et plus particulièrement ceux de la Pennsylvanie où il perçoit l’afflux d’Allemands comme une menace pour l’identité anglophone dominante.

4 Notre traduction.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Florence Petroff, « Regards croisés sur l’émigration des Highlanders vers les Treize Colonies dans les années 1770 »Études écossaises [En ligne], 23 | 2024, mis en ligne le 01 avril 2024, consulté le 25 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/etudesecossaises/4994 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/etudesecossaises.4994

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Auteur

Florence Petroff

La Rochelle Université
florence.petroff@univ-lr.fr
 
Florence Petroff est maîtresse de conférences en histoire moderne à l’université de La Rochelle. Elle travaille sur la circulation des idées et des représentations au sein du monde britannique au xviiie siècle. Elle est l’autrice de plusieurs articles sur la notion d’empire et l’écriture de l’histoire chez les Lumières écossaises, ainsi que d’une thèse sur la révolution américaine et l’Écosse (1765‑1783), qui sera prochainement publiée aux éditions Honoré Champion.

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