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Thèses

Vincent GRANATA : L’expressivité du blues : une exploration philosophique

Thèse de doctorat en philosophie et musicologie, soutenue le 8 janvier 2021 à l’Université de Lorraine (Archives Henri Poincaré, Nancy)
p. 305
Référence(s) :

Vincent GRANATA : L’expressivité du blues : une exploration philosophique
Thèse de doctorat en philosophie et musicologie, soutenue le 8 janvier 2021 à l’Université de Lorraine (Archives Henri Poincaré, Nancy). 392 pages
Directeurs de thèse : Roger Pouivet et Alessandro Arbo

Texte intégral

1Cette thèse se propose d’expliquer en quoi consiste l’expression musicale des émotions dans le blues. Elle se situe à l’intersection de la musicologie, des popular music studies et de la philosophie de la musique. Cet ancrage interdisciplinaire est lié à la singularité de l’objet d’étude : le blues, à la fois genre musical et ensemble caractérisé d’émotions, est surtout appréhendé en tant qu’expression émotionnelle centrée sur les souffrances et les peines de l’individu. Or, cette équivocité peut donner lieu à une vision stéréotypée de la performance musicale, comme manifestation directe ou sans filtre des passions internes du musicien : il s’agit ici de montrer combien ce stéréotype est éloigné de la réalité.

2D’abord, l’attribution de qualités expressives à une performance est façonnée par tout un appareil de visées, de croyances et de classifications – autrement dit, par un système complexe de normativités. Il n’y a pas d’incompatibilité entre le caractère construit des catégories musicales et la possibilité que celles-ci donnent lieu à des usages positifs : en effet, l’appréciation de la singularité expressive d’une performance dépend étroitement de l’application de filtres catégoriels, qui déterminent différents niveaux de compréhension. Un premier chapitre aborde la question épineuse de la définition du blues comme catégorie générique et montre qu’il y a une manière caractéristique de « sonner blues », liée à une certaine performativité vocale, lieu privilégié des affects. Un second chapitre s’intéresse aux catégorisations stylistiques et montre, à travers l’étude d’une chanson de R. L. Burnside, comment des catégories comme celle de « Hill country blues » (liée à une zone géographique) ou de « style Burnside » (liée à une signature individuelle) permettent une identification fine des singularités esthético-expressives de la performance en question.

3Au vu de ces conclusions, on peut interroger la nature de l’expression musicale : l’expressivité du blues dépend-elle véritablement d’un individu qui exprime ses émotions à travers l’acte musical ? La question est traitée à la lumière des débats philosophiques contemporains, notamment à travers trois grands types de théories : les théories romantiques de l’expression, celles de l’apparence d’expression, et celles de la symbolisation. Une approche sémiotique est défendue, et appliquée au cas du blues : sous certaines conditions d’appréciation, les chansons de blues fonctionnent comme un système symbolique qui peut référer, illustrer et éclairer certains aspects de l’existence, ceux relatifs aux sentiments humains.

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Pour citer cet article

Référence papier

« Vincent GRANATA : L’expressivité du blues : une exploration philosophique »Cahiers d’ethnomusicologie, 36 | 2023, 305.

Référence électronique

« Vincent GRANATA : L’expressivité du blues : une exploration philosophique »Cahiers d’ethnomusicologie [En ligne], 36 | 2023, mis en ligne le 10 octobre 2023, consulté le 22 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ethnomusicologie/5198

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