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Dossier : varia

Une jeunesse (en)chantée ? Du reggae et du rap chez les Amérindiens de l’Oyapock (Guyane)

Florent Wattelier
p. 67-83

Résumé

À la confluence du fleuve Oyapock et de la rivière Camopi, dans l’est des Guyanes, les peuples amérindiens teko et wayãpi cohabitent et vivent ensemble la transformation profonde de leur mode de vie sous l’effet de l’occidentalisation accélérée de leurs manières d’être et de penser. À la violence de ces bouleversements, de jeunes gens répondent en musiques et en chansons. Loin, en apparence, des répertoires musicaux anciens, ces jeunes gens s’inscrivent dans une dynamique d’intégration de musiques exogènes déjà à l’œuvre chez leurs aînés dans leur propre jeunesse : zouk, konpa, reggae sont des genres musicaux largement écoutés lors des réunions de boisson dans les villages depuis plusieurs décennies. Plus récemment, de jeunes Teko et Wayãpi approfondissent encore davantage ce processus en chantant dans leur(s) langue(s) et en s’enregistrant sur des pistes instrumentales de reggae ou de rap. Ils chantent leur combat pour la défense de leur mode de vie, leurs aspirations et leurs sentiments, mais aussi leurs souffrances. Pour la jeunesse amérindienne locale (pour les chanteurs comme pour les « chantés »), ces titres, dans leur production et leur circulation, relèvent à la fois de l’élaboration d’un sentiment collectif et d’un rapport au monde.

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Extrait du texte

Ce document sera publié en ligne en texte intégral en octobre 2024.

Plan

La voix des guerriers
Sur un riddim de reggae ou de dancehall
La langue au service du message
Une jeunesse (en)chantée

Aperçu du texte

S’il était possible de survoler les villages du moyen Oyapock en ce début de XXIe siècle, surtout lors d’une soirée de saison sèche, et de capter la musique qui en émane, le paysage sonore qui en résulterait pourrait surprendre l’auditeur. De ce milieu émergeraient distinctement les sonorités et les rythmes des musiques caribéennes, faites de batteries, de guitares électriques et de synthétiseurs. En s’approchant des villages, on se rendrait compte que le son de ces instruments est diffusé par des enceintes de différentes tailles et de différentes puissances, et l’on verrait des groupes d’adultes, de jeunes et d’enfants, réunis dans l’écoute de ces musiques. On pourrait y reconnaître la signature rythmique de certains genres caribéens. Si l’ambiance est bonne, on y verrait des couples effectuer quelques pas sur la piste de danse et, en s’approchant encore un peu plus, on distinguerait peut-être un téléphone portable entre les mains d’un jeune homme qui contrôle la musique diffusée. ...

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Pour citer cet article

Référence papier

Florent Wattelier, « Une jeunesse (en)chantée ? Du reggae et du rap chez les Amérindiens de l’Oyapock (Guyane) »Cahiers d’ethnomusicologie, 36 | 2023, 67-83.

Référence électronique

Florent Wattelier, « Une jeunesse (en)chantée ? Du reggae et du rap chez les Amérindiens de l’Oyapock (Guyane) »Cahiers d’ethnomusicologie [En ligne], 36 | 2023, mis en ligne le 10 octobre 2024, consulté le 13 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ethnomusicologie/5060

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Auteur

Florent Wattelier

Florent WATTELIER est docteur en ethnomusicologie, rattaché au Centre de Recherche en Ethnomusicologie (CREM) du Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative (UMR 7186). Dans le cadre de ses recherches, il s’intéresse aux circulations musicales et aux interactions générationnelles au sein des communautés amérindiennes de l’Oyapock (Guyane).

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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