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Dossier : varia

Cumbia et carnaval à Barranquilla. Démocratie raciale et esprit national à l’épreuve

Sebastian Olave-Soler
p. 51-65

Résumé

Les récits autour du carnaval de Barranquilla, de ses musiques, de ses danses et de ses costumes, ont été conçus pour renforcer l’idée d’un pays métis et d’un paisible mélange tri-ethnique. Sous l’emprise d’un européisme prédominant, cet idéal a été construit à l’encontre de la multiplicité ethnique du pays, entraînant l’épuration d’éléments populaires, et notamment de pratiques artistiques d’origine africaine. Questionner ces discours nous permettra de resituer le récit historique des festivités et des expressions musicales du pays, mais aussi de la configuration même de la société colombienne. Dans cet article, nous entendons mettre en évidence une image officialisée et promulguée du carnaval de Barranquilla et de la cumbia colombienne. Notre objectif est de montrer un carnaval qui a été aussi un instrument susceptible d’affirmer une vision univoque de la ville et du pays, et de ce fait, d’une disparité sociale.

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Extrait du texte

Ce document sera publié en ligne en texte intégral en octobre 2024.

Plan

Introduction
« Blanchissement » et distinction à Barranquilla
Cumbia et carnaval, le métissage comme axiome
Cumbia et récit national
Considérations finales

Aperçu du texte

Introduction

Le carnaval de Barranquilla, comme d’autres célèbres carnavals d’Amérique, puise de manière manifeste dans des traditions marquées par l’héritage africain. De même, la cumbia – à la fois rythme, genre, danse, ensemble –, élément fondamental de la fête carnavalesque, est fortement marquée par une tradition noire-africaine implantée jadis en Amérique. Non sans mal, l’un comme l’autre sont devenus, au cours du XXe siècle, des éléments essentiels du discours identitaire colombien. La plupart des emblèmes actuels de la nation en sont, en effet, dérivés ou associés : le chapeau traditionnel dit « vueltia’o », la « mochila arhuaca », l’écrivain Gabriel García Márquez (mais aussi la Colombie magique et caribéenne qu’il a imaginée), ou même la chanteuse Shakira. Ce sont-là autant d’éléments hétérogènes – et populaires – qui montrent bien la reconfiguration des constructions identitaires du pays à partir de la seconde moitié du XXe siècle. La promulgation du carnaval en tant que p...

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Pour citer cet article

Référence papier

Sebastian Olave-Soler, « Cumbia et carnaval à Barranquilla. Démocratie raciale et esprit national à l’épreuve »Cahiers d’ethnomusicologie, 36 | 2023, 51-65.

Référence électronique

Sebastian Olave-Soler, « Cumbia et carnaval à Barranquilla. Démocratie raciale et esprit national à l’épreuve »Cahiers d’ethnomusicologie [En ligne], 36 | 2023, mis en ligne le 10 octobre 2024, consulté le 25 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ethnomusicologie/5053

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Auteur

Sebastian Olave-Soler

Sebastian OLAVE-SOLER est doctorant en histoire et culture des mondes ibéro-américains contemporains à l’Université de la Sorbonne. Il est diplômé du master en théorie et pratique des arts à l’Université d’Aix-Marseille, études de composition, et en histoire et culture de la musique au Conservatoire de Bordeaux et à l’Universidad de los Andes à Bogotá.

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

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