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1. Portrait of a Journal Aged Twenty
III/ e-Editors : La parole aux éditrices et éditeurs invités

Retour sur le volume « Le discours rapporté et l’expression de la subjectivité » (e-Rea 17.2, 2020)

Grégoire LACAZE

Résumés

À l’occasion du vingtième anniversaire de la revue électronique e-Rea, cet article propose un retour réflexif sur le volume « Le discours rapporté et l’expression de la subjectivité » publié dans le numéro 17.2 de cette revue en juin 2020. Il présente la problématique et les approches méthodologiques convoquées pour ce volume et il met en perspective cette publication avec les recherches actuelles sur le discours rapporté, notamment l’analyse des discours numériques des réseaux sociaux.

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Texte intégral

Introduction

1Les conversations et dialogues sont à la base des interactions humaines. C’est pourquoi les locuteurs sont amenés très souvent à reprendre (c’est-à-dire à rapporter) les propos d’autrui avec un degré plus ou moins important de reformulation.

2Les nombreuses recherches menées ces trente dernières années sur le discours rapporté montrent un intérêt certain et constant des linguistes pour ce champ d’étude, profondément renouvelé grâce à la prolifération de corpus numériques rassemblant des publications issues des plateformes des réseaux sociaux.

3La sortie du numéro 21.1, numéro anniversaire célébrant les 20 ans de la revue e-Rea, offre la possibilité d’un retour réflexif sur les enjeux épistémologiques et scientifiques qui ont conduit à la publication du volume « Le discours rapporté et l’expression de la subjectivité » dans le numéro 17.2 publié en juin 2020 dans cette revue.

Le volume « Le discours rapporté et l’expression de la subjectivité »

La genèse du volume

4Ma collègue Aurélie Ceccaldi-Hamet et moi-même, spécialistes de l’étude du discours rapporté en langue anglaise, avons voulu nous pencher plus précisément sur les relations entre la construction d’un énoncé de « discours rapporté » et l’expression d’une certaine forme de subjectivité liée à l’acte de rapport de paroles ou de pensées en lui-même.

  • 1 Laurence Rosier emprunte ici ce concept à Oswald Ducrot (1984 193) pour illustrer « le discours rap (...)

5Nous reprenons ici la définition du discours rapporté proposée par Laurence Rosier (2008 20) : il s’agit de la « mise en rapport de discours dont l’un crée un espace énonciatif particulier tandis que l’autre est mis à distance et attribué à une autre source ». Cette définition sous-entend la co-présence de deux instances énonciatives qui cohabitent dans un énoncé de discours rapporté : l’instance rapportante et l’instance rapportée. À cet effet, selon Laurence Rosier (2008 38), le discours rapporté doit être envisagé « comme un cas marqué de double énonciation1 ».

6Un séminaire de recherche a été organisé d’octobre 2017 à septembre 2019 par le Laboratoire d’Etudes et de Recherche sur le Monde Anglophone (LERMA UR853) d’Aix-Marseille Université pour poser les jalons de la réflexion sur les liens étroits entre discours rapporté et subjectivité.

La présentation du volume et des concepts théoriques à l’œuvre

7L’approche généralisante privilégiée dans ce volume exploite l’hétérogénéité des corpus considérés : fiction, presse, réseaux sociaux. Cette hétérogénéité « contribue à la prise en compte de l’empan des processus de sélection et d’usage des marqueurs discursifs et stylistiques à l’œuvre dans des énoncés authentiques rapportant des discours » (Ceccaldi-Hamet et Lacaze 2020).

8Les contributions rassemblées dans le volume ont été choisies afin de couvrir un large spectre d’énoncés couvrant différents genres discursifs (fiction, presse, réseaux sociaux comme Facebook ou encore les mèmes circulant sur Twitter) mais aussi différentes aires linguistiques (anglais et français).

9Si rapporter un discours implique de suivre un paradigme donné, la matérialité du support sur lequel le discours rapporté voit le jour est un élément essentiel dans le processus de construction d’un tel discours rapporté. Par exemple, un discours rapporté produit sur un support numérique (que Marie-Anne Paveau (2017 289) qualifie de « technodiscours rapporté ») exploite la plurisémioticité et la multimodalité intrinsèques à toute publication d’un réseau socionumérique (RSN) :

Le technodiscours rapporté consiste à transférer un discours d’un espace numérique natif source à un espace numérique natif cible, via une procédure automatisée de partage ; c’est ce trait d’automatisation qui justifie d’ajouter l’élément techno- au syntagme discours rapporté […].

10Les spécificités des discours publiés sur les plateformes technologiques des RSN nécessitent véritablement de nouvelles approches théoriques et pratiques pour mener à bien l’étude du discours rapporté dans ces publications numériques. C’est ce qui a motivé leur intégration dans le volume.

  • 2 Dominique Maingueneau (2015 83) en donne la définition suivante : « Étymologiquement, le Sujet, le (...)

11Articuler discours rapporté et subjectivité semble assez naturel car tout acte énonciatif rapportant des paroles ou des pensées se voit teinter de la coloration subjective de l’instance rapportante, l’énonciation rapportée étant produite par un Subjectum2.

12Après avoir rappelé une définition de ce qu’est le discours rapporté, il nous faut définir ce que nous entendons par subjectivité. Pour cela, nous reprenons la définition proposée par le Trésor de la Langue Française Informatisé : la subjectivité dans son acception linguistique correspond à la « présence du sujet parlant dans son discours ».

13Les recherches présentées dans le numéro 17.2 ont montré que « [l]a subjectivité peut ainsi s’envisager comme l’ensemble des traces textuelles de l’inscription du point de vue d’un sujet humain au sein d’un énoncé et se matérialise à la fois en fonction des choix sémantiques et syntaxiques et de leurs effets stylistiques potentiels » (Ceccaldi-Hamet et Lacaze 2020).

14La double énonciation mettant aux prises deux instances énonciatives derrière lesquelles on peut généralement identifier des sujets humains équivaut à la mise en relation de deux sources de subjectivité qui vont prendre en charge des contenus propositionnels.

15Ainsi, le volume publié en 2020 envisageait « les transferts de subjectivité opérant entre le(s) locuteur(s) rapporté(s) et le locuteur rapporteur, sous l’effet des choix compositionnels du segment contextualisant assurant l’introduction du discours direct ».

16Parler de subjectivité dans un énoncé, c’est inévitablement parler d’expression de l’ethos qui est consubstantiel à tout acte énonciatif : « Dès qu’il y a énonciation, quelque chose de l’ordre de l’èthos se trouve libéré : à travers sa parole un locuteur active chez l’interprète la construction d’une certaine représentation de lui-même, mettant ainsi en péril sa maîtrise sur sa propre parole » (Maingueneau 2013).

17Cet ethos est aussi lié à la notion d’identité pour Dominique Maingueneau (2002 58) :

la question de l’ethos est liée à celle de la construction de l’identité. Chaque prise de parole engage à la fois une prise en compte des représentations que se font l’un de l’autre les partenaires, mais aussi la stratégie de parole d’un locuteur qui oriente le discours de façon à se façonner à travers lui une certaine identité.

18Le volume publié en 2020 a montré qu’« un énoncé de discours rapporté semble ainsi être le lieu de confluence des trois concepts d’ethos, de subjectivité et d’expression d’un point de vue » (Ceccaldi-Hamet et Lacaze 2020).

L’apport fondamental de l’approche comparatiste

19Le volume publié dans le numéro 17.2 rassemblait des contributions de chercheurs en linguistique anglaise et en linguistique française.

20Le choix d’associer des recherches sur le discours rapporté à partir de corpus dans les deux langues était délibéré et il se justifiait par la volonté de croiser les approches théoriques entre les travaux portant sur la linguistique anglaise et les recherches menées sur la linguistique française en termes de discours rapporté.

21Comme cela était indiqué dans l’éditorial du numéro 17.2, les articles rassemblés dans ce volume « offrent des regards croisés sur les diverses stratégies linguistiques et stylistiques des écrivains et des journalistes dans leurs productions écrites, aussi bien en anglais qu’en français » (Ceccaldi-Hamet et Lacaze 2020).

22Les nombreuses études menées en linguistique française sur le discours rapporté ont permis de développer des approches critiques relativement élaborées, comme en témoignent les travaux fondateurs de Jacqueline Authier-Revuz (1995) sur la « représentation du discours autre », de Dominique Maingueneau (1986) et de Laurence Rosier (1999) sur le discours rapporté et d’Alain Rabatel (1998) sur la « construction textuelle du point de vue ». Les concepts opératoires développés à partir de l’analyse de textes en langue française peuvent être aisément adaptés pour l’analyse d’énoncés en anglais, comme cela a été présenté dans le volume de 2020 :

Ces approches méthodologiques permettent d’analyser de manière très fine les énoncés de discours rapporté qui présentent des spécificités intrinsèques. Ainsi, nous retrouvons dans cette publication non seulement les contributions de trois auteurs spécialistes de linguistique française dont les travaux constituent un ancrage méthodologique et conceptuel offrant des fondements théoriques nécessaires pour analyser les relations entre discours rapporté et subjectivité mais également diverses contributions de spécialistes du discours rapporté en langue anglaise dont les recherches s’appuient sur ces différents concepts et outils méthodologiques. (Ceccaldi-Hamet et Lacaze 2020)

Une évolution majeure : la prise en compte des « nouveaux corpus numériques » dans l’étude du discours rapporté

23Il s’agit d’un tournant majeur des études portant sur le discours rapporté. L’avènement des réseaux socionumériques a profondément bouleversé le champ d’étude du discours rapporté en raison des possibilités technologiques nouvelles offertes aux contributeurs. En effet, les phénomènes de citation à l’œuvre dans la fiction ou dans la presse papier recourent traditionnellement à des processus de citation, de reformulation, de mise en abyme d’un discours origine.

  • 3 Les discours numériques présentent une « "délinéarisation technodiscursive" caractérisée par l’élab (...)
  • 4 « L’hypertextualité est un trait structurel des discours numériques qui modifie leur linéarité, eff (...)
  • 5 Marie-Anne Paveau (2017 218) utilise ce terme pour décrire « l’activité d’écriture en ligne » : « l (...)
  • 6 Christian Vandendorpe (2011 55) la définit ainsi : « Je propose de qualifier d’ergative cette lectu (...)

24Le numérique change fondamentalement la donne car une publication postée sur un RSN est avant tout un fichier numérique qui est repéré dans un écosystème numérique grâce à un identifiant unique et à des métadonnées. Par ailleurs, cette publication présente des caractéristiques communes aux discours nativement numériques : multimodalité, polysémioticité, délinéarisation technodiscursive3, hypertextualité4, écrilecture5/lecture ergative6

25Ainsi, les méthodes traditionnelles d’analyse du discours s’avèrent relativement insuffisantes pour décrire et étudier les discours numériques. C’est pourquoi de plus en plus de linguistes et analystes du discours investissent ce champ de recherche pour proposer des méthodologies d’analyse adaptées à la matérialité des discours numériques.

26En témoigne une certaine prolifération de recherches récentes sur les discours numériques et, notamment les discours issus des RSN comme Facebook, Instagram, TikTok et Twitter : Bigey et Simon 2018, Lacaze 2022, Longhi 2016, Mercier 2018, Paveau 2017, Rosier 2020, notamment.

27Au sein du laboratoire LERMA, la programmation régulière de séances du séminaire international ISSMDA (International Seminar on Social Media Discourse Analysis) co-organisé par trois universités de l’alliance européenne CIVIS (Aix-Marseille Université, Université libre de Bruxelles, Stockholms universitet) et la Maison Française d’Oxford illustre l’importance que la recherche universitaire accorde aux productions verbales publiées sur les RSN.

L’actualité de la recherche sur le discours rapporté

28La relative proximité temporelle entre la sortie du numéro 17.2 et la publication du numéro anniversaire en 2023 explique pourquoi la publication de 2020 reste encore d’actualité pour présenter l’état de l’art de la recherche sur le discours rapporté. Cette publication envisageait déjà l’étude et l’analyse des publications numériques des réseaux sociaux qui interrogent les méthodologies traditionnelles d’analyse du discours et renouvellent notablement les recherches sur le discours rapporté.

  • 7 « Ci-dit est un groupe de recherche international et interdisciplinaire visant à articuler l’histoi (...)

29La vitalité des recherches menées sur le discours rapporté peut être illustrée notamment par les activités régulières du groupe de recherche sur le discours rapporté Ci-dit7, fondé en 1998 par Juan Manuel López Muñoz (Université de Cadix), Sophie Marnette (University of Oxford) et Laurence Rosier (Université libre de Bruxelles). Les plus récents colloques de ce groupe de recherche se sont tenus à Stockholm (2012), à Mulhouse (2015), à Bruxelles (2018), à Luxembourg (2022). Le prochain colloque se tiendra à Wrocław (2024).

30Les recherches sur le discours rapporté donnent lieu chaque année à de nombreuses publications portant sur différents genres discursifs et de plus en plus de publications portent spécifiquement sur des corpus rassemblant des discours numériques, ce qui souligne un champ d’étude toujours à explorer. Ces publications sont de diverses natures : des articles, des chapitres d’ouvrages mais aussi des monographies et, bien évidemment, des thèses, ce qui montre le dynamisme des recherches menées sur le discours rapporté dans différentes aires linguistiques.

Conclusion

31Le retour réflexif sur le volume de 2020 souligne une nouvelle fois toute l’actualité de la recherche sur le discours rapporté, notamment avec l’extraordinaire développement des publications sur les RSN qui génèrent de fait des données massives (Big Data). Ces corpus de très grande taille nécessitent des outils d’analyse bien spécifiques. Ces nouvelles approches plus expérimentales s’inscrivent pleinement dans le large champ des Humanités numériques.

  • 8 L’expression est empruntée à Emmanuël Souchier et al. (2019 9).

32Les nombreuses études théoriques déjà menées sur le discours rapporté à partir de l’analyse d’énoncés figurant sur des supports imprimés (romans, journaux…) servent encore d’ancrage méthodologique fort sur un plan conceptuel mais l’analyse des « écrits d’écran »8 nécessite un renouvellement certain et conséquent des approches pratiques permettant l’exploitation analytique de discours nativement numériques.

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Bibliographie

- Ouvrages et articles de référence

Authier-Revuz, Jacqueline. Ces mots qui ne vont pas de soi. Boucles réflexives et non-coïncidences du dire. 2 volumes. Paris, Larousse, 1995.

Bigey, Magali et Justine Simon. « Analyse des discours d’escorte de communication sur Twitter : essai de typologie des tactiques d’accroches et de mentions ». #info : commenter et partager l’actualité sur Twitter et Facebook. Éds. Arnaud Mercier et Nathalie Pignard‑Cheynel. Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2018, pp. 55‑86.

Ceccaldi-Hamet, Aurélie et Grégoire Lacaze. Avant-propos. « Le discours rapporté et l’expression de la subjectivité ». e-Rea 17.2. https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/erea/10018. 2020, consulté le 1er août 2023.

Ducrot, Oswald. Le dire et le dit. Paris, Minuit, 1984.

Lacaze, Grégoire. « Renouvellement paradigmatique dans l’analyse des discours numériques : le cas de la communication politique sur les RSN ». Études de Stylistique Anglaise, n°. 16, 2022. https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/esa/4816. Consulté le 29 juillet 2023.

Longhi, Julien. « Le tweet politique efficace comme mème textuel : du profilage à viralité », Travaux de linguistique, n°. 73, 2016, pp. 107‑126.

Maingueneau, Dominique. « En quel sens peut-on bien parler de "phrase sans texte » ? Littérature, linguistique et didactique du français : Les travaux Pratiques d’André Petitjean. Éds. Caroline Masseron, Jean-Marie Privat et Yves Reuter. Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2015, pp. 77‑85.

Maingueneau, Dominique. « L’èthos : un articulateur ». COnTEXTES, n°. 13, 2013, https://contextes.revues.org/5772, consulté le 29 juillet 2023.

Maingueneau, Dominique. « Problèmes d’ethos ». Pratiques, n°. 113-114, 2002, pp. 55-67.

Maingueneau, Dominique. Éléments de linguistique pour le texte littéraire. Paris, Bordas, 1986.

Mercier, Arnaud. « Hashtags : tactiques de partages et de commentaires d’informations ». #info : commenter et partager l’actualité sur Twitter et Facebook. Éds. Arnaud Mercier et Nathalie Pignard‑Cheynel. Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2018, pp. 87‑129.

Paveau, Marie Anne. L’analyse du discours numérique : Dictionnaire des formes et des pratiques. Paris, Hermann Éditeurs, 2017.

Paveau, Marie-Anne. « Des discours et des liens. Hypertextualité, technodiscursivité, écrilecture ». SEMEN, n°. 42, 2016, pp. 23-48.

Paveau, Marie-Anne. « En naviguant en écrivant. Réflexions sur les textualités numériques ». Faire texte : frontières textuelles et opérations de textualisation. Éd. Jean-Michel Adam. Besançon, Presses Universitaires de Franche-Comté, 2015, pp. 337-353.

Rabatel, Alain. La construction textuelle du point de vue. Lausanne, Delachaux et Niestlé, 1998.

Rosier, Laurence. « Reconfigurations des formes canoniques du discours rapporté en milieu numérique : quelques exemples remarquables de discours directs ». e-Rea 17.2.https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/erea/9742. 2020, consulté le 29 juillet 2023.

Rosier, Laurence. Le discours rapporté en français. Paris, Ophrys, 2008.

Rosier, Laurence, Le discours rapporté : histoire, théories, pratiques. Bruxelles, Duculot, 1999.

Souchier, Emmanuël, Étienne Candel et Gustavo Gomez-Mejia. Le numérique comme écriture : théories et méthodes d’analyse. Paris, Armand Colin, 2019.

Vandendorpe, Christian. « Quelques questions clés que pose la lecture sur écran ». Lire dans un monde numérique. Éd. Claire Bélisle. Villeurbanne, Presses de l’enssib, 2011, pp. 50-66.

- Base de données

TLFi : Trésor de la Langue Française informatisé, http://www.atilf.fr/tlfi, ATILF - CNRS & Université de Lorraine.

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Notes

1 Laurence Rosier emprunte ici ce concept à Oswald Ducrot (1984 193) pour illustrer « le discours rapporté en style direct ».

2 Dominique Maingueneau (2015 83) en donne la définition suivante : « Étymologiquement, le Sujet, le Sub-jectum, ce qui est placé au-dessous, se définit comme ce qui ne varie pas : par-delà la diversité des situations de communication et des moments, il peut répondre de ce qu’il dit ».

3 Les discours numériques présentent une « "délinéarisation technodiscursive" caractérisée par l’élaboration d’un lien avec un autre fil de discours » (Paveau 2016 41). La délinéarisation, « c’est une élaboration du fil du texte dans laquelle les matières technologiques et langagières sont co-constitutives, et modifient la combinatoire phrastique en créant un discours composite à dimension relationnelle » (Paveau 2015 338).

4 « L’hypertextualité est un trait structurel des discours numériques qui modifie leur linéarité, effectue des mises en relation entre des textes-sources et des textes-cibles, et rend le texte ouvert à des potentialités » (Paveau 2017 73).

5 Marie-Anne Paveau (2017 218) utilise ce terme pour décrire « l’activité d’écriture en ligne » : « l’hyperlien se repère graphiquement (couleur et/ou soulignement) et donne [au lecteur] le choix de continuer sa lecture linéairement ou de cliquer et de se laisser "adresser" à un texte cible : sa lecture est alors une écrilecture puisqu’il écrit, en le lisant, un autre texte que celui qui se présente superficiellement à lui ; le lecteur est un écrilecteur ».

6 Christian Vandendorpe (2011 55) la définit ainsi : « Je propose de qualifier d’ergative cette lecture qui est orientée vers l’action, et qui vise soit à produire un nouveau texte […], soit plus simplement à laisser une trace de son activité […] ».

7 « Ci-dit est un groupe de recherche international et interdisciplinaire visant à articuler l’histoire, les théories et les pratiques du discours rapporté » (http://groupe-cidit.com/).

8 L’expression est empruntée à Emmanuël Souchier et al. (2019 9).

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Pour citer cet article

Référence électronique

Grégoire LACAZE, « Retour sur le volume « Le discours rapporté et l’expression de la subjectivité » (e-Rea 17.2, 2020) »e-Rea [En ligne], 21.1 | 2023, mis en ligne le 15 décembre 2023, consulté le 21 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/erea/16824 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/erea.16824

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Auteur

Grégoire LACAZE

Aix-Marseille Université, LERMA, Aix-en-Provence, France
gregoire.lacaze@univ-amu.fr
Spécialiste du discours rapporté, Grégoire Lacaze est Maître de conférences HDR en linguistique anglaise à Aix-Marseille Université. Ses recherches sur l’expression de la subjectivité dans le discours direct portent sur la linguistique, la stylistique, la sémantique et l’analyse du discours dans une approche contrastive anglais-français à partir de divers corpus (fiction, presse et réseaux sociaux).

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Droits d’auteur

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