Navigation – Plan du site

AccueilNuméros21.11. Portrait of a Journal Aged TwentyI/ Retour sur e-Rea : 20 ansUne revue de laboratoire de l’éle...

1. Portrait of a Journal Aged Twenty
I/ Retour sur e-Rea : 20 ans

Une revue de laboratoire de l’électronique au diamant : e-Rea et vingt ans de science ouverte

Anne DUNAN-PAGE

Résumés

e-Rea a connu deux grandes périodes dans son histoire, une première que l’on pourrait qualifier de gestation (2003-2008), où cette nouvelle revue en études anglophones a dû trouver un public, expérimenter de nouveaux formats et se doter de bonnes pratiques ; puis une seconde qui correspond à l’accession à OpenEdition, suite à une refonte survenue en 2008. La transition de l’une à l’autre – davantage qu’un passage d’un mode d’hébergement ad hoc sur les serveurs de l’ancienne université de Provence à un portail international en sciences humaines et sociales spécialisé dans la diffusion de la science ouverte – a profondément influencé les objectifs et le développement d’e-Rea. Au-delà, cette évolution a également permis de repenser l’environnement de la revue, avec des répercussions en termes de formation et de recherche. Cette contribution examine la façon dont une revue comme e-Rea a constitué un levier pour une réflexion sur la science ouverte, en direction des enseignant·es chercheur·ses, comme des étudiant·es, et replace la revue dans le temps plus long des publications en études anglophones à Aix-en-Provence.

Haut de page

Texte intégral

Les défis de l’électronique

  • 1 Je remercie Sylvie Mathé et Jean Viviès d’avoir bien voulu compléter et corriger ma reconstruction (...)

1Le terme « électronique », revendiqué par e-Rea dans son titre, Revue électronique d’études sur le monde anglophone, peut s’entendre de différentes façons. Les « revues électroniques » dont il sera question ici sont des revues nativement numériques, qui n’ont jamais eu d’existence papier, ou bien des revues papier qui ont opéré une transition totale, ou partielle, vers l’électronique, par exemple en patrimonialisant leurs anciens numéros sur Persée, les numéros les plus récents étant hébergés directement sur des plateformes comme OpenEdition Journals. e-Rea a pris la succession d’une éphémère publication papier, Rea, dont les dossiers s’apparentaient davantage à des recueils thématiques, sans rubrique, recensions ou politique éditoriale. Il n’a pas été question de les numériser pour les présenter comme des numéros d’e-Rea et de matérialiser ainsi la continuité. Outre un changement de support, c’est donc bien un nouveau départ que l’ajout du « e » impliquait. On peut ainsi considérer e-Rea comme une revue nativement numérique1. « Électronique » n’est évidemment pas toujours synonyme d’accès ouvert aux articles, encore moins d’accès ouvert immédiat, certaines revues appliquant encore des barrières mobiles de 6, 12, voire 24 mois en invoquant des raisons logistiques, institutionnelles ou financières. Il existe par ailleurs des revues papier dont les diffuseurs proposent des formats électroniques payants via des abonnements ou des achats au numéro ou à l’article. Ce cas est aujourd’hui minoritaire parmi les publications françaises en études anglophones. Dans ce domaine, et pour autant que je puisse en juger, aucune revue n’a mis en place des frais de publication (APC, article processing charges).

2En 2023, le site de la Société des anglicistes de l’enseignement supérieur (SAES) recense 64 revues actives en études anglophones dont un peu plus de la moitié sont hébergées sur la plateforme OpenEdition Journals, qui domine donc largement les publications en études anglophones par rapport à d’autres opérateurs comme CAIRN, avec souvent un partenariat avec Persée. L’autre moitié est hébergée sur des serveurs institutionnels ou de pépinières de revues, seule une minorité déclarant ne paraître encore qu’en format papier. Un simple survol permet de saisir d’emblée la diversité actuelle des pratiques et des situations. Parmi ces revues on trouve en effet des revues rattachées à des unités de recherche (UR ou UMR du CNRS), à des instituts ou centres, à des sociétés savantes, chacune ayant une histoire, une périodicité, un mode de financement, différents, certaines, comme e-Rea, ayant par ailleurs rejoint le programme Freemium, d’autres pas.

3Cette diversité est le fruit de l’histoire du développement de l’édition scientifique en études anglophones sur près d’une vingtaine d’années et de sa quête de légitimité. Il a donc fallu tout d’abord qu’e-Rea puisse démontrer qu’elle correspondait à un besoin, qu’elle saurait donc se pérenniser et que son cadre était scientifiquement pertinent. Mais là est le lot de toute nouvelle revue...sauf qu’au début des années 2000, les revues nativement numériques souffraient d’un autre handicap lié à leur format. Il fallait parvenir à convaincre les auteur·trices comme les lecteur·trices que le format « électronique », « numérique », « en ligne », était, précisément, un format, qu’il n’avait donc pas de valeur intrinsèquement inférieure ou supérieure au format papier, dans la mesure où les pratiques éditoriales étaient identiques.

  • 2 Tony Gheeraert, « L’édition numérique scientifique en lettres et sciences humaines : les solutions (...)

4Tony Gheeraert, lorsqu’il évoquait les débuts de la revue Études Épistémè dans le cadre du séminaire Britaix17-18 du LERMA, ainsi que Gisèle Venet, dans le « Grand entretien » qu’e-Rea lui a consacré, parlent tous deux volontiers d’« intuition » des potentialités du numérique, intuition qui semblait toute de même dépendre, à l’époque, de quelques conditions : la présence au sein de l’équipe d’au moins un membre, si ce n’est de plusieurs, ayant des connaissances techniques suffisantes, la présence de jeunes chercheur·ses habitué·es à ces outils, et une équipe non seulement scientifiquement performante mais encore assez soudée pour faire face à l’adversité2. On pourrait ajouter que c’est souvent l’absence de moyens financiers ou de soutien institutionnel qui rendait difficile la création d’une nouvelle revue papier, sans même parler de sa rentabilité. Il s’agissait d’être créatif et original.

  • 3 Voir le Plan S (2018), le plan national pour la science ouverte (2018), le deuxième plan national p (...)

5Ce constat appelle deux remarques, tout d’abord sur la longévité de l’auto-dénigrement du format électronique, au sein même de la communauté des anglicistes qui l’a pourtant promu et plébiscité. Ce n’est que sous la présidence de Jean Viviès (2014-2018) qu’on a systématiquement demandé aux rapporteur.trices de la section 11 du CNU (« Études anglophones ») de ne plus mentionner que les titres des revues et leur rayonnement, sans faire état des supports, comme c’était le cas auparavant (« Les articles de XX ont été publiés dans des revues ‘en ligne’ »). Deuxièmement, l’échelle des valeurs semble être en passe de s’inverser, les revues électroniques ayant aujourd’hui gagné leurs lettres de noblesse. C’est le format papier qui doit aujourd’hui le plus souvent justifier sa raison d’être. Par ailleurs, comme on le verra plus bas, le CNRS et les différents plans pour la science ouverte œuvrent maintenant à la diminution progressive des barrières mobiles et à la progression du modèle « diamant3 ».

Dépendante donc illégitime ?

6e-Rea, outre sa jeunesse et son format, partait avec un troisième handicap, à savoir l’étroitesse des rapports entre la revue et le Laboratoire d’études et de recherche sur le monde anglophone (LERMA, UR 853) dont elle était, et est toujours, l’émanation. Le début des années 2000 a en effet correspondu à une phase de refonte et de restructuration des groupes ou centres de recherche informels, « jeunes équipes », « équipes d’accueil », qui commençaient à se structurer, à se doter de statuts, d’une gouvernance, de programmes de recherche, d’indicateurs de performance, autant de critères que l’AERES allait évaluer à partir de 2006 alors que les équipes d’accueil (E.A.) avaient encore un statut national. Disposer de sa revue participait de cet effort de structuration, de construction ou de consolidation d’une légitimité scientifique, ainsi que des stratégies de formation par la recherche que les E.A. les plus dynamiques et les plus ambitieuses souhaitaient mettre en avant. C’est dans ce contexte qu’e-Rea allait devenir la « vitrine » du LERMA, terme souvent repris, encore aujourd’hui, lorsqu’on évoque la revue. e-Rea ne serait pas simplement publiée par le LERMA, elle serait la revue du LERMA.

7Or pour e-Rea, comme pour d’autres, ces origines institutionnelles, ce lien organique entre une revue et une unité de recherche étaient loin d’aller de soi. Tout d’abord, le soupçon d’auto-publication avait la vie dure, comme si les membres n’étaient pas tout à fait en mesure de publier ailleurs que dans e-Rea ou que leurs numéros thématiques n’étaient pas aussi dignes d’intérêt que ceux proposés à l’extérieur. On pouvait également contester la rigueur des processus de sélection et l’impartialité d’un comité éditorial exclusivement local lorsqu’il s’agissait d’évaluer des numéros thématiques proposés par les membres de l’unité. Enfin, dans la mesure où le LERMA était une unité généraliste, la ligne éditoriale d’e-Rea le serait aussi, avec des publications dans le champ de la littérature, de la civilisation, de la linguistique et aujourd’hui des études visuelles et sérielles mais sans que telle ou telle école, telle ou telle thématique, telle ou telle « ligne éditoriale » ne soit privilégiée. C’est une revue « d’études sur le monde anglophone », sans plus de précisions et se posait forcément la question de sa spécificité.

8Ces critiques, pour la plupart, n’ont pas, ou disons n’ont plus, lieu d’être. Pourtant, il serait un peu trop facile de les ignorer, si on veut analyser, en toute objectivité et, espérons, lucidité, la difficulté à laquelle font face de nombreuses revues généralistes en études anglophones, à savoir celle d’établir et de développer une réputation, nationale comme internationale, en évitant l’entre-soi. Sans doute l’un des grands regrets de l’histoire d’e-Rea, que j’ai personnellement partagé sous le mandat de Sylvie Mathé en aidant au montage du dossier, fut le refus, en 2013, de l’InSHS (CNRS) de subventionner la revue lors de sa campagne bisannuelle, alors qu’elle avait besoin de ce financement pour promouvoir le modèle diamant et entreprendre des actions promotionnelles. Dans un entretien paru dans ce numéro, Sylvie Mathé rappelle qu’elle avait pourtant fait état de statistiques de fréquentation multipliées par 10 en à peine quelques années. e-Rea, en tout cas de notre point de vue, était en mesure de répondre à des critères relevant de « l’ouverture, la transparence, la qualité de l’organisation de l’évaluation par les pairs, le soin accordé à la diffusion, à la visibilité et à l’internationalisation4 ». Présence sur (à l’époque) revues.org, régularité de la publication, programmation anticipée à trois ou quatre ans, métadonnées en anglais et français, promotion du bilinguisme, aucune barrière mobile, des DOI, un comité de rédaction formé à Lodel, un comité scientifique international, un référencement dans le Directory of Open Access Journal (DOAJ), etc. On voyait mal, il y a dix ans, comment e-Rea pouvait ne pas être considérée comme une revue particulièrement vertueuse dans le contexte du développement de la science ouverte alors même que très peu de publications remplissaient, à ce moment-là, tous ces critères. Mais elle restait une revue généraliste, une revue de laboratoire – d’équipe d’accueil, qui plus est – et une revue en « langues ». Elle ne parvint pas à convaincre le CNRS de la nécessité de promouvoir le modèle diamant et le champ des études anglophones à travers elle. Nous n’avons pas reproposé de projet similaire depuis.

9Une revue d’équipe d’accueil généraliste dans le domaine des langues, sans financements autres que ceux accordés sur le budget annuel de l’unité (avant qu’e-Rea puisse adhérer au programme Freemium), sans personnel dédié, sans implication du CNRS, même si elle était située au sein d’un IDEX, devait faire doublement voire triplement ses preuves. Et c’est là qu’à mon sens, e-Rea s’est démarquée de certaines de ses consœurs. Elle a bien entendu appris à faire face aux risques de l’endogamie scientifique en multipliant les initiatives visant à ouvrir le plus possible sa programmation, tout en assumant pleinement ses origines, donc la publication de numéros issus d’activités du LERMA, à côté de ceux d’auteur·trices de l’extérieur. D’autres revues, au même moment, modifiaient, au contraire, leurs statuts et leurs rapports aux séminaires, aux groupes de recherche, aux sociétés savantes ou aux unités qui les avaient vu naître, pour mettre en avant une plus grande indépendance du comité éditorial. Cette indépendance devenait un gage de légitimité scientifique. En modifiant si nécessaire leur titre, leur périmètre et le mode de désignation du comité éditorial. Ce n’est pas le choix qu’a fait e-Rea. On a pu le lui reprocher, et on le lui reproche encore, mais la dépendance continue d’e-Rea vis-à-vis du LERMA a eu des effets inattendus que la seconde partie de cette contribution met en avant, à savoir la création d’un écosystème de formation et de recherche irrigué par les bonnes pratiques de la revue. Aujourd’hui, e-Rea contribue tout autant à la recherche du LERMA que le LERMA contribue à la programmation d’e-Rea.

Hériter

10Commençons, à rebours, à savoir par la dernière collaboration entre le LERMA et e-Rea sur un projet de recherche. Ce numéro, comme tout numéro commémoratif, entend porter un regard réflexif et rétrospectif sur la revue, ses acteur·trices, son histoire. Mais quelle histoire et comment faire cette histoire ? J’ai évoqué plus haut l’existence d’une soixantaine de revues en études anglophones et parlé d’un « simple survol » de leurs pratiques éditoriales et de leurs modèles économiques. Or, force est de constater que ma contribution ne s’appuie sur aucune donnée, sur aucun document historique, et reste parfois d’une imprécision fort peu scientifique, malgré les ressorts de l’histoire orale. Là encore, e-Rea n’est pas un cas isolé. Très peu de ces soixante revues ont conservé leurs archives institutionnelles – quand elles ont même conservé tous leurs anciens numéros. Certes, quelques-unes reviennent sur leur évolution dans le cadre d’un numéro anniversaire (ou de l’anniversaire d’une unité de recherche ou d’une société savante), et sur la façon dont elles ont contribué à structurer le champ. Mais combien ont conservé trace de leurs origines, de leurs prédécesseurs, de leurs divers comités éditoriaux et scientifiques, de leurs PV, de leurs financements, de leurs correspondances avec les acteurs institutionnels ou privés ? Combien même ont estimé nécessaire, sur leur site, d’afficher ne serait-ce qu’un chapeau introductif qui évoque leur naissance ? Parfois, bien sûr, quelques années durant, un rédacteur ou une rédactrice en chef a particulièrement bien conservé les archives d’une revue, mais ces archives se confondent alors avec des archives personnelles parce qu’elles ne sont que rarement déposées auprès d’une unité ou d’un établissement. Il s’agit de documents, de mails, d’enregistrements, de lettres, parfois de factures, plus rarement de photos, conservés par les enseignant·es chercheur·ses et qui finissent malheureusement par se perdre au gré des aléas de la vie. Aucune tentative de recensement ou de constitution d’archives physiques d’e-Rea, n’a été entreprise, et aucune aide jamais demandée pour constituer son histoire et centraliser des exemplaires des revues et collections dont elle prit la suite. Ce numéro y contribue, en partie, mais en partie seulement.

11Il en résulte, évidemment, plusieurs difficultés. La première est que l’histoire des revues en études anglophones, dans son ensemble, ne peut être aujourd’hui que la somme de quelques histoires individuelles, de la ligne éditoriale et de la contribution scientifique de telle ou telle revue, comme si ces lieux majeurs de productions du savoir que sont les revues n’étaient en rien portées par l’histoire des hommes et des femmes qui ont contribué à les faire vivre et que leur identité et leur rôle se limitaient à la somme des articles publiés. Même lorsqu’elles existent, ces histoires sont peu développées. Très peu de revues du domaine disposent aujourd’hui des ressources et du temps nécessaires pour analyser plusieurs décennies d’existence. Sans parler de développer des études croisées qui porteraient un regard sur au moins un échantillon de quelques revues en études anglophones, sur une période donnée ou sur la façon dont un domaine disciplinaire s’est structuré autour de revues phares. Dans ce domaine, tout reste à construire. Et tant que les études anglophones ne réalisent pas, collectivement, ce geste réflexif vital, il sera peut-être plus difficile de faire entendre leur singularité et leur apport à la recherche en SHS.

12C’est ici que l’on doit brièvement mentionner le projet de Dictionnaire des études anglophones porté par Hépistéa (Histoire et ÉPISTémologie des études anglophones), projet à l’initiative du LERMA mais qui fédère aujourd’hui plus d’une dizaine de partenaires5. L’une des rubriques du dictionnaire consacré aux revues, va voir le jour sous la responsabilité de Muriel Adrien (Toulouse Jean-Jaurès, CAS), Marie-Odile Hédon (Aix-Marseille Université, LERMA) et Jean Kempf (Lyon 2, TRIANGLE). Outre l’intérêt que peut avoir la présentation des données, l’objectif de cette rubrique est de sensibiliser la communauté des anglicistes aux archives et à l’histoire des revues, en commençant par la Revue anglo-américaine, entre 1923 et 1936, à laquelle succéda Études anglaises, qui est toujours en activité6. Le projet Hépistéa ne s’arrête donc pas aux revues récentes. Son ambition est d’aboutir à une recension aussi exhaustive que possible des revues éteintes, en s’employant à retrouver et à recenser leurs numéros, à rendre compte de leurs comités et pourquoi pas, à les numériser et à les diffuser, si difficile est aujourd’hui l’accès à ce riche patrimoine scientifique dont on est en passe de perdre trace.

13Nous-mêmes fêtons les vingt ans d’e-Rea un peu comme si la revue avait été créée ex nihilo. Or les études anglophones à Aix-en-Provence avaient déjà une longue et riche histoire éditoriale. Dès la fin des années 1960, si ce n’est avant, les comptes rendus de la commission des publications conservées dans les archives d’Aix-Marseille Université font état, par exemple, de « quatre séries d’articles consacrés aux Études Anglaises et Américaines [qui] ont déjà été publiées par les soins des Annales de la Faculté d’Aix, une première fois dans les fascicules collectifs, une deuxième fois sous la couverture du ‘Centre d’Études Anglaises et Américaines’7 ». Dix ans plus tard les différents centres de recherche qui voyaient alors le jour, le Centre aixois de recherches anglaises (CARA), le Groupe de recherche et d’études nord-américaines (GRENA), le Centre d’études linguistique Aix-Montpellier (CELAM, puis CELA), par la suite, l’Institut de recherche du monde anglophone (IRMA), disposaient déjà de moyens variés de diffuser les réalisations locales. Et, on l’a vu, il existait une publication thématique papier avant e-Rea. Dans les statuts du CARA, rédigés en 1979, l’article 2 mentionne que le centre allait « publier les travaux ainsi faits, une fois jugés bons à imprimer par le Comité de lecture, en un recueil annuel ». Certes ces « recueils » (treize parurent au total8) ou « actes », publiés par l’université de Provence, ne s’apparentaient pas à une revue, à proprement parler, plutôt à une collection, mais le CARA estimait que la diffusion de ses travaux de recherche était désormais indispensable ; il disposait de toute évidence d’un comité de lecture – dont il est dit plus loin qu’il pouvait être complété par « des collaborateurs extra muros » – et se montrait attentif à la régularité de sa publication. Les statuts du GRENA, n’évoquent pas un organe de publications en tant que tel, peut-être faute de moyens, mais envisageait « dans la limite de ses possibilités matérielles des publications ou des participations à des publications dans le domaine de recherche considéré » et le groupe publiait le fruit de ses colloques. Le CELAM avait, quant à lui, opté pour une revue annuelle, Sigma, qui paraissait à Montpellier depuis 1976, avec un comité de rédaction dirigé par deux membres : un « directeur de la revue » et un « responsable scientifique », ses statuts laissant ouverte la possibilité d’un fléchage similaire d’autres fonctions au sein du comité9. Enfin, lors de la création de l’IRMA (Institut de Recherche du Monde Anglophone), Serge Ricard prit la tête des Annales du monde anglophone, revue papier semestrielle affichant son bilinguisme qui publia dix-neuf numéros entre 1995 et 2004 grâce à un partenariat avec l’Harmattan10.

14e-Rea est bien née en 2003 mais c’était donc une héritière. C’est aussi ce que le projet Hépistéa cherche à révéler. C’est donc en toute logique que les premiers numéros – même si on évite soigneusement ce mot devenu curieusement tabou depuis – étaient des « actes » de colloques, compris dans le sens de volumes présentant le texte écrit et révisé de communications issues d’une manifestation organisée par l’unité, et dirigés par l’un.e de ses membres11. Certains numéros pouvaient aussi rassembler des communications présentées lors des congrès de la SAES, avec la contribution financière de cette dernière, reprenant ainsi une ancienne tradition du CARA12. Le LERMA se serait-il investi à ce point dans un projet de recherche sur l’histoire des études anglophones, qui met en lumière une histoire des revues du champ, sans e-Rea ? Peut-être. Il n’en reste pas moins que c’est au moins en partie parce qu’il a placé une revue ouverte en son sein et en a assumé la responsabilité depuis deux décennies, sans chercher à renier sa filiation éditoriale locale, qu’il a pu être à l’initiative d’un tel projet.

15L’arc-en-ciel e-Rea : doré, platine, vert, diamant

16En 2003, le format électronique d’e-Rea, dans la mesure où le LERMA était en mesure d’en assumer la réalisation matérielle grâce au travail bénévole de ses membres, permettait de disposer d’un support de publication ouvert à toutes et tous et de diffuser les travaux de l’unité. Il n’est pas certain que tout le monde ait immédiatement songé qu’e-Rea, dans le même élan, contribuait ainsi, à son échelle, au développement de la science ouverte dont l’initiative de Budapest (Budapest Open Access Initiative, BOAI I), qui a fêté son vingtième anniversaire en 2022, venait de publier les contours13. Au fur et à mesure du développement de ce mouvement mondial, porté notamment en France par la vision d’OpenEdition, jusqu’à la loi pour une république numérique14 (2016), l’Appel de Jussieu pour la science ouverte et la bibliodiversité15 (2017), la feuille de route du CNRS16 (2019), et les deux plans nationaux pour la science ouverte17 (2018 et 2021), on peut dire qu’e-Rea a progressivement pris conscience que l’électronique était beaucoup plus qu’un format. C’était un engagement pour la mise à disposition immédiate des conclusions d’une recherche publique sans autre obstacle que de disposer d’un accès à internet, sans frais pour les auteur·trices, sans frais pour les lecteur·trices.

17L’histoire d’e-Rea est donc aussi l’histoire de la pleine réalisation de ce potentiel, pour cette revue qui a toujours fait du diamant sans le savoir. Le climat actuel (et c’est certes déjà un immense progrès) exige que les revues ne puissent plus se passer d’avoir une réflexion ou tout au moins un discours sur l’accès ouvert mais tout en réservant parfois la pratique effective aux autres. On entend souvent telle ou telle revue justifier, par un appel à son histoire, de ne pouvoir totalement souscrire à un accès ouvert immédiat au risque de perdre lecteurs·trices, auteur·trices, diffuseurs et revenus, se dire « spéciale », « particulière », « à part », et dans l’impossibilité de faire évoluer son modèle économique et ses traditions sans y perdre entièrement son identité et sans sacrifier la possibilité de faire de la « bonne » science. De plus, la nécessité dans laquelle se trouvent les chercheur.ses français et européens lauréats d’appels à projets de publier en accès ouvert a eu pour effet pervers, au moins dans certains secteurs, la montée des APC pour répondre à cette obligation d’ouverture, ce qui travestit au fond les fondements du modèle doré18.

18L’histoire d’e-Rea lui a fort heureusement épargné de telles contorsions. Mon arrivée au LERMA en 2009 coïncida peu ou prou avec son passage sur OpenEdition, mais aussi avec la fondation de la revue des doctorant·es de l’École doctorale 354 (Langues, Lettres et Arts), Les chantiers de la création, notamment à l’initiative de Grégoire Lacaze, alors doctorant du LERMA. e-Rea était portée par de formidables avancées dans l’ouverture de la science, au niveau national, européen et international et la patiente construction collective d’un modèle qui a pris une ampleur hors du commun, grâce à la mobilisation de nombreux acteurs de l’édition scientifique, des bibliothèques aux presses universitaires. Dans le même temps, le séminaire de recherche sur les XVIIe et XVIIIe siècles que j’intégrais, alors dirigé par Jean Viviès et Laurence Lux-Sterritt, se dotait, certes pas d’une revue, mais d’un site hébergé sur les serveurs de l’université de Provence sur lequel les textes des communications étaient versés, et d’un carnet de recherche sur hypotheses.org, autre plateforme d’OpenEdition. Il porta également un programme bisannuel dédié aux enjeux du développement de l’édition numérique19. Au moins cinq carnets de recherche sont aujourd’hui directement associés à des programmes du LERMA20. Revue de laboratoire, revue d’École doctorale, carnets de recherche, mais aussi développement des projets en humanités numériques, des initiatives existaient mais encore fallait-il trouver une façon de les coordonner au niveau local et surtout de faire profiter les étudiant·es d’une réflexion sur ces pratiques. Il se trouve que Sylvie Mathé, alors rédactrice en chef d’e-Rea était, en 2010, en charge de la nouvelle maquette de ce qui s’appelait alors le Master « Aires culturelles du monde anglophone » (Master ACMA), aujourd’hui Master mention « Études culturelles », parcours « monde anglophone » (ECMA). Nous avons décidé d’y proposer, pour la première fois, un séminaire qui s’appelait d’abord « Introduction aux humanités numériques », en M1, comme en M2, mais qui allait rapidement évoluer en M2 vers une histoire de deux décennies d’ouverture de la science, des acteur·trices et des opérateurs de l’accès ouvert. En d’autres termes, le passage d’e-Rea sur revues.org a directement encouragé l’émergence de nouveaux séminaires liant recherche et formation, puis l’ouverture d’un carnet, EN-Globe, sur lequel les différentes promotions de masterant·es bloggent depuis 201521. Marin Dacos, directeur d’OpenEdition et aujourd’hui coordinateur national de la science ouverte au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, avait alors généreusement accepté de présider le conseil de perfectionnement du master ACMA.

19Au début des années 2010, e-Rea revendiquait ainsi son inscription dans la voie « dorée » de l’accès ouvert (gold), mais sans les frais de publication souvent associés à ce modèle. Avec son entrée dans le programme Freemium d’OpenEdition, elle explora un modèle économique hybride dit platine (platinum). Restait à l’unité à faire un pas supplémentaire et à encourager, plus généralement, la voie dite verte (green), à savoir l’auto-archivage des chercheur·ses. L’enjeu était alors de taille, en l’absence de certitude sur la stratégie qu’allait adopter la nouvelle université fusionnée au 1er janvier 2012, Aix-Marseille Université. Le LERMA avait misé sur HAL, se dotant ainsi de la toute première collection d’unité dans le secteur Arts-Lettres-Langues de l’établissement. Au départ forte de seulement trois auteur·trices qui s’étaient laissé convaincre bien davantage par bienveillance envers nos efforts que par conviction des bienfaits de l’auto-archivage, la collection est peu à peu entrée dans les mœurs et les pratiques, suite à des années de sensibilisation à l’accès ouvert au sein de l’établissement et l’accompagnement patient et bienveillant d’une cellule dédiée22. Il ne fait aucun doute que le LERMA, qui aujourd’hui double sa collection sur HAL par une collection similaire sur DUMAS (Dépôt universitaire de mémoire après soutenance23) ait été pionnier en la matière et qu’il avait commencé à développer une véritable stratégie autonome en matière de science ouverte dont e-Rea était au centre.

20En dernier lieu, et pour revenir sur les remarques sur la quête de légitimité avec lesquelles j’ai ouvert cette contribution, il faut rappeler qu’e-Rea n’est pas simplement une revue électronique et une revue « dorée ». C’est une revue nativement en libre accès sans APC, auto-gérée sans but commercial par une communauté scientifique, donc une revue « diamant ». Ce type de revues, dont on estime le nombre entre 17 000 et 29 000 au niveau mondial24, a longtemps été doublement marginalisé, comme si l’édition scientifique ne pouvait entièrement se défaire de préjugés liant qualité et accès marchand. En outre, e-Rea est une revue diamant attentive au respect de la diversité linguistique puisqu’elle encourage la publication en anglais comme en français. La revue ne pouvait guère anticiper le mouvement plus récent de mise en valeur de ce modèle qui est aussi, on l’a vu, celui pour lequel les revues françaises en études anglophones ont majoritairement opté. En mars 2022, Science Europe, cOAlition S, OPERAS et l’ANR publiaient un plan d’action pour le diamant25 suite aux conclusions d’une vaste enquête menée à l’échelle internationale pour cartographier « l’archipel » diamant26. Depuis 2022, des conférences internationales ont lieu sur le diamant, et des projets européens comme DIAMAS, CRAFT-OA et PALOMERA (spécifiquement dédié à la question des monographies) préparent le futur27. Il y a vingt ans, e-Rea n’avait pas les moyens de savoir que tant d’autres revues allaient adopter le modèle qu’elle avait choisi ni que ce modèle serait mis en avant comme l’un des plus vertueux jusqu’à devenir, selon certain·es observateur·trices, la « réalité dominante » de l’accès ouvert, voire son avenir28. Le moins que l’on puisse dire est que l’intuition des fondateur.trices d’e-Rea a été la bonne. Les limites qui étaient, au départ, celle de la revue et qu’elle partageait largement avec d’autres publications en études anglophones se sont transformées, durablement et radicalement, en atouts majeurs.

Épilogue

21En vingt ans, e-Rea est passée du relatif mépris dont souffraient les premières revues électroniques au respect qu’engendre aujourd’hui l’éthique du diamant. Chemin faisant, elle a relevé de nombreux défis éditoriaux, structurels, scientifiques. Il y en aura d’autres – du renouvellement des rubriques, à une meilleure reconnaissance du travail de recension, à l’ouverture des évaluations, à la question des données. Suivant les suggestions qui m’ont été faites, j’ai donc évoqué ici mon expérience personnelle d’e-Rea depuis maintenant une quinzaine d’années. J’ai choisi de le faire du point de vue institutionnel et pédagogique, en tant que membre du comité de rédaction puis directrice de la publication lors de mon mandat de directrice du LERMA, et enfin membre des équipes pédagogiques des différents masters en études anglophones adossés à l’unité. Non du point de vue de l’autrice ou de l’évaluatrice. J’avais songé produire une courte contribution uniquement sur l’accès ouvert mais, au fil des mois, la réflexion s’est orientée sur la nature des rapports forcément complexes qu’une revue de laboratoire entretient avec son environnement immédiat.

22Je peux maintenant avouer avoir hésité à répondre à la sollicitation du « comité d’anniversaire ». Comment faire une micro-histoire « du dedans » fondée sur des impressions, un ressenti, une expérience somme toute limitée et en l’absence d’archives ? Comment ne pas verser dans l’auto-promotion d’e-Rea ? Allais-je pouvoir conclure que la revue du LERMA avait réussi son ouverture sans céder aux sirènes du localisme et d’une relation quasi incestueuse avec l’unité, à rebours d’un mouvement d’indépendance des revues vis-à-vis de leurs tutelles d’origine ? Allais-je pouvoir aborder franchement les difficultés d’une ligne éditoriale généraliste en études anglophones ? Comment allais-je identifier les spécificités d’e-Rea dans un paysage éditorial de plus en plus concurrentiel ? Comme souvent au fil de l’écriture, toutes ces questions, que je comptais fermement poser, passèrent au second plan.

23À quoi sert une revue de laboratoire ? C’est finalement la question qui est devenue centrale. Plus je me penchais sur les deux décennies d’existence de la revue, et sur ses prédécesseurs, plus il devenait évident que sa création et son existence même avaient contribué à créer un cercle vertueux au sein d’une unité de recherche et d’un département de formation, outre la qualité scientifique des contributions proposées dans ses quarante numéros. On sait intuitivement que l’impact d’une revue ne se limite pas à la somme de ses articles ni à l’identité de ses auteur·rices, encore moins à des mesures bibliométriques et à des statistiques de fréquentation. Encore fallait-il le montrer dans le cas d’e-Rea. En mars 2023, Émilie Paquin et Suzanne Beth ont publié un billet de blog joliment intitulé, « Qu’est-ce qu’une revue savante heureuse ? », fondé sur une vingtaine d’entretiens. Les chercheuses en concluent : « les revues les plus heureuses se situent au point de rencontre d’un réseau de forces qui les nourrit et les soutient29 ». J’ajouterai qu’une revue heureuse est une revue qui, elle-même, engendre son propre réseau de forces. e-Rea a structuré des projets de recherche, des séminaires de master, des expériences de doctorant·es ; elle a directement contribué à promouvoir la science ouverte, et les pratiques de science ouverte, dans un esprit de partage ; elle a co-écrit un chapitre d’une histoire collective ; elle a essaimé bien au-delà des centaines de conclusions consultables par toutes et tous dans ses numéros. Au fond, que demander de plus pour être heureuse ?

Haut de page

Notes

1 Je remercie Sylvie Mathé et Jean Viviès d’avoir bien voulu compléter et corriger ma reconstruction de l’histoire d’e-Rea.

2 Tony Gheeraert, « L’édition numérique scientifique en lettres et sciences humaines : les solutions libres et leurs enjeux », https://britaix.hypotheses.org/past-programmes/editing-and-translating-2012-2014; Line Cottegnies et Anne Dunan-Page, « Rien n’est arrivé, tout arrive : Gisèle Venet ou la liberté », E-rea [En ligne], 14.1 | 2016, mis en ligne le 15 décembre 2016, consulté le 03 septembre 2023. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/erea/5644 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/erea.5644.

3 Voir le Plan S (2018), le plan national pour la science ouverte (2018), le deuxième plan national pour la science ouverte (2021-2024), https://www.coalition-s.org/why-plan-s/, https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/content_migration/document/PLAN_NATIONAL_SCIENCE_OUVERTE_978672.pdf, https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/content_migration/document/2e-plan-national-pour-la-science-ouverte-2021-2024-7794.pdf. Le CNRS fut l’un des premiers signataires du plan d’action pour le diamant, https://www.cnrs.fr/fr/science-ouverte-le-cnrs-apporte-son-soutien-au-plan-daction-dacces-ouvert-diamant.

4 Nous citons ici les critères de la campagne 2023-2024, https://www.inshs.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/lancement-de-la-campagne-de-subventions-aux-revues-2023-2024.

5 https://anglistique.hypotheses.org/.

6 Voir Jean-Christophe Murat, « Le discours savant et son rapport aux institutions. Le cas de la Revue anglo-américaine (1923-1936) », communication, Atelier Hépistéa, Congrès de la Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur, Clermont-Ferrand, 2 juin 2022, https://anglistique.hypotheses.org/files/2022/06/Murat-2022.pdf.

7 F[élix ?] Carrère, compte rendu, commission des publications, 26 juin 1969, Archives d’Aix-Marseille Université, 1 DEMA 2.

8 https://www.sudoc.abes.fr/cbs/xslt//DB=2.1/SET=5/TTL=5/REL?PPN=026364417.

9 Statuts des CARA, GRENA, CELAM, Archives d’Aix-Marseille Université, 1 DEMA 5. Sigma translatée à Toulouse, prit le nom d’Anglophonia/Sigma et parut en alternance avec Anglophonia/Caliban, https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/anglophonia/.

10 https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb345216870.

11 Pour autant que je puisse en juger, il fallut attendre la parution du numéro 8 d’e-Rea en 2006 pour voir apparaître des directeur·trices extérieur·es, Revolving Commitment in France and Britain, 1929-1955, dir. Stand Smith et Jennifer Birkett https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/erea/66.

12 Récits de voyage, dir. Jean Viviès (2005), https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/erea/519.

13 https://www.budapestopenaccessinitiative.org/read/.

14 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033202746.

15 https://jussieucall.org/#call.

16 https://www.science-ouverte.cnrs.fr/wp-content/uploads/2019/11/Plaquette_Science-Ouverte_18112019.pdf.

17 https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/content_migration/document/PLAN_NATIONAL_SCIENCE_OUVERTE_978672.pdf.

https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/content_migration/document/2e-plan-national-pour-la-science-ouverte-2021-2024-7794.pdf.

18 Je me fonde ici sur les définitions de Peter Suber, https://0-direct-mit-edu.catalogue.libraries.london.ac.uk/books/oa-monograph/3754/Open-Access.

19 https://britaix.hypotheses.org/past-programmes/editing-and-translating-2012-2014.

20 Britaix17-18, https://britaix.hypotheses.org/, OREMA, https://orema.hypotheses.org/, Decentered disciplines, https://decentered.hypotheses.org/, Women and the F* word, https://wfw.hypotheses.org/ et Hépistéa, https://anglistique.hypotheses.org/.

21 https://englobe.hypotheses.org/.

22 https://oaamu.hypotheses.org/.

23 https://dumas.ccsd.cnrs.fr/.

24 https://scienceeurope.org/media/yejfasey/20210309_coalitions_diamond_study_final.pdf.

25 https://www.scienceeurope.org/our-resources/action-plan-for-diamond-open-access/.

26 https://scienceeurope.org/media/yejfasey/20210309_coalitions_diamond_study_final.pdf.

27 https://diamasproject.eu/, https://www.craft-oa.eu/.

28 Christian Fuchs et Marisol Sandoval, « The Diamond Model of Open Access Publishing: Why Policy Makers, Scholars, Universities, Libraries, Labour Unions and the Publishing World Need to Take Non-Commercial, Non-Profit Open Access Serious », Triple C. Communication, Capitalism & Critique. Journal for a Global Sustainable Information Society, 11.2 (2013): 428-443, p. 438, https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.31269/triplec.v11i2.502.

29 https://www.affairesuniversitaires.ca/opinion/a-mon-avis/quest-ce-quune-revue-savante-heureuse/.

Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Anne DUNAN-PAGE, « Une revue de laboratoire de l’électronique au diamant : e-Rea et vingt ans de science ouverte »e-Rea [En ligne], 21.1 | 2023, mis en ligne le 15 décembre 2023, consulté le 20 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/erea/16749 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/erea.16749

Haut de page

Auteur

Anne DUNAN-PAGE

Aix-Marseille Université, LERMA, Aix-en-Provence, France
anne.page@univ-amu.fr
Anne Dunan-Page est professeur d’études anglophones à Aix-Marseille Université, membre du Département d’études du monde anglophone (DEMA) et du Laboratoire d’études et de recherche sur le monde anglophone (LERMA).
Anne Dunan-Page is Professor of British Studies at Aix-Marseille Université, a member of the Département d’études du monde anglophone (DEMA) and Laboratoire d’études et de recherche sur le monde anglophone (LERMA).

Articles du même auteur

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search