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Comptes rendus

Romanesques, no 11, 2019, Romanesque et écrits personnels : attraction, hybridation, résistance (XVIIe-XXIe siècles), Aurélie Adler, Anne Coudreuse (dir.).

Marie Hartmann
p. 162
Référence(s) :

Romanesques, no 11, 2019, Romanesque et écrits personnels : attraction, hybridation, résistance (XVIIe-XXIe siècles), Aurélie Adler, Anne Coudreuse (dir.).

Texte intégral

1Entre rêver sa vie en romans et écrire le roman de sa vie, ce numéro de la revue du Centre d’études des relations et contacts linguistiques et littéraires (CERCLL) illustre les rencontres entre fiction et vie dans différents types de textes autobiographiques, mémoires, confessions, journaux intimes, autofictions et autres formes hybrides. Il débute par deux mises au point théoriques : « La trace et la marbrure. Pour une sémiologie des pratiques romanesques contemporaines » de Morgane Kieffer ; et « Éthologie épique, éthique romanesque », texte dans lequel Carlo Arcuri revient sur La Théorie du roman de Georg Lukács.

2Le vaste empan temporel choisi pour analyser ces interactions est extrêmement précieux pour mettre en perspective les choix des auteurs et réviser certaines notions qui semblent propres à la littérature contemporaine mais que l’on trouve déjà dans celle dite « classique ». La constitution de soi en personnage (dont Anne Strasser montre les effets) entraîne l’autobiographe dans le sillage du roman et les textes oscillent entre « la tentation romanesque » et « l’écriture factuelle » selon les termes de Myriam Tsimbidy. Adélaïde Cron et Damien Crelier font valoir « le romanesque refusé » et la « défiance générique », dans les écrits de Marie Mancini et de Saint-Simon, mais le « romanesque en question » se retrouve encore au XIXe siècle chez les Goncourt (Stéphanie Adjalian-Champeau), au XXe siècle avec le « déclin du romanesque dans l’œuvre de Colette » (Françoise Simonet-Tenant) et dans l’écart de rédaction entre Passion simple et Se perdre d’Annie Ernaux qu’analyse Laélia Véron. De son côté, Sylvie Loignon fait valoir le « romanesque catastrophé » dans le cycle de L’Amant de Marguerite Duras.

3La réversion de l’imaginaire dans la vie se fait avec une moindre tension dans les récits de Jean-Jacques Rousseau et de Stendhal qu’étudient respectivement, Sylviane Albertan-Coppola et Catherine Mariette. Elle est même une apparente source de jubilation dont rend compte l’entretien avec Grégoire Bouillier qui clôt ce volume. Il malmène la distinction entre art et vie et montre au contraire leur porosité : « C’est l’imprévu qui rend la vie passionnante. Cela me permet tout de suite de me raconter une histoire ! Car c’est ce que je fais : me raconter des histoires. Faire tout un roman de ce qui a eu lieu. Ou plutôt, révéler le roman qu’est la réalité ».

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Pour citer cet article

Référence papier

Marie Hartmann, « Romanesques, no 11, 2019, Romanesque et écrits personnels : attraction, hybridation, résistance (XVIIe-XXIe siècles), Aurélie Adler, Anne Coudreuse (dir.). »Elseneur, 35 | 2020, 162.

Référence électronique

Marie Hartmann, « Romanesques, no 11, 2019, Romanesque et écrits personnels : attraction, hybridation, résistance (XVIIe-XXIe siècles), Aurélie Adler, Anne Coudreuse (dir.). »Elseneur [En ligne], 35 | 2020, mis en ligne le 05 janvier 2023, consulté le 16 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/elseneur/397 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/elseneur.397

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Auteur

Marie Hartmann

Université de Caen Normandie

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Droits d’auteur

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