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Bussy-Rabutin et la Grande Mademoiselle : la noblesse entre amateurisme et expertise

Bussy-Rabutin and La Grande Mademoiselle: Nobility between Amateurism and Expertise
Yohann Deguin
p. 131-142

Résumés

La noblesse est-elle vouée à l’amateurisme ? Ne pouvant revendiquer sans déroger à leur rang une activité de littérateurs professionnels, les aristocrates du XVIIe siècle qualifient souvent leurs écrits de bagatelles, suggérant que ce qu’ils produisent sont des textes d’une valeur médiocre, affirmant la négligence de leur style et la valeur de passe-temps d’une production née de l’oisiveté ou de la circonstance. Pourtant, la noblesse écrit beaucoup. Prenant l’exemple de deux polygraphes de haut rang – la Grande Mademoiselle et Bussy-Rabutin –, cet article interroge la frontière entre la revendication de l’amateurisme et le développement d’une expertise fine de l’écriture, entre la disparité d’une production et sa cohérence, entre la collectivité mondaine de l’écrit et l’insertion de figures auctoriales dans un réseau lettré.

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Texte intégral

  • 1 Voir Camille Esmein-Sarrazin (éd.), dans Mme de Lafayette, Œuvres complètes, Paris, Gallimard (Bibl (...)
  • 2 Mme de Sévigné, lettre du 16 mars 1672 à Mme de Grignan, in Correspondance, Roger Duchêne (éd.), Pa (...)
  • 3 La Bruyère, Les Caractères [1688], « Des Ouvrages de l’Esprit », 3.
  • 4 La noblesse est loin d’être une classe sociale uniforme, aussi renverrons-nous, parmi une bibliogra (...)

1Marie-Madeleine de Lafayette est trompeuse. La postérité nous a laissé avec elle un exemple frappant de femme de la noblesse se refusant à un quelconque statut d’écrivain, au profit d’un anonymat convenu et de tutelles supposées, comme Segrais ou La Rochefoucauld1, ce dernier se refusant lui-même à mettre son nom au-dessus de la page de titre de ses Réflexions ou sentences et maximes morales. Marie de Sévigné ne creuse pas moins cet écart, affectant un certain dédain – sensible grâce au zeugme qui suit – à l’idée de se faire romancière : « C’est ce chien de Barbin qui me hait, parce que je ne fais pas des Princesses de Clèves et de Montpensier »2. C’est que « c’est un métier que de faire un livre »3. Or, selon une idée reçue que nous proposons ici d’explorer plus avant, la noblesse4 ne saurait déroger à son rang par la pratique d’une activité qu’on dirait aujourd’hui professionnelle. À propos de l’amateurisme des mémorialistes, Jean Garapon écrit que le refus de la littérature par les mémorialistes repose sur des :

  • 5 Jean Garapon, « Amateurisme littéraire et vérité sur soi, de Marguerite de Valois au Cardinal de Re (...)

[r]aisons sociales d’abord : l’entrée en littérature, pour un membre de l’aristocratie au XVIIe siècle par exemple, entraînerait dérogeance, et l’amateurisme proclamé de cette famille de textes ne souffre pas d’exception5.

  • 6 Roger de Bussy-Rabutin, lettre du 25 juillet 1675, in Correspondance avec le père Bouhours, César R (...)
  • 7 Ibid., lettre du 3 août 1675, p. 40.
  • 8 Voir Alain Viala, Naissance de l’écrivain : sociologie de la littérature à l’âge classique, Paris, (...)
  • 9 Voir Christian Jouhaud, Les Pouvoirs de la littérature. Histoire d’un paradoxe, Paris, Gallimard, 2 (...)
  • 10 Voir Fadi El Hage, Le Sabordage de la noblesse. Mythes et réalités d’une décadence, Paris, Passés c (...)

Écrire pour publier, échafauder des stratégies éditoriales lucratives, se donner au public n’est pas, a priori, tenir une conduite digne de la noblesse, en particulier de la haute noblesse d’épée. C’est en effet à partir des intentions éditoriales que nous distinguerons dans un premier temps l’auteur professionnel de l’amateur. Dans les lettres qu’échangent Bussy-Rabutin et Bouhours, ce dernier écrit que « c’est grand’pitié […] que d’être auteur de profession, on a plus d’affaire que n’en a M. Colbert, et à peine peut-on trouver le temps d’écrire à ses meilleurs amis »6 ; Bussy-Rabutin de répondre : « Je comprends bien l’embarras des gens qui font imprimer, et ceux qui m’ont délivré de ces peines ont eu plus de bonté qu’on ne sauroit dire »7. On perçoit ici une tension entre la volonté de faire profession d’écrivain et l’impossibilité matérielle, politique ou sociale à laquelle se heurte l’académicien, alors exilé en Bourgogne par Louis XIV. Cette tension est symptomatique du rapport dialectique que la noblesse construit plus largement avec l’écriture, au XVIIe siècle, à mesure que les belles-lettres s’institutionnalisent et que de nombreuses pratiques littéraires acquièrent une légitimité inédite8. Enfin, l’écriture et la publication apparaissent comme des modes d’action9, dont la noblesse doit se saisir alors que sa position va se précarisant10 : la revendication d’un statut d’auteur ou au contraire sa mise à distance par la revendication d’un amateurisme relèvent de positionnements politiques et sociaux qu’il convient de déterminer, parce qu’ils sont paradoxaux.

  • 11 Alain Viala, Naissance de l’écrivain…, p. 263.

L’intérêt des nobles pour la littérature contribue à la doter d’un prestige accru ; mais l’écrivain roturier, en accédant au monde nobiliaire, risque de devoir renoncer à sa qualification de littérateur professionnel pour jouer les amateurs ou se vouer davantage encore au service des patrons11.

2Dans le cadre de cet article, nous nous appuierons sur les écrits d’Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier, plus connue comme la Grande Mademoiselle, et de Roger de Bussy-Rabutin, tous deux polygraphes, tous deux exilés pendant de nombreuses années, tous deux nobles, tous deux ayant commenté leurs pratiques d’écriture. Leur position est emblématique du rapport de la noblesse avec l’écriture : nés trop haut dans l’ordre social pour assumer la position de « littérateur professionnel », ils subissent la situation précaire des disgraciés et doivent faire œuvre de plume, ou bien pour continuer d’avoir une action sur le monde – ne fût-ce que s’y représenter – ou bien pour se distraire de n’y avoir plus part, temporairement. Nous tâcherons, au prisme de ces deux figures analogues, de mettre au jour quelques enjeux de l’amateurisme littéraire appliqué à la noblesse du XVIIe siècle, en tant qu’il se heurte à une pratique toujours plus appliquée de l’écriture.

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  • 12 On sait toutefois que la Grande Mademoiselle commettait de nombreuses fautes.
  • 13 Voir Bernard Beugnot, Loin du monde et du bruit. Le discours de la retraite au XVIIe siècle, Paris, (...)
  • 14 C’est l’enjeu premier de l’épistolaire, qu’on exclura ici de notre sujet, quoique Bussy-Rabutin et (...)
  • 15 Bernard Beugnot, Loin du monde et du bruit…, p. 134.

3Si l’on peut aisément associer Bussy-Rabutin et la Grande Mademoiselle en tant que mémorialistes de la même période et d’un milieu social analogue, encore que celle-ci soit bien plus haut dans l’ordre curial que celui-là, il peut être utile aussi de les considérer comme des amateurs paradigmatiques, auteur et autrice d’une œuvre plus vaste que d’un seul récit de vie. En effet, ils emblématisent un rapport de la haute noblesse de cour avec l’écriture. Amatrice parce que lectrice, cette noblesse lettrée12 se pique d’écriture en particulier dans la retraite13. Quand la retraite est contrainte, l’écriture devient non seulement un passe-temps, mais aussi un moyen d’assurer sa représentation dans le monde et de continuer à prendre la parole de loin14 ; c’est aussi une manière de « convertir en positivité une disgrâce qui demeure aux yeux du monde une réprobation »15.

4Intuitivement, l’on serait porté à considérer qu’une vaste production littéraire ferait signe vers une professionnalisation de l’écriture. La pratique s’affirmant pourrait, en effet, faire passer de l’amateurisme au professionnalisme ou à tout le moins à une pratique experte de l’écrit. Mademoiselle et Bussy-Rabutin sont des auteurs féconds. Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier est ainsi l’autrice de six ou sept ouvrages :

    • 16 On citera désormais Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier, Mémoires, Jean Garapon (éd.), Paris, H (...)

    ses Mémoires, restés à l’état de manuscrit jusqu’en 172816 ;

  • l’Histoire de Jeanne de Lambert d’Herbigny, marquise de Fouquerolles, imprimée sans lieu, 1653 ;

    • 17 Voir Sara Harvey, Entre littérature galante et objet précieux. Étude et édition critique des “Diver (...)

    Divers portraits, vraisemblablement imprimés en 165917 ;

  • La Relation de l’île imaginaire et l’Histoire de la princesse de Paphlagonie, sans lieu, 1659 ;

  • Réflexions sur les huit béatitudes du sermon de Jésus-Christ sur la montagne, Paris, Lambert Roulant, 1685 ;

    • 18 Denise Mayer, Mademoiselle de Montpensier : trois études d’après ses “Mémoires”, Paris – Seattle, P (...)

    Réflexions morales et chrétiennes sur le premier livre de l’Imitation de Jésus-Christ, publiées anonymement en 1694 et attribuées à la Grande Mademoiselle par Denise Mayer18.

  • 19 Voir Moralistes du XVIIe siècle. De Pibrac à Dufresny, Jean Lafond (éd.), Paris, R. Laffont, 1992, (...)
  • 20 Roger de Bussy-Rabutin, Dits et inédits, Daniel-Henri Vincent, Vincenette Maigne (éd.), Précy-sous- (...)
  • 21 Roger de Bussy-Rabutin, Mémoires, Paris, J. Anisson, 1696. Nous renverrons plus bas à l’édition de (...)
  • 22 Voir Roger de Bussy-Rabutin, Discours à sa famille, Christophe Blanquie, Daniel-Henri Vincent (éd.) (...)
  • 23 Ibid.

5Il est plus difficile d’établir le nombre des écrits de Bussy-Rabutin. En effet, si l’on connaît quelques-unes de ses Maximes d’amour, éditées diversement entre 1663 et 168419, L’Histoire amoureuse des Gaules publiée clandestinement en 1665, Bussy-Rabutin est certainement l’auteur de pièces galantes diversement repérées et plus ou moins aisément attribuables, publiées en recueils d’histoires galantes tout au long du XVIIe siècle. Ainsi des Amours des Dames illustres de notre siècle, recueil publié anonymement à Cologne dès 1680 et réédité jusqu’au milieu du XVIIIe siècle chez Jean Le Blanc et contenant, outre L’Histoire amoureuse des Gaules, huit histoires galantes du même acabit, comme Le Perroquet ou les Amours de Mademoiselle, Le Palais royal ou les Amours de Madame de La Vallière, diversement attribuées à Bussy-Rabutin ou à Courtilz de Sandras. En recueils composites se trouvent aussi des chansons attribuées à Bussy-Rabutin20. On lui attribue également, avec Conti, la production d’une Carte du pays de Braquerie, parodie gaillarde de la carte de Tendre. Il est enfin l’auteur plus sérieux de Mémoires21, d’une Histoire généalogique de la maison de Rabutin demeurée manuscrite et de deux discours à ses enfants : Les Illustres Malheureux ou Du bon usage des adversités22 et Le Bon Usage des prospérités23. On lui attribue également une Histoire en abrégé de Louis le Grand, publiée 1699 à Paris, avec privilège du roi, chez Florentin et Pierre Delaulne. Le comte et la princesse écrivent tous deux près d’une dizaine d’œuvres chacun pendant plus de trente ans, continûment si l’on considère en outre leurs correspondances respectives comme constitutives d’une œuvre littéraire. En outre, l’inscription générique de leurs œuvres est variée : romans, satires, pièces versifiées, portraits, mémoires, écrits moraux et spirituels, discours édifiants. La variété de l’œuvre comme sa continuité dans le temps peut être à la fois l’indice de l’amateurisme et celui de l’expertise. En effet, ni Mademoiselle, ni Bussy-Rabutin ne se spécialisent. Ils semblent au contraire faire de la diversité leur devise et partant, s’essayer à plusieurs pratiques aux poétiques aussi variées que libres et qui n’apparaissent jamais comme des contraintes. Cet égrainage au fil des ans peut confiner au dilettantisme. Les auteurs produisent ainsi des « bagatelles » ponctuelles, qui doivent se saisir comme des unités autonomes, des divertissements propres à combler des moments d’oisiveté. C’est somme toute ce qu’affirme Bussy-Rabutin lui-même à propos de ses chansons :

  • 24 Roger de Bussy-Rabutin, Mémoires, Ludovic Lalanne (éd.), Paris, Charpentier, 1857, vol. 2, p. 202.

Je ne doute pas qu’il n’y ait des gens qui ne disent, en voyant ces bagatelles, que c’était un amusement indigne d’un homme de guerre et d’un homme au poste où j’étais. À cela je réponds qu’on aurait raison si j’avais employé à ces choses le temps que j’aurais dû donner à mes devoirs, mais je n’y songeais que quand je n’avais rien à faire24.

  • 25 Voir par exemple la lettre de Bussy-Rabutin à Sévigné, du 16 octobre 1677, in Mme de Sévigné, Corre (...)

6Le substantif bagatelle revient régulièrement sous la plume de Bussy-Rabutin et distingue d’ailleurs chez lui plusieurs niveaux d’écrits, en fonction des conséquences politiques et sociales qu’ils pourraient avoir sur leur auteur. Régulièrement, dans sa correspondance avec le duc de Saint-Aignan mais aussi avec Sévigné25, le mémorialiste dit son ambition de devenir à la place de Racine et de Boileau historiographe du roi. À cette fin, il fait parvenir à Louis XIV plusieurs passages de ses Mémoires qui doivent faire la preuve de son talent d’historien. Il écrit ainsi :

  • 26 Roger de Bussy-Rabutin, lettre du 4 mars 1681 à Saint-Aignan, in Correspondance, Ludovic Lalanne (é (...)

À propos de cela, monsieur, je voudrais bien savoir si Sa Majesté est contente de ce que vous lui avez présenté de ma part depuis un an. Comme je ne me suis proposé d’autre récompense que le dessein de lui plaire, elle ne trouvera pas mauvais que j’aie envie de savoir si j’ai réussi. J’ai encore une très-humble supplication à lui faire, c’est de mettre mes manuscrits en lieu où ils ne puissent être copiés ; cela est d’une bien autre conséquence que le manuscrit de bagatelles que vous lui fîtes voir de ma part, il y a quatre ans26.

  • 27 Voir Sara Harvey, Entre littérature galante et objet précieux… et Jacqueline Plantié, La Mode du po (...)

7Se fait jour ici une pleine conscience d’auteur, qui met en évidence l’évolution de son écriture ainsi que l’action qu’elle peut avoir sur les autres et sur lui-même, par rebonds. Le contrôle des manuscrits par le comte de Bussy-Rabutin peut à nouveau se lire avec une certaine ambivalence, qui mérite qu’on interroge d’emblée le problème de la publication, au sens simple de divulgation, de don à un public. En effet, Bussy-Rabutin et Mademoiselle se gardent de publier leurs écrits, à de rares exceptions près, parfaitement concertées : les Maximes d’amour dans un cas, qui ont plu à Louis XIV après qu’elles lui ont été lues par l’auteur ; les portraits et les écrits spirituels dans l’autre ; c’est-à-dire des loisirs mondains27 et un ouvrage de piété, qui ne risquent pas de transformer soudain leurs auteurs en littérateurs professionnels, se donnant au public et prêts à en recevoir la critique. La Relation de l’île imaginaire et L’Histoire de la princesse de Paphlagonie, écrites par Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier sont imprimées, mais elle précise dans ses Mémoires que cette impression n’est qu’à peine une publication :

  • 28 Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier, Mémoires, vol. 2, p. 857.

Je la [L’Histoire de la princesse de Paphlagonie] montrai à Mme de Montausier qui la trouva jolie ; c’était une bagatelle. Je lui montrai L’Ile imaginaire, que j’avais écrite en Dombes. Mme de Pontac se mit dans la tête de la faire imprimer ; on en fit un petit livre, qui ne fut vu que de peu de personnes28.

  • 29 Roger de Bussy-Rabutin, lettre du 23 août 1671, in Correspondance avec le père René Rapin, César Ro (...)
  • 30 Rappelons ici que la noblesse se définit particulièrement par son idéal de franchise, de liberté. V (...)

8Il ne faut pas lire dans cette dernière remarque un regret d’autrice en mal de succès. Le succès public, massif, est justement la crainte de Bussy-Rabutin, dès lors qu’il est question d’imprimer un ouvrage : « cent mille sottes gens peuvent le lire sans savoir ce qu’il vaut, cela me donne du chagrin »29. On a pu penser que la répugnance de ces écrivains à la publication tenait à une impossibilité conditionnée par le rang : publier, ce serait être professionnel. Par conséquent, ne pas publier vouerait à un amateurisme revendiqué. Or, la posture de Bussy-Rabutin et celle moins explicite de Mademoiselle entraînent dans une autre voie, celle d’une simple élection aristocratique du lecteur, qui entraîne un simple ethos nobiliaire du scripteur. La noblesse qui écrit le fait en général pour des happy few, sans que cela fasse d’elle une société d’amateurs invétérés. Au contraire, ces écrivaines et écrivains construisent en permanence leur expertise de l’écriture, qu’ils manient et configurent librement30 en vertu de leurs plaisirs mais aussi de leurs nécessités, qui souvent se rejoignent. Jean Garapon met bien en évidence la tension à l’œuvre entre la posture amatrice et l’expérience de l’autrice que se constitue Mademoiselle, au fil de ses lectures d’une part mais aussi de sa propre pratique de l’écriture.

  • 31 Jean Garapon, La Culture d’une princesse : écriture et autoportrait dans l’œuvre de la Grande Madem (...)

Posant quelques problèmes d’attribution, [l’Histoire de Jeanne Lambert d’Herbigny, marquise de Fouquerolles] offre surtout l’image d’un écrivain amateur déjà plein d’expérience, utilisant habilement les ressources d’une narration « polyphonique » pour satisfaire une animosité personnelle, mais plus encore pour éprouver et découvrir ses propres pouvoirs31.

9Rien, en somme, qui valide absolument « l’image d’un écrivain amateur ». Que l’œuvre poursuive un but personnel – « satisfaire une animosité », c’est en effet un ouvrage polémique – ne doit pas, semble-t-il, invalider sa valeur potentielle, ni la possibilité de voir dans son autrice une écrivaine accomplie. En outre et comme le souligne Myriam Tsimbidy,

  • 32 Myriam Tsimbidy, « De l’Histoire de Jeanne Lambert d’Herbigny, marquise de Fouqueſolles aux Mémoire (...)

[l]e récit de la marquise de Fouquerolles, comparé aux Mémoires, met en lumière des inflexions signifiantes, qui révèlent un art de peser ses mots, de jouer avec les implicites que l’on ne soupçonnait pas dans ce récit dont on a critiqué le style : « ils sont assez mal écrits pour que l’on puisse s’assurer qu’ils sont d’elle » [Sainte-Beuve, cité par Myriam Tsimbidy]32.

  • 33 À l’occasion du séminaire « L’envers des Mémoires : faux, pseudo et apocryphes », Cyril Francès (di (...)
  • 34 Christophe Blanquie, « Du Journal aux Mémoires. Bussy, mestre de camp général de la cavalerie légèr (...)

10On voit ici un nouveau paramètre qui, habituellement, peut servir à l’évaluation d’une écriture amatrice : la valeur donnée à la qualité de l’écriture. Le propos de Sainte-Beuve ici rapporté repose sur un double lieu commun : d’abord, la noblesse écrit mal et doit mal écrire33, ensuite, c’est cette écriture négligée, sans apprêts, qui garantit son amateurisme et donc son absence de dérogeance. Or, et comme le signale Myriam Tsimbidy, on voit qu’au fil de ses écrits, la Grande Mademoiselle développe un art d’écrire qui va s’affirmant. Il n’en va pas différemment de Bussy-Rabutin, de son propre aveu – des « bagatelles » qu’il veut oublier aux textes qu’il cherche à faire passer à la postérité – mais aussi comme l’a montré l’étude que Christophe Blanquie a consacrée au passage du Journal de la charge de mestre de camp général du comte à ses Mémoires34. Loin d’être une juxtaposition d’hapax, les œuvres de Bussy-Rabutin et de la Grande Mademoiselle entrent en résonance les unes avec les autres, sont produites dans un mouvement analogue ou bien au gré d’une évolution qui nous permet aujourd’hui de les envisager génétiquement en lien les unes avec les autres. S’élabore bien non seulement un style d’auteur, au fil du temps, mais aussi une œuvre cohérente, en dépit de son apparente diversité.

11Le dernier paramètre qui fait tendre les œuvres de Bussy-Rabutin et de la Grande Mademoiselle vers l’amateurisme littéraire est d’ordre social : œuvres produites dans des moments d’exil ou d’éloignement de la Cour – Bussy-Rabutin écrit parfois en campagne –, elles passent pour être les passe-temps collectifs d’une cour princière ou d’un régiment gaillard. Œuvres faites pour désennuyer une princesse ou un soldat prenant la plume pour l’occasion, elles ne sauraient être le résultat d’un travail d’écrivain. Les difficultés d’attribution dont ces œuvres souffrent seraient d’ailleurs symptomatiques du caractère secondaire de ces textes a priori écrits sans prétention : leurs auteurs en sont d’autant plus amateurs qu’ils ne les revendiquent pas, voire qu’ils les rejettent. Ces œuvres se cantonneraient alors à la circonstance pour laquelle on les aurait écrites : la Grande Mademoiselle développe les discussions qui font émerger chez elle l’idée d’écrire L’Histoire de la princesse de Paphlagonie.

  • 35 Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier, Mémoires, vol. 2, p. 857.

Mme de Montausier […] voulait toujours raccommoder Vandy avec les comtesses [de Fiesque et de Vandy] pour les remettre ensuite bien avec moi. Un jour qu’elle parlait de Saint-Fargeau et de tous leurs démêlés, elle dit à Vandy : « Vous êtes bien fière, princesse de Paphlagonie ! » Mlle de Scudéry lui avait donné ce nom dans un de ses romans, car elle était aimée de tous les beaux esprits qui ne bougeaient de chez Mme la comtesse de Maure. Sur cela je dis : « la princesse de Paphlagonie a une guerre si déclarée contre la reine Gilette ! » La comtesse de Fiesque se nomme Gilone. […] Comme elle fut sortie, je dis à Vandy : « J’ai envie de faire un mémoire de vos intérêts, pour présenter à Mme de Montausier. » Elle me dit : « Cela serait bien plaisant. » Je ne croyais faire que cela ; mais comme j’avais du temps et que j’y trouvais mon divertissement, j’en fis une petite histoire qui fut achevée en trois jours, à écrire une heure ou deux heures le soir, quand je revenais de chez la reine35.

12Certes, la circonstance temporelle indiquée suggère une activité secondaire de la journée de Mademoiselle qui n’écrit que lors de ses moments d’oisiveté. Toutefois, le projet de l’histoire est non seulement concerté avec la comtesse de Vandy, mais il s’inscrit aussi dans un double projet, qui est celui de constituer un mémoire, c’est-à-dire une pièce juridique, un dossier à l’usage de Mme de Montausier pour juger des querelles ayant eu lieu dans la société de la princesse, et de le constituer lui-même en nouvelle à clés. L’explicitation des clés, d’ailleurs – de Gilone à la reine Gilette pour la comtesse de Fiesque –, suggère un embryon de plan dans la construction de l’histoire. La mention d’un mémoire n’est pas non plus sans rappeler que Mademoiselle est mémorialiste, et qu’elle écrit, au pluriel, des Mémoires, dans lesquels les « démêlés » de Saint-Fargeau dont il est ici question sont aussi narrés, en mode majeur. Le milieu au sein duquel s’inscrit Mademoiselle n’est pas non plus sans interroger ses prétentions littéraires : Mme de Montausier n’est autre que Julie d’Angennes, fille de la marquise de Rambouillet, connue pour être la destinataire de La Guirlande de Julie. L’usage des surnoms dans L’Histoire de la princesse de Paphlagonie rejoue un usage galant bien intégré. Mademoiselle, toute princesse du sang soit-elle, se représente au cœur d’une société lettrée où l’écriture n’est rien moins qu’amatrice. Sans doute la compagnie de l’écrivaine a-t-elle participé à la composition de ces histoires : Segrais, secrétaire de la princesse et auteur des Divertissements de la princesse Aurélie qui mettent en scène une Grande Mademoiselle avide de récits, et discourant sur la fiction narrative en prose, revendique d’ailleurs largement avoir participé aux entreprises littéraires de sa patronne. L’absence d’une auctorialité stable ne doit pas écarter l’idée d’une posture auctoriale pour autant, pour peu qu’on envisage cette dernière comme une autorité sur l’œuvre :

  • 36 Allison Stedman, « L’œuvre collective et la transformation de la sphère publique en France pendant (...)

Écrivant de Saint Fargeau, où elle fut contrainte à l’exil après sa participation à la Fronde en 1653, la duchesse de Montpensier s’imposa comme l’un des premiers auteurs à utiliser la littérature pour fonder une communauté sociale, plutôt que de promouvoir les échanges entre des communautés sociales déjà en place36.

La dimension potentiellement collective des écrits de Mademoiselle contribue précisément à la dégager d’une seule posture d’amatrice, d’une part parce qu’elle s’inscrit dans un réseau écrivant, et participe d’un partage de la culture lettrée, de sa mise en pratique publique – le public fût-il restreint ; d’autre part parce qu’elle affine son écriture par le recours à des autorités secondes et qui exercent plus clairement et explicitement le métier d’écrivain, à l’instar de Segrais.

13Il n’en va guère différemment de Bussy-Rabutin qui, dans ses échanges avec Rapin et Bouhours, se fait le critique de leurs œuvres, mais reçoit également de nombreux conseils et signale, ponctuellement, les modifications qu’il entend apporter aux textes qu’il leur soumet, à partir de leurs suggestions. Ainsi de son Histoire en abrégé de Louis le Grand :

  • 37 Roger de Bussy-Rabutin, lettre du 26 décembre 1692, in Correspondance avec le père Bouhours, p. 137 (...)

Si ce que vous approuvez dans ce que je vous ai envoyé, mon R. P., est aussi beau que vous le dites, il mérite bien d’être corrigé aux endroits que vous marquez. Je me rends à ce que vous jugez qu’il faut dire : Il prit la pensée, au lieu de : Il prit pensée. Je le juge comme vous. Je suis persuadé que son bon cœur l’obligera de lui rendre son pays. Je demeure d’accord avec vous que ces deux son, qui ne sont pas dans le même genre, peuvent embarrasser les lecteurs. Mais je crois, comme vous, que c’est plus tôt et mieux faire de supprimer toute la prophétie de peur de ne pas bien deviner. […] je ne me servirai plus du mot supériorité, comme j’ai fait, ni de celui de chapitre. Je mettrai aimable au lieu de bon, pour l’opposer à terrible37.

14La nature de la collaboration, la précision de la recherche lexicale, imposent une résistance à l’idée de considérer l’auteur comme l’amateur occupé seulement à l’écriture d’une bagatelle, du fin fond de son exil. L’écriture, peu à peu, se transforme d’une activité de délassement en une activité régulière et concertée, travaillée, comme le signale ironiquement cette traduction de Martial due à Bussy-Rabutin lui-même :

  • 38 Roger de Bussy-Rabutin, « In Mamercum, liv. II, ép. 88 », in Correspondance, vol. 6, p. 598.

Tu travailles, et tu veux paraître surprenant
En disant des choses nouvelles.
C’est bien être impertinent
Que de peiner aux bagatelles38.

Se joue précisément ici la tension entre l’écriture de l’amateur et celle du littérateur professionnel, qui accomplit une peine. Mademoiselle affirmant écrire en deux jours son Histoire de la princesse de Paphlagonie sacrifie à un ethos nobiliaire qui postule la négligence, mais que contredit son soin non seulement de faire imprimer sa nouvelle, mais aussi et surtout celui qu’elle a de recueillir auparavant des avis d’experts. Il ne faut pas y voir un simple loisir mondain, puisqu’en effet, chez Roger de Bussy-Rabutin comme chez Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier, l’écriture poursuit une action publique, et ne saurait demeurer dans le cadre intime que suppose l’amateurisme. Sara Harvey le perçoit en somme avec acuité, dans son édition des Divers portraits de Mademoiselle, qui pourraient passer plus que ses autres œuvres encore comme une compilation d’écrits amateurs :

  • 39 Sara Harvey, Entre littérature galante et objet précieux…, p. 46.

Œuvre d’intimité comme le sont ses Mémoires, elles [ses œuvres de fiction] témoignent pourtant d’une ambition littéraire indissociable de l’image sociale qu’elle [Mademoiselle] souhaite transmettre. Au-delà d’un premier cadre de réception limité à son entourage immédiat, la duchesse devait s’adresser à un lectorat mondain. Écrits au moment où elle revient à la cour et réintègre Paris, ces textes présentent une image renouvelée de la fille de Gaston d’Orléans. Le ton satirique qu’elle emploie, les jugements arrogants qu’elle formule ainsi que les nombreuses références littéraires qui alimentent ses chroniques montrent que son activité littéraire est animée par l’orgueil de sa naissance et de son éducation princière39.

Par son sentiment de légitimité à écrire, aussi, pourrait-on ajouter, légitimité au demeurant forgée autant par la pratique poursuivie de l’écriture que par la validation permanente de pairs avec lesquels l’autrice compose.

*

15En définitive, la pratique de l’écriture, aujourd’hui perçue comme littéraire, chez Bussy-Rabutin et chez la Grande Mademoiselle, met en évidence de nombreuses tensions dès lors qu’il s’agit de débusquer chez ces membres de la haute noblesse un quelconque amateurisme. Empêchés par leur statut social de s’imposer, voire de simplement s’exposer en littérateurs professionnels, ils affinent sur plus d’une trentaine d’années un art d’écrire qui joue en permanence de la distance et de la proximité avec une professionnalisation, une inscription pérenne dans le champ des belles-lettres. La polygraphie, l’écriture collaborative, la négligence affectée du style, l’absence de publication ou la publication restreinte à l’impression, la communication des écrits dans un cercle mondain et le recours ponctuel à des tutelles plus ou moins doctes, sont des signes particulièrement ambivalents, qui peuvent aussi bien être les symptômes d’une pratique d’amateurs que d’une pratique chevronnée, concertée et sérieuse de l’écriture. Confrontés à leurs dits, les écrits divers de Mademoiselle et Bussy-Rabutin trouvent leur unité, leur cohérence dans l’action qu’ils mènent dans le monde pour l’écrivaine comme pour l’écrivain, mais aussi au sein d’un réseau d’échos de titres à titres qui mettent au jour l’existence d’une œuvre, disons même d’une œuvre complète, achevée et perfectionnée. Cette œuvre sert une insertion sociale et un succès mondain non moins importants que ceux d’un auteur identifié comme tel sans hésitation, en quête d’une carrière. L’écriture, parce qu’elle apparaît comme une nécessité autant que comme un plaisir, voire nécessité parce qu’elle est plaisir, ne saurait être considérée que comme une activité secondaire et dégradante, forcément amatrice, comme le passe-temps d’une noblesse contrainte à l’oisiveté et vouée à l’amateurisme.

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Notes

1 Voir Camille Esmein-Sarrazin (éd.), dans Mme de Lafayette, Œuvres complètes, Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade ; 595), 2014, p. XVI-XVII.

2 Mme de Sévigné, lettre du 16 mars 1672 à Mme de Grignan, in Correspondance, Roger Duchêne (éd.), Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 3 vol., 1973-1978, ici vol. 1, Mars 1646-Juillet 1675, 1973, p. 459.

3 La Bruyère, Les Caractères [1688], « Des Ouvrages de l’Esprit », 3.

4 La noblesse est loin d’être une classe sociale uniforme, aussi renverrons-nous, parmi une bibliographie immense, à Jean-Marie Constant, La Noblesse en liberté : XVIe-XVIIe siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004.

5 Jean Garapon, « Amateurisme littéraire et vérité sur soi, de Marguerite de Valois au Cardinal de Retz », Revue d’histoire littéraire de la France, vol. 103, no 2, 2003, La Littérature des non-écrivains, p. 275.

6 Roger de Bussy-Rabutin, lettre du 25 juillet 1675, in Correspondance avec le père Bouhours, César Rouben (éd.), Paris, A.-G. Nizet, 1983, p. 39.

7 Ibid., lettre du 3 août 1675, p. 40.

8 Voir Alain Viala, Naissance de l’écrivain : sociologie de la littérature à l’âge classique, Paris, Minuit, 1985 ; Hélène Merlin-Kajman, Public et littérature en France au XVIIe siècle, Paris, Les Belles Lettres, 1994 ; Myriam Dufour-Maître, Les Précieuses. Naissance des femmes de lettres en France au XVIIe siècle, Paris, H. Champion (Lumière classique ; 25), 1999 ; Delphine Denis, Le Parnasse galant : institution d’une catégorie littéraire au XVIIe siècle, Paris, H. Champion (Lumière classique ; 32), 2001.

9 Voir Christian Jouhaud, Les Pouvoirs de la littérature. Histoire d’un paradoxe, Paris, Gallimard, 2000. Voir aussi, du même auteur, Mazarinades : la Fronde des mots, Paris, Aubier, 1985. Voir également, par le Groupe de recherches interdisciplinaires sur l’histoire du littéraire (GRIHL), Écriture et action : XVIIe-XIXe siècle, une enquête collective, Paris, Éditions de l’EHESS, 2016.

10 Voir Fadi El Hage, Le Sabordage de la noblesse. Mythes et réalités d’une décadence, Paris, Passés composés, 2019.

11 Alain Viala, Naissance de l’écrivain…, p. 263.

12 On sait toutefois que la Grande Mademoiselle commettait de nombreuses fautes.

13 Voir Bernard Beugnot, Loin du monde et du bruit. Le discours de la retraite au XVIIe siècle, Paris, PUF, 1996.

14 C’est l’enjeu premier de l’épistolaire, qu’on exclura ici de notre sujet, quoique Bussy-Rabutin et Montpensier aient été de prolixes épistoliers.

15 Bernard Beugnot, Loin du monde et du bruit…, p. 134.

16 On citera désormais Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier, Mémoires, Jean Garapon (éd.), Paris, H. Champion, 2020, 2 vol.

17 Voir Sara Harvey, Entre littérature galante et objet précieux. Étude et édition critique des “Divers portraits” de Mademoiselle de Montpensier (1659), Paris, Hermann, 2013.

18 Denise Mayer, Mademoiselle de Montpensier : trois études d’après ses “Mémoires”, Paris – Seattle, Papers on French Seventeenth Century Literature (Biblio 17 ; 45), 1989.

19 Voir Moralistes du XVIIe siècle. De Pibrac à Dufresny, Jean Lafond (éd.), Paris, R. Laffont, 1992, p. 39-54.

20 Roger de Bussy-Rabutin, Dits et inédits, Daniel-Henri Vincent, Vincenette Maigne (éd.), Précy-sous-Thil, Éditions de l’Armançon, 1993.

21 Roger de Bussy-Rabutin, Mémoires, Paris, J. Anisson, 1696. Nous renverrons plus bas à l’édition de référence la plus récente (Ludovic Lalanne [éd.], Paris, Charpentier, 1857).

22 Voir Roger de Bussy-Rabutin, Discours à sa famille, Christophe Blanquie, Daniel-Henri Vincent (éd.), Précy-sous-Thil, Éditions de l’Armançon, 2000.

23 Ibid.

24 Roger de Bussy-Rabutin, Mémoires, Ludovic Lalanne (éd.), Paris, Charpentier, 1857, vol. 2, p. 202.

25 Voir par exemple la lettre de Bussy-Rabutin à Sévigné, du 16 octobre 1677, in Mme de Sévigné, Correspondance, vol. 2, Juillet 1675-Septembre 1680, 1974, p. 577.

26 Roger de Bussy-Rabutin, lettre du 4 mars 1681 à Saint-Aignan, in Correspondance, Ludovic Lalanne (éd.), Paris, Charpentier, 1858-1859, vol. 5, p. 244.

27 Voir Sara Harvey, Entre littérature galante et objet précieux… et Jacqueline Plantié, La Mode du portrait littéraire en France, 1641-1681, Paris, H. Champion, 1994.

28 Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier, Mémoires, vol. 2, p. 857.

29 Roger de Bussy-Rabutin, lettre du 23 août 1671, in Correspondance avec le père René Rapin, César Rouben (éd.), Paris, A.-G. Nizet, 1983, p. 46.

30 Rappelons ici que la noblesse se définit particulièrement par son idéal de franchise, de liberté. Voir Constance Griffejoen-Cavatorta, Noblesse et franchise. La valeur de liberté dans les écrits des aristocrates au Grand Siècle, Paris, Classiques Garnier, 2017.

31 Jean Garapon, La Culture d’une princesse : écriture et autoportrait dans l’œuvre de la Grande Mademoiselle (1627-1693), Paris, H. Champion, 2003, p. 90.

32 Myriam Tsimbidy, « De l’Histoire de Jeanne Lambert d’Herbigny, marquise de Fouqueſolles aux Mémoires de la Grande Mademoiselle », in Dialogues intérieurs. Les écrits des mémorialistes dans leurs Mémoires, Myriam Tsimbidy, Frédéric Charbonneau (dir.), Paris, Classiques Garnier, 2015, p. 81.

33 À l’occasion du séminaire « L’envers des Mémoires : faux, pseudo et apocryphes », Cyril Francès (dir.), il a pu être discuté de la qualité d’écriture des Mémoires à l’aune de l’impératif pour la noblesse de mal écrire. Les communications et les débats sont disponibles sur la WebTV de l’université de Lyon 3.

34 Christophe Blanquie, « Du Journal aux Mémoires. Bussy, mestre de camp général de la cavalerie légère », in Dialogues intérieurs…, p. 51-65.

35 Anne Marie Louise d’Orléans-Montpensier, Mémoires, vol. 2, p. 857.

36 Allison Stedman, « L’œuvre collective et la transformation de la sphère publique en France pendant la deuxième moitié du XVIIe siècle », Le Verger – bouquet XIII, octobre 2018, p. 2, en ligne à l’adresse suivante : http://cornucopia16.com/wp-content/uploads/2018/11/larticle-dAllison-Stedman.doc.pdf.

37 Roger de Bussy-Rabutin, lettre du 26 décembre 1692, in Correspondance avec le père Bouhours, p. 137-138.

38 Roger de Bussy-Rabutin, « In Mamercum, liv. II, ép. 88 », in Correspondance, vol. 6, p. 598.

39 Sara Harvey, Entre littérature galante et objet précieux…, p. 46.

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Pour citer cet article

Référence papier

Yohann Deguin, « Bussy-Rabutin et la Grande Mademoiselle : la noblesse entre amateurisme et expertise »Elseneur, 38 | 2023, 131-142.

Référence électronique

Yohann Deguin, « Bussy-Rabutin et la Grande Mademoiselle : la noblesse entre amateurisme et expertise »Elseneur [En ligne], 38 | 2023, mis en ligne le 14 novembre 2023, consulté le 19 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/elseneur/1441 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/elseneur.1441

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Auteur

Yohann Deguin

CÉRÉDI, Université de Rouen Normandie

Yohann Deguin est maître de conférences en littérature française du XVIIe siècle à l’université de Rouen Normandie. Il est l’auteur de L’Écriture familiale des Mémoires. Noblesse. 1570-1750 (Paris, H. Champion, 2020) et travaille plus généralement sur les écrits personnels d’Ancien Régime (mémoires, lettres) et sur l’identité nobiliaire dans ses rapports avec la littérature.

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