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DOSSIER

Entre patrimoine et enclave touristique, la difficile mise en tourisme du Nord Est d’Haïti

Jusline Rodné-Jeanty et Michel Desse
p. 51-68

Résumés

Les îles de la Caraïbe constituent un bassin touristique important et une partie de l’activité et des retombées économiques permettent le développement local et influencent les aménagements. Dans ce contexte, Haïti demeure une exception, même pour les espaces qui apparaissent les plus attractifs comme le Nord-Est de l’île. Les richesses patrimoniales et environnementales y sont importantes et pourraient permettre un véritable développement local. Pourtant, depuis plusieurs décennies, les autorités ont fait le choix de privilégier l’enclave touristique de Labadie qui concentre les 800 000 croisiéristes qui la fréquentent sans en sortir. La pauvreté de l’état impacte sur la pauvreté générale de la région et la faiblesse des équipements de base. Tout ceci rend difficile la diffusion de l’activité touristique.

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Notes de l’auteur

Les auteurs de l’article remercient Benoît Bérard (Professeur en archéologie précolombienne à l’Université des Antilles) pour ses précieux conseils.

Texte intégral

Introduction

1Les îles de la Caraïbe constituent un bassin touristique dynamique et en constante évolution, irrigué par la clientèle nord américaine et par les flux européens qui se portent chacun vers leurs anciennes possessions. En 2015, 25 millions de touristes internationaux (pour un total de 192,7 millions pour l’ensemble des Amériques) se sont rendus dans la Caraïbe (OMT, 2017). L’activité touristique apparaît comme un moteur dynamique du développement territorial insulaire offrant toute la palette des possibles et s’adressant aux clientèles locales et régionales des pays de niveau intermédiaire, aux touristes issus de l’émigration, aux touristes internationaux les plus exigeants (Desse et Rodné, 2018).

2Dans ce contexte dynamique, Haïti demeure en reste, accueillant quelque 200 000 touristes essentiellement membres d’organisations humanitaires qui, à l’occasion d’une mission, visitent un lieu donné, ou des touristes de la diaspora haïtienne de Miami ou des DROM français. Le tourisme de croisière est inexistant, mis à part l’escale à Labadie au Nord de l’île. Dans une situation de grande pauvreté de l’État, des structures d’accueil, et des habitants, l’enclave touristique et la coquille hôtelière semble encore de mise puisque le tourisme est peu approprié par les habitants et ne permet pas un véritable développement territorial. Malgré un développement touristique ancien, le tourisme, du fait du contexte politique, sanitaire et environnemental, demeure balbutiant à Haïti. Il reste confiné aux enclaves et aux coquilles hôtelières, qu’il s’agisse du loisir populaire sur les pages publiques, des classes aisées, des expatriés comme celui des quelques touristes internationaux. De même les touristes issus de la diaspora haïtienne recherchent les hôtels de moyenne gamme qui demeurent néanmoins des enclaves sécurisées (Hartog, 2015).

3Dans la plupart des îles voisines, on assiste au contraire à l’ouverture et à la multiplication des acteurs : la petite hôtellerie, et la restauration, les locations chez l’habitant, l’offre de randonnées ou la pratique d’activités sportives et souvent nautiques. Ces différents acteurs bénéficient ainsi des retombées financières et l’économie touristique participe au développement territorial. Alors que le Nord haïtien offre comme les autres îles de la Caraïbe, une grande variété de patrimoines de nature, historique ou encore immatériel, les retombées économiques du tourisme demeurent peu développées. Dans ce contexte de pauvreté et d’incertitudes politiques, un tourisme ouvert, équitable, durable peut-il apparaître comme une alternative à l’enfermement sécuritaire et à l’enclave ?

Le Nord d’Haïti, une région patrimoniale

4La région Nord d’Haïti est un grand lieu de mémoire marqué par les premières villes de la colonisation, et les constructions, les fortifications de la période nationale érigées en géosymboles. Les paysages et la richesse environnementale constitue une autre particularité de la région. Depuis 1999, le Conseil National des Monuments et des Sites (ICOMOS), lors de la révision de sa charte sur le tourisme culturel datant de 1976, a d’ailleurs étendu la notion de patrimoine à la biodiversité alors qu’elle était autrefois limitée aux « monuments » (Cousin, 2008).

La variété du patrimoine de nature

5Le littoral nord haïtien est constitué d’une succession de baies, de l’Acul, du Cap Haïtien, viennent ensuite à l’est les baies de Caracol et de Fort Liberté qui jouxte la République dominicaine (voir Figure 1). Ces baies couvrent de larges étendues, près de 20 kilomètres pour la seule baie de Caracol dont le fond est occupé par une mangrove souvent dégradée, sur une superficie de 4 274 ha. Les marnages sont suffisants pour justifier la présence d’une slikke et d’un schorre, alors que la baie de Fort Liberté est plus intérieure s’ouvrant sur la mer par un chenal étroit (Ménanteau et Vanney, 1997). Dans les deux cas, l’avifaune est riche de près de 22 espèces et les eaux peu profondes accueillent des juvéniles en interaction avec les herbiers et les récifs coralliens. Tout ceci a permis le classement en Parc Naturel en 2014. Malgré de fortes dégradations des mangroves de la baie de Caracol, les services environnementaux sont estimés à 3 156 000 dollars US (Fondation pour la Protection de la Biodiversité Marine, 2013).

Figure 1 – La zone côtière du nord-est d’Haïti

Figure 1 – La zone côtière du nord-est d’Haïti

Figure 2 – L’aire marine protégée des baies de Caracol et de Fort-Liberté

Figure 2 – L’aire marine protégée des baies de Caracol et de Fort-Liberté

Source : Kramer et al., 2016.

6Tenant compte de l’importance du patrimoine naturel des baies de Caracol et de Fort-Liberté, le gouvernement haïtien, à travers un arrêté présidentiel du 21 mars 2014, a créé l’« Aire Protégée de Ressources Naturelles Gérées des Trois Baies ». Elle comprend les baies de Limonade, de Caracol, de Fort-Liberté et le Lagon aux Bœufs. Elle s’étend sur une superficie de 75 618 ha qui englobent une partie terrestre et la zone côtière spécifiquement (Figure 2). Il faut rappeler que, dès 1997, la baie de Fort-Liberté a été proposée comme aire à protéger par Ménanteau et Vanney (1997), mais c’est en 2014 que le décret présidentiel a été pris pour sa création.

Figure 3 – Des coraux en bonne santé dans les eaux côtières de la baie de Fort-Liberté

Figure 3 – Des coraux en bonne santé dans les eaux côtières de la baie de Fort-Liberté

Crédit : extrait d’une vidéo de The Nature Conservancy, mai 2014.

7À l’ouest de la Baie de Cap Haïtien, s’étend la péninsule de Labadie, qui présente un paysage montagnard constitué d’une grande forêt naturelle qui borde l’ensemble des criques. À cette liste, on peut ajouter le paysage de relief karstique qui se caractérise par l’hydrographie souterraine et la présence de nombreuses cavités. À Limonade, le site naturel du bassin Mambo offre 54 bassins et 25 cascades1. À Port-Margot, le bassin Waka et, à Borgne, une caverne peut être visitée. Le paysage est constitué d’arbres et d’arbustes offrant verdure et fraîcheur. Ces endroits attirent des excursionnistes haïtiens qui viennent pour des bains à caractère magico-religieux ; le bassin Waka est en effet associé aux bains rituels du vaudou pour la guérison. Ainsi, sur le plan naturel, la région est constituée d’un ensemble de paysages attrayants dont la biodiversité a une grande valeur. Les paysages montagneux : le parc National historique de Milot, la montagne du Cap et la montagne de la coupe à David située à Acul du Nord, sont des réserves naturelles (Centre d’étude et de coopération internationale et al., 2013). En se référant à l’inventaire sur l’évaluation des écosystèmes côtiers du parc naturel, les coraux situés à l’extérieur de la baie de Fort-Liberté (le genre Orbicella est le plus répandu) ne sont pas dégradés (Kramer et al., 2016) et abritent une grande variété d’espèces de poissons visibles sur la figure 3.

Le cœur historique d’Haïti

8Le patrimoine historique du Nord d’Haïti remonte au moins au début du troisième millénaire avant notre ère, avec l’occupation du site archaïque de Couri dans la région de Fort-Liberté (Jean, 2019). Cette partie nord du pays est d’ailleurs celle où cette longue et riche occupation pré-coloniale a été la mieux documentée (Rouse, 1939 ; Rouse, 1941 ; Moore et Tremmel, 1997 ; Jean, 2019). Par ailleurs, un certain nombre de travaux se sont eux concentrés sur les sites amérindiens du début de la colonisation espagnole de l’île, associés aux groupes dits « Taïnos » qui peuplaient alors l’ensemble des Grandes Antilles (Bérard, 2018). Ces recherches ont plus particulièrement concerné le site d’En Bas Saline associé au village du cacique Guacanagari décrit dans le récit des premiers voyages de Christophe Colomb (Deagan, 1986). C’est en son sein qu’aurait été localisé le fort de la Nativité, première colonie européenne des Amériques (Deagan, 1989). À environ 2 km du village d’En Bas Saline s’est développée, à partir de 1502, la ville coloniale de Puerto Real (Deagan, 1995).

9Finalement, c’est la ville du Cap-Haïtien, originellement Cap Français construite par les Français en 1660, qui devint capitale de Saint Domingue jusqu’à la révolution haïtienne. Le patrimoine y est donc très riche : le pénitencier, témoin de 250 années d’histoire sociale et politique de la ville, le plan en damier et les bâtiments aux architectures datant des périodes coloniale et nationale (ISPAN, 2011). La ville a donc été classée en 1995, au même titre que certaines autres villes coloniales d’Haïti, par l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), au rang de patrimoine national.

10À l’entrée sud-ouest du Cap-Haïtien, se trouve le monument historique de Vertières qui symbolise la dernière bataille livrée par les généraux pour la naissance de la nouvelle nation, le 1er janvier 1804. Ce site est, non seulement, le mémorial de l’indépendance mais il symbolise aussi l’abolition de l’esclavage en Haïti. Cet événement d’envergure aussi bien nationale que mondiale est retracé par Le Glaunec dans son livre sur l’armée indigène :

La bataille de Vertières est l’aboutissement d’une longue expérience à caractère transatlantique amorcée en 1789. Elle est l’incarnation d’une lutte acharnée, pour la liberté d’abord, puis pour l’obtention d’un droit fondamental, celui à l’autodétermination. (Le Glaunec, 2014, p. 55-56).

11Le Parc National Historique, créé par un décret présidentiel de 1978, comprend le complexe monumental du Palais de Sans Souci, la citadelle Henry de Milot ainsi que le site fortifié des Ramiers, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982. À l’époque coloniale, le littoral de Fort-Dauphin, qui est l’ancien nom de Fort-Liberté, avait aussi une fonction stratégique par rapport au Cap-Français, ville et port commercial. La baie de Fort-Liberté était vulnérable aux attaques et aux pillages en raison de sa position remarquable (Ménanteau et Vanney, 1997, p. 41). On dénombre de très nombreux forts dans la baie de Fort-Liberté, construits depuis la colonisation française pour la défense de la région contre les autres conquérants européens, principalement anglais et espagnols. Ces citadelles se localisent à la charnière entre la plaine côtière et le massif du Nord de l’arrière-pays, dans une logique stratégique de défense du pays qui se détourne de la mer après l’indépendance (ISPAN et al., 1996). Ces ouvrages, édifiés au cours du xviiie siècle, sur le littoral Nord de la colonie de Saint Domingue, illustrent simultanément les tendances de l’art des fortifications de l’époque et les ajustements des principes architecturaux à la morphologie sinueuse et contrastée du littoral (ibid.). C’est en estimant la richesse de la baie de Fort-Liberté, basée sur les vestiges historiques du xviiie siècle et sur les sites archéologiques datant de la période précolombienne, que les auteurs précités avaient proposé une cartographie de l’aire à protéger. Le système défensif comprend, entre autres : le Fort Dauphin (1730-1735), le Fort La Bouque (1736), la Batterie de l’Anse (1736), le Fort ST Charles (1736) et le Fort ST Frédérique (1740) (CIAT & AIA, 2012).

Un patrimoine immatériel fruit du palimpseste historique et social

12Tout comme le patrimoine naturel, le patrimoine immatériel est multiple dans la région Nord composé d’un ensemble de pratiques et de perceptions qui tissent les liens entre les habitants et le territoire. En effet, la société traditionnelle haïtienne est fondée sur un ensemble de valeurs : religieuse (pratiques du vaudou, christianisme), artistiques (art haïtien, musique, danse), technologiques (construction, outils), qui constituent un ciment pour les individus.

13L’adaptation au milieu se fait à travers l’invention d’un ensemble de techniques et d’outils qui font parfois la particularité d’un peuple. Elle peut être exprimée à travers les types de constructions qui s’organisent au niveau d’une habitation, patrimoine pour toute la famille. À la campagne, demeure un habitat vernaculaire constitué de cases en bois au toit de paille qui façonnent les paysages ruraux densément peuplés. Cet habitat dispersé contribue au mitage des campagnes haïtiennes. Aujourd’hui, parpaing et tôle ont largement remplacé les anciens matériaux mais la dispersion, le calibrage des constructions, et l’organisation des courées demeurent.

14L’agriculture et la pêche traditionnelles demeurent les activités économiques de base et offrent toute une palette de gestes et d’outils à caractère patrimonial. La culture des champs se fait avec un outillage composé de machette et de houe. La parcelle cultivée est mise en valeur par le propriétaire ou par des hommes qu’il paie à la tâche. Quand il n’a pas assez de ressource financière pour la cultiver, il pratique le métayage. C’est un travail qui se fait souvent au rythme des chants.

15À ce monde rural agricole, s’opposent les villages de pêcheurs qui dépendent directement de la pêche de subsistance. Les outils de pêche sont variés, construits ou réparés par les pêcheurs ou d’autres habitants du village, offrant, le spectacle de l’extrême ingéniosité des artisans et des pêcheurs dans l’art de la récupération pour la fabrication d’une nasse, d’un fusil harpon ou la réparation d’une barre d’étambot.

16D’autres activités pratiquées sur la zone littorale ont une valeur patrimoniale, comme les marais salants et le tourisme religieux. La production du sel se fait spécifiquement dans la baie de Caracol, qui constitue un grand site d’exploitation à l’échelle nationale au regard de l’étendue des bassins et de l’effectif des sauniers et saunières (plus d’une centaine). La récolte du sel est essentiellement réalisée par les femmes qui chantent au moment du travail ; elles en tirent quelques revenus pour subvenir aux besoins de leur famille. Au village du Bord de mer de Limonade, le tourisme religieux s’est développé à côté des bains de mer : les pèlerinages hebdomadaires se font autour de Philomise, qui est un loa (lwa) du panthéon vaudou.

17Le monde des loas est un monde de concepts purs, la Violence, l’Amour, la Connaissance, la Puissance, pris en charge par des classes de divinité : Ogoun, Erzili, Loko, Ayizan…, chacune renvoyant à un des concepts qui se spécifie, s’anthropomorphise en plusieurs figures. La famille des Ogoun compte ainsi un Ogoun Féraille, loa de la guerre, un Ogoun Baalagris, ivrogne agressif, un Ogoun Balindjo, joyeux et bruyant. Les loas donnent sens à tous les aspects de la vie, inscrivant chaque évènement dans une histoire cohérente. Cette religion, encadrée par des prêtres et des confréries, se pratique lors de cérémonies dont les sacrifices et les transes ont largement marqué l’imaginaire. Pour faire face à l’image négative et résister à la répression, les loas sont souvent doublés de saints catholiques afin de poursuivre les rites vaudou en paraissant opter pour la religion du maître ; ainsi, Dambala le serpent devient Saint-Patrick, Ogour Saint-Jacques Majeur, Erzili, la Vierge Marie (Desse, 2013).

18En se référant au Bord de mer de Limonade, l’événement peut prendre la forme d’une fête qui favorise les liens sociaux (Chaudoir, 2007), en raison des rapports forts et de l’animation que le culte du loa Philomise (la bienfaitrice) y crée. Le village devient alors visible à l’échelle nationale et internationale. Les rituels (bains, offrandes, tambour, chants, danse…) fondent le village, puisqu’ils permettent au groupe social de se réaffirmer en décidant d’un temps, d’un lieu et d’une activité à la fois très codifiée et décalée par rapport à la vie ordinaire (Lallement, 2007, p. 4). Ce littoral sacré attire surtout les gens des différentes communautés de la région et ceux de la diaspora haïtienne ; c’est un lieu qui renforce les relations entre les adeptes qui partagent les mêmes croyances religieuses (Télusma, 2017), mais d’autres en tirent des avantages économiques avec le transport et le commerce.

19Les marchés, par le spectacle spontané, les couleurs, les odeurs, les parfums, la variété des produits tropicaux, constituent aussi des hauts lieux du patrimoine haïtien souvent représentés dans la peinture naïve haïtienne. Le marché du Cap-Haïtien, marché de Cluny, en est particulièrement emblématique. Construit en fer en 1890, il est situé au cœur de la ville et représente un lieu de convergence des marchands et surtout des marchandes provenant du milieu rural de la région Nord. C’est un haut lieu de rencontre entre les ruraux et les urbains qui ont une préférence pour les produits locaux. Le marché de l’art haïtien est plus animé lors de la période carnavalesque ou de la fête du Saint patron de la commune. Les petits magasins et des boutiques jouxtent toutes les rues du Cap Haïtien, plus grand centre commercial de la région Nord.

Une mise en tourisme ancienne

20Les potentialités naturelles et culturelles ont permis l’essor du tourisme dès la fin du xixe siècle comme la Citadelle Henry et le palais Sans-Souci qui ont attiré les premiers excursionnistes et aussi les premiers touristes d’origine haïtienne. Ils étaient près de 10 000 à visiter, dans un élan patriotique, la Citadelle Henry symbole national, lors de la semaine sainte de 1934 qui marque la fin de l’occupation américaine (1915-1934). Ces touristes provenaient majoritairement des différentes régions du pays.

21Edgar La Selve, écrivain français, lors de son premier voyage en Haïti en 1871, avait déjà mis l’accent sur les ruines du palais de Sans-souci et de la Citadelle Laferrière qui, selon lui, devaient faire l’objet de visite de la part des voyageurs qui fréquentent le Cap-Haïtien (La Selve, 1871). Ces propos expliquent la valeur patrimoniale de ces sites au cours de la deuxième moitié du xixe siècle, moment où chacune des onze régions du pays, était autonome et polarisée par un port commercial (Anglade, 1982).

22Alors que les archives attestant l’arrivée des touristes au port du Cap-Haïtien durant les années 1970 sont rares, les enquêtes menées auprès de certains marchands de produits artisanaux, permettent d’apprécier les flux et les retombées économiques à l’époque. Les vestiges du Quai du Tourisme, désaffecté depuis longtemps, et le marché de l’artisanat rappellent la place importante qu’occupait le Cap Haïtien dans le dispositif touristique avant les années 1970. Durant cette période, la ville du Cap-Haïtien, les autres sites historiques (Vertières, vestiges de Fort-Liberté) et le marché Cluny étaient fréquentés par des touristes internationaux qui faisaient des excursions et s’approvisionnaient dans le marché de l’art haïtien.

23De nos jours, les flux des touristes nationaux qui arrivent chaque semaine sainte à La Citadelle Laferrière, un parc d’artillerie érigé par Henry Christophe pour la défense du territoire après l’indépendance, témoignent de l’importance du monument pour les jeunes haïtiens. La Citadelle est l’un des plus prestigieux parcs d’artillerie au monde, avec les pièces en bronze qui sont de grands chefs-d’œuvre de l’art militaire au cours des xviie et xviiie siècles (Morin, 2013). La Citadelle « est le Temple Sacré de l’Égalité des Races Humaines et témoigne de la puissance de réalisations de toutes les races humaines, même de celle qu’on méprise le plus. » (Mercier, 1945, extrait de la traduction de Marlène Rigaud Apollon, 2010, p. 34). Ce monument pérennise la mémoire et la grandeur de Christophe dans tout le pays depuis plus de deux siècles. Les jeunes haïtiens s’y déplacent avec leur repas pour passer toute la journée sur le site (Figure 4). Sur place les guides racontent l’histoire et montrent les différentes parties du parc. En dehors de la grande saison (la semaine sainte), des visites ponctuelles se font au cours de l’année.

24Les touristes de la diaspora haïtienne se déplacent pour célébrer la fête du saint patron des communes ou des quartiers (Sainte Anne à Limonade, Sainte Philomise au Bord de mer de Limonade, Notre Dame au Cap-Haïtien…). À l’occasion de ces fêtes patronales, les émigrés renouent avec leurs origines. Les baies de Caracol et de Fort-Liberté connaissent une fréquentation différente, occasionnelle et sont surtout visitées par des touristes internationaux, des membres des ONG qui viennent apporter leur assistance humanitaire aux villages de pêcheurs ou encore par des chercheurs étrangers. Les monuments et les sites historiques de la région sont fréquentés essentiellement par des touristes nationaux. Les bains et les plages publiques (Camp-Louise, Bord de mer de Limonade, Fort-Liberté) sont fréquentées par des visiteurs locaux.

Figure 4 – La semaine sainte, un rendez-vous annuel à la Citadelle Henry, spécialement pour les jeunes haïtiens

Figure 4 – La semaine sainte, un rendez-vous annuel à la Citadelle Henry, spécialement pour les jeunes haïtiens

Crédit : Philogène F., Institut de Sauvegarde du Patrimoine National, avril 2018.

Labadie, la seule ouverture touristique mais des retombées économiques faibles

25La seconde polarité touristique se localise à 10 km à l’ouest du Cap haïtien à Labadie, où, depuis les années 1970 sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier, le gouvernement haïtien a lancé le projet d’aménagement de la presqu’île de Labadie. La compagnie de croisière maritime américaine Royal Caribbean (seconde compagnie mondiale), exploite le site depuis 1985 ; dès lors, 80 000 croisiéristes sont venus fréquenter la plage (Doura, 2012). En 2020, Labadie est l’unique plage dans le Nord d’Haïti et reçoit près de 800 000 croisiéristes chaque année. Il s’agit d’une escale à la thématique « journée à la plage ». Les croisiéristes y sont débarqués par une noria de navettes qui permettent le débarquement de près de 5 000 à 6 000 croisiéristes par paquebot.

26Ce comptoir touristique est perçu comme une enclave où les croisiéristes se contentent de profiter de la plage et des promenades en mer dans le périmètre délimité du site. Malgré cette présence de croisiéristes aisés, les pouvoirs publics ne profitent pas de ces installations pour rendre le nord d’Haïti plus attractif. La plage de Labadie connaît une importante fréquentation et fonctionne comme une enclave, permettant aux excursionnistes des navires de croisière de profiter des plaisirs d’une plage tropicale : les parasols, le marché créole où l’on achète de l’art haïtien et la location d’engins de plage donnent les saveurs d’un tourisme de séjour. L’enclave se perçoit par la présence de clôtures et de gardes armés, les relations avec les populations locales sont limitées et réservées aux personnes autorisées (commerçants et employés du site) à franchir ces limites.

Figure 5 – Les installations de plage pour accueillir les croisiéristes

Figure 5 – Les installations de plage pour accueillir les croisiéristes

Le décor est planté : eaux transparentes et calmes, sable blanc. Cette plage privée ne s’anime qu’avec l’arrivée des paquebots de croisière.

Source : Jusline Rodné-Jeanty, avril 2018.

27L’enclave de Labadie accueillait près de 781 556 croisiéristes en 2017, pour 154 escales de navires, selon les statistiques de l’Autorité Portuaire National du Cap-Haïtien. Certaines retombées sont positives, puisque l’on compte plusieurs centaines d’emplois : 230 directs (mécaniciens, agents de sécurité, personnel d’entretien, cuisiniers, réceptionnistes, guides…) et 470 environ interviennent de manière plus occasionnelle (commerçants, musiciens, danse folklorique…) (Maxinau, 2013). Une taxe de 2 dollars US est collectée auprès des différents vendeurs par l’État.

28La plage de Labadie est aussi une enclave par le paiement d’une redevance à l’État par la compagnie Royal Caribbean International : depuis 2016, suite à une entente entre les deux parties prenantes, la taxe obligatoire est passée de 10 à 12 dollars US par croisiériste. À cause des protestations des habitants de Labadie contre la pauvreté, la Ministre haïtienne du tourisme à l’époque avait décidé d’augmenter cette redevance en vue d’exécuter des projets de développement dans les zones avoisinantes du site, spécifiquement au village de Labadie. En effet, la route qui lie Labadie à la ville du Cap-Haïtien fut construite et a été inaugurée en 2018 (World Bank, 2018).

Tableau 1 – Arrivées des touristes au port d’escale de Labadie (2011-mars 2018)

Année

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

Mars 2018

Nombre de touristes

169 710

638 303

779 073

748 667

672 177

821 707

781 556

181 075

Nombre de navires

41

148

18

183

164

184

154

37

Source : données de l’APN du Cap-Haïtien.

Figures 6 et 7 – Commerce de produits artisanaux et animateur au site de Labadie

Figures 6 et 7 – Commerce de produits artisanaux et animateur au site de Labadie

Source : Jusline Rodné/Jeanty, avril 2018.

29Pour certains, il y a bien une adaptation et une appropriation professionnelle avec le développement d’activités économiques qui profitent à la population locale a priori, et constitue un avantage pour la région caractérisée par le sous-emploi. Malgré tout, les retombées économiques demeurent limitées pour les habitants et ne permettent pas la diffusion et l’intériorisation de l’économie touristique. En effet, Labadie reste le seul endroit de la Caraïbe où la circulation des excursionnistes est limitée à la seule plage. Il n’y a pas d’appropriation récréative des lieux par les villageois de Labadie à cause des clôtures qui constituent une séparation physique entre résidents et croisiéristes.

30Comme il n’y a pas de restaurants haïtiens, les excursionnistes consomment uniquement les aliments préparés à bord du paquebot constituant un manque à gagner pour la population de la région Nord et pour les « 5 000 habitants du village de Labadie » (Centre d’étude et de coopération internationale et al., 2013).

31Cette enclave fixe sur la plage ces croisiéristes alors que toute la région Nord d’Haïti, riche en patrimoine historique et environnemental, pourrait profiter de cette manne financière. La ville de Cap-Haïtien en particulier ne s’ouvre pas à la croisière, alors qu’elle se situe à moins de 20 kilomètres de Labadie. Il s’agit d’une exception puisque, dans toutes les îles de la Caraïbe, les villes-escale offrent des commodités techniques d’accueil aux navires, mais aussi la mise en scène de leur ville qui est à la fois une vitrine vue de la mer et une épure du pays visité (Desse, 2017).

Les faiblesses structurelles de la région Nord rendent la mise en tourisme difficile

32La région Nord est un haut lieu patrimonial en raison de la variété de ses richesses naturelles et culturelles. Mais elles sont peu à peu sous-valorisées à cause de la pauvreté qui est récurrente et qui se manifeste à tous les niveaux. Selon Sen (1999) la pauvreté peut être définie sous l’angle des privations, qui englobent la faiblesse du revenu, l’inaccessibilité aux services sociaux de base (comme l’eau potable, la santé, l’éducation, l’assainissement) et questionnent l’essence du régime démocratique, qui a un rôle constructif en répondant aux besoins vitaux de la société. En dépassant les privations économiques, sociales, psychologiques et culturelles, la pauvreté trouve sa définition dans les considérations légales et politiques (Harrington 1967, cité par Mercier, 1995, p. 15), lesquelles sont à prioriser par le fait qu’elles représentent un obstacle au développement du territoire haïtien.

33En effet, la dynamique de construction nationale axée sur un corpus de lois (constitutions et décrets) et de décisions politiques nourries par la stratégie de défense nationale a appauvri la façade littorale du pays, handicapant ainsi la dynamique de maritimisation porteuse de richesse et de littoralisation durable et maîtrisée (Mérat, 2018). Haïti reste le pays le plus pauvre de la région caribéenne en ayant un IDH faible (0,498). Le citoyen ne dispose que de 82 gourdes/1,50 $ US (dollars de 2012) par jour et n’accède pas aisément aux services sociaux de base (Éducation, santé, assainissement et l’eau potable). 63 % des Haïtiens se trouvent dans la tranche d’âge 15-64 ans (UNFPA, 2019). Bien que la population soit relativement jeune, on constate que deux tiers des Haïtiens sont touchés par le chômage et le sous-emploi2.

34La pauvreté est donc multidimensionnelle et se manifeste dans la faiblesse à l’accès et à l’utilisation des services sociaux essentiels, à la persistance de l’inégalité de genre, à l’incapacité à rendre le territoire et la population résilients vis-à-vis des catastrophes naturelles et du changement climatique (ONU, 2017). Depuis plus de 30 ans, ce régime n’a pas eu l’occasion de résoudre le problème de la pauvreté à cause des instabilités chroniques qui rendent inopérants les ministères et les directions associées à l’échelle départementale (Lucien, 2018). Les remous politiques affaiblissent l’autorité de l’État, amenuisent les capacités de l’administration publique à travers une rotation rapide des personnels de décision (CEPALC, 2005). Ils affectent directement les politiques publiques qui sont incohérentes et ne peuvent faire face ni aux privations, ni à l’insécurité. Le plan de développement du tourisme dans le nord du pays, bien qu’il ait été réalisé depuis plus de vingt ans par le Ministère du tourisme, n’a jamais été mis en œuvre.

35L’essor du tourisme international s’appuie sur des infrastructures hôtelières adaptées aux demandes des touristes qui sont à la recherche de confort et se déplacent pour la détente et le loisir. À partir de 2010, bien qu’on observe en Haïti, spécifiquement à Port-au-Prince, une montée en gamme dans l’hôtellerie de luxe classée 5 étoiles (avec des établissements tels que Karibe Convention Center, The Inn at Villa Bambou, Oasis, Best Western Premier, NH Haïti El Rancho et le Marriott), la société haïtienne n’est pas encore au stade des sociétés de loisirs. Les produits touristiques apparaissent pour la majorité, comme des produits de luxe indécents (Paul et Séraphin, 2015). Parmi les hôtels du Cap-Haïtien, on ne compte que le Satama comme hôtel international. Mais, dans cette ville, la desserte n’est pas adéquate, ce qui est un problème de taille pour la circulation des touristes, et sur le plan urbanistique, les infrastructures routières sont défaillantes.

36Ainsi, la richesse patrimoniale de la région Nord n’est pas mise au profit du développement du secteur du tourisme à cause de la pauvreté qui se manifeste dans tous les secteurs d’activité et qui affecte les infrastructures de base. Dans ces conditions, il faudrait d’abord initier un véritable développement local pour que le tourisme puisse apporter des retombées économiques auprès des populations.

Conclusion

37Les patrimoines de la région Nord d’Haïti sont au cœur du développement du tourisme depuis le xxe siècle. Actuellement, les flux diversifiés et ponctuels montrent que ce secteur est en régression sauf à Labadie, une enclave qui reçoit chaque année près de 800 000 croisiéristes profitant exclusivement de la plage et de la baie abritée. Cette situation résulte de la faiblesse structurelle du territoire qui est frappé par la récurrence des instabilités politiques, d’où la nécessite pour les pouvoirs publics de rompre le cercle vicieux de la pauvreté tout en créant un climat favorable à l’investissement et aux entrepreneurs.

38Haïti pourrait suivre le modèle de développement d’autres pays de la Caraïbe comme la République Dominicaine, Cuba, ou encore du Maroc, en Afrique du Nord : les investissements dans l’économie et l’action sociale, réalisés par les entrepreneurs étrangers parfois issus de la diaspora, ont contribué au développement local (Bouoiyour, 2008). Ceci est à planifier d’abord, puis on optera pour un tourisme durable avec des acteurs locaux, ou issus de la diaspora haïtienne et des ONG qui ont l’habitude d’apporter leur assistance humanitaire aux villages des pêcheurs localisés au nord d’Haïti. L’émergence d’institutions fortes, avec des lois garantissant la protection des personnes et de leurs biens, pourrait favoriser le développement à court terme car la sécurité est le premier volet à envisager pour stimuler les investisseurs.

39En dernier lieu, le tourisme équitable, à travers les capitaux générés, permettrait d’une part de soutenir des programmes d’aménagement (accès à de nouvelles infrastructures et atténuation des impacts environnementaux) et d’autre part entraînerait le financement des services sociaux de base (Dehoorne, 2013). Il permettra alors de réduire le nombre des sous-employés avec la création de nouveaux emplois (Mérat, 2018).

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Notes

1 https://lafeecreole.com/accueil/limonade.html. Dernière consultation le 26/02/2020.

2 www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/haiti/presentation-de-haiti/. Dernière consultation le 26/02/2020.

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Table des illustrations

Titre Figure 1 – La zone côtière du nord-est d’Haïti
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Fichier image/png, 648k
Titre Figure 2 – L’aire marine protégée des baies de Caracol et de Fort-Liberté
Crédits Source : Kramer et al., 2016.
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Fichier image/png, 2,4M
Titre Figure 3 – Des coraux en bonne santé dans les eaux côtières de la baie de Fort-Liberté
Crédits Crédit : extrait d’une vidéo de The Nature Conservancy, mai 2014.
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Fichier image/png, 2,4M
Titre Figure 4 – La semaine sainte, un rendez-vous annuel à la Citadelle Henry, spécialement pour les jeunes haïtiens
Crédits Crédit : Philogène F., Institut de Sauvegarde du Patrimoine National, avril 2018.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9852/img-4.png
Fichier image/png, 3,3M
Titre Figure 5 – Les installations de plage pour accueillir les croisiéristes
Légende Le décor est planté : eaux transparentes et calmes, sable blanc. Cette plage privée ne s’anime qu’avec l’arrivée des paquebots de croisière.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9852/img-5.png
Fichier image/png, 2,0M
Titre Figures 6 et 7 – Commerce de produits artisanaux et animateur au site de Labadie
Crédits Source : Jusline Rodné/Jeanty, avril 2018.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9852/img-6.png
Fichier image/png, 1,6M
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Pour citer cet article

Référence papier

Jusline Rodné-Jeanty et Michel Desse, « Entre patrimoine et enclave touristique, la difficile mise en tourisme du Nord Est d’Haïti »Les Cahiers d’Outre-Mer, 279 | 2019, 51-68.

Référence électronique

Jusline Rodné-Jeanty et Michel Desse, « Entre patrimoine et enclave touristique, la difficile mise en tourisme du Nord Est d’Haïti »Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 279 | Janvier-Juin, mis en ligne le 01 janvier 2022, consulté le 19 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/9852 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/com.9852

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Auteurs

Jusline Rodné-Jeanty

Doctorante en géographie. Enseignante à l’Université d’État d’Haïti, Campus Henry Christophe de Limonade. Université de Nantes, UMR 6454 LETG. Courriel : jusline.rodne(at)univ-nantes.fr ou rodnejusline12(at)yahoo.fr

Michel Desse

Professeur de géographie à l’Université de Nantes. UMR 6454 LETG. Courriel : michel.desse(at)univ-nantes.fr

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Droits d’auteur

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