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Dossier

Les Nigériens nourrissent les Nigériens : quelles perspectives pour les exploitations familiales ?

Soufiyane Amadou, Nicola Cantoreggi et Ronald Jaubert
p. 337-351

Résumés

« L’initiative les Nigériens nourrissent les Nigériens » (I3N) suppose de rompre avec « l’addiction à l’aide ». Aussi, affiche-t-elle une volonté de remise en question de la logique d’assistanat et des pratiques de la coopération au développement et de l’aide humanitaire via des innovations qui portent sur la création d’un fonds d’investissement, la petite irrigation et l’encadrement de l’aide d’urgence. L’analyse du bilan de la première phase (2011-2015), des documents programmatiques et leur évolution entre 2012 et 2017 ainsi que du positionnement des bailleurs de fonds pose question quant à la capacité et la volonté de l’I3N de promouvoir une politique centrée sur les exploitations familiales alors qu’elle est une condition essentielle pour que « les Nigériens nourrissent les Nigériens ».

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Texte intégral

Introduction

1L’initiative les « Nigériens nourrissent les Nigériens » (I3N) a été initiée en 2012 à la suite de la crise alimentaire de 2011. L’I3N se substitue à la stratégie de développement rural (SDR) élaborée en 2003 à la demande des bailleurs de fonds dans le cadre de la stratégie de lutte contre la pauvreté. La SDR visait en matière de production agricole à moderniser le secteur. Le développement de l’irrigation, entre autres grâce à la construction du barrage de Kandadji sur le fleuve Niger, ainsi que la création de fermes modernes et d’une « nouvelle race d’exploitants agricoles » (République du Niger, 2003) constituaient un axe prioritaire. La mise en œuvre de la stratégie fut confrontée à plusieurs contraintes. Le financement dépendait très largement des partenaires financiers internationaux dont les contributions furent inférieures aux attentes. Le projet de construction du barrage de Kandadji obtint les financements nécessaires principalement auprès de Banque mondiale, de la Banque islamique de développement et de la Banque ouest-africaine de développement, mais les travaux furent interrompus à la suite d’un conflit avec l’entreprise de construction. Le programme de création des fermes modernes ne fut pas mis en œuvre.

2La succession des crises alimentaires sévères en 2005, 2008 et 2011 a entériné l’échec de la SDR à prévenir les crises et à améliorer la sécurité alimentaire du pays. Le droit à l’alimentation fut inscrit dans la nouvelle constitution adoptée en 2011. L’I3N s’inscrit dans cette ligne. L’objectif est « de mettre les Nigériens à l’abri de la famine et de garantir les conditions de leur participation à la production nationale et à l’amélioration de leurs revenus par le renforcement de leurs capacités de production alimentaire, d’approvisionnement et de résilience face aux crises et catastrophes » (République du Niger, 2012a). L’enjeu est de taille, l’insécurité alimentaire touche en effet 40 % de la population dont près de la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté (République du Niger, 2015d). La production céréalière et fourragère est déficitaire une année sur deux (République du Niger, 2012a), les programmes d’aide humanitaire se sont implantés durablement dans le pays depuis la crise de 2005. Les populations rurales sont les premières bénéficiaires de ces programmes, du moins là où l’aide est distribuée.

3Les « Nigériens nourrissent les Nigériens » est une ambition forte qui suppose de rompre avec « l’addiction à l’aide » et la logique d’assistanat qu’elle véhicule, dénoncées par Olivier de Sardan (2011a, 2011b). La capacité des exploitations familiales, à s’affranchir de l’aide est au centre de la problématique. L’initiative se démarque des politiques antérieures, notamment en matière d’accès au crédit, d’appui technique, de soutien à la petite irrigation et d’encadrement de l’aide d’urgence, mais sa mise en œuvre n’est pas exempte de contradictions. La capacité de l’I3N à renouveler la politique agricole du pays fait débat (Hamadou Daouda, 2015). L’objectif de cet article est d’analyser plus spécifiquement les perspectives pour les exploitations familiales au travers des résultats de la première phase de l’I3N, de l’évolution des orientations et des priorités entre 2012 et 2017 ainsi que du positionnement des bailleurs de fonds. L’I3N a fait l’objet d’un premier bilan couvrant la période 2011-2015 faisant état des réalisations, plusieurs documents programmatiques ont été publiés mettant en évidence des réorientations et les bailleurs de fonds dont dépend largement l’initiative ont eu des positions sensiblement différentes quant à l’appui aux instruments proposés. L’étude est réalisée dans le cadre d’un programme de recherche portant sur les exploitations familiales et la petite irrigation dans les régions de Dosso et de Maradi dont un des objectifs est d’analyser la place des exploitations familiales dans le cadre politique et institutionnel de l’I3N.

De la stratégie de développement rural à l’I3N

4L’autosuffisance alimentaire a été au cœur des politiques agricoles des pays du Sud des années 1960 à 1980 (CSAO, 2007). Le concept renvoie à la capacité d’un pays à satisfaire les besoins alimentaires de sa population par la production nationale (Ba, 2008 ; Roudart, 2002). Il fut abandonné dans les années 1990 au profit du concept de sécurité alimentaire intégrant le marché et le libre-échange des produits agricoles (Laroche et al., 2010). Le Niger ne fait pas exception. Les politiques agricoles, notamment à la suite de la sécheresse prolongée des années 1970, furent clairement orientées vers l’autosuffisance alimentaire à travers des investissements importants en matière de subventions aux producteurs, de la mise en place de la filière semencière et la réalisation d’aménagements hydro-agricoles (Hamadou, 2000). À partir de 1984, les programmes d’ajustement structurel auxquels le pays fut soumis mirent un terme à la politique interventionniste de l’État et le concept de sécurité alimentaire supplanta celui d’autosuffisance alimentaire (Hamadou Daouda, 2015).

5La SDR élaborée en 2003 à la demande des bailleurs de fonds s’inscrivait dans la ligne des accords régionaux et internationaux de politique économique et commerciale, promouvant une approche transnationale de la sécurité alimentaire (Ba, 2008). L’I3N s’apparente à un retour aux sources en affichant un objectif d’autosuffisance alimentaire. Les « Nigériens nourrissent les Nigériens » ; le slogan est fort et affirme une volonté de rupture avec la politique antérieure. L’I3N reconduit toutefois les axes prioritaires de la SDR tels que le développement de l’irrigation. La politique d’aménagement hydro-agricole est poursuivie, l’I3N prévoit la construction de plusieurs barrages et une extension significative des périmètres hydro-agricoles. Les principales innovations de l’I3N portent sur le financement et l’accès au crédit, la petite irrigation et l’appui technique aux agriculteurs au travers de trois instruments : le Fonds d’investissement pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (FISAN), la Stratégie de petite irrigation au Niger (SPIN) et la Maison du paysan. Par ailleurs, l’initiative propose un encadrement de l’aide humanitaire.

6Le FISAN porte sur le financement de la production, des infrastructures, du conseil agricole et de la recherche. Ce fonds est un des éléments les plus novateurs de la stratégie par rapport à la SDR. Il s’attaque dans le domaine clé du financement de l’agriculture aux incohérences de l’aide au développement. Le constat établi en 2012 met en évidence une grande confusion du fait des multiples modalités et conditionnalités de financement dont la durée était souvent liée à celle des projets les ayant mis en place. La coexistence pour les mêmes activités agricoles d’appui sous forme de dons et des prêts plus ou moins bonifiés est un problème récurrent. Ces offres divergentes induisent de fortes disparités régionales et une concurrence lorsqu’elles cohabitent sur un même espace. Le FISAN vise à structurer et pérenniser le financement de l’agriculture en coordonnant la mobilisation des fonds, en instituant des dispositifs pérennes et des principes communs en matière d’attribution et de gestion des financements.

7L’objectif est de renforcer l’action et les capacités des institutions financières pour lesquelles les risques inhérents à l’agriculture et le peu, sinon l’absence, de garanties pour une majorité de producteurs sont rédhibitoires. Le FISAN propose de cofinancer les projets d’investissement, de fournir une caution partielle des crédits au travers d’un fonds de garantie et de refinancer les institutions financières en levant des fonds auprès des organisations financières internationales. (République du Niger, 2015c, 2017a).

8La petite irrigation fait l’objet d’une approche dédiée avec l’adoption de la SPIN. Cette dernière se démarque des pratiques des programmes d’aide au développement, en proposant de « sortir des formes classiques de projets d’irrigation où les actions sont programmées d’avance avant même de connaître les besoins ou préoccupations réels des exploitants » (République du Niger, 2015d). Le but est par ailleurs d’harmoniser les interventions des programmes d’appui à la petite irrigation. Plus d’une vingtaine de programmes portant sur la petite irrigation, avec des objectifs et des modalités variables, ont été recensés en 2016 (Fagnière, 2016). La stratégie se veut centrée sur les demandes des producteurs individuels et des groupements. La gestion des demandes repose sur les mairies et les organisations de producteurs.

9Le programme initial de l’I3N proposait une large offre de services au niveau des communes, des villages et des exploitations familiales incluant des magasins de stockage, des unités d’approvisionnement et de maintenance, des équipements collectifs, des services techniques et des aménagements notamment en matière d’irrigation (République du Niger, 2012a). Initialement présenté comme un « kit de service », ce volet prend la dénomination de plateforme de services intégrés ou maisons de paysans dans le plan d’accélération 2014-2015 de l’I3N dont il constitue la première composante (République du Niger, 2014). La plateforme est renommée « La Maison du paysan » dans le plan d’action 2016-2020 (République du Niger, 2015b). La singularisation de l’intitulé traduit l’importance stratégique de ce volet dans le plan d’action et sa fonction de vitrine de l’I3N. Par rapport au « kit » initial, l’offre est cependant réduite pour se concentrer sur le stockage, l’approvisionnement en intrants et en aliments pour le bétail, la maintenance et la location de matériel agricole, la formation professionnelle et la mise en place d’un système financier décentralisé (République du Niger, 2016b). L’objectif à l’horizon 2020 est que toutes les communes soient dotées d’une Maison du paysan.

10Quelle a été la portée de ces instruments au cours de la première phase de l’I3N ? L’évolution de l’aide humanitaire est un indicateur important en matière d’avancée dans la réalisation de l’objectif premier de l’Initiative.

La pérennisation de l’aide humanitaire

11Le montant alloué à l’aide d’urgence est passé de 165 milliards de francs CFA initialement budgétés à 688 milliards en 2015 (République du Niger, 2015a). Cette forte augmentation s’explique pour partie par la crise alimentaire de 2011, mais elle traduit surtout un phénomène de fond en matière de dépendance croissante vis-à-vis de l’aide humanitaire (Michiels et al., 2012). De 2011 à 2015, l’augmentation de l’aide dite d’urgence résulte en effet de l’implantation durable des organisations d’aide humanitaire à la suite des crises successives et de l’extension de leur champ d’activité. La plupart des organisations qui sont intervenues à l’occasion d’une des trois dernières crises alimentaires ont en effet maintenu leur présence dans le pays au-delà de la période de crise justifiant leur première intervention (Olivier de Sardan, 2011a, 2011b). Le mouvement initié à la suite de la crise de 2005 s’est poursuivi au cours des dernières années. Les programmes de distribution d’aide alimentaire mis en place à la suite des crises ont été reconduits année après année et se sont amplifiés depuis 2005. Par ailleurs, des organisations humanitaires telles que Qatar Charity, Samaritan’s Purse, Save The Children, GOAL, Mercy Corps, HELP et Médecins du Monde ont étendu leurs activités dans le domaine du développement.

12Le budget du programme d’urgence dont le montant constituait au terme de la première phase 51 % du budget total de l’I3N inclut ainsi des activités dans divers domaines tels l’appui à la petite irrigation, la récupération de terres dégradées et la distribution d’aliment du bétail. Entre 2011 et 2015, environ un quart des réalisations en matière de petite irrigation a été financé par le programme d’urgence, il en est de même pour la récupération des terres dégradées (tableau 1). Le même programme d’urgence a financé 20 % de la distribution d’aliment du bétail et distribué quelques 120 000 petits ruminants aux groupes vulnérables.

Tableau 1- Contribution du programme d’urgence au bilan 2011-2015 de l’I3N

Total I3N

Programme d’urgence

Irrigation

Surfaces aménagées

18 529 ha

5 137 ha

28 %

Forages

17 525

3 918

22 %

Puits

3 821

1 264

33 %

Motopompes

18 187

3 918

22 %

Récupération de terres dégradées

218 219 ha

52 470 ha

24 %

Aliments du bétail

103 106 t.

205 000 t.

20 %

Source : Haut-Commissariat à l’Initiative 3N, 2015, Bilan 2011-2015 de mise en œuvre de l’I3N (République du Niger, 2015a)

13L’implantation durable des programmes d’aide humanitaire au-delà des périodes de crises pose question. Elle perpétue et renforce la logique d’assistanat et « l’addiction à l’aide » (Michiels et al., 2012 ; Rossi, 2007), à l’opposé de l’objectif premier de l’I3N. Les programmes mis en œuvre par des organisations humanitaires privilégient le plus souvent une aide sous forme de dons concurrençant les programmes de développement reposant sur un principe de financement partiel par les bénéficiaires et/ou de recours aux crédits.

14Le plan d’action 2016-2020 de l’I3N soulève le problème de l’extension des activités des organisations humanitaires et souligne le besoin de préciser le cadre d’intervention de l’aide humanitaire afin de différencier l’aide d’urgence, les interventions de réduction de la vulnérabilité et l’aide au développement (République du Niger, 2017b). Ce cadrage permettra-t-il d’inverser la tendance en matière d’implantation d’organisations humanitaires ? La réduction de la vulnérabilité chronique laisse à ces organisations un large champ d’action, car les groupes les plus vulnérables, tels que les familles dépendant des productions pluviales, sont marginalisés au sein de l’I3N dont la priorité est de développer les cultures irriguées.

Le financement de la petite irrigation

15L’I3N s’inscrit dans la ligne de la SDR en priorisant le développement de l’irrigation, mais en accordant cependant beaucoup plus à la petite irrigation à bas coût mise en œuvre par les exploitations familiales. La SPIN a pour objectif « l’amélioration de la contribution de la petite irrigation à l’atteinte de la sécurité alimentaire et nutritionnelle » (République du Niger, 2015d). Le plan d’action de la SPIN prévoit l’aménagement de 56 000 hectares de terres irrigables et la réhabilitation de 16 000 hectares soit près de 50 % de l’objectif de l’I3N en matière d’extension et de réhabilitation des terres irriguées.

16Les études menées dans les régions de Dosso et Maradi mettent en évidence une nette augmentation des revenus et de la couverture des besoins alimentaires des exploitations familiales grâce à la petite irrigation principalement dédiée aux cultures maraîchères de contre saison (Cochand et al., 2012). Ces études soulèvent par ailleurs la question du financement des investissements pour accéder à l’irrigation qui est centrale en matière d’appui au développement de la petite irrigation. La baisse sensible du prix des équipements, motopompes et tuyaux, ainsi que des forages qui se sont substitués aux puits, a nettement réduit en l’espace d’une quinzaine d’années le montant des investissements initiaux. Ces derniers, actuellement de l’ordre de 250 000 francs CFA pour une surface de 0,3 à 0,6 ha excèdent toutefois les capacités financières de la grande majorité des exploitants disposant de terres irrigables.

17L’I3N propose au travers de la SPIN et du FISAN deux mécanismes distincts de financement en matière de petite irrigation. Dans le cas du FISAN, le financement se fonde sur l’attribution de prêts complétés par un subventionnement et un apport des bénéficiaires. La SPIN reprend le modèle du projet de promotion de l’irrigation privée (PIP) de la Banque Mondiale, mis en œuvre de 1998 à 2008, avec un subventionnement de 80 % des investissements et un apport personnel des bénéficiaires de 20 %. La coexistence de ces deux instruments pose question notamment du fait que les dons bénéficient le plus souvent aux producteurs les plus aisés tels que cela fut le cas dans le cadre du PIP. Le mécanisme de financement du projet PIP a largement bénéficié aux commerçants et fonctionnaires disposant de terres irrigables ou ayant acheté des terres pour obtenir un don du PIP (Cantoreggi, 2012). Dans le département de Gaya les deux tiers des bénéficiaires du PIP sont des commerçants et des fonctionnaires (Jaubert et al., 2011). Compte tenu de la rentabilité des productions maraîchères irriguées, les dons ne sont pas nécessairement justifiés, particulièrement lorsqu’ils sont attribués aux plus aisés. Par ailleurs, le coût prévisionnel par hectare aménagé dans le cadre de la SPIN est de 3 millions francs CFA.

  • 1 PADAD : Programme d’appui au développement agricole durable dans la région de Dosso, coopération lu (...)

18La SPIN par son mode de financement entre en concurrence avec le FISAN en attribuant des dons aux emprunteurs potentiels les plus solvables et en divisant les bailleurs de fonds. Parmi ces derniers, certains, tels que l’agence allemande de coopération internationale (GIZ), ont fait le choix d’appuyer la SPIN au détriment du FISAN. D’autres, tels que la coopération suisse, privilégient le FISAN. Ce dernier n’a cependant que peu mobilisé les bailleurs de fonds. Seuls cinq bailleurs, les coopérations suisse, danoise et luxembourgeoise, le FIDA et plus récemment, l’AFD ont inscrit leur mécanisme de financement dans le dispositif du FISAN, au travers de leurs programmes (PADAD, PECEA, PAPI et ProDAF)1. Cette faible adhésion peut s’expliquer pour partie par les difficultés du dispositif. Le Fonds s’appuie en effet sur des organismes de financement tels que la Banque agricole du Niger (BAGRI), mal adaptés à la gestion de dossiers de prêts inférieurs à 500 000 francs CFA. Paradoxalement, le montant limité des investissements requis par la petite irrigation à bas coûts s’avère être un handicap en matière d’accès aux crédits. Une étude récente de l’offre de crédit agricole des trois principales institutions financières du secteur, la BAGRI, Taanadi SA et ASUSU SA, livre un diagnostic alarmant. Ces institutions financières ne disposent en effet, ni des ressources financières, ni de stratégie. Leurs procédures, méthodes et outils sont inadaptés et leurs moyens humains et logistiques insuffisants. Leur connaissance des filières et des principales cultures est limitée (HORUS, 2017).

19En dernier lieu, lorsque les prêts sont attribués, les fonds empruntés sont versés non pas aux agriculteurs, mais aux entrepreneurs réalisant les aménagements et fournissant les équipements. Cette gestion des prêts induit souvent une surfacturation des équipements, motopompes et clôtures notamment (DDC, 2017). Plus fondamentalement, cette gestion financière est en contradiction avec l’objectif de mobilisation des producteurs supposant l’instauration d’une relation de confiance avec ces derniers.

L’agriculture pluviale et le petit élevage à l’abandon

20Si le développement de l’irrigation est une priorité justifiée, il n’en reste pas moins que l’agriculture nigérienne repose essentiellement sur les cultures pluviales et l’élevage. Pour que les Nigériens nourrissent les Nigériens, la production de céréales pluviales et l’élevage sont de toute évidence des priorités. Le peu de soutien à l’agriculture pluviale et au petit élevage, pratiqués par plus de 80 % des agriculteurs, constitue certainement la plus grande faiblesse de l’I3N en matière d’appui aux exploitations familiales.

21Les productions pluviales, essentiellement céréalières (mil et sorgho) couvrent près de 70 % des surfaces cultivées du pays. La production agricole a augmenté, au cours des cinquante dernières années, de 2 % par an en moyenne. La performance est notable, mais nettement inférieure au taux de croissance démographique (3,9 % par an). L’augmentation de la production céréalière provient surtout d’une extension des surfaces cultivées. La surface en céréales a ainsi plus que doublé entre 1980 et 2007, passant de 3,9 à plus de 9 millions d’hectares (FAO Stat). La surface cultivée par personne s’est toutefois réduite de 20 % entre 1980 et 2006 passant de 0,55 à 0,44 hectare. Par ailleurs, les rendements des principales cultures vivrières ont décliné : - 11,7 % pour le mil, - 44,5 % pour le sorgho, entre 1980 et 2011 (Sako et N’Goma-Kimbatsa, 2011). Les rendements moyens de mil et de sorgho, respectivement de 477 et 361 kg/hectare, sont les plus bas de la bande sahélienne (République du Niger, 2015d). Une augmentation sensible des rendements est techniquement possible moyennant l’accès des producteurs aux fertilisants et semences adaptés et des mesures antiérosives et du reboisement (République du Niger, 2015a, 2012). Si ce potentiel est reconnu par l’I3N, les mesures et investissements pour le réaliser sont très limités, voire insignifiants. Au cours de la période 2011-2015, les dépenses en faveur des cultures pluviales n’ont pas dépassé 4 % du budget de l’I3N.

22Près de 80 % des exploitations familiales disposent d’un petit élevage sédentaire, équivalant en moyenne à 2,6 unités de bétail tropical par exploitation, qui fournit 7 % des revenus de ces dernières (République du Niger, 2011). L’appui à l’élevage ne représente que 6 % du budget de l’I3N et porte prioritairement sur l’hydraulique pastorale et les campagnes de vaccination qui intéressent en premier lieu l’élevage transhumant. En matière de petit élevage, l’I3N se réduit à la distribution par le programme d’urgence de petits ruminants aux ménages vulnérables.

23Par ailleurs, l’accès aux crédits, qui demeure une des contraintes majeures des agriculteurs, qu’il s’agisse des cultures pluviales ou de l’élevage, ne semble pas pouvoir être significativement amélioré dans le cadre du FISAN. À l’exception du PECEA, les organismes de financement dont la Banque agricole, excluent en effet les prêts pour la production des cultures pluviales et le petit élevage, jugés à hauts risques. En l’absence de fonds de garantie tel que c’est le cas actuellement, le financement de l’agriculture pluviale est dans une impasse cantonnant la majorité des familles aux programmes d’aide humanitaire.

24La capacité des Maisons du paysan à fournir un appui effectif à l’agriculture pluviale et au petit élevage reste hypothétique en particulier en l’absence d’un système de financement adéquat. Initialement présentée comme un kit de services aux producteurs, la Maison du paysan a été renforcée dans le programme d’accélération 2014-2015 de l’I3N pour devenir une pièce maîtresse du plan d’action 2016-2020. Ce volet s’est matérialisé par des investissements publics (tracteurs, bâtiments, équipements, intrants, etc.). Mais faute de concertation préalable avec les bénéficiaires et les organisations paysannes, au-delà de l’effet d’image, les services tels que la mise à disposition de tracteurs ne répondent pas aux besoins immédiats. L’absence de concertation soulève la question de la représentation et de la participation des organisations paysannes dans les processus de décision.

La marginalisation des organisations paysannes

25Le désengagement de l’État, des années 1980 à 2000, consécutif aux politiques d’ajustement structurel, a favorisé le développement du secteur associatif en Afrique de l’Ouest (Mercoiret, 2006 ; Berthomé, 2000). Il a été recensé plus de 30 000 organisations sur l’ensemble du territoire et regroupant environ un million d’adhérents (République du Niger, 2008). Elles sont structurées pour la plupart au sein d’organisations paysannes faîtières (OPF) régionales et nationales. Ces OPF couvrent l’essentiel des thématiques liées au développement rural et s’affirment progressivement aux plans politique, économique et social, comme des acteurs clés de la promotion du secteur rural. Elles sont particulièrement engagées dans la promotion de l’agriculture familiale au plan régional et entendent jouer un rôle dans la formulation et la mise en œuvre des politiques sectorielles (DDC, 2017).

26La contribution des organisations paysannes à l’élaboration de l’I3N a cependant été limitée du fait de leur très faible représentation dans le processus. Sur ce plan, l’I3N ne se distingue pas de la SDR (Ehrnrooth, 2009). Au cours de l’atelier de validation de l’I3N, les OPF ont pris une position critique en soulignant que l’agriculture familiale n’est pas clairement affichée comme une priorité et en déplorant que le soutien à son égard n’ait pas été plus affirmé (Atelier national de validation de l’Initiative 3N, 2012).

27La référence aux OP dans le premier cadre stratégique de l’I3N était pourtant positive. « Les organisations coopératives et associations professionnelles en milieu rural s’organisent de mieux en mieux à la faveur du désengagement progressif de l’État, de la libéralisation de l’économie et de l’approche participative en matière de développement rural » (République du Niger, 2012a). Des faiblesses sont cependant signalées. « Ces organisations présentent encore des insuffisances relatives notamment à des difficultés d’accès aux financements, au manque de personnel technique, à leur faible capacité organisationnelle et à l’insuffisance de transparence dans la gestion ». Ce constat, à la fois de l’importance des OP et de leurs faiblesses, semble appeler à un renforcement de leurs capacités pour contribuer à la réalisation des objectifs de l’I3N. Tel n’est pas le cas, la stratégie ne prévoit en effet aucun appui aux OP. En 2016, tout appui semble définitivement exclu. « De création récente, les organisations paysannes sont très faiblement structurées. Peu sont les OP dont les organes de gestion fonctionnent conformément aux textes régissant ces structures. Beaucoup d’entre elles sont créées dans le cadre de la mise en œuvre des projets et programmes. Elles sont organisées à partir du village pour remonter à la commune, à la région au niveau national. Les fédérations nationales d’organisations paysannes existent. Cependant, le plus souvent l’OP est confondue au président de l’organe de gestion » (République du Niger, 2016). Le jugement est catégorique. Le fait que les OP et leurs organisations faîtières se trouvent ainsi écartées pose question quant à la représentation des exploitations familiales dans les processus de décision. Le sentiment de marginalisation exprimé par les OP lors de l’atelier de validation de l’I3N ne peut être que renforcé par le plan d’action 2016-2020.

28La marginalisation des OP va de pair avec la montée en puissance des Chambres d’agriculture en tant que principal interlocuteur auprès des services d’État. Le projet de création des Chambres régionales d’agriculture du Niger date de 2000, les huit Chambres régionales ont été mises en place en 2004 et 2005. Le Réseau national des Chambres d’agriculture (RECA) a été créé en 2006. Le document de politique agricole de 2016 définit les Chambres d’agriculture comme les organismes représentatifs de la profession agricole (République du Niger, 2016). Les Chambres d’agriculture et le RECA sont certainement à même, pour peu qu’ils soient dotés des moyens suffisants, d’assurer leur fonction d’encadrement et de soutien à la structuration du monde rural ainsi que d’appui-conseil aux producteurs. Ils ne sont cependant pas des substituts aux organisations paysannes dans leur dimension politique tant au plan national que régional de représentation et de défense des exploitations familiales au-delà de la production agricole.

Conclusion

29Le renforcement des capacités de production des exploitations familiales est une condition essentielle pour rompre avec « l’addiction à l’aide » et la succession des crises alimentaires. Si l’I3N reconduit les grandes lignes des politiques antérieures, telles que la priorité donnée à l’irrigation, elle affiche aussi une volonté de remise en question de la logique d’assistanat et des pratiques de la coopération au développement et de l’aide humanitaire via des innovations qui portent sur la création d’un fonds d’investissement, la petite irrigation et l’encadrement de l’aide d’urgence.

30Le bilan de la première phase (2011-2015) de l’I3N est peu probant, voire alarmant, en matière de dépendance vis-à-vis de l’aide humanitaire. L’implantation durable des organisations humanitaires observée depuis 2005 s’est en effet poursuivie après la période de crise de 2011. Les réalisations de l’I3N dans sa première phase reposent largement sur le programme d’urgence dont le budget initial a été nettement augmenté. Cette situation entretient une forte dépendance vis-à-vis de l’aide humanitaire favorisant la répétition des crises. À la suite de son premier bilan, l’I3N propose d’encadrer l’aide humanitaire en distinguant, l’aide d’urgence, l’aide aux plus vulnérables et l’aide au développement. Au-delà de la catégorisation de l’aide, l’appui aux exploitations familiales reste un problème de fond.

31La petite irrigation, pour les exploitations disposant de terres irrigables, permet une nette amélioration des revenus et de la couverture des besoins alimentaires des exploitations familiales. Un des objectifs prioritaires de l’I3N est le développement de cette petite irrigation au travers de la SPIN. Mais cette stratégie, en reprenant le système de financement des programmes précédents, perpétue l’exclusion d’une grande partie des exploitations familiales ne pouvant remplir les conditions d’attribution des aides. Le FISAN est en théorie un instrument plus approprié, mais en pratique inopérant jusqu’à présent du fait de l’inadaptation des services financiers sur lesquels il repose et de la faible adhésion des bailleurs de fonds.

32Si la petite irrigation est une priorité, tel n’est pas le cas des cultures pluviales et du petit élevage dont dépendent près de 80 % des exploitations familiales. La Maison du paysan dont l’objet est de fournir un ensemble de services aux agriculteurs pourra difficilement dépasser sa fonction de vitrine dans les conditions présentes en matière d’accès au crédit. En l’absence de fonds de garantie, les organismes financiers excluent en effet les prêts pour les cultures pluviales et le petit élevage, jugés à hauts risques. Sur ce plan, les difficultés du FISAN sont un obstacle majeur à l’amélioration de la situation des exploitations familiales dépendantes des cultures pluviales et du petit élevage.

33L’I3N peut-elle s’adapter aux besoins et contraintes des exploitations familiales ? La marginalisation des organisations paysannes au sein des processus de concertation augure mal d’une réelle volonté politique en faveur des exploitations familiales. « Les Nigériens nourrissent les Nigériens » : le slogan est fort, la volonté annoncée de rupture avec les politiques antérieures l’est beaucoup moins pour ce qui concerne l’appui aux exploitations familiales et aux organisations paysannes.

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Bibliographie

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Notes

1 PADAD : Programme d’appui au développement agricole durable dans la région de Dosso, coopération luxembourgeoise ; PECEA : Programme de promotion de l’emploi et de la croissance économique dans l’agriculture, coopération danoise ; PAPI : Programme d’appui à la petite irrigation, coopération suisse ; ProDAF : Programme de développement de l’agriculture familiale-Fonds international de développement agricole (FIDA).

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Pour citer cet article

Référence papier

Soufiyane Amadou, Nicola Cantoreggi et Ronald Jaubert, « Les Nigériens nourrissent les Nigériens : quelles perspectives pour les exploitations familiales ? »Les Cahiers d’Outre-Mer, 278 | 2018, 337-351.

Référence électronique

Soufiyane Amadou, Nicola Cantoreggi et Ronald Jaubert, « Les Nigériens nourrissent les Nigériens : quelles perspectives pour les exploitations familiales ? »Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 278 | Juillet-Décembre, mis en ligne le 01 janvier 2022, consulté le 18 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/9282 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/com.9282

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Auteurs

Soufiyane Amadou

Bureau de coopération suisse, Rue du Souvenir 267, Niamey, Niger. Institut de géographie et durabilité, Faculté des géosciences et de l’environnement, Université de Lausanne, 1022 Chavannes-près-Renens, Suisse. Courriel : asoufiyane(at)gmail.com

Nicola Cantoreggi

Institut de la gouvernance environnementale et du développement territorial, Université de Genève, Bd. Carl-Vogt 66, 1205 Genève, Suisse. Courriel : nicola.cantoreggi(at)unige.ch

Ronald Jaubert

Institut de hautes études internationales et du développement, Chemin Eugène-Rigot 2, 1202 Genève, Suisse. Courriel : ronald.jaubert(at)graduateinstitute.ch.

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Droits d’auteur

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