Navigation – Plan du site

AccueilNuméros278Dossier« We are operating in a global ec...

Dossier

« We are operating in a global economy »

Accès aux marchés et différenciations des agricultures est-africaines
Bernard Calas
p. 317-335

Résumés

La comparaison de trois terrains situés en Ouganda et au Kenya permet de montrer les dynamiques d’intégration aux marchés mondiaux des agricultures est-africaines. L’introduction récente du riz, des oléagineux, des légumes de contre saison ou encore des fleurs de saison se fait principalement sous l’impulsion de coalitions de croissance agricoles ad hoc réunissant les paysans volontaires, des ONG expertes, des entreprises agro-exportatrices souvent diasporiques, les services techniques étatiques et des bailleurs de fonds internationaux attachés à promouvoir le développement. Elle provoque une structuration de l’espace en bassins de production dessinés par les réseaux de collecte et une différenciation sociale croissance des espaces agricoles avec l’apparition de nouveaux socio-types incarnant l’intégration aux chaines de valeur globales.

Haut de page

Texte intégral

1Pour lire la coexistence des agricultures des espaces tropicaux, il faut désormais examiner les nuances de leur intégration à l’économie mondiale et les différenciations socio-spatiales induites. Pour ce faire, l’approche la plus commode consiste à comparer des situations proches, spatialement ou socialement ou économiquement. La plupart du temps, une telle approche vise explicitement à questionner le discours sur la mondialisation homogénéisatrice. En revenant sur le caractère homogénéisant apparent de cette dynamique, souvent présentée comme irrésistible et pour laquelle le milieu local serait un simple support, une pâte molle en quelque sorte, la plupart des scientifiques tentent de montrer que l’intégration dans l’économie mondiale et la greffe capitaliste qu’elle implique présentent d’indéniables nuances locales et qu’il faut souligner l’importance du support pré-existant et la marge de manœuvre des acteurs et ainsi, par-delà l’apparente contemporanéité des évolutions, insister sur l’irréductible historicité des dynamiques. Il semble donc bien que la « trajectoire des mondes agricoles ne soit pas lissée par le processus de globalisation. Ce serait même le contraire puisque ce processus nourrirait voire accentuerait la pluralité des mondes agricoles ». (Hervieu & Purseigle, 178, 2009). Cependant, il me semble qu’à trop vouloir insister sur cette diversité locale on finit par oublier la récurrence des processus intégrateurs. En effet, il ne faudrait pas oublier la grande similitude des processus qui, par-delà l’historicité et les singularités des situations locales, rapproche les situations les unes des autres.

  • 1 Chacun de ces terrains a déjà fait l’objet de publications (Calas & Fautras 2013, Torretti et al. 2 (...)

2Les terrains qui servent cette démonstration sont les marais d’Olweny dans la région du Lango dans le nord de l’Ouganda, les bas-fonds de la région de Muranga dans la Province centrale du Kenya et les exploitations agro-sylvo-pastorales du plateau du Kinangop entre les Aberdares et le lac de Naivasha, au Kenya également1.

Photographie 1 – Les marais rizicoles d’Olweny

Photographie 1 – Les marais rizicoles d’Olweny

Photographie 2 – Les bas-fonds de Muranga couverts de plants de haricots verts

Photographie 2 – Les bas-fonds de Muranga couverts de plants de haricots verts

Photographie 3 – Parcelle de haricots mange-tout irriguée sur le plateau du Kinangop

Photographie 3 – Parcelle de haricots mange-tout irriguée sur le plateau du Kinangop

3Ces espaces ont en commun d’être relativement peuplés et mis en valeur par une multitude de petites voire micro-exploitations paysannes combinant cultures vivrières et cultures commerciales introduites récemment, qui font l’objet de l’intégration à l’économie globale. Ces productions commerciales récentes sont le riz et les oléagineux (tournesol et sésame) dans le cas ougandais, le haricot vert à Muranga et le haricot mange-tout ou les fleurs de saison (summer flower) sur le plateau du Kinangop au Kenya. Chacune de ces plantes a été introduite récemment dans les finages considérés : dans les années 1980 pour le riz à Olweny ; dans les années 1990 pour le tournesol d’Olweny ; la première décennie des années 2000 pour les haricots verts de Muranga et le mange-tout du Kinangop. A chaque fois, cette introduction récente a été le fait d’acteurs exogènes, extérieurs au milieu socio-économique local : les coopérants chinois pour le riz dans le nord ougandais, les horticulteurs hollandais pour les fleurs du Kinangop, une coalition ad hoc de banquiers souverains français de l’AFD et d’entrepreneurs ismaéliens à Muranga, des entrepreneurs indiens ougandais pour le tournesol et kenyans pour les mange-tout. Seul le sésame lango préexistait à l’industrialisation de sa collecte et de son conditionnement. En effet, il s’insérait dans les rotations culturales précoloniales. Le boom récent du sésame nord-ougandais a été le fait d’entrepreneurs indiens qui, après avoir été expulsés d’Ouganda en 1972 par Idi Amin Dada (Prunier, 1988), y sont revenus dans les années 1990.

4L’horizon de commercialisation de ces productions est situé hors du finage d’origine : l’Europe pour les mange-tout, les haricots verts et les fleurs de saison, le marché urbain est-africain pour le riz, l’huile de tournesol et le sésame. Pour les paysans, la finalité productive est avant tout monétaire : il s’agit d’accéder au numéraire ; la tendance lourde sous-jacente à ces évolutions est la monétarisation des exploitations agricoles et l’intégration des terroirs à l’économie globale. C’est précisément cette double extraénité, du capital et de l’horizon de consommation, qui peut justifier la comparaison de ces espaces et de la façon dont ils participent à l’économie globale et par là même s’en trouvent transformés.

5Pour mener à bien cette comparaison, trois temps : celui des investisseurs à l’origine de cette introduction productive puis celui des avantages comparatifs qu’ils sont allés saisir en ces lieux et, enfin, celui des différenciations induites par l’arrimage au marché et principalement par la quête de la licence d’exportation que beaucoup de petits producteurs entreprennent ou rêvent d’entreprendre.

Qui est à l’origine de cette greffe capitaliste en ces lieux disparates ? En d’autres termes qui la finance et dans quels buts ?

6La plupart du temps ce sont des acteurs extérieurs, disposant de capitaux qui invitent, incitent, amènent les paysans à s’intéresser à des cultures d’exportation. Néanmoins, au-delà de cette généralité, des nuances nettes distinguent les situations.

7À Lira en Ouganda comme à Muranga ou au Kinangop au Kenya, des capitaux est-africains, indiens ou internationaux mais implantés depuis longtemps en Afrique sont à l’origine de la culture du tournesol, du haricot vert ou du mange tout. De grands groupes : Mukwano, IPS et sa filiale FrigoKen, Finlay, ont sollicité les petits paysans pour signer des contrats de production, avec l’intention d’assurer ainsi un approvisionnement régulier susceptible de rentabiliser leurs investissements industriels agro-alimentaires : huileries à Lira et usine frigorifique de conditionnement du haricot vert à Nairobi ou leur filière exportatrice vers l’Europe, filières structurées autour du hub aéroportuaire de Nairobi.

Photographie 4 – Monsieur Maina et ses contrats d’approvisionnement

Photographie 4 – Monsieur Maina et ses contrats d’approvisionnement

8Enfin, sur le plateau du Kinangop, la diffusion des fleurs de saison a été menée sous l’impulsion de groupes essentiellement hollandais qui voyaient ainsi une diversification possible par rapport à la culture des roses des rives du lac Naivasha (Calas, 2013). La modernisation des agricultures est-africaines apparaît donc le fait d’un capitalisme nomade qui s’arrime ou d’un capitalisme diasporique qui s’ancre (Debarbieux, 2015). Ces investissements sont parfois très lourds et engagent des lieux souvent très éloignés du terrain de production. Illustrant involontairement l’espace relationnel de Harvey (2010), le Chief Executive Officer de Mukwano à Lira ne dit pas autre chose. « We are operating in a global economy so we must have the right seeds. We identified the seeds in South Africa and brought in a container to start with. The container was transported all the way from Jo’burg… to Lira. The logistics of doing this are not anywhere near the reach of any local farmer… But also we provide logistical support. For example, when the harvest is ready, we provide them with bags for packing, polythene bags for cleaning and drying, and we shield them from night traders » « The company plans to establish a power plant. We already have the consultants. We shall use the sunflower cakes to do this. We plan to install in the north where there is plenty of land that is not expensive. This is a good example of private sector led growth. But the government needs to come and help us through tax breaks, zoning laws, and others so that we can avoid copycats ».

9Cependant, au-delà de ces investisseurs, les projets impliquent aussi les autorités publiques. La plupart des nouvelles introductions résultent en fait d’une concertation entre investisseurs et politiques. Le projet rizicole d’Olweny a mobilisé l’État ougandais, dans sa permanence technocratique, et ce au-delà même des changements de régime d’Obote II (1980-1985) à Okello (1985-1986) puis Museveni (depuis 1986) et ce en dépit des crises. Loin de signifier le recul de l’État, la pénétration du capitalisme marchand et des circuits de commercialisation exprime sa banalisation et son efficience. Par-delà leurs différences, les scènes ougandaise et kenyane soulignent l’importance de l’attitude des élites politiques nationales vis-à-vis des entreprises capitalistes, souvent exogènes. La période n’est plus au socialisme ni aux grands projets nationalistes, elle n’est plus non plus aux petits projets autocentrés : la logique libérale et l’emprise des entreprises sur le devenir des espaces et des hommes apparaît tout à fait claire et cohérente avec la vision d’un Etat développemental attaché à créer de la richesse nationale autant qu’à diminuer la pauvreté paysanne. En fait, au-delà de la stricte échelle du terroir voire du finage, l’arrimage de ces espaces agricoles aux circuits de la globalisation passe par la mise en œuvre, par les élites politiques, d’une politique macroéconomique favorable aux entreprises.

10Par ailleurs, dans chacun des cas, des bailleurs extérieurs sont intervenus pour promouvoir la « modernisation agricole » et ce faisant faire levier au développement. En Ouganda, si les entreprises indiennes sont incontestablement à la manœuvre, la diffusion de la riziculture dans le cadre du projet d’aménagement des bas-fonds d’Olweny résulte de prêts de la Banque Africaine de Développement (BAfD) qui réactivent de vieux projets chinois. Dans cette zone, l’État ougandais a été l’interlocuteur obligé des intervenants extérieurs : d’abord la coopération chinoise puis les bailleurs de fonds internationaux (Torretti et al., 2015). Ceci rappelle combien la monétarisation de l’agriculture et son intégration dans les circuits commerciaux sont le fruit non pas seulement d’une décision d’investissements privés mais aussi de jeux d’acteurs, souvent complexes, parfois compliqués par les aléas historiques, dans lequel les appareils d’État sont très présents. Le capitalisme au service de la fraternité des projets des non-alignés ! De même, sur le Kinangop, la diffusion de la fleur de saison est appuyée par les liens entre les entreprises exportatrices hollandaises, le DSV, la banque hollandaise de développement agricole RaboBank et les institutions paraétatiques kenyanes.

11Plus à l’est, le développement du haricot vert surgelé a été dû à la rencontre entre l’IPS, holding ismaëlien, l’Agence Française de Développement (AFD) et le groupe Bonduelle. Au moyen de prêts – parfois concessionnels – au secteur privé, l’objectif de l’AFD est de promouvoir la diversification agricole africaine vers des activités à la fois profitables et socialement responsables. Le maraîchage présente le double avantage de contribuer à la diversification de la balance commerciale nationale, d’induire une première transformation/conditionnement à Nairobi et, dans les zones de production, en développant une nouvelle culture, de contractualiser une main-d’œuvre féminine dont il vise à contribuer à l’empowerment. En effet, l’une des conditions du prêt de l’AFD à l’IPS était cette dimension favorable à l’autonomie économique des femmes. Aussi, l’immense majorité des producteurs de haricots verts à Muranga sont-elles des femmes. L’IPS s’est entendue avec une banque kenyane en l’occurrence Equity bank pour que les agricultrices contractuelles puissent ouvrir un compte dans l’agence la plus proche de chez elles et soient payées directement sur ce compte personnel de façon à éviter les possibles préemptions maritales. Donc là aussi l’intégration des terroirs et des exploitations aux circuits globaux passe par l’intervention de bailleurs extérieurs dont les prêts servent de levier de développement.

12L’élaboration et la mise en œuvre de cette politique de diversification agricole s’accompagne donc de la construction dialogique d’une véritable coalition de croissance localisée, dans laquelle se rencontrent, paysans, entrepreneurs, bailleurs et politiques (Molotch, 1976 ; Logan et Molotch, 1987). Cela est très net dans l’article de journal suivant qui, quoique laudatif vis-à-vis des investisseurs, insiste sur les articulations scalaires rendues possibles par le produit :

Judith Oloya was displaced from her home in Gulu by activities of the Lord Resistance Army a few years ago, but living in the camp did not deter her from finding ways to make her life better. Together with other women, Oloya was leased land on credit and got hybrid sunflower seeds from Mukwano on credit which they planted with the help of agronomists from Mukwano. Last season, the group earned sh18m (de shillings ougandais) for their efforts after selling sunflower to the company. She lives a better life and takes her children to school. Oloya and her group are part of farmers who benefited from a project Mukwano Industries […] to produce its raw materials locally through farmers in Lira, Apac and Masindi districts. Ibnul Hassan Rizvi, the chief executive officer of Mukwano Group, said the project was at the time a gamble, which they undertook to see how it would work out. “Today, we have no regrets as the project has taken off to the extent that we are now overwhelmed by the output farmers are bringing, so much that our plant has now reached the peak. We cant even expand it because there is no electricity Rizvi said. According to Rizvi, the idea to undertake the project was a response to the Government’s programmes, Plan for Modernisation of Agriculture (PMA) and Poverty Eradication Action Plan (PEAP). But before embarking on the project, the company undertook a study to establish why similar projects by the Government and other private sector organizations had failed. We established first that there was need to give farmers the right seeds”. (New Vision, 3 sept. 2006)

13Au-delà de ces parentés socio-politiques, la comparaison des situations montre que ces mutations importantes et des introductions végétales sont souvent précédées de crises politiques ou systémiques graves. Faut-il en conclure à une simple corrélation temporelle ou bien à un lien causal entre crises politiques et mutations agraires ? Comme les premières jouaient un rôle dans la révélation des contradictions et la maturation des transformations et des reconversions agraires. Les types de tensions/crises diffèrent grandement : quoi de commun en effet entre d’une part l’affreuse guerre civile opposant les forces ougandaises et la Lord Reform Army de Joseph Kony, d’autre part la défiance des paysans kikuyu vis-à-vis du régime Moi (Grignon 1998 ; Calas 2004) ou la crise du pyrèthre sur le Kinangop. Cependant, au-delà de leurs effets directs différents, ces tensions ont le même impact sur les activités agricoles de rente : l’élevage lango, la caféiculture kikuyu. Dans chaque situation, l’accès aux marchés et au monétaire est ainsi coupé. Cette rupture pèse sur la mise en valeur des terres et la rentabilité voire la viabilité des systèmes d’exploitation préexistants. Ces crises remettent en cause les systèmes agro-économiques préexistants –Charlotte Torretti (2014) parle de « tournant agraire » à propos du Lango – et ouvrent des horizons de reconversion, favorisant ainsi les changements. La marginalisation se présente comme un moment de bifurcation systémique. Les bas-fonds langi désertés par les troupeaux, les caféières kikuyu moins rentables incarnent chacun ces ruptures et en libérant des espaces rendus oisifs par la crise, rendent possibles les reconversions.

  • 2 Pour des raisons de calendrier agraire déjà chargé par les travaux exigés par les cultures de subsi (...)

14Ces activités à vocation commerciales s’insèrent dans des exploitations et des paysages sans remplacer totalement les cultures préexistantes, elles minimisent seulement leur part sur l’exploitation et dans son bilan. Elles participent donc d’un calendrier cultural et d’un plan de culture et leur adoption résulte d’un arbitrage précautionneux entre nécessités vivrières et nécessités commerciales. « En Ouganda, la ruée vers la riziculture au détriment des cultures oléagineuses ne s’est pas faite2. Ces dernières présentent en effet des avantages incomparables, qui les rendent attractives aux yeux des paysans : elles sont pratiquées sur les terres sèches, la plupart du temps terres coutumières où l’accès foncier est plus facile que dans les marais ; le nombre de cycles annuels n’est pas limité à une seule culture ; l’investissement de départ est acceptable par la majorité des exploitations ; le tournesol est une culture peu exigeante et peu sensible aux aléas climatiques. Un autre argument avancé lors des discussions a été le gain d’argent facile, garanti et rapide malgré un prix de vente faible, ce qui répond davantage aux imprévus de la vie quotidienne. La réhabilitation du projet rizicole permettra de mesurer l’implantation réelle des cultures oléagineuses dans les stratégies des agriculteurs. La stratégie volontaire d’attentisme et de mimétisme évoquée précédemment se retrouve également à ce niveau : les agriculteurs s’observent et patientent… » (Torretti, 2014, p. 65)

Pourquoi ces investisseurs s’intéressent-ils aux marais des bas-fonds entre les planèzes des Aberdares, au plateau du Kinangop ou aux marais et glacis du pays lango ougandais ?

15Quels sont les facteurs attractifs de ces régions, pour certaines relativement éloignées des pôles dynamiques de la sous-région ? Question classique que le géographe contemporain recycle en se demandant quelles sont les caractéristiques du système géographique local susceptibles de devenir des aménités localisées pour ces acteurs mondialisés en quête de profit ?

16Le premier facteur attractif pour des investissements agricoles reste la disponibilité foncière et hydraulique. Ici, il ne s’agit pas d’accaparement ou d’investissement foncier direct mais de disponibilité interstitielle pour des agriculteurs susceptibles de devenir contractuels. L’intervention des investisseurs invite/incite les paysans à mettre en valeur des espaces délaissés : bas-fonds, parcelles en déréliction, ou à insérer de nouvelles cultures dans les rotations culturales. Les industriels ismaéliens de Nairobi ont poussé les femmes des paysans kikuyu à défricher et à cultiver les bas-fonds entre des planèzes déjà mises en valeur par leur mari et frères. Les technocrates ougandais ont réalisé que les troupeaux avaient déserté les marais de la région lango et pouvaient laisser place au riz. Néanmoins, cette seule disponibilité foncière n’aurait pas été suffisante.

17Autant que par la terre, le capital est attiré par la disponibilité en eau. Précipitations confortables, inondations régulières des bas-fonds et des marais en pays kikuyu et lango, précipitations régulières, torrents pérennes et nappes accessibles sur le Kinangop, chacune des situations offre aux agriculteurs de l’eau en quantité suffisante.

Photographie 5 – Olweny : le séchage du sésame près des cases entourées de leurs parcelles vivrières

Photographie 5 – Olweny : le séchage du sésame près des cases entourées de leurs parcelles vivrières

18Ces facteurs physiques ont certainement joué et ont été transformés en aménités attractives par les acteurs économiques mais il convient d’y ajouter la présence d’une population nombreuse, enthousiaste à l’idée d’accéder à un numéraire régulier, fût-il modique, et que la possibilité d’une embauche ou d’un contrat mobilise et transforme en main-d’œuvre ou en contractuel. Ce sont les densités agricoles élevées dans un pays pauvre qui font de la culture du tournesol un succès en Lango. De même, l’aspiration croissante à l’autonomisation des femmes d’un pays kikuyu aux densités voisines de 400/500 habitants au km2 les rend disponibles pour un contrat avec IPS-FrigoKen. Ces ouvrières maraîchères travaillent pour 70 euros par mois environ. Ces salaires ou quasi-salaires peuvent paraître dérisoires et le sont de fait pour les investisseurs mais sont d’une importance fondamentale pour les exploitants. En effet, la seule volonté des investisseurs n’aurait pas suffi à impulser le développement des cultures du haricot vert, des fleurs, du tournesol et du riz. Les paysans et les paysannes ont pensé trouver leur compte dans ces nouvelles cultures et ont choisi de se mettre au travail, sous forme contractuelle, salariée ou coopérative. Pourquoi ? Parce que les salaires, les revenus offerts constituent des leviers de développement, autrement inaccessibles. Ces revenus constituent pourtant des leviers d’indépendance économique (le fameux empowerment des femmes), des moyens d’accès aux biens de consommation courante, à l’instruction des enfants, aux dépenses de reproduction sociale (mariages, enterrements), aux outils et aux intrants nécessaires à un début d’investissement endogène et à la reproduction élargie des exploitations familiales.

L’accès aux marchés d’exportation est donc un des facteurs essentiels de la transformation des exploitations et des agricultures est-africaines. C’est aussi un des facteurs essentiels de leur différenciation

19En effet, cet accès peut prendre des formes variables qui sont les ressorts même de la différenciation socio-économique interne. En effet pour un exploitant, l’obtention d’une licence d’exportation est l’aboutissement d’un long processus en plusieurs étapes qui constituent autant de filtres aux mailles de plus en plus étroites.

20Pour l’exploitant, il s’agit avant tout de produire une denrée demandée par une filière de conditionnement voire de valorisation, de transport et de commercialisation et d’exportation. La conversion d’une partie de son exploitation à une culture d’exportation n’est pas une décision anodine tant elle impacte la trajectoire technique et le bilan financier d’exploitations souvent de taille réduite (parfois moins de 1 ha), divertissant foncier et main-d’œuvre des cultures vivrières ou marchandes, rassurantes parce que déjà maîtrisées. La décision est facteur de risque pour des paysans souvent peu aisés. Par ailleurs, l’adoption d’une nouvelle culture exige apprentissage, domestication des façons culturales. La prise de risque est donc déjà en soi un facteur de différenciation interne des agricultures africaines.

21Certes, l’adoption d’une telle culture est facilitée voire encouragée par les services techniques étatiques, paraétatiques et les techniciens agricoles des entreprises privées qui assistent, conseillent les candidats. Cependant, l’implication des services de l’État n’est ni générale ni systématique, ni gratuite. En effet, les techniciens agricoles ne se déplacent jamais sans un petit dessous de table bienvenu (kitu kidogo). Par ailleurs, souvent ce sont des entreprises – de grandes dimensions- qui profèrent des conseils aux paysans. L’implication de ces acteurs n’est pas sans arrière-pensée dans la mesure où, pour les Etats, il s’agit de diversifier l’agriculture et d’augmenter les recettes d’exportation et pour les entreprises d’augmenter le nombre de contractuels et le volume global de production voire d’occuper une position hégémonique sur le marché local.

22Cependant, la plupart du temps, malgré l’importance de cette décision, la monétarisation de l’exploitation avait déjà été réalisée auparavant soit par la production de vivrier marchand, soit par la production de lait en hors-sol. C’est donc souvent seulement l’horizon de monétarisation qui diffère en s’élargissant à l’international.

23Bien des exploitants se contentent de produire des produits d’exportation qui sont ensuite collectés par des courtiers (brokers), plus ou moins autonomes et bien équipés, soit à la porte des fermes, soit en des points de collecte et à des jours fixes. L’accès direct aux entreprises exportatrices elles-mêmes constitue donc un second filtre de sélection et de différenciation entre les exploitations.

24Ces paysans, surtout quand ils sont contractuels d’entreprises installées sur place (Mukwano ou IPS-FrigoKen), bénéficient de leur appui technique, de spray réguliers et de débouchés assurés. Le travail du paysan est de prendre soin de la production, notamment en désherbant et en arrosant régulièrement puis en récoltant juste à temps.

Photographie 6 – Muranga, les cadres de l’entreprise FrigoKen expliquent aux agricultrices contractuelles la façon dont les haricots verts doivent être cultivés et ramassés

Photographie 6 – Muranga, les cadres de l’entreprise FrigoKen expliquent aux agricultrices contractuelles la façon dont les haricots verts doivent être cultivés et ramassés

25Cependant, ces petits producteurs contractuels sont conscients qu’ils ne perçoivent qu’une très petite partie du prix de vente et que l’essentiel en est prélevé par les intermédiaires. Aussi certains aspirent-ils à augmenter leur pouvoir de négociation vis-à-vis des courtiers.

26La première façon de le faire est d’augmenter le volume productif pour ainsi peser plus lourd dans la négociation. Cette tactique amène les paysans à se rassembler en groupements ou à constituer de véritables coopératives qui fonctionnent d’abord comme des groupes de pression auprès des acheteurs. Les services agricoles de l’État, bien plus que les entreprises contractantes qui ont intérêt à l’éparpillement des producteurs, favorisent de tels regroupements qui facilitent la diffusion des prescriptions culturales et augmentent le pouvoir des exploitants vis-à-vis des grandes sociétés. C’est pourquoi se multiplient dans les campagnes des groupements ou coopératives licenciés par l’État. Ils favorisent le regroupement des productions voire l’amélioration de leur qualité et mettent leurs leaders en position de discuter plus facilement avec les courtiers.

27Pour un agriculteur entreprenant, l’élection à la tête d’une coopérative forme un excellent tremplin pour, à la fois, un mandat politique local et une promotion entrepreneuriale personnelle. En effet, elle lui permet de disposer d’une certaine assise électorale et, en rassemblant une quantité relativement importante de produits, de se positionner comme intermédiaire vis-à-vis des gros courtiers ou des détenteurs de licence d’exportation. L’accès à cette position d’intermédiaire est d’autant plus facile que le volume de produits dont disposent ces groupements ou coopératives est important. Le volume intéresse les exportateurs parce qu’il minimise les coûts de transaction et permet des économies d’échelle. C’est pourquoi certains de ces petits leaders locaux deviennent à leur tour de véritables courtiers en collectant aux alentours la production d’agriculteurs du premier type. Ainsi en s’imposant à la tête d’un groupe, certains agriculteurs deviennent-ils de véritables koulaks.

28Cependant, pour ce faire doivent-ils au préalable investir dans un certain nombre d’équipements qui leur permettent de traiter, de conditionner un volume de production parfois conséquent et d’en assurer la qualité à des détenteurs de licence d’exportation très suspicieux sur ce point. Salle de stockage, salle de conditionnement, magasin spécifique et séparé pour les intrants chimiques sont autant de prérequis exigés par les acteurs aval de la filière pour être considérés comme un fournisseur valable. Ces savoir-faire gestionnaire, politique, technique, commercial et la nécessité d’une trésorerie relativement importante pour investir dans les équipements fixes ou pour collecter les produits opèrent une sélection supplémentaire parmi les agriculteurs. Les plus entreprenants sont en contact direct avec les sociétés exportatrices elles-mêmes et détenteurs de contrats leur garantissant un débouché assuré sur une voire deux saisons culturales.

Photographie 7 – L’agriculteur-broker-notable

Photographie 7 – L’agriculteur-broker-notable

29Les quantités mobilisables, la qualité, une réelle constance dans les livraisons en quantité et qualité deviennent des critères extrêmement différenciateurs. Les agriculteurs, arrivés à ce stade, sont obsédés par le fait d’éviter les variations saisonnières et d’être en mesure de fournir régulièrement les quantités exigées par les exportateurs. Cette obsession est l’un des ressorts de l’équipement des exploitations en système d’irrigation qui leur permettent d’éviter le creux des saisons sèches ; c’est un autre des prérequis indispensables pour signer des contrats intéressants avec les sociétés exportatrices et les conserver. Ainsi apparaît une nouvelle catégorie d’agriculteurs : ceux qui ont été en mesure de mettre en place une agriculture arrosée voire irriguée. L’accès à l’eau signifie une différenciation supplémentaire.

30Enfin, certains de ces managers de groupements de producteurs ou de coopératives se lancent eux-mêmes dans la quête de la licence d’exportation dans le but de s’affranchir des intermédiaires.

  • 3 On ne saurait mieux illustrer le pacte mensonger sur lequel repose souvent l’aide au développement.

31Ainsi en est-il de Patrick Chege, producteur de fleur de saison au Kinangop. Depuis 1991, d’abord à l’imitation de l’un de ses voisins puis convaincu de la profitabilité de l’affaire, Patrick plante des graines. Il les plante d’avril à juin pour une récolte des fleurs de septembre à février. Il s’oriente de plus en plus vers les plantes les plus résistantes aux pestes et aux maladies. Il explique le primat de ce critère de sélection par le souci compréhensible de diminuer les recours aux intrants et donc ses coûts de production mais aussi ses risques d’interception à la douane au moment des contrôles phytosanitaires ; il redoute particulièrement un Minimum Residu Level trop élevé et rédhibitoire pour franchir les contrôles phytosanitaires douaniers. Pour éloigner les insectes, il plante autour de ses champs des œillets d’Inde qui fonctionnent comme des répulsifs et lui permettent de n’utiliser les intrants chimiques qu’en cas d’attaque. Les fleurs rapportent beaucoup plus d’argent que tout ce que peut produire Patrick ; cependant, les variations de prix, les risques sont aussi très élevés, aussi insiste-t-il sur la nécessité de continuer à produire du maïs, des légumes et surtout du lait (4 vaches) dont la vente régulière et le prix relativement élevé fonctionnent comme une assurance. Le processus d’intensification est donc encadré par une agriculture familiale précautionneuse. Il a d’abord vendu ses fleurs à deux sociétés exportatrices de Limuru (Bakia et Cranash farms) puis s’est tourné vers Maskaant flower farm une ferme installée sur le Kinangop, qui appartient à un Hollandais et qui dispose d’une licence d’exportation mais dont il estime qu’elle ne le rétribue pas suffisamment. C’est pourquoi l’idée a germé de s’affranchir de ces courtiers en montant sa propre affaire. Aussi en 2007, avec des voisins, rejoint-il un groupement de 89 producteurs dont il assure le secrétariat. Cette fonction stratégique le met en position d’instrumentaliser le groupe à des fins quasi personnelles. En 2012, après avoir été conseillé par des gens du World Wildlife Fund (WWF), il transforme ce groupement de producteurs en société à but commercial -Tegemak Blooms Ltd. Patrick a rencontré ces auditeurs du WWF après avoir remporté deux appels à concours (Nature Challenge Africa) publiés dans les médias nationaux, appels à concours destinés explicitement à promouvoir des voies de développement conciliant précaution environnementale et succès entrepreneurial. Ces succès lui ont permis d’investir dans un système d’irrigation au goutte-à-goutte pour 120 000 shillings (1 200 euros) pour son exploitation et celle de huit de ses voisins et un petit attelier de conditionnement des fleurs avec une chambre fraîche (murs doublés par du charbon de bois arrosé la nuit avec de l’eau fraiche) pour 385 000 shillings (3 850 euros). Si les bailleurs (WWF et United Nations Development Program) ont bien l’intention de promouvoir ainsi le compromis nature/business, pour lui il ne s’agit évidemment que d’une étape pour renforcer sa prééminence sur le groupement de producteurs en s’imposant comme l’intermédiaire technique indispensable entre ses membres et le marché et ainsi de disposer d’un volume de production suffisant pour penser vendre à l’étranger mais aussi pour répondre aux prescriptions des institutions paraétatiques responsables de l’attribution des licences d’exportation3. Pour ces techniciens kenyans, il s’agit d’assurer aux productions nationales une réputation irréprochable en imposant aux producteurs les normes internationales les plus exigeantes, souvent européennes.

Photographie 8 – Monsieur Chege, producteur, et Madame Kiwani, technicienne agricole du gouvernement kenyan, devant l’atelier de conditionnement des fleurs de saison

Photographie 8 – Monsieur Chege, producteur, et Madame Kiwani, technicienne agricole du gouvernement kenyan, devant l’atelier de conditionnement des fleurs de saison

32Quoi qu’il en soit, grâce à ces équipements, Patrick Chege sollicite un audit des services techniques agricoles qui, en 2015, l’autorisent à déposer une demande de licence, précieux sésame finalement délivré en 2016 ! Pour amoindrir l’effet de la distance au marché, il a rencontré des clients sur internet. Ceux-ci lui achètent sa production Free On Board (FOB) : sa responsabilité s’arrête à l’entrée de la zone de fret de Nairobi, au moment où il livre sa cargaison aux transitaires patentés par ses clients.

33Certains de ces petits fermiers sont désormais connectés et « rencontrent » leurs clients européens sur internet, les approvisionnent grâce à la plate-forme de Jomo Kenyatta International Airport à Nairobi ou l’aéroport d’Entebbe et sont payés en euros sur des comptes africains ! C’est ce que fait Ephantus à partir de sa ferme de 1,8 acres à Ruiru sur laquelle travaillent 15 employés et qui est dédiée au basilic dont il livre 500 kg par semaine à un dédouaneur de JKIA patenté par ses clients hollandais.

Conclusion

34Quantité, qualité, constance, exclusivité, traçabilité sont les exigences des circuits exportateurs et des marchés qui déterminent les stratégies paysannes et constituent autant de filtres pour différencier les exploitations les unes des autres. Ainsi l’évolution actuelle tend elle d’abord à construire des bassins de production structurés par les circuits de collecte des grandes entreprises et exportateurs mais différenciés par la nature du produit, ses exigences agro-écologiques et les acteurs qu’il intéresse et, ensuite, à l’intérieur de ces bassins, à différencier les exploitations les unes des autres et donc le tissu social local en fonction du degré d’intégration au marché et à la chaîne de valeur considérée. Aussi dans les espaces intégrés aux marchés apparaissent de nouvelles figures comme les courtiers, les ouvriers/ouvrières agricoles des points de collecte et de premier conditionnement, des ouvriers agricoles employés les jours de récolte, les petits paysans, les kulaks, les détenteurs de licence d’exportation, etc. La diversification et les coexistences des agricultures se jouent surtout à l’échelle des villages. Rien que de très classique. En effet, cela diffère-t-il de ce que l’on constate ailleurs ? Pas vraiment, à mon avis. Le développement capitaliste procède sensiblement de la même manière partout. Ces chaines de valeur dépendent évidemment des marchés dont les variations des prix précarisent le devenir des exploitations impliquées. Aussi inévitablement se (re)pose la vieille question de la paysannerie captive qui contredit l’empowerment mis en avant par les paysans comme les investisseurs impliqués dans ces cultures exportatrices. La tension ne serait-elle pas résolue dans la notion de « servitude volontaire » ?

Haut de page

Bibliographie

Calas B., 2013 – « Mondialisation, clusterisation et recyclage colonial : Naïvasha laboratoire du Kenya émergent », EchoGéo n° 26, 20 p.

Calas B. & Fautras M., 2009 – « French beans, Kenyan origin », Mambo, n° 5, IFRA-Nairobi, 4 p. http://www.ifra-nairobi.net/

Calas B., 2004 – « Une histoire noire : libéralisation caféière et dynamiques rurales au Kenya”, in Margetic Ch. (Dir.), Dynamiques agro-industrielles et dynamiques rurales, Artois Presses Université, p. 15-46

Debarbieux B., 2014 – « Enracinement – Ancrage – Amarrage : raviver les métaphores ». L’Espace géographique, t. 43, no 1, p. 68-80.

Harvey D., 2010 – Le nouvel impérialisme, Paris, Les Prairies ordinaires,

Hervieu B. & Purseigle F., 2009 – « Pour une sociologie des mondes agricoles dans la mondialisation » Études rurales, 2009/1, n° 183, pp. 177-200

Logan J.R. & Molotch H., 1987 – The urban fortunes : The Political Economy of Places, Berkeley et Los Angeles, UCLA

Molotch H., 1976 – “The city as a growth machine : Toward a political economy of place” American Journal of Sociology, 309-332

Prunier G., 1990 – L’Ouganda et la question indienne, 1896-1972. Paris, ERC, 256 p.

Rouille G., Blanchon D., Calas B., Temple-Boyer E., 2015 – « Environnement, écologisation du politique et territorialisations : les nouvelles politiques de l’eau au Kenya » L’espace géographique (44) 2-2015, p. 131.

Torretti Ch., Gay L. & Calas B., 2015 – « Riz, terre et eau en Lango : la lente émergence d’un territoire hydraulique en Ouganda », Hérodote, n° 156, p. 174-196

Torretti Ch., 2014 – L’aménagement d’un marais n’est pas un long fleuve tranquille. Olweny en Ouganda, mémoire de stage pour l’obtention du grade d’ingénieur de l’ISTOM de Cergy, Cergy, 70 p.

Haut de page

Notes

1 Chacun de ces terrains a déjà fait l’objet de publications (Calas & Fautras 2013, Torretti et al. 2015, Rouillé et al. 2016) mais ni leur choix ni leur mise en comparaison ne répondent à une stratégie de recherche préétablie.

2 Pour des raisons de calendrier agraire déjà chargé par les travaux exigés par les cultures de subsistance prioritaires aux yeux des agriculteurs, il est peu probable d’envisager la combinaison lors de la même saison des pluies de la riziculture et de la culture d’un oléagineux.

3 On ne saurait mieux illustrer le pacte mensonger sur lequel repose souvent l’aide au développement.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Photographie 1 – Les marais rizicoles d’Olweny
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9281/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 536k
Titre Photographie 2 – Les bas-fonds de Muranga couverts de plants de haricots verts
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9281/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 600k
Titre Photographie 3 – Parcelle de haricots mange-tout irriguée sur le plateau du Kinangop
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9281/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 820k
Titre Photographie 4 – Monsieur Maina et ses contrats d’approvisionnement
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9281/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 744k
Titre Photographie 5 – Olweny : le séchage du sésame près des cases entourées de leurs parcelles vivrières
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9281/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 548k
Titre Photographie 6 – Muranga, les cadres de l’entreprise FrigoKen expliquent aux agricultrices contractuelles la façon dont les haricots verts doivent être cultivés et ramassés
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9281/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Photographie 7 – L’agriculteur-broker-notable
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9281/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 872k
Titre Photographie 8 – Monsieur Chege, producteur, et Madame Kiwani, technicienne agricole du gouvernement kenyan, devant l’atelier de conditionnement des fleurs de saison
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9281/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 556k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Bernard Calas, « « We are operating in a global economy » »Les Cahiers d’Outre-Mer, 278 | 2018, 317-335.

Référence électronique

Bernard Calas, « « We are operating in a global economy » »Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 278 | Juillet-Décembre, mis en ligne le 01 janvier 2022, consulté le 16 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/9281 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/com.9281

Haut de page

Auteur

Bernard Calas

Professeur de géographie Université Bordeaux Montaigne, « Les Afriques dans le Monde » UMR 5115 CNRS IEP Bordeaux.

Articles du même auteur

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search