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Dossier

Construction sociale du bassin rizicole au Rio Grande do Sul (Brésil)

Frédéric Fortunel, Rosa Vieira-Medeiros et Roberto Verdun
p. 269-289

Résumés

Au sud du Brésil comme ailleurs dans le monde, la culture du riz ne se cantonne pas seulement à la production d’une céréale. L’action de cultiver la terre contribue à faire émerger des identités et des rapports sociaux d’autant plus prégnants qu’ils sont associés à la réussite professionnelle de cette production. Cet article a pour objectif de comprendre comment, dans l’État le plus méridional du Brésil, le riz a permis d’une part la reconstruction identitaire du gaucho comme marqueur d’un ancrage territorial et d’autre part de modifier considérablement les paysages et l’économie régionale. On y discutera la notion de bassin de production comme un outil de compréhension de la spatialité du produit. Le propos se compose en deux parties : la première analyse le codage socio-économique initial du riz au Rio Grande do Sul et la seconde aborde les métissages socio-professionnels associés à la diffusion spatiale de l’activité productive.

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Texte intégral

1Le Rio Grande do Sul (RS) est traditionnellement divisé entre la partie méridionale des grandes exploitations extensives bovines et la partie septentrionale d’occupation plus céréalière et intensive. Cette partition entre éleveurs et agriculteurs qui a d’ailleurs donné son titre à la thèse de Raymond Peybale au milieu des années 1970 (Peybale, 1974) apparaît intéressante à réinterroger au travers de la culture du riz devenue au cours du xxe siècle une des activités agricoles majeures de l’État. Ce succès agricole, faisant sans conteste la fierté régionale, s’est réalisé par un renversement symbolique et territorial que nous pouvons tenter de résumer ainsi : les éleveurs se sont retrouvés en un siècle d’une certaine manière dépossédés de ce qui faisait leur fierté – le cheval et la terre – au profit des héritiers de migrants cultivateurs venus au cours du xixe siècle chercher le pays de cocagne. L’essentiel des surfaces est encore occupé par les bovins mais ils sont de moins en moins valorisés économiquement. La riziculture s’est développée comme activité rémunératrice et adaptée aux zones de bas-fonds. 60 % du riz de l’État est produit dans la zone « traditionnelle » pampéenne du sud de l’État, le cheval est remplacé par la moissonneuse sur les champs de riz alternant depuis peu avec le soja. Pendant que l’imaginaire continue à reproduire les représentations reconnues et rassurantes, les économies et les espaces se transforment. Les mutations se réalisent dans un contexte foncier en apparence inchangé alors que l’on constate de nombreuses revendications à propos de la réforme agraire (Strazzacappa C., 2006).

2Cet article se propose d’analyser des mutations du bassin rizicole du Rio Grande do Sul, zone traditionnellement très conservatrice, où existent d’une part des mouvements d’occupation de la terre à des fins de justice foncière, et d’autre part l’extension de nouvelles activités agricoles (les monocultures céréalières) et sylvicole (plantation de pins par exemple). De fait, ces deux dynamiques peuvent apparaître contradictoires à la fois dans leur mode d’occupation du sol et leur logique socio-économique ; toutes deux interrogent le fonctionnement des systèmes productifs dans des espaces où l’inégalité foncière est « une chose commune ». Entre ces deux dynamiques, la riziculture, bien plus qu’une simple production intensive, est selon nous un révélateur de la construction territoriale tant elle accompagne l’histoire économique et sociale locale. La production est entendue comme la combinaison des dispositifs et facteurs permettant la fabrication avec les dimensions sociale, culturelle et politique. En effet, l’acte de production matérielle est subordonné à une production immatérielle propre aux groupes sociaux : la territorialisation comme la déterritorialisation des activités productives (Rieutort, 2009) sont consubstantielles à l’intégration socio-culturelles de pratiques économiques (Vieira-Medeiros, 2006). La notion de « bassin de production » est éprouvée dans la littérature pour localiser l’espace d’un produit.

3Les analyses des bassins de production prennent peu en compte la dimension socio-culturelle. Diry et Vaudois en géographie francophone sont régulièrement cités pour définir le bassin comme la projection spatiale d’une filière (Praly, 2010) avec, comme élément central le fait que s’y déroule une majeure partie de la production (Diry, 1985 ; Vaudois, 2000). Les définitions rassemblées par Christine Margétic soulignent la combinaison sur un même espace de la relative spécialisation, de l’acte productif initial et des acteurs de la filière (Margetic, 2005). Cette importance accordée à la filière comme point central de la reconnaissance d’un espace à une production est révélatrice de l’approche centrée sur l’homo œconomicus laissant de côté les approches socio-culturelles de la relation au territoire et à ses produits. La notion de territoire, centrale chez les géographes, est peu explicitée dans cette approche. Vaudois parle tantôt de territoire-support tantôt de système territorial sans en dire beaucoup plus (Vaudois, 2000). Plus importante pour lui est la notion de réseaux constituant une filière puisque ce sont eux qui structurent ces « espaces géographiques spécialisés ». Cette approche n’est en soit pas très différente de celle de Charvet quand il parle à propos des greniers du monde de pôles de production deviennent des systèmes et qui structurent, au-delà de la labilité des cours, des réseaux d’équipements fixes participant à la reproduction de l’activité (Charvet, 1985). Cette notion de filière en réseaux d’acteurs est également centrale pour Eve-Anne Bühler lorsqu’elle analyse le bassin de production rizicole du Rio de la Plata alternant le pluriel des zones nationales et le singulier d’une zone transnationale (Bühler, 2004).

4En lien avec cet enjeu de la relation du produit et de son territoire, les approches autour du terroir insistent sur l’ancrage territorial et les spécificités productives comme la configuration d’un milieu, les pratiques culturelles d’une société (Berard, 2004) et traitent de la dimension patrimoniale. La cohésion des acteurs et les effets de proximités ont été mis en avant selon un angle plus économique avec les analyses des systèmes productifs localisés où l’innovation et les coûts de transactions sont essentiels à partir d’exemples industriels (Pecqueur, 2000). Plus tard, les enjeux de la proximité ont permis d’envisager les espaces de production sous la forme de système agroalimentaire localisé (Muchnick J., Sainte-Marie C., 2010) en intégrant la société civile dans la réflexion.

5Dans un des rares ouvrages qui s’intéresse à l’objet « bassin de production », François Sarrazin identifie seize points permettant d’apprécier un bassin de production parmi lesquels figurent aux côtés des traditionnels référents productifs, des aspects socio-culturels comme les dimensions muséographique, touristique, identitaire et des dimensions plus politiques comme « un système politico-administratif local » (Sarrazzin, 2016).

6Alex Hughes et Suzanne Reimer dans Geographies of commodity chains rappellent les trois conceptions dominantes d’analyse d’un produit : l’approche par la filière d’amont en aval, l’approche par le circuit avec la notion de non-linéarité entre production, distribution et consommation et enfin l’approche par réseau qui, inspirée de la théorie de l’acteur-réseau, envisage plutôt des liens de plusieurs natures dans lesquels plusieurs types de nœuds (humains et non humains) sont connectés (Hughes, Reimer, 2004).

7Notre propos souhaite modestement contribuer à ces dernières analyses en présentant la genèse sociale, culturelle et politique d’une activité agricole territorialisée. Pour ce faire, on envisage l’approche relationnelle comme étant au centre de la construction du territoire productif rizicole au sens où l’emploie Raffestin (Raffestin, 1980). Dans Pour une géographie du pouvoir il montre comment les relations sont parcourues par des rapports de pouvoir ; le territoire y tient une place spécifique puisqu’il participe à la médiation des rapports sociaux. Une grille de lecture à l’analyse des territoires productifs où les non-humains participent également à faire le social sous forme de collectifs, utilise les mailles, les nœuds et les réseaux (Latour, 2006). Cette approche vient dialoguer avec celle développée par Michael Watts et ses successeurs lorsqu’il s’agit d’adopter une posture critique par exemple pour l’explication des enjeux agricoles (Robbins, 2012). Parmi les thèmes chers à l’approche critique, celui de l’identité et des rapports de pouvoir autour de sa définition et redéfinition paraît particulièrement pertinent dans le cas que nous proposons de traiter ici : le riz dans l’État du Rio Grande do Sul. Il s’agit de comprendre, en utilisant la notion de bassin de production, comment ont été transformés les attributs politiques et culturels qui étaient autrefois attachés à l’élevage. On propose de considérer le bassin de production comme un territoire – un collectif en mouvement (November, 2010) – où l’acte productif est constitutif de relations dans le but de son appropriation physique et symbolique, où y seraient projetés des codes socio-culturels permettant en retour la valorisation des acteurs qui l’animent. C’est donc le décodage de cette fabrique du bassin de production – aux sens spatial comme social – que nous souhaitons envisager l’analyse des enjeux de la riziculture au Rio Grande do Sul.

  • 1  Programme de recherche international CAPES-COFECUB « QUALPROSUL » (Qualités de produits territoria (...)

8Cette recherche, rendue possible grâce à un programme franco-brésilien sur la qualité des produits agricoles1 – dont le riz –, se décline en deux parties. La première cherche à comprendre comment s’est constitué le bassin de production dans le Rio Grande do Sul en soulignant l’importance du codage socio-territorial. La seconde traite de la diffusion de la riziculture, devenue un référent culturel local ainsi qu’un enjeu de pouvoir fort. Ce sera l’occasion de comprendre comment cette activité productive d’abord fortement connotée autour des enjeux de la construction identitaire, s’est transformée au fur et à mesure de son intégration dans les paysages et les pratiques, en un enjeu foncier.

La riziculture, une innovation sociologiquement codée

  • 2  Rappelons que ce terme est employé ici au sens de colonisation de peuplement et non dans son sens (...)

9L’origine de l’introduction d’une plante est souvent incertaine car les sources divergent ; les récits valorisent dans l’histoire les indices permettant de construire rétrospectivement l’ancrage social et territorial de cette activité. Si Ellen Fensterseifer Woortmann avec d’autres sources qui ont toutes pour origine l’Institut de la riziculture du Rio Grande do Sul (IRGA) et l’EMBRAPA (Empresa Brasileira de Pesquisa Agropecuária), mentionnent le fait que les Tupis cultivaient avant la colonisation européenne « le maïs d’eau » (Woortmann, 2009) sur le littoral de l’État (Madruga et al., 2005), le riz tel qu’il est actuellement cultivé est originaire d’Asie (Orysa Sativa L.) et d’Afrique (Oryza Glaberrima Steud). Importée par les colons espagnols en 1761 dans le Para (Embrapa, 2002), cette culture est repérée dans le sud du Brésil dès les xvi et xviie siècles. Au Rio Grande do Sul, sont mentionnés des producteurs d’origine des Açores en 1784 et d’Allemagne au milieu du dix-neuvième à Cachoeira do Sul, Taquara, Santa Cruz dans les zones dites de colonisation2 (Peybale, 1974), dès 1903 à Pelotas (Bülher, 2006).

10C’est donc dans un triangle reliant Cachoeira do Sul, Bento Gonçalves, Pelotas en passant par Camaquã (Taquara et Santa Cruz pour Da ros, 2012) (Figure 1) que se diffuse la riziculture : des 50 à 80 t./an jusqu’en 1845, la production passe à 160 t. en 1859, 250 t. en 1863, 2 500 t. en 1906 et 12 000 t. en 1909. À cette dernière date selon Becker (Becker, 1992), les premiers et derniers municipios (i.e. les communes) cités représentent 93 % de la production totale locale. Au fur et à mesure que la production augmente, la graminée devient un enjeu, elle participe à structurer les paysages et à façonner l’économie locale.

Figure 1 – Colonies européennes principales et diffusion de la riziculture en 1949

Figure 1 – Colonies européennes principales et diffusion de la riziculture en 1949

Cette carte illustre la situation de la riziculture en 1949 et les dynamiques de diffusion dans les décennies qui suivent. On y observe également la localisation des zones de colonisation notamment allemandes. De ces zones d’ancrage initial, on visualise la diffusion de la riziculture dans la dépression centrale (axe horizontal du bassin de production) et le long de la lagune des canards (lagoa dos patos) au-delà de Pelotas. La forme en gris représente ici le bassin de production regroupant l’essentiel des zones plantées de l’époque. On retrouve cette forme dans la figure 3 afin d’apprécier les évolutions spatiales.

La centralité territoriale de la riziculture

  • 3 Entre 1861 et 1927, la part dans les exportations du RS des produits issus de l’élevage (charque et (...)

11Les prémices de l’agro-industrie rizicole du Rio Grande do Sul sont connues : la fin de l’esclavage en 1888, la demande urbaine croissante, l’application de politiques économiques de substitution aux importations via l’augmentation des droits de douane du riz à partir de 1896 sont autant de facteurs externes de la fin du xixe-début xxe qui favorisent le riz comme une opportunité commerciale. Si l’on ajoute à cela, le processus de mécanisation (pompes, tracteurs…), l’apport d’intrants, la création d’un syndicat de producteur de riz en 1926 (IRGA) et la mise en réseau du territoire local par le chemin de fer, tout est rassemblé pour intensifier les productions céréalières et propulser les producteurs de riz à l’avant-garde (Fundação de Economia e Estatistica, 1979). Cela accompagne la marginalisation dans l’économie locale des activités méridionales liées à l’élevage3. La riziculture a été historiquement le moteur de la « modernisation » du secteur agricole de l’État. L’IRGA, institutionnalisé par décrets successifs en 1938 et 1948, joue un rôle crucial d’un point de vue technique avec l’amélioration des semences dès 1939. Il joue aussi un rôle social avec la création d’une école en 1947, financier avec la possibilité de lever une taxe pour son propre financement, et industriel avec l’importation de machines agricoles (Barcelos da Costa, 2012). Toutefois, ces innovations restent concentrées : les 20 premiers municipios producteurs concentrent 73 % des surfaces rizicoles (Fundação de Economia e Estatistica, 1979) et forment ainsi le cœur du bassin de production selon un double axe : le long du lac des Patos de Porto Alegre jusqu’à Pelotas et le long du Jacuí, toujours de la capitale locale jusqu’à Cachoeira do Sul.

  • 4 Selon le témoignage d’un des plus anciens agro-industriels du riz à Cachoeira do Sul, il y avait pl (...)
  • 5 Voir Anonyme, 2008.

12Cachoeira do Sul est la capitale locale du riz avec plus de la moitié de la production de l’État, particulièrement la zone de la dépression centrale (Axe Porto-Alegre-Cachoeira) qui représentait 63 % des surfaces rizicoles en 1920 (Becker, 1992). Cachoeira, en plus de devenir au milieu des années 1920 un centre de fourniture de matériel agricole dédié au riz, s’attribuera le statut de capitale nationale avec la création d’une fête dédiée à la graminée (Fennarroz acronyme de Feira nacional do arroz), particulièrement fréquentée et dont la périodicité n’a cessé de s’accélérer depuis sa création en 1941. Pourtant, comme on l’observe sur la figure 1, Cachoeira do Sud en 1949 n’est déjà plus l’épicentre de la riziculture du Rio Grande do Sul. Cela ne l’empêche pas d’abriter prochainement le mémorial du riz où la municipalité souhaite y célébrer l’épopée rizicole dans le quartier historique des rizeries aujourd’hui en partie désaffecté4. Cette floraison festive n’est unique ni au Brésil ni dans l’État : on en compte de nombreuses plus locales à l’occasion de la première récolte (festa regional do arroz à Tapes, São João do Polêsine, Manoel Viana…) et même certaines plus thématiques qui, par exemple, célèbrent le riz des quilombolas liant par un jeu symbolique les descendants d’esclaves noirs, le riz dit « africain » (Oryza glaberrima) implanté dans l’État et une stratégie de développement local écologique et communautaire5. En plus de retrouver ici les critères muséographique et touristique d’un bassin de production proposés par Sarrazin (Sarrazin, 2016), ces fêtes rizicoles soulignent la capacité du riz à structurer un consensus social sur un territoire qui s’est néanmoins construit sur l’exclusion territoriale de ces populations noire et indienne. Si les institutions de vulgarisation agricole en sont à soutenir l’adoption de la riziculture chez les noirs et les indiens pour poursuivre le développement économique autour de cette plante à la fois vivrière et commerciale, l’important au Rio Grande do Sul est bien que cette culture participe à façonner le gaúcho.

Le riz au Rio Grande do Sul, une affaire de symbole identitaire

  • 6 La structure ethnique et territoriale s’est modifiée en profondeur par vague successive : après la (...)
  • 7 Les quilombolos sont des habitants des quilombolas, espaces communautaires où se sont réfugiés les (...)

13La question rizicole au Rio Grande do Sul est une affaire de symbole autant économique que culturel. La localisation initiale d’appropriation de la riziculture renvoie à une identité locale en cours de redéfinition au fur et à mesure que la production de l’État méridional monte en puissance (Figure 2). Cette réussite dans la production est également, et peut être surtout, l’affirmation d’identités tout au long du xxe siècle. En effet, à plusieurs générations de distance, est rejoué un « mythe » des origines de la colonisation européenne – principalement allemande (Roche, 1959) et italienne (Biase, 2009). Valorisées et valorisantes, ses origines qui racontent l’aventure coloniale (et les différents vagues de migrants de toute l’Europe qui se sont succédé dans cette région de 1824 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale6) – au détriment des indiens et des quilombolos7 – se retrouvent lorsque l’on aborde l’occupation du sol, et notamment la riziculture.

Figure 2 – Production de riz au xxe siècle : le Rio Grande do Sul est devenu la région principale de production brésilienne

Figure 2 – Production de riz au xxe siècle : le Rio Grande do Sul est devenu la région principale de production brésilienne

Cette série chronologique des productions rizicoles fournie par l’IRGA souligne d’une part la forte augmentation des volumes produits et d’autre part l’importance croissante du Rio Grande do Sul dans la production nationale. En 2012, il représente 68 % de la production brésilienne contre seulement 15 % en 1919. Les conditions climatiques y sont les plus favorables qu’ailleurs dans le pays ce qui favorise, en plus des conditions de marché, une productivité parmi les plus fortes (7 t./ha ; CONAB, 2015).

  • 8 À titre d’exemple, il est utile de voir comment l’identité gaúcha traverse les clivages raciaux au (...)
  • 9 Sur les référents identitaires du Rio Grande do Sul et de ses évolutions, se reporter à Oliven, 200 (...)
  • 10 Alvaro Luiz Heidrich explique comment l’émergence d’un régionalisme n’est nullement contradictoire (...)

14De ce point de vue, le bassin de production rizicole de l’État peut tout autant être identifié par ses techniques modernes et ses rendements élevés que par le fait d’un ancrage territorial de groupes de producteurs ayant parcouru un long processus d’acculturation en plantant notamment du riz. Ils ont fait de cette prospérité productive un succès de leur propre identité transformée et reterritorialisée. Alessia de Biase explique comment les migrants Vénitiens au Rio Grande do Sul se sont approprié les codes gaúchos comme le cheval, les vêtements traditionnels et ont également construit tout une scénarisation de leur spécificité. Il ne s’agit pas d’une duplication mais bien d’un métissage dans le sens où, avec les générations et leurs logiques propres, se réinvente une culture8. Cette dernière reste néanmoins incluse localement dans une hiérarchie symbolique dominée par les éleveurs (Bühler, 2006), figure idéal-typique de l’identité gaúcha réactivée au fin xixe-début xxe siècle avec la création du mouvement traditionnaliste qui donnera lieu après la Seconde Guerre mondiale à la fondation de centres de traditions gaúcha (CTG) dont un verra le jour en zone de colonisation allemande9. Le fait de devenir gaúcho ne s’est pas réalisé par l’adoption du riz en tant que telle : la construction du sentiment d’appartenance régionale ne peut se comprendre que dans le double contexte de construction de l’État et de la nation brésilienne10, le riz est un des outils avec lequel vont s’opérer ces constructions.

  • 11 L’immigration européenne est aussi une colonisation de peuplement blanc : si en 1814, environ 39 % (...)

15Chargés de peupler ce territoire jugé peu dense et sous utilisé au détriment des peuplements antérieurs11, les colons sont le moteur du changement qui s’opère en quelques décennies. Entre 1780 et 1914, ce sont environ 200 000 personnes qui arrivent par migrations organisées et spontanées. Ces populations se sont concentrées dans les zones « coloniales » sur la rive gauche du Jacuí (qui représentent entre les deux dates respectivement 8 et 19 % de la population) au détriment du littoral (Becker, 1992). La structure foncière y est différente de celle la partie méridionale de l’État : à titre d’exemple les riziculteurs actuels possèdent environ 55 ha en riz dans la dépression centrale contre plus de 300 ha dans la partie Sud (CONAB, 2015). Cette différenciation de structure foncière est l’héritage de la relation entre éleveur et cultivateur ; ils sont tous aujourd’hui riziculteurs. À Cachoeira do Sul, il est aisé d’observer la bipartition des structures foncières entre une partie paysanne septentrionale faite de petites propriétés et la partie « patronale » au nord où prédominent les grandes exploitations.

  • 12 Des exemples emblématique en matière agricole de cette appropriation identitaire locale réside dans (...)

16L’implantation initiale des colons allemands jouent un rôle important dans l’appropriation de la graminée12 : localisés dans quelques municipios qui représentent jusqu’à 60 % de la population (Roche, 1959), ces migrants cultivent de riz pluvial vivrier dans la colonie de São Leopoldo, point initial de leur implantation. Ailleurs, à Cachoiera du Sul, les migrants allemands se sont engagés en 1857, seulement deux ans après leur arrivée, dans la riziculture en raison des difficultés d’importer le riz nécessaire à la confection du porridge traditionnel aromatisé à la cannelle (Schumacher Schul, 1991). Ce sont, nous dit Roche (1959), les colons allemands qui réalisent cette mutation par et pour l’intensification agricole. La littérature sur le sujet cite régulièrement un certain Maximiliano Saenger, d’origine autrichienne, les frères Frederico Carlos et Ernesto Carlos Lang, allemands d’origine, comme étant les premiers utilisateurs de ces procédés techniques « modernes » de pompage de l’eau (Da Silva, 2002). Jean Roche parle de la maison Bromberg comme un exemple de réussite dans le commerce de colons allemands ayant équipé les réseaux d’irrigation, les rizeries mais aussi les centrales électriques, les voies ferrées, etc. (Roche, 1959).

17La zone de production du riz en cours de constitution à la fin du xixe et au début du xxe siècle est le lieu de l’émergence de nouveaux pouvoirs qui vont se substituer aux structures pastorales antérieures. Cette innovation dans le milieu rural de l’époque est chargée de symboles culturels forts. Les mélanges identitaires (les origines allemandes, le régionalisme gaúcho et le nationalisme brésilien) s’entrecroisent avec des enjeux de politique agraire entre les moyens et grands agriculteurs. Le riz se trouve d’une certaine manière constitutif de ce réseau tissant des relations entre les colons et les zones inondables qui forment le « creuset » rizicole initial.

Du colon au grand producteur, des contreforts montagneux aux plaines

18C’est entre 1842 et 1870 (Beskow, 1984, 1986) que la graminée perd son statut « paysan » pour devenir une activité en culture inondée, productive et lucrative. Elle se structure en filière et se connecte à de nouveaux pôles notamment agro-industriels. Ce passage de la petite production à une plus grande échelle est souvent repris dans les analyses pour définir ce qu’est le bassin de production : dès lors qu’une activité passe des jardins paysans à une culture commerciale, du vivrier au commercial, du paysan à l’exploitant. Cette mutation de la finalité productive participe également à transformer les représentations portées sur le produit lui-même et sur la place qu’il occupe. En permettant l’augmentation de capital économique et en reproduisant les grandes différenciations foncières, le riz s’incorpore dans l’économie et la politique locale. Il se diffuse notamment sur le littoral et prend la forme de grandes propriétés monoculturales. Délaissant l’activité de cuir pour laquelle Pelotas a été baptisée, le littoral (axe Arrio grande – Tapes) se spécialise et contribue à la formation de ce bassin de production bidirectionnel avec un premier axe horizontal vers l’ouest et un second littoral vers le sud. En matière rizicole, le codage socio-culturel n’a plus lieu d’être au début du xxe siècle car la graminée entre dans la vision politique moderniste du Rio Grande do Sul dans son ensemble et le rapport de pouvoir ne passe plus par une opposition colons/Portuguais ou éleveur/céréaliculteur. À la diffusion spatiale correspond une transformation sociale où les réseaux professionnels se sont substitués aux réseaux identitaires.

Quand le colon devient céréalier gaúcho

19L’émergence du riz dans l’économie locale est liée à la diffusion spatiale et aux changements de pratique. Ces deux mouvements participent aux mutations des positions sociales et spatiales d’acteurs car en quittant les zones coloniales initiales pour émigrer vers de nouvelles terres à exploiter, ces agriculteurs ne sont plus simplement des colons allemands mais sont des gaúchos devenus également des « granjeiros », des commerçants (Becker, 1992) et s’associent pour former avec d’autres, le socle de la bourgeoisie industrielle locale.

20En 1950, alors que les zones coloniales allemandes représentent moins de 5 % des surfaces totales en riz (Roche, 1959 ; Da Cunha, 1988), le riz a déjà atteint l’ouest de la province au milieu (Figure 1). Si Bernardes précise qu’elle reste rare, la riziculture représente à Uruguaiana tout de même 90 % des surfaces en céréales cultivées en 1953, notamment grâce au barrage de Sanchuri construit quelques années plus tôt par l’IRGA (Bernardes, 1954). De plus la construction du pont avec l’Argentine permet à la région de s’ouvrir économiquement. À la fin des années 1940 jusqu’à la fin des années 1960, on trouve le plus de riziculteurs d’origine italienne dans les zones de l’ouest alors que les teuto-brésiliens se cantonnent au centre de l’État (Peybale, 1974).

  • 13 La question des politiques publiques en faveur de l’extension de la riziculture n’est pas explicite (...)

21Le riz perd donc son caractère « ethnique » originel et se fond dans la dynamique de sociabilisation entrepreneuriale des colons de l’État. L’émergence de la riziculture comme activité majeure à l’échelle de l’État participe d’un phénomène plus général d’expansion économique redéfinissant les relations traditionnelles entre le Nord et le Sud. En s’étendant aux zones alluviales (várzeas), zones inondables, la culture se diffuse le long de la dépression centrale passant du Jacuí à l’Ibicuí (Peybale, 1971). Elle fait d’une certaine manière le lien entre les cultivateurs et les éleveurs. En effet, le riz au Rio Grande do Sul s’inscrit dans les cycles productifs incluant une mobilité spatiale. À partir des zones coloniales vivrières, il s’installe dans les várzeas et devient commercial, puis il se diffuse aux zones frontalières, Campanha gaúcha pourtant réputée si réfractaires aux changements (Figure 3)13. C’est d’ailleurs dans cet ouest frontalier que semble se dessiner une partie de l’avenir productif de la graminée car l’environnement le permet. On y trouve de grandes propriétés sur de surfaces planes, une eau facilement mobilisable et une densité de population moindre. Avec l’amélioration des techniques développées par les organismes privés et publics, la frontière physique entre riz, soja et élevage devient de plus en plus ténue. Les systèmes de rotation de culture permettent dans les zones propices d’alterner les systèmes productifs à qui est capable d’investir. Et c’est là, une des limites de la définition commune du bassin de production, l’unité spatiale que sous-tend le zonage figuré sur les cartes ne dit rien des différenciations politiques et économiques qui sont mises en œuvre.

Figure 3. La marche vers l’ouest de la riziculture en 2010

Figure 3. La marche vers l’ouest de la riziculture en 2010

La superposition de la forme du bassin productif de 1949 avec celui de 2010 permet d’observer le glissement de la riziculture vers l’ouest et le sud-ouest de l’État. Le cœur du bassin productif décline en valeurs absolues comme en valeurs relatives. La concentration des terres productives de riz parmi les productions annuelles (céréales essentiellement) donne une indication sur la spécialisation des cultures notamment du fait de la disponibilité en eau tandis que le graphique montre comment la riziculture est de manière privilégiée le fait de grands producteurs. Ces deux derniers facteurs se combinent pour former une géographie singulière des grandes propriétés foncières où les exploitants y sont généralement les propriétaires (72 % des surfaces rizicoles en 2010 ; IBGE, 2005).

Du singulier au pluriel : la multiplicité des producteurs de riz

  • 14 Le flux s’est inversé depuis : entre 1995 et 2000, 39,2 % des nouveaux immigrants au Rio Grande do (...)

22Le riz se diffuse par les capacités des milieux, par les opportunités économiques qui s’ouvrent (et se ferment au gré des marchés) et par les mobilités. Ceux et celles qui alimentaient les fronts agricoles dans les années 1970 et 1980 sont des gaúchos d’une nature différente de l’éleveur traditionnel. Par le jeu des échelles géographiques et identitaires, on est tout à la fois d’origine allemande ou polonaise et faisant partie d’un État du Brésil qui nourrit sa propre singularité. La construction de cette « brasilianité » accompagne l’ouverture de vastes champs céréaliers dans tous les régions voisines du noyau central, qu’elles soient internes à l’État (vers l’ouest, le sud-ouest et la zone septentrionale appelée haut Uruguay) ou bien externes (vers le nord du pays avec la diaspora gaúcha au Paraná/Santa Catarina14 et vers le sud en direction de l’Uruguay depuis les années 1970) (Pereira de Queiroz, 2008 ; Peybale, 1981 ; Bühler, 2004, 2009). Plus récemment dans le contexte d’une mondialisation accrue, la presse locale se fait l’écho d’ambitions gaúcha sur d’autres continents. Au Nigéria, en échange d’un appui technique sur la riziculture, des producteurs brésiliens auraient accès à des terres sous la forme de baux emphytéotiques (Da Costa, 2014) nourrissant ce que certains appellent le néocolonialisme agraire.

23Le riz s’inscrit dans une dynamique de front pionnier, mouvante, labile et participe aux transformations sociétales en cours au début du xxe siècle sous deux formes essentielles. D’abord les innovations économiques et techniques via les investissements « capitalistes » en agriculture, puis les innovations sociales et identitaires avec l’émergence d’un gaúcho « moderne » et entrepreneur. Tout se passe comme si l’on assistait à des translations sociales et spatiales nécessaires l’une à l’autre. La riziculture a été une ressource pour les colons, elle permet la réalisation professionnelle et l’affirmation identitaire via des réseaux particulièrement forts (Haesbaert R., 2012).

24En tant qu’activité céréalière fortement capitalisée, la riziculture s’est incorporée dans la matrice des inégalitaires foncières locales par un compromis social entre grands propriétaires et céréaliers permettant à chacun de maintenir ce à quoi ils tenaient le plus (les premiers la terre, les seconds l’ascension sociale). On retrouve les riziculteurs au même titre que les autres céréaliers dans la bourgeoisie industrielle de l’État, dans les cercles de décision dès lors qu’il s’agit de négocier le partage de la ressource notamment hydrique puisque la riziculture consomme 78 % de l’eau utilisée dans l’État (IRGA, 2007). Parallèlement, de petits riziculteurs, comme ceux rencontrés à Cachoeira do Sul qui, disposent de quelques dizaines d’hectares, se contentent de développer des stratégies de diversification autour du riz alternant, selon les conditions pédo-morphologiques, soja, cultures fourragères, élevage et petits fruits rouges autour des maisons par exemple.

  • 15 Les surfaces en riz de l’Etat sont gérées selon le régime de l’affermage (22 % de la surface récolt (...)

25À l’évidence on ne peut parler d’un profil unique du riziculteur gaúcho. Les clivages territoriaux et identitaires qui, s’ils permettent de schématiser les choses, ne reflètent qu’imparfaitement les réalités, la riziculture est actuellement pratiquée aussi bien par des cultivateurs que par des éleveurs, ne serait-ce que pour les revenus qu’elle procure (Bühler, 2006) mais aussi parce qu’elle reproduit un système complémentaire et conservateur, permettre le maintien d’un élevage « traditionnel » – et donc du foncier – par les revenus fournis aux propriétaires. En effet, le contexte foncier régional est marqué par la pratique de l’affermage, socle du maintien des grandes exploitations concentrées par la rémunération produite aux propriétaires tout en permettant aux locataires céréaliers l’investissement dans le matériel et l’intensification productive (riz, blé soja)15.

  • 16 Rappelons que le Rio Grande do Sul est le plus important récipiendaire d’indications géographiques (...)

26Les stratégies de production se sont démultipliées et révèlent en fonction des espaces, des enjeux sociaux différents. L’ensemble productif rizicole au Rio Grande do Sul peut être divisé en trois grands profils. D’abord une dépression centrale où les coûts de production deviennent élevés notamment en raison de l’utilisation d’intrants plus élevée que dans les autres régions. Les surfaces cultivées en riz ont tendance à décroitre en raison de concurrence de la concurrence vive du soja. Le foncier y est plus morcelé donc moins propice à une mécanisation forte et aisée (CONAB, 2015). Ensuite, la zone de la frontière de l’Ouest et du Sud-Ouest (région d’Uruguaiana) présente un paysage plus propice à l’inondation, ce qui participe avec le système de plantation et les plus grandes parcelles, à une profitabilité parmi les meilleures de l’État. Enfin, la partie littorale possède une riziculture également de grande production dont les terres ont été aplanies plus qu’ailleurs et où se développent des stratégies plus soucieuses du consommateur avec l’obtention en 2010 d’une Indication Géographique, forme de reconnaissance des traditions productives rizicoles16. Les enjeux dans ces différentes régions ne recoupent qu’indirectement l’ancienne partition éleveur/cultivateur : la possession foncière, la maitrise d’une filière à échelle industrielle, la capacité d’investissement y sont des enjeux bien plus contemporains.

  • 17 Les assentamentos sont des lieux qui sont issus de l’occupation illégale de terres par des paysans (...)

27On retrouve l’enjeu d’une proximité avec les exigences du consommateur dans le développement de la riziculture biologique (arroz écologico) avec une orientation militante. C’est en effet à partir des années 1980 que la problématique des assentamentos17 apparaît dans le Rio Grande do Sul (Lindler, 2017) mais il faut attendre le tout début des années 2000 pour voir ce mouvement s’emparer de l’agriculture biologique principalement dans la zone métropolitaine (Campos, Medeiros, 2014) avec succès. Cette riziculture, produit d’une vision environnementale et sociétale en proximité avec les consommateurs, est totalement différente dans ses objectifs politiques de celle qui est pratiquée à plus de 500 km de là.

Conclusion

28Aussi bien par ses surfaces, par ses réseaux commerciaux, par l’importance des investissements consentis dans son économie à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières, mais aussi, de manière tout aussi structurante, par sa présence chaque jour répétée dans les assiettes, le riz est loin d’être une céréale anecdotique dans le sud du Brésil. Les deux parties développées dans le présent article examinent la structuration d’un bassin de production associant stratégies identitaires et stratégies productives. On constate que non seulement le bassin de production est une donnée toute relative aussi bien spatialement que socialement mais surtout que la spatialisation d’un produit ne prend son sens que par des constructions collectives historiquement datées et qui utilisent une activité agricole comme un médiateur entre les sociétés et un territoire. Le produit et son « bassin » n’ont de sens que dans les épaisseurs sociale et sociétale. Dès lors, le terme de bassin de production uniquement centré sur la localisation des activités constituées en chaines productives prendrait en compte une approche plus qualitative permettant de faire émerger des dimensions immatérielles à l’acte de production. Le produit est donc agissant et n’est pas qu’un réceptacle d’actions. Si François Sarrazin parle des liens sociaux et plus précisément des identités sociales et professionnelles comme facteur de réussite des bassins de production (Sarrazin, 2016), l’exemple de la riziculture dans le Rio Grande do Sul illustre le fait que l’organisation territoriale observée trouve sa dynamique dans les mutations démographiques et économiques du début du xxe siècle. Ces dernières se déploient dans un premier temps autour de la constitution de cette identité locale vécue comme une fierté et une réussite. Puis elles s’incorporent dans les structures locales et gagnent une forme d’autochtonie. On a vu en effet comment la riziculture s’est progressivement déplacée d’un codage culturel à un codage agricole où l’enjeu n’est plus seulement identitaire mais aussi économique.

29À ce propos, il serait intéressant de s’interroger sur les effets de la diffusion du soja au Rio Grande do Sul dans la mesure où, antérieurement cantonné au nord de l’État, il entre dans les rotations culturales et vient se substituer au riz. Il contribue à nourrir des craintes sur le devenir des territoires alors que les deux céréales sont portées par des systèmes techniques et agro-industriels assez proches. Mais n’est-ce pas là une nouvelle façon de reproduire les clivages territoriaux ancestraux qui font du Rio Grande do Sul un État si singulier ?

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Notes

1  Programme de recherche international CAPES-COFECUB « QUALPROSUL » (Qualités de produits territorialisés au Rio Grande do Sul) piloté par Le Mans Université et l’Université Fédérale du Rio Grande do Sul (UFRGS). Nous avons mené plusieurs dizaines d’entretiens semi-directifs auprès d’acteurs de la filière et de producteurs depuis 2017 à Cachoeira do Sul et dans la région métropolitaine de Porto Alegre. S’y est ajouté un travail de recherche documentaire approfondi sur l’histoire sociale, politique et économique de l’État.

2  Rappelons que ce terme est employé ici au sens de colonisation de peuplement et non dans son sens de domination politico-économique d’un pays sur un autre. Dans le Rio Grande do Sul (RS) contemporain, le terme « colonial » est perçu positivement et évoque généralement une tradition culturelle marquée et des produits de qualité artisanale. Les zones coloniales correspondent par voie de conséquences aux localités majoritairement peuplées de migrants européens.

3 Entre 1861 et 1927, la part dans les exportations du RS des produits issus de l’élevage (charque et couros ; bœuf séché et cuir) est passée de 74 % à seulement 24 %. Cette baisse s’est faite au profit de produits comme le riz et le saindoux qui, inexistant à la première date, représentent respectivement 13 et 19 % en valeur à la seconde (Becker, 1992).

4 Selon le témoignage d’un des plus anciens agro-industriels du riz à Cachoeira do Sul, il y avait plus d’une cinquantaine de rizeries il y a 50 ans contre 3 actuellement (enquête de terrain, 2018). À ce propos, la disparition de nombreuses rizeries dans le Rio Grande do Sul est selon nous moins le signe d’un recul de la riziculture que celui de la concentration des investissements autour des processus techniques post-production (sélection optique automatisé, processus de pré-cuisson…). À cela s’ajoute le fait que les stratégies commerciales se sont dispersées spatialement : une partie de la production de l’État est traitée à l’extérieur.

5 Voir Anonyme, 2008.

6 La structure ethnique et territoriale s’est modifiée en profondeur par vague successive : après la première vague originaire d’Afrique centrale à la fin du xviiie siècle qui formeront les esclaves noirs, débarqueront des populations principalement originaires des Açores et de Madère (1748-), d’allemande (1824-1870), d’Italie (1875-1914) et d’autres de confession juive originaires d’Europe de l’Est (à partir de 1904). À noter la présence de quelques Français.

7 Les quilombolos sont des habitants des quilombolas, espaces communautaires où se sont réfugiés les esclaves noirs avant l’abolition de 1888. Aujourd’hui, leurs descendants vivent pour la plupart dans des conditions économiques et sociales difficiles.

8 À titre d’exemple, il est utile de voir comment l’identité gaúcha traverse les clivages raciaux au Rio Grande do Sul. Voir Turra-Magni et al., 2015.

9 Sur les référents identitaires du Rio Grande do Sul et de ses évolutions, se reporter à Oliven, 2002. Sur la singularité du gaúcho vis-à-vis du reste du Brésil, voir l’analyse de Le Brazidec, 2009.

10 Alvaro Luiz Heidrich explique comment l’émergence d’un régionalisme n’est nullement contradictoire avec la construction de la fédération brésilienne. La modernisation s’est réalisée d’abord par l’État (ici utilisé dans le sens d’une entité administrative et non comme référence stato-nationale) puisque le pouvoir était fortement lié à l’occupation initiale du territoire (Heidrich, 2000). Dans l’histoire du Rio Grande do Sul, la révolution Farroupilha (1835-1845) est le symbole de la revendication républicaine locale contre l’empire brésilien. La brève République qui est née de ce conflit a certes fragilisé un moment l’économie tournée vers le marché intérieur, mais a accentué l’esprit régionaliste avec la consolidation du pouvoir des grandes propriétés. Le rapport de force instauré avec l’Empire a participé au renforcement d’une identité régionale distincte.

11 L’immigration européenne est aussi une colonisation de peuplement blanc : si en 1814, environ 39 % de la population de la province est composée d’esclaves ou d’anciens esclaves (Maestri, 2000) presque 200 ans plus tard, les populations considérées comme noires par les recensements ne représentent plus que 15 % de la population, le taux le plus faible de tout le pays derrière l’État de Santa Catarina (IBGE, 2005).

12 Des exemples emblématique en matière agricole de cette appropriation identitaire locale réside dans la viticulture : testée sans succès initialement par des populations d’origine portugaise, ce sont les colons allemands qui vont introduire de nouveaux cépages (Roche, 1959) puis, au final, les colons d’origine italienne qui s’emparent de cette production autour de Caixas do Sul et participent à l’édification d’une filière complète aujourd’hui fortement valorisée tant dans ses symboles que ses produits (Sabbado Flores et al., 2014 ; Ortega, Jeziorny, 2011).

13 La question des politiques publiques en faveur de l’extension de la riziculture n’est pas explicitement abordée dans cet article. Voir Vieira Medeiros, R., Falcade I. (dir.), 2009 ; Moreira R.J., Bruno R.(dir), 2010.

14 Le flux s’est inversé depuis : entre 1995 et 2000, 39,2 % des nouveaux immigrants au Rio Grande do Sul sont des personnes initialement natives de l’État. IBGE, 2009.

15 Les surfaces en riz de l’Etat sont gérées selon le régime de l’affermage (22 % de la surface récoltée se font selon ce mode de faire valoir en 2006 contre 10 % pour le reste des cultures temporaires de l’État). Cette proportion s’accroit encore plus vers l’ouest de l’État (62 % dans le municipe de Garruchos, 70 % à Manoel Viana par exemple) dont le morcèlement foncier est structuré sous la forme de propriétés bien plus vastes que dans les zones « coloniales ». De la même manière, si les statistiques officielles indiquent que les surfaces possédées par les riziculteurs sont inférieures à 100 ha, celles qui sont cultivées sont supérieures à 2 500 ha ce qui laisse entrevoir la complexité des stratégies foncières.

16 Rappelons que le Rio Grande do Sul est le plus important récipiendaire d’indications géographiques du pays (27 % du total fédéral des IG obtenues jusqu’en 2012 ; Francisco Da Silva, 2014).

17 Les assentamentos sont des lieux qui sont issus de l’occupation illégale de terres par des paysans et des travailleurs ruraux pauvres. Leur population est composée d’asentados qui peuvent recevoir sous plusieurs conditions une reconnaissance de l’État -via l’INCRA (Instituto Nacional de Colonização e Reforma Agrária)- des terres qu’ils occupent.

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Table des illustrations

Titre Figure 1 – Colonies européennes principales et diffusion de la riziculture en 1949
Légende Cette carte illustre la situation de la riziculture en 1949 et les dynamiques de diffusion dans les décennies qui suivent. On y observe également la localisation des zones de colonisation notamment allemandes. De ces zones d’ancrage initial, on visualise la diffusion de la riziculture dans la dépression centrale (axe horizontal du bassin de production) et le long de la lagune des canards (lagoa dos patos) au-delà de Pelotas. La forme en gris représente ici le bassin de production regroupant l’essentiel des zones plantées de l’époque. On retrouve cette forme dans la figure 3 afin d’apprécier les évolutions spatiales.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9150/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Figure 2 – Production de riz au xxe siècle : le Rio Grande do Sul est devenu la région principale de production brésilienne
Légende Cette série chronologique des productions rizicoles fournie par l’IRGA souligne d’une part la forte augmentation des volumes produits et d’autre part l’importance croissante du Rio Grande do Sul dans la production nationale. En 2012, il représente 68 % de la production brésilienne contre seulement 15 % en 1919. Les conditions climatiques y sont les plus favorables qu’ailleurs dans le pays ce qui favorise, en plus des conditions de marché, une productivité parmi les plus fortes (7 t./ha ; CONAB, 2015).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9150/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 476k
Titre Figure 3. La marche vers l’ouest de la riziculture en 2010
Légende La superposition de la forme du bassin productif de 1949 avec celui de 2010 permet d’observer le glissement de la riziculture vers l’ouest et le sud-ouest de l’État. Le cœur du bassin productif décline en valeurs absolues comme en valeurs relatives. La concentration des terres productives de riz parmi les productions annuelles (céréales essentiellement) donne une indication sur la spécialisation des cultures notamment du fait de la disponibilité en eau tandis que le graphique montre comment la riziculture est de manière privilégiée le fait de grands producteurs. Ces deux derniers facteurs se combinent pour former une géographie singulière des grandes propriétés foncières où les exploitants y sont généralement les propriétaires (72 % des surfaces rizicoles en 2010 ; IBGE, 2005).
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/9150/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 2,3M
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Pour citer cet article

Référence papier

Frédéric Fortunel, Rosa Vieira-Medeiros et Roberto Verdun, « Construction sociale du bassin rizicole au Rio Grande do Sul (Brésil) »Les Cahiers d’Outre-Mer, 278 | 2018, 269-289.

Référence électronique

Frédéric Fortunel, Rosa Vieira-Medeiros et Roberto Verdun, « Construction sociale du bassin rizicole au Rio Grande do Sul (Brésil) »Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 278 | Juillet-Décembre, mis en ligne le 01 janvier 2022, consulté le 16 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/9150 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/com.9150

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Auteurs

Frédéric Fortunel

Enseignant-chercheur, Le Mans Université/UMR CNRS ESO 6590, frederic.fortunel(at)univ-lemans.fr

Rosa Vieira-Medeiros

Enseignante-chercheuse, UFRGS, rmvmedeiros(at)ufrgs.br.

Roberto Verdun

Enseignant-chercheur, UFRGS, verdum(at)ufrgs.br.

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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