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Éléments historiques pour comprendre la mixité au Viet Nam : l’éducation confucéenne et franco-vietnamienne

Thai Phong Phan Nguyen
p. 201-211

Texte intégral

1L’histoire du Việt Nam est marquée par les occupations étrangères et les soulèvements du peuple pour se débarrasser de ces jougs. En effet, pendant quelque mille ans (111 av. J.-C. – 938), les dysnasties féodales chinoises, ont successivement envahi et occupé le Việt Nam. Plus récemment ce sont les colonialistes français qui, pendant près de cent ans, de 1867, date où l’armée française a achevé sa conquête du Sud du Việt Nam, à leur départ en 1954 après l’accord de Genève, ont particulièrement marqué leur présence, à travers aussi bien leurs constructions (ponts, cathédrales, mairies, écoles…) que leurs politiques éducatives. Le pays a cependant connu une période dite d’indépendance qui a duré aussi mille ans, depuis la victoire retentissante remportée par le général Ngô Quyền sur la rivière Bạch Đằng en 938 jusqu’à la venue des Français sur ce bout de terre, annoncée par des coups de canon en 1858 à Đà Nẵng . Toutefois, pendant ces mille ans le pays n’a pas été entièrement en paix, mais a été maintes fois envahi et harcelé par les royaumes voisins, sans parler de crises au sein de la cour elle-même. Les périodes de paix ont été trop courtes pour que les dynasties féodales vietnamiennes perfectionnent leurs modèles d’éducation.

L’éducation confucéenne

2Au cours de la période de dépendance vis-à-vis des pays situés plus au Nord (en vietnamien : Bắc thuộc), les Vietnamiens ont reçu des enseignements de certains mandarins chinois dont les noms les plus cités sont Tích Quang, Nhâm Diêm au début du iie siècle, et Sĩ Nhiếp à la fin du iie et au début du iiie siècle (Lê Văn Giạng, 2003). Ils enseignaient le chinois (le chinois ancien), les règles de conduite et les rites. La langue chinoise fut ainsi introduite au Việt Nam en même temps que les doctrines comme le confucianisme, le bouddhisme, etc. L’éducation institutionnalisée et confucéenne est née beaucoup plus tard avec en particulier l’érection, en 1070, du Temple de la Littérature (Văn miếu) dans la capitale Thăng Long (Hà Nội actuellement) et le premier concours mandarinal, en 1075, sous le règne du roi Lý Nhân Tông (1072-1127). Ces concours avaient pour but de recruter les gens de talent en vue de les nommer mandarins (Lê Văn Giạng, 2003 ; Nguyễn Q. Thắng, 2005). Selon Lê Văn Giạng (2003), l’éducation confucéenne avait pour objectif de mettre en place l’idéal confucianiste qui peut être résumé dans les quatre mots suivants :

  • Xiu shen (en vietnamien : tu thân) : chacun se perfectionne, pratique et cultive le bien ;

  • Qí guó (en vietnamien : tề gia) : établir l’ordre dans sa famille, bien gérer sa famille en sorte que tous les membres agissent, se conduisent selon les rites, leur rôle, leur fonction, leur statut ;

  • Zhì guó (en vietnamien : trị quốc) : gouverner le pays ;

  • Píng tián xià (en vietnamien : bình thiên hạ) : pacifier le monde. Cela englobe à la fois l’idée de réunifier les territoires et de conquérir d’autres terres puisqu’à l’époque de Confucius la Chine était non pas une unité, mais divisée en plusieurs royaumes gouvernés par des rois.

  • 1 C’est-à-dire le roi.

3Selon le confucianisme, pour bien gouverner le pays et arriver à pacifier le monde (autrement dit, conquérir le monde), on doit d’abord se perfectionner moralement, se conformer aux rites et ensuite bien établir l’ordre dans sa famille. Comment pourrait-on bien gouverner son pays et plus ambitieusement pacifier le monde si l’on n’est pas soi-même un homme de bien et qu’il y ait des problèmes dans sa famille ? Ainsi, Kong Qiu, dit Zhong Ni (nom latinisé Confucius), père de la doctrine qui porte son nom, avance une philosophie de la Voie, du savoir-vivre qui vise à conduire et règlementer les comportements des gens en société. Il préconise l’utilisation de la vertu et des rites pour rétablir l’ordre dans une période marquée par les troubles où les règles de conduite, les rites et les instructions du Fils du Ciel1 ne sont plus respectés. Les forts se soulèvent et se déclarent rois. Il répond à ceux qui lui demandent l’art de gouverner :

  • 2 Le Lun Yu est un ouvrage rassemblant les conversations de Confucius avec ses disciples et des seign (...)

Celui qui fonde son gouvernement sur la vertu peut se comparer à l’étoile Polaire qui demeure immobile, cependant que les autres étoiles tournent autour d’elle. (Lun Yu)2

et de renchérir :

Quand le gouvernement repose sur des règlements et que l’ordre est assuré à force de châtiments, le peuple se tient à carreau mais demeure sans vergogne. Quand le gouvernement repose sur la vertu et que l’ordre est assuré par les rites, le peuple acquiert le sens de l’honneur et se soumet volontiers, et Gouvernement est synonyme de droiture. Si vous menez droit, qui osera ne pas marcher droit ? (Lun Yu)

4Autrefois, l’éducation confucéenne n’était pas encore accessible à la majorité de la population. Elle était, dans une certaine mesure, réservée aux classes supérieures de la société. En effet, l’école Quốc Tử Giám, construite en 1076 à Thăng Long et considérée comme étant la première école d’État, ne recevait à ses débuts que les princes, les enfants de familles royales, les enfants de certains mandarins (suivant le grade) et sous la dynastie des Trần (1225-1400) les enfants de hauts dignitaires.

5À part l’école Quốc Tử Giám qui se trouvait à la capitale et dont l’enseignement était confié aux mandarins mandatés par le roi, l’éducation des enfants dans les provinces et villages, exclusivement celle des garçons, était assurée par les lettrés. Ces lettrés étaient ceux qui avaient échoué aux concours mandarinaux ou étaient des mandarins qui pour une raison ou une autre, s’étaient retirés du monde mandarinal. Les élèves ne devaient pas payer les frais de scolarité chaque mois mais ils cotisaient, via l’association des condisciples, une somme d’argent qui permette à leur maître de prendre des vacances ou lorsque sa famille connaissait un deuil ou que le maître lui-même mourrait ; les élèves de familles défavorisées recevaient un enseignement gratuit (Nguyễn Q. Thắng : 68-69). C’est pourquoi les maîtres dans la société vietnamienne d’hier étaient aussi respectés que les parents (ibid.). Quand le maître mourait, ses élèves devaient porter le deuil et ce pendant trois ans, comme ils le faisaient pour leurs parents. Quant aux contenus de cette éducation, les livres principaux étaient les Quatre Livres et les Cinq Classiques. Les élèves apprenaient aussi la littérature, l’histoire de la Chine, ils apprenaient à composer des poèmes, des essais, des dissertations et à prédire l’avenir, etc. Dans l’éducation confucéenne, il n’y avait pas de degrés et le maître recevait donc dans son école (c’est-à-dire chez lui ou chez un enfant de famille riche) des enfants hétérogènes de niveau et d’âge. Les plus avancés aidaient le maître à expliquer les leçons aux élèves débutants ou à ceux qui étaient d’un niveau moins avancé. Seules les filles de familles de mandarins et de familles riches ainsi que les concubines royales recevaient un enseignement, mais elles ne pouvaient pas se présenter aux concours mandarinaux (Lê Văn Giạng, 2003). Pour résumer, on peut dire que le confucianisme veut que les femmes cultivent « les trois obéissances » et « les quatre vertus ». Les trois obéissances (en vietnamien : tam tòng) sont : l’obéissance à son père quand une femme est encore chez ses parents (c’est-à-dire qu’elle est jeune fille), à son mari une fois mariée et à son fils aîné une fois que son mari est mort. Les quatre vertus (en vietnamien : tứ đức) sont : l’habileté aux tâches ménagères, la beauté du visage, la politesse et la douceur dans ses paroles ainsi que la chasteté.

6Les études étaient considérées comme l’une des deux voies essentielles d’accès à la noblesse (l’autre était celle des armes). On faisait des études pour le renom, le grade, mais le but le plus grand était de devenir mandarins afin de s’enrichir et d’appuyer sa famille, car les Vietnamiens pensaient que « Une personne est mandarin, toute sa famille en bénéficie » (Một người làm quan, cả họ được nhờ), c’est-à-dire quand un membre [de famille] est mandarin, alors toute sa lignée en est bénéficiaire. Cette mentalité s’est enracinée dans l’esprit des gens jusqu’à nos jours et se fait voir dans plusieurs domaines de la vie sociale et politique. La fascination pour les diplômes en est un exemple. L’éducation confucéenne a été officiellement abolie, respectivement dans le Sud (colonie) en 1864, puis plus tard dans le Nord en 1915 et dans le Centre en 1918 (parce que sous le protectorat).

L’enseignement franco-vietnamien

7Après avoir occupé les six provinces du Sud du Việt Nam (la Cochinchine), les Français instaurent leur appareil administratif et cherchent immédiatement à améliorer l’éducation pour former des agents auxiliaires. Ils abolissent petit à petit l’éducation confucéenne pour la remplacer par une nouvelle qu’on appelle « enseignement franco-indigène » ou « franco-vietnamien ». C’est une éducation qui est inspirée de l’éducation française de l’époque mais adaptée aux particularités locales.

8À la différence de l’éducation confucéenne qui, selon les lettrés progressistes, vise seulement à former une cohorte de lettrés ne sachant que réciter les enseignements dans les Quatre Livres et les Cinq Classiques, l’enseignement franco-vietnamien est organisé en fonction de tranches d’âge, par degrés et par classes (Lê Văn Giạng : 84-89 ; Nguyễn Q. Thắng : 163-167) :

  • L’enseignement primaire élémentaire (trois classes) est constitué par le cours enfantin (à sept ans), le cours préparatoire (à huit ans) et le cours élémentaire (à neuf ans). À la fin de la troisième année, les élèves passent un examen pour obtenir le diplôme primaire élémentaire.

  • L’enseignement primaire (à dix ans) regroupe le cours moyen 1re année, le cours moyen 2e année et le cours supérieur. À la fin des études, les élèves passent le Certificat d’études primaires franco-indigènes.

  • L’enseignement primaire supérieur (à onze ans) offre quatre années d’études et à la fin de ce degré, les élèves passent un examen pour recevoir un diplôme, le Diplôme d’Études Primaires Supérieures Indochinoises.

  • Les études de l’enseignement secondaire durent trois années. Au bout de la deuxième année, les élèves passent le baccalauréat première partie et, s’ils réussissent, passent le baccalauréat deuxième partie en troisième année. En 3e année, les études diffèrent selon la série, soit « philosophie » soit « mathématiques ». Un tronc commun comprend les matières comme : la littérature, l’histoire, la géographie, la logique, la biologie et la langue étrangère. Pour certaines matières, la différence consiste dans le volume horaire quand on passe d’une série à une autre (algèbre, astronomie) ou bien certaines matières existent dans une série mais pas dans une autre, comme : la psychologie et la métaphysique (série philosophie) ou la géométrie, la mécanique, l’arithmétique (série mathématiques).

9Outre l’introduction dans les programmes d’enseignement des matières scientifiques (mathématiques, physique, géographie, histoire, biologie, algèbre, etc.) et du vietnamien dans les programmes d’enseignement, on a noté un souffle de démocratie et d’égalité : désormais les filles ont le droit d’aller à l’école comme les garçons (Nguyễn Q. Thắng : 158). En effet, le Règlement général de l’Instruction publique (en vietnamien : Học chính tổng quy), signé par Albert Sarraut le 12 décembre 1917, prescrit entre autres : dans chaque commune il est possible d’ouvrir au moins une école primaire réservée aux garçons. Dans chaque province ou chef-lieu, il est possible d’ouvrir une école primaire réservée aux filles. Au cas où les conditions ne seraient pas réunies pour avoir une école pour garçons et une autre pour filles, garçons et filles vont dans la même école mais travaillent dans des classes différentes (Nguyễn Q. Thắng : 165). À Sài Gòn, par exemple, il y avait des écoles réservées aux jeunes filles telles que le Lycée Marie Curie (actuellement Trường trung hoc phổ thông Marie Curie), le Lycée Gia Long (actuellement Trung hoc Phổ thông Nguyễn Thị Minh Khai) et le Lycée des jeunes filles Trưng Vương (actuellement Trường trung học phổ thông Trưng Vương), etc.

Photo 1 – Le pensionnat de jeune fille où résidait Mme Donnadieu-Legrand, la mère de Marguerite Duras, à une époque où la mixité était interdite. (Saïgon 2018)

Photo 1 – Le pensionnat de jeune fille où résidait Mme Donnadieu-Legrand, la mère de Marguerite Duras, à une époque où la mixité était interdite. (Saïgon 2018)

Cliché Aline Henninger

10Le système perdura jusqu’en 1945, date de la Révolution d’Août. Lorsque Hoàng Xuân Hãn devint ministre de l’Éducation nationale sous le gouvernement de Trần Trọng Kim, il mena avec succès la réforme suivante : le programme dit « Programme de Hoàng Xuân Hãn », qui fut appliqué dans tout le pays, puis dans le Nord jusqu’en 1949 et dans le Sud-Việt Nam jusqu’en 1972 (Lê Văn Giạng : 193).

11Passons maintenant en revue l’éducation dans les deux parties du pays après l’accord de Genève en 1954 qui a divisé le pays en deux parties, puis l’éducation dans un Việt Nam unifié.

12Le programme de Hoàng Xuân Hãn comprend douze années d’études (primaire : six ans, collège : quatre ans ; lycée : trois ans). Dans le Nord, l’enseignement primaire est raccourci en cinq années et, après 1949, l’enseignement dit « général » se répartit sur dix ans (première réforme). En 1956, le Nord a mené une deuxième réforme selon laquelle l’enseignement général comprend quatre degrés : vỡ lòng (enseignement préscolaire – un an) ayant pour but de préparer les petits enfants à la première classe (apprendre à lire et à écrire et cet apprentissage est fait soit à l’école soit à la maison avec l’aide des parents) ; cấp I (1er degré – quatre ans) ; cấp II (2e degré – quatre ans) et cấp III (3e degré – trois ans) alors que l’enseignement supérieur a pris le format soviétique. Depuis 1958, l’éducation du Nord a les caractéristiques suivantes que Lê Văn Giạng appelle « points de vue de l’éducation socialiste (Lê Văn Giạng : 168-169) :

  • L’éducation sert l’œuvre de l’édification du socialisme du Nord et vient en renfort à l’œuvre de libération du Sud ;

  • L’éducation doit être mise sous la direction absolue du Parti du Travail du Việt Nam ;

  • L’éducation doit former des personnes qui se consacrent, cœur et âme, aux missions susmentionnées ;

  • Les contenus de l’éducation doivent allier l’éducation professionnelle et l’éducation politique, prenant le marxisme-léninisme comme fondement ;

  • Il faut faire attention à l’éducation des classes ouvrières et paysannes et à celle des ethnies, élever le pourcentage des étudiants issus de ces milieux dans les universités ;

  • Pratiquer l’égalité hommes-femmes dans l’enseignement ;

  • Réaliser les principes de l’éducation socialiste : la théorie et la réalité, l’apprentissage et la pratique, l’éducation et le travail de production ;

  • Il faut programmer l’éducation ;

  • L’État prend en charge tous les frais de scolarité avec la participation volontaire des parents d’élèves.

13Quant à l’éducation dans le Sud-Viet Nam, les établissements, placés sous le contrôle des Français de 1945 à 1955, suivent le programme de Hoàng Xuân Hãn. L’éducation du Sud commence à s’orienter vers le modèle américain dans les années 1955 et l’applique à partir de 1972.

14Un trait particulier de l’éducation d’après 1945, dans les deux parties confondues, est que le vietnamien est devenu langue véhiculaire dans le programme, dans le Nord à partir de 1945 et dans le Sud à partir de 1957, et que les écoles sont devenues peu à peu mixtes. Après la réunification du pays en 1975, la mixité est pratiquée dans tout le pays bien qu’il existe encore certaines différences comme le cursus de dix ans dans le Nord du pays et le cursus de douze ans dans le Sud du pays. À l’heure actuelle, tout citoyen, quel que soit son appartenance ethnique, sa religion, son sexe, son milieu, sa position sociale ou sa situation économique, est égal en matière de chance d’apprentissage (article 10 du Code de l’éducation 2009). Toujours selon cette loi, l’enseignement dit général comprend trois niveaux : l’enseignement primaire dure cinq ans, l’enseignement secondaire fondamental quatre ans et l’enseignement secondaire général trois ans.

En chiffres

15Voici un tableau représentant le pourcentage des personnes qui savent lire et écrire selon les sexes, 1989-2009 :

1989

1999

2009

Hommes et femmes

87,3

90,3

93,5

Hommes

92,7

94

95,8

Femmes

82,7

86,9

91,4

Ville

93,8

94,8

97

Campagne

85,4

88,7

92

16Le graphique3 ci-dessous représente le pourcentage des personnes de quinze ans ou plus qui savent lire et écrire en fonction de l’âge et du sexe en 2009. Dans ce tableau, la différence la plus notable concerne les femmes et les hommes de plus de soixante-cinq ans qui savent lire et écrire, le pourcentage de femmes est d’environ 67 % tandis qu’il est de plus de 90 % chez les hommes.

Graphique 1 – Chung : commun ; Nam : Masculin ; Nữ : Féminin

Graphique 1 – Chung : commun ; Nam : Masculin ; Nữ : Féminin

17En guise de conclusion, l’éducation au Việt Nam est passée d’une éducation réservée aux hommes visant à former des élites et mandarins à une éducation de masse, avec l’enseignement franco-vietnamien, peu à peu accessible aux deux sexes et qualifiée par certains de progressiste. Elle permettait l’accès aux savoirs savants de l’époque, dans la langue parlée par la plupart des Vietnamiens, le Quốc ngữ, et enseignée à côté du français, langue véhiculaire. À l’heure actuelle, l’enseignement est fortement démocratisé à tous les niveaux (du primaire au supérieur). L’article 15 de la Constitution de 1946 stipule en effet que « l’enseignement de base est obligatoire et gratuit », dispositions qui sont ultérieurement confirmées dans les Constitutions de 1959 et 1980. L’enseignement primaire est obligatoire et gratuit pour tous les enfants de six à douze ans et garçons et filles font leurs études ensemble.

18La traduction du terme de mixité s’inscrit dans ce contexte de décolonisation (1945, puis 1954) qui marque la fin du système français qui séparait les filles et les garçons à l’école. Comme la mixité est devenue obligatoire et qu’elle n’a pas fait l’objet d’un statut à part (circulaire, directives, programmes scolaires), on n’utilise jamais le terme Trường cả nam lẫn nữ qui veut bien préciser « école garçon-fille ». Il n’y a donc pas de terme courant ni de périphrase pour désigner la mixité ou la coéducation, puisque la transition entre la période coloniale et contemporaine a de fait coupé court aux débats sur la mixité.

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Bibliographie

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Notes

1 C’est-à-dire le roi.

2 Le Lun Yu est un ouvrage rassemblant les conversations de Confucius avec ses disciples et des seigneurs. Cet ouvrage est traduit en français sous le nom de Les entretiens.

3 http://portal.thongke.gov.vn/khodulieudanso2009/Tailieu/AnPham/ChuyenKhaoGiaoDuc/5_Chuyenkhao-Giaoduc.pdf

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Table des illustrations

Titre Photo 1 – Le pensionnat de jeune fille où résidait Mme Donnadieu-Legrand, la mère de Marguerite Duras, à une époque où la mixité était interdite. (Saïgon 2018)
Crédits Cliché Aline Henninger
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/8493/img-1.png
Fichier image/png, 1,1M
Titre Graphique 1 – Chung : commun ; Nam : Masculin ; Nữ : Féminin
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/8493/img-2.png
Fichier image/png, 105k
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Pour citer cet article

Référence papier

Thai Phong Phan Nguyen, « Éléments historiques pour comprendre la mixité au Viet Nam : l’éducation confucéenne et franco-vietnamienne »Les Cahiers d’Outre-Mer, 276 | 2017, 201-211.

Référence électronique

Thai Phong Phan Nguyen, « Éléments historiques pour comprendre la mixité au Viet Nam : l’éducation confucéenne et franco-vietnamienne »Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 276 | Juillet-Décembre, mis en ligne le 01 janvier 2021, consulté le 15 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/8493 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/com.8493

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Auteur

Thai Phong Phan Nguyen

Université de Pédagogie de Ho Chi Minh-Ville (Viet Nam). Email : phongpnt@hcmue.edu.vn

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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