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Notes de la rédaction

Avec la collaboration de Hassane Younsa, Adam Mala, C. Babale et Abdou Agga Ibrahima

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Paysages urbains de Niamey

Photo 1  - Le fleuve Niger traversant Niamey

Photo 1  - Le fleuve Niger traversant Niamey

Large de 600 mètres (et en période de hautes eaux sur la photo), le fleuve Niger traverse Niamey, une ville établie en surplomb sur sa rive gauche. Ce site est choisi en 1900 par l’administration française  : le village de pêcheurs devient poste militaire puis capitale de colonie en 1926. Capitale du Niger indépendant en 1960, avec 34 000 habitants, la concentration des fonctions politiques, administratives et surtout économiques, enclenche une forte croissance démographique et spatiale. À partir de 1970, le pont Kennedy offre un accès permanent aux îles du fleuve (dédiées aux pêcheurs, cultivateurs et éleveurs) et permet le développement de nouveaux quartiers sur la rive droite. Ce phénomène est renforcé par le pont de l’Amitié Chine-Niger inauguré en 2010. Avec 1,3 million d’habitants, l’agglomération continue son extension périphérique par lotissements et quartiers spontanés. Exode rural et flux migratoires peuvent être renforcés par des vagues de populations appauvries lors des grandes crises du Sahel (sécheresse, disettes, famines, guerre). La capitale du Niger a des fonctions internationales, y compris sur le plan culturel, et héberge nombre d’antennes d’organisations onusiennes ou non gouvernementales dans le quartier du Plateau. De manière récente, Niamey a dû renforcer sa sécurité, en raison des troubles terroristes de la région.

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

Organisation spatiofonctionnelle de Niamey

Carte 1 – Quartiers de Niamey

Carte 1 – Quartiers de Niamey

Les plus anciens quartiers qui avaient une fonction essentiellement résidentielle, tendent à devenir de plus en plus commerciaux. L’habitat traditionnel (cases rondes rappelant la ruralité et habitat en banco, briques en terre crue et paille séchées au soleil) tend à disparaître pour laisser place à des immeubles. Ces quartiers font l’objet d’une intense spéculation foncière.

Photo 2  - Exemple d'habitat traditionnel

Photo 2  - Exemple d'habitat traditionnel

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

Photo 3  - Les nouveaux immeubles

Photo 3  - Les nouveaux immeubles

Les nouveaux immeubles, de un à trois étages, abritent des activités commerciales et des services supérieurs (banques, bureaux d’études, formations privées, cliniques, boutiques de luxe...).

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

De nombreuses activités dans l’espace public

Photo 4 – Transports en commun

Photo 4 – Transports en commun

Différents types de transports en commun (carrefour de routes bitumées)  : au premier plan, un «  Lazaret Lazaret », transport en commun traditionnel et bon marché (passagers et marchandises) vers les quartiers périphériques  ; au centre, un taxi blanc «  à tête rouge » (4 passagers)  ; sur la droite, un minibus «  19 places » vers les villes de province. De nombreux petits commerces occupent les trottoirs, comme la vente de carburant au détail (bouteilles) ou des étals de cigarettes...

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

Photo 5 – Les travaux

Photo 5 – Les travaux

Les travaux débordent souvent sur la voirie  : grillages et tas de sable sont sur la route en terre. À l’arrière-plan  : construction moderne utilisant des matériaux importés (portes et tuiles de couleur, pour les villas de standing comme dans le quartier dit «  Dubaï »)

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

Photo 6 - La vallée du Gounti Yena

Photo 6 - La vallée du Gounti Yena

La vallée du Gounti Yena, « vallée fraîche» en zerma, est une zone de cultures maraîchères. À l’arrière plan, l’urbanisation gagne du terrain : les nouveaux immeubles construits en zones remblayées dans la vallée sont soumis aux risques d’infiltration et d’inondation. Bordant le Plateau, cette vallée délimitait les anciennes villes indigène et européenne. Son aménagement a commencé vers la fin des années 1930.

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

Photo 7 – L'élevage

Photo 7 – L'élevage

(Vers l’immeuble Africa Hall) L’élevage est très présent dans toute la ville  : élevage domestique généralisé  ; points de vente et marché de bétail dans chaque commune (gros et petits ruminants)  ; le grand marché est à Tourakou (signifiant «  marché de bétail » en haoussa). Tous sont très actifs à l’approche de la Tabaski, fête du sacrifice du mouton.

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

Diversité des modes d’accès à l’eau dans une ville sahélienne

Carte 2 – Territorialisation des différents modes d'accès à l'eau dans le ville de Niamey

Carte 2 – Territorialisation des différents modes d'accès à l'eau dans le ville de Niamey

À Niamey, l’urbanisation est plus rapide que l’extension des réseaux techniques. Pour l’eau, les citadins bénéficient d’une diversité d’offres (accès direct, indirect, alternatifs au service public). Différents modes d’accès à l’eau se combinent dans l’espace, selon un modèle d’organisation en auréoles, la zone 3 étant la plus hybride.

Photo 8  : Zone 1

Photo 8  : Zone 1

Dans le centre de Niamey, la partie la plus ancienne de la ville (urbanisée avant l’indépendance), les habitants les plus nombreux peuvent facilement se brancher au réseau de la SEEN  : à partir du fleuve, l’eau produite dans l’usine de Goudel dessert toutes les voies (maillage serré). Les non-branchés au réseau (locataires dans les cours communes, petits commerces…) s’approvisionnent à partir des bornes fontaines et/ou des porteurs d’eau.

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

Photo 9  : Zone 2

Photo 9  : Zone 2

Dans cette zone péricentrale, urbanisée dans les années 1960-1990, la desserte par le service est encore dominante (photo rive droite), mais le maillage du réseau plus lâche qu’en zone centrale, accroît le nombre de non-branchés au réseau. De ce fait, les services alternatifs se développent  : bornes fontaines et porteurs d’eau, mais aussi quelques puits (à 10-30 mètres) et forages (à 50-80 mètres) pour un accès direct aux nappes d’eau souterraines.

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

Photo 10  : Zone 3

Photo 10  : Zone 3

Dans cette zone périphérique, urbanisée depuis les années 1990, le réseau public, dont le maillage est très lâche, souffre d’une discontinuité de desserte (spatiale et temporelle). Les non-branchés et les habitants des quartiers informels ont surtout accès direct aux forages, mais aussi aux puits, creusés par les associations caritatives et religieuses, ainsi que par les promoteurs privés. Ils peuvent aussi bénéficier des services des porteurs d’eau qui s’approvisionnent aux bornes fontaines (photo prise à Koira Tegui).

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

Photos 11 et 12 : Zone 4

Photos 11 et 12 : Zone 4

Dans cette zone périurbaine en voie d’urbanisation, le zonage des lotissements précède l’installation des réseaux : il n’y a pas encore de population branchée au réseau d’eau. Les constructions sont en cours, les habitations encore disséminées dans cette zone en chantier. Comme en zone rurale, les puits sont nombreux ; quelques forages commencent à apparaître.

Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.

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Table des illustrations

Titre Photo 1  - Le fleuve Niger traversant Niamey
Légende Large de 600 mètres (et en période de hautes eaux sur la photo), le fleuve Niger traverse Niamey, une ville établie en surplomb sur sa rive gauche. Ce site est choisi en 1900 par l’administration française  : le village de pêcheurs devient poste militaire puis capitale de colonie en 1926. Capitale du Niger indépendant en 1960, avec 34 000 habitants, la concentration des fonctions politiques, administratives et surtout économiques, enclenche une forte croissance démographique et spatiale. À partir de 1970, le pont Kennedy offre un accès permanent aux îles du fleuve (dédiées aux pêcheurs, cultivateurs et éleveurs) et permet le développement de nouveaux quartiers sur la rive droite. Ce phénomène est renforcé par le pont de l’Amitié Chine-Niger inauguré en 2010. Avec 1,3 million d’habitants, l’agglomération continue son extension périphérique par lotissements et quartiers spontanés. Exode rural et flux migratoires peuvent être renforcés par des vagues de populations appauvries lors des grandes crises du Sahel (sécheresse, disettes, famines, guerre). La capitale du Niger a des fonctions internationales, y compris sur le plan culturel, et héberge nombre d’antennes d’organisations onusiennes ou non gouvernementales dans le quartier du Plateau. De manière récente, Niamey a dû renforcer sa sécurité, en raison des troubles terroristes de la région.
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/7486/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 916k
Titre Carte 1 – Quartiers de Niamey
Légende Les plus anciens quartiers qui avaient une fonction essentiellement résidentielle, tendent à devenir de plus en plus commerciaux. L’habitat traditionnel (cases rondes rappelant la ruralité et habitat en banco, briques en terre crue et paille séchées au soleil) tend à disparaître pour laisser place à des immeubles. Ces quartiers font l’objet d’une intense spéculation foncière.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/7486/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
Titre Photo 2  - Exemple d'habitat traditionnel
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/7486/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 680k
Titre Photo 3  - Les nouveaux immeubles
Légende Les nouveaux immeubles, de un à trois étages, abritent des activités commerciales et des services supérieurs (banques, bureaux d’études, formations privées, cliniques, boutiques de luxe...).
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/7486/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 844k
Titre Photo 4 – Transports en commun
Légende Différents types de transports en commun (carrefour de routes bitumées)  : au premier plan, un «  Lazaret Lazaret », transport en commun traditionnel et bon marché (passagers et marchandises) vers les quartiers périphériques  ; au centre, un taxi blanc «  à tête rouge » (4 passagers)  ; sur la droite, un minibus «  19 places » vers les villes de province. De nombreux petits commerces occupent les trottoirs, comme la vente de carburant au détail (bouteilles) ou des étals de cigarettes...
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
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Fichier image/jpeg, 808k
Titre Photo 5 – Les travaux
Légende Les travaux débordent souvent sur la voirie  : grillages et tas de sable sont sur la route en terre. À l’arrière-plan  : construction moderne utilisant des matériaux importés (portes et tuiles de couleur, pour les villas de standing comme dans le quartier dit «  Dubaï »)
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/7486/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 908k
Titre Photo 6 - La vallée du Gounti Yena
Légende La vallée du Gounti Yena, « vallée fraîche» en zerma, est une zone de cultures maraîchères. À l’arrière plan, l’urbanisation gagne du terrain : les nouveaux immeubles construits en zones remblayées dans la vallée sont soumis aux risques d’infiltration et d’inondation. Bordant le Plateau, cette vallée délimitait les anciennes villes indigène et européenne. Son aménagement a commencé vers la fin des années 1930.
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/7486/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 968k
Titre Photo 7 – L'élevage
Légende (Vers l’immeuble Africa Hall) L’élevage est très présent dans toute la ville  : élevage domestique généralisé  ; points de vente et marché de bétail dans chaque commune (gros et petits ruminants)  ; le grand marché est à Tourakou (signifiant «  marché de bétail » en haoussa). Tous sont très actifs à l’approche de la Tabaski, fête du sacrifice du mouton.
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
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Fichier image/jpeg, 832k
Titre Carte 2 – Territorialisation des différents modes d'accès à l'eau dans le ville de Niamey
Légende À Niamey, l’urbanisation est plus rapide que l’extension des réseaux techniques. Pour l’eau, les citadins bénéficient d’une diversité d’offres (accès direct, indirect, alternatifs au service public). Différents modes d’accès à l’eau se combinent dans l’espace, selon un modèle d’organisation en auréoles, la zone 3 étant la plus hybride.
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Fichier image/jpeg, 600k
Titre Photo 8  : Zone 1
Légende Dans le centre de Niamey, la partie la plus ancienne de la ville (urbanisée avant l’indépendance), les habitants les plus nombreux peuvent facilement se brancher au réseau de la SEEN  : à partir du fleuve, l’eau produite dans l’usine de Goudel dessert toutes les voies (maillage serré). Les non-branchés au réseau (locataires dans les cours communes, petits commerces…) s’approvisionnent à partir des bornes fontaines et/ou des porteurs d’eau.
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
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Fichier image/jpeg, 648k
Titre Photo 9  : Zone 2
Légende Dans cette zone péricentrale, urbanisée dans les années 1960-1990, la desserte par le service est encore dominante (photo rive droite), mais le maillage du réseau plus lâche qu’en zone centrale, accroît le nombre de non-branchés au réseau. De ce fait, les services alternatifs se développent  : bornes fontaines et porteurs d’eau, mais aussi quelques puits (à 10-30 mètres) et forages (à 50-80 mètres) pour un accès direct aux nappes d’eau souterraines.
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
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Fichier image/jpeg, 432k
Titre Photo 10  : Zone 3
Légende Dans cette zone périphérique, urbanisée depuis les années 1990, le réseau public, dont le maillage est très lâche, souffre d’une discontinuité de desserte (spatiale et temporelle). Les non-branchés et les habitants des quartiers informels ont surtout accès direct aux forages, mais aussi aux puits, creusés par les associations caritatives et religieuses, ainsi que par les promoteurs privés. Ils peuvent aussi bénéficier des services des porteurs d’eau qui s’approvisionnent aux bornes fontaines (photo prise à Koira Tegui).
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
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Fichier image/jpeg, 1020k
Titre Photos 11 et 12 : Zone 4
Légende Dans cette zone périurbaine en voie d’urbanisation, le zonage des lotissements précède l’installation des réseaux : il n’y a pas encore de population branchée au réseau d’eau. Les constructions sont en cours, les habitations encore disséminées dans cette zone en chantier. Comme en zone rurale, les puits sont nombreux ; quelques forages commencent à apparaître.
Crédits Photo : Sandrine Vaucelle, Niamey, décembre 2015.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/7486/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 460k
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Pour citer cet article

Référence papier

Sandrine Vaucelle, Abdou Bontianti et Hassane Younsa, « Cahier d'illustrations »Les Cahiers d’Outre-Mer, 270 | 2015, 271-278.

Référence électronique

Sandrine Vaucelle, Abdou Bontianti et Hassane Younsa, « Cahier d'illustrations »Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 270 | Avril-Juin 2015, mis en ligne le 01 avril 2018, consulté le 17 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/7486 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/com.7486

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Auteurs

Sandrine Vaucelle

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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