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La forêt classée de Kua ou l’hôpital de référence publique ? Une analyse des dynamiques spatiales dans une campagne péri-urbaine du Burkina Faso

Assonsi Soma
p. 123-141

Résumés

Cet article porte sur un projet controversé de construction d’un hôpital dans une forêt classée située à la périphérie de Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. L’objectif principal est d’analyser la position des acteurs vis-à-vis du projet : préserver la forêt ou y construire l’hôpital ? Fondée sur une approche socio-spatialiste qui prend appui sur des données secondaires et primaires, l’analyse montre que la conduite du projet n’a pas été participative, d’où la polémique et la résistance de certaines personnes à sa réalisation, au regard des enjeux socio-politiques et environnementaux pluriels. Aussi, note-t-on que les instruments de planification spatiale existants sont incohérents, cela ne permet pas de situer les acteurs pour le choix idéal de l’implantation de l’hôpital, dans une vision holistique de mixité fonctionnelle.

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Texte intégral

1Dans les pays ouest-africains, les espaces ruraux proches des villes constituent un assemblage de campagnes dynamiques, en recomposition permanente, en évolution hétéroclite, sous l’influence de la périurbanisation (De Lattre-Gasquet, 2021). En effet, l’étalement très rapide des agglomérations urbaines engendre l’occupation des espaces ruraux et crée des milieux hybrides, mêlant urbanité et ruralité. Cela questionne le devenir du couvert végétal et les enjeux de développement durable des espaces périurbains. Aussi, dans un contexte où les pouvoirs politiques manquent de ressources financières et de capacités techniques pour répondre à tous les problèmes territoriaux posés et que les priorités sont données au développement des infrastructures socio-économiques, les préoccupations environnementales sont souvent relayées au second rang (Deronzier, 2017). Le couvert végétal en périphérie est en effet peu valorisé, peu protégé par les autorités politiques (Dakissaga, 2006) et fait l’objet d’exploitations souvent abusives (coupe du bois, feux de brousse, mutation en habitation, etc.). Cette situation correspond à celle de la forêt classée du village de Kua, située à la périphérie est de la commune urbaine de Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso. D’une superficie de 350 hectares, elle doit être déclassée à hauteur de 16 hectares pour construire un hôpital de référence publique. Dès lors, déclasser ou préserver la forêt classée, la question a suscité une vive polémique politico-institutionnelle, sociale, environnementale et urbanistique, au-delà de l’échelle communale.

2Si tous les acteurs semblent unanimes sur la pertinence du projet destiné à améliorer l’accès aux services de santé des populations, le choix de l’emplacement de l’hôpital pose des réticences voire des résistances. Aussi, la décision unilatérale des autorités, de déclasser une partie de la forêt, sans pour autant suivre la procédure en la matière et associer les populations locales, aurait conduit à fédérer les oppositions au projet. Les considérations en faveur de la protection de la nature ont vite fait de se manifester pour résister au déclassement de la forêt.

3Ainsi, une analyse croisée des positionnements entre partisans et opposants au projet, suscite des interrogations. En effet, le projet de construction du nouvel hôpital de référence publique dans cette forêt est-elle en phase avec les instruments de planification spatiale existant ? Quels sont les facteurs explicatifs de la réticence ou de la résistance de certains acteurs pour la réalisation du projet ? Quels sont les enjeux territoriaux et conflictuels du projet ?

  • 1 Selon Winz (2016), cette approche permet à la fois de s’intéresser à la fonction ou production d’un (...)

4Avec une approche socio-spatialiste1 basée sur une revue de littérature et à partir de la collecte de données primaires (enquêtes par questionnaires, entretiens individuels et observations de terrain), l’article a pour objectif principal d’analyser la perception et la position des différents acteurs vis-à-vis du projet : préserver la forêt classée ou y construire un hôpital ? Aussi vise-t-il à analyser sa cohérence avec la règlementation en vigueur en matière de déclassement des forêts et avec les instruments de planification spatiale existant. Pour ce faire, l’analyse s’articule autour des points suivants : (1) Cadre géographique et méthode d’analyse, (2) Résultats de l’étude, (3) Analyse et discussion.

Cadre géographie et méthode d’analyse

5Ce point aborde la description de la zone d’étude, les traits caractéristiques de la forêt, les enjeux de son classement ainsi que la démarche méthodologique adoptée.

Milieu d’étude

6La forêt de Kua est située dans l’arrondissement 4 de la commune urbaine de Bobo-Dioulasso à la périphérie est (environ 15 km) de part et d’autre de la route nationale n° 1 (RN1). Elle fait partie des 15 forêts classées que compte la région des Hauts-Bassins. Sur le territoire communal, cette forêt se classe en troisième position, en termes de superficie, sur les quatre (04) forêts classées (Fig. 1, page suivante) situées à proximité de la ville (MUH, 2014).

7Située sur une zone de captation d’eau souterraine qui couvre toute la région des Hauts-Bassins et celle de la région de la Boucle du Mouhoun (sur 45 000 km2), elle s’est développée naturellement dans un des aquifères du bassin sédimentaire de Taoudéni (Yaméogo, 2012). Ses limites sont matérialisées par un talus de grès qui est le prolongement est et nord de la falaise de Banfora qui forme une sorte de mur dont le franchissement a été possible grâce à un remblai dessinant une pente sur la route RN1.

Figure 1. Carte de localisation des forêts classées péri-urbaines de Bobo-Dioulasso

Figure 1. Carte de localisation des forêts classées péri-urbaines de Bobo-Dioulasso

Source : Institut Géographique du Burkina, 2012, Auteur : Soma Assonsi, janvier 2021

8La forêt de Kua a été classée par arrêté n° 891/SE du 27 avril 1936 par le Gouverneur Général de l’Afrique occidentale française (AOF). L’objectif était de préserver les sources d’eau de la sous-région et aussi d’en faire une réserve de bois pour la construction et le fonctionnement du chemin de fer reliant Ouagadougou à Abidjan en Côte d’Ivoire. Ce nouveau statut de la forêt se solda par le déguerpissement des agriculteurs bobo qui y pratiquaient des activités agricoles (Deronzier, 2017).

9À son classement, le peuplement végétal était constitué par une savane arborée assez diversifiée représentant 46,5 % du couvert végétal (Yaméogo, 2012). Les espèces les plus abondantes étaient Isoberlinia doka, Uapaca togoensis, Detarium microcarpum, Combretum sp, Daniellia oliveri, Vitellaria paradoxa. En 2006, un inventaire réalisé a permis de dénombrer les espèces suivantes : Vitellaria paradoxa (19,24 %), Combretum sp en régénération (7,92 %), Daniellia oliveri (1,19 %), Detarium microcarpum (0,53 %), Isoberlinia doka en régénération (0,99 %), Parkia biglobosa (4,48 %), Diospyros mespiliformis (0,66 %), Prosopis africana (0,53 %), Lannea sp (0,53 %), Annona senegalensis (0,13 %). En 2010, les résultats des relevés réalisés par le service régional de l’environnement des Hauts-Bassins donnent pour les espèces concernées : Vitellaria paradoxa (6,91 %), Combretum sp ; (2,11 %), Detarium microcarpum (0,77 %) en régénération, et Daniellia oliveri (0,38 %), Annona senegalensis (3,84 %), Prosopis africana (0,77 %), Entada africana (0,38 %), Diospyros mespiliformis (0,19 %) et Parkia biglobosa (0,19 %), (Noula cité MUH, 2014). On note donc une disparition significative de la plupart des espèces végétales entre 2006 et 2010.

10Le service régional de l’environnement des Hauts-Bassins révèle la présence dans la forêt, d’espèces exotiques reboisées telles que Gmelina arborea, Tectona grandis, Eucalyptus camaldulensis, Senna siamea, Azadirachta indica, Anacardium occidentale ainsi que des plantations de Mangifera indica (Fig. 2 et 3).

Figures 2 et 3. Aperçu de la forêt de Kua et du marigot Houet la traversant, en 2019

Figures 2 et 3. Aperçu de la forêt de Kua et du marigot Houet la traversant, en 2019

Source : Direction Régionale de l’Économie et de la Planification (DREP) de la région des Hauts-Bassins.

Méthode d’analyse

11La problématique de l’étude consacrée à l’analyse des positions des acteurs par rapport au projet d’hôpital de référence dans la forêt, s’inscrit dans la mouvance des études sur la relation société urbaine/milieu naturel à travers la relation ville/campagne. Nous avons cherché à cerner la place de la forêt péri-urbaine dans l’espace d’influence de la ville et la satisfaction d’un besoin social de la population en service de santé.

12Ainsi, cette étude vise spécifiquement à poser une approche des rapports et des tensions entre ville et nature en présentant la complexité de ces relations et les systèmes de gestion partisans que celles-ci revêtent. La recherche a pour but également de questionner les enjeux qui sous-tendent la biodiversité végétale péri-urbaine, dans un contexte où les usages « traditionnels » et « informels » de celle-ci constituent une part très importante du quotidien de la majorité des populations.

  • 2 Selon la Constitution du 2 juin 1991 du Burkina Faso, le texte législatif ou loi est voté par le Pa (...)

13Le principal postulat de la réflexion est que la démarche du projet n’est pas en conformité avec les textes législatifs et règlementaires2 en vigueur en matière d’aménagement du territoire, de déclassement des forêts ainsi qu’avec les instruments de planification spatiale dont dispose la ville à savoir le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) et le Plan d’Occupation des Sols (POS). La première hypothèse spécifique est que les textes législatifs et règlementaires pour la gestion des forêts classées au Burkina Faso sont peu connus et respectés par les différents acteurs (services de l’État, municipalité, société civile, population). La deuxième hypothèse spécifique mentionne que les enjeux qui découlent de la méconnaissance et du non-respect des textes sont multiples et multiformes pour la réalisation du projet d’hôpital dans la forêt de Kua.

  • 3 Nous avons pris part à deux ateliers régionaux pour traiter de la question au compte de la Directio (...)

14La démarche méthodologique mise en œuvre s’est voulue socio-spatialiste. Elle a consisté en une revue de littérature, une capitalisation des échanges issus d’ateliers3 et des visites de terrain. La revue de littérature s’est focalisée sur les textes législatifs et règlementaires de l’aménagement du territoire et de la gestion des forêts au Burkina Faso, les instruments de planification spatiale dont dispose la ville de Bobo-Dioulasso, les ouvrages et articles scientifiques, des rapports traitant de la problématique des relations ville/campagne et surtout des résistances territoriales. Dans ce sens, Sébastien, Milanesi et Pelenc (2019) analysent trois cas de luttes territoriales contre des infrastructures sur trois territoires européens différents (une décharge, une autoroute et une prison) et notent l’évolution des mouvements de contestation dans le temps au travers du concept de résistance éclairée et l’émergence de réseaux sociaux, de savoirs spécifiques et d’attachements aux lieux. Aussi émettent-ils l’hypothèse selon laquelle les résistances aux projets d’aménagement peuvent être l’occasion d’une (re)politisation des territoires. Pour Siméant-Germanos (2013), bien que sur le plan sémantique certains auteurs parlent des « résistances », c’est plutôt les concepts de mobilisation et de mouvement social qui sont les plus usités dans les analyses. La capitalisation de ces approches sur les résistances territoriales a été d’un apport pour orienter l’étude de cas du présent article.

15Par ailleurs, la capitalisation des échanges issus des ateliers et des entrevues a consisté à croiser les différents points de vue des acteurs afin de faire une analyse sur les différentes perceptions sur la réalisation du projet de l’hôpital et d’y porter un « jugement » scientifique.

16Ainsi, un questionnaire a été administré auprès de 100 personnes riveraines de la forêt (autorités coutumières, paysans, propriétaires terriens, conseillers municipaux, conseillers villageois de développement). Ces personnes ont été choisies de façon aléatoire et interrogées individuellement. Il s’est agi de recueillir leur perception sur le projet d’hôpital dans la forêt et les liens séculaires qu’elles ont avec cette forêt.

17Par ailleurs, 12 entretiens individuels avec des personnes ressources ont été réalisés pour approfondir les aspects institutionnels et règlementaires du projet. Il s’agit de 2 membres de partis politiques (un du pouvoir et un de l’opposition), 3 spécialistes en environnement, 3 urbanistes (pour cerner la prise en compte de la foresterie dans le plan d’urbanisme et les enjeux du projet de construction de l’hôpital dans la forêt), 2 personnes représentant les organisations de la société civile (pour l’appréciation de leur perception du projet), 2 agents des services techniques municipaux (pour apprécier la gestion urbaine et de la forêt en particulier).

18Cette démarche méthodologique a permis de mettre en place la réflexion mais elle reste limitée puisqu’une mise en confrontation des positions des différents acteurs n’a pas été faite ; ce qui aurait permis de mieux appréhender d’autres enjeux liés au projet.

Résultats

19Le développement qui suit met en perspective la place de la forêt dans la dynamique péri-urbaine, présente ensuite la territorialité de la construction de l’hôpital et enfin les enjeux multifacettes du biais politique et péri-urbain du projet.

La place de la forêt dans la dynamique péri-urbaine de Bobo-Dioulasso

20La forêt classée revêt une importance capitale pour la commune de Bobo-Dioulasso, voire de toute la sous-région ouest africaine. Elle abrite cinq sources d’eau naturelles et intarissables qui constituent la deuxième plus grande réserve d’eau de l’Afrique de l’Ouest après le Fouta Djalon qui s’étend sur 1,5 millions de km2 (Sogreah Ingénierie, 1994, cité par le Mouvement Écologique du Burkina – MEcB, 2019). Aussi est-elle reconnue avec les autres forêts classées comme périmètre de protection des ressources en eau potable de la ville (Yaméogo, 2012), en plus d’être un réservoir de biodiversité (animale comme végétale), de captation d’eau de source, de séquestration du carbone produit et de refuge de mammifères, d’oiseaux et de grands reptiles. Selon le Chef coutumier de la communauté bobo, cette forêt constitue un lieu sacré et séculaire pour les rites cultuels et coutumiers.

21Toutefois, malgré son classement et son caractère sacré, la forêt est de nos jours menacée par la dynamique de la périurbanisation de l’agglomération bobolaise. En effet, alors que la ville comptait 54 260 habitants en 1960, on a assisté à une urbanisation fulgurante à partir des années 1990. Ainsi, les lotissements massifs en périphéries ont fait perdre la majorité des terres aux habitants des quartiers autochtones et dont les plus démunis (agriculteurs pour la plupart) ont été contraints de se retirer dans les zones protégées pour continuer à cultiver (Deronzier, 2017). L’agglomération qui s’étale sur une superficie de 159 572 ha, est constituée de 33 secteurs et de 36 villages et abrite une population de 903 887 habitants selon les résultats du 5e Recensement Général de la Population et de l’Habitation (INSD, 2020) du Burkina Faso. De nos jours, elle a pratiquement atteint les contraintes spatiales naturelles qui encadrent son évolution : les falaises du sud-est, le front amont du bassin du Kou et la forêt classée de Kuinima au sud et à l’ouest, les zones de maraîchage et de verger au nord et au sud, la forêt classée de Kua à l’est, la forêt classée de Dindéresso à l’ouest. Les zones les moins accidentées et les moins marécageuses constituent alors les fronts d’urbanisation privilégiés. Parallèlement, l’État et la municipalité de Bobo-Dioulasso font face à une contrainte énorme en termes de disponibilité d’espaces pour l’implantation des infrastructures socio-économiques. Déjà, en 2007, la Direction Régionale des Eaux et Forêts (DREF) des Hauts-Bassins estimait pour la forêt un niveau de dégradation de 87 % (DREF, 2017) du fait de son exploitation pour le ravitaillement de la ville en bois-énergie, en charbon de bois ou en bois de service.

22Ainsi, la forêt de Kua, comme les autres forêts, est exposée aux enjeux de la périurbanisation et à la pression anthropique, notamment le développement de l’habitat spontané précaire, l’exploitation agricole, l’exploitation des carrières de granite et de grès, le pacage du bétail, la coupe abusive du bois vert et du bois-énergie, le braconnage et l’implantation des infrastructures urbaines, comme le projet de construction d’un centre de santé de référence.

Construction d’un hôpital dans la forêt classée de Kua : entre territorialité et urbanité

  • 4 Créé en 1920 et situé dans le centre-ville, le CHU Souro Sanou demeure le principal centre sanitair (...)

23Selon l’annuaire statistique du ministère de la Santé de 2019, la commune de Bobo-Dioulasso dispose de 294 infrastructures de santé. Celles-ci se composent d’un centre hospitalier universitaire (CHU)4, 5 centres médicaux avec antenne chirurgicale, 185 centres de santé et de promotion sociale (CSPS), 2 dispensaires et 101 formations sanitaires privées.

24Si l’accès aux services de santé est jugé satisfaisant dans son ensemble, il existe des disparités selon le milieu de résidence, l’accessibilité géographique, le groupe socio-professionnel et les capacités financières des populations locales. En 2018, dans l’ensemble de la région des Hauts-Bassins, 68,41 % de la population parcouraient plus de 5 kilomètres pour accéder à une formation sanitaire et 83,45 % plus de 10 km. Dans la commune, les taux sont de 96,61 % pour le district sanitaire de Dafra et 86,25 % pour celui de Do pour une distance de 10 km. De plus, les ratios population/centre de santé (9 624 pour un centre de santé et de promotion sociale) et population/médecin (14 404 habitants pour un médecin) s’affichent en dessous des normes nationales qui sont respectivement de l’ordre d’un CSPS pour 5 000 habitants et d’un médecin pour 10 000 habitants (ministère de la Santé, 2019).

  • 5 Les deux premiers niveaux sont respectivement le Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) et (...)

25Par ailleurs, le CHU Souro Sanou, qui est un hôpital national de troisième niveau5 au Burkina Faso, constitue le centre de référence des régions sanitaires des Hauts Bassins, des Cascades, de la Boucle du Mouhoun et du Sud-Ouest du pays. Cependant, sa capacité d’accueil est dépassée au regard de la taille de la population de son aire sanitaire de rayonnement. Une telle situation interpelle le planificateur à proposer l’implantation d’une nouvelle infrastructure de santé moderne et de plus grande capacité d’accueil.

26Ainsi, en 2018, suite au rétablissement des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la Chine, cette dernière s’est engagée à financer entièrement la construction d’un centre hospitalier universitaire (CHU) de référence à Bobo-Dioulasso sous la forme d’un don estimé à 60 milliards de francs CFA (91,5 millions d’euros). Le gouvernement s’est engagé à financer l’équipement de l’hôpital à hauteur de 18 417 548 000 francs CFA (un peu plus de 28 millions d’euros). Si tous les acteurs sont unanimes sur le caractère salutaire du projet destiné, à terme, à améliorer l’accès aux soins dans la sous-région, le choix de son emplacement l’est moins. En effet, suite à une prospection « liminaire » des lieux par le donateur et les autorités étatiques et municipales, le site de la forêt de Kua a été choisi et une superficie de 16 ha est réservée sur les 350 que couvre la forêt. Selon Wang, chargé de communication à l’ambassade de la République populaire de Chine :

Plusieurs sites ont été proposés. Après des études et des échanges avec la partie burkinabè, nous avons conclu ensemble que les autres sites étaient soit trop proches de sources d’eau ou de champs, soit difficiles d’accès, ou encore que des questions de propriété foncière se présentaient. Le site actuel de Kua, peu boisé et très facile d’accès, est idéal6.

27Ce choix a d’ailleurs été entériné auparavant par le conseil municipal en 2019. Cette décision fut à l’origine d’une polémique non seulement sur la territorialité du projet mais également sur la procédure du déclassement d’une partie de la forêt. En effet, plusieurs acteurs prirent position sur les impacts du projet sur la forêt, chacun avançant ses arguments.

28Les autorités municipales et étatiques jugent le site de Kua comme étant le plus propice pour abriter le nouvel hôpital. Le ministre burkinabé en charge des Affaires étrangères arguait en ces termes :

J’étais dans cette forêt qui n’existe pas ! J’ai marché d’un bout à l’autre du site retenu soit 400 m de part et d’autre, je n’ai pas vu de forêt ! C’est un terrain parsemé de quelques arbres et qui est en réalité un champ de culture au vu des sillons tracés sur le sol. La partie qui ressemble à une forêt et où coule une sorte de marigot est assez éloignée, exactement comme le site de l’hôpital Yalgado, à Ouagadougou, avec une forêt en face, traversée par un canal ou une source d’eau7.

29Les réactions à ces propos ne se firent pas attendre, surtout quand leur auteur est une personnalité membre du gouvernement. Des agents des services des Eaux et Forêts, garants des forêts, ont en signe de contestation, déterré les bornes implantées pour délimiter les 16 hectares d’emprise du futur hôpital (Fig. 4). Mieux, ils y ont planté des arbres de façon symbolique.

30Aussi a-t-on assisté à une profusion d’organisations et de mouvements spontanés pour défendre la forêt. C’est le cas du Mouvement Écologique du Burkina (MEcB) qui aurait récolté plus de 10 000 signatures en une semaine sous forme de protestation, il est soutenu publiquement par des organisations internationales de défense de la nature tels que SOS Sahel, la Fondation Terre des Hommes, la Fondation Naturama et des partis politiques comme l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), un parti politique d’opposition8. On peut aussi citer le Groupe de Recherche-Action du Burkina sur la Gouvernance Forestière (GAGF) qui, dans ses propos9, a réagi en ces termes :

Il ne faut pas toucher à cette forêt ! Nous subissons déjà de plein fouet le changement climatique. Ce n’est pas possible qu’une forêt classée soit considérée comme le meilleur endroit pour construire un hôpital.

Figure 4. Bornes délimitant l’espace de l’hôpital déterrées par des Agents des Eaux et Forêts en 2019

Figure 4. Bornes délimitant l’espace de l’hôpital déterrées par des Agents des Eaux et Forêts en 2019

Source : Direction Régionale de l’Environnement (DRE) des Hauts-Bassins.

31La position du GAGF est aussi soutenue par des organisations telles que le syndicat des agents des Eaux et Forêts et la DRE. Par ailleurs, on note que 95 % des personnes enquêtées ont déclaré leur désaccord pour la réalisation du projet dans la forêt classée, évoquant en cela la préservation de la nature, la sauvegarde de la forêt qui serait un lieu sacré pour la communauté autochtone Bobo et un gisement de plantes et racines médicinales.

32Une première analyse croisée des différentes réactions laisse entrevoir beaucoup d’insuffisances en matière de gouvernance du projet de construction de l’hôpital de référence dans la forêt classée, ce qui pose des préoccupations aux facettes multiples.

Les enjeux multifacettes du biais politique et péri-urbain du projet

33Au regard des contradictions dans les positionnements des différents acteurs, les enjeux majeurs liés à l’implantation ou non de l’hôpital dans la forêt classée de Kua, sont d’ordre politico-institutionnel, social, environnemental et urbanistique.

Les enjeux politico-institutionnels

34Le projet engage plusieurs départements ministériels et la commune urbaine de Bobo-Dioulasso, collectivité territoriale bénéficiaire, aux rôles différents. Les principaux départements sont les ministères de la santé, de l’urbanisme, de l’environnement, des finances et de l’aménagement du territoire.

35Suivant leurs attributions, le ministère de la Santé est le porteur du projet. Mais tenant compte des textes législatifs et règlementaires en matière d’aménagement du territoire et de gestion forestière, l’initiative et la faisabilité du projet devraient être partagées par les structures concernées notamment les ministères de l’administration territoriale, de l’urbanisme, de l’environnement, de la sécurité, des finances et de l’aménagement du territoire. La situation laisse entrevoir un défaut de coordination en vue d’une démarche participative à l’échelon du gouvernement. En effet, il a manqué une concertation et une synergie d’actions préalable entre les différents départements ministériels, ce qui explique la confusion autour de la réalisation du projet. Le MEcB (2019) souligne par exemple dans son rapport que les agents des eaux et forêts de la région des Hauts-Bassins n’ont été ni associés, ni consultés par les décideurs en vue de les éclairer du moment où le projet concernait une partie d’une forêt classée. D’où la réplique un peu austère de T. M., agent des eaux et forêts, réagissant aux propos du ministre des Affaires étrangères, lors d’un entretien que nous avons eu avec lui en 2019 :

le Ministre Alpha Barry n’est pas un spécialiste en matière d’environnement ! Il est le ministre des affaires étrangères et on sait qu’il est journaliste de formation, donc c’est un point de vue qu’il a donné et qui n’engage que sa personne !

36Aussi C. S., agent des Eaux et Forêts, clame-t-il :

Lorsqu’on veut prendre une décision d’envergure, on ne la prend pas sur les avis personnels, on la prend sur des points de vue objectifs qui doivent être fondés sur des éléments scientifiques, des éléments techniques et règlementaires.

37Par ailleurs, cette confusion a vite laissé la place à des interprétations à connotation politique du projet entre le parti au pouvoir et l’opposition. Selon l’opposition, le choix de la forêt classée est plus opportuniste qu’une volonté de l’État de satisfaire les besoins réels de services de santé des populations bobolaises. Ainsi, elle est contre le déclassement d’une partie de la forêt pour un quelconque projet. Au-delà des enjeux politiques et institutionnels sus-évoquées, se posent également des enjeux sociaux et communautaires.

Les enjeux sociaux et communautaires

38Les contradictions politico-institutionnelles ont réveillé des intérêts sociaux et communautaires. Les remous sociaux ont fusé de toutes parts avec parfois des tons très acerbes dans les réseaux sociaux, dans la presse, des manifestations de rue, des signatures de pétition. Toutes ces actions visaient soit à soutenir le projet, soit au contraire à le contrer, sans pour autant se fonder sur des bases juridiques en matière de classement et de déclassement d’une forêt. Les propos ci-après, tenus par Kpièrou, un citoyen burkinabé, recueillis en mai 2019 dans un forum de discussion de l’un des quotidiens (lefaso.net) les plus importants du pays, sont à ce titre tout à fait évocateurs :

Le dossier du déclassement de la forêt de Kua ne suit pas la législation et les autorités s’entêtent à poursuivre et ensuite elles s’étonnent que les gens ne respectent pas les lois. Si l’autorité donne l’exemple de non-respect de la loi, ne soyons pas étonnés de la suite10.

39Analysant les propos du maire de la commune, qui aurait déclaré avoir reçu le soutien de l’ensemble des personnes ressources visitées à propos de la construction de l’hôpital dans la forêt de Kua, M.Z.O.L., ancien directeur général des Eaux et Forêts, déclare :

Le Maire ne savait malheureusement pas que de toutes ces personnes auxquelles il a rendu visite, aucune n’est concernée par le déclassement de cette forêt. Il s’est vraiment trompé d’interlocuteur, sauf s’il voulait le sensationnel dans la dentelle politique11.

40Par ailleurs, face aux propos du ministre des Affaires étrangères, M.Z.O.L. se veut conseiller, en ces termes :

  • 12 Le Ministre des affaires étrangères avait tenu ces propos publiés le 24 mai 2019 : « Sur le site re (...)

Monsieur le Ministre, un petit conseil : prenez toujours la peine de vous faire briefer sur les sujets que vous ignorez avant de parler. Si dans votre sortie à Kua, vous aviez été accompagné par les forestiers de la Direction Régionale [des Eaux et Forêts] des Hauts-Bassins en charge de l’environnement, non seulement vous n’auriez pas étalé votre ignorance au grand jour, mais vous seriez édifié une fois pour toute sur cette question de forêt classée12.

  • 13 Le contexte national burkinabé est marqué entre autres par des conflits entre agriculteurs et éleve (...)

41Aussi a-t-il été envisagé « d’ester en justice les initiateurs du projet contre ce crime d’écocide imminent » (MEcB, 2019 : 11). Ces différentes réactions ont porté un coup à la cohésion sociale déjà fragilisée par les conflits communautaires13 et l’insécurité dans le pays. Ainsi, un tel climat n’augure-t-il pas une compromission du « vivre ensemble » ? Il se pose également des enjeux environnementaux et urbanistiques liés au projet.

Les enjeux environnementaux

42Les enjeux environnementaux du projet d’hôpital dans la forêt sont multiformes. Dans le principe, le déclassement, même partiel d’une forêt classée, doit faire l’objet d’une étude d’impact environnemental et social. Or, selon les échanges qui ont eu lieu en 2019 lors des visites de terrain avec les cadres du ministère de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique, le choix des 16 ha sur le site de la forêt de Kua n’a pas fait l’objet d’une étude d’impact environnemental et social préalable. L’inobservance ou le non-respect des textes législatifs et règlementaires en matière d’aménagement du territoire et de gestion forestière ainsi que la non prise en compte des orientations des instruments de planification spatiale témoignent également des difficultés liées à la réalisation du projet.

43En outre, d’après un cadre de la DRE interviewé, un tel mépris ne peut qu’engendrer des comportements déviants pour l’occupation rationnelle de l’espace, la préservation des ressources naturelles ou la compensation environnementale et le développement périurbain harmonieux. En effet, il ressort que le projet dans sa conception, n’a pas pris en compte le fait que le site de Kua, en plus d’abriter la forêt, repose sur une grande nappe phréatique susceptible d’être polluée, ce qui peut avoir pour corollaires la privation de la ville en eau potable, la destruction du couvert végétal, la dégradation des sols, une menace sur la biodiversité, etc.

Conclusion

44Dans l’ensemble, l’article a abouti à des résultats dont l’analyse appelle à des discussions. Il s’agit d’une part, de l’importance de la forêt classée de Kua dans la dynamique périurbaine de Bobo-Dioulasso et d’autre part, de la construction d’un centre de santé dans cette forêt et des enjeux majeurs qui en découlent.

45Il ressort des enquêtes que cette forêt joue un rôle très important pour la commune sur les plans environnemental et socio-culturel. Ce résultat rejoint celui de Yaméogo (2012) qui relève que cette forêt constitue un périmètre de protection des ressources en eau potable de la ville et de séquestration du carbone. Toutefois, l’on observe que la forêt de Kua, quand bien même classée, se trouve au cœur des enjeux sociaux et économiques de la périurbanisation. Elle est en effet, un terrain de la prolifération de l’habitat spontané, de l’exploitation agricole et des carrières, du pacage du bétail, de la coupe du bois vert et du bois-énergie.

46Ainsi, l’analyse de la perception des différents acteurs relative à la construction d’un hôpital dans la forêt pose la problématique de la relation ville/campagne, comme cela a été mentionné par Dellier (2007). Si tous les acteurs s’accordent sur le caractère salutaire de l’hôpital, qui vise à améliorer l’accès aux soins dans la sous-région, son emplacement dans une forêt classée pose problème. Ce site soulève la question de l’équilibre à trouver entre l’utilité sociale et économique du projet d’une part, et les enjeux environnementaux de l’autre, surtout dans le contexte du développement durable prôné par les pouvoirs publics. Ce constat corrobore celui de Martinez-Alier et al. (2016) cités par Sébastien, Milanesi et Pelenc (2019) lorsqu’ils notent que dans les milieux ruraux et péri-urbains majoritairement, on assiste à l’échelle globale à une multiplication des oppositions à l’installation ou l’extension d’infrastructures, parfois appelées grands projets inutiles et imposés. Cette analyse rejoint également celle de Batellier (2016) qui relève que les citoyens s’opposent, car ils ne comprennent pas, sont ignorants ou mal informés et veulent une information complète pour se positionner par rapport à la faisabilité du projet.

47Par ailleurs, l’analyse des différentes positions observées par les diverses forces sociales en présence a permis de relever différents biais sur plusieurs plans. Les discours contradictoires qui émanent de différents ministères traduisent bien des conflits d’intérêt et surtout de positionnement au détriment des causes relevant de l’intérêt général.

  • 14 Article 3 du décret n° 2017-00138/PRES/PM/MEEVCC/MATDSI/MINEFID du 22 mars 2017 portant procédures (...)

48Sur le plan institutionnel, l’autorité compétente pour entreprendre le déclassement d’une partie de la forêt est le ministre en charge des forêts. En effet, selon l’article 30 de la loi portant Code forestier, le déclassement d’une forêt de l’État résulte d’un décret pris en Conseil des ministres sur proposition du ministre chargé des forêts. Aussi, selon les dispositions en vigueur14 l’initiative du classement ou du déclassement des forêts de l’État est une compétence du ministère en charge des forêts. Pour le déclassement des 16 ha de la forêt de Kua, il revenait au ministre chargé des forêts de soumettre un projet de décret de déclassement de l’aire visée, au Conseil des ministres pour adoption après avis du Comité national d’aménagement forestier, selon l’article 13 dudit décret. Par conséquent, l’initiative du déclassement de cette forêt n’est pas du ressort des autorités de la commune, même si la forêt se trouve sur leur territoire. En somme, les procédures n’ont pas été respectées et les textes législatifs et règlementaires d’aménagement du territoire et de gestion des forêts ont été « foulés au pied ».

49Sur le plan opérationnel, l’analyse a abouti à une contradiction et une méconnaissance des instruments de planification spatiale. La ville de Bobo-Dioulasso dispose de deux instruments de planification spatiale notamment le SDAU adopté en 2014 par le Conseil des ministres et le POS adopté en 2017 par le Conseil municipal pour l’horizon 2030. Se référant aux articles 22 et 66 du Code de l’urbanisme et de la construction du 18 mai 2006 qui stipulent respectivement que les aménagements et les constructions de toute nature doivent être localisés en fonction des orientations générales du SDAU et/ou de celles du POS de la localité, il apparaît clairement que la réalisation de tout projet d’équipements dans la commune doit se faire en conformité avec les orientations du SDAU et avec les dispositions règlementaires du POS en vigueur. Toutefois, l’analyse révèle que les deux instruments sont contradictoires en ce qui concerne la programmation des infrastructures de santé notamment l’hôpital en projet. En effet, le SDAU projette la construction de l’hôpital à l’ouest de la ville notamment sur la route d’Orodara, tandis que le POS, qui est un instrument d’opérationnalisation du SDAU, a opté pour la construction de l’hôpital à l’est précisément dans la forêt de Kua. Aussi l’étude d’impact environnemental, réalisée en novembre 2019 en prélude au choix définitif du site de l’hôpital, indique-t-elle que les deux instruments manquent de cohérence quant à la planification spatiale de l’infrastructure de santé de référence projetée depuis 2013, ce qui corrobore notre analyse.

50En outre, malgré le processus participatif d’élaboration et d’adoption des deux instruments, l’analyse note que ceux-ci sont méconnus ou ignorés par les acteurs de développement, à commencer par les autorités municipales qui sont pourtant chargées de la mise en œuvre des orientations. En somme, les acteurs de la commune peinent à mettre en place un développement « vert » de la ville et de sa périphérie, qui conjuguerait à la fois conservation de la biodiversité et expansion péri-urbaine, et cela en dépit des prescriptions du SDAU.

51En définitive, cette recherche a permis de présenter la complexité de la planification et de la gestion spatiale du fait des rapports parfois divergents entre décideurs politiques et populations locales pour la réalisation des projets d’intérêt public. À travers l’exemple de l’hôpital de référence dans la forêt de Kua, on voit que la perception du projet et les préoccupations environnementales des acteurs sont plurielles et parfois contradictoires. Celles-ci sont dues à la méconnaissance des textes législatifs et règlementaires qui régissent l’aménagement du territoire et la gestion des forêts classées, au non-respect des orientations des instruments de planification urbaine (SDAU et POS) dont dispose la ville, qui du reste, sont incohérents. Il y a également l’ingérence politique qui constitue un blocage dans la mise en œuvre du projet.

52La question et l’hypothèse de départ, ainsi que l’approche socio-spatialiste adoptée pour l’analyse, ont permis de mettre en exergue ces insuffisances. Aussi la polémique suscitée par l’initiative et la conduite du projet qui ont rencontré la réticence voire l’opposition de certains acteurs au sein du gouvernement, des partis politiques, de la société civile et des populations, amène-t-elle à repenser la gestion actuelle de la planification spatiale en général et péri-urbaine en particulier. Cela tient du fait que les enjeux socio-économiques, politiques et environnementaux se posent de plus en plus avec acuité.

53De cette analyse, on note que le postulat de départ de la recherche est confirmé. La démarche du projet de l’hôpital dans la forêt de Kua n’est pas en conformité avec les textes législatifs et règlementaires en vigueur en matière d’aménagement du territoire, de déclassement des forêts ainsi qu’avec les instruments de planification spatiale dont dispose la ville.

54Tout compte fait, le projet d’hôpital dans la forêt classée de Kua est réalisable à condition, pour les collectivités publiques, de se conformer aux règles de procédure suivant les textes législatifs et règlementaires en vigueur.

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Bibliographie

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MUH (ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat), 2014. Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de la ville de Bobo-Dioulasso, Document final, 210 p.

MEcB (Mouvement Ecologique du Burkina), 2019. Projet d’exploitation d’une partie de la forêt classée de Kua pour ériger un Centre Hospitalier universitaire de référence, Document de position, Bobo-Dioulasso, 11 p.

Noula K., 2006. Forêt classée de Kuinima, de Kua : analyse de l’état général, des fonctions, utilisations et tendances. Recommandation pour leur protection, restauration et valorisation, version définitive, BKF/007.PAFDK, 41 p.

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Sébastien L., Milanesi J. et Pelenc J., 2019. « Résister aux projets d’aménagement, politiser les territoires », VertigO - la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], volume XIX, N° 1, mars 2019, mis en ligne le 5 mars 2019, URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/vertigo/24269; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/vertigo.24269

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Siméant-Germanos J., 2013. « Protester/mobiliser/ne pas consentir. Sur quelques avatars de la sociologie des mobilisations appliquée au continent africain », Revue internationale de politique comparée, numéro 2, volume XX, pp. 125-143

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Yameogo T. J., 2012. Réhabilitation d’écosystème forestier dégradé en zone soudanienne du Burkina Faso : impacts des dispositifs CES/DRS, Thèse unique de doctorat en Développement rural, Spécialité : Sciences du sol, Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso, Institut du Développement Rural (IDR), 212 p.

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Notes

1 Selon Winz (2016), cette approche permet à la fois de s’intéresser à la fonction ou production d’un espace, sa forme (dimension spatiale) et ses usages (dimension sociale).

2 Selon la Constitution du 2 juin 1991 du Burkina Faso, le texte législatif ou loi est voté par le Parlement (Assemblée nationale ou Sénat) ou approuvée par référendum, alors que le texte réglementaire est un document (décret, arrêté, décision) produit par une autorité du pouvoir exécutif ou de l’administration publique : Président de la République, Premier ministre, Ministres, Préfets, Maires, etc.

3 Nous avons pris part à deux ateliers régionaux pour traiter de la question au compte de la Direction Générale du Développement Territorial (DGDT).

4 Créé en 1920 et situé dans le centre-ville, le CHU Souro Sanou demeure le principal centre sanitaire (Sanou 1990).

5 Les deux premiers niveaux sont respectivement le Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) et le Centre Médical.

6  https://www.jeuneafrique.com/779040/politique/au-burkina-le-projet-dhopital-dans-la-foret-classee-de-kua-fait-debat/

7  https://www.jeuneafrique.com/779040/politique/au-burkina-le-projet-dhopital-dans-la-foret-classee-de-kua-fait-debat/

8 Ce parti est de la mouvance présidentielle depuis le premier gouvernement après les élections de 2020.

9 https://www.jeuneafrique.com/779040/politique/au-burkina-le-projet-dhopital-dans-la-foret-classee-de-kua-fait-debat/

10 http://lefaso.net/spip.php?article89850

11 https://www.burkina24.com/2019/05/15/foret-classee-de-kua-%E2%94%82-lavis-dun-ancien-directeur-general-des-eaux-et-forets/

12 Le Ministre des affaires étrangères avait tenu ces propos publiés le 24 mai 2019 : « Sur le site retenu, je n’ai pas vu de forêt » https://www.burkina24.com/2019/05/24/kua-sur-le-site-retenu-je-nai-pas-vu-de-foret-alpha-barry/about:blank

13 Le contexte national burkinabé est marqué entre autres par des conflits entre agriculteurs et éleveurs (pasteurs), entre populations autochtones (bobo) et les populations allogènes (mossi, peulh) autour de l’accès et l’utilisation des ressources en eau, du sol, du couvert végétal.

14 Article 3 du décret n° 2017-00138/PRES/PM/MEEVCC/MATDSI/MINEFID du 22 mars 2017 portant procédures de classement, de déclassement et de changement de statut des forêts de l’État et des collectivités territoriales.

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Table des illustrations

Titre Figure 1. Carte de localisation des forêts classées péri-urbaines de Bobo-Dioulasso
Crédits Source : Institut Géographique du Burkina, 2012, Auteur : Soma Assonsi, janvier 2021
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/13702/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 518k
Titre Figures 2 et 3. Aperçu de la forêt de Kua et du marigot Houet la traversant, en 2019
Crédits Source : Direction Régionale de l’Économie et de la Planification (DREP) de la région des Hauts-Bassins.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/13702/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 666k
Titre Figure 4. Bornes délimitant l’espace de l’hôpital déterrées par des Agents des Eaux et Forêts en 2019
Crédits Source : Direction Régionale de l’Environnement (DRE) des Hauts-Bassins.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/docannexe/image/13702/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 1,0M
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Pour citer cet article

Référence papier

Assonsi Soma, « La forêt classée de Kua ou l’hôpital de référence publique ? Une analyse des dynamiques spatiales dans une campagne péri-urbaine du Burkina Faso »Les Cahiers d’Outre-Mer, 285 | 2022, 123-141.

Référence électronique

Assonsi Soma, « La forêt classée de Kua ou l’hôpital de référence publique ? Une analyse des dynamiques spatiales dans une campagne péri-urbaine du Burkina Faso »Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 285 | Janvier-Juillet, mis en ligne le 02 janvier 2024, consulté le 15 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/13702 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/com.13702

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Auteur

Assonsi Soma

Maître-Assistant, Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou. Département de Géographie.

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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