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COM en parle

La pandémie en Colombie : expressions des inégalités et de l’iniquité pour les femmes

Diana Lucía Maya Vélez
p. 511-517

Notes de la rédaction

Texte finalisé en octobre 2020. Traduction et relecture par Martine Guibert, professeure des universités en géographie, Université Toulouse 2 - Jean Jaurès, UMR LISST/Dynamiques rurales.

Texte intégral

1En Colombie, l’épidémie liée à l’agent infectieux SARS-COV-2 a accentué les inégalités entre hommes et femmes, celles-ci ayant davantage subi le confinement et les mesures décrétées pour lutter contre la propagation du virus. Les femmes vivant en milieu rural ont été encore plus touchées. Après une contextualisation de la progression de la maladie dans le pays, entre mars et octobre 2020, ce témoignage présente des données statistiques qui montrent l’aggravation de la situation des femmes durant la période de confinement vécu jusqu’à la fin septembre.

Contexte social et économique en 2020

2Le premier malade de la Covid-19 a été rapporté en Colombie le 6 mars 2020 ; il s’agissait d’une jeune femme de 19 ans qui est arrivée à Bogotá de retour de Milan (Italie). Depuis ce cas et étant donné la gravité des nouvelles en Europe, surtout en Italie et en Espagne, le gouvernement colombien et les autorités locales (gouverneurs des départements et maires) ont commencé à prendre des mesures de prévention et de soins, parfois coordonnées, parfois non. Ainsi, avec la confirmation de ce cas sur le territoire national et face au nombre de morts et de personnes infectées dans les pays voisins (Équateur et Brésil), le gouvernement a instauré un confinement préventif et a lancé, par différents moyens de communication, des mesures de prévention. Les ports ont été fermés à partir du 6 mars, les établissements scolaires l’ont été le 9, les aéroports nationaux et internationaux, le 17. Le 25 mars, le Décret 457 a défini les conditions d’un isolement préventif obligatoire ; il a été en vigueur jusqu’en septembre 2020. Ensuite, la réouverture de certains secteurs de l’économie a été lente et actuellement, en octobre (moment de rédaction de ce texte), il n’y a plus de limitations mais un appel à la responsabilité de tous, avec utilisation du masque et distanciation physique.

3Le rapport du Ministère de la Santé et de la protection sociale, publié le 20 octobre, informe que 65 928 personnes sont alors atteintes par la Covid-19, qu’il y a eu 29 272 décès depuis le début de l’épidémie et que 876 731 patients sont guéris. 944 villes ont au moins un patient identifié, Bogotá totalisant 299 713 cas (145 519 sont des hommes, 154 194 sont des femmes).

4S’agissant de l’économie, en août 2020, le gouvernement avait pris plus de 50 mesures, entre décrets et résolutions ministérielles, qui portent sur la situation financière. Du fait de la confiance des investisseurs, le pays a pu s’endetter et disposer de ressources provenant de la Banque mondiale et de la BID (Banque interaméricaine de développement). Selon les chiffres officiels, la Colombie a investi l’équivalent de 11,04 % de son PIB pour faire face à la Covid-19, et ce malgré les difficultés économiques dues à la chute du prix du pétrole et à l’arrêt des activités du fait du confinement. Cela représente environ 31 milliards de dollars états-uniens (plus de 117 milliards de pesos) dont 6,4 sont allés au fonds de gestion des urgences, près de 1,9 est alloué au secteur de la santé et environ 1,2 est directement versé aux populations vulnérables. De plus, 6,2 milliards de dollars de la Banque centrale colombienne ont servi pour des prêts garantis aux PME afin qu’elles puissent payer les salaires et avoir des liquidités et protéger (maintenir) les emplois. Malgré cela, en juin 2020, le chômage atteignait 19,8 %, soit 10,4 points de plus par rapport au mois de mai (9,4 %) (DANE, 2020).

5En fait, le soutien économique a été dirigé vers les populations les plus vulnérables à travers les programmes déjà existants du Département de gestion pour la prospérité sociale. Trois de ces programmes sont assez emblématiques.

6« Familias en acción » est un programme destiné aux familles dans la pauvreté et dans la pauvreté extrême, avec des enfants et des adolescents. En 2020, une aide supplémentaire leur a été attribuée selon leurs revenus pour la formation, la mobilité sociale, l’accès aux programmes d’éducation secondaire et supérieure, la lutte contre la pauvreté et la pauvreté extrême, et la prévention des grossesses chez les adolescentes. Le 8 août, la troisième vague de versement de ces aides a eu lieu, avec un virement exceptionnel autorisé par le Président Ivan Duque à 2 643 685 foyers et le virement ordinaire pour 744 766 de ces foyers, en suivant le concept d’une application automatique pour les enfants de moins de six ans (aide à la santé) et d’aide à la scolarité pour les enfants inscrits dans les collèges de juin 2019 à mai 2020 (calendrier B). Le montant est de près de 142 millions de dollars étasuniens (544 millions de pesos).

7Ensuite, « Jóvenes en acción » est un programme de soutien aux jeunes en condition de pauvreté et de vulnérabilité, avec l’attribution d’allocations conditionnées pour qu’ils continuent leur formation technique, technologique et professionnelle. Le 29 juillet 2020, dans le cadre de la pandémie, a été conclu le troisième versement exceptionnel à 296 194 jeunes bénéficiaires de ce programme dans 326 communes. Parmi eux, 202 796 ont également reçu les aides habituelles du fait du respect de deux conditions : leur inscription pour le premier semestre 2020 dans 60 institutions d’enseignement supérieur, et leur permanence et leur réussite durant le second semestre 2019 dans le cas de 10 institutions qui étaient en retard et qui ont débordé sur le calendrier académique de début 2020. Le montant est de 52 millions de dollars étatsuniens (201 millions de pesos).

8Enfin, le programme « Ingreso solidario » a été mis en vigueur, il permet le versement d’aides à des foyers en situation de pauvreté et de vulnérabilité qui ne bénéficient pas des programmes sociaux de l’État. Il concerne, dans sa première phase de 2020, 1 162 965 foyers.

9Toutefois, ces programmes s’avèrent insuffisants du fait de l’importance des inégalités et de l’iniquité, tout en obtenant des résultats assez sensibles. Ils ont permis de diminuer les niveaux de pauvreté. En Colombie, selon le rapport du DANE publié en juin 2020, l’indice de pauvreté multidimensionnelle était en 2019 de 17,5 %, contre 19,1 % en 2018. Ce taux était de 12,3 % dans les villes importantes du pays (contre 13,2 % en 2018) et de 34,5 % dans les petites et moyennes villes, et les campagnes (contre 38,6 %). De plus, le taux de foyers avec retard scolaire a diminué aussi entre 2018 et 2019, passant de 27,4 % à 25,8 %, ce qui est une variation significative. Mais, ils ne pèsent pas véritablement sur la réduction durable des difficultés économiques des foyers concernés. Les indicateurs relatifs au chômage de longue durée et aux personnes sans couverture sociale ont augmenté de 0,3 % point entre 2018 et 2019 : respectivement 12,4 % contre 12,1 %, et 11,3 % contre 11 %. Avec un indice de 0,520 (0,465 pour l’ensemble de la région latino-américaine et caribéenne), la Colombie est le deuxième pays d’Amérique latine, derrière le Brésil, pour l’indice de Gini (plus l’indice est proche de 1, plus le niveau d’inégalité est important pour la variable observée) (Cepal, 2020, p. 22).

Inégalités et iniquité plus fortes en milieu rural et plus marquées pour les femmes

  • 1 Selon le dernier recensement de population de 2018, sur 14 423 223 foyers, il est estimé que 59,3 % (...)

10En Colombie, les conséquences de la pauvreté sont plus fortes en milieu rural et ont été encore plus ressenties en 2020, du fait de la Covid-19. Structurellement parlant, « la richesse et la localisation géographique sont étroitement reliées en Colombie ; 99,7 % des femmes du quintile le plus haut vivent en milieu urbain tandis que 88,2 % des femmes les plus pauvres vivent en milieu rural. Les femmes et les filles des foyers urbains les plus riches ont de meilleurs résultats que les femmes et les filles des foyers les plus pauvres » (Onumujeres, 2018, p. 166). D’après l’analyse du DANE (2019b), 19,8 % des foyers localisés dans les villes petites et moyennes et dans les zones rurales, et qui ont une femme comme chef de famille1, sont en pauvreté extrême. Dans les 13 métropoles et villes principales, ce sont 4 % de ce type de foyers et 2 % dans le cas d’un homme chef de famille. Concernant l’accès aux services de base, ces valeurs sont de 42 % pour les foyers gérés par des femmes et situés dans les zones rurales et les villes petites et moyennes, et 7 % pour ce type de foyers dans les métropoles et grandes villes (DANE, 2019a). Dans les zones rurales, plus de 75 % des communes ont plus de 75 % des foyers sans eau potable. Cela suppose une surcharge de travail pour aller chercher de l’eau. Cette tâche est socialement assignée aux femmes. Par ailleurs, le manque de points d’eau potable entraîne un plus grand nombre de maladies.

11Pendant la pandémie, le confinement et les mesures décrétées pour lutter contre la propagation du coronavirus ont augmenté le travail à la maison des femmes, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. En Colombie, en temps normal, l’enquête nationale d’usage du temps (ENUT) est l’instrument utilisé pour mesurer le temps passé aux activités domestiques. Certaines sont recensées par le « système des comptes nationaux » car elles sont rémunérées. Cependant, la majorité des tâches domestiques ne le sont pas et ne sont donc pas comptabilisées. Selon le DANE-ENUT de 2016-2017, la participation des hommes aux activités rémunérées (production de biens et services, autres tâches) est de 55,8 % contre 34,8 % pour les femmes. Concernant les activités non rémunérées (ménage et autres tâches dans les foyers familiaux), ces taux sont respectivement de 64 % et 89,5 %.

12Les statistiques d’utilisation du temps montrent donc les inégalités liées au genre. Le recensement du DANE de 2018 (DANE, 2018a) mesure ce constat, lui-aussi, en estimant que les journées de travail des femmes sont de 14 heures et 49 minutes, celle des hommes de 12 heures et 39 minutes. Néanmoins, pour les femmes, plus de 7 heures ne sont pas rémunérées, pour les hommes ce sont, 3 heures et 30 minutes. Dit autrement, les femmes travaillent plus et seulement 51 % de leur travail est rémunéré alors que les hommes travaillent moins et 73 % de leur travail est rémunéré. En synthèse, mesurer le nombre d’heures passées aux activités domestiques et aux tâches non rémunérées permet d’estimer l’importance de ce secteur dans l’économie. Payé, ce travail représenterait 20,6 % du PIB, soit bien plus que tous les autres secteurs d’activité, et les femmes apporteraient 76 % de cette valeur du PIB.

13Depuis la pandémie, et selon les analyses du DANE/ONU Mujeres de 2020, les activités domestiques ont augmenté, ce qui a surchargé les femmes, étant donné l’iniquité déjà installée à l’intérieur des foyers dans la distribution de ces tâches. Deux grands domaines peuvent être évoqués qui renvoient l’un, à l’attention portée aux personnes vulnérables face au coronavirus, l’autre aux plus jeunes. Tout d’abord, l’attention aux personnes âgées et aux malades de la Covid-19, avec un confinement très strict pour les personnes de plus de 70 ans, provoque un allongement du temps passé à faire les courses alimentaires et à assurer les autres tâches liées au suivi de ces personnes. Ensuite, la fermeture des garderies, écoles et collèges a transféré les activités scolaires à la maison. Or, l’absence ou la mauvaise qualité de la connexion Internet a freiné le développement de l’éducation via des moyens numériques utiles en temps d’épidémie. En effet, seulement 52,7 % des foyers ont une connexion Internet, dont 40,5 % une connexion régulière, et beaucoup de foyers n’ont pas suffisamment d’ordinateurs. Devant l’impossibilité de passer à une éducation virtuelle dans les zones rurales ou pour les foyers mal ou non connectés, le Ministère de l’éducation a donc développé l’éducation à distance. Les élèves ont reçu des guides en version papier une fois par semaine, avec aussi l’utilisation de médias comme la radio ou la télévision. Tout ceci a donc augmenté le temps de travail et de suivi des devoirs à la maison, qui revient fondamentalement aux femmes.

14La vulnérabilité des femmes a ainsi augmenté, sachant que selon Ramírez et al. (2020), il y a en Colombie plus de 2,7 millions de foyers monoparentaux avec une femme comme chef de famille (19 % du total). 365 511 sont en milieu rural et 335 714 correspondent à des foyers constitués de populations noires, afro-descendantes, « raizales y palenqueras ». Un tiers de ces 2,7 millions de foyers (soit 814 865) incluent des enfants de moins de six ans, ce pourcentage est de 38 % en milieu rural. Le suivi de ces enfants demande une attention de tous les instants pour les mères, avec deux facteurs aggravants pour les foyers en milieu rural : 90,3 % n’ont pas de connexion à internet et 76,3 % des cheffes de famille ont un faible niveau d’éducation (DANE, 2018b).

Violence intrafamiliale et féminicides

15Les inégalités, l’iniquité, la crise économique, la triple charge et la non-reconnaissance de travaux à la maison se sont aggravées en situation de confinement, avec une forte augmentation de la violence dans les familles et du nombre de femmes tuées. Selon le rapport de l’Observatoire colombien des femmes, la violence intrafamiliale a crû de 175 % avec, entre le 25 mars et le 7 mai, plus de 4 300 appels pour dénoncer des actes de violence, soit trois fois plus qu’en 2019 pour la même période. 71 % de ces appels concernent des faits intrafamiliaux.

16L’observatoire colombien des féminicides (2020) a enregistré, entre mars et juillet, 291 cas : 42 en janvier, 46 en février, 42 en mars, 26 en avril, 31 en mai, 54 en juin, 50 en juillet et 68 en août.

Quelques réflexions finales

17Selon les projections de FEDEDESARROLLO (2020), la pauvreté en Colombie, du fait de la pandémie, devrait s’élever à 42,7 % pour l’année 2020, et ce même si les aides distribuées grâce aux programmes sociaux mentionnés la réduisent à 38 % (amenuisant les impacts économiques délétères de la pandémie). Les inégalités et l’iniquité, historiquement intrinsèques à la société colombienne, se sont accentuées aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Cette tendance se retrouve entre hommes et femmes au sujet des tâches ménagères, les femmes étant les plus affectées. Surmonter la crise actuelle de manière durable supposerait des politiques et des programmes qui prennent en compte les différences de genre et promeuvent l’égalité et l’équité. S’agissant de la situation des femmes vivant en milieu rural, pour faire disparaître l’écart avec les hommes, ces mesures devraient prendre en compte la nécessité d’une nette amélioration de l’accès aux services basiques et aux biens, faciliter l’intégration des femmes à des activités qui renforcent leur autonomie et dessiner les changements culturels allant vers leur reconnaissance et le partage des tâches domestiques.

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Bibliographie

Cepal, 2020 - Observatorio de igualdad de género. Colombia : perfil de país. Santiago de Chile. Disponible à : https://oig.cepal.org/es/paises/9/profile

DANE, 2020 - Gran encuesta integrada de hogares. Bogotá.

DANE, 2019a - Censo nacional de población y vivienda 2018. Bogotá.

DANE, 2019b - Gran encuesta integrada de hogares 2018. Bogotá.

DANE, 2018a. Censo nacional de población y vivienda 2017. Bogotá.

DANE, 2018b - Boletín técnico : indicadores básicos de tenencia y uso de tecnologías de la información y comunicación. Bogotá.

DANE-ENUT, 2017 - Encuesta Nacional de Uso del Tiempo. Bogotá.

DANE-ONU Mujeres, 2020 - Cuidado no remunerado en Colombia : brechas de género. 6 pág., disponible à : https://www.dane.gov.co/files/investigaciones/genero/publicaciones/Boletin-estadistico-ONU-cuidado-noremunerado-mujeres-DANE-mayo-2020.pdf

Departamento Administrativo para la Prosperidad. https://prosperidadsocial.gov.co/

FEDESARROLLO, https://www.fedesarrollo.org.co/

Ministerio de Salud y Protección social, https://covid19.minsalud.gov.co/

Observatorio colombiano de feminicidios, 2020 - Boletín nacional Colombia, Vivas nos queremos, 45 pág., disponible à : https://observatoriofeminicidioscolombia.org/attachments/article/438/Bolet %C3 %ADn %20Vivas %20Nos %20Queremos %20Agosto %202020.pdf

Onumujeres, 2018 - “Hacer las promesas realidad : la igualdad de género en la agenda 2030 para el desarrollo sostenible”, disponible à  : https://www.unwomen.org/es/digital-library/publications/2018/2/gender-equality-in-the-2030-agenda-for-sustainable-development-2018

Ramírez J., Martínez S. y Cortés P., 2020 - La economía del cuidado y el rol tradicional de las mujeres en el cuidado durante la crisis por Covid-19. Brief n° 3 COREWOMAN, 12 pág., disponible à https://blogcorewomanorg.files.wordpress.com/2020/06/brief-_el_rol_del_cuidado.pdf

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Notes

1 Selon le dernier recensement de population de 2018, sur 14 423 223 foyers, il est estimé que 59,3 % ont un homme comme chef de famille (8 446 231) et 40,7 % ont une femme. Parmi ces derniers foyers, 46,7 % sont monoparentaux.

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Pour citer cet article

Référence papier

Diana Lucía Maya Vélez, « La pandémie en Colombie : expressions des inégalités et de l’iniquité pour les femmes »Les Cahiers d’Outre-Mer, 282 | 2020, 511-517.

Référence électronique

Diana Lucía Maya Vélez, « La pandémie en Colombie : expressions des inégalités et de l’iniquité pour les femmes »Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 282 | Juillet-Décembre, mis en ligne le 01 janvier 2023, consulté le 13 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/com/12683 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/com.12683

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Auteur

Diana Lucía Maya Vélez

Sociologue, Pontificia Universidad Javeriana, diana.maya@javeriana.edu.co

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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