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La controverse à la portée de tous ?

La controverse à la portée de tous ?

Formes et méthodes méprisées d’affrontements entre catholiques et réformés (France, 1598-1685)
Controversy for everyone? Despised forms and methods of confrontation between Catholics and Reformed (France, 1598-1685)
Julien Léonard
p. 11-17

Résumés

La controverse entre catholiques et réformés en France sous le régime de l’édit de Nantes (1598-1685) est bien connue, mais partiellement connue. En effet, à côté d’affrontements célèbres, étudiés par les chercheurs et parfaitement documentés par les archives et des publications, mettant en scène des théologiens prestigieux dans les deux camps, d’autres disputes sont restées plus confidentielles, alors même que leur importance, littéraire ou sociale, a pu être déterminante pour un grand nombre de fidèles. Il s’agit de controverses « vulgarisées », mais parfois d’un faible niveau intellectuel, précisément pour se mettre à la portée du plus grand nombre, et avec une intense réflexion méthodologique sur la meilleure façon de vaincre l’adversaire et de permettre à tout le monde de comprendre cette victoire. Ces controverses-là sont restées relativement marginales, et il s’agira donc, ici, de lancer des pistes de recherche dans ce dossier, dont le but est ainsi de porter pour une fois l’attention sur les formes sociales et littéraires que peut prendre une controverse souvent méprisée, car pas assez prestigieuse (y compris pour le crédit et la réputation de leurs participants), ou alors trop locale, trop véhémente, trop sensible à l’usage de l’insulte, trop à la portée de tous (ce qui est en soi un sujet de controverse d’ailleurs). Le dossier comportera quatre articles aux problématiques littéraire, et quatre autres aux problématiques sociales, mais avec des échos et de dialogues.

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Texte intégral

  • 1 Bernard Dompnier, « L’histoire des controverses à l’époque moderne, une histoire des passions chré (...)
  • 2 Les deux outils principaux sont Louis Desgraves, Répertoire des ouvrages de controverse entre Cath (...)

1Un dossier d’articles consacré à l’histoire des controverses entre catholiques et réformés sous le régime de l’édit de Nantes semblera sans doute peu novateur à qui s’intéresse à l’historiographie récente sur le sujet. Si Bernard Dompnier, lui-même un des principaux spécialistes de la question, évoquait une « passion chrétienne » pour désigner ces débats, c’était autant pour désigner le bouillonnement bien connu pour ces années 1598-1685 (et surtout dans les trois premières décennies) que l’intérêt des chercheurs sur le sujet1. De fait, nos connaissances sont déjà très précises et des outils de travail (quasiment) complets existent au moins depuis les années 19802, même si l’on peut déplorer qu’ils ne couvrent que la période du régime de l’édit, alors que le dernier tiers du xvie siècle serait probablement à étudier de façon concomitante.

  • 3 Jacques Solé, Les origines intellectuelles de la révocation de l’édit de Nantes, Saint-Étienne, Pu (...)
  • 4 L’expression est pourtant du même auteur : Jacques Solé, Le débat entre protestants et catholiques (...)
  • 5 Le Mercure François, ou, La suitte de l’histoire de la Paix. Commençant l’an M.D.CV. pour suitte d (...)
  • 6 Pierre de Beloy, Conference des Edicts de Pacification des troubles esmeus au Royaume de France, p (...)
  • 7 Pietro Piccin, « Comment un événement d’actualité devient histoire : la conférence de Fontaineblea (...)
  • 8 Cinthia Meli, « Cadrer le débat. Le face-à-face entre Bossuet et Claude, de la Conférence à sa pub (...)
  • 9 Lucien Rimbault, Pierre Du Moulin (1568-1658), un pasteur classique à l’âge classique. Étude de th (...)
  • 10 Frédéric Gabriel, « Verbe exposé et théologie à la source : l’exégèse combattante de Pierre Coton (...)
  • 11 É. Kappler, Les Conférences théologiques…, op. cit. ; Olivier Christin, « La formation étatique de (...)
  • 12 Fabrice Flückiger, Dire le vrai. Une histoire de la dispute religieuse au début du xvie siècle. An (...)

2Pourtant, un constat doit être fait : en voulant voir la controverse comme « les origines intellectuelles de la révocation de l’édit de Nantes »3, on a souvent oublié qu’elle était aussi, surtout au début, « la continuation de la guerre civile par d’autres moyens »4. Les contemporains en sont d’ailleurs parfaitement conscients, comme le rapporte un passage du Mercure François de 1611 décrivant l’état du royaume en 1605 : « La France seule jouit d’une paix heureuse. On n’y fait la guerre qu’en papier »5. Certes, ce n’est « qu’en papier », mais c’est tout de même « une guerre ». Le juriste pacifique Pierre de Beloy souligne lui aussi que ce conflit-là est préférable, et qu’après 1598 « Il nous faut changer les armes d’acier en celles de papier, & les glaives de nos soldats & capitaines en leçons de la foi, & ès glaives de l’esprit, qui sont les vrais baudriers de vérité, les halecrets [armures] de la Justice, & les heaumes de salut6. » Partant de ce constat en apparence plein de douceur, il est certain qu’un enjeu désormais capital est de mener le combat confessionnel sur le terrain des controverses, des conférences, des chaînes de publication, avec parfois une certaine véhémence et un engagement polémique qui pourraient paraître bien loin des idéaux chrétiens. Pourtant, les grands débats célèbres à l’échelle nationale sont d’abord des débats très érudits : que l’on pense à titre d’exemple initial à la célèbre conférence de Fontainebleau de 1600 mettant aux prises Du Perron et Duplessis-Mornay7, ou à titre d’exemple final à la dispute entre Bossuet et Claude en 16788, deux séquences qui se cristallisent sur les sujets de l’Eucharistie et de l’autorité de l’Église, des sujets toujours centraux et propices aux développements linguistiques, philologiques, théologiques, historiques, bref autant de domaines laissant la part belle aux savants. De même, les grands noms de la controverse sur lesquels les études historiques et littéraires se concentrent sont certes parfois mordants (Du Moulin côté réformé9, ou Coton côté catholique10), mais tout de même le plus souvent très érudits eux aussi. On sait aussi, notamment depuis les travaux d’Émile Kappler et d’Olivier Christin, que la controverse a pu modeler l’espace savant, forger les réputations, établir les rapports de forces sociaux et politiques dans les champs étatique et ecclésiastique11 : ces aspects sont toujours présents, mais ils sont aussi à recontextualiser, et on peut se demander pourquoi certains acteurs préfèrent se livrer à des débats stériles et ne leur apportant que peu de crédit. Ce qui est certain, c’est qu’on a perdu, en tout cas au xviie siècle et en France, beaucoup des espoirs liés au débat, et si les règles du dialogue si bien étudiées par Fabrice Flückiger pour le xvie siècle suisse restent encore dans les esprits12, la politesse des échanges et l’idée qu’on pourra trouver une vérité s’imposant à tous ne sont plus prégnantes.

  • 13 François Laplanche, « La controverse religieuse au xviie siècle et la naissance de l’histoire », d (...)
  • 14 Philippe Chareyre, « Trente ans après : de la paix à la grâce, l’édit de Nîmes, juillet 1629 », da (...)
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  • 16 Jacques-Bénigne Bossuet, Exposition de la doctrine de l’Eglise Catholique sur les matieres de Cont (...)
  • 17 Cette notion est ici comprise dans le sens proposé par Hélène Duccini, Faire voir, faire croire. L (...)

3Il ne s’agit évidemment pas de nier ou même de minorer les apports incroyables des controverses érudites aux débats intellectuels du xviie siècle, ni de nier qu’elles continuent à définir un espace savant. Il suffit pour s’en convaincre de rappeler les démonstrations de François Laplanche sur les progrès de l’histoire comme science13, par exemple autour de Blondel ou de Daillé côté protestant, généralement au sujet de la critique des Pères et de la Tradition. Seulement, lorsque l’on ouvre des libelles, des pamphlets, parfois des feuilles volantes, ou que l’on se penche sur des témoignages de fidèles, on s’aperçoit qu’il existe d’autres formes plus accessibles de controverse, et que les débats trop complexes peuvent échapper au commun des mortels. Pour des raisons tactiques avant tout, et dans le contexte des années 1630-1660 qui marquent un affaiblissement politique des protestants après la disparition du Parti huguenot14, certains théologiens catholiques tentent de se présenter comme des simplificateurs de la controverse : il s’agit pour eux d’estimer que le différend ne réside que dans un « malentendu », faute d’avoir su bien présenter de façon dépassionnée le catholicisme. C’est là toute la démarche en 1645 d’un François Véron revenu de la polémique pure15, ou surtout d’un Bossuet dont un des chefs-d’œuvre est la fameuse Exposition de la doctrine de l’Église catholique16. Pourtant, admettons-le, même ainsi simplifiés, ces débats sont impénétrables pour la grande majorité des fidèles des deux camps, voire pour une forme large d’opinion publique17.

  • 18 Sur la notion de vulgarisation, voir les travaux produits autour d’un séminaire pluriannuel dont u (...)
  • 19 Guillaume Baile, Catechisme, et abbregé des controverses de nostre temps. Touchant la religion cat (...)
  • 20 Charles Drelincourt, Abbregé des controverses, ou Sommaire des erreurs de nostre temps, avec leur (...)
  • 21 Élie Benoist, Histoire de l’Edit de Nantes, contenant les choses les plus remarquables qui se sont (...)
  • 22 J. Solé, Le débat…, op. cit., t. 1, p. 155.
  • 23 Jane McKee (éd.), Correspondance de Charles Drelincourt et de ses enfants (1620-1703), Paris, Hono (...)
  • 24 Julien Léonard, « Les Methodes de traiter des Controverses de Religion (1638). Le chef-d’œuvre de (...)
  • 25 J. Solé, Le débat…, op. cit., t. 1, p. 5.
  • 26 Pour un regard apaisé sur les débats très vifs sur la notion de « religion populaire » à la fin de (...)
  • 27 Pour un aperçu des disputes religieuses sur le temps long, voir en dernier lieu les études rassemb (...)
  • 28 « Memoire contenant les differentes Méthodes dont on peut se servir très-utilement pour la convers (...)
  • 29 Bernard Dompnier, Le Venin de l’hérésie. Image du protestantisme et combat catholique au xviie siè (...)
  • 30 Voir par exemple, au sein d’une œuvre importante, Bernard Dompnier, « Les missions des Capucins et (...)

4C’est ce qui explique que certains prédicateurs des deux camps (plus souvent des catholiques à la manœuvre, puis des réformés en défense) se sont aventurés sur le terrain d’une forme de vulgarisation religieuse, sincère pour beaucoup18. Au sein de catéchismes, de livres de piétés, de sermons, bref d’un arsenal déjà bien forgé pour d’autres usages, ils abordent la controverse de manière plus compréhensible, à l’image du jésuite Guillaume Baile qui publie en Poitou dans les années 1600 un Catechisme19, et surtout du pasteur de Charenton Charles Drelincourt dont l’Abrégé des controverses est un best-seller souvent réédité20 : pour l’année 1665, Élie Benoist le présente comme un « livre facile, populaire, qu’on pouvoit toûjours avoir dans la poche à cause de sa petitesse, sans en être incommodé, & que les artisans, les servantes, les enfans même savoient par cœur21. » C’est sans doute cette activité-là qui vaut à Drelincourt la remarque un peu condescendante d’un historien soulignant son « vif penchant pour une polémique simplifiée, sinon simpliste, adaptée en tout cas, aux capacités intellectuelles du “commun peuple” »22. Ces catégories sont toutefois bien poreuses, car le même Drelincourt entretient des correspondances fort érudites avec Saumaise ou Rivet23. En miroir, un constat proche peut être dressé autour de l’ancien jésuite Véron, qui publie à la fois des attaques d’une grande grossièreté et des traités théologiques complets24, ce qui n’empêche pas que le même historien des controverses le qualifie de « champion désinvolte d’une polémique expéditive »25. Ces formes « populaires » (il faudrait sans doute discuter le terme, qui n’est pas employé ici de façon péjorative, au contraire26) de controverse sont également mises en œuvre dans les conférences et disputes qui, souvent, visent un public large et ont un aspect spectaculaire qu’il faut recontextualiser27. Elles n’ont pas toujours été dénigrées : en 1682, l’assemblée extraordinaire du Clergé, célèbre pour sa déclaration des Quatre articles, se quitte en formulant un Avertissement pastoral, qui s’accompagne d’une liste de méthodes pour convertir les hérétiques, et Véron y figure en bonne place, plus de 30 ans après sa mort28 ; à la fin du xxe siècle encore, Bernard Dompnier a consacré des pages éclairantes à ces débats-là29, sans doute grâce à ses recherches sur les missionnaires « de l’intérieur » et notamment sur les capucins30, capucins qui ont souvent été de redoutables controversistes du genre que nous tentons de cerner en creux ici.

  • 31 « Regards sur la controverse religieuse, xvie-xviie siècles. À partir du fonds Fleury Lavallée. », (...)

5Ces controverses-là sont restées relativement peu étudiées, et il s’agira donc, ici, de lancer des pistes de recherche. L’idée de ce dossier est née d’une session d’une journée d’études au cours de laquelle quatre communications convergentes ont été proposées sur des formes beaucoup plus accessibles de controverse, des débats plus proches des individus31 : l’idée a germé de les développer, d’en faire un ensemble, et de solliciter quelques collègues pour compléter certains angles. Ces collègues viennent, de façon volontairement paritaire, à la fois des études littéraires et des études historiques. Nous nous sommes croisés plusieurs fois ces dernières années, principalement à Lyon, et avons fréquemment fait le constat que, si nous nous citons souvent et nous lisons parfois, nous ne publions que trop rarement ensemble. Notre but est de porter pour une fois l’attention sur les formes sociales et littéraires que peut prendre une controverse souvent méprisée, car pas assez prestigieuse (y compris pour le crédit et la réputation de leurs participants), ou alors trop locale, trop véhémente, trop sensible à l’usage de l’insulte, trop à la portée de tous (ce qui est en soi un sujet de controverse d’ailleurs). Pourtant, on le verra au fil de ces contributions, cette façon de faire élève la controverse au rang de discipline à part entière, qui transcende les autres. Nous citerons beaucoup d’auteurs qui, trop souvent, sont balayés d’un revers de main ou simplement cités comme des anecdotes plaisantes au milieu de propos vus comme plus sérieux. Or il existe (surtout côté catholique) un vrai effort de théorisation (bien que simplifiée) chez ces auteurs, et l’espoir, peut-être plus sincère que chez les controversistes plus « érudits », d’être efficaces, de réellement faire chanceler les fidèles adverses, de les pousser à se convertir. Il existe aussi en face un vrai effort (surtout côté réformé) de réponse à ces attaques parfois surprenantes et cassant certaines normes implicitement admises dans le champ de la controverse.

  • 32 Pierre Du Moulin, Du Juge des Controverses. Traitté auquel est defendue l’authorité & la perfectio (...)
  • 33 Jérémie Foa, « “Aujourd’huy, les disputes se réduisent à disputer comment il faut disputer”. Les c (...)

6Le dossier s’ouvrira par deux articles se faisant écho (Thibault Catel et Julien Léonard) à propos de deux auteurs mettant au cœur de leurs écrits la question délicate de la méthode à employer face aux hérétiques. Jean Gontery puis François Véron proposent des pistes visant à tenter de retourner les armes des réformés contre eux, notamment le Sola Scriptura de l’article 5 de la confession de foi des Églises de France. Cela ne fait jamais disparaître la question du juge des controverses, celle-là même qui fait regretter à Du Moulin en 1630 que « toutes les disputes se reduisent aujourd’huy à disputer comment il faut disputer »32, même si la formule convient déjà pour la moitié du siècle précédent, comme le rappelle Jérémie Foa33. En suivant les figures de Guillaume Reboul, violemment polémique, et de Jacques Gaultier, qui place intelligemment le lecteur dans la peau d’un réformé, on abordera les formes et les usages littéraires de la polémique, bien loin des standards érudits qui forgent la réputation, et toujours en lien avec les questions de méthode (Mathilde Bernard et Mathieu de La Gorce). Enfin, à travers la prédication, la publication d’ouvrages ordinaires comme celui de Samuel de Chambaran, ou encore les usages de la controverse dans des zones marginales géographiquement comme les vallées piémontaises, ce sont les pratiques sociales des controversistes et certains aspects de leur habitus que nous tenterons de cerner (Stefano Simiz, Didier Boisson et Yves Krumenacker).

7Ce dossier n’a bien entendu pas vocation à l’exhaustivité, mais veut lancer des pistes, des idées, des appuis à des comparaisons, pour participer à l’amélioration de nos connaissances sur une controverse au quotidien, au plus près des fidèles et de la religion vécue. Il reste évidemment de nombreux angles morts, par exemple sur les modalités de la prédication de cette controverse, parfois sur des places publiques ou sous des halles. On espère sincèrement que ces études convaincront des collègues que ces formes-là de débat méritent aussi qu’on s’y intéresse pour elles-mêmes.

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Notes

1 Bernard Dompnier, « L’histoire des controverses à l’époque moderne, une histoire des passions chrétiennes », Bulletin de la SHPF, t. 148-4, 2002, p. 1035-1047.

2 Les deux outils principaux sont Louis Desgraves, Répertoire des ouvrages de controverse entre Catholiques et Protestants en France (1598-1685), Genève, Droz, 2 vol. , 1984-1985 ; et Émile Kappler, Les Conférences théologiques entre catholiques et protestants en France au xviie siècle, Paris, Honoré Champion, 2011 [il s’agit de la publication d’une thèse de littérature de 1980].

3 Jacques Solé, Les origines intellectuelles de la révocation de l’édit de Nantes, Saint-Étienne, Publications de l’université de Saint-Étienne, 1997.

4 L’expression est pourtant du même auteur : Jacques Solé, Le débat entre protestants et catholiques français de 1598 à 1685, Paris, Aux amateurs de livres, 1985, reprise dans Id., Les origines intellectuelles, op. cit., p. 11.

5 Le Mercure François, ou, La suitte de l’histoire de la Paix. Commençant l’an M.D.CV. pour suitte du Septenaire du D. Cayer, & finissant au Sacre du Très-Chrestien Roy de France & de Navarre Loys XIII., Paris, Jean Richer, 1611, [t. 1], fol. 55 v°.

6 Pierre de Beloy, Conference des Edicts de Pacification des troubles esmeus au Royaume de France, pour le faict de la Religon ; & Traittez ou Reglements faicts par les Rois Charles IX. & Henri III. & de la Declaration d’iceux, du Roy Henri IIII. de France & de Navarre. Publiée en Parlement le 25. Fevrier 1599. Avec l’explication du contenu en chascun article par l’histoire Ecclesiastique & profane, droicts Civil & Canonique, Ordonnances & Coustumes de ce Royaume, Paris, P. L’Huillier –Jamet Mettayer, 1600, fol. 103 v°. Sur cet ouvrage, voir Patrick Cabanel, « Un éloge catholique de la tolérance en 1600 : le commentaire de l’édit de Nantes par Pierre de Beloy », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 125-1, 2018, p. 25-31.

7 Pietro Piccin, « Comment un événement d’actualité devient histoire : la conférence de Fontainebleau dans les récits historiques et les mémoires du temps (Pierre-Victor Palma Cayet, Pierre Matthieu, Pierre de L’Estoile et Charlotte Duplessis-Mornay) », Albineana, Cahiers d’Aubigné, t. 31, 2019, p. 109-129.

8 Cinthia Meli, « Cadrer le débat. Le face-à-face entre Bossuet et Claude, de la Conférence à sa publication (1678-1683) », Revue Bossuet, n° 9, 2018, p. 93-107.

9 Lucien Rimbault, Pierre Du Moulin (1568-1658), un pasteur classique à l’âge classique. Étude de théologie pastorale sur des documents inédits, Paris, Vrin, 1966.

10 Frédéric Gabriel, « Verbe exposé et théologie à la source : l’exégèse combattante de Pierre Coton (1600-1620) », Mélanges de l’École française de Rome. Italie et Méditerranée modernes et contemporaines, t. 132-1, 2020, p. 135-146.

11 É. Kappler, Les Conférences théologiques…, op. cit. ; Olivier Christin, « La formation étatique de l’espace savant. Les colloques religieux des xvie-xviie siècles », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 133, 2000, p. 53-61.

12 Fabrice Flückiger, Dire le vrai. Une histoire de la dispute religieuse au début du xvie siècle. Ancienne Confédération helvétique, 1523-1536, Neuchâtel, Alphil, 2018.

13 François Laplanche, « La controverse religieuse au xviie siècle et la naissance de l’histoire », dans Alain Le Boulluec (dir.), La controverse religieuse et ses formes, Paris, Cerf, 1995, p. 373-404.

14 Philippe Chareyre, « Trente ans après : de la paix à la grâce, l’édit de Nîmes, juillet 1629 », dans Paul Mironneau et Isabelle Pébay-Clottes (dir.), Paix des armes, paix des âmes, Paris, Imprimerie nationale, 2000, p. 343-370 ; Jean Hubac, La paix d’Alès. La fin du parti huguenot ? (27 juin 1629), Paris, Les Éditions de Paris – Max Chaleil, 2010.

15 François Véron, Regle generale de la Foy Catholique, separée de toutes autres doctrines inferieures en authorité, et specialement d’un grand nombre de faulses, impies et abominables, imposées les unes et les autres à la croyance de l’Eglise romaine, et réfutées comme d’icelle par les ministres, Paris, Adrien Taupinart, 1645. Sur la rhétorique de Véron, voir Didier Boisson, « François Véron et les réformés : analyse d’un discours d’exclusion », dans Chrystel Bernat et Hubert Bost (dir.), Énoncer – Dénoncer l’autre : discours et représentations du différend confessionnel à l'époque moderne, Turnhout, Brepols, 2012, p. 343-355.

16 Jacques-Bénigne Bossuet, Exposition de la doctrine de l’Eglise Catholique sur les matieres de Controverse, Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1671. Voir par exemple Anne Régent-Susini, « La rhétorique d’exposition dans la controverse anti-protestante : irénisme ou violence ? L’exemple de Bossuet », dans Benoît Bolduc et Henriette Goldwyn (dir.), Concordia Discors, Tübingen, Narr Verlag – Biblio 17 (195), t. 2, 2011, p. 55-63.

17 Cette notion est ici comprise dans le sens proposé par Hélène Duccini, Faire voir, faire croire. L’opinion publique sous Louis XIII, Seyssel, Champ Vallon, 2003, bien qu’elle ne s’appuie pas sur des sources de controverse confessionnelle.

18 Sur la notion de vulgarisation, voir les travaux produits autour d’un séminaire pluriannuel dont une partie est récemment publiée : Marielle Lamy et Catherine Vincent (dir.), La vulgarisation religieuse, numéro spécial de la Revue d’histoire de l’Église de France, n° 262, 2023.

19 Guillaume Baile, Catechisme, et abbregé des controverses de nostre temps. Touchant la religion catholique, Fontenay-le-Comte, Pierre Petit Jan, 1607.

20 Charles Drelincourt, Abbregé des controverses, ou Sommaire des erreurs de nostre temps, avec leur refutation par textes exprès de la Bible de Louvain, Genève, Pierre Aubert, 1625.

21 Élie Benoist, Histoire de l’Edit de Nantes, contenant les choses les plus remarquables qui se sont passées en France avant & après sa publication, à l’occasion de la diversité des Religions, Delft, Adrien Beman, t. 3-2, 1695, p. 30-31.

22 J. Solé, Le débat…, op. cit., t. 1, p. 155.

23 Jane McKee (éd.), Correspondance de Charles Drelincourt et de ses enfants (1620-1703), Paris, Honoré Champion, 2021.

24 Julien Léonard, « Les Methodes de traiter des Controverses de Religion (1638). Le chef-d’œuvre de François Véron », dans ce dossier.

25 J. Solé, Le débat…, op. cit., t. 1, p. 5.

26 Pour un regard apaisé sur les débats très vifs sur la notion de « religion populaire » à la fin des années 1970, voir la mise au point de Dominique Julia, « “Un faiseur d’embarras”. Les historiens et les débats autour de la culture et de la religion populaires (1960-1980) », Archives de sciences sociales des religions, n° 176, 2016, p. 119-136.

27 Pour un aperçu des disputes religieuses sur le temps long, voir en dernier lieu les études rassemblées par Pierre Antoine Fabre et Jérémie Foa (dir.), Les Disputes et la conversion religieuse de l’Antiquité au xviie siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022.

28 « Memoire contenant les differentes Méthodes dont on peut se servir très-utilement pour la conversion de ceux qui font profession de la Religion prétenduë Reformée », dans [François Harlay de Champvallon (éd. dir.),] Actes de l’Assemblée generale du Clergé de France de M. DC. LXXXII. concernant la Religion, Paris, Frédéric Léonard, 1682, p. 25-44.

29 Bernard Dompnier, Le Venin de l’hérésie. Image du protestantisme et combat catholique au xviie siècle, Paris, Le Centurion, 1985, notamment p. 169-224.

30 Voir par exemple, au sein d’une œuvre importante, Bernard Dompnier, « Les missions des Capucins et leur empreinte sur la Réforme catholique en France », Revue d’histoire de l’Église de France, n° 184, 1984, p. 127-147 ; Id., « La France du premier xviie siècle et les frontières de la mission », Mélanges de l’École française de Rome. Italie et Méditerranée, t. 109-2, 1997, p. 621-652.

31 « Regards sur la controverse religieuse, xvie-xviie siècles. À partir du fonds Fleury Lavallée. », journées d’études organisées à Lyon les 23-24 septembre 2021 par Isabelle Moreau, Mathilde Bombart et Isabelle Vouilloux. Je remercie les organisatrices de m’avoir permis de coordonner ce dossier à partir d’un pan de leur programme.

32 Pierre Du Moulin, Du Juge des Controverses. Traitté auquel est defendue l’authorité & la perfection de la Saincte Escriture, contre les usurpations & accusations de l’Eglise Romaine, Sedan, Jean Jannon, 1630, épître dédicatoire non paginée, adressée à Élisabeth de Nassau de Sedan, le 26 avril 1630.

33 Jérémie Foa, « “Aujourd’huy, les disputes se réduisent à disputer comment il faut disputer”. Les conférences théologiques entre catholiques et réformés au début des guerres de Religion », dans Stefano Simiz (dir.), La Parole publique en ville des Réformes à la Révolution, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2012, p. 149-166.

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Pour citer cet article

Référence papier

Julien Léonard, « La controverse à la portée de tous ? »Chrétiens et sociétés, 30 | 2023, 11-17.

Référence électronique

Julien Léonard, « La controverse à la portée de tous ? »Chrétiens et sociétés [En ligne], 30 | 2023, mis en ligne le 28 mars 2024, consulté le 29 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/chretienssocietes/10089 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/chretienssocietes.10089

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Auteur

Julien Léonard

Université de Lorraine – CRULH, UR 3945

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