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Les médecins généralistes face aux fausses informations liées au SARS-CoV-2

Enquête en région Auvergne-Rhône-Alpes
General practitioners faced with SARS-CoV-2 fake news. Survey in the French Auvergne-Rhône-Alpes region
Cécile Dolbeau-Bandin et Mathieu Bouillon

Résumé

Pendant la pandémie du SARS-CoV-2, les professionnels de santé font face conjointement à la gestion de ce nouveau virus et au problème de la propagation de fausses informations. Cet article se base sur une étude qualitative menée entre septembre 2021 et mai 2022 auprès de médecins généralistes dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Notre objectif est d’explorer le ressenti des médecins face aux fausses informations et de comprendre en quoi, selon les médecins, la relation avec leurs patients lors des consultations tend à se modifier. Nos résultats montrent que la désinformation liée à la pandémie intensifie le phénomène déjà existant de démultiplication des sources d’information consultées par les patients. La crise du Covid rend particulièrement tendus et sensibles les échanges lors des consultations en cabinet médical, notamment parce que les médecins généralistes ne se sentent pas formés pour aider leurs patients à faire face à des fausses informations.

During the SARS-CoV-2 pandemic, healthcare professionals are confronted with the management of this new virus and at the same time with the problem of disinformation. This article presents results of a qualitative study through semi-directive interviews conducted from September 2021 to May 2022 with 15 general practitioners in the French Auvergne-Rhône-Alpes region. Our aim is to explore the attitudes of general practitioners in relation to disinformation in order to understand, from their point of view, how this phenomenon has influenced their role and their relation to patients during medical consultations. Our results show that the widespread nature of disinformation during the pandemic intensifies the already existing expansion and diversification of health information seeking by patients. According to physicians, medical consultations during the Covid pandemic become particularly difficult and stressful for them, due in part to the sense of being inadequately trained to help their patients deal with fake information.

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Texte intégral

Introduction

  • 1 Cet article prolonge les résultats d’une enquête menée dans le cadre d’une thèse en médecine (Boui (...)

1Pendant la pandémie du SARS-CoV-2, les professionnels de santé font face conjointement à la gestion de ce nouveau virus et aux enjeux d’une surabondance d’informations médicales vraies et fausses1. Pour qualifier les désordres informationnels liés à ce virus (Wardle, 2017 ; Badouard, 2017 ; Cardon, 2019), on utilise le terme d’infodémie mondiale (OMS, 2020), contraction des mots « information » et « épidémie ». Cette infodémie suscite inquiétude et suspicion dans l’espace public, en particulier dans les salles d’attente et les cabinets médicaux. C’est ce que relève Angeliki Monnier (2020) en se référant à une lettre ouverte diffusée au printemps 2020 et signée par une centaine de professionnels de santé (médecins, infirmiers…) :

  • 2 Notre traduction.

En tant que médecins, infirmières et experts de la santé du monde entier, nous sommes ici pour tirer la sonnette d’alarme […] En ce moment, nous sommes confrontés non seulement à une pandémie de COVID-19, mais à une infodémie mondiale, avec de la désinformation virale sur les réseaux sociaux qui menace des vies dans le monde entier. Des récits affirment que la cocaïne est un remède […] Le tsunami de contenus faux et trompeurs sur le coronavirus ne constitue pas un cas isolé de désinformation, il fait partie d’un fléau mondial […] En faisant la promotion de faux remèdes ou en dissuadant les gens de recevoir des vaccins et des traitements efficaces, ces mensonges ont de vraies conséquences […]2.

2Ces professionnels « s’alarment du problème et appellent à prendre des mesures systémiques et immédiates pour endiguer le flux de désinformation sur la santé » (Monnier, 2020). Cet appel traduit une préoccupation majeure, partagée en particulier par les médecins généralistes.

3Pendant la pandémie du SARS-CoV-2, en effet, les médecins généralistes sont en première ligne (Luzet, 2021) et font face à des difficultés, dans le temps des consultations avec leurs patients, liées à la circulation d’informations douteuses, peu fiables ou non validées par le corps scientifique (Bouillon, 2022). Les cadres habituels de leur pratique sont particulièrement mis à l’épreuve par une situation de crise inédite ; la pandémie déclenche un flux informationnel très important sur le virus, sa propagation, sa prévention et son traitement, non seulement de la part de l’État, avec des discours et des décisions politiques en matière de santé publique mais aussi de la part de personnes non légitimes dans le domaine de la santé mises en exergue par les médias. Comment ces phénomènes sont-ils perçus par les médecins ? Cette infodémie est-elle source de tensions dans la relation entre les médecins généralistes et leurs patients ? En quoi le rôle et la place des médecins généralistes sont-ils modifiés ou réorientés ?

4Dans le cadre d’une thèse en médecine, nous menons une enquête pour tenter de comprendre et d’analyser les difficultés rencontrées par les médecins généralistes lors de consultations avec leurs patients pendant la crise sanitaire (Bouillon, 2022). Il s’agit en particulier d’identifier les conséquences de la circulation de fausses informations médicales sur la relation médecin-patient. Cet article reprend et met en discussion les résultats de cette enquête menée auprès de quinze médecins généralistes, à la lumière des recherches en sciences humaines et sociales.

Éléments de contexte : la circulation des fausses informations de santé

5En 2020, la crise sanitaire mondiale entraînée par le SARS-CoV-2 produit une masse importante d’informations comportant fréquemment de fausses informations (Dolbeau-Bandin, 2021 ; Gardère, 2021 ; Romeyer, 2020).

6Rappelons ici l’historique de l’épidémie : le SARS-CoV-2 est une nouvelle maladie respiratoire infectieuse qui met en danger la santé des êtres humains. En 2019, les premiers cas d’infection à ce virus apparaissent dans la ville de Wuhan, en Chine, et déclenchent une pandémie. En France, un confinement est mis en place du 17 mars jusqu’au 18 mai 2020. Un second confinement moins strict a lieu de septembre 2020 à novembre 2020. Des campagnes de vaccination sont lancées dès fin 2020 avec l’ouverture de centres de vaccination en 2021 pour les personnes les plus fragiles puis pour la population générale au fur et à mesure de l’année. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) suspend l’alerte maximale concernant ce virus le 5 mai 2023. Le bilan est lourd : 160 000 morts en France et 20 millions de morts dans le monde3.

  • 4 Le terme « infox » est la contraction des mots « information » et « intoxication ».

7La pratique médicale est fortement déstabilisée face à l’apparition de ce nouveau virus dont les conséquences sur l’homme restent encore peu connues (Romeyer, 2020). Conjointement, des informations et notamment des fausses informations liées à cette maladie connaissent une large circulation médiatique (Giry, 2020 ; Dolbeau-Bandin et Georget, 2020 ; Dolbeau-Bandin et Jaubert-Michel, 2020). Ce phénomène est intensifié par les médias sociaux, ce que souligne Marianne Beaulieu (2021) qui insiste sur le manque de filtrage et de contrôle des informations. Par conséquent, il reste difficile de différencier une information sourcée et de qualité de ce que les acteurs de la presse et des médias désignent sous le terme « d’infox »4 (Frau-Meigs, 2019).

8Le phénomène de fausses informations liées à la santé n’est cependant pas récent et concerne particulièrement certaines maladies comme le cancer ou le sida, mais aussi la vaccination, les médecines alternatives et les menstruations, entre autres (Viallon, Dolbeau-Bandin et Picot, 2021 ; Romeyer, 2020). La crise sanitaire mondiale et soudaine de 2020 est en revanche à l’origine d’un déferlement sans précédent « d’informations partiellement ou totalement fausses » (Berriche et Altay, 2020 ; Dolbeau-Bandin et Jaubert-Michel, 2020 ; Wardle, 2017). Le terme « infodémie », qui suggère l’ampleur et la dangerosité du problème, se réfère à une « épidémie d’informations fondée sur la propagation de rumeurs et de fausses vérités » (Cardon, 2019). L’infodémie qui accompagne la crise du COVID s’appuie également sur une construction médiatique et sur « l’inflation de produits journalistiques, relevant du phénomène déjà connu d’infobésité et suscitant l’inquiétude dans l’opinion publique » (Zimdars et McLeod, 2020). En quoi la relation entre médecin et patient est-elle touchée par ces phénomènes ?

La communication interpersonnelle dans un écosystème informationnel en évolution

9Lors des consultations médicales, une communication interpersonnelle se met en place entre les médecins généralistes et leurs patients. Il est important de rappeler que les médecins généralistes occupent une place prépondérante dans le système de soin français par leur proximité avec le patient et les différents professionnels de santé (Luzet, 2021 ; Druais, 2015). Ce sont en général les médecins de famille qui connaissent leur patient, la famille de leur patient, leur environnement social, économique et culturel et leur parcours de vie. Ce sont eux qui construisent une communication interpersonnelle pérenne avec le patient permettant une coordination de soin (Castel, 2005). Par ailleurs, une étude émise par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES, 2017) indique que la majorité des Français ont confiance dans leur système de soin et plus spécifiquement dans leur médecin généraliste.

10Cependant, de nombreuses études montrent que les patients français ne sont plus exclusivement conseillés par leurs médecins généralistes en matière de santé (Romeyer, 2012) et qu’ils cherchent des informations sur divers aspects de la santé (traitements, risques, symptômes, etc.) auprès de sources très variées y compris par le biais du Web (sites Web, podcasts, etc.), de la télévision, de la radiodiffusion, de la presse écrite et des revues spécialisées (Hardey, 2001).

11Le développement du Web 2.0 permet aux patients de s’informer, d’échanger et de partager autrement via différents sites tels que Doctissimo, des forums de discussion et des médias sociaux. Cette « pléthore d’informations » (Romeyer, 2008) entraîne une « mise à distance/relativisation de l’information médicale donnée par le médecin » (Lamy, 2017), ce qui soulève pour les médecins généralistes « des questions identitaires et de défense de leur territoire » (Romeyer, 2008). Dans ce nouvel écosystème informationnel, les médecins généralistes ne sont plus les passeurs uniques et légitimes sur les questions liées à la santé (Romeyer, 2012) ; ils exercent désormais dans un contexte où cohabitent leurs connaissances médicales, les informations publiques et une information médicale recherchée et appropriée par leurs patients à partir de diverses sources. Ce phénomène de diversification des sources consultées par les individus dans la recherche d’informations de santé se développe de plus dans un cadre de méfiance grandissante envers les institutions, et y contribue également.

12Dans le cadre de la pandémie de 2020, la méfiance envers la parole des médecins généralistes s’intensifie, due en partie à la propagation massive de fausses informations qui esquinte la parole des médecins. Ce phénomène est également renforcé par un sentiment de lassitude de la part des publics face aux réponses apportées par le gouvernement français révélées par des crises sanitaires majeures (Guimier, 2021). La méfiance envers le corps médical est particulièrement exacerbée lors des périodes de vaccination, à partir de décembre 2020 en France, ce que met en exergue l’enquête CoviPrev organisée par Santé publique France afin de suivre l’évolution des comportements des Français dans le cadre de la pandémie (Guimier, 2021).

13Internet (sites Web, envoi de courriels, lettres de diffusion) et les médias sociaux facilitent par ailleurs la propagation de théories complotistes, par exemple sur l’origine du virus en lien avec le déploiement de la 5G. Ces fausses informations sont susceptibles d’influer sur l’interprétation des décisions politiques par les publics (Jeannin, 2021). Par exemple, le refus de suivre les indications médicales ou le refus de soin est présenté comme légitime dans un combat face à un système politique que certains ne soutiennent pas ou plus.

14Une étude récente menée par Lu Liu sur la désinformation, publiée sur les médias sociaux utilisés par les usagers français lors de la pandémie du coronavirus SARS-CoV-2, montre que l’instabilité de cette situation, la vulnérabilité des individus et « la vacuité de la connaissance scientifique » dans ce contexte de pandémie poussent les citoyens à « vouloir faire entendre leurs voix » :

L’incertitude et les désaccords entre spécialistes non seulement ont affolé le public, mais ont aussi suscité la controverse parmi les acteurs responsables de la gestion de la crise sanitaire […] En revanche, ces controverses donnent lieu à l’émergence de la désinformation parmi un public en quête d’espoir et avide de connaissances sur les origines, la gestion et l’évolution de la pandémie (Liu, 2021).

15Dans cette quête d’informations, les fausses informations, qu’elles soient intentionnelles ou non, sembleraient complexifier la dyade patient/médecin et relativiser le savoir médical des généralistes.

16Dès mars 2020, les médecins généralistes français assurent des permanences téléphoniques afin de prendre en charge des patients. Ils sont également confrontés à des informations et des consignes institutionnelles floues et fluctuantes. En mai 2020, les consultations physiques reprennent, non sans soulever des situations de détresse psychique et de souffrance chez les médecins, ainsi qu’un sentiment d’isolement, d’épuisement mental et une perte de sens quant à leur rôle (Lepièce, Lenoir & Rouffignac, 2022). C’est ce que souligne la Haute Autorité de santé (HAS) (2020) dans un rapport intitulé Souffrance des professionnels du monde de la santé : prévenir, repérer, orienter :

Depuis plusieurs semaines, les professionnels du monde de la santé sont en première ligne dans la gestion de l’épidémie de COVID-19 et cette situation est amenée à durer. Dans ce contexte, ils sont soumis à de multiples facteurs stressants, voire traumatisants qui les exposent à un risque majoré d’anxiété et d’épuisement, pouvant générer un état de souffrance psychique, voire des symptômes dépressifs avec un risque suicidaire ou encore un trouble de stress post-traumatique pendant et dans les suites de la crise (ligne 5).

17Quelle est la part de l’infodémie et plus particulièrement la part du phénomène de la désinformation dans ces épreuves auxquelles les médecins généralistes font face lors de consultations avec leurs patients ? En quoi les consultations se trouvent-elles réorientées face à la nécessité d’échanger sur la véracité des informations avec leurs patients ?

Méthodologie

18Nous faisons l’hypothèse que les « désordres informationnels », qu’ils relèvent d’une intention explicite de nuire ou non (Badouard, 2017), modifient en profondeur la nature et la teneur des échanges entre patients et praticiens dans les cabinets des médecins généralistes et qu’il est essentiel de porter un regard sur les situations concrètes de communication au quotidien vécues par les acteurs. Nous soulignons ici la distinction entre la désinformation et la mésinformation : la désinformation comporte des informations fausses ou trompeuses avec l’objectif de nuire à un système ou une personne afin de protéger des intérêts personnels, sectoriels ou collectifs (Mercier, 2022 ; Dolbeau-Bandin, 2021), alors que la mésinformation (Dolbeau-Bandin et Jaubert-Michel, 2020) correspond à « une idée fausse créée par des croyances ou une mauvaise compréhension d’un sujet sans avoir pour but premier de nuire » (Mendès-France, 2021 ; Thomas et al., 2018).

19Nous souhaitons appréhender le ressenti et le point de vue des médecins généralistes sur leur expérience en consultation au regard des « désordres informationnels » en contexte pandémique. Nous choisissons de mener une étude qualitative comportant des entretiens semi-directifs avec des médecins exerçant dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les entretiens se déroulent de septembre 2021 à mai 2022. Nous recrutons des enquêtés qui répondent aux critères suivants : ils sont tous médecins, titulaires d’une thèse, exerçant en tant que remplaçants ou installés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, et ils exercent tous pendant la crise du SARS-CoV-2.

20Nous cherchons une diversité dans la population sondée, que ce soit par le lieu d’exercice (urbain ou rural), l’âge ou le sexe des praticiens. Le recrutement s’effectue à la fois de proche en proche et de façon aléatoire en envoyant des courriels dans de nombreuses maisons de santé ou cabinets médicaux dans toute la région. Le guide d’entretien comporte 10 questions permettant d’explorer les connaissances du médecin généraliste par rapport à la fausse information et l’information en général ; son avis quant aux pratiques informationnelles de ses patients ; ses propres pratiques informationnelles ; et son ressenti quant à la conduite des consultations. L’échantillon de notre étude comprend 15 médecins généralistes titulaires d’une thèse ayant vécu la crise du coronavirus SARS-CoV-2 en 2020 : 8 femmes et 7 hommes. La répartition du milieu d’exercice est équilibrée, avec 8 médecins travaillant en milieu rural et 7 médecins en milieu urbain. Sur les 15 médecins, 7 sont maîtres de stage universitaire (MSU). Cet échantillon est réparti sur l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans 9 des 12 départements :

Tableau. Récapitulatif de l’échantillonnage

Médecins

Sexe

Tranche d’âge

Temps entretien (minutes)

MSU/non MSU

M 1

F

30-35

29

-

M 2

H

30-35

31

-

M 3

F

30-35

17

-

M 4

H

40-45

23

MSU

M 5

F

30-35

44

-

M 6

H

35-40

23

MSU

M 7

H

40-45

27

MSU

M 8

H

55-60

37

MSU

M 9

F

50-55

40

-

M 10

F

50-55

37

MSU

M 11

H

45-50

28

MSU

M 12

F

35-40

31

-

M 13

H

30-35

37

-

M 14

F

50-55

37

-

M 15

F

60-65

29

MSU

21Les entretiens sont réalisés en distanciel via Skype, Webex et Zoom. Chaque entretien est anonymisé avec l’accord des différents participants. Tous les entretiens sont enregistrés et retranscrits de manière littérale. Une analyse de contenus est effectuée avec l’aide du logiciel MAXQDA qui est conçu pour la recherche qualitative et les méthodes mixtes afin d’analyser des textes et des données multimédias.

Résultats de l’analyse

22Nos analyses font ressortir quatre résultats principaux : tout d’abord une homogénéité dans la conceptualisation du phénomène de la fausse information chez les enquêtés, quel que soit le lieu de pratique ou le profil du médecin ; un sentiment de fragilité relié à la nécessité de réagir aux fausses informations connues ou relayées par les patients ; des pratiques de veille informationnelle variées de la part des médecins dans le cadre de la pandémie ; et enfin, un nouveau rôle communicationnel à tenir par le médecin généraliste lors des consultations, qui serait à renforcer et à consolider par des formations.

Une définition partagée de la fausse information

23Nous constatons une définition commune et partagée de la notion de désinformation en matière de santé par les médecins généralistes interrogés, qui la qualifient par l’absence de validation scientifique, par le rôle des croyances et par ses modes de propagation :

  • 5 Les mentions M 1, M 2, M 3… correspondent aux différents médecins interrogés.

C’est une information qui repose sur aucune preuve scientifique (M 75).

Ce sont des informations fausses qui se développent de plus en plus par les réseaux sociaux et par le bouche-à-oreille (M 3).

C’est une information qui n’est pas démontrée par les faits et largement diffusée par les médias sociaux (M 5).

C’est une information qui circulerait sur la télévision, Internet et surtout les réseaux sociaux et qui n’a aucun fondement scientifique (M 1).

C’est une information erronée qui n’est pas basée sur des données scientifiques et qui va devenir virale et qui va être relayée à grande échelle. C’est surtout sur les réseaux sociaux que cela se développe (M 2).

24Certains praticiens soulignent que les fausses informations ont toujours existé et que ce sont les médias sociaux qui amplifient le phénomène.

25Tous relèvent une augmentation de fausses informations lors des différentes campagnes de vaccination et font part de la difficulté soulevée par ce phénomène dans le cadre de leur pratique :

Pendant la vaccination, c’était abominable. Les patients avaient leur avis sur la question. Et ce qui était surprenant, c’est qu’un grand nombre n’attendait pas du tout notre avis. Ils avaient déjà la certitude d’avoir leur bonne analyse de la situation. Notamment les anti-vaccins, on les a trouvés dans toutes les classes sociales (M 7).

26Les médecins interrogés soulignent que certains patients qui adhèrent à une mouvance complotiste peuvent être parmi les plus difficiles à prendre en charge (propos agressifs, voire violents) (Bouillon, 2022) et remettent en cause leur rôle/statut :

Il y a les exemples de patients complotistes qui remettent les choses en question et qui rapportent de fausses informations. Et là, ce n’est pas toujours évident (M 2).

J’ai reçu des courriers anonymes comportant des QR codes pour m’informer de certaines choses (vaccin, thérapie génique…). Je ne l’ai pas fait, ces théories complotistes et compagnie ne m’intéressent pas (M 4).

27Pour ces généralistes, les fausses informations touchent tous les milieux socio-économiques mais semblent davantage gagner les patients de milieux vulnérables. Les patients qui s’informent uniquement via les médias sociaux risquent selon eux d’être davantage confrontés à de la désinformation dans le domaine de la santé. Ils soulignent que les médias sociaux et les médias traditionnels (tels que la télévision) contribuent à la diffusion des fausses informations et participent à complexifier la relation médecin généraliste-patient. Un médecin qualifie par un jeu de mots la différence entre désinformation et information légitime, comme un contraste entre « sources toubid (information vérifiée) or not toubid (information non vérifiée) » (M 2). Ces praticiens affirment ne pas avoir diffusé eux-mêmes de fausses informations ; certains mentionnent le fait d’avoir eux-mêmes retrouvé des fausses informations via les médias sociaux : « J’ai aussi été confronté à de fausses informations en ligne et notamment sur les réseaux sociaux » (M 3).

Un sentiment de fragilité

28Notre deuxième constat à partir de l’analyse des entretiens concerne le sentiment de fragilité des médecins généralistes qui avouent le ressentir comme tel. Ils notent en particulier la charge mentale, la fatigue et la solitude comme facteurs :

C’était une période très fatigante et pendant laquelle on avait moins le temps […] Il y avait une charge mentale importante (M 12).

J’ai ressenti un sentiment de solitude pendant cette période (M 14).

29Les médecins interrogés relient cette fragilité au besoin qu’ils éprouvent de transmettre plus d’informations que d’habitude pendant les consultations et de devoir cadrer les patients perçus comme trop orientés par une information surabondante et peu fiable. Mais les médecins disent se sentir parfois peu à même de réaliser ce travail de « recadrage » et de partage des informations valides scientifiquement, en partie parce qu’ils n’ont pas toutes les réponses. Certains reconnaissent l’enjeu de ces échanges en les situant dans le cadre de la méfiance des patients envers les médecins ; d’autres expliquent que les témoignages des patients ont parfois une part de « vérité » qui rend encore plus difficile leur rôle dans l’échange :

Quand ce sont les patients qui demandent ton avis et que tu ne sais pas, tu te sens démuni (M 1).

La vaccination, ça crée aussi la recherche de solutions alternatives et la méfiance vis-à-vis de nous (M 7).

Avec les fake news, je me suis trouvé aussi mal à l’aise qu’avec le délirant interprétatif parce que c’est compliqué de lui dire que ce n’est pas vrai. S’il est interprétatif, c’est qu’il y a du vrai dans ce qu’il dit. Mais à un moment donné, ça vrille et c’est plus à comparer à du mensonge (M 8).

30Comme le suggèrent ces témoignages, l’alliance thérapeutique avec le patient est mise à l’épreuve à cause de la nécessité de réagir et d’échanger à propos des fausses informations. La gêne qui en résulte crée des tensions susceptibles de miner la prise en charge du patient de façon systémique et selon l’approche globale préconisée (Castel, 2005). Ces praticiens soulignent que les patients sont submergés par de vives émotions (peur, tristesse, colère, etc.), ce qui entraîne parfois des prises de décisions de leur part allant à l’encontre du raisonnement médical.

Une pratique médicale soutenue par une recherche d’informations fiables 

31Notre troisième constat met en lumière, chez ces praticiens interrogés, une démarche personnelle de collecter et de se référer à une information fiable. Les sources mentionnées sont variées. Le plus souvent, ils consultent des sites Web de médecine et des revues scientifiques ; pendant la pandémie, ils reçoivent et consultent également de nombreux courriels et des newsletters issus d’organismes publics tels que la Direction générale de la santé (DGS). Ces professionnels de santé s’informent également grâce à la presse ou à des maisons d’édition spécialisées en médecine. Le site Web Coronaclic est mentionné souvent comme source. C’est un site officiel d’informations scientifiques créé en 2020 à l’intention des médecins généralistes par le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) et la Société française de pathologies infectieuses en langue française : « J’utilisais aussi beaucoup Coronaclic » (M 12).

32Les médecins interrogés soulignent le fait d’effectuer par eux-mêmes une veille informationnelle :

J’essaie de pratiquer au quotidien la méthode Evidence-Based Medecine basée sur des faits, c’est-à-dire sur une médecine factuelle (M 2).

  • 6 Exercer : revue francophone de médecine générale : https://www.exercer.fr/.
  • 7 Antibioclic : « outil indépendant d’aide à la décision thérapeutique en antibiothérapie, pour un b (...)
  • 8 Le site ECGclic.fr a pour but d’apporter une aide à la lecture et à l’interprétation de l’électroc (...)
  • 9 Cet enquêté se réfère au site pediadoc.fr : « site spécialement dédié à la santé de l’enfant en pr (...)

Je me suis servi d’une infographie distribuée par le CNGE. Et j’ai utilisé la revue Exercer6 et tous les supports CNGE, le DMG [dossier médical global], antibioclic7, ECGclic8, pediaclic [sic]9 et les sites qui sont référencés sur le kit médical (M 11).

Je suivais Santé publique, aussi celle du gouvernement et j’étais abonné à des newsletters de médecine générale (M 13).

33Ces médecins généralistes disent essayer de croiser et de vérifier les informations institutionnelles et gouvernementales.

34Cependant le processus de veille est aussi une démarche collective menée en réseau ; les enquêtés disent participer ou souhaiter participer à des groupes de discussion en partageant leur expérience et leur vécu de la maladie et mentionnent l’intérêt pour eux de cette mise en commun :

J’ai testé un groupe qui s’appelle « Le divan des médecins » sur Facebook (M 1).

Face à cette désinformation, une connexion entre les médecins, ce serait une solution (M 1).

  • 10 Le groupe Balint est une méthode de formation des médecins généralistes à la relation médecin-pati (...)

On a été supervisé. Tu as une espèce de groupe Balint10 pour faire un retour d’expérience sur la vie… (M 9).

35Par ailleurs, certains de ces médecins généralistes interrogés disent avoir eu quelques divergences avec des confrères :

Un médecin installé en libéral a demandé à un patient de retirer son masque chirurgical puisque ça ne servait à rien. C’est un avis ponctuel (M 12).

Nécessité d’une pédagogie thérapeutique et informationnelle

36Le quatrième constat qui ressort de nos analyses suggère que ces médecins généralistes estiment avoir un rôle important à jouer face aux fausses informations. Ils précisent que ce rôle doit être discret, voire subtil, et n’est pas à confondre avec de la persuasion. Ils pensent que toute personne ayant une visibilité médiatique sur le thème de la santé (experts, journalistes scientifiques, etc.) doit s’exprimer avec objectivité et réserve. Dans ce contexte si complexe, l’humilité intellectuelle et le non-jugement des médecins généralistes semblent pertinents pour adopter une position bienveillante envers le patient :

Je pense qu’on a un devoir d’information à la lumière de ce qu’on sait, mais pas un devoir de conviction, c’est-à-dire dans la mesure où l’information qu’on va formuler à un moment donné, elle ne sera pas forcément toujours juste. Donc, il est important de rester humble. Par rapport à l’information qu’on donne, et il faut qu’elle soit au plus juste de la réalité du moment. Et en même temps, laisser les gens libres de penser ce qu’ils veulent, de faire leur propre choix (M 7).

37Certains praticiens, se considérant comme insuffisamment préparés pour faire face aux désinformations qui modifient la relation avec leurs patients, disent souhaiter bénéficier de formations à une pédagogie thérapeutique :

Je pense qu’on n’a pas été assez formés pour bien communiquer et expliquer les choses au patient. Il faudrait plus d’ateliers où on apprend des techniques de communication interpersonnelle (M 5).

38Ces médecins généralistes, en écho à la lettre ouverte de 2020 que nous avons considérée au début de cet article, demandent également la mise en place d’une régulation des médias sociaux et des médias traditionnels face à ces désordres informationnels.

Discussion

Des pratiques informationnelles renforcées

39Pendant la crise sanitaire, les médecins généralistes interrogés lors de notre enquête développent des pratiques informationnelles renforcées autour de leur activité professionnelle. Afin de contrer des fausses informations et le flot d’informations, ils utilisent diverses ressources : lettres d’information institutionnelle, médicale ou scientifique ; articles scientifiques ; sites Web scientifiques ou institutionnels ; communiqués émanant de l’Agence régionale de santé (ARS) ; groupes de discussion. Ils essaient de transmettre à leurs patients une information vérifiée, fiable et scientifique, ce qui est très chronophage.

40Ces médecins généralistes essaient également de s’informer via des groupes de discussion comme « Le Divan du médecin » (groupe Facebook) ou le groupe Balint, une méthode de formation à la relation médecin-patient. Ces groupes de discussion permettent d’échanger sur la pratique médicale, sur la vie quotidienne des médecins généralistes, sur leurs difficultés, leurs doutes et leurs questionnements. Ces groupes servent aussi de groupe de soutien, d’accompagnement, d’entraide et de solidarité dans un contexte bien complexe. Il se met en place une sorte de communauté médicale à visée à la fois thérapeutique et informationnelle.

Vers un nouvel ethos médical post-COVID

41Notre étude montre que ces médecins sont confrontés à une masse colossale d’informations qui peut amener notamment un amalgame entre connaissances et informations. Face à ces fausses informations, les piliers de la médecine générale sont une information fiable, vérifiée et sans lien d’intérêt ; un apprentissage de la participation et le recours à l’esprit critique ; une prise de recul, la pratique d’un débat constructif et une éducation aux médias (Dolbeau-Bandin et Jaubert-Michel, 2020 ; Frau-Meigs, 2019). Les médecins généralistes interrogés soulignent l’importance de former et d’éduquer aux médias traditionnels et aux médias sociaux tout au long de la vie. Cette formation pourrait s’effectuer à l’école ou en dehors de l’école. Ces objectifs rejoignent les bases de l’éducation aux médias et à l’information (EMI) qui vise en premier lieu à déjouer la désinformation par l’enseignement de bonnes pratiques (savoir identifier une source, croiser les sources, repérer et comprendre les informations fausses, erronées ou trompeuses avec des méthodes et des exemples concrets, distinguer une information d’une interprétation) en matière de recherche sur Internet (Szafrajzen, 2021). Nos résultats montrent que l’EMI doit se baser sur un débat pluraliste et ouvert (Badouard, 2020).

42Cette étude montre également la mise en place d’un nouvel ethos médical post-Covid. Ce nouvel ethos renvoie au « principe d’action éthique accompagnant l’agir professionnel » (Jorro, 2009). Cet ethos reposerait sur plusieurs principes, y compris l’humilité, la prise en compte des contextes culturels et sociaux du patient, l’accompagnement du patient vers des ressources fiables et le développement d’un esprit scientifique (Liu, 2021) et critique, tout en maintenant l’alliance thérapeutique (Bouillon, 2022).

Conclusion générale

43Nous avons essayé de montrer que les praticiens généralistes se confrontent pendant la pandémie à de nombreuses fausses informations fluctuant au rythme des périodes de vaccination, du passe sanitaire ou des pics de la pandémie. Ainsi, les émotions, les paroles, les attitudes et les postures de certains patients sont exacerbées et orientées par de fausses informations volontaires ou involontaires. Pour faire face à ces fausses informations, les médecins généralistes enquêtés se reposent sur une littératie scientifique et médicale et sur une mutualisation de connaissances et de pratiques actualisées, vérifiées et certifiées. Ils refusent de donner leur opinion personnelle et essaient de garder un dialogue constructif avec leur patient. Nous pouvons en conclure que ces médecins généralistes agissent en quelque sorte comme des « gate keepers » qui filtrent des fausses informations tout en étant présents et à l’écoute de leur patient et d’eux-mêmes. Seulement, cela prend du temps et demande à être renforcé par un système éducatif particulièrement axé sur la désinformation et la mésinformation.

44Nos conclusions ne sont en rien représentatives de l’ensemble de la problématique de l’infodémie au sein des cabinets médicaux français. Mais elles sont indicatives dans le cadre strict de ce qui vient d’être décrit. Notre échantillon mériterait d’être complété. Notre étude pourrait se poursuivre par une enquête qualitative sur l’analyse de l’usage de la littérature scientifique, gouvernementale et institutionnelle des médecins généralistes pendant cette pandémie. Ces médecins sont bien formés sur le plan clinique et épidémiologique, mais comment sont-ils formés en matière d’EMI et le sont-ils pendant leur cursus d’études de médecine ?

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Notes

1 Cet article prolonge les résultats d’une enquête menée dans le cadre d’une thèse en médecine (Bouillon, 2022).

2 Notre traduction.

3 Source : https://www.sudouest.fr/international/chine/covid-19-la-chronologie-d-un-an-d-epidemie-mondiale-1182688.php.

4 Le terme « infox » est la contraction des mots « information » et « intoxication ».

5 Les mentions M 1, M 2, M 3… correspondent aux différents médecins interrogés.

6 Exercer : revue francophone de médecine générale : https://www.exercer.fr/.

7 Antibioclic : « outil indépendant d’aide à la décision thérapeutique en antibiothérapie, pour un bon usage des antibiotiques… à usage des professionnels de santé » : https://antibioclic.com/.

8 Le site ECGclic.fr a pour but d’apporter une aide à la lecture et à l’interprétation de l’électrocardiogramme.

9 Cet enquêté se réfère au site pediadoc.fr : « site spécialement dédié à la santé de l’enfant en premier recours de 0 à 6 ans… pour tous les médecins en situation d’accueil d’un enfant en consultation médicale ».

10 Le groupe Balint est une méthode de formation des médecins généralistes à la relation médecin-patient. Voir Bouldouyre Magnier (2019) : https://www.em-consulte.com/article/1303289/groupes-balint.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Cécile Dolbeau-Bandin et Mathieu Bouillon, « Les médecins généralistes face aux fausses informations liées au SARS-CoV-2 »Balisages [En ligne], 7 | 2023, mis en ligne le 08 février 2024, consulté le 17 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/balisages/1219 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.35562/balisages.1219

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Auteurs

Cécile Dolbeau-Bandin

Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Caen Normandie, Centre de recherche risques et vulnérabilités (CERREV)

Mathieu Bouillon

Médecin généraliste à Lyon, université de Lyon-1

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

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