Navigation – Plan du site

AccueilNuméros75Articles de rechercheL’évolution de l’anglais vétérina...

Articles de recherche

L’évolution de l’anglais vétérinaire britannique : étude d’un corpus d’articles professionnels en diachronie courte

The evolution of veterinary English in Great Britain: A study of a diachronic corpus of professional articles
Muriel Conan
p. 49-77

Résumés

Longtemps considéré comme une variété de l’anglais médical, l’anglais vétérinaire en tant que langue de spécialité (LSP) n’a pas encore été décrit, malgré ses spécificités propres et les besoins langagiers des étudiants vétérinaires non anglophones. Nous proposons une première étude qui indique un lien fort entre la LSP et la culture qui la sous-tend. L’étude comparative, en diachronie courte, d’un corpus constitué d’articles publiés dans la revue professionnelle britannique In Practice en 1987 et 2017, nous a permis de tracer l’évolution de l’anglais vétérinaire afin de définir les éléments nécessaires au vétérinaire français pour coagir efficacement avec la communauté spécialisée britannique. L’analyse des données suggère que le vétérinaire avait pour préoccupation de soigner l’animal en 1987, alors qu’aujourd’hui il doit répondre aux attentes de ses clients en plus de traiter les besoins de ses patients. Les compétences nécessaires à la pratique en clientèle se sont diversifiées pour inclure communication et réflexion éthique, deux domaines fortement influencés par l’appartenance à une culture nationale spécialisée, et méritant l’attention des linguistes et des didacticiens.

Haut de page

Texte intégral

Introduction

  • 1 Par ordre de création : VetAgro Sup Lyon, École nationale vétérinaire d’Alfort, École nationale vét (...)

1L’anglais vétérinaire est enseigné dans les quatre écoles vétérinaires françaises1 depuis une vingtaine d’années. Pour autant, cette variété spécialisée de l’anglais n’a pas encore été décrite, sans doute parce que les écoles ne sont pas intégrées aux universités et que les enseignants de langue en poste dans ces établissements n’ont pas vocation à faire de la recherche. La taille de la communauté d’apprenants – 560 étudiants recrutés par an – est également un facteur limitant, et les enseignants des écoles, anglicistes ou vétérinaires, ont longtemps considéré la langue-culture vétérinaire comme une variété de l’anglais médical.

  • 2 Par exemple : “it was with the founding of the veterinary school in Lyon, France by Claude Bourgela (...)
  • 3 Claude Bourgelat, 1712–1779, écuyer du Roi, nommé directeur de l’Académie d’équitation de Lyon en 1 (...)
  • 4 Par exemple A Dictionary of Veterinary Art (Boardman 1805), ou le Dictionnaire de médecine, de chir (...)

2Pourtant, la communauté spécialisée vétérinaire a déjà une longue histoire : la naissance de la profession2 est associée à la création des premières écoles (Lyon en 1761 et Alfort en 1766) par Claude Bourgelat3 sur ordre du roi Louis XV (Degueurce 2012 : 335). Dès lors, l’enseignement de la médecine vétérinaire fut fondé sur des connaissances scientifiques, et s’intéressa à différentes espèces animales. Les vétérinaires formés dans ces écoles pionnières exportèrent le modèle et créèrent des « écoles filles » (le Royal Veterinary College à Londres en 1792 dans toute l’Europe). Ils développèrent une langue de spécialistes, comme l’atteste la publication des premiers dictionnaires vétérinaires4. En conséquence, il nous paraît nécessaire de circonscrire les limites du domaine et d’établir le profil de l’anglais vétérinaire.

  • 5 Animaux élevés pour leur chair ou d’autres produits.

3De nombreuses questions se posent, notamment pour délimiter le contour du spécialisé : faut-il inclure dans la LSP uniquement le discours des professionnels entre eux, ou l’étendre aux échanges avec les propriétaires d’animaux de compagnie, les éleveurs d’animaux de rente5, voire le public dans sa très grande diversité lorsque les vétérinaires expliquent les crises sanitaires ? Quels genres de discours doit-on intégrer ? Les possibilités sont nombreuses : de l’article scientifique, souvent support de formation, à l’article professionnel, très utile pour répertorier et suivre les avancées les plus récentes, mais de portée moins universelle que le premier ; du congrès, où la communauté se retrouve souvent entre spécialistes, à la consultation, qui implique un échange avec le client profane.

4Michel Van der Yeught, en introduction de son ouvrage de 2012, définit ce qu’il appelle « la valeur civilisationnelle d’une LSP » (2012 : 21) en distinguant les valeurs a priori et a posteriori et en les corrélant avec l’universalité du domaine. A priori, l’anglais vétérinaire pourrait avoir une faible valeur civilisationnelle, puisque la médecine vétérinaire peut être considérée comme universelle. Cependant, en approfondissant l’analyse, on s’aperçoit que les échanges entre spécialistes et non-spécialistes du domaine sont nombreux, que ce soit pendant les consultations ou lors d’événements destinés à vulgariser certains principes auprès du public, tant l’intérêt est grand dans certaines sociétés pour la cause animale et tout ce qui s’y rapporte. Ainsi, les différents genres évoqués supra pourraient être regroupés et ordonnés, du plus universel au plus empreint de présupposés culturels : le « spécialisé disciplinaire » (Van der Yeught 2012 : 31–32) – ici les sciences vétérinaires – inclurait les articles scientifiques, les ouvrages de référence, les cours magistraux, les communications de recherche ; le « spécialisé professionnel », c’est-à-dire la pratique de la médecine vétérinaire, concernerait les échanges oraux ou écrits entre confrères, ou entre vétérinaires et autres personnels spécialisés, les articles professionnels, les présentations de cas cliniques, etc. L’influence culturelle peut paraître ténue, et pourtant le contexte caractérise le discours. Par exemple, le code de déontologie propre à chaque communauté régit en partie ces échanges. Enfin le discours vulgarisé, qui permet aux vétérinaires de communiquer avec leurs clients ou avec le grand public, véhicule de nombreuses références à une culture partagée.

5Le présent article décrit une étude préliminaire à une recherche plus aboutie sur les éléments linguistiques, discursifs et culturels nécessaires à un vétérinaire français pour coagir efficacement – sans qu’il y ait de tension de part et d’autre – dans une communauté britannique. Nous avons ici pour objectif de déterminer l’évolution du discours professionnel, pour mieux en appréhender la dimension culturelle. En nous appuyant sur un corpus diachronique, tiré de la revue spécialisée pour vétérinaires britanniques In Practice, nous souhaitons dégager les éléments saillants qui permettront de cerner les besoins en communication des vétérinaires de langue et culture françaises en exercice au Royaume-Uni, ou recevant une clientèle britannique en France.

6Après avoir défini le cadre de l’étude, nous en expliquons la méthodologie en abordant la constitution du corpus, puis les outils d’analyse utilisés. Nous présentons par la suite nos résultats et nous nous intéressons enfin à quelques exemples mis en relief par l’analyse diachronique. Nous concluons sur l’émergence de nouveaux besoins langagiers pour le praticien exerçant dans les cliniques vétérinaires britanniques en général, et pour le vétérinaire francophone désireux d’y travailler en particulier.

1. Cadre de l’étude

1.1. Le domaine spécialisé de la médecine vétérinaire

7Nous nous appuyons sur les travaux de Michel Petit (2010 : 20) pour définir le domaine spécialisé. Rappelons tout d’abord qu’il s’agit d’un domaine spécialisé « en contexte anglophone », les vétérinaires, acteurs du domaine, exerçant pour ce qui concerne l’étude, au Royaume-Uni.

[…] nous appellerons domaine spécialisé tout secteur de la société constitué autour et en vue de l’exercice d’une activité principale qui, par sa nature, sa finalité et ses modalités particulières ainsi que par les compétences particulières qu’elle met en jeu chez ses acteurs, définit la place reconnaissable de ce secteur au sein de la société et d’un ensemble de ses autres secteurs et détermine sa composition et son organisation spécifiques.

  • 6 RSPCA : Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals ; PDSA : The People’s Dispensary for (...)
  • 7 Department for Environment Food and Rural Affairs.

8Le domaine est plus vaste qu’il n’y paraît, car il regroupe toutes les activités professionnelles que les vétérinaires peuvent exercer. La grande majorité d’entre eux pratique la médecine vétérinaire dans des contextes variés, cliniques mixtes ou spécialisées, hôpitaux (dans lesquels travaillent des spécialistes comme en médecine humaine) ou associations caritatives (la RSPCA et le PDSA pour ne citer que les principales6). Parmi ces vétérinaires, certains complètent leur activité en clientèle dans des centres de sauvegarde (faune sauvage), ou ont une mission de santé publique et sont habilités à effectuer des inspections d’élevages, d’abattoirs, etc. Quelques-uns travaillent dans des zoos, d’autres dans les agences de l’État pilotées par le DEFRA7, d’autres encore dans les laboratoires pharmaceutiques. D’autres enfin sont chercheurs, ou enseignent dans l’une des huit écoles vétérinaires britanniques. Leur activité principale peut comprendre la pratique de la médecine et de la chirurgie vétérinaires, la sauvegarde des espèces, la recherche, la protection de la santé publique et du bien-être animal, et l’enseignement. Ils peuvent être identifiés par leur diplôme de Docteur vétérinaire, même si d’autres acteurs participent à l’activité du domaine : les professions paravétérinaires sont plus nombreuses au Royaume-Uni qu’en France où seuls les Auxiliaires Spécialisés Vétérinaires (ASV) contribuent aux soins. Il convient d’inclure également les propriétaires d’animaux et les éleveurs dans le contexte des cliniques, alors que d’autres interlocuteurs peuvent être impliqués dans les autres secteurs, comme le personnel des abattoirs, les techniciens de laboratoires, etc.

  • 8 Il écrivait dans l’Encyclopédie en 1755 que « la médecine de l’homme est utile à celle du cheval et (...)
  • 9 Approche multisectorielle dont l’objectif est d’améliorer les résultats en matière de santé publiqu (...)
  • 10 Le Conseil National de l’Ordre des Médecins et l’Ordre des Vétérinaires ; the Royal College of Phys (...)

9Si nous nous référons de nouveau à la définition du domaine spécialisé proposée par M. Petit, il y a bien un secteur vétérinaire identifiable, reconnu et organisé dans les sociétés britannique et française. Certes, l’activité principale est voisine de celle du domaine spécialisé de la médecine humaine. Lors d’une consultation, le vétérinaire, comme le médecin, procède à l’anamnèse, examine le patient, demande des examens complémentaires, pose un diagnostic, rédige une ordonnance et explique le traitement le cas échéant. Pendant une intervention chirurgicale, il interagit avec son assistant de façon similaire. Les deux domaines ont également en commun un socle de connaissances largement partagées, si bien que les avancées de l’un bénéficient à l’autre. Depuis Claude Bourgelat, considéré comme le pionnier de la biopathologie comparée8, jusqu’à la généralisation du concept One Health9, leur histoire est parallèle. Cependant elles ne se rejoignent pas, car le vétérinaire ne peut soigner l’homme, ni le médecin l’animal. Les deux professions sont codifiées et, pour ce qui est de la France et du Royaume-Uni, des institutions différentes les régissent10.

10M. Petit postule que « le statut de discours spécialisé d’un discours peut légitimement être tenu pour acquis dès lors que le domaine correspondant remplit les conditions de définition d’un domaine spécialisé » (2010 : 25). Il apparaît que l’anglais vétérinaire existe légitimement aux côtés de l’anglais médical. Nous nous interrogeons à présent sur ce qui les différencie.

1.2. L’anglais vétérinaire

11Une recherche bibliographique sur l’anglais vétérinaire donne peu de résultats. La LSP anglais vétérinaire n’a pas fait l’objet d’étude en France et, à notre connaissance, aucun manuel pédagogique destiné aux étudiants n’a été publié. Les apprenants disposent, tout au plus, d’un dictionnaire bilingue de médecine et chirurgie vétérinaires (Mack & Meissonnier 2011) et d’un « guide bilingue franco-anglais de consultation vétérinaire » (Lacouture et al. 2014), construit comme un guide de conversation, limité au domaine des animaux de compagnie et à quelques expressions utiles pour aider le vétérinaire français à « communiquer avec [ses] clients étrangers ».

12La quête d’articles de recherche sur l’anglais vétérinaire ailleurs dans le monde se révèle également peu fructueuse et se limite à deux articles publiés : un article (Mead 1980) sur les sources de motivation en anglais sur objectifs universitaires prend pour exemple des étudiants vétérinaires et montre que, dans le contexte étudié, l’absence de motivation des étudiants vétérinaires pour leur domaine d’étude induit un manque d’intérêt pour les textes spécialisés étudiés en cours de langue. Le second, rédigé en chinois, n'a pu être consulté.

13L’enseignement vétérinaire dispose d’une revue spécialisée, Journal of Medical Education, publiée par l’association des facultés vétérinaires américaines. Cependant, aucun article n’a été publié sur l’enseignement de la LSP à un public d’étudiants internationaux, alors même que S. Tötemeyer et al. (2012) ont rapporté les difficultés rencontrées par les étudiants internationaux dans les écoles vétérinaires britanniques, difficultés dues notamment à un manque de confiance pendant les enseignements interactifs et au caractère inhabituel du format de l’évaluation. D’autres articles traitent de communication, mais en référence aux vétérinaires anglophones, notamment en lien avec les attentes en compétences communicationnelles chez les nouveaux diplômés (Haldane et al. 2017).

14Même si ces articles présentent un intérêt quant à l’étude des besoins des étudiants vétérinaires français, ils ne peuvent qu’apporter un éclairage limité. L’état de l’art sur la question montre à quel point il est pertinent et nécessaire de décrire la LSP anglais vétérinaire, première étape indispensable à la définition d’un cadre didactique.

1.3. Un corpus en diachronie courte

15Une première étude qui permettrait de proposer quelques pistes de recherche initiale dans le cadre d’un travail plus approfondi à venir doit être à la fois limitée dans le temps et suffisamment conséquente pour donner les résultats attendus. Les outils de la linguistique de corpus rendent possible l’analyse rapide d’un large échantillon de textes sélectionnés pour représenter des données exploitables. Les données quantitatives sont très utiles pour identifier les occurrences à examiner ; l’approche qualitative associée, qui repose sur une analyse plus fine du contexte discursif, permet de dégager des constantes qui conduisent à émettre des premières hypothèses.

16Par ailleurs, certains chercheurs reconnaissent dans l’analyse de corpus diachroniques une démarche prometteuse: « I would like to think that diachronic ESP could provide a research niche for those working in ESP but who have an interest in cultural studies ». (Banks 2016 : 107). David Banks n’est pas le seul à souligner le peu d’études diachroniques en LSP ; Aurélie Picton (2009) défend également l’idée selon laquelle la recherche en langue de spécialité gagnerait à s’intéresser à la dimension diachronique de son objet et prône ainsi l’étude de « diachronies courtes » :

L’observation de périodes récentes et de diachronies courtes revêt un intérêt particulier et constitue une des spécificités de la diachronie en langue de spécialité par rapport à la langue générale. (Picton 2009 : 22)

17Son objectif, dans l’ouvrage précité, est d’établir une méthodologie pour déceler l’évolution des connaissances dans un domaine spécialisé donné à partir d’indices linguistiques repérés dans un corpus diachronique. Dans un contexte différent, le domaine de l’écologie, Pascaline Dury (2004) s’est attachée à retracer l’évolution, au cours du XXe siècle, de concepts clés à travers l’étude d’un corpus bilingue (anglais et français) en diachronie courte :

The diachronic dimension also gives valuable information on the major concepts of a specific field (and on how these concepts have evolved over time). (2004 : 5)

18Nous postulons que l’analyse d’un corpus d’articles professionnels en diachronie courte permettra de mettre en évidence, à travers l’émergence de nouveaux termes ou de nouveaux emplois, les évolutions du domaine et de comprendre les réponses qu’une communauté spécialisée apporte aux problèmes liés à sa spécialité au regard des évolutions du monde extérieur.

19La présente étude cherche ainsi à déterminer les thématiques majeures du discours de la LSP anglais vétérinaire et à décrire leur évolution sur les dernières décennies. Notre hypothèse est celle de l’élargissement des thématiques qui ne seraient plus majoritairement médicales, mais auraient une dimension contextuelle liée au domaine vétérinaire spécialisé en milieu britannique.

2. Méthode

2.1. Choix du corpus

20Partant de l’hypothèse que les articles professionnels pourraient offrir une vision, certes partielle, mais bien réelle des besoins des vétérinaires praticiens, nous avons constitué un corpus à partir d’articles issus de In Practice. Cette revue professionnelle publiée pour la British Veterinary Association depuis 1979, est tirée à 16 000 exemplaires. Elle est très largement lue par la communauté des vétérinaires britanniques, puisque le Royaume-Uni compte 20 000 praticiens, répartis dans environ 5 000 cliniques. Cette revue constitue une ressource précieuse pour la formation continue des praticiens. Les éditeurs identifient les thématiques à développer et commandent les articles qui font état des avancées dans le domaine. Si l’on admet que les articles publiés dans la revue, commandés par l’association des vétérinaires britanniques, puis soigneusement rédigés par les vétérinaires spécialistes à destination des vétérinaires praticiens, reflètent de façon fiable les problématiques rencontrées dans les cliniques, leur étude devrait apporter des éléments indicatifs sur la vie dans les cliniques vétérinaires, ou tout au moins la perception qu’en ont les professionnels.

  • 11 Le Brown corpus (Kucera & Francis 1967) est le premier à atteindre un million de mots. Il contient (...)

21Les articles publiés en 1987 et 2017 ont été sélectionnés pour réaliser cette étude comparative. L’intervalle ainsi retenu correspond à celui des corpus diachroniques les plus connus (Brown family incluant le Brown11/Frown pour l’anglais américain et le LOB/FLOB pour l’anglais britannique [Baker 2010 : 59]) et inscrit la présente étude dans la lignée des études en diachronie courte.

22Tout d’abord, le format des articles a évolué pour s’adapter au mieux aux besoins de la profession. Ainsi, en 1987, de nombreuses illustrations permettaient d’informer sur des gestes techniques, par exemple poser une sonde gastrique sur un agneau, ou encore effectuer une contention de chien pour une radiographie sans exposer ses mains aux radiations. En 2017, les tutoriels sont diffusés sur d’autres supports, alors que d’autres contenus, rendus nécessaires par d’autres besoins, ont été développés.

23Les thématiques abordées semblent également avoir connu une évolution. Une comparaison des tables des matières permet de se faire une première idée de cette évolution.

  • 12 Les catégories correspondent à une classification affichée dans la table des matières, même si nous (...)

Tableau 1. Répartition des articles par thématique12

1987

2017

Animaux de rente

15

10

Animaux de compagnie

9

19

Équine

5

9

Faune sauvage

-

1

Auto-évaluation

4

-

Conseils pratiques

6

-

Total articles médicaux

39

39

Gestion de cabinet

-

10

Éthique

-

20

Total

39

69

  • 13 Estimation publiée par la Pet food Manufacturers’ Association et reprise par la RSPCA sur son site.

24Comme le montre le tableau 1, alors que le nombre d’articles dédiés aux soins apportés aux animaux de rente a diminué entre 1987 et 2017, ceux consacrés aux animaux de compagnie ont doublé, tandis que l’intérêt porté aux chevaux semble s’être également accru. Une lecture plus fine des tables des matières (voir annexes 1 et 2) révèle qu’à l’intérieur même de cette classification, qui correspond à la « classification métier » (vétérinaire rural, canin ou équin), le choix des espèces traitées dans les articles suit l’évolution de la clientèle. La part croissante de l’animal de compagnie (9 millions de chiens et environ 8 millions de chats recensés au Royaume-Uni13) et la diminution de l’élevage entraînent des modifications importantes dans le paysage vétérinaire. Ainsi, les espèces les plus soignées aujourd’hui en cliniques vétérinaires sont dans l’ordre décroissant : le chien, le chat, le lapin, le cheval, les bovins, le cochon d’Inde, devant les ovins (Nielsen et al. 2014 : 324). Parallèlement, tandis que 38 % des cliniques ont une activité mixte, 5 % sont spécialisées en médecine équine, 5 % en animaux de rente, et 50 % en animaux de compagnie.

25La nouvelle répartition professionnelle des vétérinaires modifie donc les besoins de l’apprenant en anglais vétérinaire et justifie l’étude diachronique des articles publiés dans In Practice, dont la pertinence est confirmée par cette évolution parallèle. Alors que A. Waters (2017) fait état, chez les vétérinaires, de besoins en formation élargis qui incluent la communication-client et le management, l’étude des deux tables des matières permet de constater la mise en adéquation de l’offre et de la demande, marquée d’une part par la disparition de deux types d’articles (les conseils pratiques et l’auto-évaluation désormais incluse dans les articles) ; et, d’autre part, l’apparition de deux autres rubriques : « gestion de cabinet » et « éthique ». La revue de 2017 affiche ainsi une organisation en deux parties : l’une consacrée à la médecine vétérinaire (« clinical practice »), et l’autre à la gestion de la clinique (« practice management »), chacune se subdivisant encore en plusieurs sous-domaines.

26L’utilisation d’un concordancier pour définir les termes saillants du corpus recueilli a permis de préciser les tendances observées lors d’une comparaison de tables des matières. En étudiant plus précisément, dans une perspective diachronique, le contenu linguistique des articles, nous tentons de mettre au jour les éléments constitutifs du discours professionnel vétérinaire. L’objectif reste de déterminer les besoins de l’apprenant vétérinaire français pour, d’une part, lui assurer une insertion sans heurt dans une clinique vétérinaire au Royaume-Uni et, d’autre part, lui permettre de faire face de manière efficace à une clientèle britannique de plus en plus nombreuse en France.

2.2. Constitution du corpus

27La revue In Practice étant accessible en ligne, les articles ont pu être téléchargés sous forme de PDF puis nettoyés : seul le corps des articles a été retenu, à l’exclusion de la biographie des auteurs, des encarts publicitaires et des références.

28Le corpus de 1987 comprend les 39 articles figurant dans les six numéros publiés cette année. Nous avons procédé de la même manière pour l’année 2017 et obtenu 69 articles, alors que la revue est désormais publiée dix fois par an. Nous avons ensuite constitué deux sous-corpus à partir du corpus de 2017 : 2017a (Medicine) et 2017b (Management). Ce choix nous a été dicté par le besoin de comparer deux corpus équivalents tant par le domaine traité – la médecine vétérinaire – que le nombre d’articles, si ce n’est par la taille (en nombre de mots). Lorsque cela a été nécessaire, nous avons utilisé la fréquence relative pour annuler cette inégalité. D’autre part, les articles consacrés à la gestion de cabinet (Management) représentant environ un cinquième du total des textes publiés, leurs particularités n’auraient pas émergé dans un traitement global du corpus de 2017.

Tableau 2. Composition des trois corpus

Corpus 1987

Corpus 2017

Corpus 2017a

Medicine 

Corpus 2017b Management 

Numéros

6

10

Articles

39

69

39

30

Mots

95 943

214 326

177 135

37 191

29Nous avons soumis les trois corpus à une analyse en utilisant le concordancier développé par l’université de Lancaster, #LancsBox (Brezina et al. 2015). Il s’agissait, dans un premier temps, de détecter ce qui mérite d’être analysé à partir d’une liste de mots clés établie par comparaison de nos corpus. L’outil permet d’établir un classement des mots saillants – ou statistiquement significatifs – dans un corpus par rapport à un autre et facilite la définition des éléments propres qui peuvent apporter un éclairage sur l’évolution du contexte vétérinaire. Par défaut, il divise la fréquence relative d’un mot (ou d’un lemme, pour comptabiliser ensemble dog et dogs) dans le corpus étudié par celle de ce même lemme dans le corpus de référence.

30À partir des mots clés ainsi sélectionnés dans chaque corpus, il est possible de dégager les tendances, et d’approfondir les aspects retenus en étudiant les concordances et les collocations sélectionnées. Nous avons confronté le corpus de 1987 à celui de 2017a, pour faire émerger les mots clés de 1987. Cette étape nous a permis d’identifier l’évolution des centres d’intérêt purement médicaux. Puis nous avons établi les listes de mots clés de 2017 en utilisant le corpus de 1987 comme référence. Nous avons ensuite regroupé ces mots clés sous des étiquettes pour chaque liste, identification qui a aidé à les comparer et à sélectionner ceux que nous explorerons davantage.

31Une fois la sélection effectuée, nous avons pu nous intéresser aux occurrences. Les collocations sont également des outils précieux pour affiner cette interprétation comme le suggère J. Sinclair : « The examination of the contextual meaning of strong collocates can provide “a semantic analysis of a word.” » (1991 : 115). L’outil GraphColl nous a ensuite permis de les identifier et de les visualiser.

Fig.1 « Feed » 1987, rendu graphique généré par GraphColl

Fig.1 « Feed » 1987, rendu graphique généré par GraphColl

Légende : La distance exprime la force de la collocation déterminée par la mesure d’association : par exemple, ml (mililitre) est très fortement associé à feed. L’intensité de la couleur exprime la fréquence de la collocation. La position sur le graphique indique la place dans la collocation ; par exemple, colostrum est situé à droite de feed, tandis que it est tantôt à gauche, tantôt à droite.

32L’analyse des données ainsi constituées devrait rendre compte de l’évolution du métier de praticien vétérinaire au Royaume-Uni et établir les particularités du contexte actuel. Ces informations devraient nous aider à préciser les contours de la LSP anglais vétérinaire.

3. Résultats

33Pour observer les différences entre les deux corpus, nous avons mesuré la saillance – c’est-à-dire la fréquence élevée d’un lemme dans l’un, par rapport à une fréquence basse dans le corpus de référence.

Tableau 3. Extrait des données obtenues en comparant le corpus de 1987 à celui de 2017a via l’outil « Words » de #LancsBox

Lemme

Fréquence 1

Corpus 1987

Fréquence 2 Corpus 2017a

deer

201

5

sheep

116

6

lamb

79

0

hepatic

53

0

oestrus

56

2

pig

55

3

gut

54

3

colostrum

52

4

34Ainsi deer apparaît en tête de liste des mots clés du corpus de 1987 car il correspond au plus grand écart de fréquence entre les deux corpus. D’ailleurs, les noms d’espèces sont largement représentés dans cette liste, même si l’on constate l’absence des animaux de compagnie, et pour cause : le lemme dog est présent 129 fois dans le corpus de 1987 et 349 fois dans celui de 2017a, tandis que cat est repris 150 fois en 1987, et 221 fois en 2017. L’écart de fréquence n’est donc pas suffisamment significatif pour que le lemme soit retenu comme mot clé de l’un ou de l’autre corpus, les chiens et les chats étant présents dans le monde vétérinaire britannique aussi bien en 1987 qu’en 2017.

  • 14 Science qui a trait à l’élevage et à la reproduction des animaux domestiques.

35Pour faire apparaître ainsi les tendances dans les trois corpus, les mots clés ont été classés par thèmes. Les mots saillants du corpus de 1987 correspondent à ce qu’on s’attend devoir enseigner en anglais vétérinaire (tableau 4) : des termes pour désigner les animaux soignés, pour décrire leur anatomie, les symptômes et les maux dont ils souffrent et, dans la mesure où les vétérinaires conseillaient encore beaucoup les éleveurs en 1987, des termes empruntés à la zootechnie14.

Tableau 4. Termes saillants du corpus de 1987 (corpus de référence 2017a)

Catégorie

Lemme

Rang (1987)

Occurrences

(1987)

Occurrences

(2017a)

Animaux

deer

1

201

4

sheep

2

116

5

lamb

3

79

0

pig

6

55

3

boar

12

37

0

ewe

17

32

0

snake

18

34

1

mare

25

56

12

piglet

29

28

0

goat

38

40

7

Anatomie

(noms + adjectifs)

hepatic

4

53

0

gut

7

54

3

colon

21

35

2

disc

22

30

0

stomach

23

39

4

liver

30

60

15

Pathologies et symptômes

footrot

10

40

0

endometritis

24

32

1

diarrhoea

26

91

28

discharge

42

75

27

Zootechnie

hay

11

44

2

flock

13

35

0

to feed

19

82

22

to lamb

40

25

0

36On peut déjà noter que deux des catégories retenues (l’anatomie et les pathologies et symptômes) pourraient se retrouver en partie dans un corpus d’anglais médical – en partie seulement car des différences anatomiques et des pathologies spécifiques en seraient exclues. Les deux autres catégories sont propres à l’anglais vétérinaire et justifient la différentiation entre ces deux lexiques.

37Le tableau 5 représente la liste des mots clés retenus pour 2017a (articles médicaux) et identifie, là encore, des termes d’anatomie, des pathologies et des actes médicaux, tout en faisant émerger de nouveaux termes bien ancrés dans le domaine, tels que medicine ou pain, à côté de termes regroupés sous l’étiquette « protagonistes » : patient, we.

Tableau 5. Termes saillants en médecine vétérinaire, 2017a

(corpus de référence 1987)

Catégorie

Lemme

Rang (2017a)

Occurrences

(2017a)

Occurrences

(1987)

Anatomie

testis

5

147

1

prostatic

19

67

0

fetlock

27

67

1

Pathologies

deformity

2

164

0

otitis

22

71

1

Actes médicaux

screw

4

157

0

plate

7

158

2

acupuncture

18

68

0

Protagonistes

patient

17

216

16

we

30

121

8

Autres

medicine

20

111

5

pain

35

289

31

analgesia

38

98

6

38Enfin le tableau 6, qui classifie les mots clés du corpus 2017b composé d’articles de gestion de cabinet et d’éthique, met en évidence un déplacement des centres d’intérêt pour des catégories traditionnelles vers davantage de personnes impliquées (expert, colleague…) et de nouveaux thèmes centrés sur le bien-être animal et la responsabilité du vétérinaire. Enfin, le mot le plus saillant est opinion ; nous l’avons classé dans une catégorie intitulée « prise de décision », expression que nos collègues cliniciens emploient souvent.

Tableau 6. Termes saillants en gestion de cabinet vétérinaire, 2017b (corpus de référence 1987)

Catégorie

Lemme

Rang (2017b)

Occurrences

(2017b)

Occurrences

(1987)

Protagonistes

you

2

417

32

client

4

134

6

vet

5

105

6

expert

9

51

1

employee

12

36

0

witness

13

36

0

professional (n)

14

35

0

veterinary

16

176

37

we

17

64

8

colleague

18

32

0

Prise de décision

opinion

1

105

1

issue

6

63

0

dilemma

24

30

0

question

25

51

6

Nouvelles thématiques prioritaires

court

3

83

0

welfare

8

99

10

moral (adj.)

21

31

0

business

31

28

0

duty

32

28

0

39Ces mots clés ne correspondent plus à des éléments du lexique anatomique ou pathologique mais indiquent de nouvelles compétences à acquérir : savoir communiquer avec tous les protagonistes, que ce soit le client ou un autre membre de l’équipe ; établir un protocole de soins dans le respect des bonnes pratiques ; conseiller en matière de santé, de prévention, de bien-être animal. Si beaucoup de ces compétences sont liées à des connaissances et des savoir-faire professionnels, leur transposition dans le contexte britannique nécessite une approche interculturelle.

  • 15 Le piétin ou dermatite interdigitée est une maladie bactérienne, principale cause des boiteries che (...)

40Cette première étape réalisée, il nous reste à affiner nos résultats en éliminant ce qui n’est pas significatif : si les mots grammaticaux ont été filtrés par l’outil, il reste les lemmes qui ont une forte occurrence, mais anecdotique car concentrée dans un seul article ; ils sont décelables en examinant leur distribution. Ainsi footrot15 – une maladie ovine au nom évocateur – figure quarante fois dans le corpus de 1987, mais dans un seul texte. Par opposition, pain apparaît 295 fois dans dix-neuf textes du corpus 2017a. Nous avons donc choisi d’ignorer les lemmes qui n’apparaissaient que dans un ou deux textes.

41Une fois ce travail préliminaire terminé, il importe d’approfondir l’analyse des occurrences des lemmes sélectionnés, parce qu’ils semblent refléter de nouvelles tendances dans les préoccupations des vétérinaires – elles-mêmes très certainement en adéquation avec les évolutions du contexte.

4. Analyse de quelques mots clés reflets de l’évolution de la pratique vétérinaire

42Si nous nous intéressons tout d’abord aux protagonistes de ces consultations, nous constatons qu’en 1987, le vétérinaire soignait un animal, tandis qu’en 2017, le client s’est immiscé dans une relation désormais triangulaire, ce qui modifie quelque peu le point focal de la consultation. Dans le corpus de 1987, le lemme client apparaît six fois (fréquence relative FR 0,63) : trois fois dans le cadre du diagnostic de besoins en formation continue déjà évoqué, une fois pour indiquer un contexte et deux fois seulement pour donner des conseils de communication. En comparaison, dans le corpus 2017a, le lemme est comptabilisé 64 fois (FR 3,68).

43Par exemple, dans un article sur l’utilisation responsable des antimicrobiens (« Achieving responsible antimicrobial use: communicating with farmers », 39/2), on peut relever la concordance suivante :

Interestingly, this study revealed a mismatch between the views of veterinarians and their clients; while veterinarians perceived that they were under pressure from clients to prescribe antibiotics […] farmers considered interaction with their veterinarian to be a partnership.

44Ainsi, dans cet article classé dans la partie médicale de la revue, la relation vétérinaire/client est analysée, et l’étude démontre à la fois une dichotomie dans la perception de cette relation et le rapport de force établi.

45En comparaison, l’une des deux citations significatives du corpus de 1987 est tirée d’un article sur les problèmes d’infertilité chez le taureau (« Infertility in the bull, ram and boar », 9/5) :

Semen collection should only be considered as part of the clinical examination and the problems associated with collecting and assessing semen fully understood by the clinician and explained to the client.

46Trente ans auparavant, le vétérinaire était l’expert à qui l’on recommandait d’expliquer les conséquences d’un acte à son client ; aujourd’hui, il est face à un propriétaire qui croit pouvoir rédiger lui-même l’ordonnance. L’évolution a-t-elle été aussi marquée en France ? Notre vétérinaire français doit-il se préparer à un phénomène plus répandu que dans sa culture d’origine, ou simplement connaître les codes qui lui permettront de déceler l’intentionnalité de son client britannique ? Il importera, dans une étude ultérieure, d’évaluer les différences et les similitudes sur ce point et de l’inclure dans une analyse plus générale des besoins en compétences socioculturelles de nos apprenants francophones.

47D’autres citations extraites du corpus 2017a confirment cette analyse. Dans l’article sur les parasites chez les poules élevées par des amateurs, il n’est pas question de chercher à convaincre le client de la possible non-efficacité du produit qu’il utilise, mais plutôt de tendre vers un compromis où tout le monde sera gagnant : la poule débarrassée de ses parasites, le propriétaire qui pourra adhérer à la combinaison des deux traitements au vu des résultats, et le vétérinaire qui aura respecté ses engagements déontologiques : « If clients are keen to use herbal products, they are best used in combination with other control methods » (« Red mites in backyard chickens », 39/7).

48Le corpus 2017b, qui comporte 134 occurrences (FR 36,03 ; distribution 23 textes sur 30), apporte un éclairage différent. L’extrait d’un article sur la prescription d’antibiotiques – une thématique très actuelle – mais cette fois d’un point de vue éthique, nous éclaire sur la complexité de la situation dans laquelle se trouve le vétérinaire :

this creates a perceived and actual conflict between the interests of the patient (to be subjected only to appropriate diagnostic and treatment interventions), the interests of the client and/or the insurer (in paying only for appropriate diagnostic and treatment interventions), and the interests of the vet (of which there may be many, including personal remuneration). (« Performance indicators and prescribing antimicrobials », 39/8)

  • 16 The Royal College of Veterinary Surgeon (RCVS), l’organisme de régulation de la profession vétérina (...)

49L’intérêt de l’animal peut ainsi différer de celui du propriétaire. Les euthanasies de convenance, discutées dans un autre article sur l’éthique, illustrent le dilemme auquel le vétérinaire est parfois confronté : tandis qu’il peut, pour des raisons économiques évidentes, vouloir satisfaire son client, il doit se conformer au Code de déontologie de la profession publié par l’Ordre des vétérinaires britanniques16 qui stipule que l’intérêt de l’animal est prioritairement à prendre en considération :

1.1 Veterinary surgeons must make animal health and welfare their first consideration when attending to animals [complété par une note]: Whatever the circumstances, the overriding priority is to ensure that animal health and welfare is not compromised. (Code of Professional Conduct 2012)

50La difficulté singulière que rencontre le vétérinaire réside dans sa relation avec le client qui n’est précisément pas le patient. Et même si la perception du patient a changé, comme l’atteste l’emploi du lexème, la différence d’intérêt reste d’actualité.

51Le lemme patient figure neuf fois dans le corpus de 1987. Cette faible fréquence ne permet pas de généraliser une interprétation de l’emploi, mais il est intéressant de noter que dans l’une des occurrences qui fait référence à la réglementation sur la radiation, le médecin manipule un patient, le vétérinaire un animal : « only in exceptional circumstances should a patient or animal undergoing a diagnostic examination be supported or manipulated by hand » (« Non-manual restraint of small animals for X-ray », 9/5). Dans un cabinet de radiologie comme dans une clinique vétérinaire, les procédures pour minimiser les risques liés à de tels examens sont les mêmes, mais la perception est différente : le patient est celui du médecin, l’animal reste un animal.

  • 17 Jean-Baptiste Jeangène Vilmer explique que « ce qui, pour Feinberg [un des premiers à élaborer une (...)

52Les nombreuses occurrences (n=216) de patient dans le corpus 2017a sont principalement liées à des descriptions de soins (exemples : « the patient should be closely monitored » ou « once the patient has been anaesthetised… », 39/2). On trouve également des occurrences révélant une prise en compte différente de l’animal, comme « It benefits the patient as the pain is more easily controlled with analgesic drugs » (« Managing acute pain », 39/8). L’animal a intérêt à ne pas souffrir, ce qui lui donne accès à une autre condition, celle d’un être sensible à qui l’on pourrait accorder des droits17. Toutefois, l’usage de patient, désormais couramment accepté, révèle peut-être davantage la place du vétérinaire dans la société : le vétérinaire comme le médecin ont pour fonction de soigner un patient et pratiquent tous les deux la médecine avec beaucoup de similitudes. Souvent associés à human medicine (18 fois sur les 50 occurrences), les emplois de medicine dans le corpus 2017a corroborent cette analyse : les exemples montrent que les deux communautés rencontrent les mêmes difficultés ou que l’une s’appuie sur l’expérience de l’autre :

These public worries […] led to the occurrence of significant vaccination hesitancy or vaccinophobia that continues to be of concern in both human and veterinary medicine. (« Small animal vaccination », 39/3)

It is proposed that myofascial pain syndrome (MPS) is a common condition in horses, but is underdiagnosed due to a lack of recognition or reference to it in standard veterinary texts. MPS has over 50 years of research in human medicine and is considered to have a high incidence among chronic pain sufferers. (« Using acupuncture to treat pain in horses »39/8)

53Ainsi la médecine vétérinaire est de plus en plus perçue comme comparable à la médecine humaine, par son organisation, sa sophistication, la définition scientifique des protocoles, ou encore la responsabilité assumée par le praticien. Comme l’indique également la collocation, evidence-based medicine (n=6), le vétérinaire est tenu d’appliquer la même rigueur, et de s’appuyer sur des études scientifiques publiées. Cependant, cette analyse nécessite d’être nuancée si l’on se réfère aux hypothèses avancées lors de l’étude de client dans le corpus 2017b, comme dans la concordance « some decisions are selfish and unfair on the patient » (39/2).

54Avec unfair, on se rapproche du concept de welfare, évoqué 99 fois dans ce corpus contre 10 fois en 1987, mais également 44 fois dans le corpus 2017a dont 20 occurrences associées à health. Il y est question de traitements, de bonnes pratiques qui maximisent le bien-être, d’équilibre entre rentabilité et bien-être, etc., alors que dans le corpus 2017b les termes associés renvoient à la maltraitance, à la législation, voire aux cas expertisés par un tribunal. Quelques exemples :

[The British Cattle Veterinary Association] recommends that prophylactic use of antibiotics is to be avoided wherever possible, without compromising animal welfare. (« Reducing antimicrobial use: a practitioner experience », 39/10)

Analgesia should be at the forefront of a clinician’s treatment plan, both for welfare reasons and to prevent pathological consequences (« Managing acute pain », 39/8).

Working on potential criminal animal welfare cases is an important part of our professional veterinary work. (“Dealing with possible criminal cases“, 39/4)

55Le bien-être animal est certainement une thématique en pleine expansion : l’importance que lui accorde un vétérinaire est, dès lors, un élément de satisfaction relevé par bon nombre de propriétaires. Dans le cadre d’une consultation et de soins, a fortiori postopératoires, la prise en compte de la douleur est essentielle. Pour en comprendre l’évolution, une analyse du mot pain dans les différents corpus mérite attention. Si le nombre d’occurrences (31 en 1987, 289 dans le corpus 2017a, et 76 dans le corpus 2017b) semble confirmer cette prise en compte croissante, il importe également d’examiner le contexte d’emploi.

Fig.2 « Pain » 2017b, rendu graphique généré par GraphColl

Fig.2 « Pain » 2017b, rendu graphique généré par GraphColl

56En 1987, la douleur sert d’outil au diagnostic pendant l’examen clinique (on appuie pour savoir où cela fait mal) et de rares fois, après une chirurgie, on administre à l’animal un antidouleur.

57Dans le corpus 2017a, les mots associés les plus fréquemment à pain servent à en évaluer l’intensité ou le type (acute 54 fois ; chronic 46 ; signs 14 ; assessment 12) ou bien à exprimer sa prise en charge (management 14 ; relief 12 ; managing 12 ; analgesia 10 ; acupuncture 9 ; treatment 8 ; welfare 6). Cette fréquence fait écho à une attente forte des propriétaires, mais également du personnel, très impliqué, comme le montre le relevé des collocations dans le corpus 2017b (staff 6 fois ; nurses 5 ; receptionists 5). L’analyse en est faite dans l’article intitulé « Using behavioural sciences to improve pain management » (39/7). L’auteur considère qu’en plus de correspondre aux obligations légales, éthiques et morales des vétérinaires, une bonne prise en charge de la douleur permet d’améliorer la réputation de la clinique, de fidéliser le client et même de renforcer le moral de l’équipe, tout en minimisant la fatigue et le mal-être liés à la compassion.

  • 18 Par exemple Kogan, Lorri et al. 2017.

58Les données tendent également à montrer que le vétérinaire est désormais reconnu comme un praticien de la médecine, au même titre que son homologue médecin. Deux phénomènes distincts semblent avoir permis cette transformation : la médecine vétérinaire peut être aujourd’hui considérée comme un domaine de pointe qui n’a plus beaucoup à envier à la médecine humaine ; cette nouvelle sophistication a été rendue possible par le changement de considération que la société manifeste envers l’animal, ou tout au moins l’animal de compagnie qui représente une part croissante de la clientèle des vétérinaires britanniques. Cependant, le vétérinaire, expert qui traitait l’animal malade qui lui était confié, a vu son savoir contesté par des clients de plus en plus exigeants car mieux informés grâce, notamment, à Internet18. Il doit maintenant savoir composer avec les nouvelles attentes de sa clientèle, tout autant que gérer son équipe, et son métier requiert donc de nouvelles compétences dans les domaines de la gestion et de la communication-client.

59Toutefois, ce nouveau fournisseur de services ne doit pas perdre de vue l’intérêt de son patient, obligation consignée dans le code de déontologie de la profession. Il n’est pas étonnant que, dans ce contexte délicat, la profession ait voulu aborder les questions éthiques et resserrer la communauté autour de ses valeurs. Cette prise de conscience explique l’importance accordée à ces questions qui jalonnent les numéros, et à l’échange qui s’ensuit avec les lecteurs.

  • 19 Le RCVS est l’organisme de régulation du domaine vétérinaire ; il a les fonctions de normalisation (...)

60À partir des données du corpus, il est possible d’appréhender le besoin de confraternité au sein de la communauté vétérinaire, en étudiant l’évolution du pronom we. En 1987, we était peu utilisé (8 fois dans 4 textes), et renvoyait toujours aux auteurs. En 2017, il est employé 185 fois (121 fois dans 17 textes dans 2017a, et 64 fois dans 20 textes dans 2017b), et semble inclusif : il exprime un « nous » en référence à la communauté des vétérinaires, comme dans l’exemple suivant : « We have all put ourselves through hard years of veterinary school, precisely so we could provide such assistance » (39/10). Les années d’études (dans l’une des sept écoles que comptait jusqu’à présent le Royaume-Uni) ont créé des liens qui font de cet ensemble de professionnels exerçant dans des contextes différents une communauté bien circonscrite et facilement identifiable. Pour s’en faire une idée, il suffit de se référer au registre tenu par le RCVS (« The RCVS is required by law to maintain a Register, (currently in the form of a database), of members eligible to practise in the United Kingdom » 19[site du RCVS]).

5. Perspectives pour l’enseignement de la langue-culture anglais vétérinaire 

61Dans la première analyse que nous avions menée sur les mots clés du corpus de 1987, nous avions remarqué que le classement thématique incluait des termes pour désigner les animaux (génériques ou plus spécifiques, incluant des précisions comme l’âge ou le sexe), des éléments d’anatomie, des symptômes, des affections… Ce lexique est en partie commun avec l’anglais médical, même s’il présente des spécificités anatomiques, zootechniques et épizootiques.

  • 20 Traduction de l’auteur : « Ninety-eight percent of respondents agreed that communication skills wer (...)

62La mise en relief des thématiques du corpus de 2017, à travers celle des mots saillants, indique que cette vision des besoins serait bien réductrice. Le spécialisé disciplinaire, tel que défini par M. Van der Yeught (2012 : 31-32), n’est plus suffisant : il nous faut désormais inclure un spécialisé professionnel plus diversifié. Les compétences de communication, que ce soit pour dialoguer avec le propriétaire ou avec les autres personnels de la clinique, sont devenues absolument nécessaires au vétérinaire praticien. Par exemple, dans une étude visant à identifier les besoins en formation des vétérinaires britanniques et américains en matière de communication-client, il est noté que « 98 % des personnes ayant répondu à l’enquête étaient d’accord avec la proposition ”les compétences de communication sont aussi importantes ou plus importantes que les connaissances cliniques”» 20 (McDermott 2015).

63Une communication réussie implique des compétences pour expliquer, vulgariser le diagnostic ou le pronostic pour permettre une décision éclairée. Le vétérinaire, acteur social devenu médiateur, doit ainsi mettre en place des stratégies par exemple adapter son langage (par exemple, windpipe au lieu de trachea). La médiation exige des compétences particulières décrites dans le Volume complémentaire avec de nouveaux descripteurs (Conseil de l’Europe, 2017 version anglaise, 2018 version française). Ainsi, le vétérinaire doit :

[…] faire en sorte que l’interaction reste positive en commentant les différents points de vue, gérer les ambiguïtés, anticiper les malentendus et intervenir avec diplomatie pour recentrer la discussion. [Il] peut, dans une discussion, mettre à profit différentes contributions et, avec une série de questions, susciter un raisonnement. […] peut établir un climat favorable à l’échange d’idées et faciliter la discussion sur des questions sensibles, indiquer son appréciation des différents points de vue, inciter les personnes à examiner les problèmes et adapter sa façon de s’exprimer de façon judicieuse.  (Descripteurs généraux de la médiation, extrait du niveau C1, Volume complémentaire, 108)

64Ces compétences peuvent en partie relever de ce que V. Braud et al. (2015) ont appelé « l’anglais sur objectifs professionnels larges », que les auteurs définissent comme « les enseignements centrés sur les savoirs et les savoir-faire communs à la plupart des milieux professionnels tels que la rédaction de lettres et de CV, la participation aux réunions, etc. ». Toutefois, ces savoir-faire et savoir-être ont un caractère spécialisé lors d’une consultation et conditionnent souvent la réussite de la prise en charge de l’animal.

Effective communication facilitates getting accurate information (history, client goals and philosophy…) which leads to better problem solving and improves efficiency. [It] increases client adherence to medical recommendations.21

65Cette citation fait référence à la possible différence d’intérêt entre client et patient évoquée supra : le vétérinaire habile parvient à proposer une solution qui prend en compte les deux, pour autant qu’il ait compris les indices émis par le propriétaire.

66D’autre part, les sujets sensibles peuvent être multiples lors d’une consultation vétérinaire, qu’ils soient financiers, éthiques, ou qu’ils concernent la gestion de la fin de vie d’un animal de compagnie par exemple, et il faut être capable de gérer ces échanges délicats qui impliquent la prise en compte de différences culturelles.

67De façon plus générale, la communication interpersonnelle nécessite des savoirs culturels ciblés : une bonne connaissance du code de déontologie britannique ; des savoirs socioculturels adaptés au contexte d’une consultation vétérinaire, les relations hiérarchiques au sein de la clinique, les relations vétérinaire-client, les conventions autour de ces échanges ; l’identification puis le respect des normes socioculturelles telles que la perception du bien-être animal – qui peut varier selon les types de clients – pour comprendre les attentes. Le vétérinaire français souhaitant exercer au Royaume-Uni doit développer, en plus des compétences linguistiques nécessaires, des compétences interculturelles dans le but de tenir compte du client pour soigner au mieux le patient.

Conclusion

68Cette étude préliminaire montre l’évolution de la pratique professionnelle et de la culture vétérinaire au Royaume-Uni entre 1987 et 2017. L’analyse, en diachronie courte, d’un corpus d’articles publiés dans une revue professionnelle a permis de définir l’élargissement des besoins alors que les compétences de communication apparaissent aussi importantes que les compétences cliniques, ce qui représente un défi pour le vétérinaire étranger et plus particulièrement français. En effet, il devra, en plus de compétences linguistiques élargies – parce qu’incluant d’autres genres, d’autres discours et d’autres domaines – acquérir des savoirs, savoir-faire et savoir-être socioculturels ancrés dans le domaine spécialisé. Il devra, tout comme le médecin avant lui, apprendre à écouter le client, expliquer les alternatives pour lui permettre un choix éclairé, et peut-être aussi négocier avec lui dans l’intérêt du patient. Ainsi les programmes mis en place pour répondre aux nouveaux besoins dans les écoles vétérinaires britanniques sont inspirés des cursus des facultés de médecine (Mossop et al. 2015). Ils ont cependant dû être adaptés à un autre domaine spécialisé, avec ses spécificités : un contexte différent (par exemple, les honoraires vétérinaires puisqu’il n’y a pas d’échange d’argent dans le cadre de la médecine publique britannique, ou la discussion autour d’une possible euthanasie), des acteurs différents (avec un risque d’erreur lorsque le propriétaire décrit ce qu’il perçoit de l’état de son animal), dans le cadre d’une profession réglementée différemment.

69Pour autant, l’étude a ses limites : le corpus repose sur les articles d’une seule revue et ne saurait apporter des réponses exhaustives aux questions posées. Il a été constitué pour susciter des questions de recherche dans le cadre d’une étude plus spécifique à partir d’enregistrements de consultations, dans des contextes britanniques et français. La constitution de ces corpus oraux parallèles devrait permettre de comparer le discours au sein de chaque communauté spécialisée et d’en comprendre les indices culturels. Identifier les comportements et les discours liés à la culture de ces communautés permettra d’en comprendre les ressorts, puis d’enseigner les éléments les plus significatifs, choisis pour faciliter la communication entre vétérinaires francophones et acteurs britanniques du domaine spécialisé.

Haut de page

Bibliographie

Sources primaires

In Practice. British Veterinary Association. 1987. Volume 9, Issues 1–6. BMJ Journals. <http://inpractice.bmj.com>.

In Practice. British Veterinary Association. 2017. Volume 39, Issues 1–10. BMJ Journals. <http://inpractice.bmj.com>.

Sources secondaires

Baker, Paul. 2010. « Diachronic variation ». In Baker, P., Sociolinguistics and Corpus Linguistics. Edimbourg : Edinburgh University Press, 57–80.

Banks, David. 2016. « Diachronic aspects of ESP ». ASp 69, 97–111.

Benedetto, Caroline. « Les milieux professionnels et leur régulation : diversité terminologique et complexité organisationnelle ». ASp 71, 7–24.

Boardman, Thomas. 1805. A Dictionary of the Veterinary Art: Containing All the Modern Improvements. Londres : G. Kearsley.

Braud, Valérie, Philippe Millot, Cédric Sarré &, Séverine Wozniak. 2015. « You say you want a revolution… Contribution à la réflexion pour une politique des langues adaptée au secteur LANSAD ». Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité. Cahiers de l’Apliut 34/1, 46–66.

Brezina, V., T. McEnery & S. Wattam. 2015. « Collocations in context: A new perspective on collocation networks ». International Journal of Corpus Linguistics 20/2, 139–173.

Chary, Jean-François. 2011. « Bourgelat, père des sciences vétérinaires et de la biopathologie comparée ». Bulletin 2011/1, 3–5. OIE.

« Clinical communication skills in veterinary practice ». 2017. Vet Bloom, consulté le 31 août 2018 < http://blog.vetbloom.com/client-care/clinical-communication-skills/>.

Conseil de l’Europe. 2017 (version française 2018). CECR, Volume complémentaire avec de nouveaux descripteurs, consulté le 5 avril 2018. <www.coe.int/lang-cecr>.

Degueurce, Christophe. 2012. « Claude Bourgelat et la création des écoles vétérinaires ». Comptes Rendus Biologies 335, 334–342.

Dury, Pascaline. 2004. « Building a bilingual diachronic corpus of ecology: the long road to completion ». Icame Journal 28, 5–16.

Haldane, Sarah, Kenneth Hinchcliff, Peter Mansell & Chi Baik. 2017. « Expectations of graduate communication skills in professional veterinary practice ». Journal of Veterinary Medical Education 44/2, 268–279.

Hurtrel d’Arboval, Louis-Henri-Joseph. 1826-1828. Dictionnaire de médecine, de chirurgie et d’hygiène vétérinaires. Paris : J.-B. Baillière.

Jeangène Vilmer, Jean-Baptiste. 2015. L’éthique animale, Paris : PUF.

Kogan, Lori, James Oxley, Peter Hellyer & Regina Schoenfeld-Tacher. 2017. « United Kingdom veterinarians’ perceptions of clients’ internet use and the perceived impact on the client – vet relationship ». Frontiers in Veterinary Science, en ligne. <doi.org/10.3389/fvets.2017.00180>.

Lacouture, Laurent & Marie-Alice Trochet. 2014. Docteur, do you speak English ? Paris : Point vétérinaire.

Mack, Roy & Etienne Meissonnier. 2011. Dictionnaire bilingue de médecine et chirurgie vétérinaires. Paris : Med’com.

McDermot, Michael, V.A. Tischler, M.A. Cobb, I.J. Robbé & R.S. Dean. 2015. « Veterinarian-Client communication skills: current state, relevance, and opportunities for improvement ». Journal of Veterinary Medical Education 42/4, 305–314.

Mead, R. 1980. « Expectations and sources of motivation in EAP ». English Language Research Journal 1. University of Birmingham.

Mossop, Liz, C. Gray, A. Blaxter, A. Gardiner, K. MacEachern, P. Watson, K. Whittlestone & I. Robbé. 2015. « Communication skills training: what the vet schools are doing ». Veterinary Record 176, 114–117.

Nielsen, T.D., R.S. Dean, N.J. Robinson, A. Massey & M.L. Brennan. 2014. « Survey of the UK veterinary profession: common species and conditions nominated by veterinarians in practice ». Veterinary Record 174, 324.

Petit, Michel. 2010. « Le discours spécialisé et le spécialisé du discours : repères pour l’analyse du discours en anglais de spécialité ». E-rea en ligne. <DOI : 10.4000/erea.1400>.

« Pet population 2018 ». 2018. PFMA, Pet food manufacturers’ association, consulté le 17 juin 2018. <https://www.pfma.org.uk/pet-population-2018>.

Picton, Aurélie. 2009. « Diachronie en langue de spécialité. Définition d’une méthode linguistique outillée pour repérer l’évolution des connaissances en corpus. Un exemple appliqué au domaine spatial ». Thèse de doctorat, Université Toulouse le Mirail.

RCVS. About the RCVS Register, consulté le 18 avril 2018. <https://www.rcvs.org.uk/registration/check-the-register/about-the-rcvs-register/>.

RCVS. 2012. « Code of Professional Conduct for Veterinary Surgeons », consulté le 05 mars 2018. <https://www.rcvs.org.uk/setting-standards/advice-and-guidance/code-of-professional-conduct-for-veterinary-surgeons/>.

Sinclair, John McH. 1991. Corpus Concordance Collocation. Oxford : Oxford University Press.

Tötemeyer, Sabine, Heidi Dobbs & Catrin S. Rutland. 2012. « What is it like to be an international student at a Veterinary School? Perception and performance in first year - A case study at a UK veterinary school ». Journal of Veterinary Medical Education 39/2, 180–188.

Van der Yeught, Michel. 2012. L’anglais de la bourse et de la finance. Paris : Ophrys.

Waters, Adele. 2017. « What will the future bring? ». Veterinary Record 180, 340.

Haut de page

Document annexe

Haut de page

Notes

1 Par ordre de création : VetAgro Sup Lyon, École nationale vétérinaire d’Alfort, École nationale vétérinaire de Toulouse, Oniris Nantes.

2 Par exemple : “it was with the founding of the veterinary school in Lyon, France by Claude Bourgelat in 1761 that the veterinary profession can be said to have started” <knowledge.rcvs.org.uk/heritage-and-history/history-of-the-veterinary-profession/>.

3 Claude Bourgelat, 1712–1779, écuyer du Roi, nommé directeur de l’Académie d’équitation de Lyon en 1740. Reconnu par l’Académie des Sciences après la publication d’ouvrages scientifiques sur le cheval, il collabore à l’Encyclopédie et rédige une grande partie des articles sur l’équitation, la médecine et la chirurgie vétérinaire avant d’obtenir de Louis XV le droit (et le financement) de créer la première école vétérinaire qui rompait avec l’hippiatrie traditionnelle (Degueurce 2012).

4 Par exemple A Dictionary of Veterinary Art (Boardman 1805), ou le Dictionnaire de médecine, de chirurgie et d’hygiène vétérinaires (Hurtrel d’Arboval 1826).

5 Animaux élevés pour leur chair ou d’autres produits.

6 RSPCA : Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals ; PDSA : The People’s Dispensary for Sick Animals.

7 Department for Environment Food and Rural Affairs.

8 Il écrivait dans l’Encyclopédie en 1755 que « la médecine de l’homme est utile à celle du cheval et réciproquement », cité par J.-F. Chary, 2011.

9 Approche multisectorielle dont l’objectif est d’améliorer les résultats en matière de santé publique, et qui repose sur une vision intégrée de la santé (humaine, animale et environnementale).

10 Le Conseil National de l’Ordre des Médecins et l’Ordre des Vétérinaires ; the Royal College of Physicians et the Royal College of Veterinary Surgeons.

11 Le Brown corpus (Kucera & Francis 1967) est le premier à atteindre un million de mots. Il contient 500 textes datés de 1961 et classés en 15 genres. Les autres corpus sont construits selon le même modèle.

12 Les catégories correspondent à une classification affichée dans la table des matières, même si nous avons regroupé « farm animals » et « large animals » sous l’appellation « animaux de rente » et effectué d’autres ajustements mineurs pour ne pas multiplier les catégories. Voir annexes 1 et 2 pour le détail.

13 Estimation publiée par la Pet food Manufacturers’ Association et reprise par la RSPCA sur son site.

14 Science qui a trait à l’élevage et à la reproduction des animaux domestiques.

15 Le piétin ou dermatite interdigitée est une maladie bactérienne, principale cause des boiteries chez le mouton.

16 The Royal College of Veterinary Surgeon (RCVS), l’organisme de régulation de la profession vétérinaire, équivalent britannique de l’Ordre des Vétérinaires français.

17 Jean-Baptiste Jeangène Vilmer explique que « ce qui, pour Feinberg [un des premiers à élaborer une théorie des droits des animaux, dès 1971], permet d’attribuer des droits aux animaux, est l’existence de devoirs directs envers eux, qui dérivent du fait qu’ils ont des intérêts propres. Le droit dépend de l’intérêt : pour avoir des droits, il faut avoir des intérêts » (2015 : 85).

18 Par exemple Kogan, Lorri et al. 2017.

19 Le RCVS est l’organisme de régulation du domaine vétérinaire ; il a les fonctions de normalisation que décrit Caroline Benedetto (2017).

20 Traduction de l’auteur : « Ninety-eight percent of respondents agreed that communication skills were as important as or more important than clinical knowledge ».

21 Site d’un organisme de formation continue pour vétérinaires américains <http://blog.vetbloom.com/client-care/clinical-communication-skills/>.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Fig.1 « Feed » 1987, rendu graphique généré par GraphColl
Légende Légende : La distance exprime la force de la collocation déterminée par la mesure d’association : par exemple, ml (mililitre) est très fortement associé à feed. L’intensité de la couleur exprime la fréquence de la collocation. La position sur le graphique indique la place dans la collocation ; par exemple, colostrum est situé à droite de feed, tandis que it est tantôt à gauche, tantôt à droite.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/asp/docannexe/image/5797/img-1.png
Fichier image/png, 127k
Titre Fig.2 « Pain » 2017b, rendu graphique généré par GraphColl
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/asp/docannexe/image/5797/img-2.png
Fichier image/png, 175k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Muriel Conan, « L’évolution de l’anglais vétérinaire britannique : étude d’un corpus d’articles professionnels en diachronie courte »ASp, 75 | 2019, 49-77.

Référence électronique

Muriel Conan, « L’évolution de l’anglais vétérinaire britannique : étude d’un corpus d’articles professionnels en diachronie courte »ASp [En ligne], 75 | 2019, mis en ligne le 03 mars 2020, consulté le 25 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/asp/5797 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/asp.5797

Haut de page

Auteur

Muriel Conan

Muriel Conan, certifiée d’anglais, enseigne l’anglais vétérinaire à l’École nationale vétérinaire d’Alfort depuis 1997. Elle est doctorante au laboratoire BCL de l’Université Côte d’Azur. Ses recherches portent sur l’anglais vétérinaire et sur l’interculturel. muriel.conan@vet-alfort.fr

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search