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Résumé

Programme de l’année 2021-2022 : Le monde chinois et ses frontières au premier millénaire avant notre ère : échanges commerciaux et apports culturels.

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Texte intégral

1Jusque dans les années 1980-1990, peu de recherches ont été menées en Chine sur les emprunts de sa civilisation à ses voisins immédiats et à des sociétés vivant plus loin encore. Soit par prudence, soit par ignorance, les chercheurs chinois préféraient souligner que leur pays avait apporté sa lumière au monde, grâce en particulier à ce qu’on appelle communément la « Route de la Soie ». Depuis une période récente, les autorités chinoises ont mis en avant ce concept, inspiré par la même idée, quelque peu nuancée. Dans ce nom, en effet, l’attention se concentre sur deux termes : d’une part la soie dont l’invention revient à la Chine dès l’époque néolithique et d’autre part la route qui suggère la diffusion au loin d’un produit de luxe que d’autres peuples ont ardemment désiré tout au long de leur histoire. Tout compte fait, dans son principe, l’expression « Route de la Soie » exclurait plutôt l’idée même d’échanges ou de réciprocité.

2En fait, c’est un géographe et géologue allemand, Ferdinand von Richthofen (1833-1905) qui a forgé le concept en 1877. Ce savant évoquait plutôt l’existence d’échanges dans les deux sens, et de plusieurs voies d’échanges plutôt qu’une seule. Replacé dans le contexte de la fin du xixe siècle, cet audacieux concept permettait d’expliquer que les civilisations anciennes ne s’étaient pas développées indépendamment les unes des autres mais avaient au contraire été très tôt en contact, et plus souvent indirectement.

  • 1 Marta Żuchowska, « From China to Palmyra: the Value of Silk », Światowit, vol. XI(LII)/A (2013), p. (...)

3La soie chinoise était connue des Romains dans une grande partie de leur empire. À Palmyre par exemple, une centaine de soieries chinoises à l’état fragmentaire ont été découvertes dans sept tours-tombes du cimetière ouest1. Or, le site se trouvait à plus de 7 500 km à vol d’oiseau de la capitale de l’époque, Chang’an 長安. Ces soieries sont datables entre le iie siècle avant et le iie siècle de notre ère. Quelques-unes portent des inscriptions de bon augure en chinois, une preuve indubitable de leur origine. Mais quant à savoir comment elles étaient considérées par ceux qui ne connaissaient pas la langue dans laquelle s’exprimaient ces vœux et ne pouvaient en saisir le sens, nous ne le saurons probablement jamais. Leur présence en grand nombre témoigne sans conteste du volume imposant du commerce trans-eurasien à partir des Han (206 avant notre ère – 220 de notre ère). À l’inverse, on rencontre en Chine peu d’objets de la même époque provenant de l’empire romain, exception faite de quelques coupes en argent et de bols en verre soufflé ou moulé. Un tel constat pourrait faire croire à un déséquilibre dans les échanges entre la Chine et le monde extérieur au début de l’empire. Mais le constat mené à partir des découvertes archéologiques reste trompeur. En fait, la Chine a aussi beaucoup reçu en retour, et ces apports extérieurs furent essentiels dans la construction de sa civilisation, mais pour des raisons que nous avons explorées au cours de l’année, ces apports sont souvent peu visibles, voire invisibles, car la Chine en se les appropriant les a copiés en les transformant, en les adaptant à ses besoins, et en utilisant ses propres techniques. En fait, beaucoup d’objets transportés sur les routes caravanières depuis les rives de la Méditerranée n’arrivaient que rarement en Chine, et inversement depuis la Chine vers le monde romain. Les oasis, les cités qui jalonnaient ces routes retenaient chacune une grande partie des biens, laissant partir plus loin ce qui offrait moins d’intérêt pour elles. L’archéologie, dans ces conditions, ne pourra jamais établir une juste estimation des échanges entre l’Est et l’Ouest.

  • 2 Michèle Pirazzoli-t’Serstevens et Marianne Bujard, Les dynasties Qin et Han : 221 av. J.-C.-220 apr (...)

4Ce que la Chine doit au monde extérieur se mesure à toutes les époques de sa très longue histoire. Cette dette est particulièrement manifeste après les expéditions de Zhang Qian 張騫 (mort en 113 avant notre ère) en Asie centrale, moment fondateur pour les chercheurs où des routes terrestres de la Soie se sont constituées – des routes maritimes se sont développées également vers le même moment2. Mais que s’est-il passé auparavant ? À l’époque pré-impériale, les pays de culture chinoise vivaient-ils en autarcie complète ? C’est à la préhistoire de ces voies d’échanges et de commerce que s’est intéressée la conférence, en privilégiant la période de l’âge du Bronze en Asie orientale.

  • 3 Une légende existe à ce sujet. Voir « Des Romains en Chine », dans ibid., p. 92-93.

5Avant l’avènement de l’empire (221 avant notre ère), l’absence de textes se rapportant à des échanges avec des contrées lointaines est suppléée par quelques découvertes archéologiques. En revanche à la fin du ier siècle avant notre ère, deux empires conquérants, celui de Rome et l’empire Han, se trouvaient aux deux extrémités de l’Eurasie. Il paraît donc assez naturel que leurs politiques expansionnistes respectives les aient amenés non pas à confronter leur puissance l’un avec l’autre, mais à avoir indirectement, de relais en relais, des échanges entre eux3. Dès le début de la dynastie Han, l’empire fut en constante relation avec les peuples de la steppe, les Xiongnu 匈奴 en particulier.

  • 4 Cf. Véronique Schiltz, Les Scythes et les nomades des steppes : VIIIe siècle avant J.-C. – Ier sièc (...)

6Les premières traces d’une diffusion de la soie loin du territoire chinois remontent actuellement au iiie siècle avant notre ère, peut-être un peu plus tôt. Trois pièces de soie brodées attestent cette diffusion : un linceul provenant d’une tombe datant des environs de 300-280 avant notre ère (Mashan 馬山, près de Jiangling 江陵 au Hubei), un fragment découvert au cœur du Xinjiang (site d’Alagou 阿拉溝, iiie siècle avant notre ère), et un tapis de selle (chabraque) orné d’une soie brodée exhumé d’une tombe gelée de la Sibérie méridionale (kourgane no 5 de Pazyryk, dans la Tuva, Russie, même date). La parenté stylistique des trois broderies, qui portent le même décor caractéristique de la production artistique du royaume de Chu 楚, ne fait aucun doute : elles ont été fabriquées dans ce pays. Les sites sont très distants les uns des autres : près de 1 000 km séparent Alagou de Pazyryk, eux-mêmes à environ 2 600 km et 3 000 km à vol d’oiseau de la capitale de Chu. Comme on le voit, ni le temps ni la distance n’ont fait obstacle aux échanges dans l’Antiquité. C’est là un point capital pour en comprendre l’histoire. Ces échanges ont dépendu de circonstances historiques favorables et de la capacité des hommes à s’en saisir. De plus, si le style des trois soieries est le même, leur qualité est très différente : les soieries d’Alagou et de Pazyryk ne sauraient se comparer au linceul de Mashan, beaucoup plus raffiné. Il est probable que les habitants de la steppe se sont contentés de produits médiocres qu’ils ont cependant appréciés pour leur rareté, ne disposant pas de critères pertinents pour juger de leur qualité réelle. Ce phénomène est bien attesté sur d’autres sites de l’époque pré-impériale, principalement des tombes, situés à la périphérie du monde chinois de l’époque. Enfin, la soierie provenant de Pazyryk a été utilisée par les nomades pour fabriquer un tapis recouvrant la selle d’un riche cavalier. En changeant de mains et de culture, son usage a été complètement modifié (les habitants de Chu ne montaient pas à cheval au iiie siècle avant notre ère). Son décor également, car les nomades lui ont associé de l’or, de l’étain, du feutre, du cuir selon leurs propres traditions4. De leur côté, les Chinois ont aussi modifié et adapté à leur propre usage ce qui venait parfois de très loin, aussi bien les objets que les techniques. Plusieurs exemples ont été passés en revue.

  • 5 Michèle Pirazzoli-t’Serstevens, « Les cultures du Sichuan occidental à la fin de l’Âge du Bronze et (...)
  • 6 Nicola di Cosmo, «  Chapitre 13 : The Northern Frontier in Pre-Imperial China  », dans Michael Loew (...)

7Avant l’avènement de l’empire, les pays de culture chinoise couvraient la partie orientale du territoire de la Chine d’aujourd’hui, soit un tiers de sa superficie actuelle. À la périphérie septentrionale et occidentale de la plaine Centrale se situe une vaste zone en forme d’arc qui s’étendait de la vallée de la Wei à l’ouest jusqu’à la région de Pékin au nord. Cette zone montagneuse a longtemps constitué un tampon entre d’un côté les plaines de lœss fertiles à l’est et de l’autre, des régions arides, voire semi-désertiques, et des régions steppiques5. Au début du premier millénaire, le mode de vie des différentes populations non-chinoises de cette vaste région périphérique a complètement changé, au fur et à mesure qu’elles étaient repoussées par la pression démographique chinoise. Elles sont passées du sédentarisme à une forme de semi-nomadisme, ce qui a contribué à transformer radicalement leur culture matérielle6. En dépit de leurs liens avec les Chinois, ces voisins ont continué de se distinguer clairement dans leur organisation sociale, mais aussi par la langue et la culture, bien longtemps après les débuts de l’empire.

8Quand on évoque la préhistoire de la Route de la Soie, on pense d’abord aux rapports qui s’étaient établis entre les pays de culture chinoise et leurs voisins immédiats. On ne pense pas tant aux régions beaucoup plus lointaines situées au-delà des massifs montagneux de l’Afghanistan actuel.

  • 7 Cao Dazhi, The Loess Highland in a Trading Network (1300-1050 BC), Princeton University, Princeton (...)

9Nous avons commencé par étudier le cas du char, l’une des grandes innovations du xiiie siècle avant notre ère dans la plaine Centrale, et dont l’origine a longtemps fait débat parmi les chercheurs. Il est apparu en effet soudainement à Anyang 安陽 où se trouvait la dernière capitale de la dynastie Shang (env. 1300-1050 avant notre ère). D’après les fouilles, sa forme était déjà aboutie. Or, jusqu’à présent, rien n’avait permis de reconstituer son histoire avant son apparition à Anyang. Une étude très convaincante a montré récemment que son origine se situait en Mongolie, ou plus loin encore, en Sibérie méridionale. Les rapprochements effectués entre les découvertes faites dans ces deux régions d’une part et Anyang d’autre part témoignent de liens intenses entre leurs populations respectives, de cultures très différentes et vivant à plus de 1 800 km les unes des autres. On comprend mieux aujourd’hui ces liens grâce aux sites disséminés tout au long d’un axe Nord-Sud traversant la région de Lijiaya 李家崖 (Shaanxi), dans la boucle du fleuve Jaune7. Plusieurs indices supplémentaires confirment ces liens, notamment la présence de cochers d’origine steppique inhumés à Anyang selon les traditions funéraires de leur culture, ce que des analyses ADN devraient permettre de confirmer à l’avenir. Le cas du char est exemplaire, car les chercheurs sont non seulement parvenus à prouver son origine étrangère en milieu chinois, mais encore à identifier les voies par lesquelles il fut introduit dans la plaine Centrale et les hommes ayant permis son introduction. La résolution de ces questions sur son origine, sa transmission et les intermédiaires, qui doit beaucoup à la collaboration de chercheurs issus de plusieurs pays, a aussi révélé la difficulté que soulève la perception des apports étrangers en milieu chinois, car ceux qui en ont tiré bénéfice les ont rapidement assimilés au point de faire disparaître toute trace d’une origine étrangère. Ce phénomène a longtemps favorisé chez les chercheurs chinois la croyance dans le caractère autarcique du développement de leur civilisation.

  • 8 Jana Souckova-Siegelová, «  Treatment and Usage of Iron in the Hittite Empire in the 2nd Millenium (...)

10La métallurgie du fer est apparue il y a un peu plus de 4 000 ans chez les Hittites, d’après les découvertes faites sur le site de Kaman-Kalehöyük en Turquie8. Son utilisation locale pour la fabrication d’armes se confirme au xviie siècle avant notre ère. En Chine centrale, les premiers objets en fer réduit à partir du minerai, et non d’origine météoritique, sont apparus autour de 800 avant notre ère, soit un millénaire après l’invention des Hittites. Depuis le plateau anatolien, la métallurgie du fer s’est diffusée progressivement vers l’Est jusqu’à atteindre l’Altaï autour de l’an mille avant notre ère, puis le Xinjiang et ensuite la Chine, et parallèlement la Mongolie, avant d’atteindre le Japon vers le début de l’ère chrétienne. Il ne fait plus de doute aujourd’hui que la métallurgie du fer fut stimulée en Chine à la suite de contacts avec des populations vivant à l’Ouest de la plaine Centrale. On en a également la preuve dans la fabrication de poignards bimétalliques du vie siècle avant notre ère combinant le fer et l’or, comme certains poignards scythes fabriqués un bon siècle plus tôt, l’or étant rarement travaillé dans l’Antiquité chinoise (en dehors du Sichuan au deuxième millénaire avant notre ère). De surcroît, ces poignards bimétalliques de fabrication chinoise sont incrustés de pierres semi-précieuses à la manière steppique. L’usage du fer reste peu attesté jusqu’au ve siècle avant notre ère, soit parce que cet artisanat ne s’était pas vraiment développé, soit parce que le mauvais état de conservation des objets n’a pas permis d’en mesurer l’importance. Quel que soit le cas, on constate que les fonderies de bronze, toujours aussi actives, n’ont pas été supplantées par des ateliers travaillant le fer. Il est probable que la lenteur avec laquelle la métallurgie du fer s’est développée en Chine a été causée par la prééminence du bronze, jugé supérieur à tout autre métal, y compris l’or. D’autre part, le très haut degré de sophistication des techniques du bronze a conduit les métallurgistes, lorsqu’ils ont développé le travail du fer, à favoriser la fonte sur la technique du fer forgé. Dès le ive ou le iiie siècle avant notre ère ils surent fabriquer de l’acier. Telle fut la réponse des métallurgistes chinois à l’introduction d’une technologie nouvelle venue de l’Ouest. Dans le royaume de Chu, par exemple, les artisans ont fondu des tripodes en bronze dont les pieds étaient en fonte de fer. Il s’agissait là d’un choix esthétique, qui n’avait aucune autre raison d’être. Ils ont fabriqué des agrafes de ceinture en fonte de fer, incrustées d’or et d’argent, parfois de jade, car le fer apportait une couleur nouvelle dans la fabrication d’objets en métal à une époque où les artisans rivalisaient d’ingéniosité pour combiner toutes sortes de matériaux de nature et d’aspect différents. Le fer a servi aussi à fabriquer des outils agricoles. On pourrait supposer que l’introduction de la métallurgie du fer ait eu pour effet le remplacement des armes en bronze par des armes en fer qui présentent l’avantage d’être plus robustes tout en étant plus légères, et souples dans le cas des lames d’épée. Il n’en a rien été. Ainsi, les armes découvertes dans les fosses aux guerriers de la tombe du Premier Empereur, mort en 210 avant notre ère, sont toutes en bronze, aussi bien les épées, les hallebardes que les mécanismes d’arbalètes.

11En adoptant la métallurgie du fer, les artisans chinois n’ont pas copié servilement une technique qui leur était étrangère, mais l’ont adaptée à l’aide du savoir-faire qu’ils avaient acquis avec le bronze. Un exemple comparable en termes d’adaptation et de transformation nous est fourni par le verre. Initialement, ce qu’on appelle la fritte (faïence) est apparue dans la partie ouest de la vallée de la Wei au xe siècle, très certainement selon une technique transmise depuis l’Occident. Par la suite, vers le ve siècle avant notre ère sont parvenues en Chine depuis le Proche-Orient des perles à décor d’ocelles. Dans l’Antiquité, les Chinois n’ont jamais produit de verre soufflé. En revanche, ils sont parvenus à fabriquer de la pâte de verre translucide imitant à la perfection la couleur et l’aspect du jade dès le iiie siècle avant notre ère.

12L’assimilation d’une technique nouvelle prend du temps, car cette dernière doit trouver des conditions propices à son adoption. Dans le cas du fer, on peut avancer un facteur important : jusqu’au vie siècle avant notre ère, le bronze fut quasi exclusivement réservé à l’usage des élites. Les ateliers métallurgiques placés sous leur contrôle, avant de passer plus tard sous celui de l’État, fonctionnaient avec des moyens considérables et produisaient à la chaîne une masse d’objets d’excellente qualité. Ce modèle économique s’est imposé au détriment de l’atelier métallurgique familial qui est le modèle classique le plus répandu dans de nombreuses autres cultures. Le strict mode d’encadrement des ateliers a certainement constitué un obstacle au développement de l’activité des artisans, qui auraient pu travailler le métal de façon indépendante. De fait, dans la Chine ancienne, le fer forgé n’est aucunement attesté. L’artisan métallurgiste disposait de peu d’autonomie individuelle, sinon aucune. C’est seulement vers le ive siècle qu’est intervenu un changement complet du statut des artisans, devenus relativement libres d’entreprendre, tout en se soumettant à un contrôle de l’État.

  • 9 Il est cependant permis d’émettre l’hypothèse que du lapis ait été réduit en poudre pour produire u (...)

13Dans le cas du char, nous avons vu qu’il était possible de suivre approximativement les voies par lesquelles il fut introduit en Chine. Dans le cas de la métallurgie du fer, les archéologues ont observé le lent cheminement de la technique de réduction de ce minerai depuis la partie la plus occidentale de l’Eurasie jusqu’au Japon. Près de 2 000 ans se sont écoulés entre l’invention de la technique et sa transmission jusqu’au Japon. Cette lenteur dans la diffusion des techniques tient aussi bien au caractère très aléatoire des contacts entre les individus qui se trouvaient tout au long de leur voie de pénétration qu’à la nécessité pour eux de réunir les compétences nécessaires à l’acquisition de savoirs nouveaux. Les objets en revanche voyagent plus facilement et plus loin que les hommes, plus rapidement que les techniques. Cependant, seuls des objets légers, luxueux en général, ont été échangés de place en place au gré des circonstances, en fonction de l’intérêt qui leur était porté et de la sécurité des voies d’échanges. Les matériaux bruts n’ont, semble-t-il, pas été échangés avec l’Eurasie : la présence d’objets en lapis-lazuli dont les principaux gisements se trouvaient dans le Nord de l’Afghanistan actuel et ont fourni jusqu’à l’Égypte dès le IVe millénaire n’est pas attestée en Chine dans l’Antiquité9 ; quant aux gisements de jade exploités sur plusieurs sites disséminés entre la plaine Centrale et la région de Khotan au Xinjiang, ils n’ont pas non plus fourni les ateliers lapidaires en Eurasie occidentale.

14Dans nombre de cas, il est difficile de suivre le cheminement des objets échangés et d’estimer le temps nécessaire à leur trajet. Nous avons évoqué le cas d’objets produits dans la vallée de l’Indus (perles de cornaline rayées à l’acide), de cauris marins et d’autres objets ayant circulé sur des milliers de kilomètres avant de parvenir dans la plaine Centrale. Avant l’expansion Han vers les « contrées d’Occident » Xiyu 西域, il n’existait pas encore de circuits d’échanges organisés, constitués des relais nécessaires qui devaient ponctuer plus tard le tracé des routes de la Soie.

  • 10 Shanxi sheng kaogu yanjiusuo et Robert W. Bagley (préface), Art of the Houma foundry, Princeton (NJ (...)

15Dans ces conditions, on s’explique difficilement que des thèmes artistiques et des images venus de la Perse achéménide (559-330 avant notre ère), peut-être même de la Grèce, aient pu pénétrer en Chine sans qu’il subsiste sur les sites archéologiques de traces matérielles de leurs modèles. Ces sources d’inspiration sont donc indirectes. L’influence de deux courants, achéménide et steppique, est sensible dans les bronzes créés à Houma 侯馬 entre environ 550 et 450 avant notre ère. On la perçoit dans le répertoire des motifs (griffons), dans le mode de représentation du plumage des oiseaux et le dessin de leurs ailes qui viennent de la Perse. Elle transparaît aussi dans le soin tout particulier de figurer les animaux sous une forme naturaliste, qui était étrangère à l’art chinois jusqu’alors, mais caractérise en partie l’art animalier des steppes10. La pénétration artistique ne s’est certes pas faite en un jour, mais les ateliers de Houma qui se trouvaient dans la capitale de la principauté de Jin 晉 au Shanxi, n’étaient pas très éloignés des régions steppiques de la Chine septentrionale. Dans la transmission d’images venues de la Perse les peuples nomades de l’Asie centrale ont joué le rôle d’intermédiaires, soit en contribuant à l’introduction dans le pays de Jin d’objets d’origine achéménide en leur possession, soit en apportant des objets de leurs cultures. Parmi les traits propres à l’art animalier apparaissent dans les bronzes de Houma le thème de la chasse, celui de la prédation et du combat d’animaux ; et sous l’influence de l’art steppique les motifs des bronzes chinois sont, de statiques qu’ils étaient, devenus dynamiques.

  • 11 « De quelques conventions picturales : le char et ses représentations aux ve-ive siècles avant notr (...)

16Un autre exemple artistique a retenu notre attention, l’image du char dans la Chine pré-impériale, un thème que le directeur d’études avait abordé par le passé, mais qui s’est depuis enrichi de plusieurs images11. Dans l’Antiquité, depuis la Grèce et l’Égypte jusqu’en Asie centrale, trois modes différents de représentation du char ont été inventés par les artistes selon la culture à laquelle ils appartenaient : (1) le char est vu du dessus, les chevaux sont dédoublés symétriquement de part et d’autre du timon (pétroglyphes de l’Asie centrale) ; (2) le char et les chevaux sont montrés de profil (Égypte, Grèce, Perse achéménide). Dans ce système de figuration l’artiste essaie de rendre en deux dimensions l’impression d’un espace à trois dimensions avec un effet de perspective à l’occidentale. (3) le char est représenté frontalement. Cette formule a surtout été développée en Grèce.

17Les Shang ont d’abord adopté le premier mode de représentation, sans aucun doute au moment où ils se sont trouvés en contact avec les peuples qui avaient introduit le char auprès d’eux, au xiiie siècle avant notre ère. L’image comprenant un ou plusieurs chars et leurs chevaux de trait, tous figurés de profil, n’est apparue que dans la seconde moitié du ive siècle avant notre ère, entre environ 330 et 300 avant notre ère. Bien qu’elle ait été entièrement nouvelle pour les artistes chinois, on est frappé par la maîtrise immédiate de la perspective adoptée. L’absence d’une phase préparatoire à la réalisation d’une image dont tous les éléments sont parfaitement proportionnés et mis en perspective suggère l’idée que les artistes ont suivi un ou des modèles étrangers à leurs traditions. La comparaison avec le thème de la chasse dans l’art achéménide incite à identifier une source perse dans ces peintures sur laque.

  • 12 Cf. Hubei sheng wenwu kaogu yanjiusuo 湖北省文物考古研究所 & Zaoyang shi wenwu kaogu yanjiusuo 棗陽市文物考古研究所, «  (...)

18Mais publiées tout récemment par les archéologues chinois, deux autres images ont conforté l’idée que ces changements intervenus soudainement dans la représentation des chars n’étaient pas le fruit de recherches menées par les artistes du royaume de Chu, mais avaient été stimulés par des images venues de loin et copiées par eux. Sur la peinture en laque d’une arbalète provenant d’une tombe située à Jiuliandun, dans le district de Zaoyang 枣阳九连墩 (vers 300 avant notre ère), se déroule une histoire en plusieurs épisodes au contenu énigmatique12. L’une des scènes montre l’entrée sous la porte d’une ville d’un char montré de face. On distingue les deux chevaux, dont les têtes se tournent symétriquement à droite et à gauche, l’essieu, les deux roues vues de face, les deux moyeux, ainsi que deux hommes debout dans la caisse. Une autre image, contemporaine elle aussi des précédentes, offre une disposition frontale similaire avec quatre chevaux.

  • 13 Henri-Paul Francfort, « Images du char en Eurasie orientale des origines à la fin du Ier millénaire (...)

19Ce troisième mode de représentation du char était jusqu’à présent inconnu en Asie centrale, mais très répandu en Grèce dès le début du vie siècle avant notre ère, aussi bien dans la peinture que dans la sculpture13. On représentait ainsi Apollon sur le char du soleil et des scènes de la vie aristocratique. Le cocher, homme ou dieu, se tient debout à l’intérieur de la caisse, que l’on distingue plus ou moins à l’arrière. Quatre ou deux chevaux avancent de face, avec leurs têtes tournées symétriquement sur les côtés pour être plus visibles.

20À partir de toutes nos observations, certaines caractéristiques propres à l’adoption d’images venant du versant occidental de l’Eurasie apparaissent.

  • 14 Fenny F. So et Emma C. Bunker, Traders and Raiders on China’s Northern Frontier, Seattle, Arthur M. (...)

211. Les indices de la pénétration de thèmes artistiques dans l’iconographie sont souvent très minces en Chine. Cela tient au fait que les ateliers assimilent et restituent ce qui leur est étranger sous une forme qui respecte en général leurs traditions14. Ainsi, le mode frontal de représentation du char dans les deux seuls exemples connus en Chine pré-impériale n’a plus eu cours par la suite durant près d’un siècle. Puis, entre la fin du iiie siècle avant notre ère et le iie siècle de notre ère on en dénombre quelques-unes, guère plus d’une dizaine, parfois de facture maladroite comme si les artistes ne comprenaient plus comment composer le motif.

  • 15 Lukas Nickel, « The First Emperor and Sculpture in China », Bulletin of the School of Oriental and (...)

222. L’expansionnisme de l’empire achéménide, puis l’implantation de colonies grecques en Asie centrale à la suite des conquêtes d’Alexandre le Grand (356 av. J.-C. – 323 av. J.-C.) ont certainement joué un grand rôle dans la diffusion d’idées nouvelles en Chine. D’après Lukas Nickel, l’idée qui aurait prévalu dans la réalisation même de sculptures à l’échelle humaine pour la tombe du Premier Empereur pourrait avoir été stimulée grâce à des échanges avec l’Asie centrale hellénisée15. Cette idée, aussi audacieuse qu’elle soit, paraît très vraisemblable aujourd’hui.

23D’autres exemples ont été produits à l’appui de ces premières conclusions, notamment une petite sculpture en argent figurant un Mongol, de la fin du ive siècle avant notre ère, et un miroir incrusté d’or et d’argent représentant un cavalier brandissant son épée contre une panthère. Ces deux objets de fabrication chinoise mais d’inspiration exotique ont été découverts près de Luoyang, au cœur de la plaine Centrale. Ils attestent l’existence de contacts avec les peuples de la steppe et d’un sens certain de l’observation, mais le miroir interroge plus encore l’historien d’art sur une origine hellénistique possible du thème figuré et de sa composition.

  • 16 Wu Xiaolong, « Cultural Hybridity and Social Status: Elite Tombs on China’s Northern Frontier durin (...)

24Dans les transferts de techniques, comme dans la migration des objets et l’adoption de nouvelles formes d’art, des hommes ont joué un rôle essentiel de passeurs. On pense d’abord aux populations de la steppe, mais des Chinois ont aussi joué un rôle non négligeable dans ces échanges. Plusieurs découvertes faites depuis 2006 dans la région orientale du Gansu à Majiayuan 馬家塬 ont mis en lumière la présence aux portes du monde chinois d’une culture agro-pastorale dont on n’avait jamais auparavant soupçonné l’existence16. Situé dans une région jouxtant le royaume de Qin 秦 ou enclavée probablement dans son territoire aux ive-iiie siècles avant notre ère, un cimetière a livré quelques clés sur les relations nouées entre des hommes de la steppe, identifiés comme des Rong de l’Ouest, Xi Rong 西戎, et les Chinois. Nous avons analysé les coutumes funéraires de cette population, du moins celles des membres de l’élite locale inhumés dans ce cimetière. L’agencement de leurs tombes et le mode d’ensevelissement des défunts se démarquent clairement des traditions chinoises (absence de cercueils) et indiquent de forts liens avec les cultures de l’Altaï (chars et chevaux enterrés auprès du mort) sans être pour autant semblables aux kourganes de la Sibérie méridionale. La parure des défunts est constituée de bracelets et de torques en or et en argent, de milliers de perles de faïence multicolores, et les ceintures de leur vêtement (jusqu’à trois chez les plus riches), étaient ornées de plaques en or incrustées de cornaline, de turquoise et de pâte de verre. Leur mobilier contenait des objets chinois, mais surtout des témoins des échanges auxquels ils s’étaient livrés avec des peuples de l’Asie centrale. Nous avons montré que plusieurs bijoux ont une origine perse. Leurs armes sont en fer même lorsqu’elles imitent des ge 戈. L’or et l’argent sont présents sous la forme de feuilles découpées appliquées sur les chars. Ces ornements figuraient principalement des animaux selon les conventions suivies dans l’art des steppes, ainsi que des palmettes empruntées à la Grèce. Une telle richesse, et l’origine même des objets précieux, ne peut qu’indiquer une prospérité économique liée à leur rôle d’intermédiaires entre le royaume de Qin et les habitants des steppes, sans doute dans le commerce des chevaux dont ils étaient éleveurs.

  • 17 Ces échanges ont fait l’objet d’un article du directeur d’études, à paraître aux États-Unis en juin (...)

25Les tombes de Majiayuan comprennent quelques bronzes rituels chinois, assemblés de manière aléatoire en fonction des échanges que les élites locales ont noués avec Qin. On peut les qualifier de biens de prestige. À côté de ces ensembles disparates se trouvaient des tripodes qui ont été fondus en bronze sur le modèle de tripodes en terre cuite caractéristiques de la culture locale des Rong de l’Ouest. Nous avons montré que ces tripodes avaient été fondus pour le compte de ces derniers dans des ateliers de Qin. En poussant l’analyse du mobilier funéraire plus avant, nous avons dressé un premier état des échanges entre les Xi Rong et les habitants du royaume de Qin, et montré que les apports des premiers étaient loin d’être négligeables17.

26Il est apparu en conclusion que la distance et les obstacles naturels ont eu seulement pour effet de ralentir le développement des échanges entre la région occidentale et la région orientale de l’Eurasie, séparées par de hauts massifs montagneux, sans jamais vraiment les empêcher. Tout au long des deuxième et premier millénaires ces échanges sont attestés, mais de manière intermittente, variant en intensité selon les circonstances. Dans les exemples choisis, le char symbolise la mobilité, ce qui explique en partie son irruption soudaine dans la culture matérielle de la dynastie Shang et son adoption immédiate, facteur d’une véritable révolution dans le mode de vie des élites, dans la symbolique de leur pouvoir et dans leurs activités. Dans le domaine des objets, d’Est en Ouest ce sont des miroirs, des pontets de jade pour suspendre le fourreau d’une épée, des brocards de soie ou de la soie brodée, tandis que d’Ouest en Est ce sont des bijoux en or, des perles ocellées en faïence, parfois un poignard en fer orné d’or et d’argent. Ces objets ont franchi des distances immenses en un temps parfois très long jusqu’à être usés ou se briser, mais parfois bref selon les circonstances politiques et sociales, selon le mode d’échange, selon la valeur ou au contraire l’absence d’intérêt qu’on leur prêtait. Quant aux techniques, leur cas est différent dans la mesure où il faut pour les acquérir et les maîtriser réunir plusieurs conditions : la transmission d’un savoir-faire et son apprentissage, la disponibilité des ressources requises, la possession d’un outillage adapté permettant de les mettre en œuvre. Sous d’autres angles encore, des changements parfois profonds sont intervenus dans la plaine Centrale sous la pression des peuples de la steppe. Ainsi, les Chinois ont dû s’adapter à des formes inédites de conduite de la guerre en constituant à partir du ive siècle avant notre ère une tradition cavalière sur le modèle de leurs voisins du Nord.

27Durant tout l’âge du Bronze et au début de l’empire, la Chine a amplement bénéficié de ses échanges avec les peuples de la steppe, mais les a en général occultés en adaptant à ses traditions les objets, les techniques, les idées venus de loin, et même des croyances religieuses, comme plus tard le bouddhisme.

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Notes

1 Marta Żuchowska, « From China to Palmyra: the Value of Silk », Światowit, vol. XI(LII)/A (2013), p. 133-156.

2 Michèle Pirazzoli-t’Serstevens et Marianne Bujard, Les dynasties Qin et Han : 221 av. J.-C.-220 apr. J.-C, Paris, Les Belles Lettres, 2017, p. 64, 273-283.

3 Une légende existe à ce sujet. Voir « Des Romains en Chine », dans ibid., p. 92-93.

4 Cf. Véronique Schiltz, Les Scythes et les nomades des steppes : VIIIe siècle avant J.-C. – Ier siècle après J.-C., Paris, Gallimard, 1994 (L’univers des formes, 39), p. 285-287.

5 Michèle Pirazzoli-t’Serstevens, « Les cultures du Sichuan occidental à la fin de l’Âge du Bronze et leurs rapports avec les steppes », dans L’Asie centrale et ses rapports avec les civilisations orientales, des origines à l’âge du fer : actes du colloque franco-soviétique organisé par le Centre national de la recherche scientifique et l’Académie des sciences de l’U.R.S.S., avec la collaboration de la Direction générale des relations culturelles : Paris, 19-26 novembre 1985, Philippe Guillemin et Jean-Claude Gardin (éd.), Paris, Mission archéologique française en Asie centrale, de Boccard, 1988, p. 183-196 ; Tong Enzheng, 童恩正, « Shilun Woguo cong dongbei zhi xinan de biandi banyuexing wenhua chuanbodai » (試論我國從東北至西南的遍地半月形文化傳播帶), dans Wenwu yu kaogu lunwenji, Wenwu chubanshe, Beijing, 1987, p. 17‑43 ; Jessica Rawson, « China and the steppe: reception and resistance », Antiquity, 91, no 356 (2017), p. 375‑388.

6 Nicola di Cosmo, «  Chapitre 13 : The Northern Frontier in Pre-Imperial China  », dans Michael Loewe et Edward L. Shaughnessy, éd., The Cambridge History of Ancient China. From the Origins of Civilization to 221 B.C., Cambridge, Cambridge University Press, 1999, p. 885-966.

7 Cao Dazhi, The Loess Highland in a Trading Network (1300-1050 BC), Princeton University, Princeton (NJ), 2014. Jessica Rawson, Konstantin Chugunov, Yegor Grebnev et Limin Huan, «  Chariotry and Prone Burials: Reassessing Late Shang China’s Relationship with Its Northern Neighbours  », Journal of World Prehistory, 33, no 2 (2020), p. 135-168.

8 Jana Souckova-Siegelová, «  Treatment and Usage of Iron in the Hittite Empire in the 2nd Millenium BC  », Mediterranean Archaeology, 14 (2001), p. 189-193 ; Hideo Akanuma, «  The Significance of Early Bronze Age Iron Objects from Kaman-Kalehöyük, Turkey  », Anatolian Archaeological Studies, no 17 (2008), p. 313‑320.

9 Il est cependant permis d’émettre l’hypothèse que du lapis ait été réduit en poudre pour produire un pigment de couleur bleu intense destiné à la peinture sur laque dans la seconde moitié du ive siècle avant notre ère, après quoi on ne trouve nulle trace de la couleur bleue dans les peintures sur laque.

10 Shanxi sheng kaogu yanjiusuo et Robert W. Bagley (préface), Art of the Houma foundry, Princeton (NJ), Princeton University Press, 1996. Robert Bagley, «  Ornament, Representation, and Imaginary Animals in Bronze Age China  », Arts Asiatiques, vol. «  L’autre en regard Art et culture matérielle de la Chine. Mélanges en hommage à Madame Michèle Pirazzoli t’Serstevens  », no 61 (2006), p. 17-29.

11 « De quelques conventions picturales : le char et ses représentations aux ve-ive siècles avant notre ère », Études Chinoises, XVIII, no 1 (2000), p. 179-220.

12 Cf. Hubei sheng wenwu kaogu yanjiusuo 湖北省文物考古研究所 & Zaoyang shi wenwu kaogu yanjiusuo 棗陽市文物考古研究所, « Hubei Zaoyang Jiuliandun Chu mu chutu de qimu nu caihua 湖北棗陽九連墩楚墓出土的漆木弩彩畫 », Wenwu, 2 (2017), p. 38-49.

13 Henri-Paul Francfort, « Images du char en Eurasie orientale des origines à la fin du Ier millénaire av. J.-C. », dans Pervobytnaja Arkheologija chelovek i iskusstvo. Sbornik nauchnykh trudor, posvjahchennyj 70-letju po duja rozhdenija Jakova Abramovicha Shera, V. V. Bobrov (dir.), Novosibirsk, Kemgu et IAE SO RAN, 2002, p. 80-89.

14 Fenny F. So et Emma C. Bunker, Traders and Raiders on China’s Northern Frontier, Seattle, Arthur M. Sackler Gallery, Smithsonian Institution, University of Washington Press, 1995.

15 Lukas Nickel, « The First Emperor and Sculpture in China », Bulletin of the School of Oriental and African Studies. University of London, 76, no 3 (2013), p. 413-447.

16 Wu Xiaolong, « Cultural Hybridity and Social Status: Elite Tombs on China’s Northern Frontier during the Third Century BC », Antiquity, 87 (2013), p. 121-136.

17 Ces échanges ont fait l’objet d’un article du directeur d’études, à paraître aux États-Unis en juin 2023 : « On the Margins of the Chinese World. The Bronze, Iron, and Gold of the Xi Rong at Majiayuan ».

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Pour citer cet article

Référence papier

Alain Thote, « Art et archéologie de la Chine pré-impériale »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques, 154 | 2023, 382-391.

Référence électronique

Alain Thote, « Art et archéologie de la Chine pré-impériale »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques [En ligne], 154 | 2023, mis en ligne le 22 juin 2023, consulté le 19 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ashp/6530 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/ashp.6530

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Auteur

Alain Thote

Directeur d'études, École pratique des hautes études-PSL — section des Sciences historiques et philologiques, membre de l’Institut

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