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Résumés des conférences

Langue et littérature latines du Moyen Âge

Anne-Marie Turcan-Verkerk
p. 233-234

Résumé

Programme de l’année 2021-2022 : Le Liber miraculorum sancti Maximini et l’œuvre de Létald de Micy : édition, traduction, analyse et publication collectives (suite).

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Texte intégral

1En 2021-2022, nous espérions terminer le tome I des opera omnia pour la mi-juin. Nous n’y sommes pas parvenus, bien qu’en réalité nous ne soyons pas si éloignés du but, et il reste un espoir d’achever ce premier volume pour juin 2023.

2Gisèle Besson a repris la totalité de l’apparat des Miracula, et surtout fait le point sur toutes les copies modernes repérables ainsi que sur leurs relations. L’impression qui ressort de ce travail est que nous avons deux états du texte : celui qui nous est transmis par le manuscrit Vaticano, BAV, Reg. lat. 528 (V), et qui est à la base de notre édition, et un texte partagé par les copies de Jean de Saint-Martin, Polluche et Mabillon. Les titres des miracles chez Polluche semblent cependant à cheval sur les deux branches de la tradition. Les Bollandistes ont travaillé sur V.

3En début d’année, nous avions décidé

  • de terminer la traduction du miracle additionnel de Mesmin transmis par le manuscrit Vaticano, BAV, Reg. lat. 621 (BHL 5821b) ;
  • d’achever la traduction des vitae ;
  • de rédiger une prosopographie des abbés de Micy, idée finalement abandonnée ;
  • de donner le volume à l’éditeur fin 2022, et donc d’avoir achevé l’essentiel du travail en juin ; il fallait pour cela arrêter la composition du volume en plus des Miracula :
    • pour la vita anonyme (BHL 5814), nous avons décidé de donner le texte latin tel qu’il est transmis par le Reg. lat. 528 parce que, manifestement, les moines de Micy au xie siècle ont considéré cette vita et les Miracula de Létald comme un diptyque ; le proposer au lecteur a donc un sens et clarifie la nature du texte que nous traduisons ;
    • nous avons jugé nécessaire de fournir l’acte de 973/974, traité en 2020-2021, le miracle additionnel BHL 5821b, dont nous avons achevé la traduction en 2021-2022 (parfois avec de grandes difficultés liées à la langue du texte et au fait qu’il soit mutilé), et un poème sur les saints de Micy transmis par le manuscrit Paris, BNF, lat. 5366 (P) avant la vita anonyme.

4Nous avons mis notre programme à exécution.

5En janvier, nous avons décidé, devant l’importance des contributions, en particulier de Marie Isaïa, de Jérémy Delmulle, de Gisèle Besson, et au vu du poids croissant que nous donnions à toutes sortes de pièces liées de près ou de loin au dossier, d’organiser un colloque sur Micy du ixe au xie siècle et sur son réseau, qui nous mène vers Fleury évidemment, mais aussi Lyon, Aniane, Verdun, Laon…

  • 1 Voir par exemple Martin Heinzelmann, « Clovis dans le discours hagiographique du vie au ixe siècle (...)

6En juin, Gisèle Besson et Anne-Marie Turcan-Verkerk ont tenté de comprendre et traduire un poème curieux transmis par Paris, BNF, lat. 5366 (P), avant les vers consacrés aux saints de Micy, et copié sur un feuillet précédant la vita anonyme BHL 5814. Depuis Mabillon, cette pièce en hexamètres, inc. Rex genus egregium sine quo nil nobile constat, est considérée comme une dédicace de cette vita anonyme à Charles le Chauve1. En fait, cette hypothèse désormais présentée comme une certitude par la bibliographie ne repose que sur une supposition de Mabillon. À force de chercher à comprendre ce texte, manifestement corrompu en plusieurs endroits, nous sommes arrivées à la conclusion que le dédicataire ne peut qu’être Louis le Pieux. Le poème, codicologiquement séparé en réalité de la vita anonyme dans P, est la copie d’un texte qui, sous une forme qui reste à déterminer, devait accompagner une copie de la vita de Bertold (BHL 5817) offerte à l’empereur Louis le Pieux, qui a favorisé la translation du corps de Mesmin à Micy. Nous avons repéré des liens assez étroits avec Ermold. Le poème, si vraiment il fait allusion, comme nous le croyons, au second couronnement comme empereur de Louis le Pieux, à Metz, en 835, permet peut-être de dater de 835-836 la translation, la vita BHL 5817, le poème lui-même. Il reste à retravailler sur les vies d’Avit et de Calais, qui seraient des sources de Bertold, pour tenter de vérifier leur datation. Bertold n’est pas nommé dans ce poème, contrairement à ce que fait l’auteur dans sa dédicace à Jonas d’Orléans, mais cette nouvelle dédicace, anonyme, pourrait avoir été composée à Micy pour une copie d’apparat, sans être nécessairement l’œuvre de Bertold lui-même.

7Létald nomme Bertold (peut-être d’après la dédicace à Jonas, seul texte qui nous transmette ce nom ?) mais il est très difficile de savoir s’il l’a lu ou non. Étant donné l’intérêt des versus de P, et Létald ayant au moins entendu parler de l’auteur de cette vita BHL 5817, nous avons décidé de joindre aux annexes le poème et la vita de Bertold avec leur traduction, de façon que le lecteur ait à sa disposition tous les textes que Létald avait pu utiliser, mais aussi un dossier hagiographique complet sur saint Mesmin de Micy. D’ailleurs, c’est ce que souhaitait Charles Vulliez d’après Gisèle Besson. Pour la BHL 5817, nous adopterons le texte du manuscrit Vaticano, BAV, Reg. lat. 669, bien meilleur que celui de Mabillon. L’établissement et la traduction de ce texte sont au programme de 2022-2023, de même que la rédaction d’un article consacré aux versus de P.

8Dans le prolongement du programme de 2020-2021, Flavia Petitti a soutenu sa tesina de La Sapienza le 17 décembre 2021. Ce travail était consacré au manuscrit Vaticano, BAV, Reg. lat. 621, et Flavia Petitti y insistait sur l’action de l’abbé Albert Ier de Micy (1018-1036), cherchant à établir, à travers la production hagiographique de l’abbaye, une certaine parité d’Aignan et d’Euspice, et à relancer l’école hagiographique de Micy et son réseau d’influence. Elle s’y est également intéressée au dossier de saint Vrain, en lien avec le Reg. lat. 621, et elle a mené de nombreuses recherches sur les érudits modernes, chez qui il reste beaucoup à découvrir.

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Notes

1 Voir par exemple Martin Heinzelmann, « Clovis dans le discours hagiographique du vie au ixe siècle », Bibliothèque de l’École des chartes, 154 (1996), p. 87-112 (p. 108, avec les notes 88 à 90 ; noter en particulier, note 89, la citation avec l’ajout de [Karole]).

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Pour citer cet article

Référence papier

Anne-Marie Turcan-Verkerk, « Langue et littérature latines du Moyen Âge »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques, 154 | 2023, 233-234.

Référence électronique

Anne-Marie Turcan-Verkerk, « Langue et littérature latines du Moyen Âge »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques [En ligne], 154 | 2023, mis en ligne le 22 juin 2023, consulté le 19 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ashp/6209 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/ashp.6209

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Auteur

Anne-Marie Turcan-Verkerk

Directrice d'études, École pratique des hautes études-PSL — section des Sciences historiques et philologiques

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