Navigation – Plan du site

AccueilNuméros154Résumés des conférencesHistoire urbaine de l’Orient roma...

Résumé

Programme de l’année 2021-2022 : I. Les rues des villes de l’Orient romain tardif. — II. L’espace urbain d’Antioche sur l’Oronte.

Haut de page

Texte intégral

I. Les rues des villes de l’Orient romain tardif

  • 1 Annuaire. Résumés des conférences et travaux, 153e année, 2020-2021, Paris, EPHE-PSL, SHP, 2022, p. (...)

1Le travail sur les rues engagé en 2020-20211 a été poursuivi cette année à partir de la documentation épigraphique, envisagée dans ses différents contextes.

2Dans un premier temps, on a procédé à un inventaire et à un classement sommaire des inscriptions concernant des opérations d’aménagement viaire dans l’Orient romain, sans se limiter à l’Antiquité tardive.

  • 2 La pierre est au musée du Louvre : https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010278857.

3On a commencé par les inscriptions concernant spécifiquement le dallage des rues. Éphèse en a livré une série cohérente. La plus ancienne est une inscription bilingue (latin-grec) du début de l’époque augustéenne (I. Ephesos 459 : 23-21 av. J.-C). La pratique de commémoration épigraphique du dallage de rue ne semble pas attestée antérieurement en Méditerranée orientale. En revanche, elle apparaît en Méditerranée occidentale dès le iie s. av. J.-C. et elle est bien diffusée en Italie à l’époque augustéenne. Tout se passe comme si l’inscription d’Éphèse, qui est datée par la mention du proconsul et signale que le financement a été rendu possible grâce à un bienfait d’Auguste, était aussi une revendication de loyauté et d’intégration à l’ensemble impérial romain. Sous le règne de Domitien, la cité dédie conjointement à sa divinité tutélaire et à l’empereur le dallage de l’Embolos (I. Ephesos 3008). Au iiie s. plusieurs inscriptions signalent le dallage d’une voie ou d’une portion de voie (I. Ephesos 3009, 3013, 3071). Trois de ces inscriptions, dont une honore un agoranome, sont regroupées sur la Porte Sud de l’agora, où elles sont associées à d’autres textes, la plupart concernant des agoranomes. En dehors d’Éphèse, des opérations de dallage sont signalées à Antioche de Pisidie (AE 1927, 174, ier s.), Apollonia du Rhyndakos (CIG 3705) et Gerasa (Gerasa, 1938, 72, iiie s.). La commémoration épigraphique du dallage de rues se poursuit dans l’Antiquité tardive. À Éphèse une épigramme remercie un personnage pour avoir « orné la patrie de rues de marbre bien dallées » (I. Ephesos 1304) et une inscription en prose commémore une opération de dallage effectuée sous l’autorité de responsables locaux (SEG 33, 961). À Scythopolis en 521/522, deux inscriptions se répondant l’une l’autre sont insérées dans le dallage dont elles commémorent la pose (Di Segni, « New epigraphical Discoveries… », XI Congresso Internazionale di Epigrafia Greca e Latina, 1999, p. 637 ; SEG 52, 1681). La mention dans la Chronographie de Malalas d’une inscription attribuée à Antonin le Pieux célébrant le dallage des rues d’Antioche confirme que ce type de texte fait toujours partie de l’horizon intellectuel et du champ des possibles de l’expérience urbaine au vie s. (Malalas XI, 24). Deux inscriptions commémorent le dallage d’un espace désigné par le mot ἔμβολος, qui désigne notamment un portique. Il s’agit assurément d’un portique de rue à Bosra en 517 (IGLS XIII, 9498). En revanche l’inscription d’Abila, près de Damas, datée de 563/564, concerne peut-être un portique de rue, mais possiblement aussi une nef d’église (Wadd. 1878, cf. SEG 39, 15672).

4Quelques textes datés des iie-iiie s. mentionnent l’aménagement (ἔργον, κατασκευή) de rues désignées par le mot πλατεῖα. Dans un cas, l’aménagement de la πλατεῖα inclut celui des colonnades qui la bordent (InsAphr. 12.1111). D’autres inscriptions témoignent en revanche d’une distinction explicite entre πλατεῖα et portiques : il s’agit en particulier d’inscriptions commémorant la construction d’un portique donnant sur une πλατεῖα et longeant un édifice thermal, à Apamée de Syrie (SEG 64, 1567-1568) et à Myra en Lycie (SEG 34, 1458).

5Des inscriptions relatives à l’aménagement de rues ou de portiques de rues (dallage excepté) entre le ive et le vie s. ont été retrouvées à Sardes (I. Sardis II, 427), Gerasa (Gerasa, 280-281), Mothana (IGLS XVI, 1334-1335), et probablement Sidè (I. Side II, 156 ; SEG 56, 1713-1714 ; l’interprétation de ces inscriptions comme renvoyant à une opération d’aménagement viaire reste hypothétique). Toutes les inscriptions sont commémoratives, à l’exception d’une dédicace. À Gerasa et à Sidè, le texte est dédoublé, présent en deux points de la rue concernée. À Mothana, deux textes différents, relatifs tous deux à l’aménagement de la rue, ont été gravés sur le même support. Ce sont deux modes différents de démultiplication du message épigraphique.

6Un groupe spécifique, caractéristique de l’Antiquité tardive, est formé par les inscriptions de mosaïques de portiques, à Sardes (I. Sardis II, 424, 426, 431), Sidè (I. Side II, 163-164), Pergé (AE 2015, 1567-1570), Apamée de Syrie (SEG 64, 1580), Scythopolis (SEG 39, 1638), Sepphoris (SEG 44, 1371 ; SEG 45, 1945 ; cf. SEG 59, 2005).

7Dans un second temps on s’est interrogé sur les moyens d’étudier le paysage épigraphique de la rue. Les écritures exposées dans la rue relevaient de typologies très variées, de l’inscription honorifique au graffito, en passant par la gravure de documents publics, et la restitution des paysages épigraphiques viaires implique aussi la prise en compte de la durée de visibilité des inscriptions, elle aussi très variable. La saisie de ces phénomènes ne peut se faire que dans le cadre de contextes urbains déterminés.

  • 3 J.-B. Yon, Inscriptions grecques et latines de la Syrie, XVII, 1, Beyrouth, Institut français du Pr (...)

8On a commencé par le site de Palmyre, en raison de l’existence d’un corpus organisé topographiquement des inscriptions grecques et latines de la ville3 – qu’il faut compléter par d’autres publications pour les inscriptions exclusivement en araméen –, de la bonne conservation des vestiges et de la disponibilité de nombreuses photographies anciennes. Ainsi les dix inscriptions de la « Colonnade Transversale » sont toutes localisées. On y individualise notamment un groupe cohérent de cinq inscriptions bilingues concernant une même famille, toutes datées de mars 179, sur des consoles de colonnes qui se succèdent, le grec étant gravé sur la face avant, l’araméen sur le côté gauche de la console. L’inscription la plus récente, datée des années 229-238, est une inscription araméenne commémorant la réfection d’une statue. À partir de l’aménagement du « camp de Dioclétien », la rue devient la voie d’accès principale au camp militaire, mais on ne détecte aucune trace épigraphique de ce changement de fonction. Dans la section C de la Grande Colonnade ont été relevées 15 inscriptions, dont 12 sont des inscriptions honorifiques. Celles qui sont datées s’échelonnent entre 158 et 258 (ou peut-être 279). La plus ancienne, en grec uniquement, émane de la cité ; sept émanent d’une même tribu mais il y a aussi deux inscriptions caravanières, pour un père et son fils, et deux inscriptions gravées à l’initiative de personnes privées, qui se font face de part et d’autre de la rue. Les choix de localisation des textes sur la colonne sont très variés : sur la console, sur le fût, sur la console et le fût. Dans le cas des inscriptions bilingues, le texte araméen se trouve soit sur le fût, sous le texte grec gravé sur la console, soit sur la face latérale de cette dernière. Les trois inscriptions ne relevant pas de la catégorie des inscriptions honorifiques sont postérieures au iiie s. et regroupées dans la partie de Grande Colonnade qui longe le « quartier des églises ». L’une d’entre elles, datée de 328, commémore la restauration d’une partie du portique à l’initiative du curateur de la cité. Elle est gravée, du côté intérieur du portique, sur la colonne portant déjà l’inscription datée de 158. Les deux autres sont des acclamations chrétiennes. La section B de la Grande Colonnade est relativement récente dans son tracé actuel. Dans sa partie occidentale, elle concentre les honneurs rendus aux membres de l’élite palmyrénienne entre 242 et 273. Dans sa partie orientale se trouvent plutôt des inscriptions de construction. Une base de statue honorant Dioclétien devait se trouver dans cette section. La section A, moins bien conservée, présente un faciès épigraphique moins contrasté que les deux autres.

9Le trait le plus marquant du paysage épigraphique viaire de Palmyre est qu’il n’évolue que très peu durant l’Antiquité tardive : les inscriptions ne sont pas martelées et les colonnes restent en place, mais accueillent peu d’inscriptions nouvelles ou même de graffitis. Il ne s’ensuit pas que toute activité épigraphique cesse à Palmyre (cf. IGLS XVII, 1, 112 et 158), mais cette activité ne concerne apparemment pas les colonnes. Le paysage épigraphique s’est en quelque sorte fossilisé dans son état de 273. Le contraste est net avec le cas d’Éphèse, où les rues ont été remaniées jusqu’à la fin de l’Antiquité et où de nombreuses inscriptions sont en remploi ou non en place. À Soloi-Pompéiopolis (Cilicie), la situation est encore différente : les colonnes à consoles érigées sous le Haut Empire, dont certaines portent des inscriptions honorifiques, restent en place durant l’Antiquité tardive, mais de nombreuses Toposinschriften y sont gravées (ainsi la même colonne porte CIG III 4435 et CIG III add. 4436) : on peut donc parler de continuité, mais non, comme à Palmyre, de fossilisation du paysage épigraphique.

II. L’espace urbain d’Antioche sur l’Oronte

  • 4 Le travail ici présenté a aussi servi à préparer un chapitre consacré aux sources écrites de l’hist (...)

10L’objectif était de présenter un bilan chronologique de l’apport des textes à l’histoire de l’évolution de l’espace urbain4, en insistant sur les sources les plus anciennes ou les plus proches chronologiquement des événements qu’elles relatent, afin de remettre en question le statut privilégié généralement accordé dans la recherche aux sources les plus tardives et en particulier à la Chronographie de Malalas (vie s.), abondamment étudiée les années antérieures.

  • 5 Belli Syrii tertii annales (160), dans Brill’s New Jacoby (en ligne).

11Les sources datant de l’époque hellénistique sont peu nombreuses et ne fournissent que des informations très ponctuelles : « papyrus de Gourob5 » (mention d’une porte de la ville) ; P Herc. 1044, XXVII, l. 11 (mention du palais dans une biographie de Philonidès de Laodicée) ; I Macc 11, 45-48 (révolte contre Démétrius II en 145 av. J.-C., avec mention du palais). Jules César, dans la Guerre civile, évoque les remparts de la ville (BC III, 105). Antioche ne prend un peu de consistance dans les sources qu’à l’époque augustéenne. Tite-Live (XLI, 20, 9) et Trogue-Pompée (XXXIX, 2, 5), mentionnent un temple de « Jupiter ». Strabon (XVI, 2, 4-5) consacre à Antioche un assez long développement qui s’appuie au moins en partie sur Posidonios d’Apamée, et que l’on a étudié de façon détaillée : pour qui cherche à connaître l’état de la ville à l’époque hellénistique, c’est ce texte, et non celui de Malalas, qui doit avoir la priorité.

12Flavius Josèphe écrit La Guerre des Juifs (BJ) entre 75 et 79, puis les Antiquités judaïques (AJ) en 93/94. Il relate, de façon plus détaillée que dans le récit du Premier Livre des Maccabées, l’émeute intervenue sous le règne de Démétrios II et fournit dans ce cadre des précisions, dont il faudrait pouvoir déterminer la source, sur le contexte urbain du palais (AJ XIII, 136-139). Antioche et Daphné sont mentionnées à plusieurs reprises à propos de la période des guerres civiles ou du règne d’Hérode (BJ I, 185 ; 243 ; 328 ; AJ XVII, 23-25). Josèphe est le premier auteur à mentionner la rue principale d’Antioche (BJ I, 425 ; AJ XVI, 148) et son troisième rang parmi les villes de l’empire (BJ III, 29). Il s’intéresse tout particulièrement à la communauté juive d’Antioche, aux droits dont elle bénéficie, et aux conséquences de la révolte de Judée sur la vie de cette communauté (BJ VII, 43-44 ; 47-48 ; 55 ; 61 ; 100 ; 107-111 ; AJ XII, 119-120). Dans ce cadre il mentionne une synagogue et fournit des informations sur le fonctionnement de la vie civique (réunion de l’assemblée au théâtre), l’agora qu’il qualifie de « tétragone » et les édifices qui la bordent. Dans les premières années du iie s., Dion Chrysostome (Or. XLVII, 16, entre 100 et 105 apr. J.-C.) et Tacite (Hist. II, 80, 1 ; Ann. II, 37, 5 ; 83, 3) mentionnent également l’agora, le théâtre, ainsi que la rue principale. La comparaison des informations fournies par Flavius Josèphe et Dion Chrysostome met en évidence un phénomène de croissance urbaine au ier s. apr. J.-C. On a rappelé l’intérêt des inscriptions du canal des foulons et du canal Dipotamia pour la connaissance de l’espace urbain antiochéen au début de l’époque flavienne : la convergence des sources littéraires et épigraphique fait l’effet d’un puissant coup de projecteur sur Antioche entre 65 et 75.

13Les sources conservées des iie-iiie s. sont peu informatives. Elles mettent en évidence l’importance de l’Oronte et de Daphné dans l’identité antiochéenne (Pausanias VI, 2, 7 et passim), et témoignent de la localisation syrienne de la légende de Daphné (Arrien, FgrHG IIb, 156, f87 ; Pausanias VIII, 20, 2 ; 23, 5) et de la diffusion d’un stéréotype associant Antioche au goût des spectacles et des plaisirs (ex. : Lucien, de Saltatione 76 ; Hérodien II, 7, 9, VI, 6, 6). Philostrate fournit la première attestation littéraire de la qualification d’Antioche comme « Antioche la Grande » et signale le nom de « Ladon » porté par un cours d’eau de Daphné (Vie d’Apollonios de Tyane I, 16). En ce qui concerne l’espace urbain, on ne retire de ces sources que très peu de choses : la mention d’un hippodrome dans le récit du tremblement de terre de 115 (Dion Cassius LXVIII, 25, 5), celle de « thermes Hadrianéens » dans un document (P. Euphr. 1, daté du 28 août 245), et enfin, l’absence de toute mention d’un palais impérial dans le récit par Hérodien (II, 8, 6) de la prise de pouvoir par Pescennius Niger.

14Tout change à partir du ive s. Antioche est présente de façon récurrente dans l’œuvre d’Eusèbe de Césarée, qui fournit des indications sur l’aménagement intérieur de l’église de Paul de Samosate (HE VII, 30, 9), relate l’établissement d’un culte de Zeus Philios sous le règne de Maximin Daia (HE IX, 3), mentionne la ville à plusieurs reprises dans sa Chronique, et décrit l’église construite par Constantin (Triakontaetérikos IX, 14-15, GCS 7, p. 200-221 ; Vie de Constantin III, 50, 1-2). Toutefois, ce n’est qu’à partir des années 350 que les sources deviennent réellement abondantes, grâce à l’activité épistolaire et à la production rhétorique de Libanios, mais aussi à l’œuvre de Julien et d’Ammien Marcellin, à un texte comme l’Expositio totius mundi et enfin aux sources « chrétiennes » dans toute leur diversité : production normative, homilétique, histoire ecclésiastique et chronographie (continuation de la chronique d’Eusèbe), hagiographie. On a souligné la polyphonie de ces sources : il convient en effet de de distinguer les auteurs homéens et nicéens, et parmi ces derniers – qui au reste réinvestissent des traditions homéennes – les « pauliniens » comme Jérôme, ami de l’évêque Évagre, et les « Méléciens ».

15Quoi qu’il en soit, pour la deuxième moitié du ive s., on dispose d’un ensemble de sources de première main, contemporaines des événements et d’une grande richesse, même si les informations qu’elles contiennent sont partielles et orientées en fonction des objectifs des auteurs. Sans méconnaître l’intérêt et la nécessité de tenir compte aussi de dossiers plus complexes, dans lesquels les sources littéraires tardives fournissent des informations absentes de la documentation contemporaine, on a choisi de se concentrer sur ces sources « primaires », pour en préciser l’apport à la connaissance des rythmes et des modalités de l’évolution de l’espace urbain du règne de Constance au règne de Théodose.

16Le rôle des représentants de l’État dans l’embellissement de la ville sous le règne de Constance, souligné par Libanios (Or. XI, 193-194) et par Julien (Éloge de Constance, 31), est illustré par le dossier du « portique de Modestos », formé de trois lettres de Libanios (ep. 196, 617, 242 Förster) et d’une allusion dans un discours plus tardif (Or. XLV, 26). Ce portique, étroitement associé au sanctuaire de Dionysos, fut construit à l’initiative de Modestos, comte d’Orient. La datation des lettres a pu être précisée à partir de la lettre 617, usuellement datée de l’été ou de l’automne 361. La lettre 196 doit lui être antérieure, mais de peu. La lettre 242 est postérieure à la lettre 196 et pourrait bien être postérieure aussi à la lettre 617. Le portique est en effet décrit comme pratiquement terminé, alors que les deux lettres précédentes concernaient le transport des matériaux. Cette lettre pourrait même dater de la période durant laquelle Modestus est Préfet de la Ville de Constantinople (entre l’été 362 et février-mars 364). Stratégius, le porteur de la lettre 242, n’est pas l’architecte du portique, mais plutôt celui qui en a assumé le suivi, à titre de responsable civique. Le temple de Dionysos, devant lequel a été construit le portique, est l’un des quatre temples mentionnés comme intacts par Libanios dans son discours Pro templis, sous le règne de Théodose (Or. XXX, 51). La construction du portique, dans un contexte où la dégradation et le démantèlement des édifices religieux païens avait déjà commencé, a certainement joué un rôle dans la conservation du temple, ce qui conduit à prendre au sérieux l’affirmation de Libanios selon laquelle Modestos « vénérait les dieux » avant même le début du règne de Julien (ep. 804, 5).

17On s’est ensuite penché sur la construction du « péristyle » du temple d’Apollon à Daphné à l’initiative de Julien et sur les opérations de transfert de colonnes effectuées (ou du moins envisagées) à cet effet (Julien, ep. 80, cf. Ammien Marcellin XXII, 13, 2 et Libanios, Or. XVIII, 126).

18Si le règne de Valens correspond à une lacune dans la production littéraire conservée de Libanios, une lettre de 388, adressée à Tatianos, en poste à Antioche de 370 à 374, évoque les constructions effectuées alors à Antioche par ce dernier (ep. 851 Förster). Ammien Marcellin (XXXI, 1) mentionne quant à lui l’édification d’un édifice thermal, connu aussi par les sources tardives.

19Les informations concernant le règne de Théodose sont nombreuses. Jean Chrysostome décrit de façon précise le rôle joué par Mélèce dans la construction du martyrium de Babylas entre 378 et 381 : sollicitation du pouvoir impérial et de ses représentants (sans qu’on sache à quelle fin exactement) et suivi du chantier (Homélie sur Babylas, § 10). Le séjour de Proclos comme comte d’Orient, de 382 à 384, est particulièrement dense : le plèthre fait l’objet d’un agrandissement (Libanios, Or. X), et diverses constructions sont entreprises à l’initiative de Proclos (Libanios, ep. 852 ; Or. XLII, 41) ; en revanche une tentative d’aménagement des entrecolonnements des portiques, sur décision du conseil de la cité ou d’un groupe de particuliers échoue en raison de mesures prises par Proclos (Or. XXVI, 20, 24). Les sources littéraires (Libanios Or. L, 2, en 385 ; Or. XXXIII, 14 et 34, en 386 ; ep. 898, en 388 ; Or. XLVIII, 38, après 388 ; Or. XLVI, 21 et 44, en 393) et épigraphiques (IGLS III, 1, 774, en 387) témoignent d’une activité édilitaire qui concerne aussi bien la construction publique et religieuse que la construction privée.

Haut de page

Notes

1 Annuaire. Résumés des conférences et travaux, 153e année, 2020-2021, Paris, EPHE-PSL, SHP, 2022, p. 200-202.

2 La pierre est au musée du Louvre : https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010278857.

3 J.-B. Yon, Inscriptions grecques et latines de la Syrie, XVII, 1, Beyrouth, Institut français du Proche-Orient, 2012.

4 Le travail ici présenté a aussi servi à préparer un chapitre consacré aux sources écrites de l’histoire de la ville dans le cadre d’un « Companion » en préparation sur Antioche.

5 Belli Syrii tertii annales (160), dans Brill’s New Jacoby (en ligne).

Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Catherine Saliou, « Histoire urbaine de l’Orient romain tardif »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques, 154 | 2023, 209-214.

Référence électronique

Catherine Saliou, « Histoire urbaine de l’Orient romain tardif »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques [En ligne], 154 | 2023, mis en ligne le 22 juin 2023, consulté le 22 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ashp/6170 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/ashp.6170

Haut de page

Auteur

Catherine Saliou

Directrice d'études, École pratique des hautes études-PSL — section des Sciences historiques et philologiques

Articles du même auteur

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search