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Résumé

Programme de l’année 2020-2021 : I. Questions de lexicographie arabe médiévale. — II. Nature, environnement et représentation du monde.

Programme de l’année 2021-2022 : I. Questions de lexicographie arabe médiévale. — II. Nature, environnement et représentation du monde.

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Philologie arabe
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Texte intégral

[2020-2021]

  • 1 Al-Šayzarī, Nihāyat al-rutba fī ṭalab al-ḥisba, Freiberg, 2014, p. 60-90.
  • 2 Al-Ǧawāliqī, Kitāb al-mu‘arrab, E. Sachau (éd.), Leipzig, 1867, p. 78, le considère comme muwallad (...)
  • 3 R. Dozy, Suppléments aux dictionnaires arabes, Leyde, 1881, II, p. 726, du latin lucanica, « boyaux (...)

1La première partie de la conférence a abordé la lexicographie en mettant en perspective les instruments de travail à notre disposition, anciens et modernes, ainsi que leurs limites. Pour illustrer leur emploi, nous avons repris la lecture du manuel de ḥisba d’al-Šayzārī1 à partir du chapitre concernant les boulangers jusqu’au chapitre traitant des pharmaciens (ṣayādila), avec une panoplie de termes concernant des métiers de bouche : les fabricants de gâteaux (zalābiyya)2, les bouchers (al-ǧazzār) et les chevillards (al-qaṣṣāb), les rôtisseurs (šawwā’īn), les fabricants de saucisses (naqāniqī)3, les pâtissiers (al-ḥalawāniyūn) ainsi que tous les termes techniques afférents.

  • 4 Yāqūt al-Ḥamawī, Kitāb al-muštarik waḍ‘an wa-l-muftarik ṣuq‘an, éd. F. Wüstenfeld (éd.), Göttingen, (...)

2L’importance du choix des manuscrits dans la réalisation d’une édition a été soulignée par la comparaison de l’édition du Muštarik de Yāqūt avec l’un de ses manuscrits stambuliotes. Wüstenfeld réalisa l’édition du Muštarik4 à partir des manuscrits Leyde, or. 334/1, copié en 713/1313 et Vienne 1263 (sans date), mais il constata des divergences inconciliables entre les deux traditions manuscrites, d’autant que l’on sait que l’ouvrage écrit en 623/1226 fut revu en 626/1229, année de la mort de l’auteur. Or, le manuscrit d’Istanbul Reisülküttab 1140, copié en 658/1260, donne des lectures qui témoignent d'une révision par Yāqūt. Par exemple, à l’article Ǧazā'ir, on lit chez Wüstenfeld (p. 110) :

Il s’agit du pluriel de ǧazīra (île). La première et la deuxième [acceptions géographiques sont les suivantes :] selon Abū l-Rayḥān [al-Bīrūnī] les îles Éternelles (al-ǧazā’ir al-Ḫālidāt) et les îles Fortunées (ǧazā’ir al-Sa‘āda) se situent, à l’ouest, dans l’océan. C’est à partir d’elles que les astronomes comptent les longitudes des localités. Le troisième [sens géographique] d’al-ǧazā’ir concerne Alger (Ǧazā’ir Banī Mazġannāy) : il s’agit d’une localité en bord de mer, aux confins de l’Ifrīqiya, vers l’ouest. Quatre jours la séparent de Béjaïa.

3Le ms. Reisülküttab, 1140, f. 44r, préfère :

باب الجزائر والجزائر والجزاير

الاوّل جزائر السعادة بلاد واسعة كبيرة في اقصى المغرب آهلها كفّار وجزائر بني مزغني على ضفّة البحر بين

إفريقية وبلاد المغرب بينهما وبين بجاية اربعة ايّام والجزائر الخالدات التي تذكرتها المنجمون في كتبهم في بحر

المغرب ولا اذري أ هى جزائر السعادة أم غيرها ثم قرأت لابي ريحان انهما واحدٌ قال وهى ستّ جزا.ئ

Soit : La première [acception] désigne les îles Fortunées qui constituent un grand et vaste territoire, peuplé de païens, à l’extrême Occident. Les Ǧazā’ir Banī Mazġannay sont sur la côte, entre l’Ifrīqiya et l’Occident (al-Maġrib), quatre jours les séparent de Béjaïa. Les îles Éternelles sont mentionnées par les astronomes dans leurs ouvrages comme situées dans la mer Occidentale. J’ignore s’il s’agit des îles Fortunées ou d’autres. J’ai lu chez Abū l-Rayḥān [al-Bīrūnī] qu’elles étaient identiques et au nombre de six.

4Un autre exemple portait sur les « oasis », dans l’édition de Wüstenfeld, p. 430, nous lisons :

Les oasis constituent trois provinces (kuwar) à l’ouest du Ṣa‘īd d’Égypte, derrière la montagne qui s’étend parallèlement au cours du Nil. On les appelle « la première oasis », « l’oasis du milieu (al-wusṭā) » et « l’oasis éloignée (al-quṣwā) ». La plus peuplée est la première. Les habitants profitent de cours d’eau, de sources chaudes et de choses extraordinaires. Ils disposent de cultures et de beaucoup de palmiers. Ils sont [néanmoins] misérables et leurs épreuves ressemblent à celles des bédouins.

5Reisülküttab, 1140, f. 175v-176r, préfère :

باب واح وواح وواح وواح وواح

هذا الاسم لاربع كور في جنوبي الصعيد يميل جهة الغرب قليلًا وهو واح الاولى وواح الثانية وواح الثالثة وواح

الرابعة واعمرها فيما زمععوا الاولى وهو كورة فيما قرى ومزارع ونخل وآهل آهل جفا وقشف كالبادية وجمعها

.واحات على غير قياس

Soit : C’est le nom pour quatre provinces (kuwar) au sud du Ṣā‘id, un peu vers l’ouest. Il y a la première oasis, la deuxième oasis, la troisième oasis et la quatrième oasis. La plus peuplée à ce que l’on dit est la première. C’est une province qui regroupe des villages, des cultures et des palmiers. Sa population est misérable et leurs épreuves ressemblent à celles des bédouins. Leur pluriel est wāḥāt, contre la règle [grammaticale].

  • 5 A. Ateş, « Kastamonu Genel Kitaplığında bulunan bazı mühim arapça ve farsça yazmalar », Oriens, 5 (...)
  • 6 J.-T. Reinaud, Géographie d'Aboulféda, t. I. Introduction générale à la géographie des Orientaux, P (...)

6La difficulté de déterminer ce qu’est un autographe a été illustrée par la comparaison entre deux manuscrits autographes d’Abū l-Fidā’(732/1331), le Šarḥ al-wāfiya5, Kastamonu 2892, daté de 723/1323, et le ms. du Taqwīm al-buldān Ayasofya 2597, daté de 721/1321, avec les gloses du manuscrit d’Ibn Sa‘īd, BNf 2234, censées être de la main d’Abū l-Fidā6. Mais la comparaison des composantes des lettres, du ductus en général, ne s’est pas avérée convaincante.

  • 7 D. Varisco, M. et G. Rex Smith (éd.), The Manuscripts of al-Malik al-Afḍal, Warminster, 1998, p. 52 (...)
  • 8 Ibn Ḥawqal, Kitāb ṣūrat al-arḍ, J. H. Kramers (éd.), Leyde, 1938 ; Yāqūt, Mu‘ǧam al-buldān, Farīd a (...)

7La partie ecdotique a été consacrée d’abord à une édition d’un abrégé d’Ibn Ḥawqal conservé par l'anthologie manuscrite du sultan rasūlide al-Malik al-Afḍal7 (m. 778/1377). Le ms. appartenait au cadi yéménite Ismā‘īl ibn ‘Alī al-Akwa‘ (m. 2008) . C’est un manuscrit de 271 folios, écrit entre 1372 et 1376, qui contient 151 traités compilés pour le sultan (histoire, agriculture, protocole, géographie, linguistique…), mais 80 sur 151 concernent l’astrologie et l’astronomie. L’extrait d’Ibn Ḥawqal porte le titre de Ḏikr šay' min al-mamālik wa-l-biḥār wa-l-buldān wa-l-huṣūn, soit : « À propos des royaumes, des mers, des localités et des forteresses ». La difficulté de l’édition provenait essentiellement de la lisibilité de l’écriture ainsi que de l’aspect abrégé du texte. En effet, celui-ci présente un condensé de l’introduction du Kitāb al-masālik wa-l-mamālik d'Ibn Ḥawqal puis une énumération des villes, région par région, en commençant par l’Arabie, donc le Yémen. Celui-ci reçoit un traitement plus détaillé avec une liste de forteresses, dont les noms ont été identifiés grâce à l’édition d’Ibn Ḥawqal et puis par Yāqūt8. Le compilateur passe ensuite à la Syrie, à l’Égypte et aux autres provinces islamiques telles que définies par Ibn Ḥawqal, la dernière étant ici l’Inde (al-Hind). Dans tous les cas, l’auteur anonyme se contente d’énumérer les toponymes.

8Début du texte :

ذكر شيء من الممالك والبحار والبلدان والحصو

  • 9 Ms. : الحىهاىى.
  • 10 Ms. : الاشلام.

بسم الله الرحمان الرحيم قال ابو حوقل رحمه الله الحمد لله اهل الحمد ومستحقّه وولي الشكر ومستوجبه وصلى الله على النبي محمّد وسلامه وطاهرين من ابنائه ورحم منها في العمران من جميع بلدان الاسلام وذكرت ما يحيط من البقاع وما في جملتها من المدن والاضياع وما فيها من البحار والانهار وحضّني على تاليفه الى لم ار في كتاب المساك ذكرًا منفعًا ولا في كتاب الجيهاني9 الخراساني قولًا متسعًا فبدأت سفري هذا من مدينة السلام10 يوم الخميس لسبع خلون ليال من شهر رمضان معظم سنة إحدى وثلاثين وثلاثمائة والجأني الزمان وتصاريف الحذثان

  • 11 Comparer avec Ibn Ḥawqal, Kitāb ṣūrat al-arḍ, p. 3.

11.إلى مواصلة الاسفار في براري لا في البحار

9Traduction :

À propos des royaumes, des mers, des localités et des forteresses
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux, Ibn Ḥawqal – que Dieu l’ait en sa miséricorde – a dit : « Louange à Dieu, le peuple de louange est celui qui le mérite, le dépositaire de la récompense en est digne ; que la prière et la paix de Dieu soit sur le prophète Muḥammad, sur les purs parmi ses descendants, que leur miséricorde retombe sur tous les pays musulmans au sein de l’humanité ! »
J’ai parlé des régions qui les entourent et de toutes leurs villes et cantons, ce qu’on y trouve comme mers et rivières. J’ai été poussé à son écriture parce que je n’ai pas vu dans les livres des Masālik une information utile, ni un propos suffisant dans le livre de Ǧayhānī al-Ḫurāsānī.
J’ai commencé mon voyage dans la ville de la paix, le jeudi 7 ramaḍān 331 / 15 mai 943. Le temps et les vicissitudes m’ont conduit à chercher refuge par les voyages dans les espaces désertiques mais non dans les mers.

  • 12 M. G. De Slane, Catalogue des manuscrits arabes de la Bibliothèque nationale, Paris, 1883-1895 p. 4 (...)
  • 13 M. Ullmann, Die Natur-und Geheimwissenschaften im Islam, Leyde, 1972, p. 295-296. Le texte persan e (...)

10Nous avons continué par l’édition de deux textes arabes attribués au sage iranien légendaire Ǧāmāsp : le ms. Paris, BNF12 2487, f. 39-55 et le Milan, Ambrosienne, C. 86. Ces ouvrages appartiennent à un corpus plus large d’au moins trois textes13 « prophétiques » attribués à Ǧāmāsp, un est conservé en persan, le texte d’origine étant bien entendu persan ou pehlevi. Cependant, l’étude du manuscrit parisien s’est avérée riche d’informations à propos de l’histoire du codex à cause des colophons des quatre traités qu’il contenait. Le manuscrit donne à connaître quatre traités, un sur l’astrolabe d’Abū l-Ḥasan Kūšiyār ibn Labbān (f. 2r-30v), un traité d’astrologie attribué à Hermès (f. 32-38), le traité des conjonctions attribué à Ǧāmāsp (f. 39r-55) et un traité des conjonctions attribués à Zaradousht (f. 56-105v). Une première conclusion pouvait être tirée de la lecture des colophons : le ms. BNF Ar. 2487 a été copié en šawwāl 679 / février 1281 sans doute par un seul et même copiste ‘Abd al-Ṣamad ‘Abd Allāh al-Tiflīsī pour le savant Mu‘izz al-dawla wa-l-dīn ‘Abd al-Raḥmān ibn al-Rayyān, à Ǧazīrat ibn ‘Umar, quoique ces trois informations n’apparaissent que pour le traité de Ǧāmāsp, mais l’écriture du manuscrit semble être d’une seule main.

11Il contient quatre traités :

  • (f. 2r-f. 31v) : le Kitāb al-aturlāb d’Abū l-Ḥasan Kūšiyar ibn Labbān (m. 420/1029), dont la copie a été terminée le dimanche 24 šawwāl 679 / 16 février 1281 ;
  • (f. 32r-38r) : un traité d’astrologie attribué à Hermès, sans colophon ;
  • (f. 39r-55v) : le Kitāb akām al-qirānāt attribué à Ǧāmāsp. L’exemplaire utilisé pour la copie provenait de la bibliothèque du calife al-Nāṣir li-Dīn Allāh (m. 622/1225) et montre un taqdīs shi’ite, la copie en a été terminée le 6 ū l-qa‘da 679 / 27 février 1281 ;
  • (f. 56r-105v) : le Kitāb al-qirānāt li-Zarādušt. Selon la page de titre, sa copie dans le manuscrit parisien aurait été achevée le mardi 18 šawwāl 679 / 10 février 1281, mais selon le colophon le 10 šawwāl 679 / 2 février 1281. Nous n’expliquons pas cette divergence. Il n’est pas interdit de penser que l’exemplaire de base soit revenu de Bagdad avec le traité attribué à Ǧāmāsp, puisque ce dernier nous est dit explicitement avoir été conservé dans la bibliothèque califale. L’exemplaire utilisé pour la copie a été achevé le 20 ramaān 544 / 21 janvier 1150, à Āmid, par un certain Yaḥyā ibn Muḥammad al-Munaǧǧim al-Ḥalabī, à la demande du futur ‘Izz al-Dīn Qiliǧ Arslān et finalement dédicacé à Abū ‘Alī al-Ḥasan ibn Aḥmad (m. 592/1195), soit Mu'ayyad al-Dīn Abū l-Muẓaffar Muḥammad ibn Aḥmad ibn Aḥmad ibn al-Qassāb14, vizir du calife al-Nāṣir (r. 1180-1225) entre 590/1193-592/1195. Les circonstances de la composition du modèle sont mentionnées au f. 57r, où l’auteur précise l’écriture de l’ouvrage : « J’ai vu à Konia, chez les Rūm de l'extérieur (al-Rūm al-āriǧ) un livre en persan de Zarādušt le sage, où il mentionnait tout ce qui touchait les États (…) en lien avec les décrets des étoiles, dans la volonté de Dieu ». À la page suivante, il ajoute, f. 58r : « Lorsque le faible esclave trouva ce livre en persan, le seigneur royal, ‘Izz al-Dunyā wa-l-Dīn ibn Qilīǧ [A]rslān m’ordonna de faire ces conjonctions pour arriver à la triplicité de l’air. Je fis la sixième, la septième, la huitième, la neuvième, la dixième et la onzième conjonction. Et la durée entre ces cinq conjonctions était de cent ans. » Son maître était donc ‘Izz al-Dīn Qilīǧ Arslān II (r. 551/1156-588/1192), mais il n’était pas le fils de Qilīǧ Arslān I (r. 485/1092 – 500/1107). La mention de Konya n'est pas anodine car ce fut la capitale15 de Mas‘ūd Ier (r. 510/1116 – 551/1156), le père de Qilīǧ Arslān II.

12En outre, la page de titre du premier traité portait quatre marques de possession dont la dernière est ainsi rédigée :

انتقل بحكم البيع الشرعي الى ملكه افقر العباد نعمه الله باسم باطريرك بن مقدسي يحيي المارداني وذلك في شهور سنة ٩٦٩ هجرية عرية

  • 16 G. Levi della Vida, Documenti intorno alle relazioni delle chiese orientali con la S. Sede durante (...)
  • 17 P. G. Borbone et M. Farina, « New documents concerning patriarch Ignatius Na‘matallah (Mardin, ca 1 (...)
  • 18 Philippi Labbei, Nova bibliotheca mss. librorum, sive specimen Antiquorum lectionum, Paris, 1653, p (...)
  • 19 A. Bevilacqua, « How to organise the Orient? D’Herbelot and the “Bibliothèque orientale” », Journal (...)
  • 20 J. G. Schelhorn, Amoenitates literariae, Francfort, III, 1725, p. 172-224, spéc. p. 172-190.
  • 21 H. Laurens, Aux sources de l’orientalisme. La bibliothèque orientale de Barthélemi d’Herbelot, Pari (...)
  • 22 B. d’Herbelot, Bibliothèque orientale, Paris, 1699, p. 399.

13C’est-à-dire que le nouveau propriétaire en 969/1561-62 est le « patriarche Ibn Muqaddasī Yaḥyā al-Mārdinī ». Il s’agit en fait du patriarche Ignatius Ni‘matallah16 (ca 1515 ?-1587), fils de Maqdasī Yuḥanon Nūr al-Dīn, dont la biographie est connue. Il rentre au monastère de Dayr al-Za‘farān vers 1535 et il abdique en mars 1576. Il se sauve alors en Italie fin 1576. Il est reçu par le pape Grégoire XIII le 30 janvier 1578. Ses connaissances en mathématique et en astronomie sont telles que le pape l’invite à participer à la commission de la réforme du calendrier. Il laisse un mémoire argumenté à ce sujet en garšūnī, conservé à la Laurenziana. Il décède à Bracciano, près de Rome en 1587. Or, Ignatius arriva en Italie avec sa bibliothèque17 qui, à son décès, devint la propriété de Ferdinand de Médicis. Par la suite, ces ouvrages se retrouvèrent pour la plupart à la bibliothèque Laurenziana. En effet, le bibliographe Philippe Labbe dans sa Nova bibliotheca18 où il reprend des listes d’ouvrages ou de manuscrits consacre deux pages aux manuscrits rapportés par le patriarche d’Antioche, mais dans la liste qui précède simplement intitulée Libri arabici, nous retrouvons : Gramasab Astrologia, Zoroastris Astrologia et Hermetis Astrologia. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit de nos trois traités, mais que Philippe Labbe a omis de l’inclure dans l’inventaire d’Ignatius. Finalement, comment ce manuscrit a-t-il pu se retrouver à Paris ? À propos d’une lettre du patriarche, Pier Giorgio Borbone et Margherita Farina suggèrent qu’elle fut ramenée en France par Barthélemi d’Herbelot ou Eusèbe Renaudot qui, respectivement en 1666 et 1701, entreprirent de faire l’inventaire de ladite bibliothèque. Effectivement, d’Herbelot a laissé deux inventaires manuscrits19 de la bibliothèque du Palazzo Pitti – la collection n’étant transférée à la Laurenziana qu’en 1777 – et l’un de ces inventaires a été publié en 1720 par Schelhorn, mais en l’attribuant erronément à Antonio Maghliabechi. Or, notre traité n’est pas repris dans la liste20 des ouvrages astronomiques et astrologiques de la bibliothèque. Il paraît ici évident que c’est d’Herbelot qui le ramena à Paris et le mit à profit pour sa Bibliothèque orientale car le grand duc de Toscane donna plusieurs manuscrits arabes à d’Herbelot21. En effet, d’Herbelot décrit justement le manuscrit en reprenant le préambule du traité de Ǧāmāsp dans sa Bibliothèque orientale22.

  • 23 O. Löfgren, et R. Traini, Catalogue of the Arabic Manuscripts in the Biblioteca Ambrosiana, Pozza, (...)
  • 24 . D. King, Mathematical astronomy in Medieval Yemen, Undena Publications, Malibu, 1983. p. 23.

14Enfin, nous avons édité la deuxième version arabe conservée à Milan23 Ambrosienne 342. Ce manuscrit appartient au lot de 1 600 codex sud-arabes réunis à Ṣan‘ā’ par le négociant lombard Giuseppe Caprotti durant ses 34 années de séjour sur place. Le traité porte le titre de Ṭirāz al-dahr fī asrār al-ḫalq wa-l-amr fī l-aḥkām al-Ǧāmāsbiyya ‘alā al-qirānāt al-‘ulūwiyya (« Le Livre de la broderie du temps dans les secrets de la création et de l’efficience dans les prédictions de Ǧāmāsp selon les conjonctions supérieures ») et fut rédigé, à partir d’un modèle iranien, par l’astronome yéménite Muḥammad ibn Abū Bakr al-Fārisī24. (viie/xiiie s.). Il est au service du sultan rasūlide al-Muẓaffar Yūsuf (r. 647/1249 – 694/1295) qui est par ailleurs le dédicataire de ce traité.

15L’édition de cette version et sa comparaison avec la rédaction parisienne a montré que les deux textes arabes appartenaient à une tradition persane, mais que chacune des rédactions arabes « actualisait » selon des circonstances historiques propres et des projets d’écriture particuliers un fond astrologique commun.

[2021-2022]

  • 25 Al-Ǧawālīqī, Kitāb al-mu‘arrab min kalām al-a'ǧamī ‘alā ḥurūf al-mu‘ǧam, éd. E. Sachau, Leipzig, 18 (...)
  • 26 Jean-Claude Rolland, Étymologie arabe, Paris, p. 27.

16La première partie de la conférence a abordé la lexicographie en mettant en perspective les instruments de travail à notre disposition, anciens et modernes, ainsi que leurs limites. Pour illustrer leur emploi, nous avons alors entamé la lecture commentée des chapitres alif et bā’ du Kitāb al-mu‘arrab min al-kalām al-a‘ǧamī ‘alā ḥurūf al-mu‘ǧam d’al-Ǧawālīqī (m. 539/1144). Les citations prises en exemple par al-Ǧawālīqī25 ont été évaluées ainsi que la démarche philologique de l’auteur en ayant recours au matériel semblable délivré par le Lisān al-‘Arab d’Ibn Manẓūr et le Qāmūs al-Muḥīt de Fīrūzābādī. Il est tout de suite apparu que l’édition de Sachau était bien datée par rapport à celle d’Aḥmad Muḥammad Šākir (Le Caire, Dār al-kutub, 1361/1941) par l’établissement du texte et son commentaire. Le premier chapitre concernant le alif présente 62 lexèmes, le suivant sur le bā’ 66, mêlant anthroponyme (Ibrāhīm, Ishāq…), des toponymes (Aḏarbayǧān, al-Ubulla, Baġdād…) et des noms communs. Al-Ǧawālikī ne justifie pas la raison pour laquelle ces mots sont considérés comme non-arabes mais pour en donner une étymologie, il recourt à l’autorité de lexicographes antérieurs (Ibn Durayd, Ibn al-Sikkīt, ...) et l’occurrence du terme est singularisée par des citations de poètes anciens. Les langues sources sont par ordre décroissant le persan, l’araméen (« le nabatéen ») et le grec (« le rūmī »), mais la comparaison avec les hypothèses modernes ne confirme pas toujours les assertions d’al-Ǧawālīqī. Ainsi, al-iqlīd « clef » serait d’origine persane selon Ibn Durayd, alors que l’étymon grec (κλειδί) est plus vraisemblable26.

17La partie ecdotique a commencé par la lecture des quatre manucrits du Kitāb al-masālik wa-l-mamālik d’al-Bakrī portant le chapitre relatif aux Slaves pour mettre en exergue leurs relations potentielles. Ainsi sur les 15 manuscrits aujourd’hui existants, 4 donnent ces passages, à savoir :

  • Istanbul, Lālelī, 214427, 77 pages, copié en Égypte dans un nasī oriental, par Ibn ‘Abd Allāh ibn Yūsuf ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn ‘Abd Allāh ibn Muḥammad al-‘Umarī al-Sa‘dī al-Šāfi‘ī et fini le 21 raǧab 737 / 23 février 1337. Kowalski a montré que certaines erreurs orthographiques provenaient du fait qu’il avait été copié sur un modèle maghrébin.
  • Istanbul, Nūr Osmaniye 303428, 246 pages, copie terminée le 21 ša‘bān 851 / 1er novembre 1447, en Égypte, probablement sur le Lāleli 2144.
  • Rabat, Maktabat Muḥammad Manūnī29, al-āṣṣa 49, copié au vie/xiie siècle.
  • Vienne, MS 2404, 131 folios, copié en 989/1581 en contexte Ottoman30, il donne la note sur les Slaves aux folios 123r-126v. Peut-être s’agit-il du manuscrit du comte de Landberg, qui a disparu depuis que De Goeje31 en a pris connaissance ?

18Exemple du texte arabe établi : début du texte sur les Slaves.

  • 32 I1, I2, V. : الصقالب.

ذكر الصقلب32

  • 33 I1, I2, V. : الصقالب.
  • 34 R2 : راى ; I1, I2 : مازان. Al-Mas‘ūdī, Murūǧ al-ḏahab, éd. C. Pellat, Beirouth, 1966, II, p. 142, م (...)
  • 35 L’abréviation sīn indique que la citation d’al-Mas‘ūdī commence ici.
  • 36 I1, I2, V. : يتّصل.
  • 37 I1, I2, V. : بالمغرب.
  • 38 I1 : الاسراييلي ; I2 : الإسرإيلي.
  • 39 I1, I2, V. : الصقالب.
  • 40 I1, I2, V. : متّصل.
  • 41 R2 : ماحا ; I2 : add. par une autre main : المعروف بالميخه.
  • 42 I1, I2 : يدعا.
  • 43 R2 : ولنيبايا ; I1 : ولينبابا ; I2 : وليَنبابا ; V. لينبابا. Al-Mas‘ūdī, Murūǧ al-ḏahab, II, p. 142 (...)
  • 44 I1, I2, V. : فيهم.
  • 45 I1 : اختافت.
  • 46 I2 : تخرّبت.
  • 47 R2 : ملكًا.
  • 48 I2 : اربع.
  • 49 R2 : بلقارين ; I1, I2, V. : بلقاوين.
  • 50 R2 : نارغة ; I1, I2, V. : فراعه.
  • 51 R2 : طراكوا ; I1, I2 : وطركوا ; V : وطوكو.
  • 52 I1, I2 : ملوك.
  • 53 V. : المغرب.
  • 54 I1, I2 : المغرب وجاور à la place de الغرب وبجاور.
  • 55 R2 : قاقون ; I1 : ىاقون ; I2 : ناقور ; V. : ماكون.
  • 56 I2 : المغرب.
  • 57 R2 : الرلشكون ; I1, I2, V. : سكنون.
  • 58 I1, I2, V. om.
  • 59 I1, I2, V. : بلاده رخيصة الاسعار كثيرة à la place de بلده رخيص الاسعار كثير.

وهو33 من ولد ماذاي34 بن يافث س35 ومساكنهم من الشمال إلى أن تتّصل36 بالغرب37 قال إبراهيم بن يعقوب الإسرائيلي38 بلاد الصقلب39 تتّصل40 من البحر الشامي إلى البحر المحيط إلى الشمال فتغلّب قبائل الجوف على بعضها وسكنوا حتّى الآن فيما بينهم وهم أجناس كثيرة مختلفة وقد كانوا فيما سلف يجمعهم ملك سمته ماخا41 وكان من جنس منهم يُدعى42 وليتابا43هذا الجنس معظّم أجناسهم44 ثمّ اختلفت45 كلمتهم فزال نظامهم وتحّزبت46 أجناسهم وملك كلّ جنس منهم ملك47 وملوكهم الآن أربعة48 ملك البلقارين49 وبُويصلاو ملك فراغه50 وبُويَمة وكراكوا51 ومَشقه ملك52 الجوف وناقون في آخر الغرب53 وبجاور54 بلد ناقون55 في الغرب56 سكسون57 وبعض بلد58 مرمان وبلده رخيص الأسعار كثير59 الخيل ومنها يخرج إلى غيرها ولهم سلاح شاكّ من الدروع والبيضات

  • 60 I1, I2, V. : « نحو مائة ميل … فمن حصن فرغ » om.

.والسيوف فمن حصن فرغ وهى مدينة هوتة الملك إلى مدينة الناقون نحو مائة ميل60

19Traduction :

À propos des Slaves
Ils sont de la descendance de Māḏāy ibn Yāfit, selon [al-Ma]s[‘ūdī]. Ils habitent au nord-ouest [de l’œkoumène].
Selon Ibrāhīm ibn Ya‘qūb al-Isrā’ilī les territoires des Slaves se succèdent depuis la Méditerranée jusqu’à l’Océan au nord. Les tribus septentrionales prédominent sur les autres et les Slaves habitent jusqu’à maintenant entre eux. Ils se subdivisent en plusieurs groupes différents. Autrefois, un roi du nom de Māḫā (?) les avait réunis, il était de l’ethnie appelée Vélètes (ou Wélatabes, W.lītābā). Ce groupe était puissant parmi eux. Ensuite leur langue divergea et ils se désorganisèrent. Des groupes se formèrent, possédant chacun un roi qui les gouverna. Ils sont à l’heure actuelle au nombre de quatre : le roi des Bulgares ; Boleslav (Būwīṣlaw), le roi de Prague (Farāġa), de Bohême (Buwayma) et de Cracovie (Krākuwa) ; Mieszko (Mišaqa), le roi du Nord et enfin Nakon (Nāqūn) [souverain] à la frontière occidentale. Son territoire avoisine à l’ouest avec la Saxe (Saksūn) et une partie du pays des Danois (M[u]rmān, soit la dénomination slave des Scandinaves, des Danois, dérivé de norðmaðr « homme du Nord »). Leur territoire offre une subsistance peu onéreuse et possède beaucoup de chevaux que l’on exporte ailleurs. Ils ont aussi des armes, des cottes de mailles, des casques et des épées. Depuis la forteresse de Burg, qui est la ville d’Otton (Hūta) le roi, jusqu’à la ville de Nakon, il y a environ cent milles.

20L’ensemble de l’édition de ces textes sur les Slaves nous a montré l’importance du manuscrit de Rabat et du phénomène de déperdition textuelle.

21Nous avons continué par l’étude des deux manuscrits donnant à connaître un recueil d’anecdotes de marins relatives à l’océan Indien, communément connu comme le Kitāb ‘aǧā’ib al-Hind. Les deux corpus montrent deux ensembles de textes en partie semblables, en partie distincts.

  • 61 P. A. van der Lith et Marcel Devic (éd. et trad.), Livre des merveilles de la mer, Leyde, Brill, 18 (...)

22Le corpus le plus anciennement connu a été mis à jour et édité en 1883 sous le titre de « Livre des merveilles de l’Inde » (Kitāb aǧā’ib al-Hind)61 et attribué à un certain Buzurg ibn Šahriyār, comme le prétend le manuscrit d’Istanbul (Aya Sofia 3306) qui le donne à connaître. Ce manuscrit possède un beau frontispice, une introduction et un colophon daté. Cette date avait été lue comme 17 ǧumāda I 644 / 30 septembre 1246, mais elle est à corriger en 17 ǧumāda I 499 / 25 janvier 1106. Il s’agit d’un recueil de 136 (selon les subdivisions adoptées par les éditeurs, on peut en avoir 134 ou 132) courtes histoires collectées auprès des gens de la mer. Après l’introduction, les histoires se succèdent sans transition. Elles ont pour cadre l’océan Indien. Certaines d’entre elles sont datées et se situent entre 288/900 et 342/953 ou sous des personnages ayant vécu durant cette période. Ces anecdotes ont surtout la fonction d’impressionner le lecteur ; dans le meilleur des cas, elles sont la description d’un trait de mœurs exotique ; dans le pire des cas, un conte merveilleux.

  • 62 Hikoichi Yajima, « A New Material on Buzurk b. Shariyar’s Kitāb ‘Ajā’ib al-Hind », Journal of Asian (...)
  • 63 Ibn Faḍl Allāh al-‘Umarī, Masālik al-abṣār fī mamālik al-amṣār, vol. 2, Abu Dhabi, Cultural Foundat (...)
  • 64 Abū ‘Imrān Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī al-Sīrāfī, Al-ṣaḥīḥ min aḫbār al-baḥr wa-‘aǧā‘ibihā, éd. Yūsuf Al (...)
  • 65 Bayard Dodge, The Fihrist of al-Nadim, New York, 1970, I, p. 432-433.

23En 1971, Yajima Hikoichi62 identifie une série d’anecdotes semblables recopiées par Ibn Faḍl Allāh al-‘Umarī (m. 1349) dans son encyclopédie, Masālik al-abṣār fī mamālik al-amṣār63 (« Les voies des regards dans les royaumes des métropoles »), dont le manuscrit à ce moment était encore inédit (Istanbul, Süleymaniye, Yazma Baǧişlar, 2227). En 2006, ces anecdotes sont enfin éditées64. Al-‘Umarī explique qu’il a extrait ces histoires du Al-ṣaḥīḥ min aḫbār al-baḥr wa-‘aǧā‘ibihā (« La vérité des renseignements sur les mers et leurs merveilles ») qu’il attribue à Abū ‘Imrān Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī al-Sīrāfī. Ce savant est connu par ailleurs, il s’agit d’un penseur mu‘tazilite originaire de Bassora qui a fait ses études à Bagdad. Il est présent dans l’entourage du vizir Ibn al-Furāt en 326/937. Il part ensuite en Égypte. Dans cette version, le recueil d’anecdotes est dédié au souverain égyptien du moment Kāfūr qui meurt en 357/968. Alors, se pose un autre problème : dans la version du ms. Aya Sofia, le dernier événement daté remontait à 342/953 alors que dans la version d’al-‘Umarī la date la plus récente est 367/977-978. Ce qui suppose que l’ouvrage ou plutôt le manuscrit a été continué par son auteur après la mort de Kāfūr. On sait par le Fihrist d’Ibn al-Nadīm65 que Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī vivait encore en Égypte en 375/985. Nous sommes de la sorte en présence de deux corpus, l’un attribué par al-‘Umarī à Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī (m. après 375/985), l’autre mis sous le nom de Buzurg ibn Šahriyār, inconnu par ailleurs. Les deux corpus ont 55 histoires en commun, 23 ne sont présentées que par Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī et 81 ne sont données que par Buzurg. Pour être complet, ajoutons qu’al-‘Umarī enregistre les deux premières de son ensemble d’un informateur qui lui est contemporain.

24La comparaison des deux corpus montre une série de divergences : 1o) le texte des « Merveilles de l’Inde » (‘Aǧā’ib al-Hind) est constitué d’une introduction et de deux parties, alors que celui donné par al-‘Umarī constitue un chapitre intitulé « Fragment (nabḏa) des merveilles de la terre et de la mer » et al-‘Umarī finit son chapitre par une conclusion qui lui est propre et qui n’appartient pas au texte d’al-Awsī. 2o) L’ordre de l’énumération des anecdotes n’est pas le même entre les deux versions, chacun des deux présentant des histoires en propre. 3o) Les deux textes ne sont pas identiques, même pour les anecdotes qu’ils ont en commun, la version d’al-‘Umarī étant souvent abrégée et elle n’a ni la préface ni la conclusion des Merveilles de l’Inde.

  • 66 Fuat Sezgin, Anthropogeographie. Teil 2, Francfort-sur-le-Main, Institut für Geschichte der Arabisc (...)
  • 67 Hikoichi Yajima, The Book of the Wonders of India, Tokyo, 2018, p. 7.
  • 68 Jean-Charles Ducène, « Une nouvelle source arabe sur l’océan Indien au xe siècle : le Ṣaḥīḥ min aḫb (...)

25Devant cet imbroglio, la communauté scientifique s’est divisée. Pour Fuat Sezgin, nous serions en présence de deux œuvres de deux auteurs différents66. Quant à Hikoichi Yajima, il ne tient pas compte du sous-titre d’al-‘Umarī qui met ses extraits sous l’autorité d’Abū ‘Imrān Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī et le chercheur japonais ajoute « In addition to this, many of the tales and anecdotes described in these contents seem to have been quoted from Buzurk’s book, Kitāb al-Ajā’ib al-Hind »67. Enfin, Yūsuf al-Hādī et nous-même sommes d’avis que la paternité première du corpus devrait revenir à Abū ‘Imrān Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī68, dont les éléments biographiques et la période d’écriture correspondent à la datation interne des anecdotes, alors que Buzurg ibn Šahriyār serait peut-être un compilateur ultérieur voire un auteur fictif. En effet, le silence total de la littérature ancienne à propos de Buzurg ibn Šahriyār laisserait croire à une attribution fictive par le dernier copiste de l’œuvre si pas par le peintre du frontispice. Les explications que l’on peut donner à l’existence des deux versions et à leurs divergences textuelles ne sont cependant pas entièrement satisfaisantes. On peut supposer que les deux versions telles que nous les lisons sont issues d’un corpus unique dû à Mūsā ibn Rabāḥ dans lequel chacun des rédacteurs récents – al-‘Umarī et « Buzurg » – a puisé ce qui lui convenait en réarrangeant l’ordre des histoires choisies. Il est également loisible de supposer que Mūsā ibn Rabāḥ a rédigé deux versions successives de son recueil avec un fond commun mais aussi des histoires différentes, la version à la disposition d’al-‘Umarī étant peut-être la plus récente puisqu’elle donne la date de 375/985.

26Nous avons commencé à étudier le frontispice du manuscrit d’Istanbul Aya Sofia 3306 qui, dans sa composition-même, trahit une réécriture :

كتاب عجائب الهند \ بره وبحره وجزائره تاليف \ بزرك بن شهريار الناخذاه الرام \ هرمزي برسم الفقير الى الله

.تعالى \ العادلية العلائية [....] بالشام المحروس \ اعزّها الله تعالى

Soit : Livre des merveilles de l’Inde, de sa terre, de sa mer et de ses îles, composé par Buzurg ibn Šahriyār al-Rāmhurmuzī par le pauvre en Dieu le Très Haut, [pour la madrasa] ‘ādaliyya al-‘alā’iya [mots effacés], dans la Syrie protégée. Que Dieu la renforce.

27La madrasa ‘ādaliyya a été fondée par al-Malik al-‘Ādil (m. 615/1218). Parmi les marques portées dans les marges du frontispice, à droite, on a lu un waqf au nom de la bibliothèque du sultan ottoman Maḥmūd Ier (r. 1730-1754).

  • 69 J. Karabacek, « Das arabische Papier », Mitteilungen aus der Sammlung der Papyrus Erzherzog Reiner, (...)

28Puis nous nous sommes attachés à la lecture de la date de copie donnée par le colophon, le millésime étant relu à l’aide de l’article de Joseph Karabacek69, qui aboutit à l’année 499 de l’hégire, soit 1106 apr. J.-C.

29Soit : سنة تسعة وتسعين واربعمية, le jambage suivi de la boucle pointée sous la ligne d’écriture du dernier élément était le ‘ayn ligaturé au mīm. Cette date semble en contradiction avec le frontispice, à moins de supposer que celui-ci a été ajouté au ms. bien après sa copie. Sans son observation directe, l’hypothèse reste ouverte. Quant au manuscrit Yazma Baǧışlar, 2227 du Masālik al-abṣār fī mamālik al-amṣār d’al-‘Umarī, c’est un manuscrit de 191 folios, il n’est pas daté mais paléographiquement semble appartenir à l’époque mamelouke. Nous avons entamé la lecture comparée sur les deux manuscrits, en prenant pour base le manuscrit d’al-‘Umarī (Istanbul, Süleymaniye, Yazma Baǧışlar, 2227). Nous avons ainsi lu les anecdotes attribuées par al-‘Umarī au recueil d’Abū ‘Imrān Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī al-Sīrāfī :

Al-‘Umarī, Istanbul, Süleymaniye, Yazma Baǧişlar, 2227. ‘Aǧā'ib al-Hind, Istanbul, Aya Sofia 3306
Conversion secrète à l’islam d’un roi indien, f. 109r-109v f. 2r-3r.
Très vieux vase au Cachemire, f. 109v f. 3r-3v.
Idole dans le pays d’Abrīr, f. 110r f. 3v-4r.
Prostitution sacrée en Inde, f. 110r Rien
Écrevisse géante, f. 110v f. 4r-5r.
Mine d’argent sur une île que l’on ne peut retrouver selon Aḥmad ibn ‘Alī ibn Munīr, f. 110v. f. 6v, même informateur mais histoire de naufragés qui se sauvent en s’accrochant aux pattes d’un oiseau
Histoire de grands serpents, f. 110v-111r f. 25r-25v
Histoire du roi des Zanǧ mis en esclavage, mais finalement reconnaissant envers ses ravisseurs car sa servitude lui a permis de se convertir à l’islam, f. 111r-113v. f. 26r-31r.

30La comparaison de l’histoire du roi des Zanǧ mis en esclavage par un marchand musulman a montré que la version donnée par al-‘Umarī avait été abrégée dans son écriture. En revanche, le travail identique sur l’anecdote rapportée par Muḥammad ibn Sa‘īd, frère d’Isḥāq al-Ḫaṭīb La’ma, à propos de l’écart entre les causes d’impureté chez les Indiens et chez les musulmans a mis en évidence que les variantes ne sont pas dues à une abréviation d’un copiste ou un anthologue ultérieur mais proviennent d’une réécriture de l’auteur.

Ms. Yazma Baǧışlar, 2227, f. 118v. Ms. ‘Aǧā’ib, f. 59v.
Il dit : [al-Ḥasan ibn ‘Amr] m’a rapporté de Muḥammad ibn Sa‘īd, le frère d’Isḥāq al-Ḫaṭīb Lām (?) : j’ai vu à Sandābūr un homme de l’Inde. Il était entré dans une maison et de l’urine de cette maison se déversa sur lui et sur ses vêtements. Il se leva et cria à ceux-là « Est-ce que l’on verse sur moi l’eau du lavage des mains ou du lavage de la bouche » ? C’est pour eux ce qu’il y a de plus sale. Ils lui dirent : C’est l’urine d’un gamin (abī) qui a fait pipi à l’instant. Il répondit : hā k.nā, c’est-à-dire (ayy) c’est bon ! Et il passa. Chez eux, l’urine est plus propre que l’eau avec laquelle on se lave les mains et la bouche. Il poursuit : on raconte (ukiya) que l’un d’entre eux était allé à la selle et, pour se laver et se purifier, il était descendu à un étang (alāǧ mot sanskrit) qui est une mare d’eau stagnante (mustanqa‘ al-miyāh) provenant des montagnes et des steppes quand nombreux (‘inda kaira) sont les pluies et les ruissellements, Quand il se fut purifié (yastanǧī), il se rinça la bouche à l’eau, il sortit de l’étang et cracha l’eau de sa bouche sur le sol car pour eux quand on crache de l’eau dans l’étang, cela le rend impur (naǧǧasa-hu) et le salit. Il dit : j’ai vu à Sandān un homme de l’Inde. Il était entré dans une maison et se déversa sur lui et sur ses vêtements l’urine de cette maison. Il se leva et cria à ceux-là « Est-ce que l’on verse sur moi l’eau du lavage des mains ou du lavage de la bouche » ? C’est pour eux ce qu’il y a de plus sale. Ils lui dirent : C’est l’urine d’un gamin (abī) qui a fait pipi à l’instant. Il répondit : k.nā, c’est-à-dire (bi-ma’nī) c’est bon. Et il passa. Chez eux, l’urine est plus propre que l’eau avec laquelle on se lave les mains et la bouche. On m’a rapporté (adaṯṯa-nī) que quelqu’un de l’Inde était allé à la selle et il était descendu à un étang (alāǧ) qui est une mare d’eau (birkat al-māh) où se déverse depuis (al-munibbu min) les montagnes et les steppes au moment (fī awān) des pluies et des ruissellements, pour s’y laver et s’y purifier. Quand il se fut nettoyé (tanaḍḍafa) et qu’il se fut rincé la bouche, il sortit de l’étang et cracha l’eau de sa bouche sur le sol car pour eux quand on crache de l’eau de la bouche dans l’étang, cela le salit.

31Ces variantes ne sont pas dues à un copiste mais bien à une réécriture d’auteur.

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Notes

1 Al-Šayzarī, Nihāyat al-rutba fī ṭalab al-ḥisba, Freiberg, 2014, p. 60-90.

2 Al-Ǧawāliqī, Kitāb al-mu‘arrab, E. Sachau (éd.), Leipzig, 1867, p. 78, le considère comme muwallad (un emprunt moderne) ; Rolland, p. 102, du persan, même sens.

3 R. Dozy, Suppléments aux dictionnaires arabes, Leyde, 1881, II, p. 726, du latin lucanica, « boyaux d’agneau », métier : « fricasseur de boyaux d’agneau pour les saucisses ».

4 Yāqūt al-Ḥamawī, Kitāb al-muštarik waḍ‘an wa-l-muftarik ṣuq‘an, éd. F. Wüstenfeld (éd.), Göttingen, 1848.

5 A. Ateş, « Kastamonu Genel Kitaplığında bulunan bazı mühim arapça ve farsça yazmalar », Oriens, 5 (1952), p. 28-46, spéc. pl. III.

6 J.-T. Reinaud, Géographie d'Aboulféda, t. I. Introduction générale à la géographie des Orientaux, Paris, 1848, p. cxliii.

7 D. Varisco, M. et G. Rex Smith (éd.), The Manuscripts of al-Malik al-Afḍal, Warminster, 1998, p. 52-55.

8 Ibn Ḥawqal, Kitāb ṣūrat al-arḍ, J. H. Kramers (éd.), Leyde, 1938 ; Yāqūt, Mu‘ǧam al-buldān, Farīd al-Ǧundī (éd.), Beyrouth, 1990.

9 Ms. : الحىهاىى.

10 Ms. : الاشلام.

11 Comparer avec Ibn Ḥawqal, Kitāb ṣūrat al-arḍ, p. 3.

12 M. G. De Slane, Catalogue des manuscrits arabes de la Bibliothèque nationale, Paris, 1883-1895 p. 441 ; Pingree, 1997, p. 43 ; F. Sezgin, GAS, VII, p. 88.

13 M. Ullmann, Die Natur-und Geheimwissenschaften im Islam, Leyde, 1972, p. 295-296. Le texte persan est le Kitāb-i ḥakīm Ǧāmāsp ; E. Blochet, « Études sur le gnosticisme musulman », Rivista degli studi orientali, 4 (1911), p. 278-282.

14 Ibn al-Aṯīr, Al-kāmil fī-l-ta'rīḫ, Carl Johan Tornberg (éd.), Beyrouth, Dār Ṣādir 1965-1967, XII, p. 124 ; Angelika Hartmann, An-Nāṣir li-Dīn Allāh (1180-1225), p. 144-145.

15 Aynur Durukan, « Konya’da Selçuklu Mimarisi », dans Ahsen Erdoğan, Gez Dünyayı Gör Konyaya’yı, Istanbul, 2001 (YKY), p. 90-157, spéc. p. 91 et p. 95-97.

16 G. Levi della Vida, Documenti intorno alle relazioni delle chiese orientali con la S. Sede durante il pontificato di Gregorio XIII, Cité du Vatican, 1948, p. 10, p. 19 et p. 39-44 ; George A. Kiraz, « Ni’matullāh, Ignatius », dans Niʿmatullāh, Ignatius, Sebastian P. Brock, Aaron M. Butts, George A. Kiraz et Lucas Van Rompay (éd.), https://gedsh.bethmardutho.org/Nimatullah-Ignatius. Je remercie Alice Croq pour cette référence ; C. Ehrig-Eggert, « Le patriarche Ignatius Ni’matallāh et sa contribution à la réforme du calendrier (1579-1580) », Oriens Christianus, 97 (2013-2014), p. 176-189 ; H. Takahashi, « The Mathematical Sciences in Syriac: From Sergius of Resh-‘Aina and Severus Sebokht to Barhebraeus and Patriarch Ni‘matallah », Annals of Science, 68/4 (2011), p. 477-491.

17 P. G. Borbone et M. Farina, « New documents concerning patriarch Ignatius Na‘matallah (Mardin, ca 1515 – Bracciano, near Rome, 1587) », Egitto e vicino oriente, 37 (2014), p. 79-189, spéc. p. 180-181 et p. 187.

18 Philippi Labbei, Nova bibliotheca mss. librorum, sive specimen Antiquorum lectionum, Paris, 1653, p. 258-259 pour la liste des ouvrages d’Ignatius et p. 256-257 pour l’énumération des trois traités.

19 A. Bevilacqua, « How to organise the Orient? D’Herbelot and the “Bibliothèque orientale” », Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, 79 (2016), p. 213-261, spéc. p. 218, note 24.

20 J. G. Schelhorn, Amoenitates literariae, Francfort, III, 1725, p. 172-224, spéc. p. 172-190.

21 H. Laurens, Aux sources de l’orientalisme. La bibliothèque orientale de Barthélemi d’Herbelot, Paris, 1978, p. 11, p. 51, p. 59.

22 B. d’Herbelot, Bibliothèque orientale, Paris, 1699, p. 399.

23 O. Löfgren, et R. Traini, Catalogue of the Arabic Manuscripts in the Biblioteca Ambrosiana, Pozza, Vicence, 1981, p. 166.

24 . D. King, Mathematical astronomy in Medieval Yemen, Undena Publications, Malibu, 1983. p. 23.

25 Al-Ǧawālīqī, Kitāb al-mu‘arrab min kalām al-a'ǧamī ‘alā ḥurūf al-mu‘ǧam, éd. E. Sachau, Leipzig, 1867, p. 8-36.

26 Jean-Claude Rolland, Étymologie arabe, Paris, p. 27.

27 C. Türkay, İstanbul kütüphanelerinde Osmanlı’lar devrine aid Türkçe-Arabca-Farsça yazma ve basma coğrafya eserleri bibliyoğrafyası, Istanbul, 1958, p. 42 ; T. Kowalski, Ibrahim ibn Yaqub’s Account of His Travel to Slavic Countries, Berlin, 2022, p. 42.

28 C. Türkay, İstanbul kütüphanelerinde Osmanlı’lar devrine aid Türkçe-Arabca-Farsça yazma ve basma coğrafya eserleri bibliyoğrafyası, p. 31 ; T. Kowalski, Ibrahim ibn Yaqub’s Account of His Travel to Slavic Countries, Berlin, 2022, p. 43-44.

29 M. Al-Manūnī, Qabas min ‘aṭā’ al-maḫṭūṭ al-maġribī, Beirouth, 1999, II, p. 861-863.

30 H. Loebenstein, Katalog der Arabischen Handschriften der Österreichischen Nationalbibliothek, Vienne, 1970, p. 198.

31 T. Kowalski, Ibrahim ibn Yaqub's Account of his travel to Slavic Countries as transmitted by al-Bakri, Berlin, 2022, p. 35 ; K. W. Zetterstéen, « Quelques mots sur les manuscrits arabes laissés par le comte Carlo de Landberg », dans P. Jouguet (éd.), Mélanges Maspéro, III. Orient islamique, Le Caire, 1940, p. 49-55. spéc. p. 49, note 2. Earl Landberg a vendu certains de ses manuscrits à l’université de Yale avant 1900 et le reste, ainsi que ses propres œuvres, ont été légués à l’université d’Uppsala après sa mort en 1924. Cependant, quelques-uns de ses manuscrits sont aussi conservés à Vienne.

32 I1, I2, V. : الصقالب.

33 I1, I2, V. : الصقالب.

34 R2 : راى ; I1, I2 : مازان. Al-Mas‘ūdī, Murūǧ al-ḏahab, éd. C. Pellat, Beirouth, 1966, II, p. 142, ماذاي.

35 L’abréviation sīn indique que la citation d’al-Mas‘ūdī commence ici.

36 I1, I2, V. : يتّصل.

37 I1, I2, V. : بالمغرب.

38 I1 : الاسراييلي ; I2 : الإسرإيلي.

39 I1, I2, V. : الصقالب.

40 I1, I2, V. : متّصل.

41 R2 : ماحا ; I2 : add. par une autre main : المعروف بالميخه.

42 I1, I2 : يدعا.

43 R2 : ولنيبايا ; I1 : ولينبابا ; I2 : وليَنبابا ; V. لينبابا. Al-Mas‘ūdī, Murūǧ al-ḏahab, II, p. 142, وَلِيتَابَا.

44 I1, I2, V. : فيهم.

45 I1 : اختافت.

46 I2 : تخرّبت.

47 R2 : ملكًا.

48 I2 : اربع.

49 R2 : بلقارين ; I1, I2, V. : بلقاوين.

50 R2 : نارغة ; I1, I2, V. : فراعه.

51 R2 : طراكوا ; I1, I2 : وطركوا ; V : وطوكو.

52 I1, I2 : ملوك.

53 V. : المغرب.

54 I1, I2 : المغرب وجاور à la place de الغرب وبجاور.

55 R2 : قاقون ; I1 : ىاقون ; I2 : ناقور ; V. : ماكون.

56 I2 : المغرب.

57 R2 : الرلشكون ; I1, I2, V. : سكنون.

58 I1, I2, V. om.

59 I1, I2, V. : بلاده رخيصة الاسعار كثيرة à la place de بلده رخيص الاسعار كثير.

60 I1, I2, V. : « نحو مائة ميل … فمن حصن فرغ » om.

61 P. A. van der Lith et Marcel Devic (éd. et trad.), Livre des merveilles de la mer, Leyde, Brill, 1883-1886.

62 Hikoichi Yajima, « A New Material on Buzurk b. Shariyar’s Kitāb ‘Ajā’ib al-Hind », Journal of Asian and African Studies, 59 (2000), p. 1-30 [en japonais] ; Hikoichi Yajima, The Book of the Wonders of India, Tokyo, Tokyo University, 2018, p. 6.

63 Ibn Faḍl Allāh al-‘Umarī, Masālik al-abṣār fī mamālik al-amṣār, vol. 2, Abu Dhabi, Cultural Foundation Publications, 2006, p. 335-411.

64 Abū ‘Imrān Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī al-Sīrāfī, Al-ṣaḥīḥ min aḫbār al-baḥr wa-‘aǧā‘ibihā, éd. Yūsuf Al-Hādī, Damas, Dār Iqrā’, 2006.

65 Bayard Dodge, The Fihrist of al-Nadim, New York, 1970, I, p. 432-433.

66 Fuat Sezgin, Anthropogeographie. Teil 2, Francfort-sur-le-Main, Institut für Geschichte der Arabisch- Islamischen Wissenschaften, 2010, p. 113-119.

67 Hikoichi Yajima, The Book of the Wonders of India, Tokyo, 2018, p. 7.

68 Jean-Charles Ducène, « Une nouvelle source arabe sur l’océan Indien au xe siècle : le Ṣaḥīḥ min aḫbār al-biḥār wa-‘aǧā‘ibihā d’Abū ‘Imrān Mūsā ibn Rabāḥ al-Awsī al-Sīrāfī », Afriques [en ligne], 06 | 2015.

69 J. Karabacek, « Das arabische Papier », Mitteilungen aus der Sammlung der Papyrus Erzherzog Reiner, 2-3 (1887), p. 87-178.

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Pour citer cet article

Référence papier

Jean-Charles Ducène, « Philologie arabe »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques, 154 | 2023, 39-50.

Référence électronique

Jean-Charles Ducène, « Philologie arabe »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques [En ligne], 154 | 2023, mis en ligne le 22 juin 2023, consulté le 19 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ashp/5965 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/ashp.5965

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Auteur

Jean-Charles Ducène

Directeur d'études, École pratique des hautes études-PSL — section des Sciences historiques et philologiques

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