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Résumé

Programme de l’année 2018-2019 : I. La théorie des genres dans le livre III des Poetices libri septem de Jules-César Scaliger (1561). — II. Jean Second (1511-1536), poète de Charles Quint. — III. Le Magasin des dieux de Georg Pictorius (1558).

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Texte intégral

1Trois champs complémentaires ont été abordés cette année : la poétique, la poésie et la mythographie.

I. La théorie des genres dans le livre III des Poetices libri septem de Jules-César Scaliger (1561)

  • 1 Voir la présentation qui figure dans l’Annuaire de l’an dernier.
  • 2 Pour une première version de cette traduction, voir Jules César Scaliger, « Poetices libri septem ( (...)
  • 3 Menander rhetor, éd. et trad. D. A. Russell et N. G. Wilson, Oxford, Clarendon Press, 1981, 2.9, p. (...)

2En collaboration avec Michel Magnien (université Paris III), Nathalie Dauvois (université Paris III), Monique Bouquet (université Rennes II) et Sylvaine Poujade (université Rennes II), nous avons poursuivi les travaux commencés l’an dernier dans la perspective de procurer une édition commentée, accompagnée d’une traduction française du livre I et de la fin du livre III (chapitres 95 à 126) des Poetices libri septem de Jules-César Scaliger (Lyon, A. Vincent, 1561). L’ouvrage témoigne d’un renouveau de la théorie générique stimulé par la diffusion de la Poétique d’Aristote et la parution des premiers commentaires humanistes1. Le livre I, Historicus, envisage selon un point de vue historique la naissance de la poésie et sa division en espèces, abordant les genres suivant l’ordre chronologique de leur apparition, tandis qu’au livre III, intitulé Idea, Scaliger fournit des préceptes (praecepta) et des lois (leges) génériques en suivant un ordre hiérarchique décroissant. Alors que l’an dernier, nous nous étions concentrés sur les genres de la poésie encomiastique qui relèvent de la silve, nous avons abordé cette année les genres considérés par Scaliger comme les plus nobles : le genre épique (III, 95) ; les genres dramatiques (III, 96), la satire (III, 97), la poésie pastorale (III, 98), puis l’épithalame (III, 100). En mai, Christine Noille nous a soumis avec une grande générosité sa traduction du chapitre III, 122, consacré à la consolation2. Elle nous a proposé une riche annotation en retraçant l’histoire de la théorie du genre de Ménandre3 à Érasme (De conscribendis epitolis, 1522, chap. 49), en passant par le Grand et vrai art de pleine rhétorique de Fabri (1521) et elle a montré la postérité de la définition de Scaliger, notamment chez Vossius (Rhetorices contractae, sive Partitionum Oratoriarum libri quinque, 1re éd. Leyde, J. Maire, 1621, II, 24).

3La traduction a donné lieu à des débats féconds. Nous avons, par exemple, bénéficié des lumières de Jean-Yves Vialleton (université de Grenoble) et de Jean-Marc Civardi (université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines), spécialistes du théâtre français du xviie siècle, pour élucider certaines difficultés du chapitre III, 96 (Tragoedia, comoedia, mimus). Nous avons ainsi discuté du sens du terme persona dans le passage qui prescrit l’utilisation de sentences « colonnes et piliers » de la tragédie :

Minus etiam aperte in persona, veluti cum loquitur Socrates in Apologia et in Phaedone. III, 96, 1561, p. 148a.

4Nous avons traduit :

La leçon est moins claire quand elle est mise dans la bouche d’un personnage, comme lorsque Socrate parle dans l’Apologie et dans le Phédon.

  • 4 Voir pour l’Antiquité S. Dubel, « Définir le dialogue antique comme mimésis, entre forme théâtrale (...)

5Scaliger oppose l’universalité de la sentence aux propos subjectifs assumés par un individu, personnage ou personne. On pourrait considérer qu’il distingue les personnes réelles, comme Socrate, des personnages de la tragédie. C’est, cependant, peu vraisemblable car pour de nombreux humanistes, qui se fondent sur le passage de la Poétique dans lequel Aristote évoque les mimes de Sophron et de Xénarque et les sokratikoi logoi (1, 1447a27-b13), les dialogues de Platon sont mimétiques et n’ont pas un statut qui diffère de celui de la tragédie4, d’où notre choix du terme « personnage ».

  • 5 Nous avons approfondi la présentation qui figure dans les Théories poétiques néo-latines, éd. V. Le (...)

6Plutôt que d’appliquer à tous les genres une même méthode d’analyse générique comme tentent de le faire Francesco Robortello et Antonio Sebastiano Minturno, Scaliger adopte des grilles variées et exploite les traditions critiques existantes5. Nous avons été attentifs à la place prise par l’inventio et la topique dans les chapitres traduits. Le chapitre sur la pastorale (III, 98) s’ouvre ainsi sur une énumération d’arguments génériques :

  • 6 Livre I, 4 (Pastoralia), p. 6b-10A.
  • 7 Sannazar a publié des Eclogae piscatoriae, parues pour la première fois à Naples, en 1526.
  • 8 Comme il l’explique à la fin du chapitre, Scaliger a renoncé à publier ces poèmes.

La pastorale recouvre, comme cela a été dit en son lieu6, la bucolique, les labours, les moissons, la fenaison, les transhumances, les chèvres, les moutons et les jardins potagers. Espèces auxquelles le grand Sannazar, à l’imitation de Théocrite, a encore ajouté des poèmes de pêcheurs7 et moi de maisonnée8. Les arguments de toutes ces espèces diffèrent entre eux ; ils ont en commun que les activités de toutes sortes s’y rapportent à la nature des champs.

7Cette attention à la topique est surtout remarquable dans le chapitre 100 consacré à l’Épithalame, inspiré du traité de Ménandre le rhéteur, mais aussi des Geniales dies du juriste napolitain Alessandro Alessandri. Les arguments énumérés proviennent en partie de la tradition oratoire et littéraire – désir et passion des mariés ; intervention de Vénus ou de Cupidon ; éloge des époux ; présages ; lascivité ; apostrophes ; vœux ; prophéties ; exhortation à veiller ; exemples historiques ; principes de la nature ; exemples mythologiques ; éloge de l’amour dans le Banquet de Platon ; invocation à Hyménée – mais la plus grande part du chapitre est consacrée aux rituels antiques et à ce qui relève de la science antiquaire : Scaliger décrit ainsi les trois jours légitimes des noces, les augures, les sacrifices, le nombre de torches, la coiffure et le voile de la mariée ; les cadeaux fait par le mari et par l’épouse ; les différentes formes juridiques du mariage ; le banquet ; le chant d’hyménée ; la conduite de l’épouse dans la chambre conjugale par la pronuba ; la ceinture ; la consommation du mariage ; les noix qu’on lance et des pratiques encore en usage dans certains endroits de l’Italie à son époque. Il distingue par ailleurs les coutumes locales, s’attardant notamment sur celles des Lacédémoniens.

8Le chapitre sur l’épopée est, en revanche, centré sur la dispositio, comme c’est le cas dans les poétiques d’Aristote et d’Horace, dans les commentaires de Donat et de Servius, mais aussi dans les poétiques médiévales et néo-latines comme celles de François Dubois et de Girolamo Vida. S’il reprend à son compte les préceptes qui concernent l’ordo poeticus ou ordo artificialis, Scaliger privilégie une conception dramatique ou romanesque de la narration épique qui met l’accent sur les rebondissements, les effets d’attente, la variété et la recherche du pathétique. Cependant, la concentration sur la dispositio tient aussi à la nature « archétypale » de l’épopée qui sert de modèle aux autres genres et au statut particulier que Scaliger accorde à l’œuvre de Virgile, plus parfaite que la nature parce qu’elle représente toutes choses de manière plus pure. Virgile est le modèle privilégié de tous les poètes quel que soit le genre d’œuvre qu’ils choisiront. C’est pourquoi Scaliger consacre la première partie du livre III, qui a pour objet l’Idea, ce que le poète doit imiter, à des sujets généraux (personnages, lieux, temps) en empruntant quasiment tous ses exemples à Virgile dont les œuvres constituent une « forme archétypale » ou « idée virgilienne » (Vergiliana idea, III, 24). La perfection de l’Énéide et son caractère récapitulatif expliquent pourquoi Scaliger se distingue d’Aristote pour faire de l’épopée et non de la tragédie le genre dominant qui sert de norme à tous les autres.

  • 9 Voir notre étude de « L’intrigue comique dans les traités de poétique aristotéliciens de la deuxièm (...)
  • 10 Sur les théories du rire, voir V. Leroux, « L’esthétique du risible dans les poétiques néo-latines (...)
  • 11 Prima nomen nondum habet : sed aiunt ubi quod ridicule dictum, factumue sit. Malim dicere sic : ali (...)
  • 12 Quarta risus natura solius oris affectus est habetque pro caussa contemptum aut indignationem. Ibid

9Le chapitre sur les genres dramatiques privilégie les sources grammaticales et le modèle horatien à la théorie aristotélicienne, Scaliger accordant par exemple une part importante de son développement à l’analyse des chœurs (1561, p. 146a-147a et 148b-149b). Pour ce qui est de la comédie, il ne cite pas la définition du risible qui figure au chapitre 5 de la Poétique du Stagirite et se distingue de Francesco Robortello et d’Antonio Sebastiano Minturno qui transposent au genre comique les analyses aristotéliciennes de l’intrigue tragique9. Il ne tient pas non plus compte de la tradition rhétorique des ridicula10, mais il accorde cependant une grande importance au rire. C’est ainsi qu’il réhabilite Plaute et qu’il analyse les mécanismes qui provoquent le rire dans les comédies d’Aristophane. L’Ancienne comédie est « piquante, amusante, mordante et médisante » (salsa, festiua, mordacia, maledica) et ne perd pas une occasion de se moquer (illico capiatur occasio ad aliquid subsannandum). Elle privilégie la nouveauté et la surprise (Omnia oportet esse aut noua, aut repentina), mais aussi l’opprobre, le blâme et la dérision (probrum atque vituperationem aut irrisionem). Cette analyse des procédés comiques de l’ancienne comédie concorde avec le développement que Scaliger consacre au rire dans son traité De subtilitate, dans lequel il rejette l’explication traditionnelle du rire par la dilatation du diaphragme pour démontrer que le rire est un mouvement commun à la bouche et au cœur. Il distingue, en effet, quatre causes du rire, « la première n’a pas encore de nom », on pourrait dire « quelque chose qui excède l’usage commun, ce que l’on attend communément ou les opinions des sages »11. La seconde est la joie ; en troisième lieu, le rire naît de l’étonnement que provoquent même des choses sérieuses ; enfin, la quatrième cause « affecte seulement la bouche et a pour cause le mépris et l’indignation »12. Scaliger s’inscrit dans la lignée de Francesco Robortello et de Girolamo Fracastor lorsqu’il mentionne la joie. Comme Vincenzo Maggi, il privilégie l’étonnement, mais évacue la laideur à laquelle ce dernier associe l’étonnement et surtout, il fait entrer le mépris et l’indignation dans le champ du risible.

10Pour approfondir nos réflexions sur la théorie poétique, nous avons eu le plaisir de recevoir Antonio Iurilli, professeur à l’université de Bari, qui est venu nous présenter son dernier ouvrage consacré à la fortune éditoriale d’Horace à l’époque moderne (Quinto Orazio Flacco annali delle edizioni a stampa secoli XV-XVIII, Genève, Droz, 2017, THR). Ce fut l’occasion de riches discussions avec Nathalie Dauvois qui a dirigé le projet ANR « ERHO – Études sur la Renaissance d’Horace : la réception d’Horace à l’âge moderne, un laboratoire poétique ».

II. Jean Second (1511-1536), poète de Charles Quint

  • 13 David Price, « Negotiating Poetry at Court: Charles V and Janus Secundus », dans S. Hayes-Healy, Me (...)
  • 14 Ioan. Dantisci Regis Poloniae oratoris, ad Clem. VII Pont. Max. et Carolum V Imp. Aug. de nostrorum (...)
  • 15 Selon A. M. M. Dekker, Janus Secundus (1511-1536). De Teksoverlevering van het tijdens zijn leven g (...)
  • 16 Antonio de Guevara, Libro aureo de Marco Aurelio emperador y eloquentissimo orador, Seville, Jacobo (...)
  • 17 D’après Sanderus, De Brugensib. 36.37. Cf. Pierre-Noël Paquot, Memoires pour servir à l’Histoire li (...)
  • 18 Sur cette biographie, voir notre communication « Snouckaert van Schouwenburg, dit Zenocarus, biogra (...)

11Un second volet du séminaire a été consacré à l’édition collective des Opera omnia de Jean Second (1511-1536), à paraître chez Droz en 2020. Le projet a été initié par Perrine Galand, titulaire de la chaire de langue et littérature néo-latines jusqu’en 2017 et il est à présent en voie d’achèvement. Nous avons fait le point sur les rapports de Second avec Charles Quint, puis sur son réseau, afin de montrer que son œuvre a avant tout une portée sociale et politique et a été conçue comme un instrument de promotion individuelle et familiale. En partant des analyses de David Price13, nous avons repris l’annotation de l’élégie III, 8, sur la paix de Cambrai, et de l’ode 1, sur le couronnement de Charles Quint. Les deux poèmes furent publiés, avec un éloge de Louvain par Andrea de Resende, en liminaire de la troisième édition, réalisée par Joannes Grapheus, de la silve De nostrum temporum calamitatibus de Jean Dantiszek, rédigé à l’occasion de la réconciliation entre Charles Quint et le pape14. Un exemplaire de cette plaquette, probablement financée par le père de Second à qui elle est dédiée, fut offert à Marguerite et il est possible qu’un exemplaire calligraphié de l’élégie lui ait été transmis au moment de la composition, tandis qu’un autre exemplaire fut offert en janvier 1531 à Charles Quint alors qu’il séjournait à Bruxelles pour régler l’affaire du divorce d’Henri VIII, peut-être accompagné par une version calligraphiée de l’ode 6 dans laquelle le poète célèbre le retour de l’empereur en Belgique15. Profitant de la présence de l’empereur à Bruxelles, Second lui offre aussi une médaille avec son effigie, dont l’interprétation est fournie dans l’élégie III, 2. Nous avons comparé cette médaille et sa description avec les portraits étudiés par Diane Bodart dans son ouvrage intitulé Pouvoirs du portrait sous les Habsbourg d’Espagne (CTHS-INHA, 2011), ce qui nous a permis de constater un décalage entre la représentation figurée et son commentaire. En 1530, Charles Quint substitua à l’idée chevaleresque du souverain bourguignon le modèle classique et triomphal de l’empereur romain codifié par Antonio de Guevara dans son Libro aureo de Marco Aurelio16, qui trouve progressivement son expression figurée dans les portraits réalisés de 1530 à 1532. La médaille gravée par Second conserve des traits du modèle iconographique précédent, comme en témoigne la coupe de cheveux bourguignonne au carré alors que l’élégie confère à Charles Quint les vertus des empereurs antiques. Pour prolonger ces analyses, nous nous sommes intéressés à une biographie de Charles Quint, encore peu étudiée, composée par Guillaume Snouckaert van Schauwenburch, appelé Monsieur Senocar par les Français, d’où son nom latin Zenocarus17. Originaire de Belgique (Belgica), puisqu’il est le fils de Martin Snouckaert, qui fut secrétaire de Charles Quint et premier greffier de Bruges, Zenocarus étudia les lettres, l’histoire et le droit et séjourna en France où il accompagna en qualité de secrétaire l’ambassadeur Cornelius de Schepper. Il devint ensuite conseiller et bibliothécaire de Charles Quint, puis de son fils Philippe II, ce qui lui valut de devenir chevalier de l’Ordre de l’éperon d’or, un des ordres de chevalerie dynastiques les plus prisés, seigneur du château de Binckhorst, près de La Haye, et comte palatin. Un an après la mort de l’empereur, il publia chez Manilius à Bruges un ouvrage intitulé De Republica, vita, moribus, gestis, fama, religione, sanctitate Imperatoris, Caesaris, Augusti, Quintus, Caroli, Maximi, Monarchae, Libri septem qui sera publié à l’identique chez le même éditeur à Gand en 1560 et en 1562 (seule la page de titre change), puis en 1590 et 1596 à Anvers, chez Guislain Janssens18.

  • 19 L’ouvrage est paru depuis : Jean-Louis Charlet, Métrique latine humaniste. Des pré-humanistes padou (...)

12Anne Rolet, maître de conférences-HDR à l’université de Nantes, et Stéphane Rolet, maître de conférences à l’université Paris VIII sont ensuite venus nous présenter l’introduction du recueil des Épigrammes, dont ils sont chargés, et notamment le manuscrit Rawl G. 154, conservé à la Bodleian Library d’Oxford, qui fournit de nombreuses indications sur la genèse de l’édition de 1541. Enfin, Jean-Louis Charlet, professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille, a étudié les subtilités du distique élégiaque chez Second qu’il a comparé aux distiques des élégiaques antiques et des poètes néo-latins antérieurs, nous révélant les analyses de son précieux ouvrage sur la métrique latine humaniste, encore inédit19.

III. Le Magasin des dieux de Georg Pictorius (1558)

  • 20 Dieux futiles, dieux utiles. L’écriture mythographique et ses enjeux dans l’Europe de la Renaissanc (...)
  • 21 Tillmann Wertz, Georgius Pictorius (1500-1569/73), Leben und Werk eines oberrheinischen Arztes und (...)
  • 22 Pictorius, Theologia mythologica, Fribourg-en-Brisgau, Johannes Faber (Emmeus), 1532 ; Anvers, Mich (...)
  • 23 Sur les deux versions du titre et le choix du titre Apotheseos, voir R. Darmon, « Les « Apotheseos (...)

13Sous l’impulsion de Rachel Darmon, maître de conférences à l’université de Montpellier, qui a consacré sa thèse de doctorat à l’écriture mythographique et aux traités de Georg Pictorius (1500-1569)20, nous avons entrepris une tradition collective du Magasin des dieux. Étudiant, enseignant puis recteur de la Lateinschule de Freiburg im Breisgau, de 1519 à 1540 environ21, Georg Pictorius publie dès 1532 sa première mythographie, intitulée Theologia mythologica22. Il devient par la suite archiatre à la cour d’Ensisheim et publie en 1558 une seconde mythographie, les Apotheseos ou Apotheoseos deorum libri tres (Les Trois Livres du Magasin ou de l’Apothéose des Dieux), parus à Bâle, chez Nikolaus Brylinger, en 155823.

14Nous avons constitué une équipe composée de onze traducteurs : outre Rachel Darmon et moi-même, Martine Bonhomme, Céline Bonhert, Michel Magnien, Thomas Penguilly, Pierre-Élie Pichot, Jérémie Pinguet, Anne et Stéphane Rolet, Valérie Wampfler. Rachel Darmon a présenté les pistes qu’elle développerait dans l’introduction et nous a soumis sa traduction de l’épître dédicatoire ; nous avons établi des normes de présentation, de traduction et d’annotation et nous nous sommes réunis pour présenter certains chapitres du livre I : Mars et Vesta (Martine Bonhomme), Vulcain (Pierre-Élie Pichot et Michel Magnien) et Mercure (Virginie Leroux).

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Notes

1 Voir la présentation qui figure dans l’Annuaire de l’an dernier.

2 Pour une première version de cette traduction, voir Jules César Scaliger, « Poetices libri septem (1561), III, 122. La consolation », trad. et notes de C. Noille, Exercices de rhétorique [en ligne], 9 (2017), mis en ligne le 21 juin 2017 ; http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/rhetorique/537.

3 Menander rhetor, éd. et trad. D. A. Russell et N. G. Wilson, Oxford, Clarendon Press, 1981, 2.9, p. 161-165 ; pour une traduction latine ancienne, voir Menandri acutissimi ac sapientiss. rhetoris De genere demonstrativo libri duo, trad. Natale Conti, Venise, Pietro Boselli, 1558, 2.8, p. 51b-54b. H. Caffiaux a réalisé une traduction française du chapitre (« Du discours de consolation ») dans Id., De L’Oraison funèbre dans la Grèce païenne, Valenciennes, Lemaître, 1864, p. 276-278.

4 Voir pour l’Antiquité S. Dubel, « Définir le dialogue antique comme mimésis, entre forme théâtrale et conversation : des sokratikoi logoi (Aristote) au style du dialogue (Ps.-Démétrios) », dans A. Létourneau, F. Cooren, N. Bencherki (dir.), Representations in Dialogue – Dialogue in representations, Proceedings of the 13th Conference of the International Association for Dialogue Analysis on Dialogue and Representation Montréal, 2011, p. 249-264, <halshs-00697813> et « La voix de Socrate : remarques sur le dialogue socratique comme forme dramatique », Cahiers Forell, Formes et Représentations en Linguistique et Littérature - Dialogue et Théâtralité / Lucien (de Samosate) et nous | Cahiers en ligne (depuis 2013) | Dialogue et théâtralité : interactions, hybridations, réflexivité. De Socrate à Derrida [en ligne], publié en ligne le 28 avril 2014. http://09.edel.univ-poitiers.fr/lescahiersforell/index.php?id=226 et pour la Renaissance, J.-P. De Giorgio, Une contribution à l’histoire des théories du dialogue à Rome, mémoire inédit d’HDR, préparé sous la direction de Clara Auvray-Assayas et soutenu à Rouen, le 25 novembre 2019, version dactylographiée, p. 194-199.

5 Nous avons approfondi la présentation qui figure dans les Théories poétiques néo-latines, éd. V. Leroux et E. Séris, Genève, Droz, 2018, p. 581-590 et 721-730.

6 Livre I, 4 (Pastoralia), p. 6b-10A.

7 Sannazar a publié des Eclogae piscatoriae, parues pour la première fois à Naples, en 1526.

8 Comme il l’explique à la fin du chapitre, Scaliger a renoncé à publier ces poèmes.

9 Voir notre étude de « L’intrigue comique dans les traités de poétique aristotéliciens de la deuxième moitié du xvie siècle », dans les actes du colloque organisé à Grenoble, les 23 et 24 mai 2019, par Christiane Louette et Jean-Yves Vialleton, Pensée et pratique de l’intrigue comique (France-Italie, XVIe-XVIIIe siècles), parus sur fabula.org.

10 Sur les théories du rire, voir V. Leroux, « L’esthétique du risible dans les poétiques néo-latines de la Renaissance », La grâce de Thalie ou la beauté du rire, éd. Philippe Heuzé et Christiane Veyrard- Cosme, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2010, p. 137-145 et « Rire et sourire dans les poétiques néo-latines de la Renaissance », Rire et sourire dans la littérature latine au Moyen Âge et à la Renaissance, dir. B. Gauvin et C. Jacquemard, Dijon, 2019, EUD, 2019, p. 233-251.

11 Prima nomen nondum habet : sed aiunt ubi quod ridicule dictum, factumue sit. Malim dicere sic : aliquid praeter morem communem aut expectationem, aut sententias sapientium., Scaliger J.-C., Exotericarum exercitationum liber XV de subtilitate, Francofurti, 1612, 107, 6, p. 1022.

12 Quarta risus natura solius oris affectus est habetque pro caussa contemptum aut indignationem. Ibid.

13 David Price, « Negotiating Poetry at Court: Charles V and Janus Secundus », dans S. Hayes-Healy, Medieval Paradigms: Volume I. Essays in Honor of Jeremy du Quesnay Adams, Londres, Palgrave Macmillan US, 2005, chap. 4, p. 55-75.

14 Ioan. Dantisci Regis Poloniae oratoris, ad Clem. VII Pont. Max. et Carolum V Imp. Aug. de nostrorum temporum calamitatibus Sylva, Bononiae aedita, IX Decemb. M.D.XXIX. Ioannis Secundi Hagiensis de Pace dudum Cameraci confecta, ac Caroli. V. Imp. Coronatione, Carmina, Ang. Andreae Resendii Lusitani, Encomium urbis et academiae Lovaniensis, Anvers, Ioannes Grapheus, 1530.

15 Selon A. M. M. Dekker, Janus Secundus (1511-1536). De Teksoverlevering van het tijdens zijn leven gepubliceerde werk, Nieuwkoop, De Graaf publishers, 1986, p. 123.

16 Antonio de Guevara, Libro aureo de Marco Aurelio emperador y eloquentissimo orador, Seville, Jacobo Comberger, 1528 (titres différents).

17 D’après Sanderus, De Brugensib. 36.37. Cf. Pierre-Noël Paquot, Memoires pour servir à l’Histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas, de la principauté de Liège et de quelques contrées voisines. Tome troisième, Louvain, De l’imprimerie académique, 1770, p. 30-31 (p. 31, col. A, note d).

18 Sur cette biographie, voir notre communication « Snouckaert van Schouwenburg, dit Zenocarus, biographe de Charles Quint », à paraître dans les actes du colloque Carolus Quintus – Kaiser Karl in der neulateinischen Literatur, 21e congrès NeoLatina (Fribourg-en-Brisgau, 27-29 juin 2019), org. Virginie Leroux, Marc Laureys, Florian Schaffenrath et Stefan Tilg.

19 L’ouvrage est paru depuis : Jean-Louis Charlet, Métrique latine humaniste. Des pré-humanistes padouans et de Pétrarque au XVIe siècle, Genève, Droz, 2020 (THR 606).

20 Dieux futiles, dieux utiles. L’écriture mythographique et ses enjeux dans l’Europe de la Renaissance. Autour des traités de Georgius Pictorius (1500-1569), thèse de doctorat soutenue le 13 décembre 2012 à l’université Paris VIII, sous la direction de F. Graziani, à paraître aux éditions Droz. Jean Seznec a, le premier, attiré l’attention sur ce mythographe dans La Survivance des dieux antiques, Essai sur le rôle de la tradition mythologique dans l’humanisme et dans l’art de la Renaissance, première publication 1940, Paris, Flammarion, 1995, p. 266 : « C’est à l’Allemand Georg Pictorius que revient le mérite d’avoir, le premier au xvie siècle, renouvelé l’entreprise de Boccace – sur un plan plus modeste il est vrai. » Voir aussi R. Darmon, « Georgius Pictorius à la recherche d’un langage mythographique », dans Acta Conventus Neo-latini Uppsaliensis. Proceedings of the Fourteenth International Congress of Neo-latin Studies, Uppsala, 2009, dir. Astrid Steiner-Weber, Leyde, Brill, 2012, p. 341-351 ; « La mythographie comme écriture de la variatio : métamorphoses poétiques de l’unité divine au xvie siècle », dans La variatio. L’aventure d’un principe d’écriture, de l’Antiquité au XXIe siècle. Actes du colloque tenu à l’université de Clermont-Ferrand, 25-27 mars 2010, dir. Hélène Vial, Paris, Classiques Garnier, 2014, p. 429-439 et « Figuration, fable et théologie dans les traités de mythographie », dans Fable / Figure. Récit, fiction, allégorisation à la Renaissance, dir. Trung Tran, Lyon, décembre 2013 (RHR, 77), p. 31-50.

21 Tillmann Wertz, Georgius Pictorius (1500-1569/73), Leben und Werk eines oberrheinischen Arztes und Humanisten, Heidelberg, Palatina Verlag, 2006.

22 Pictorius, Theologia mythologica, Fribourg-en-Brisgau, Johannes Faber (Emmeus), 1532 ; Anvers, Michael Hillenius, 1532 ; Franeker, Jacob Horreus, 1696.

23 Sur les deux versions du titre et le choix du titre Apotheseos, voir R. Darmon, « Les « Apotheseos deorum libri » de Georgius Pictorius : magasin ou apothéose ? », Journée d’étude POLYMNIA, Traduire les mythographes, université Paris VIII, université Lille III, novembre 2008 <halshs-01484233>.

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Pour citer cet article

Référence papier

Virginie Leroux, « Langue et littératures néo-latines »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques, 151 | 2020, 210-216.

Référence électronique

Virginie Leroux, « Langue et littératures néo-latines »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques [En ligne], 151 | 2020, mis en ligne le 09 juillet 2020, consulté le 23 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/ashp/3786 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/ashp.3786

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Auteur

Virginie Leroux

Directrice d'études, École pratique des hautes études — section des Sciences historiques et philologiques

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