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1998

Résultats significatifs en région Centre pour l’année 1998

Laurent Bourgeau

Texte intégral

1Sur le tracé de la déviation de la RN 10, le site paléolithique de Saint-Firmin-des-Prés (Loir-et-Cher) fouillé sur plus de 1 000 m2, pourrait se rapporter aux stades isotopiques 5/4 ou 7/6. Plusieurs amas de débitage ont été étudiés, montrant quatre schémas opératoires différents, notamment un débitage pyramidal, inédit en France.

2À Bossay-sur-Claise (Indre-et-Loire), sous les deux niveaux solutréens en cours de fouille, une industrie badegoulienne a été rencontrée, ce qui renforce l’intérêt de ce gisement de plein-air. Parallèlement à cette fouille, des sondages ont été effectués, dans le cadre d’une prospection thématique, sur le site de la Picardie à Preuilly-sur-Claise. Un abondant mobilier lithique a été recueilli et est attribué au Périgordien V à burins de Bassaler, encore inconnu en région Centre. À Vierzon (Cher), dans le cadre d’une opération préventive d’évaluation en bordure du Cher, une série laminaire bien conservée révèle la présence d’une occupation qui peut être rapportée soit au Gravettien, soit au Magdalénien.

3Plusieurs structures en creux mésolithiques d’Auneau (Eure-et-Loir) ont livré des restes fauniques donnant une bonne image du spectre de chasse (aurochs et chevreuil dominants). Une trentaine d’ossements humains ont été recueillis dans une de ces fosses, provenant peut-être d’une sépulture recoupée par un creusement.

4À Muides (Loir-et-Cher) à proximité de l’enceinte, une sépulture en position fœtale sur le côté gauche semble devoir être rapportée à l’occupation principale du Néolithique moyen I (groupe de Chambon). Sur le site des Vaux à Moulins-sur-Céphons (Indre), une fouille programmée a débuté sur un grand bâtiment découvert en prospection aérienne. Sa longueur est supérieure à 60 m et une deuxième construction, perpendiculaire, a été mise en évidence. Un abondant mobilier céramique artenacien a été recueilli dans le comblement des trous de poteau, faisant d’ores et déjà de ce site une référence régionale, tant pour l’architecture que pour le matériel céramique.

5Sur le site de Déols, Les Battes (Indre), une batterie de plus d’une vingtaine de silos a été partiellement fouillée. Ces structures de grande taille (3 m de profondeur), habituellement datées de La Tène, sont ici attribuées au Bronze final llb-llla, sous réserve de la représentativité du matériel recueilli. À Muides (Loir-et-Cher), de nombreuses fosses ont livré une céramique caractéristique de la transition Bronze final - Hallstatt ancien. Certaines d’entre elles pourraient correspondre à des extractions d’argile, à proximité des bâtiments.

6À Onzain (Loir-et-Cher), un grand vase découvert contenait plus de 7 kg de bronze (113 pièces) provenant d’un char cérémoniel, dont le démontage fut mené avec minutie avant l’enfouissement. Ce dépôt de l’extrême fin de l’âge du Bronze constitue une découverte originale pour le domaine atlantique, où les chars de parade n’étaient pas connus jusqu’à présent.

7Sur le tracé de la déviation d’Allaines (Eure-et-Loir), un bâtiment circulaire, un autre rectangulaire et deux greniers ont livré un important matériel céramique et sont attribuables au Hallstatt final.

8Dans le domaine des carrières, une nouvelle phase de fouille sur 2 ha à Saumeray, Le Bas des Touches (Eure­et-Loir), a révélé des occupations multiples et une forte densité de structures : foyers et niveau archéologique du Néolithique moyen Il, habitat (voie, bâtiments, quelques caves, etc.) et parcellaire Tène finale - gallo-romain précoce (au moins trois phases successives).

9À Vierzon, une évaluation archéologique préalable d’une superficie de 40 ha située dans la vallée du Cher, près de sa confluence avec l’Yèvre, a révélé des témoins d’une occupation protohistorique, des vestiges d’une occupation rurale gallo-romaine (pars rustica d’une villa ?) qui s’étend sur plus de 4 ha et une petite nécropole à incinérations du Haut-Empire.

10Sur le tracé de la future déviation de Châteaumeillant (Cher), des recherches archéologiques préalables ont mis au jour une nécropole à incinérations gallo-romaine du Haut-Empire située à l’extérieur de l’oppidum, en bordure du ruisseau de la Goutte Noire. La protection de ce site est à l’étude.

11Une importante opération de fouille préventive a été effectuée en préalable à l’aménagement de la déviation reliant la RN 154 à l’autoroute A10 à Allaines (Eure-et­ Loir). Une occupation de la fin de La Tène (enclos, sépultures) et un quartier d’habitation gallo-romain le long de la voie antique Orléans-Chartres ont été étudiés. Trois îlots bien structurés, encadrés par des rues, renfermaient des bâtiments de petite taille avec cave ou cellier. L’occupation s’étend du milieu du ier s. au iiie s.

12La fouille s’est poursuivie sur le plateau des Mersans à Argentomagus (Indre) sur une insula d’environ 1 500 m2 entre la zone des temples et celle de la fontaine.

13Les travaux d’aménagement du boulevard périphérique nord-est de Blois (Loir-et-Cher) ont nécessité l’exécution de deux fouilles préventives. Sur le site des Guignières, à Blois, ont pu être étudiés les vestiges d’une installation agricole antique des ier et iie s., et sur le site des Mardeaux, à Villebarou, deux enclos maçonnés, de plan carré, juxtaposés, dont l’occupation est attribuée au Haut-Empire.

14À Bourges (Cher), les sondages d’évaluation réalisés préalablement à l’aménagement de la Zac Félix Chédin située au nord de la ville ont révélé une occupation gauloise et gallo-romaine, en bordure du ruisseau du Moulon, dans un secteur où la présence de vestiges de ces périodes n’était pas connue. Sur le site Carolus, les vestiges d’un atelier de verrier gallo-romain du Haut-Empire ainsi que des bâtiments, de la voirie et des caves situés à proximité ont été mis au jour en périphérie de l’agglomération antique, dans un secteur à vocation artisanale.

15À Orléans (Loiret), l’opération de fouille préventive de l’îlot de la Charpenterie, débutée en 1997 s’est achevée en 1998. Elle a livré une occupation structurée et organisée à partir de la deuxième moitié du iie s. av. J.-C. sans réelle solution de continuité jusqu’au début de notre ère, période à partir de laquelle on assiste à un déplacement des constructions vers le sud. Ce phénomène est sans doute lié à une variation importante des berges de la Loire. Ce n’est qu’à partir du xiie s. et plus sûrement du xiiie s. que l’îlot est loti et fait place à un quartier d’habitation dont l’importante étude documentaire réalisée en amont de la fouille permet de retracer l’évolution et les transformations fonctionnelles.

16Le prieuré de la Madeleine, situé à 2 km à l’ouest de la ville d’Orléans (Loiret), a fait l’objet toute à la fois d’une étude documentaire et d’une fouille préventive engagée durant l’automne 1998. Attesté en 1025 et rattaché à l’ordre de Fontevraud en 1113, ce prieuré, situé à l’emplacement des voiries d’accès au futur pont situé à l’ouest de l’agglomération, a livré des vestiges antérieurs au début du xie s. Site à vocation agricole, les terrains accueillent à partir du xive s. un cimetière organisé autour d’une église et des bâtiments attenants abritant manifestement une communauté religieuse. Il est très probable que cet établissement circonscrit par une palissade en bois ait eu dès l’origine, en raison de sa situation, une fonction hospitalière qui sera attestée par les textes en 1025. La fouille a permis de suivre l’évolution d’un établissement religieux dans sa quasi-totalité et de mesurer les transformations qu’il a subies pour s’adapter à la règle particulière de l’ordre de Fontevraud auquel il est le premier à être rattaché.

17À Rigny-Ussé (Indre-et-Loire), l’extension maximale du cimetière, au nord de l’église, a été reconnue, et un bâtiment du haut Moyen Âge a été fouillé. La fouille d’une partie de la place de la Paix à Romorantin (Loir-et-Cher) a permis de confirmer l’emplacement de la chapelle Saint-Martin et de la galerie du cimetière. À Neuvy-Saint­Sépulchre (Indre), la rotonde de la basilique de Saint-Étienne, ajoutée au milieu du xie s. à la façade occidentale d’une église existante, a fait l’objet d’une importante étude d’archéologie du bâti.

18Le projet collectif de recherche consacré à la géoarchéologie de la Loire moyenne commence à porter ses fruits avec notamment, dans le cadre des travaux pluridisciplinaires, une étude paléoenvironnementale très complète sur le secteur de Mer/Muides (Loir-et-Cher). Signalons enfin le travail effectué dans le cadre des projets collectifs de recherche consacrés aux agglomérations secondaires antiques, à la céramique gallo-romaine entre Creuse et Loire et à la céramique médiévale de la Loire moyenne.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Laurent Bourgeau, « Résultats significatifs en région Centre pour l’année 1998 »ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 23 avril 2024, consulté le 29 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/157177

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Auteur

Laurent Bourgeau

Drac Centre (service régional de l’archéologie)

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Droits d’auteur

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