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1998
Projets collectifs de recherche

Les agglomérations secondaires antiques en région Centre

Projet collectif de recherche (1998)
Responsable d’opération : Christian Cribellier

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Ministère de la Culture

Texte intégral

Les objectifs

1Le principe de départ adopté par les membres du PCR a été l’établissement d’une documentation générale de base sur les agglomérations secondaires de la région.

2Dans cette optique, il a été décidé de répertorier les sites potentiels d’agglomération, qu’il s’agisse de sites certains (avérés par les recherches archéologiques), d’indices de sites d’agglomération pour lesquels la documentation actuelle est lacunaire ou d’autres sites ne pouvant pas être retenus en l’état actuel des connaissances.

3La documentation générale de base ainsi rassemblée devait permettre de constituer un corpus et, à partir de celui-ci, d’esquisser une synthèse sur les agglomérations secondaires antiques régionales.

Méthode de travail adoptée pour la constitution de l’inventaire des agglomérations secondaires

4Les limites géographiques prises en compte pour cet inventaire sont les contours administratifs de la région Centre dont la surface de 39 000 km2 correspond à un espace plus vaste que celui de la Belgique ou des Pays-Bas. Il ne faut pas rechercher de cohérence historique, puisque les limites administratives actuelles ne correspondent pas aux limites des cités antiques. Si l’on se réfère aux limites des diocèses de l’Ancien Régime pour restituer le territoire des civitates de Gaule, on constate que l’actuelle région correspond, pour l’essentiel, au territoire des cités des Carnutes (avec les Aureliani au Bas-Empire), Bituriges Cubes (sauf le nord du département de l’Allier) et Turons et comprend en outre des parties plus ou moins importantes des cités des Sénons, des Cenomans, des Andécaves, des Éduens (cité d’Auxerre au Bas-Empire) et des Pictons (fig. 1).

5Bituriges et Pictons relevaient de la province d’Aquitaine, tandis que les autres cités appartenaient à la Lyonnaise.

6La définition de l’agglomération secondaire retenue a été celle exposée par M. Mangin dès 1986 dans son étude sur la Franche-Comté et reprise par la suite par nombre de chercheurs : « tout site archéologiquement attesté qui se situe entre la ferme ou la villa isolée et la capitale de cité, c’est-à-dire du village de paysans et de la station routière modeste à l’agglomération dont le paysage est très proche de celui de la ville chef-lieu de cité ». On comprend aisément les limites d’une telle définition qui en définissant le champ exclu de l’étude n’en précise pas pour autant l’objet étudié. Le terme « agglomération », volontairement vague, retenu actuellement par la majorité des chercheurs français, permet d’inclure des « organismes aux fonctions primaires – rurales – dominantes, dont l’étude est trop souvent négligée ». Enfin, il faut préciser que l’on se réfère aussi à un habitat groupé, opposé à un habitat dispersé (notion utilisée en géographie humaine).

7C’est pourquoi, afin de pouvoir passer à un crible le plus régulier possible l’ensemble des sites potentiels de la région, il a été décidé de mettre au point une grille d’analyse et une fiche de description servant de trame générale à l’élaboration des monographies de sites.

8L’inventaire des sites et les listes d’agglomérations ont été établis pour chaque département. Le recours au dépouillement bibliographique de base réalisé dans le cadre de la Carte archéologique de la Gaule a été systématique. Les ouvrages étant cependant de valeur très inégale, il a été nécessaire de vérifier les informations et quelquefois de les compléter avec d’autres sources. Ainsi, les fonds documentaires conservés au service régional de l’archéologie du Centre ont été consultés et certaines revues locales dépouillées. Parallèlement, des maîtrises sur les agglomérations secondaires antiques des six départements de la région ont été réalisées entre 1991 et 1996 par des étudiants de l’université François Rabelais de Tours.

Fig. 1 – Les agglomérations antiques

Fig. 1 – Les agglomérations antiques

DAO : C. Cribellier, J. Vilpoux

État de l’inventaire des agglomérations secondaires

9Au total, on répertorie actuellement 121 agglomérations dans les limites de la région Centre. La répartition par département n’est pas homogène : Cher : 18 sites ; Eure-et-Loir : 21 ; Indre : 15 ; Indre-et-Loire : 25 ; Loir-et-Cher : 19 ; Loiret : 23.

10Mais l’inventaire recouvre des réalités très différentes, puisque l’on trouve aussi bien des sites archéologiques certains, comme Saint-Marcel/Argentomagus, bien connu maintenant grâce aux fouilles qui s’y déroulent depuis plus de 30 ans, que des indices de sites seulement connus par des mentions sur des itinéraires antiques ou l’épigraphie : par exemple, l’inscription mentionnant des vicani Nogiomagienses découverte à Flavigny, près de Nérondes (Cher) ou la mention de vicani anonymes à Vendoeuvres-en-Brenne (Indre). Pour ces derniers sites, l’existence à l’époque antique d’un « habitat groupé » correspondant ne fait guère de doute, mais la localisation exacte est parfois encore incertaine. Un deuxième groupe est constitué de sites comportant des édifices publics et/ou une structure de l’habitat mis au jour qui permettent de penser que l’on est en présence d’agglomérations « très probables ». C’est le cas notamment pour Villeneuve-sur-Cher, Bouville, Briou ou Bonnée. Enfin, un dernier ensemble est constitué d’indices d’agglomérations qui sont des sites précis ou des secteurs dont on connaît (souvent par des sources anciennes) quelques vestiges pouvant trahir l’existence d’une agglomération. Ici, l’indigence des sources actuelles ne nous permet pas de les classer avec certitude parmi les agglomérations secondaires, mais les indices archéologiques, ajoutés à des critères de localisation (croisement de voies, point de rupture de charge, etc.) ou la mention des termes castrum, castellum ou vicus dans l’œuvre de Grégoire de Tours, ont justifié que ces sites soient conservés. Ils constituent ce que l’on appelle des sites potentiels ou mal documentés. Les monographies qui concernent ces sites sont la plupart du temps très courtes. Nous avons cependant choisi de les inclure dans la publication sous forme de fiches de synthèse qui seront publiées dans le deuxième volume. La présentation suit l’ordre des rubriques adopté pour les autres monographies de sites, mais elle n’excède pas une page dactylographiée, sans compter la bibliographie générale du site.

11On aboutit alors à un classement des agglomérations en trois catégories qui ne répondent pas à des critères typologiques, mais à des niveaux de certitude, de connaissance qui renseignent sur la fiabilité du corpus. Les recherches sur une typologie établie à partir de critères faisant référence à des fonctions dominantes (rôle défensif, économique, religieux, etc.) ne sont pas encore assez abouties pour permettre de proposer une classification ayant une certaine pertinence. Un nouvel essai de hiérarchisation, plus proche de la « réalité régionale », fera l’objet de recherches de la part des membres du PCR dans les années à venir.

Classement par catégories des agglomérations

12Vingt-quatre sites certains présentent plusieurs caractéristiques de l’organisation urbaine qui sont tout de même différentes des caractères que l’on rencontre dans les capitales de cité. Il s’agit d’agglomérations comportant des équipements publics et dans lesquelles a été mise en évidence l’existence de quartiers, de plusieurs axes définissant une « trame urbaine » ou d’un axe routier majeur avec rues latérales, pourvues ou non de trottoirs avec caniveaux, d’égouts, etc. On peut citer Argentomagus, Drevant, Pithiviers-le-Vieil, Sceaux-du-Gâtinais, Verdes. Mais l’absence de fouilles systématiques de grandes surfaces, en dehors de quelques exemples de fouilles programmées (Argentomagus) ou préventives (Amboise, Drevant, Pithiviers-le-Vieil, Sceaux-du-Gâtinais) nous font méconnaître encore presque complètement l’organisation de la majorité des sites lorsque les prospections aériennes n’ont pu combler cette lacune. L’apport de cette dernière méthode a été fondamental pour le sujet qui nous intéresse, puisque nombre d’agglomérations ont pu être découvertes ou confirmées grâce aux plans (bien que très partiels) établis d’après les photographies aériennes. C’est le cas notamment des sites de Bruère-Allichamps, Clion-sur-Indre, Crouzilles, Mérouville, Senantes, Thaumiers, Verdes, Villeneuve-sur-Cher, etc.

13Si l’indigence des sources documentaires ne permet pas une analyse qualitative, on peut cependant livrer quelques remarques sur la répartition et le nombre des monuments publics connus dans les agglomérations secondaires de la région. Il apparaît que c’est dans la cité des Bituriges que l’on connaît la plus grande proportion d’agglomérations avec parure monumentale. Plus de la moitié des monuments des eaux connus en région Centre sont dans des agglomérations de cette cité. On trouve un édifice de spectacle dans le tiers des agglomérations des Carnutes et des Bituriges. En revanche, ces derniers monuments sont très peu nombreux chez les Turons (peut-être un édifice) alors que les lieux de cultes se rencontrent dans de nombreuses agglomérations de cette cité. La répartition géographique n’est pas homogène, puisque les édifices sont plus fréquents dans les parties sud et est de la région (Cher, Indre et Loiret) et beaucoup moins dans le nord (Eure-et-Loir) et l’ouest (Indre-et-Loire). Si l’on prend des éléments de comparaison hors de la région Centre, on constate que la proportion d’agglomérations de la cité des Bituriges comportant des édifices publics est légèrement inférieure à celle des Pictons et très supérieure à celle des Arvernes.

14Vingt-cinq agglomérations réputées très probables sont répertoriées dans la région. Il s’agit pour la plupart de sites qui ont révélé des vestiges archéologiques dont l’interprétation permet d’affirmer que l’on n’est pas en présence d’un site rural (sanctuaire isolé, villa, etc.). Certains de ces sites ont fait l’objet de fouilles anciennes ou/et très ponctuelles dont l’interprétation est difficile, mais la densité des structures découvertes permet de les classer dans cette catégorie. C’est le cas notamment de Saint-Satur, Bonnée, Briarres-sur-Essonne, Baigneaux/Bazoches-les-Hautes, Fréteval. D’autres agglomérations ont été découvertes plus récemment grâce aux prospections aériennes. Là encore, il est évident que les structures révélées par les photographies présentent des caractéristiques d’organisation de type semi-urbain sans risque de confusion avec des sites ruraux. Ils se distinguent par un système viaire plus ou moins organisé, avec présence d’îlots, de monuments publics, ou quelquefois simplement des bâtiments alignés le long d’une rue. Levet, Villeneuve-sur-Cher et Briou entrent dans cette catégorie. Enfin, d’autres agglomérations probables sont connues par des vestiges qui sont moins évidents à interpréter, mais les sources antiques (Table de Peutinger, Itinéraire d’Antonin ou inscription) mentionnent un site qui peut être identifié à ces lieux sans grand risque d’erreur. C’est le cas d’Ingrannes/Fines, Dampierre-en-Burly/Belca, Briare/Brivodurum. Certains de ces sites peuvent d’ailleurs n’être qu’une modeste halte routière.

15Il aurait été possible d’arrêter l’inventaire à ce stade (agglomérations certaines et très probables), mais il est évident que d’autres sites pouvant présenter des caractéristiques d’agglomération n’ont pas encore été identifiés, faute de structures discriminantes reconnues. 72 sites sont donc qualifiés d’«agglomérations potentielles » ou mal documentées. En l’état actuel des connaissances, nous en sommes réduits à des hypothèses qui ne pourront pas être vérifiées tant que de nouvelles découvertes ne seront pas venues enrichir le dossier. Dans chaque département, on compte une dizaine de sites ainsi qualifiés. C’est en Indre-et-Loire que l’on dénombre le plus d’indices (22). Cela est dû au fait qu’il n’y a pas d’agglomérations « très probables » dans ce département et que de nombreux sites potentiels sont peu (mentions de vici par Sulpice Sévère ou Grégoire de Tours) ou mal documentés.

La publication des monographies

16Fin 1995, début 1996, plus d’une trentaine de fiches avaient été présentées en réunion et revues par les auteurs. Un groupe a alors travaillé à la préparation de la publication d’un premier volume regroupant 33 monographies. Le parti éditorial adopté est documentaire et le but est de fournir rapidement une documentation aisément accessible aux chercheurs.

17Les monographies/fiches d’agglomérations comprennent, outre le texte rédigé selon les normes définies par le PCR, une carte schématique de localisation, dessinée à partir de la carte topographique au 1/25 000e et, dans les cas où l’état des connaissances le permet, un plan des vestiges ou des zones d’occupation et éventuellement des photographies aériennes complètent la documentation.

18Ce premier volume, qui constitue le 17e supplément à la Revue archéologique du Centre de la France va paraître au début de l’année 1999.

19L’analyse régionale et les commentaires typologiques sont renvoyés au deuxième volume, qui comportera les monographies non publiées dans le présent ouvrage, les « fiches de synthèse » sur les agglomérations potentielles, ainsi qu’une synthèse des recherches sur les agglomérations de la région replacée dans le cadre des cités antiques et des différents types de réseaux.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Les agglomérations antiques
Crédits DAO : C. Cribellier, J. Vilpoux
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/docannexe/image/157133/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 369k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Christian Cribellier, « Les agglomérations secondaires antiques en région Centre » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 23 avril 2024, consulté le 20 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/157133

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Auteur

Christian Cribellier

Drac Centre (service régional de l’archéologie)

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