Navigation – Plan du site

AccueilRégionsCentre-Val de Loire1998Projets collectifs de rechercheDépartement du Loir-et-Cher et du...

1998
Projets collectifs de recherche

Département du Loir-et-Cher et du Loiret

Prospection aérienne (1998)
Responsable d’opération : Éric Miejac

Entrées d’index

Année de l'opération :

1998

Sujets :

voirie, gué

Nature de l'opération :

prospection aérienne
Haut de page

Texte intégral

1Le projet de prospection 1998 visait à mettre en place une méthode de recherche archéologique afin de retrouver sur le terrain des emplacements possibles de passage à gué de la Loire entre Cosne (Nièvre) et Veuves (Loir-et-Cher).

2La Loire présente une physionomie qui laisse supposer l’existence de nombreux gués. La paresse de son cours en été, les sables qui s’étirent en de longues bandes dorées au milieu du fleuve, rythmant les rives, sont autant d’indices renforçant cette hypothèse. De façon empirique, on a pu établir qu’en Loire, et dans la région qui s’étend de Cosne à Chaumont, les gués étaient souvent installés sur les hauts-fonds naturels ou empruntaient une succession de bancs de sable. Parfois aménagés sur une petite portion – dallages renforçant leurs tracés – ils pouvaient également présenter des chemins d’accès renforcés de quelques pierres. Nés de la conjonction de facteurs géologiques et climatiques, les gués apparaissaient et disparaissaient au fil des saisons, des transformations de la rivière. Pour ces raisons, ils laissèrent peu de traces dans l’histoire fluviale. Les archives y font rarement référence, les recherches sur le terrain s’avèrent difficiles, la mémoire collective est bien souvent muette à leur sujet. Mais grâce à ces trois types d’enquêtes, il est néanmoins possible d’en retrouver la trace.

3Selon un inventaire fait en 1815 pour le compte de l’armée, et plus précisément pour Monseigneur le Prince d’Eckmulh, 14 gués sont recensés dans le seul département du Loiret.

4Il s’agit, selon l’auteur du rapport, de : « tous les gués [qui] peuvent être fréquentés par de la cavalerie et même par les voitures et des trains d’artillerie, sans une très grande difficulté. » Ces gués ne pouvaient être franchis que durant une partie de l’année où l’eau était suffisamment basse : « 70 cm au-dessus de l’étiage à l’échelle du pont d’Orléans » et s’appuyaient sur des fonds « le fond desdits gués [est] consistant […] dans un sol graveleux [qui] présente une certaine résistance ».

5Un gué semble avoir existé en aval de Bonny, mais sa présence n’est pour l’instant que dans les textes. Selon un historien ligérien, il existait un peu plus en aval, dans le giennois, des gués reliant la voie d’Auxerre à celle d’Orléans-Sancere par la rive gauche. Il indique un accès à l’un d’entre eux : une voie pavée, en partie à travers bois. Situé dans la commune de Châtillon au lieu-dit l’Île à Gaston. Le même acte localise un gué à Saint-Brisson « vis-à-vis le château de St-Brisson entre Briare et Gien ». Il existait également un gué au niveau de la ferme des Bodelets. Indiqué sur les plans de 1815, sa présence est confirmée par l’observation de l’ingénieur des Ponts et Chaussées « du pont de Gien jusqu’au hameau de Benne, la rivière est obstruée presque continuellement ». En 1828, Monsieur de Rosière, ingénieur de l’armée, décrit avec précision un gué situé non loin d’Arcole et de Saint-Gondon.

6On pourrait multiplier les exemples de mentions de ces zones guéables, malheureusement l’archéologie n’a pas pu révéler avec certitude, durant la campagne 1998, leurs emplacements, confirmer ou infirmer leur existence actuelle. Cette recherche, si elle a été infructueuse, a néanmoins permis de révéler les problèmes d’une telle étude en Loire et de poser quelques jalons pour une recherche future. Le premier problème rencontré est celui de la multiplicité des zones guéables en été sans distinction d’un espace limité. Il faut également évoquer la difficulté de retrouver le paysage, la physionomie, le tracé ancien du fleuve afin de localiser précisément les gués utilisés autrefois. En l’absence de toutes constructions liées aux gués dans le lit du fleuve, il convient certainement de s’intéresser aux accès (chemins, villages), aux besoins des riverains, à l’histoire de l’occupation des rives. Il faudrait aussi étudier les lieux où le socle rocheux affleure, lieu privilégié de traversée. Enfin l’étude des profils en long réalisés au xixe s. couplés à des relevés récents permettraient de localiser les zones guéables.

Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Éric Miejac, « Département du Loir-et-Cher et du Loiret » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 23 avril 2024, consulté le 23 mai 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/157068

Haut de page

Responsable d’opération

Éric Miejac

Haut de page

Droits d’auteur

Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search