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1998
45 – Loiret

Orléans - Pont ouest, accès nord, rue du Faubourg-Madeleine

Fouille d’évaluation archéologique (1998)
Responsable d’opération : Pascal Joyeux

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Année de l'opération :

1998

Numéro d’opération :

064497

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Afan

Texte intégral

1Le diagnostic a été mis en place dans le cadre des études liées à la construction d’un nouveau pont à l’ouest de la commune d’Orléans. L’aire d’étude comprend l’emplacement des futures voies d’accès au nord de l’ouvrage, soit près de 9 000 m2. Cet espace était autrefois occupé par le prieuré de la Madeleine. Lors du diagnostic ont été réalisés une étude documentaire et des tranchées mécaniques sur le terrain.

2La rue du Faubourg Madeleine, qui borde l’emprise au nord, est réputée être une voie antique, sans qu’aucune preuve ne soit apportée à ce jour.

3Au début du xie s. (première mention en 1025), le site est occupé par un hospice et par l’église de Sainte-Marie-Madeleine de l’Hôpital, dont l’origine est inconnue. En 1113, l’évêque d’Orléans Jean II donne l’église et ses terres à Robert d’Arbrissel, fondateur de l’ordre de Fontevraud (1099) pour y établir le premier prieuré affilié à cet ordre.

4Des bâtiments nécessaires à la vie monacale sont construits autour de l’église et sont agrandis à partir de 1150.

5En 1428, le prieuré est détruit par les Orléanais pour éviter que les Anglais ne puissent s’y réfugier. Sa reconstruction est en bonne voie en 1460. Les travaux s’effectuent selon le plan des monastères de l’ordre de Fontevraud.

6Un siècle plus tard, pendant les guerres de religions, l’édifice est à nouveau détruit (1562/1563). A cette époque, les pestiférés de la ville sont accueillis dans le prieuré. La reconstruction débute aussitôt, mais est vite interrompue. Après une période de relatif abandon, de nouvelles constructions sont édifiées au début du xviie s. La reconstruction totale des bâtiments s’achève vers 1642.

7Le prieuré est vendu comme bien national en 1792 et détruit entre 1799 et 1805.

8L’établissement, placé sous le patronage de Sainte-Marie-Madeleine (la pécheresse de la Bible), accueille les « filles repenties ». Son affiliation à l’ordre de Fontevraud impose, comme le veut cette règle, d’en faire un prieuré double (desservi à la fois par des femmes et des hommes, les premières ayant la direction de l’établissement), et donc de construire tous les bâtiments en double, afin de séparer les deux sexes. Il est probable également que les pensionnaires soient logées à part, multipliant ainsi le nombre des constructions.

9Les tranchées réalisées sur le terrain ont montré l’existence de cinq périodes d’occupation au moins, couvrant les périodes médiévales et modernes. La datation précise de ces périodes n’est pas possible à cette étape de l’étude. Le diagnostic a privilégié une vision spatiale du site, afin de permettre de définir les conditions de l’étude à mener.

10Le centre et l’ouest de la parcelle sont occupés par des sépultures jusqu’à une date récente. Elles sont denses et aucune distinction n’apparaît à ce stade dans les emplacements entre les sexes et les âges. L’étude du lapidaire laisse envisager la présence de bâtiments vers l’ouest.

11Le problème de la limite ouest reste à résoudre. Il est possible que le chemin identifié, puis une palissade représentent les limites originelles. Plus généralement, la question est de savoir si l’emprise maximale du prieuré telle que connue à la Révolution est issue de la création primitive de l’enclos religieux, ou si des accroissements ont eu lieu au cours des siècles.

12C’est dans ce secteur est que se développent les bâtiments du prieuré, à un rythme qui n’est pas encore connu. Cette zone accueille également des sépultures, en nombre important et présentant des recoupements fréquents. Ces sépultures semblent correspondre à des tombes privilégiées. L’absence de tombes dans la partie de la nef de l’église observée est un élément notable qu’il convient de confirmer ou de nuancer à la fouille.

13Le secteur sud n’a quant à lui livré aucun vestige. Il est vraisemblable, en raison de la présence du coteau de la Loire, que cet espace soit peu facilement aménageable et en particulier difficilement constructible. Il faut sans doute imaginer à cet emplacement les jardins du prieuré.

14Si l’absence de sépultures dans ce secteur est manifeste, aucune limite matérielle de la nécropole n’a été identifiée.

15Le problème de l’aménagement de la pente reste à étudier : existe-t-il un système de terrasses ? Quand ce coteau est-il remplacé par un espace plan limité par un mur de soutènement ? Par quoi l’espace a-t-il été nivelé ?

16Le secteur nord, qui n’a pas été sondé, peut receler des sépultures, ainsi que les constructions représentées en périphérie de l’enclos religieux sur les représentations modernes.

17En dépit d’une destruction importante, le site paraît conserver une certaine cohérence en termes de relation entre le bâti, les sépultures et les structures légères (dépotoirs, puits, chemin, palissade, etc.).

18Les bâtiments n’ont pas subi à la Révolution la destruction systématique que l’on pouvait craindre, et les murs et les sols sont en grande partie conservés.

19Les recoupements entre les sépultures (et entre celles-ci et le bâti) permettent d’envisager une étude stratigraphique complète, associée à des éléments de datation (mobilier ou études archéométriques).

20La possibilité d’étudier un prieuré de la première génération de l’ordre de Fontevraud est donc réelle. Plus encore, il s’agit dans ce cas d’un établissement antérieur à la fondation de l’ordre. Il est probable que les transformations de l’organisation interne de l’établissement, imposées par le rattachement à la règle fontevriste et à ses particularités (principalement les établissements doubles) sont étudiables sur le site. En dernier lieu, le site présente une possibilité d’étude conjointe de populations distinctes : religieux et religieuses, « filles repenties », domestiques et population extérieure au prieuré.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Pascal Joyeux, « Orléans - Pont ouest, accès nord, rue du Faubourg-Madeleine » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 20 mars 2015, consulté le 20 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/14343 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/adlfi.14343

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Auteur

Pascal Joyeux

Afan

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Responsable d’opération

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