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AccueilRégionsCentre-Val de Loire199836 – IndreSaint-Marcel – Les Mersans

1998
36 – Indre

Saint-Marcel – Les Mersans

Fouille programmée (1998)
Responsable d’opération : Françoise Dumasy

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Année de l'opération :

1998

Numéro d’opération :

064487

Nature de l'opération :

fouille programmée
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Texte intégral

1Une autorisation pluriannuelle de fouilles programmées a été accordée en 1998 pour lancer un nouveau programme de recherches sur l’agglomération d’Argentomagus. Le thème retenu a été celui de l’évolution du tissu urbain perçue au travers de la fouille d’un îlot.

2Nous avons choisi une insula située entre celle qui est réservée au sanctuaire et celle qui accueille la fontaine : il s’agit donc d’un secteur central qui devrait refléter les différents temps de la ville.

3Cette seconde année de recherches a permis d’avancer dans la lecture des derniers moments de la ville, ceux de la destruction et de l’abandon. Sur la bordure orientale de l’insula était apparue en 1997 une couche très dense d’éclats calcaires provenant du débitage de blocs sculptés dont un certain nombre avait été recueilli au décapage.

4La fouille a révélé la présence, sous l’amas de débris architecturaux auxquels se mêlent des éléments de statues (draperies, tête, main, etc.), d’un habitat avec sol de mortier et sablières basses posées dans des tranchées comblées d’éclats calcaires.

5Un ensemble de neuf monnaies tardives, particulièrement bien conservées, y a été recueilli. C’est la plus récente, une monnaie de Gratien (378-383), qui reposait sur le sol de mortier : elle nous livre donc un terminus post quem pour la période de fonctionnement de ce que l’on peut interpréter comme un atelier lié à l’activité de débitage. Ce qui est remarquable dans cette datation, c’est qu’elle coïncide avec celle qu’a livrée le chantier de démolition du second théâtre (F. Dumasy et al., DAF 1999, à paraître). Il est désormais assuré qu’une démolition systématique de la parure urbaine pour obtenir des matériaux de construction a eu lieu au même moment – autour des années 380, ou un peu plus tard – en plusieurs endroits du site. La question qui reste en suspens est celle de la destination de ces matériaux, car Argentomagus ne possède pas d’enceinte tardive. Il faut donc se tourner vers d’autres hypothèses : construction d’un édifice religieux ? Ou transfert du site défensif vers un autre lieu ?

6Nous avons également progressé dans la compréhension d’une vaste dépression ovalaire de 10 x 15 m installée au centre de l’insula. L’hypothèse d’un fontis avancée par les géologues nous a incités à y faire pratiquer trois sondages profonds avec une tarière de 0,60 m qui a permis de remonter du mobilier archéologique. Nous savons maintenant qu’il s’agit d’une cavité profonde de 7,50 m comblée dans le premier mètre avec une argile grise très compacte, puis par des apports successifs de matériaux de construction. Le mobilier céramique remonté par la tarière permet de proposer le deuxième quart du iie s. pour la période du premier comblement et celle du ive s. pour les derniers remblais. Il est clair que le tassement des terres a entraîné l’obligation de recharger périodiquement la dépression, et cela d’autant plus que cinq conduits, creusés à des périodes différentes, emmenaient les eaux usées vers la fosse qui jouait ainsi le rôle de puisard. Si l’on connaît désormais la profondeur de la fosse et les modalités de son comblement, on a du mal à préciser sa fonction (fontis ?) ainsi que les raisons de son creusement s’il s’agit d’une cavité d’origine anthropique : c’est maintenant aux géologues d’analyser les résultats des prélèvements effectués et d’envisager les différentes hypothèses.

7La fouille de la chaussée est-ouest, qui borde l’insula au nord, a mis au jour une recharge tardive très lacunaire et révélé la présence d’une structure linéaire plus ancienne. Probablement destinée à la circulation de l’eau, elle se situe à 0,50 m du mur de la bordure nord de la rue et suit l’orientation à 16° de la voirie. À la rencontre de cette rue est-ouest et de la rue nord-sud orientée à 24°, on observe une zone de 3 m d’où la chaussée a disparu : il pourrait s’agir de la branche nord de l’adduction tardive dont nous ne connaissons pour l’instant que les branches est et ouest. Venant d’une partie plus élevée du plateau, elle pourrait alimenter, au ive s., les insulae occidentales ainsi que la fontaine.

8Dans le secteur occidental, le seul secteur monumental de l’insula dont l’aménagement initial remonte probablement au iie s., il est apparu que l’ensemble de murs affleurant sous des niveaux tardifs et très lacunaires correspondait en réalité à deux bâtiments d’orientation et de construction différentes.

9L’une des difficultés de lecture tient au fait que tous les murs sont arasés au même niveau. On commence à discerner un premier bâtiment orienté à quelque 10°, probablement en liaison avec un premier état du portique sud de la rue est-ouest. Lui succède, en réutilisant ou en reconstruisant certains murs, un second bâtiment orienté à 16°, qui aligne trois cellules rectangulaires ouvertes sur un portique situé à l’est.

10On y retrouve, traité avec des dimensions plus modernes, le plan de « l’édifice commercial » installé sur la bordure occidentale de l’insula C. Étrange doublet dont il faudra préciser le plan, la chronologie et la fonction.

Fig. 1 – Les Mersans, essai de restitution de la trame urbaine

Fig. 1 – Les Mersans, essai de restitution de la trame urbaine

En tramé, la voirie fouillée ; en pointillés, la voirie restituée. En noir, les bâtiments orientés entre 0° et 3° ; en blanc, les bâtiments orientés à 16° ; en hachuré, le bâtiment à 24°. 1, vestiges à l’emplacement du musée ; 2, rue orientée à 16° ; 3, citernes construites dans le système à 16° ; 4, maison dite de Q. Sergius Macrinus ; 5, sanctuaire ; 6, fouille programmée 1989-1996 ; 7, bâtiment public orienté à 16° est ; 8, dépression ; 9, bâtiment commercial ; 10, fontaine. A, B, C, insulae.

Relevé topographique : J.-L. Paillet ; dessin et interprétation F. Dumasy, L. Jeand’heur.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Les Mersans, essai de restitution de la trame urbaine
Légende En tramé, la voirie fouillée ; en pointillés, la voirie restituée. En noir, les bâtiments orientés entre 0° et 3° ; en blanc, les bâtiments orientés à 16° ; en hachuré, le bâtiment à 24°. 1, vestiges à l’emplacement du musée ; 2, rue orientée à 16° ; 3, citernes construites dans le système à 16° ; 4, maison dite de Q. Sergius Macrinus ; 5, sanctuaire ; 6, fouille programmée 1989-1996 ; 7, bâtiment public orienté à 16° est ; 8, dépression ; 9, bâtiment commercial ; 10, fontaine. A, B, C, insulae.
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/docannexe/image/14081/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 354k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Françoise Dumasy, « Saint-Marcel – Les Mersans » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 03 mars 2015, consulté le 18 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/14081 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/adlfi.14081

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Auteur

Françoise Dumasy

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Responsable d’opération

Françoise Dumasy

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