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1998
36 – Indre

Neuvy-Saint-Sépulchre – Basilique Saint-Étienne

Fouille d’évaluation archéologique (1998)
Responsable d’opération : Simon Bryant

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Année de l'opération :

1998

Numéro d’opération :

064464

Chronologie :

époque médiévale

Nature de l'opération :

opération de diagnostic
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Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Afan

Texte intégral

1L’année 1998 marque l’achèvement d’une série de trois études archéologiques avant la restauration des parements internes de la basilique Saint-Étienne de Neuvy-Saint-Sépulchre : l’étude des élévations internes de la rotonde, de la nef, ainsi que la réalisation d’un sondage d’évaluation dans le noyau central de la rotonde. L’ensemble de l’édifice avait été beaucoup restauré et transformé par Viollet-le-Duc au milieu du xixe s. et par des phases de restaurations successives au cours de la première moitié du xxe s.

2La rotonde fut construite à partir du milieu du xie s. par le comte d’Angoulême et Guillaume Taillefer après leur retour d’un pèlerinage en Terre Sainte. Inspirés par le Saint-Sépulchre de Jérusalem, ils ont voulu créer un lieu de pèlerinage. Ils ont donc accolé un édifice circulaire à la façade occidentale d’une église déjà existante, elle-même datable du xie s. Son espace central, délimité par onze colonnes, abritait un monument reliquaire. Cet édicule, copié sur le turgarium du Saint-Sépulchre de Jérusalem, fut démoli en 1806. Nous ignorons toujours sa forme d’origine. Au xiiie s., le monument devient un lieu de pèlerinage important avec la dotation de fragments de la Croix et de gouttes du Précieux Sang par le cardinal Eudes de Châteauroux en 1257. On observe alors une distinction entre l’espace de l’ancienne nef, le lieu de culte, et la rotonde, lieu de recueillement.

3La première phase du monument consiste en une église primitive composée d’une nef à sept travées, flanquée par des bas-côtés à tribunes. Ceux-ci étaient couverts de voûtes en berceau soutenues par des arcs doubleaux. Il est probable que la nef ait eu une voûte en berceau. La forme de ses extrémités occidentale et orientale reste inconnue. La première fut démolie lors de la construction de la rotonde, tandis que la deuxième a été détruite pour faire un chevet plat lors de la création des voûtes en croisées d’ogives. Le chevet d’origine avait peut-être un plan basilical avec une abside. Seule une fouille archéologique devant la façade orientale pourrait répondre à cette question.

4L’ajout de la rotonde a posé quelques problèmes : il a fallu abattre la façade occidentale de la nef afin de pouvoir accoler le mur externe de la rotonde. Le fait d’avoir choisi onze piliers pour le noyau central de celle-ci n’a pas facilité la tâche. L’ensemble est à la fois asymétrique et très désaxé par rapport à la nef. Le mur extérieur fut construit jusqu’à sa hauteur actuelle en une seule campagne de construction, ce qui permettait la circulation entre l’église et la rotonde au rez-de-chaussée et au niveau des tribunes. Le noyau central fut élevé jusqu’au niveau de la tribune dans un premier temps. Il entourait un monument reliquaire dont la forme reste inconnue. Un sondage au centre a permis d’observer une plateforme maçonnée de 4,40 m de diamètre, contemporaine des fondations des onze piliers centraux. Celle-ci est pleine, ce qui permet d’écarter l’hypothèse d’un caveau ou d’une « grotte sépulchrale » au milieu, d’autant plus que la nappe phréatique se trouve à 1,20 m en dessous du niveau du sol. La fonction de cette maçonnerie est incertaine, mais il est possible qu’elle ait servi de base pour les engins de levage avant de former les fondations pour l’édicule central.

5Les premier et deuxième étages de la rotonde représentent une phase de construction légèrement postérieure. La tribune est formée de quatorze colonnes monolithes dont une seule porte un chapiteau sculpté. L’édifice était sans doute couvert d’une toiture conique car on observe des corbeaux destinés à soutenir des éléments de charpente dans les parements internes de la tribune. La coupole actuelle qui couvre le noyau central représente une réfection de celle d’origine faite par Viollet-le-Duc.

6Cette aberration historique et structurelle a par ailleurs été reconnue comme un anachronisme par le célèbre architecte lui-même.

7À la fin du xiie ou au début du xiiie s., la nef primitive fut radicalement remodelée. Le chevet d’origine (en forme d’abside ?), a été démoli et remplacé par un chevet plat. L’ancienne voûte en berceau de la nef a été remplacée par trois travées de croisements d’ogives de largeurs inégales. Les tribunes des bas-côtés sont désormais couvertes par des charpentes, les voûtes en berceau ayant été démolies.

8Cette phase de construction représente un changement dans les techniques de construction. Les parements d’opus quadratum de la nef primitive étaient en grès rose ou marron avec très peu de calcaire. Ceux de cette dernière phase sont majoritairement en calcaire cristallin, de couleur claire. On observe néanmoins l’utilisation de pierres de récupération en grès.

9L’enlèvement des enduits en ciment a permis de restituer le décor interne de l’édifice. L’intérieur de la nef primitive était complètement badigeonné en blanc avec l’application de faux joints en noir. Une peinture figurative d’une personne assise sur une chaise a été relevée au sommet d’un des pilastres du mur nord de la nef. L’intrados d’une des baies de la tribune du mur sud de la nef a conservé une partie de ses enduits peints d’origine. Il consiste en un fond rouge avec des cartouches circulaires jaunes, contenant des motifs végétaux. L’insertion des voûtes en croisées d’ogives marque un léger changement de ce décor : les faux joints noirs sont repeints en rouge et les chapiteaux des piliers rehaussés en rouge et en jaune.

Fig. 1 – Proposition de restitution du plan de l’église primitive, avant la construction de la rotonde

Fig. 1 – Proposition de restitution du plan de l’église primitive, avant la construction de la rotonde

Fig. 2 – Vue de l’emplacement de l’autel

Fig. 2 – Vue de l’emplacement de l’autel
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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Proposition de restitution du plan de l’église primitive, avant la construction de la rotonde
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/docannexe/image/14047/img-1.jpg
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Titre Fig. 2 – Vue de l’emplacement de l’autel
URL http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/docannexe/image/14047/img-2.jpg
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Pour citer cet article

Référence électronique

Simon Bryant, « Neuvy-Saint-Sépulchre – Basilique Saint-Étienne » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 03 mars 2015, consulté le 11 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/14047 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/adlfi.14047

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Auteur

Simon Bryant

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