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AccueilRégionsCentre-Val de Loire199828 – Eure-et-LoirSaumeray – Le Bas des Touches

1998
28 – Eure-et-Loir

Saumeray – Le Bas des Touches

Fouille nécessitée par l’urgence absolue (1998)
Responsable d’opération : Tony Hamon

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Afan

Texte intégral

1Le gisement est implanté à 10 km au nord de Châteaudun et à près de 15 km au sud de Chartres, dans la plaine alluviale du Loir, sur la commune de Saumeray. Le site occupe les basse et moyenne terrasses du Loir, en rive droite. Il est menacé par une carrière qui s’étend sur 37 ha.

2Des interventions programmées sur le gisement ont été menées entre 1982, date de la découverte du site par prospection aérienne, et 1989.

3Puis trois campagnes de sauvetage urgent ont déjà été réalisées (1991-1992, 1995, 1996).

4Cette année, près de 3 ha ont été décapés et fouillés malgré des conditions difficiles. Les témoins les plus anciens représentés sont datés du Paléolithique supérieur. Ils semblent être en place, en niveau, dans une dépression limoneuse de la terrasse alluviale, à environ 2 m de profondeur. Ils ont été gelés cette année et nécessiteront une évaluation complémentaire.

5Des indices du Mésolithique moyen ont été mis en évidence pour la première fois cette année. Il s’agit de débitage et d’outils semble-t-il déplacés par une dépression de la terrasse alluviale.

6Les témoins du Néolithique étaient plus disséminés et moins bien conservés que dans le secteur fouillé en 1996. La céramique néolithique est pratiquement absente. Les structures de combustions sont représentées sur l’ensemble du terrain. Dans la zone sud, une surface d’environ 1 500 m2 était couverte de déchets de tailles associés à des structures de chauffe, certaines atteignant 5 m de diamètre. Ces éléments étaient conservés sous le labour. La présence de traces de labours et de rares tessons protohistoriques démontre que le niveau supérieur a été érodé. L’ensemble pourrait correspondre à une zone spécialisée située en périphérie de l’habitat chasséen mis en évidence en 1996.

7Pour l’agglomération de La Tène, la partie fouillée en 1998 est pour l’habitat un complément du plan dressé en 1996. L’opération de 1996 a concerné la partie la plus dense de l’agglomération. Le secteur fouillé en 1998 a permis d’en définir la limite sud. Cependant, sur l’ensemble du décapage 98, la lecture était moins bonne que les années précédentes, en raison du substrat limoneux. Mais, si les bâtiments se lisent très mal, la densité des fosses permet de comprendre l’organisation générale de ce secteur. Les aménagements datés de La Tène D1 sont répartis à l’intérieur de l’enclos quadrangulaire principal, suivant une bande d’environ 20 m de largeur, le long des fossés. En revanche, les témoins de La Tène D1 et D2 sont uniformément répartis dans l’enclos quadrangulaire.

8À l’extérieur de l’enclos, plus au sud, ce secteur est probablement dévolu à une activité artisanale.

9Dans la partie sud, les activités s’étendent en dehors de l’enclos quadrangulaire, ceci sans délimitation spatiale visible dans l’emprise décapée.

10Pour des raisons de limite d’emprise, nous ne pouvons savoir si l’agglomération de La Tène est limitée à l’enclos principal ou si elle s’étend en dehors de ce dernier, plus à l’ouest, le long de la voie principale. En effet, les clichés pris par Alain Lelong en 1996 dans la parcelle jouxtant le site, permettent de constater qu’il s’étend dans cette partie-ci de la commune.

11L’activité métallurgique de post-réduction est attestée sur le site de Saumeray, compte tenu des déchets rencontrés sans qu’il soit cependant possible de déterminer si cette activité est liée à un travail particulier.

12Les témoins de la période augustéenne sont répartis sur l’ensemble de la surface fouillée en 1998. Cependant, les aménagements sont beaucoup moins denses que pendant La Tène finale. Ils sont répartis aussi bien à l’intérieur de l’enclos quadrangulaire qu’au sud de celui-ci. Des concentrations sont cependant visibles. Une fois étudié, le plan pourrait laisser apparaître des unités d’habitats de même type que ceux mis en évidence lors de la campagne de 1992. Au vu du peu de mobilier, il semble que la zone sud comprise entre l’enclos quadrangulaire et la limite d’emprise corresponde toujours à une zone artisanale.

13La répartition spatiale des aménagements du ier au iiie s. montre une concentration particulière dans le secteur étudié en 1998 et met en évidence un « glissement » de l’occupation vers l’ouest, en direction de la villa de Montemain, dont ces structures font probablement partie. Il est par ailleurs intéressant de constater qu’à partir du ier s., les aménagements sont concentrés entre le fossé 126 et la voie romaine. La situation de ce secteur par rapport à la villa gallo-romaine de Montemain semble expliquer la présence de structures (caves maçonnées, fosses-dépotoirs et fossés) qui se rencontrent en périphérie sud-ouest de l’occupation principale du site, datée de La Tène finale (de La Tène C2 à la période augustéenne). Les structures des phases postérieures sont nettement moins nombreuses et se rencontrent essentiellement dans le secteur exploré en 1998. Il semble par conséquent que la fréquentation du site, dans les zones actuellement explorées, régresse dès le deuxième quart du ier s. apr. J.-C.

14Le groupe principal de structure ne comprend pas de bâtiment. Cependant, bien que les caves soient maçonnées, il est probable que les bâtiments étaient sur poteaux plantés sur des murets peu implantés. Ils ont donc dans tous les cas disparus avec les labours. Malgré l’absence de bâtiments, il est probable que le groupe principal corresponde à une unité d’habitat. Cette dernière verrait le jour au ier s. apr. J.-C. pour disparaître environ 100 ans plus tard. Le mobilier du iie s. est en effet représenté dans le remplissage terminal de la rampe de descente de cave.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Tony Hamon, « Saumeray – Le Bas des Touches » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 23 janvier 2015, consulté le 23 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/14015 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/adlfi.14015

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Auteur

Tony Hamon

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