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AccueilRégionsCentre-Val de Loire199818 – CherVierzon – Zac du Vieux Domaine

1998
18 – Cher

Vierzon – Zac du Vieux Domaine

Fouille d’évaluation archéologique (1998)
Responsable d’opération : Tony Hamon
Notice rédigée avec Philippe Salé

Notes de la rédaction

Organisme porteur de l’opération : Afan

Texte intégral

Le Paléolithique supérieur

1La mise en évidence de niveaux du Paléolithique supérieur en place dans les alluvions du Cher, dans le département du même nom, est une première qu’il convient de souligner. Les études d’impact ne livrent jamais d’industries du Paléolithique en place dans la région, ce qui pose un réel problème pour la recherche. Cette découverte permet de recaler dans la stratigraphie de la plaine alluviale la présence d’occupations, fait d’autant plus important que le relief de cette basse terrasse est visible dans le paysage sur une distance d’au moins 5 km. L’autoroute A71 est d’ailleurs, dans le secteur de Vierzon, construite dessus.

2Un atelier de débitage a été découvert lors de l’intervention aux abords de la ville de Vierzon, sur l’autoroute A71, et pourrait également dater du Paléolithique. Peut-être serait-il bon de comparer le silex utilisé sur les deux gisements.

Le Néolithique

3Contre toute attente, aucun indice néolithique probant n’a été découvert et ceci malgré la surface décapée. Cette absence d’indice ne trouve pas d’explication probante. Bien sûr, il reste des secteurs individualisés par les concentrations de silex, mais ces concentrations sont lâches et aucun élément caractéristique n’y était représenté si ce n’est une armature de flèche isolée et hors contexte. Ces différents éléments ne suffisent pas pour mentionner une présence néolithique même arasée au lieu-dit du Vieux Domaine. Certes, la surface explorée atteint 40 ha, mais les témoins lithiques sont éparpillés sur une surface totale de 27 000 m2, ailleurs et notamment en bordure du Cher, nous n’avons aucun témoin archéologique. De fait, le gros des indices sont répartis en surface de la basse terrasse qui sépare la vallée en deux parties : le talweg du Cher et celui de l’Yèvre (pour faire un raccourci).

4Nous noterons également l’absence d’occupations du Néolithique ancien dans les vallées les plus importantes. Les recherches de ces dernières années ont en effet permis de mettre en évidence la présence de Néolithique ancien dans la vallée de l’Arnon, de l’Auron, du Fouzon et de l’Angolin, tous affluents du Cher et de l’Indre.

L’âge du Bronze et le premier âge du Fer

5Des six ensembles repérés, seul les 1 et 6 ont réellement livré du mobilier en place, les autres s’avèrent complètement arasés et il serait donc vain d’y effectuer de nouvelles interventions archéologiques lourdes. Le mobilier de l’ensemble 6 était piégé dans le remplissage terminal d’un paléochenal, les niveaux éventuellement conservés sont donc protégés de tout aménagement superficiel.

6Ce n’est en revanche pas le cas de l’ensemble 1 qui présentait du mobilier piégé sous le labour. Les sondages étant inondés, l’intervention n’a pas permis d’appréhender la nature exacte du gisement à cet endroit. Cependant, cette présence de mobilier piégé sous le labour dans un secteur très restreint et en bordure d’emprise permet d’envisager la présence d’un habitat qui s’étendrait au-delà de l’actuelle emprise. Le rare mobilier offre des rapprochements avec le corpus du Bronze final Ilb-llla, période surtout connue dans le Berry et le Val de Loire pour ses urnes funéraires, les contextes domestiques y étant pratiquement inconnus. Une intervention sur ce secteur permettrait donc de combler cette lacune.

7Les autres ensembles ayant livré des indices protohistoriques sont interprétés comme des aménagements funéraires, arasés depuis. Si les sondages effectués n’ont pas permis de révéler des aménagements encore conservés, il est en revanche probable que du mobilier funéraire métallique soit encore conservé dans le labour. Les nécropoles protohistoriques du Berry sont en effet particulièrement riches, comme les pillages du xixe et du début du xxe s. nous en ont malheureusement donné maintes fois la preuve (Willaume 1985). Des recherches récentes et la sagacité de chercheurs locaux ont également révélé à quel point une nécropole arasée pouvait encore livrer des éléments d’intérêt national (Buschenschutz et al. 1979). La fouille de la nécropole gallo-romaine permettrait par la même occasion la recherche de substructions funéraires plus anciennes en périphérie. Pour le reste de la zone investie, une prospection thématique avec pour objet la recherche du mobilier métallique contemporain de la nécropole paraît indispensable.

La période romaine

8Deux occupations gallo-romaines distinctes ont été repérées lors de ces travaux. La première concerne un ensemble de petits bâtiments alignés, probablement des constructions agricoles, accompagnés de fossés, d’aménagements de sols et de remblais. Éloignée de 200 m environ, la seconde occupation est un espace funéraire comprenant un enclos avec incinérations. Ces deux sites sont contemporains l’un de l’autre. En acceptant l’hypothèse qu’il s’agit de bâtiments de la pars agraria d’une très grande villa pour la première occupation, il est probable que le second site forme alors l’espace funéraire privé de cette villa.

9Ces deux occupations forment donc un ensemble homogène dont l’étude globale semble nécessaire pour une compréhension générale du site. En plus de leur fouille minutieuse, il serait souhaitable de définir les liens structurant celles-ci (accès, fossés, etc.) et tout le parcellaire en général, afin de mieux connaître le paysage entourant une villa.

10Celle-ci semble être d’une taille très importante, puisque la pars agraria mesure au minimum 379 m de long. Les indices de sites découverts anciennement semblent le confirmer, notamment avec l’éventuelle présence d’une forge (Sabourin 1942b). Mais tous les indices mentionnés ci-dessus (notamment le Château Triple) sont-ils contemporains de cette villa ?

11La proximité de l’agglomération antique de Vierzon pose aussi le problème des relations avec cette villa : les indices d’une voie (Chenon 1922) peuvent être un élément de réponse, tout comme la présence du Cher et de l’Yèvre. La position de cette villa à la confluence des deux rivières rappelle enfin le rôle important que celles-ci ont eu dans les échanges commerciaux entre le sud et le nord-ouest de la Gaule (Ferdière 1975) et ajoute encore à l’importance de ce site.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Tony Hamon, Philippe Salé, « Vierzon – Zac du Vieux Domaine » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Centre-Val de Loire, mis en ligne le 19 janvier 2015, consulté le 22 juin 2024. URL : http://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/adlfi/13941 ; DOI : https://0-doi-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/10.4000/adlfi.13941

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